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Europe et Union européenne - Page 1153

  • Pour un protectionnisme européen

    Le temps du libre-échangisme économique triomphant est fini. Ceux qui dans les médias avaient réduit au silence le prix Nobel Maurice Allais (*) doivent maintenant entrouvrir la porte aux critiques de la mondialisation : localisme, relocalisation, patriotisme économique, protectionnisme national raisonné, protectionnisme européen, tels sont désormais les termes du débat.

    Car, aujourd’hui, il y a bien débat. Pour s’en convaincre, s’il en est besoin, il suffit de suivre les tribunes économiques et se reporter, par exemple, au récent sondage IFOP, commandité par une vingtaine d’économistes et intellectuels indépendants, qui montre que les deux tiers des Français sont favorables à une augmentation des droits de douane et pour les quatre cinquième d’entre eux si possible dans un cadre européen. Le site Marianne2.fr y a consacré une très large étude, le 16 juin 2011.

    Par ailleurs, il est à signaler une vidéo de l’économiste Hervé Juvin, produite pour le site realpolitique.tv, sur le thème, L’heure est-elle au retour du protectionnisme ?, sans omettre son livre, Le renversement du monde - politique de la crise , dans lequel il pourfend le libre-échangisme.

    Une thèse défendue à Rome, dès juillet 2010, par deux économistes de l’Université Montesquieu de Bordeaux. Gérard Dussouy (**), connu des lecteurs de Polémia, et B.Yvars y défendent un protectionnisme autocentré sur une Europe fédérale, identitaire et carolingienne. Un point de vue que nous livrons à l’examen de nos lecteurs qui pourront prendre connaissance de l’introduction ci-après et lire la communication en entier en format pdf (voir en fin de l’introduction). (Source : site web "Chaire Jean Monnet de Bordeaux 4 - Intégration régionale comparée").

    Polémia


    Bien-être et consolidation de l’Etat de droit dans l’UE
    dans le contexte de globalisation

    G. Dussouy et B. Yvars
    Université Montesquieu - Bordeaux IV

    Introduction:

    La prospérité et le bien-être des populations de l’Union Européenne sont désormais en danger sous l’effet des crises engendrées par l’endettement des économies nationales et par les dérives chaotiques d’une économie mondiale dérégulée. Déstabilisé par les flux de la mondialisation, le modèle européen est en crise à tous les niveaux ; il est en voie de marginalisation géopolitique (la décentration de l’économie mondiale vers le Pacifique est un fait de plus en plus admis), de paupérisation et de communautarisation. Sa spécificité et son destin sont d’autant plus en jeu que règne entre les peuples de l’Union une culture d’indifférence aggravée par l’absence de tout progrès dans la formation d’une identité européenne .

    Face aux nouveaux défis, la gouvernance mondiale demeurant un vain mot, un slogan, voir une chimère, comme le démontrent tous les « grands sommets » du G8 au G20, la seule issue réside, plus que jamais, dans la réactivation du projet fédéraliste , dans la réalisation de l’Etat européen capable de rassembler les dernières forces vives du continent. Quitte à ce que le processus n’engage, dans un premier temps, qu’un petit nombre de peuples européens, il doit prioritairement renouer avec des logiques de gouvernement qui privilégient les intérêts et les identités de ces derniers. S’il en était autrement tout est à craindre pour la prospérité et la démocratie en Europe.

    Lire la suite en pdf

    G. Dussouy et B. Yvars http://www.polemia.com
    Rome Juillet 2010

  • Conférence de Piero San Giorgio à Lyon Le 16 novembre 2012

    Voici la vidéo de la conférence donnée par Piero San Giorgio à Lyon le 16 novembre 2012.

     

    Nous remercions les nombreuses personnes ayant assisté à l’évènement ainsi que toutes celles qui ont permis sa réalisation et son organisation. Enfin, nous remercions chaleureusement le site collaborationniste Rebellyon dont les informations mensongères ainsi que les petits trafics d’officine policière et administrative nourrissent la meilleure de nos publicités. 

    http://www.egaliteetreconciliation.fr

  • Grande-Bretagne : L’Europe ? Non merci !

    Aujourd’hui, près de 60% des Anglais seraient favorables à une sortie de l’Union Européenne. En tête de file de ce mouvement en plein essor, le député européen Nigel Farage, également leader du UK Independence Party. Celui-ci a su convaincre, et ses partisans se multiplient.

