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Europe et Union européenne - Page 537

  • Européennes : rares sont les listes qui, passant la barre des 5 %, pourront avoir des élus

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    Des 33 listes au départ, on ne sait pas encore si toutes seront présentes dans les bureaux de vote, le 26 mai, mais il est assuré que toutes n’atteindront pas la barre des 5 %, au-dessous de laquelle on ne peut avoir d’élus. Ce n’est pas grave pour les toutes petites listes qui profitent de l’élection européenne pour se faire un peu de publicité, l’espace d’une campagne. C’est plus important pour les partis et mouvements qui participent régulièrement au débat politique car leur score, malgré l’abstention prévisible, illustrera leur influence dans le corps électoral. Parmi eux, le PS et Debout la France pourraient bien n’avoir aucun élu.

    Les sondages, à trois semaines du scrutin, ne sont qu’indicatifs mais ils donnent une idée de l’ordre d’arrivée. En tête du peloton, le Rassemblement national et l’alliance LREM-MoDem-Agir-MRSL. Ils se talonnent, mais leur avance est telle sur leurs concurrents qu’ils ne seront jamais rattrapés. Viennent, ensuite, Les Républicains, qui doivent une fière chandelle à François-Xavier Bellamy, La France insoumise, Europe Écologie Les Verts : ils sont assurés d’avoir quelques élus. Mais le PS-Place publique, malgré le soutien de Christiane Taubira, Génération-s, Debout la France, sont actuellement en dessous des 5 % et risquent fort de revenir bredouilles de cette élection. Ne parlons pas des Patriotes de Florian Philippot ni du Parti communiste !

    À gauche, les voix se dispersent, le PS poursuit sa chute, apparemment irréversible : de 8 eurodéputés sortants – ce qui n’était, déjà, pas beaucoup pour un parti alors majoritaire –, il pourrait passer à 0 ! Il faut dire qu’il ne s’est pas remis de sa défaite cuisante aux présidentielles et que le mandat de François Hollande n’a pas contribué à le promouvoir. Sans compter tous les élus qui ont soutenu ou rejoint Macron et ne jurent, maintenant, que par lui – en attendant de s’en séparer, pour ne pas couler avec lui, au cas où son naufrage se confirmerait. Ce n’est pas la première fois que le PS tombe si bas : il n’avait pas fière allure avant que Mitterrand ne le redressât. Mais on ne voit, à l’horizon, aucune personnalité capable de reconstruire l’unité de la gauche.

    Du côté des souverainistes et des eurosceptiques, Florian Philippot ne décolle pas, malgré la couverture médiatique dont il dispose encore, héritée de l’époque où il était vice-président du FN : sans doute les Français n’apprécient-ils pas ceux qui crachent dans la soupe après s’en être longuement nourri. Quant à Nicolas Dupont-Aignan, qui a préféré faire cavalier seul, il n’est pas certain d’avoir des élus et aura tout le loisir, après le 26 mai, de s’interroger sur la pertinence de sa stratégie. S’il s’était allié avec Marine Le Pen, comme au second tour des présidentielles, au prix de quelques concessions réciproques, le problème ne se poserait pas de savoir qui, du RN ou de LREM, passerait en vainqueur la ligne d’arrivée.

    Finalement, qu’on le regrette ou non, l’intérêt de cette élection se résume au duel entre Macron et Marine Le Pen, respectivement représentés par Nathalie Loiseau et Jordan Bardella. Les médias sont obligés de reconnaître que le second est plus dynamique que la première. Nathalie Loiseau, si elle fait figure d’élève studieuse de l’Europe, ne brille ni par son talent oratoire, ni par l’attractivité du projet qu’elle est chargée de défendre. Le réduire à une opposition entre « progressistes » et « nationalistes », entre gentils et méchants, est trop simpliste et caricatural pour convaincre. Si sa liste arrivait en second, ce serait la juste conséquence de l’ambiguïté des options de notre Président et de son impopularité.

    https://www.bvoltaire.fr/europeennes-rares-sont-les-listes-qui-passant-la-barre-des-5-pourront-avoir-des-elus/

  • La Russie reprend la main en Ukraine

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    par Jean-Paul Baquiast

    Ex: http://www.europesolidaire.eu

    Vladimir Poutine paraît avoir compris qu'il ne fallait pas attendre du nouveau président ukrainien Volodymir Zelinsky, dit jeune et inexpérimenté qu'il fasse le moindre effort pour redonner à l'Ukraine des relations normales avec la Russie.

