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  • La Serbie contre le Nouvel ordre mondial – par Laurent Glauzy

    Quatorze années se sont écoulées depuis la déclaration de guerre de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) à la Serbie. Dans la nuit du 24 au 25 mars 1999, l’OTAN déclenchait contre la Yougoslavie des frappes aériennes, qui ont duré soixante-dix-huit jours. Plusieurs milliers d’infrastructures, d’hôpitaux, d’écoles, de logements furent bombardés. Il fut dénombré 3 500 morts et 12 500 blessés.

    Cette attaque, conforme aux plans du Nouvel ordre mondial, constitue la seconde étape de la guerre de Yougoslavie qui a causé deux cent mille morts et 3 millions de personnes déplacées, de 1991 à 2001.

    C’est la première fois, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, qu’un conflit armé réapparaît au cœur de l’Europe. À cette occasion, la Serbie fut agressée par une armée de coalition. Naturellement, les raisons de cette attaque ne rendent pas du tout compte des intentions réelles des États-Unis et de l’Europe. Après avoir aidé les forces séparatistes de Krajina (entité serbe autoproclamée de Croatie) et de Bosnie, l’Occident justifia son intervention sous prétexte d’éviter une « catastrophe humanitaire » au Kosovo.
    Dans le quotidien italien
    Rinascita, Yves Bataille, géopoliticien franco-serbe et opposé à l’occupation atlantique de l’Europe, expose que l’effondrement de l’Union soviétique et la réunification de l’Allemagne furent nécessaires pour tenter d’effacer l’identité originale de la Yougoslavie reposant sur l’autonomie et la neutralité.

    Fondée le 1er décembre 1918 autour de six républiques, au lendemain de la « Grande guerre », la Yougoslavie qui constitue alors un trait d’union entre l’Ouest et l’Est, est envahie par le modèle économique occidental à partir de 1989-90. Après la chute du mur de Berlin, les anglo-saxons introduisent leur notion de marché libre, tandis que l’OTAN étend son contrôle sur les pays de l’ancien Pacte de Varsovie. Yves Bataille explique que la Yougoslavie, co-fondatrice du mouvement des pays non-alignés, lors de la Déclaration de Brioni (Croatie), signée le 19 juillet 1956 par les présidents Gamal Abdel Nasser, Tito, Sukarno, représentant l’Égypte, la Yougoslavie et l’Indonésie, et par le Premier ministre indien Nehru, devait non seulement disparaître, mais servir de banc d’essai aux guerres à venir.

    L’intervention de la CIA

    En 1990, la CIA prévoit l’écroulement de la Fédération yougoslave. En novembre de la même année, le Congrès des États-Unis abolit les prêts à la Yougoslavie jusqu’à ce que des élections se déroulent dans chaque république. Le processus « démocratique » devait contribuer à aggraver des antagonismes socio-économiques et ethniques. En 1986, le mémorandum de l’Académie serbe des Sciences et des Arts (SANU), la plus importante institution académique de Serbie existant depuis 1886, attire l’attention de la communauté internationale sur les difficultés des Serbes à vivre dans la fédération. Ce mémorandum est présenté de manière erronée par la presse occidentale comme un manifeste du nationalisme serbe aspirant à dominer la Yougoslavie. En réalité, seuls les Occidentaux nourrissaient des velléités de conquête sur la Yougoslavie.

    Pour les centres financiers de Washington, Londres, Bruxelles et Berlin, le président serbe Slobodan Milošević était un dictateur opposé aux directives du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, empêchant tout libre échange. Son « grand discours », qui rassembla en 1989 plus d’un million de personnes devant le monument de Gazimestan, commémorant la bataille de Kosovo Polje du 15 juin 1389, fut présenté par les Occidentaux comme une tentative de fonder une grande Serbie, menaçant les autres républiques.

    De plus, la Serbie affiche alors une capacité militaire faisant obstacle à la formation d’une nouvelle marche vers l’Est programmée par l’Occident : la majorité des soldats de l’Armée populaire yougoslave (JNA) sont serbes. Au début des années 1990, ils constituent 90 % des effectifs officiers. Les médias occidentaux assènent qu’il s’agit d’une armée de conquête, et criminalise par les médias l’ensemble du peuple serbe.