    Parmi eux, une ONG fait campagne pour l’organisation d’un référendum sur la séparation d’avec l’UE, tandis que l’éditorialiste du «Daily Mail», Peter Hitchens, écrit que la montée en puissance de Bruxelles est un véritable putsch. Un lord a même lancé un concours : 25.000 euros à qui trouvera la meilleure solution pour sortir de l’Union.

    http://fortune.fdesouche.com/

  • Derrière la crise grecque, la fin de l'euro

    La crise grecque annonce celle du capitalisme financier, induite par la chute programmée du dollar et l'implosion de l'euro.
    La Grèce n'en finit plus de s'enfoncer dans la crise. La semaine dernière, le pays a franchi un nouveau cran dans sa descente aux enfers. La note des banques grecques a été encore abaissée d'un cran tandis que les taux sur les bonds du Trésor à 10 ans atteignaient 16,81 %. et ceux sur les bonds du Trésor à deux ans 26,1 %. Pressé de toutes parts, le premier ministre Georges Papandréou a cherché à gagner du temps sans parvenir à rassurer les marchés ni sa population, qui n'en finit plus de manifester sa colère et son désarroi. Après des semaines de manifestations pacifiques, ce sont désormais des scènes de violence qui marquent le quotidien d'Athènes, témoignage de la désespérance de tout un peuple. Semaine après semaine, ce pays emblématique de l'Europe et où se constituèrent les valeurs fondatrices de la civilisation semble s'enfoncer dans le chaos.
    On ne peut rien comprendre à la crise grecque si l'on n'inscrit pas le problème dans la perspective plus globale de la crise de l'euro. Le problème de la Grèce est, certes, d'abord lié à sa dette. Comme tous les pays européens, mais plus encore que les autres, elle a contracté depuis son entrée dans l'euro une dette pharaonique. Celle-ci, qui atteignait déjà au 31 décembre 2009 le chiffre de 703 milliards d'Euros (soit 296 % du PIB), dont 293 milliards pour la dette publique, 120 milliards de dettes des entreprises financières, 165 milliards des entreprises non financières et 123 milliards pour les ménages, a bondi depuis lors - et malgré deux plans de sauvetage européens et l'injection massive de fonds - à près de 780 milliards d'euros, soit une augmentation de plus de 10 % en à peine plus d'un an.
    L'évolution de la seule dette publique est à l'avenant : alors qu'elle s'élevait déjà à 122 % du PIB fin 2009 elle s'est encore accrue pour atteindre 142,5 % du PIB à la fin du premier trimestre 2011. Plus contenu suite aux effroyables mesures d'austérité prises par le gouvernement grec depuis deux ans en échange du vote des plans de sauvetage des pays européens, le déficit budgétaire n'en demeure pas moins important, qui oscille entre 9 % et 10 %.
    Ces chiffres ne peuvent en aucun cas permettre à la Grèce de s'en sortir seule. Même si le taux d'intérêt moyen sur la dette publique était ramené à 3,5 % par an, la charge des intérêts représenterait 5,15 % à la fin de 2011. Bien trop pour ce que les finances grecques peuvent actuellement assumer.
    Dans le contexte actuel, il ne reste aux Grecs que trois options : premièrement, jouer sur une baisse durable de l'euro qui faciliterait la reprise des exportations et donnerait à l'économie grecque une bouffée d'oxygène. Deuxièmement, appliquer une politique d'hyper austérité, à l'image de ce que fit l'Allemagne au début des années 2000, en s'imposant des réformes visant à accroître la productivité et à contenir la hausse des salaires. Troisièmement, sortir de l'euro et rétablir une monnaie nationale.