    Par ce terme de relations normales, nous entendons celles que par exemple les Etats de l'Union européenne, à qui l'on ne peut reprocher un excès de poutinophilie, entretiennent avec Moscou. Pour rétablir des relations normales avec l'Ukraine, la Russie doit persuader tous ceux qui dans ce pays rêvent encore d'y multiplier des provocations anti-russes, éventuellement militaires, qu'elle ne les laissera plus désormais faire.

    Sans menacer Kiev de réactions de l'armée russe dont les conséquences pourraient être nuisibles aux stratégies géopolitiques internationales de la Russie, elle vient d'annoncer une mesure qui rendra pratiquement impossibles les interventions ukrainiennes hostiles dans les républiques auto-proclamées peuplées de russophones de Donetsk et de Lugansk.

    Etant donné que l'Ukraine a bloqué ces régions, qu'elle n'a pas fourni de services administratifs à leurs populations, qu'elle n'a pas payé les pensions ou les allocations qui leur sont dues et qu'elle n'a pas permis à ses citoyens qui y vivent de voter aux élections ukrainiennes, la Russie a maintenant autorisé les résidents de ces régions à demander la citoyenneté russe, ouvrant des bureaux régionaux pour étudier et satisfaire le cas échéant celles-ci.

    Jusqu'à présent l'armée ukrainienne avait pu bombarder en toute impunité, en y faisant de milliers de victimes, les districts de Donetsk et de Lugansk en prétendant qu'elle y réprimait les rébellions sécessionniste de citoyens ukrainiens. Désormais, elle ne pourra plus le faire car ce seront des citoyens russes qu'elle bombardera. Dans ce cas, Vladimir Poutine serait légitime, conformément au droit international, s'il intervenait militairement.

    Alors l'Ukraine, malgré sa relative puissance militaire, subira le même sort que la Géorgie lorsque en 2008 ses militaires ont bombardé l'Ossétie du Sud, un territoire empli de détenteurs de passeports russes. Au cours de cette courte guerre la capacité militaire de la Géorgie a été neutralisée en moins d'une semaine, et le reste du monde en a pris acte.

    Moscou pourra prendre bien d'autres mesures pour réduire les capacités économiques et diplomatiques de l'Ukraine, si celle-ci sous la présidence de Volodymir Zelinsky ne revient pas à la raison. Nous en ferons une listé éventuellement. Tout laisse croire que Zelinsky en tiendra compte pour établir les relations normales avec la Russie auxquelles nous faisions allusion. Washington devra s'y résigner.

    Lire une excellente analyse de la française Christelle Néant, excellent connaisseuse de la région

    https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/politologue-toute-la-puissance-de-214739
    http://euro-synergies.hautetfort.com/

  • Jordan Bardella : “Avec l’environnement, l’immigration est sans doute l’un des deux grands défis majeurs de l’Europe au XXIe siècle”

    Jordan Bardella : “Avec l’environnement, l’immigration est sans doute l’un des deux grands défis majeurs de l’Europe au XXIe siècle”

    Extrait de l’interview accordée par Jordan Bardella à Causeur :

    “(…) Tant qu’on continuera à avoir un système de prestations sociales extrêmement attractif pour des personnes qui viennent de l’étranger, il est évident que l’immigration se poursuivra. La réponse à la question de l’immigration doit être à la fois des frontières nationales – rétablir des postes de douane alors que Sarkozy en a fermés 6500 – et une politique de dissuasion. Il faut réserver les moyens de l’Etat et la solidarité nationale aux Français tout en raccompagnant les bateaux de migrants dans les ports de départ. C’est ce que fait Salvini (…)

    Avec l’environnement, l’immigration est sans doute l’un des deux grands défis majeurs de l’Europe au XXIe siècle. D’ici 2050, la population africaine va doubler. Il faut lire le très bon livre de Stephen Smith La ruée vers l’Europe. On fait face à un continent qui est en train de devenir une bombe démographique. La population africaine est très jeune et voudra ensuite aller vers des terres plus riches qu’ils considèrent – à tort – comme un eldorado : l’Europe. La seule question à se poser est : accepte-t-on cette ruée progressive vers l’Europe qui est déjà en cours ? Cela aurait d’énormes conséquences économiques, sociales, culturelles et cultuelles. L’Italie a accueilli 700 000 migrants sur ses côtes depuis 2013. Depuis que Salvini est aux responsabilités, il a fait baisser de 95% le nombre de débarquements. Cette fermeté est aussi une forme d’humanité parce qu’il a fait baisser de moitié le nombre de morts en Méditerranée (…)