    L’Occident et la purification ethnique antiserbe

    Toutes les techniques de propagande sont monopolisées pour exciter contre la Serbie les groupes ethniques de la Fédération yougoslave. Les Oustachis, rebelles croates de la Seconde Guerre mondiale ; la Division Handchar presque entièrement composée de Musulmans de Bosnie ; Balli Kombëtar, mouvement nationaliste albanais de résistance anti-italien, anticommuniste et antiroyaliste, soutenu par les propriétaires terriens et la paysannerie, sont instrumentalisés et présentés comme des victimes de la Serbie. Cependant, en Krajina, en Bosnie et au Kosovo, des dizaines de milliers de Serbes comptent parmi les victimes d’une réelle purification ethnique orchestrée par l’Occident. La guerre de Yougoslavie est bien un conflit de destruction contre la Serbie, menée par des banquiers talmudistes.

    Contribuant à cette mascarade criminelle, l’OTAN justifie son intervention pour faire cesser les massacres ethniques. Le Kosovo est le berceau de l’histoire serbe. Indépendamment de cette réalité, Washington et ses valets européens veulent fonder un Kosovo « indépendant » à partir des accords de Rambouillet du 27 mai 1999. Derrière la façade du droit international de la charte des Nations unies, Washington et l’OTAN travaillent à l’érection d’un Nouvel ordre mondial.

    Dans War and Anti-War (Guerre et contre-guerre), l’écrivain et sociologue américain Alvin Toffler rappelle que les démocraties utilisent des montages politico-médiatiques afin de déclencher des guerres avec l’approbation des masses.

    L’OTAN déguise les cadavres

    Les attaques de Sarajevo, les faux « massacres » de Srebrenica en Bosnie en juillet 1995 et du village de Račak au Kosovo en janvier 1999, où les Serbes sont faussement accusés, ont précédé les actions de la communauté internationale et de l’OTAN. Ces mensonges justifient les sanctions, les embargos et les bombardements des nations occidentales. Pour ce faire, les morts de l’Armée de libération du Kosovo (UCK) furent revêtus ou « déguisés » pour faire croire à un massacre de pauvres paysans albanais perpétré par les Serbes, au Kosovo.

    Les « observateurs » de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), composés essentiellement d’agents de la CIA, sont les responsables de cette mise en scène : William Walker, impliqué dans les escadrons de la mort à El Salvador, était le chef américain de la mission de l’OSCE au Kosovo. Le Dr Helena Ranta, responsable de l’équipe d’enquêteurs sur le terrain, spécialiste finlandaise de médecine légale de renommée mondiale, a publié sa biographie en 1999. Responsable de l’équipe d’enquêteurs internationaux, elle établit le rapport sur les événements qui s’étaient déroulés dans le village de Račak. Dans son livre, elle révèle les pressions subies pour accréditer la fausse version de la culpabilité serbe. Si, en 1999, le Dr Helena Ranta avait dû déclarer à la presse « oui, il s’agit d’un crime contre l’humanité », elle raconte que William Walker a brisé son crayon en bois et lui a lancé les morceaux au visage, furieux des conclusions de son rapport, car son « rapport n’était pas suffisamment convaincant » à l’égard des « atrocités serbes ». L’objectif de Walker était d’aider l’UCK et d’inventer un massacre attribué aux Serbes, afin de permettre l’intervention militaire : à savoir soixante-dix-sept jours de bombardements aveugles sur la République fédérale de Yougoslavie, qui se terminèrent le 10 juin 1999 avec l’entrée des forces de l’OTAN au Kosovo et la purification ethnique contre les Serbes.

    Le conseiller des séparatistes de la délégation albanaise à Rambouillet n’était autre chose que Morton Abramowitz, l’homme qui, au Département d’État américain, s’occupait des opérations secrètes pendant la guerre d’Afghanistan de 1979 à 1989, et avait fourni les fameux missiles terre-air Stinger aux Moudjahidin de Ben Laden. Cette guerre a été définie par Zbigniew Brzezinski pour démanteler l’Union soviétique. Et, en Yougoslavie, comme dans les pays arabes, les volontaires islamiques qui mènent le Djihad constituaient le fer de lance des guerres américaines avec le soutien des monarchies du pétrole.