    Une monnaie piège
    La première de ces trois solutions apparaît largement hypothétique, compte tenu de la santé de l'économie allemande - gage d'une appréciation à terme de l'euro - et de l'effondrement programmé du dollar, qui fera fatalement de l'euro une monnaie de réserve sur-appréciée.
    La seconde solution est moins probable encore, compte tenu de l'état de l'économie grecque, de la faiblesse chronique de son industrie, du laps de temps incompressible que prendrait une telle politique avant de porter ses premiers fruits et de la différence fondamentale de mentalité qui existe entre Grecs et Allemands.
    Reste la troisième solution : la sortie de l'euro, qui apparaît comme la seule raisonnable à l'heure qu'il est. Elle signifiera, pour la Grèce, rétablir sa banque centrale, restaurer sa monnaie nationale - le drachme - et procéder à une dévaluation massive, seul moyen de relancer son économie et de mettre la valeur faciale de sa monnaie en phase avec l'état réel de son économie.
    Le problème est qu'une telle décision engagerait un mécanisme en chaîne d'attaque en règle des marchés contre les monnaies des autres pays fragiles de la zone euro - Portugal, Italie, Espagne, Irlande - et enclencherait la réaction enchaîne d'implosion de la zone euro, signant la mort programmée de l'euro et, dans la foulée de l'Union européenne - ce dont ne veulent à aucun prix les dirigeants de l'UE, qui s'échine à vouloir à tout prix maintenir en vie ce mort en sursis qu'est l'euro. Quitte, pour ce faire, à sacrifier et la Grèce, et l'ensemble du peuple grec !
    La situation on le voit est beaucoup plus grave qu'on ne veut bien le dire. À l'évidence les Grecs ont mal géré leurs finances publiques. Le fait était connu de tous, même si tous ont fermé les yeux sur ces manquements de plus en plus manifestes au pacte de stabilité et de croissance, voté précisément pour éviter la trop grande divergence des économies européennes et l'éclatement la zone euro.
    Mais le problème est ailleurs : dans la structure de l'euro, qui constitue désormais une monnaie piège pour la plupart des pays européens. Une monnaie qui écrase littéralement les peuples sous le poids d'une dette de plus en plus folle, mais que les dirigeants de l'instance supranationale se refusent obstinément à voir sombrer conscients qu'elle les entraînerait dans sa chute.
    Cette implosion programmée de l'euro n'est à son tour elle-même qu'une conséquence de chute programmée du dollar, signe du déclin l'empire américain et d'une économie américaine de plus en plus droguée à la dette et incapable désormais d'équilibrer ses comptes en relançant ses exportations.
    La crise de l'euro et du dollar signalent enfin la crise générale du capitalisme financier. Il serait vain en effet de voir dans la crise grecque un artefact isolé, sorte de simple hoquet dans une économie par ailleurs saine. Contrairement aux crises antérieures, la crise actuelle est une crise totale, parce que mondiale, générale, systémique et interconnectée.
    Daniel Aman monde & vie . 25 juin 2011