    Les belles âmes qui nous donnent des leçons portent la responsabilité des morts en Méditerranée. Ces gens font croire à des individus qui viennent parfois de très loin que notre continent est encore un eldorado, qu’ils pourront être pris en charge et s’épanouir dans des sociétés déjà touchées par le chômage, des fractures territoriales… On veut faire ce qu’a fait l’Australie depuis trois ans en envoyant ce message : « Ne venez pas, vous ne serez pas régularisés, nous ne naturaliserons pas vos enfants et nous ne prendrons pas en charge vos dépenses de santé. » Les bateaux qui viennent seront systématiquement reconduits. Des campagnes de communication dans les pays de départ l’expliqueront.

    https://www.lesalonbeige.fr/jordan-bardella-avec-lenvironnement-limmigration-est-sans-doute-lun-des-deux-grands-defis-majeurs-de-leurope-au-xxie-siecle/

  • Éric Zemmour : « Vox ou la fin du "modèle” espagnol »

    En introduction à cet intéressant article, Le Figaro écrit :Les raisons de la percée du parti Vox en Espagne sont d’une banalité confondante: d’abord et avant tout l’immigration et l’islam. (Figaro Magazine du 3.05). Éric Zemmour montre aussi que ce n'est pas que cela et c'est à lire.  LFAR 

    « Les leaders de Vox ont donc posé la question du peuple.»

    L’Espagne était la dernière à résister. Au nom de l’Europe, de l’humanisme, du traumatisme franquiste.

    La dernière à ne pas avoir de députés « d’extrême droite » ou « populiste » à l’Assemblée nationale. La dernière à « faire barrage ». La dernière à connaître une alternance d’ancien monde entre sociaux-démocrates et chrétiens-démocrates. Même l’Allemagne avait cédé.

    Depuis les dernières élections législatives du dimanche 28 avril, l’Espagne ne pourra plus se vanter de son « exception ibérique ». Le parti Vox a réalisé une percée remarquable (gagnant 24 députés d’un coup) dans une bataille électorale où les places étaient chères et la participation forte (75%).

    Les raisons d’une semblable percée sont d’une banalité confondante : d’abord et avant tout l’immigration et l’islam. Comme en Allemagne avec l’AfD, comme en Italie avec la Ligue. Comme en France avec le Front national. Il n’y a que les aveugles pour continuer à ne pas voir ce qu’ils voient et surtout dire ce qu’ils voient, selon la célèbre formule de Péguy.

    Longtemps, l’Espagne a résisté parce que sa situation était atypique. Les immigrés ne restaient pas, sauf en Catalogne, à cause des salaires trop bas et de la faiblesse des allocations. Le pays se voulait un Européen exemplaire, le meilleur élève de la Bruxelles et des juges européens. Le meilleur soutien de l’Allemagne, aussi. Quand l’Italie de Salvini a fermé ses ports aux migrants, l’Espagne a ouvert les siens. Depuis quarante ans, l’après franquisme avait viré à un antipatriotisme. Médias, universités, école déversaient un discours militant de « haine de soi ». Tout y était passé : l’empire de Charles Quint, la découverte de l’Amérique, les rois très catholiques. Même la tauromachie. Le féminisme, dominé par le lobby LGBT, attaquait et ridiculisait le « machisme » national. La Catalogne tentait de faire sécession. Interdisait la langue castillane. Et faisait venir en masse des travailleurs marocains pour mieux « déshispaniser » la « nation ». Dans ce contexte de « suicide » national, voulu par le politiquement correct d’extrême gauche, la crise de 2008 a encore aggravé la situation. Le modèle économique, qui reposait sur la spéculation immobilière, s’est effondré. Les Espagnols ont, eux, subi une réelle austérité avec des baisses de salaires de 25 %.

    La révolte vint donc de l’extrême gauche avec Podemos. Le fameux populisme de gauche tant admiré par Mélenchon et même par les plus grands esprits comme Jean-Claude Michéa. Un populisme qui se limitait au combat du bas contre le haut. Du peuple contre les élites.