    L’étude de la chronologie des évènements montre que la question du Kosovo figurait sur l’agenda des États-Unis. Déjà, en 1992, le Congrès américain avait pris position pour la minorité albanaise et avait annoncé l’intervention de la bannière étoilée dans la région autonome. Après le conflit de Krajina et de Bosnie, le ministre des Affaires étrangères allemand, Klaus Kinkel, atlantiste, annonçait publiquement que la question du Kosovo ne saurait rester une affaire interne à la Serbie.

    L’OTAN utilise les armes bactériologiques

    Lors des bombardements de l’OTAN, rapporte Yves Bataille, la réaction du peuple serbe a été exemplaire : « Les Serbes se comportèrent avec le plus grand sang froid. La population dansait et chantait sous les bombes. De leur côté, l’armée et la milice ont utilisé une technique qui se révéla très efficace pour éviter les frappes : ils évacuèrent les casernes et se divisèrent en petites unités, afin que les bombardements aient peu d’effet. Bien qu’elle ne fût pas des plus modernes, la Défense anti-aérienne (PVO) serbe avait contraint ses ennemis à ne pas voler en-dessous de cinq mille mètres. Les radars montés sur de vieux camions soviétiques permirent de tirer avec efficacité sur les avions de l’OTAN. » Il y eut peu de victimes militaires. Les opérations de l’aviation serbe détruisirent des dizaines d’avions américains notamment à Tuzla (Bosnie).

    Yves Bataille rapporte que les bombardements de l’OTAN ont bien fait plus de 3 500 morts, et non pas 500 comme l’avancent de manière mensongère Amnesty International et les armées de l’OTAN, parlant d’une prétendue « guerre propre ». De plus, ces données ne tiennent pas compte des dizaines de milliers de victimes en raison des projectiles à l’uranium appauvri et de la pollution engendrée par la destruction volontaire d’usines pétrochimiques. Il existe une corrélation entre les lieux de bombardements et l’apparition de tumeurs, comme l’expose Robin de Ruiter, auteur le plus traduit des Pays-Bas, dans son livre au titre évocateur Die Eingreiftruppen des Antichristen (L’assaut des troupes de l’antéchrist). L’auteur néerlandais évoque les malformations de bébés : une réalité à laquelle la population serbe sera encore confrontée lors des prochaines décennies.

    Des spécialistes de l’Académie militaire de médecine ont dénoncé l’usage des armes bactériologiques dans cinq localités. Mais l’ambassade des États-Unis a demandé au gouvernement serbe de détruire ses fichiers.

    Avec beaucoup de lucidité, Danilo Zolo, philosophe du droit italien, expose en 2006 dans La Giustizia dei Vincitori (La justice des victorieux) l’aspect véritable de l’« intervention humanitaire », présenté déjà en 1980 dans des documents préparés par les plus grandes autorités américaines. En 1990, dans un discours prononcé dans l’État du Colorado, le président américain George Bush parla des lignes directrices d’un programme de pacification du monde, le « Nouvel ordre mondial ». Ce projet fut perfectionné sous la direction du National Security Strategy of the United States, dont l’objectif est d’identifier les menaces susceptibles de nuire à la nation américaine. Parallèlement, l’OTAN, qui était un système défensif contre le Pacte de Varsovie, se transforma en bras armé pour de nouvelles interventions.

    Les États-Unis bafouent le droit international

    L’armée devient l’exécutrice du Nouvel ordre mondial. Instituée en 2005, Responsability to Protect est une initiative de l’Organisation des Nations unies (ONU) articulée autour de l’idée que la souveraineté n’est plus un droit, mais une responsabilité. Elle entre dans le cadre de la prévention des génocides, des crimes contre l’humanité, des crimes de guerre et ethniques. En réalité, cette supercherie a permis de justifier et de dissimuler les crimes de l’OTAN. Morton Abramowitz, ancien ambassadeur des Nations unies en Turquie, président de la Carnegie Foundation pour la paix internationale et fondateur de l’International Crisis Group (ICG) participe à cette hypocrisie diplomatique. Cette entité, a été créée en 1995, comme Organisation non-gouvernementale (ONG) internationale, sur l’initiative de personnalités transatlantiques cherchant, selon la version officielle, à anticiper les conflits des années 1990, survenus en Somalie, au Rwanda et en Bosnie.