  • Union européenne, « la nef des fous »

    Quoi qu'ait pu en dire Hollande, l'avenir de l'euro n'est pas encore assuré dans le moyen terme. L'état économique et social de nombre d'Etats membres, dont la France, est plus que préoccupant. L'instabilité politique de l'Italie inquiète. La Grèce vient d'obtenir un nouveau sursis grâce à un improbable bricolage financier mais est loin d'être sortie d'affaire. Les États membres sont incapables de s'accorder sur les perspectives financières de l'Union européenne. L'incertaine union bancaire est accouchée dans la douleur. Un chômage durable frappe de façon dramatique nombre d'Européens et l'arrivée des grands froids hivernaux a révélé la dégradation de la situation sociale et l'augmentation inquiétante de la pauvreté.
    En pareilles circonstances, de quoi donc se préoccupent la Commission et quatre États membres qui ont préféré garder l'anonymat ? De la présence d'auréoles autour du chef des saints Cyrille et Méthode sur les euros frappés par la Slovaquie à l'occasion de l'anniversaire de la venue des évangélisateurs en Grande Moravie et en Pannonie, il y a plus de mille ans !

    Apparemment frappés d'une crise de laïcisme aiguë les gouvernements de quatre États membres ont actionné la Commission afin qu'elle enjoigne au Gouvernement slovaque de faire disparaître auréoles et croix de la pièce de monnaie. Cachez cette auréole que je ne saurais voir !
    La Bulgarie a aussitôt rappelé que cette injonction correspondait exactement à la pratique du feu régime communiste. Belle performance démocratique pour l'Union européenne, qui adopte les postures du totalitarisme marxiste-léniniste.
    Fort heureusement le Gouvernement slovaque, un moment troublé, a finalement décidé de de modifier en rien sa pièce de monnaie. Toute-fois, cette péripétie grotesque est révélatrice d'un phénomène inquiétant : une volonté acharnée de négationnisme culturel fondé sur une christianophobie frénétique de la part de sociétés de pensée » et de groupes de pression puissamment installés dans les rouages des États, de l’administration européenne et des médias.
    Les artisans du mémoricide
    Ces idéologues acharnés veulent commettre un véritable mémoricide. L'Europe doit nier, et mieux encore, oublier ce qui est le fondement de sa civilisation. Jetons donc le christianisme dans les poubelles de l'Histoire. La philosophie grecque suivra vite car elle a fécondé la pensée théologique chrétienne et découvert le droit naturel avant elle.
    Pour pousser cette logique jusqu'au bout, il conviendrait sans doute de brûler les partitions religieuses de Bach, de Monteverdi, de Mozart, de Vivaldi, de Verdi, de Berlioz, de Fauré, de Messiaen ou de Pärt ! Il faudrait honorer le dément qui avait voulu défigurer la pietà de Michel Ange et badigeonner les fresques de la chapelle Sixtine, sans omettre de brûler les vierges de Léonard, de Raphaël, de Van der Meulen et de Quentin Metsys, de Mignard et de Lebrun et de tant d'autres. Pour faire bon poids, il y aurait urgence à organiser un gigantesque autodafé où se consumeraient les œuvres de saint Augustin, de sainte Thérèse d'Avila, de Pascal, de Chateaubriand, de Chesterton, de Péguy, de Bernanos et de Mauriac...
    Quelle démesure, s'exclameront certains. Rappelez-vous pourtant du vandalisme révolutionnaire en France, en Russie, en Asie. Des centaines d'églises, de monastères rasés, des bibliothèques dispersées, des milliers d'œuvres d'art détruites tandis que l'on massacrait prêtres, religieuses et croyants. Aujourd'hui encore, 75 % des persécutions religieuses dans le monde visent les chrétiens.
    La stupidité et le déchaînement idéologique peuvent aisément entraîner une nation, voire un continent dans le chaos. L'Europe n'a d'autre définition que sa civilisation et non ses incertaines limites géographiques. Ainsi ces laïcistes forcenés sont les fossoyeurs de l'Union européenne. Celle-ci ne peut être fondée seulement sur l'économie, qui est compétition et concurrence et non pas facteur d'unité. Pas plus que sur des droits de l'Homme réduits à la sacralisation des désirs individuels et qui, par là même, ruinent toute idée de Bien commun.
    Proclamer la mort de Dieu entraîne la mort des hommes
    Les idéologues de la christianophobie qui veulent détruire la mémoire religieuse de l'Europe, détruisent du même coup les fondements de sa civilisation et de ses cultures.
    Ceux qui ont proclamé la mort de Dieu onttoujours entraîné la mort des hommes. Par millions. Souvenons-nous en. Et en cette période où l'on nous rappelle qu'il y a des siècles un prophète de Judée annonçait qu'une grande lumière se lèverait sur le peuple qui marche dans l'ombre, gardons l'espoir. Mieux l'Espérance. Car l'avenir nous appartient.
    Stéphane Buffetaut monde & vie 26 décembre 2012
    Ier vice président du CNIP Ancien député européen

  • Carnet de notes d'un anthropologue en Grèce

    Sur un mur d’Athènes, un graffiti récent en guise de vœux suffit à lui tout seul pour ainsi faire dans le meilleur syncrétisme… bien à la hauteur des circonstances : « Bonne chance ».

    En face, sur un mur un de nos animaux adespotes complète la scène par son regard, splendide étonnement. Avec la défaite de la vérité face au toc bancocrate depuis les élections de juin et le mémorandum III de cet automne – pour ne retenir que l’essentiel de l’événementialité 2012 – nos vœux de l’ancien temps ont été aussi décapités, ou au mieux, asséchés dans des bandelettes de tissu trempées dans de la résine du mémorandum III. Manifestement, notre corps social serait en voie de momification, de ce fait et déjà, le seul vœu ayant encore un sens devant l’étendue invisible du temps qui nous surpasse, c’est : liberté. [...]