    Mais quel peuple ? La question n’a pas tardé à se poser. C’est la question qui pose la limite du populisme de gauche. La question identitaire. La question qui ramène tout naturellement les prétendus populistes dans le giron d’une gauche traditionnelle.

    Les leaders de Vox ont donc posé la question du peuple. La question de l’islam et de ces militants islamistes qui veulent reconquérir l’Andalousie par « le ventre de leurs femmes ». Et toutes les questions adjacentes, celles du féminisme, de la famille, de la démographie qui s’effondre aussi en Espagne, de la place de l’homme, donc. Des traditions, de l’histoire, de la nation. Des questions qui fâchent. Et qui n’ont pas fini de fâcher.    

    Éric Zemmour

    http://lafautearousseau.hautetfort.com/index-1.html

  • Européennes : Loiseau y laisse des plumes – Journal du mardi 7 mai 2019

    Européennes : Loiseau y laisse des plumes

    Alors que plusieurs sondages ont placé le Rassemblement National en tête devant la République en Marche, la tête de liste du parti présidentiel ne semble pas en mesure d’endiguer l’hémorragie… Edouard Philippe a décidé de voler à son secours…

    Les agriculteurs suspendus à l’UE

    A quelques semaines des élections européennes, les agriculteurs français s’inquiètent toujours des possibles conséquences d’un futur Parlement Européen. PAC, zones défavorisées, agriculture biologique, de nombreuses questions restent sans réponse.

    Biodiversité : l’engagement vertueux de façade

    Chamboulé sur le terrain social depuis plus de 6 mois, Emmanuel Macron n’a plus grande marge de manoeuvre. Sans surprise, les questions sociétales arrivent en grande pompe avec en priorité, la moins clivante : l’écologie.

    L’actualité en bref

    https://www.tvlibertes.com/europeennes-loiseau-y-laisse-des-plumes-journal-du-mardi-7-mai-2019

  • Un vent de panique souffle sur le Parlement européen

    Un vent de panique souffle sur le Parlement européen

    Dans La Nef, Yves Daoudal explique :

    […] En effet, pour la première fois depuis que les parlementaires européens sont élus par les peuples (1979), la ronronnante coalition entre le centre droit (Parti populaire européen, PPE) et les sociaux-démocrates (S&D) va perdre sa majorité absolue. Pendant 40 ans on s’est partagé la présidence et les principaux postes dans le plus parfait consensus (alors qu’on s’étripait éventuellement sur les scènes nationales), et voilà que le pays de Cocagne (de confortables émoluments sans véritables responsabilités politiques) va s’effondrer sous les coups de boutoir des méchants « populistes ». (Et, pour tenter de limiter la casse, l’appareil du PPE veut garder les « populistes » hongrois de Viktor Orban que plusieurs membres veulent virer…)

    Car les sondages confirment ce que tout le monde voit venir. Depuis les dernières élections, des « populistes » et « souverainistes » sont arrivés au pouvoir, en coalition, en Italie et en Autriche, et voilà qu’ils sont encore plus populaires au pouvoir qu’ils ne l’étaient dans l’opposition. C’est spectaculaire en Italie. En France, on voit que le Rassemblement national fait quasiment jeu égal avec la liste concoctée par Emmanuel Macron. En Allemagne, l’AfD est devenu le troisième parti du pays, bien qu’aux européennes, si l’on en croit les sondages, il devrait être dépassé par les Verts effectuant une spectaculaire remontée.

    En Hongrie et en Pologne, les « populistes » règnent depuis longtemps. En Espagne est apparu le parti Vox (11 % en Andalousie). Son chef, Santiago Abascal, s’est rendu le 20 mars à Varsovie et a rencontré Jaroslaw Kaczynski, président du PiS. Le 10 janvier c’était Matteo Salvini qui était à Varsovie. Le même 20 mars, aux Pays-Bas, un parti inconnu, le Forum pour la démocratie, anti-UE, anti-immigation, anti-islam, faisait jeu égal aux sénatoriales avec le parti du Premier ministre Mark Rutte. Le 3 mars, en Estonie, le « parti populaire conservateur » (EKKRE) a bondi de 8,1 % à 17,8 % aux législatives, passant de 7 sièges à 19. Et, le 14 avril, en Finlande, les « Vrais Finlandais » sont passés de 17 à 39 sièges, talonnant les sociaux-démocrates (40).

    C’est pourquoi Emmanuel Macron a désigné les « populistes » comme les adversaires de son projet européen. Car il a aussi un projet européen : il aimerait rééditer à l’échelle de l’Europe le coup qu’il a réalisé en France. En l’occurrence, il s’agirait de créer un grand groupe de « centre vert » libéral européiste qui s’impose face au PPE comme aux sociaux-démocrates. Mais la tâche est autrement plus difficile. Emmanuel Macron a envoyé des émissaires dans divers pays pour tâter le terrain, mais ce que l’on en sait est que ce fut un flop. […]

    Mais on peut prévoir que l’effet conjugué des manœuvres d’Emmanuel Macron, du départ des Britanniques pour cause de Brexit, et de la montée des populismes, va conduire à des changements. Par exemple le groupe « Europe de la liberté et de la démocratie directe », qui reposait sur le parti italien M5S, va disparaître. Quant au groupe Conservateurs et réformistes européens (CRE), il va perdre l’un de ses deux piliers : les conservateurs britanniques laissant le PiS polonais orphelin. D’autant que deux petits partis « d’extrême droite » du CRE viennent de s’allier à la Ligue. D’ailleurs, les Britanniques partis, on ne voit pas ce qui distingue le CRE du groupe Europe des nations et des libertés réunissant le Rassemblement national, la Ligue, le FPÖ et le Vlaams Belang.

    Quelles que soient les recompositions, il demeure que, sauf surprise, les « populistes » et« souverainistes », au sens le plus large, ne constitueront ni une majorité, ni une « minorité de blocage ». Quand Matteo Salvini annonce qu’avec ses alliés il va « changer l’Europe », il se vante… D’autant que, de toute façon, le Parlement européen n’a quasiment aucun pouvoir. Sauf un pouvoir de nuisance. Puisqu’il ne peut pas vraiment peser sur la politique européenne, qui est aux mains de la Commission, il passe son temps à voter des « résolutions » kilométriques qui débitent, au mieux, le politiquement correct et, au pire, les revendications de l’immigrationnisme, de l’islamophilie, de la culture de mort et les injonctions de la décadence morale.

    C’est là qu’une forte participation de « populistes » peut être un salutaire grain de sable, surtout si l’hégémonie centre droit-centre gauche est cassée. Le Parlement européen avait été créé pour répandre l’idéologie d’une Europe politique supranationale. Si les « populistes » peuvent faire entendre un autre son de cloche, ce sera bien. Mais pour ce qui est de transformer l’Union européenne dans un sens plus respectueux des souverainetés nationales et de la liberté des peuples, ce n’est pas à ce niveau-là que ça peut se passer.

    https://www.lesalonbeige.fr/un-vent-de-panique-souffle-sur-le-parlement-europeen/

  • Danemark : un parti qui veut interdire l’islam et expulser des centaines de milliers de musulmans pourrait entrer au Parlement

    Une nouvelle formation d’extrême droite danoise appelée Stram Kurs (Ligne dure), qui veut interdire l’islam et expulser des centaines de milliers de musulmans, pourrait remporter des sièges lors des élections législatives de ce printemps, selon un sondage rendu public lundi.

    L’enquête de l’institut Voxmeter crédite Stram Kurs, fondé en 2017 par l’avocat Rasmus Paludan, de 2,4% des intentions de vote, au-dessus du seuil des 2% nécessaire pour siéger au parlement danois. Deux autres sondages parus la semaine dernière ont aussi prévu une entrée de la petite formation au parlement, avec 2,7% des voix selon une enquête et 3,9% selon l’autre.

    (…) Le Figaro

    http://www.fdesouche.com/1202587-danemark-un-parti-qui-veut-interdire-lislam-et-expulser-des-centaines-de-milliers-de-musulmans-pourrait-entrer-au-parlement

  • Européennes : secousses au sommet – Journal du lundi 6 mai 2019

     

    Européennes : secousses au sommet

    La République en Marche prend l’eau. Depuis l’annonce de Nathalie Loiseau comme tête de liste, le parti présidentiel semble sur la mauvaise pente pour les élections européennes. Les sondages plaçant le Rassemblement National en tête s’enchaînent et le Républicain, François-Xavier Bellamy, semble dans une dynamique favorable.