    La suite sur Greek Crisis

  • L’Europe de Néchin à Nijni-Novgorod

    L’idée est-elle venue de Vladimir Vladimirovitch lui-même, ou d’un conseiller ? On ne le saura sans doute jamais, ou fort tard. Au vu de la virtuosité déjà affichée par Poutine dans l’art du judo moral – dans des conditions qui semblaient impliquer une bonne dose d’improvisation – lors de sa conférence de presse jointe avec Angela Merkel, venue, la pauvre cloche, le sermonner comme un vilain garçon pour l’emprisonnement des trois catins FEMEN pendant que Peter Löscher, patron de Siemens et véritable maître de l’Allemagne, négociait les affaires sérieuses, j’aurais tendance à voir dans ce coup de maître la griffe de celui que les presstitués français, avec ce conformisme phraséologique des véritables attardés mentaux et ce trémolo de peur jouissante dont les homosexuels passifs ont le secret, appellent systématiquement le « Maître du Kremlin ».
    Les élites occidentales n’y ont vu que du feu. Pour ma part, tout comme, il y a un an, pour comprendre la véritable nature du drame qui se jouait entre Budapest et Bruxelles, c’est en observant Daniel Cohn-Bendit – l’un des rares marionnettistes du N.OM. à qui son exceptionnelle perversité permet de servir le mal sans renoncer à une once de son indéniable, démoniaque intelligence – que j’ai saisi toute la génialité du « coup Depardieu », comme on l’appellera probablement dans les manuels de soft power de l’an 2050. Que le personnage soit, pour des raisons cliniques et morales sur lesquelles il serait oiseux de s’attarder ici, profondément hystérique, c’était prévisible, et somme toute commun ; mais pour qu’il entre publiquement en transe et se mette à éructer, bave aux lèvres, devant des caméras, il faut – comme on a pris l’habitude de le dire ces temps-ci – que la quenelle soit épaisse. Et elle l’est, bien plus encore que – même dans la dissidence – ne le pensent en général les spectateurs étourdis de cette comédie bouffe.
    En dix ans de survie politique héroïque contre une conspiration mondiale omniprésente et impitoyable, Poutine a appris que les batailles démocratiques se gagnent au centre, c’est-à-dire – en ce qui concerne l’Occident culturellement pourrissant – le plus souvent sous la ceinture. Son combat contre la déforestation de la Sibérie ? Le succès de la micro-agriculture russe de proximité ? A l’Ouest, ça intéresse une douzaine d’écolos dissidents et vingt survivalistes acquis depuis longtemps à la cause russe. Rentabilité politique : 0. Les dizaines de milliers de chrétiens syriens qui, jour après jour, lui doivent d’échapper à la déportation et/ou à la mort ? Il suffit d’entrer dans une église française un dimanche matin (et donc, la plupart du temps, par effraction) pour comprendre que, comme le dit si poétiquement notre époque, « le thème n’est pas porteur ». En revanche, le succès croissant des thèses libertariennes, les romans de Houellebecq et l’essor du tourisme sexuel (y compris de proximité : on passe beaucoup la frontière belge, ces temps-ci, et pas que pour des raisons fiscales) sont autant de signes univoques indiquant que le mâle hétérosexuel blanc à revenus supérieurs à la moyenne, qui avait plus ou moins applaudi Dany le Rouge en 68, acclamé le jouir sans entraves que papa tardait un peu trop à lui consentir, et même, quoique plus discrètement, approuvé la généralisation du féminisme, qui semblait alors avant tout lui promettre une belle abondance de proies sexuelles faciles, sans prétentions matrimoniales ou exigences de fidélité, et des épouses qui, arrivées à la quarantaine, ne menaceraient plus de se suicider quand, grâce à la normalisation du divorce, il allait les éliminer de sa vie comme n’importe quel produit périmé et remplaçable – que cette vaste cohorte de jouisseurs sans scrupules, après avoir rongé les tous derniers os de la poule aux œufs d’or, est en train de vivre son thermidor de classe : après avoir enterré leur fille morte d’anorexie, renié leur fils militant à Act Up ou au Front de Gauche (pour autant qu’on s’obstine à distinguer ces deux organisations), payé la dernière pension à leur ex-femme remariée à un africain « qui, lui, la respecte », ils se retrouvent seuls, ringards, vieillissants et perplexes devant la marée haute de générations féminines sexuellement avariées par un féminisme tournant progressivement au lesbianisme intégriste, confrontés à une culture entièrement fondée sur la haine du mâle, le rejet du père et le mépris de l’âge. Voilà le client. Voilà un groupe social assez massif, assez fortuné, assez mobile et assez connecté à l’économie globale de l’information pour fournir la matière première d’une expérience éco-politico-culturelle à grande échelle et à fort coefficient démultiplicateur : migration financière, investissement, consommation et tourisme – sans compter les gains collatéraux de PR politique toujours associés à la réussite de ce genre d’opérations.