    Harcèlement moral : Orange sur le banc des accusés

    Sale temps pour Orange. Dix ans après une importante vague de suicides de salariés, l’opérateur téléphonique et ses anciens dirigeants doivent répondre de harcèlement moral institutionnel… Un procès qui ne devrait pas être tenu éloigné bien longtemps du contexte politique avec la crise sociale des Gilets Jaunes.

    Iran : coup de billard à trois bandes pour les Américains

    Alors que de nouvelles tensions agitent la Palestine et le Liban, les Etat-Unis déploient un porte-avions dans la région menaçant directement Téhéran. Une manoeuvre militaire en forme de provocation que nous explique le consultant international Richard Labévière.

    L’actualité en bref

    https://www.tvlibertes.com/europeennes-secousses-au-sommet-journal-du-lundi-6-mai-2019

  • L’écologie est une notion de droit

    L’écologie est une notion de droite

    N’en déplaise aux plumitifs de Libération, qui découvrent que le Rassemblement National se réapproprie une notion passée à gauche et qui essaient de nous faire croire que l’écologie de gauche, c’est bien, tandis que l’écologie de droite, c’est mal. Amusant :

    On avait pris l’habitude de voir le Rassemblement national (RN) imposer ses mots et ses sujets (sécurité, immigration, terrorisme) dans le débat public. Le voici qui s’aventure sur un terrain qui n’est pas le sien : «l’écologie politique». Sa présidente, Marine Le Pen, présentait lundi 15 avril le «manifeste» européen de RN en vue des élections de mai. Résultat : un nouveau slogan, «Priorité au local avant le global», un texte qui appelle à l’émergence d’une «civilisation écologique européenne». Et les principes d’une écologie politique nationaliste : «localiste» et «enracinée», à rebours de l’«idéologie du nomadisme»,«hors-sol»pour bobos «mondialistes, globalistes» et «sans-frontiéristes».

    «Nationalisme intégral»

    Les Français d’abord, la planète ensuite. Nouveau mantra pour une écologie d’extrême droite ? Pour comprendre ce twist écolo, un concept-clé : l’«écologie intégrale». La présidente du RN ne le dit pas comme cela mais tout dans le nouveau discours de son parti fait écho à cette notion à la croisée du souci de l’identité française et de la préservation de l’écosystème. L’une de ses premières occurrences apparaît en 1984 dans un numéro de la publication royaliste, Je suis français. Jean-Charles Masson, un idéologue très catholique, y pose les «jalons pour un écologisme intégral», tout droit inspiré du «nationalisme intégral» de l’écrivain xénophobe de l’Action française, Charles Maurras. Dans son texte, Masson prône un «réenracinement» de la France afin de «dénomadiser» culturellement le pays au nom du respect de la «nature éternelle», «seul moyen» de sa «renaissance». Quarante ans plus tard, ces mots-clés sont employés par les nouveaux cadors du parti d’extrême droite, tout juste passé en tête des intentions de vote pour les européennes.

    Mais, depuis quelques années, c’est une autre frange de la droite qui déterre la notion d’écologie intégrale et opère un travail idéologique de fond par l’intermédiaire de sa «revue d’écologie intégrale» lancée en 2015, Limite. Ses plumes réacs, aussi jeunes que radicales, s’appellent Eugénie Bastié, polémiste au FigaroVox, plateforme de débats souverainistes du Figaro, Marianne Durano, agrégée de philosophie et auteure de Mon corps ne vous appartient pas (Albin Michel), et Gaultier Bès de Berc, professeur agrégé de lettres modernes et co-initiateur des Veilleurs, organe émanant de la Manif pour tous. En 2014, ces deux derniers publient Nos limites. Pour une écologie intégrale (avec Axel Norgaard Rokvam, éditions Le Centurion), un essai manifeste qui s’en prend aux sociétés marchandes sans «frontières entre les cultures», entre «l’homme et la femme» et dessine les contours d’un idéal «d’entraide» et «de sobriété» qu’offrirait l’écologie intégrale. Leur cheval de bataille : la protection de la vie, de la planète à l’embryon humain, entre décroissance anticonsumériste à la Pierre Rabhi et militantisme «pro-vie» (anti-avortement, anti-euthanasie, etc.). Avec eux, fini le temps où Christine Boutin défendait les convictions catholiques la Bible à la main. La jeune garde de Limite joue des codes hédonistes de la contre-culture des années 60 et manipule des références philosophiques et littéraires éclectiques : Bernanos, Debord, Pasolini, Orwell, Ellul, Latouche ou encore Simone Veil [Sic ! au lieu de Simone Weil. NDMJ]. Un comble pour ces néotradis en guerre contre la marchandisation des corps et «la dictature de la médecine sur les femmes». Plus sulfureux encore, le royaliste Jacques de Guillebon a également participé à la création de Limite. Personnage incontournable dans l’entourage de Marion Maréchal, le journaliste pour qui l’homosexualité est un «désordre mental» a ensuite cofondé le magazine ultraréac l’Incorrect ainsi que l’Issep à Lyon, école destinée à former la future élite de l’extrême droite française. De quoi présager un débouché politique à l’écologie intégrale version catho ?

    Preuve que l’écologie intégrale se situe au cœur de la recomposition idéologique des droites dures, le concept ressurgit une première fois en 2000 dans un manifeste du Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne (Grece), cercle de pensée aussi connu sous le nom de «Nouvelle Droite», rédigé par le philosophe Alain de Benoist et l’essayiste Charles Champetier. Contre la «démonie productiviste», le Grece prend également position pour une «écologie intégrale» qui «doit en appeler au dépassement de l’anthropocentrisme moderne et à la conscience d’une co-appartenance de l’homme et du cosmos». Depuis, ce courant d’inspiration néopaïenne, qui pourfend aussi bien la mondialisation que le judéo-christianisme, développe une critique virulente de l’individualisme libéral à travers son rejet de la «religion des droits de l’homme» et dénonce le «péril» de l’immigration dans son magazine d’idées, le bimestriel Eléments.

    Loin d’être matière à conflit entre cathos ultras et néopaïens, la récupération du terme d’«écologie intégrale» fait l’objet d’une convergence marquée par des allers-retours entre les deux courants. Comme cet entretien de la philosophe chrétienne Chantal Delsol, paru en juin 2016 dans Eléments, et dans lequel elle prône une alliance avec les écologistes païens de la Nouvelle Droite. Ou les incursions d’Eugénie Bastié en «une» d’Eléments, toujours, comme pour dénoncer le «féminisme punitif» à la #MeToo. Inversement, De Benoist voit ses thèses sur le populisme reprises avec enthousiasme par la jeune garde antimoderne aux manettes du FigaroVox.

    Même le pape François s’est mis à l’écologie intégrale. Notion qu’il cite abondamment dans son encyclique Laudato si’ («loué sois-tu») de 2015 «sur la sauvegarde de la maison commune», afin d’articuler la crise climatique et les inégalites sociales. Une version rafraîchie de la doctrine sociale de l’Eglise et des précédents discours des papes Jean Paul II et Benoît VI sur l’«écologie humaine». «Il s’agit d’un “anthropocentrisme catholique” où l’homme est le gardien de la création de Dieu, la Nature, et doit la protéger pour la restituer telle quelle», explique Ludovic Bertina, sociologue à l’IMT Atlantique (programme transition énergétique et sociétale) et auteur d’une thèse sur «l’Appropriation du référent écologiste par le catholicisme en France».

    Une aubaine pour la jeune garde de Limite qui s’accapare le concept pour diluer ses valeurs morales dans un écologisme promouvant les circuits courts et la permaculture. «En utilisant le terme d’”écologie intégrale’’, ils parviennent à toucher une catégorie de la population qui n’aurait pas été sensible au langage de la théologie chrétienne, explique Bertina. Pour convaincre, ils emploient un langage pseudo-scientifique porté sur la protection de la nature.» En ligne de mire : les catholiques d’«ouverture», moins intransigeants sur la famille ou les questions de bioéthique, et plus attentifs au respect de la dignité des êtres humains en général. L’écologie intégrale, du greenwashing pour intégristes ? Ce mode de pensée n’est, en tout cas, pas étranger à la croisade «antigenre» orchestrée par des groupes catholiques depuis les années 90, en France et en Italie notamment, afin de réaffirmer l’«ordre naturel» de la sexualité.