    Or cette génération, ce sont les fans de Depardieu. Bien que plutôt bien insérée dans l’économie formelle, elle s’est massivement reconnue dans la figure de cette petite frappe – plus ou moins contrebandier, plus ou moins proxénète, animal opportuniste parasitant les relations d’une base de l’OTAN avec son environnement rural français – cooptée par le cinéma de l’époque précisément pour incarner le wet nightmare de la bonne bourgeoise gaulliste : le blouson noir, précurseur du rappeur dans le paradigme du violeur sympathique, du mâle rustaud qui se sert sans manières, dans un contraste tragiquement favorable avec l’effémination suréduquée de la virilité bourgeoise endogène. Dans l’hypocrisie bourgeoise du scandale/réclame, un pacte crapuleux s’était noué entre une génération de femmes occidentales – la dernière – qui avait encore besoin de révérer (c’est-à-dire, appelons un chat une chatte : de craindre) l’homme pour mouiller et son vis-à-vis masculin, encore un peu intimidé par le satanisme affiché d’un Mike Jager – dont les incantations maléfiques s’exprimaient d’ailleurs dans une langue encore inintelligible pour la grande majorité hexagonale –, mais qui ne demandait qu’à s’identifier fantasmagoriquement à l’amoralité somme toute encore digérable, à la violence franchouillarde et bonhomme, presque patoisante, de ce prince des ténèbres pour apprentis-Faust de Châteauroux et environs. Dans une civilisation où l’initiation est devenue une catégorie descriptive de l’ethnologique des pays lointains, où le concept est désormais une affaire d’experts, le behaviourisme, dans toute son indigence épistémologique, devient une théorie adéquate à notre réalité sociale en état de nécrose avancée : dans le mimétisme bestial qui nous tient aujourd’hui lieu de vie spirituelle, il faut bien se faire à cette idée : Gérard Depardieu est un « créateur d’opinion/de trends », l’équivalent fonctionnel – dans sa « fenêtre sectorielle » à lui – d’un guide spirituel.
    Daniel Cohn-Bendit ne s’y est pas trompé : comme il y a peu devant la trahison de l’ex-leader orange Viktor Orbán, ses aboiements de hargne découlaient du sentiment infiniment douloureux, et en l’occurrence parfaitement fondé, de s’être fait, comme disent les commentateurs sportifs, dépossédé à la loyale par Poutine. La désinhibition, les frontières qui tombent, le primat du désir sur les conventions sociales et – bien qu’il n’ait en public développé que plus tard cette facette par ailleurs totalement cohérente de sa personnalité politique – même ce néo-poujadisme du libéralisme antifiscal, c’était son fond de commerce à lui, Dany le Rouge, son parti, son créneau, son deal. Et voici qu’à l’instant même où, en pleine glaciation sexuelle induite par le boomerang féministe de la political correctness, les manifestes pédophiles télévisés de sa jeunesse commencent à le rattraper et à ternir son image publique, un ancien flic russe devenu chef d’Etat, mystérieusement allié à un playboy rabelaisien conservé dans l’alcool, réussit une blitz-OPA hostile sur son territoire ! Je le dis avec mes mots de poète : il a de quoi s’en mordre les couilles, Dany.
    Car enfin, trahissons le secret de polichinelle : entre Néchin et Nijni-Novgorod, il y a un peu plus qu’un écart climatico-fiscal de quelques degrés. La Russie actuelle ne conserve pas uniquement le tigre polaire et l’habitus de la pratique religieuse, mais aussi ce phénomène désormais étrange aux yeux des dernières (des toutes dernières) générations d’Occidentaux : l’hétérosexualité. A l’Est, bien sûr, on construit, on prie, on rêve Europe et Eurasie, on écrit (les plus grands poètes vivants de ma connaissance s’expriment en roumain et en hongrois), on danse et on chante, mais à l’Est, aussi et surtout – il fallait bien que quelqu’un finisse par cracher le morceau, va pour Weiss qui s’y colle : à l’Est, on baise. Bien plus encore que dans nos colonies tchèques, polonaises, hongroises et roumaines, déjà atteintes par le cancer culturel de la métropole, par ses ONG féministes et son obésité précoce, la Russie abrite des effectifs impressionnants de femmes qui n’éprouvent aucune honte à vivre comme valorisant le désir masculin dont elle sont – horribili dictu – l’objet. La natalité russe la plus récente reflète d’ailleurs cette vitalité familiale qui, là-bas, dépasse vite le stade des aspirations théoriques et des déclarations de principe fondées sur telle ou telle encyclique papale. Au risque de choquer presque autant de militants à Civitas qu’à Act Up, je rappelle cette donnée primordiale et honteusement simple de l’existence humaine : tant que la PMA ne sera pas généralisée, « croître et multiplier », ça se passera à grands coups de bite ou ça ne se passera pas. Ne faites donc plus, Madame, semblant de vous demander pourquoi Monsieur rentre toujours si jovial de ses réunions bilatérales à Petersburg, de ces négociation pourtant difficiles avec un partenaire qu’il vous décrit très véridiquement comme dur en affaires. On dit que la bourgeoisie occidentale ne fait plus d’enfants : ça n’est qu’à demi-vrai – vrai en ce qui concerne les occidentales, dont la cartographie mitochondriale de l’an 2500 constatera sans doute avec perplexité la disparition soudaine, en l’espace d’une ou deux générations du début du XXIe siècle. Les marqueurs Y, eux, ne se portent pas si mal, merci, se propagent même, discrètement, sous camouflage onomastique, avec les petits Piotr, Ivan et François-Boris qui garnissent en ce moment même les maternité de Kiev, Kharkov, Irkoutsk et Volgograd.
    Les continentaux sont comme ça : ils laissent peu d’idées neuves parvenir jusqu’à leur conscience lente et monolithique, mais, dans le tchernoziom de l’âme continentale, ces rares semences que le vent a su porter jusqu’à l’intérieur de la Terre Sèche deviennent des arbres majestueux. Exemple : le soft power. Des élections présidentielles russes jusqu’à la mise en scène des Pussy Riot, l’Empire – à travers la CIA, la NED, Soros etc. – a dépensé des sommes colossales dans une campagne anti-Poutine dont les résultats restent particulièrement médiocres : flop intégral en Russie, où l’évidence de l’ingérence a même probablement induit un renforcement du pouvoir de V. Poutine, notamment du côté de ceux qui tendaient auparavant à le déborder sur sa gauche, et dans les milieux religieux (deux secteurs qui, même entre eux, amorcent dans la Russie actuelle un rapprochement inédit depuis la Grande Guerre Patriotique : le premier secrétaire du PCR se rend régulièrement à la messe) ; quant à l’opinion publique occidentale, supra-sollicitée par la vague islamophobe (mauvaise synchronisation des agendas ! qui top embrasse…) – et disons-le : effectivement inquiète, à juste titre, devant les conséquences imprévisibles de l’expérience d’ingénierie sociale inédite et satanique connue sous le nom « d’immigration de masse » –, elle a réagi très mollement au stimulus érodé de la russophobie, que l’on n’ose plus accoupler au vieux stéréotype anticommuniste de la « menace asiatique » que dans des pays intellectuellement arriérés, comme la plantation OTAN connue sous le nom de Roumanie. En regard, arrêtons-nous un instant à tenter de calculer le budget de « l’opération Depardieu » : même si, à titre de pourliche, Vladimir Vladimirovitch a par-dessus le marché fait grâce à son pote Gégé des malheureux 13% d’impôts qu’il aurait encore, le pauvre, à payer s’il déclare ses revenus en Russie, l’opération reste aussi blanche que certaines révolutions ratées ; ajoutons les frais de traduction du slave au berrichon, le protocole et un budget vodka qu’on imagine conséquent : à la louche, quelques milliers de roubles ? Pour un buzz de plusieurs jours, saturant les télévisions et les réseaux sociaux dans la plupart des pays d’Europe et du monde postsoviétique ! Peu habitués à subir le feu de leurs propres armes, les apparatchiks du bolchévisme néolibéral français, ministres de Hollande en tête, sont tombés dans le panneau, rompant le silence prophylactique qui s’impose en de telles circonstances comme moins mauvaise solution pour multiplier les déclarations haineuses, les démentis peu crédibles et toutes sortes de signes de nervosité qui furent autant de mètres cubes d’huile gratuitement jetés sur un feu qui n’en avait plus besoin.
    C’est pourquoi je pense réparer ici une vieille injustice en saluant dans le dernier chef d’Etat légitime de l’Europe, Vladimir Vladimirovitch Poutine, trop souvent présenté (conformément à une image qu’il a, certes, lui-même cultivée : larvatus prodit) comme une brute au grand cœur, un véritable Napoléon du soft power, ceinture noire du judo moral toujours prêt à poursuivre les laquais idéologiques de l’Empire jusque dans les chiottes où leur « pensée » semble avoir durablement élu domicile.