    Versant économique

    Les tentatives de rapprochement de cette nouvelle cathosphère verte avec des militants écologistes radicaux et anticapitalistes à Notre-Dame-des-Landes ou au barrage de Sivens lui valent également le surnom de «zadistes de droite». En 2017, Limite ouvre même ses portes à l’ex-militant du Larzac et député européen José Bové, ouvertement opposé à la PMA, qu’il compare dans les pages de la revue à l’eugénisme.

    Décidément plus identitaires qu’écolos, ces militants se font surtout remarquer pour leur acharnement contre les «dérives» du libéralisme culturel, reprenant les thèses du philosophe Jean-Claude Michéa, populiste revendiqué et ennemi du libéralisme économique et culturel, dont les essais très critiques envers la pensée de Mai 68 et le progressisme en général, nourrissent la réacosphère intello. Et laissent entrevoir plusieurs sensibilités sur le versant économique. Ainsi, le premier numéro de Limite contient un éloge du théologien britannique Phillip Blond, inspirateur de la big society, politique menée par l’ex-Premier ministre, David Cameron, pas vraiment opposée à l’économie de marché. «C’est un renouvellement de la pensée conservatrice la plus traditionnelle, qui charge autant la prétention de l’Etat à résoudre les problèmes sociaux que le libéralisme destructeur des solidarités, explique Serge Audier – philosophe, maître de conférences à Paris-Sorbonne, auteur de la Pensée anti-68 et la Société écologique et ses ennemis (La Découverte, 2008, 2017). Un conservatisme de troisième voie, compassionnel, à la posture antilibérale mais qui s’accommode, en réalité, d’une ligne conservatrice libérale.»

    Brouillage des lignes

    Du côté du RN, cette nouvelle pensée alliant écologie et nationalisme s’est trouvé une nouvelle tête de gondole en la personne d’Hervé Juvin, intellectuel et essayiste de 63 ans, ancien conseiller de l’ex-Premier ministre centriste, Raymond Barre. Cinquième sur la liste RN pour les européennes, cet «identitaire écolo», adepte de la théorie du «grand remplacement» et collaborateur d’Eléments, résumait, le 18 avril sur France Inter, sa vision de l’écologie : «La biodiversité animale et végétale est essentielle mais la diversité des sociétés humaines est encore plus importante à mes yeux, et cette diversité est protégée par la frontière.»

    Qu’elle soit néopaïenne et aux revendications populaires tendance Nouvelle Droite ou catho-tradi, plus élitiste, version Limite, l’écologie intégrale converge, in fine, vers la stricte défense de l’identité française et du national-conservatisme, allergique, dans les deux cas, à l’appel de l’égalité et de l’émancipation des individus, pensé par les Lumières.

    Autre point d’accointance entre ces deux courants, un positionnement «ni droite ni gauche» propice au brouillage des lignes idéologiques. A force, «le terme d’écologie intégrale est devenu polysémique», constate Audier. Voire «fourre-tout», note le politologue et spécialiste des droites radicales Stéphane François. Et même dénué de toute coloration idéologique précise.

    A tel point que la notion est maintenant disputée sur sa gauche par le philosophe Dominique Bourg et l’ex-ministre socialiste de l’Ecologie, Delphine Batho. La députée des Deux-Sèvres, qui s’est lancée dans la course aux européennes avec la liste Urgence écologie, vient de publier son propre manifeste d’Ecologie intégrale (éditions du Rocher). Le duo dépeint un projet de révolution écologique dépassant le clivage gauche-droite, émancipateur, en rupture avec le capitalisme, où l’utilisation des ressources naturelles serait limitée dans une «économie permacirculaire». Pour sa campagne, la liste de Batho et Bourg fait alliance avec le Mouvement écologiste indépendant (MEI) d’Antoine Waechter, qui fut l’un des inventeurs de l’écologie «ni de droite ni de gauche». Ex-candidat à l’élection présidentielle de 1988, il est l’auteur du Sens de l’écologie politique (2017), coécrit avec Fabien Niezgoda. Cette présence dans l’orbite d’Urgence écologie interroge : collaborateur d’Eléments et engagé au sein du MEI, Niezgoda a appelé à voter Marine Le Pen à la présidentielle de 2017, après avoir participé à une table ronde sur l’agriculture aux Rendez-vous de la droite identitaire à Béziers en 2016. Signe de la confusion idéologique du moment.

    https://www.lesalonbeige.fr/lecologie-est-une-notion-de-droite/