    http://www.voxnr.com

  • Petit rappel de notre chaotique histoire

    A l’heure des crises, l’Europe est plus que jamais un sujet brûlant. Nombreux sont les Européens à se poser des questions : pourquoi cette Europe pour laquelle on ne cesse de voter, ne nous protège-t-elle pas ? Pourquoi est-elle ouverte aux grands vents du libéralisme quand de nombreux pays, dont la Chine et les USA, usent et abusent d’un protectionnisme sélectif ? Pourquoi l’Europe ne protège-t-elle pas mieux ses emplois et pourquoi ne pèse-t-elle pas autant qu’elle le devrait sur l’échiquier géopolitique mondial ? Car, ce sont bien « les autres » qui ont, semble-t-il, plus besoin de nous que nous d’eux. Mais le masochisme qui infeste nos classes dirigeantes et le milieu intellectuel « bobo » qui sert de baromètre moral, imposent aux peuples des réponses qui vont à l’encontre de leurs souhaits et de leurs intérêts.  Le drame des peuples est qu’ils sont passifs par essence et ne se révoltent que par intérêt.

    Il n’en reste pas moins vrai qu’il faut aussi tenir compte du poids de l’histoire. Les traités de Westphalie, en 1648, inaugurent un nouvel ordre européen qui consacre la division de l’Allemagne et la réorganisation de l’Europe centrale, dont la France tire grand profit. Puis viendra Napoléon qui redessinera à sa manière la géographie européenne.

    De cette histoire, que retenir ? Que c’est la guerre – même celles très démocratiques de 1914 et 1940 – qui a fondé l’Europe et l’a contrainte à innover sans cesse. Certes, la Renaissance a initié le processus créatif, pas seulement dans les arts et lettres, mais tout autant dans les sciences et les techniques qui seront au service de la guerre.

    C’est bien le conflit qui a consacré une Europe qui existait bien avant 1789. Le conflit est au cœur de l’âme européenne. Raison pour laquelle Bruxelles est aussi un champ de bataille, avec au centre du dispositif, une Allemagne unifiée. Loin de nous l’idée de nous en plaindre. Mais, là encore, l’histoire pèse de tout son poids, car toute la géopolitique des grandes nations européennes a toujours consisté à empêcher l’unification des Allemands par craindre d’une guerre.

    Ce n’est donc pas un hasard si l’Allemagne d’aujourd’hui, véritable « heartland » européen, est devenue l’arbitre d’un continent constitué d’Etats aux statuts disparates. La guerre s’est transposée sur le plan économique et cette bataille-là, à l’heure de la mondialisation, nécessite pour la gagner une unité capable de dépasser les égoïsmes nationaux. De convaincre les uns et les autres qu’on a tout à gagner d’un protectionnisme sélectif qui protège nos emplois et plus encore notre génie créatif au sein des centres d’innovation et de recherches. Car nous sommes loin de manquer d’atouts. Et regarder à l’Est, en devenant un partenaire de la Russie dont l’imperium est inscrit dans les gènes. Sauf que tout cela nécessite une vraie mutation génétique des politiques qui nous dirigent. Et là, c’est pas gagné ! Dans cette attente, l’Europe continuera de se nourrir de ses conflits internes. Pour le plus grand bonheur du capitalisme libéral.

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  • Olivier Delamarche : ” Nous allons vers un tsunami financier et économique”

    Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 08 janvier 2013 sur BFM Business, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Placements.

    « Les marchés ne baissent pas parce qu’ils sont manipulés. Aujourd’hui nous ne sommes plus dans des marchés mais dans des décisions politiques qui fabriquent un cours qui n’a rien à voir avec les fondamentaux. On se demande comment ça peut encore marcher. »

    http://fortune.fdesouche.com/