    Responsability to Protect a servi de porte étendard contre la Yougoslavie, sous le nom de « devoir d’intervention » par Bernard Kouchner, Haut représentant de l’ONU au Kosovo de 1999 à 2001, accusé par les Serbes de trafic d’organes. En revanche, il est moins connu que sa compagne, Christine Ockrent, fut la représentante en France pour l’ICG. Les affaires du Kosovo étaient une affaire de famille.

    Des personnes clé appartenant à l’ICG comme Gareth Evans (ancien ministre des Affaires étrangères australien), Lee Hamilton (ancien haut commissaire pour les droits humains aux Nations unies), David Hamburg de la Carnegie Foundation, ou James Traub du Conseil des Relations étrangères, travaillaient au siège de Responsability to Protect. Ils constituaient un club anglo-saxon, au service de la sphère impérialiste américaine et des Nations unies. Tous ces politiciens défendent le soi-disant droit international, qui est une de leur interprétation du droit et s’applique seulement à certains lieux et non à d’autres. Telles sont les explications de Danilo Zolo.

    Après trois mois de bombardements, les Serbes avaient accepté la résolution 1244 de l’ONU prévoyant que le Kosovo reste à la Serbie dans le cadre d’une grande autonomie. Mais, là aussi la communauté internationale, sous l’égide notamment de Morton Abramowitz, viola tous les accords, en concédant l’indépendance à l’identité albanaise : la communauté internationale ne s’est pas comportée conformément aux obligations prévues par la Charte de l’ONU, qui garantit l’intégrité territoriale de ses pays membres, statut dont jouit la Serbie, contrairement au Kosovo. Pour l’heure, le véto de la Russie et de la Chine empêche d’envisager une prochaine admission du Kosovo au sein de l’ONU.

    À travers le cas du Kosovo, la Serbie est victime d’un programme mondialiste, défini en ces termes, en 1992, par le diplomate américain Strobe Talbott : « La souveraineté nationale sera obsolète et tous les États reconnaîtront une unique autorité mondiale ».

    Vojislav Šešelj : un vrai nationaliste serbe au TPIY

    Le 31 mai 2012, Tomislav Nikolić, deuxième président de la république de Serbie, succède à Boris Tadić. Élu premier président de la République de Serbie en juin 2006, Tadić fut représentant du Parti démocratique, ainsi que membre observateur du Parti socialiste européen et de l’Internationale socialiste. Cette entité politique est née fin 1989. Un groupe de treize « intellectuels » prirent l’initiative de transformer la Yougoslavie communiste en une démocratie à l’Occidentale. Il contribua ainsi aux perspectives mondialistes dont la Yougoslavie est aujourd’hui la victime. Mais ces plans ne fonctionnèrent pas selon les visées de Washington et de l’OTAN.

    En 1990, il avait adhéré au Parti [nationaliste] radical populaire, qui s’unit ensuite avec le mouvement tchetnik serbe pour former le Parti radical serbe (SRS). La position à tenir vis-à-vis de l’Union européenne a profondément divisé le SRS, conduisant à une scission. Le 5 septembre 2008, ces pseudo-nationalistes favorables à l’entrée de la Serbie dans l’UE, dans son intégralité géographique, c’est-à-dire avec le Kosovo, avaient accepté de voter le rapprochement entre la Serbie et l’UE. Le jour même, Tomislav Nikolić est désavoué par les siens. Il est mis en minorité par l’aile dure, sur consigne de Vojislav Šešelj, président du Parti radical serbe. Il dut démissionner de la présidence par intérim du parti et de la direction du groupe parlementaire. Perturbant les visées hégémoniques du Nouvel ordre mondial, le 7 mars 2012, le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) monte une cabale contre Vojislav Šešelj. Il est condamné à une peine de vingt-huit ans de prison pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre !

    Sur le plan de la politique étrangère, les positions du « nationaliste » Nikolić, considéré comme un Judas à la solde des mondialistes, sont très ambiguës. D’un côté, il se prononce pour l’intégration européenne et, de l’autre, il prône un accord de coopération avec la Russie. Avec l’ancien président Tadić, Washington et Bruxelles étaient sûrs d’insérer la Serbie dans la sphère euro-atlantique et d’obtenir, dans une seconde étape, la reconnaissance de l’indépendance du Kosovo par Belgrade. Tout ce processus explique la création précoce du Parti démocrate et l’intervention du TPIY, véritable arme de la dictature mondialiste à la solde des criminels de l’OTAN. Et, le 25 avril 2013, le site d’information Klix.ba a révélé que Tomislav Nikolić, prêt à tout pour se faire accepter par ses nouveaux alliés mondialistes, présente maintenant « à genoux ses excuses pour tous les crimes commis par des Serbes ».

    Les États-Unis financent les partis démocrates

    L’hypothèse d’un rapprochement entre Belgrade et Moscou a provoqué une onde de choc considérable qui déboucha sur le financement des partis démocratiques, certainement, par les officines américaines. La publication par le quotidien séparatiste Slobodna Vojvodina (Liberté Voïvodine) de l’article Serbie, l’État fantoche russe dans les Balkans d’un certain Michaël Morgan, abonde dans ce sens. Le géopoliticien Yves Bataille s’étonne que, à partir de la scission du Parti radical serbe (SRS), le Parti progressiste serbe (SNS), ouvertement pro-européen et fondé seulement en 2008 par Nikolić, après la scission du Parti radical serbe (SRS), ait bénéficié de ressources considérables, au moins égales à celles du Parti démocratique (DS) de Boris Tadić. Soros Foundation [qui finance entre autres des pédophiles pour la rédaction du programme d’éducation sexuelle en Croatie], National Endowment for Democracy (NED), qui œuvre au renforcement et au progrès des institutions démocratiques à travers le monde, et l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), ont créé une myriade d’associations et d’ONG qui reçoivent des moyens financiers considérables pour asseoir le pouvoir mondialiste dans les Balkans. D’ailleurs, un des fondateurs de la NED, Allen Weinstein, déclarait en novembre 2010 au Washington Post que « bien des choses effectuées maintenant étaient faites clandestinement par la CIA, vingt-cinq ans auparavant ».

    L’implication de la Soros Foundation

    Qui plus est, la constitution du pouvoir serbe est entièrement diligentée par le pouvoir financier mondialiste. Le premier gouvernement de Mirko Cvetković, membre du Parti [socialiste] démocratique, en place de juillet 2008 à mars 2011, nomma l’ultralibéral Mladjan Dinkić comme vice-Premier ministre et ministre de l’Économie, entouré par une majorité de ministres socialistes. Une fois de plus, ce parti fondé par d’anciens communistes montrait son accointance avec les milieux de la finance apatride. Cette coalition fut promue par les officines suprématistes américaines, à l’instar de la NED, de la Soros Foundation et de l’USAID. En mars 2011, Dinkić, menacé de limogeage, préfère présenter sa démission, entraînant ainsi la chute du gouvernement. La seconde formation de Mirko Cvetković se maintient à peine plus d’un an, de mars 2011 à juillet 2012, à laquelle succède le dernier gouvernement d’Ivica Dačić du Parti socialiste de Serbie. En utilisant le même processus répressif que celui de la révolution française, depuis mars 1999, marquant le déclenchement des frappes aériennes, la Yougoslavie est bien devenue la première victime du Nouvel ordre mondial, dont les agents ne sont que d’anciens communistes recyclés en pro-occidentaux. L’histoire de Draža Mihailović, général royaliste serbe très populaire, mort le 17 juillet 1946, et livré par Londres aux communistes de Tito, se répète. La Serbie montre une fois de plus la collusion existant entre communisme et capitalisme.

    Sur l’échiquier diplomatique, nous constatons que l’Occident a exploité la disparition momentanée de la Russie pour attaquer la Serbie. L’accession de Vladimir Poutine comme président de la Fédération de Russie, en 2000, a eu lieu quand l’agression territoriale de la Serbie était en cours de réalisation. Des volontaires russes combattirent alors aux côtés de leurs frères serbes en Bosnie et au Kosovo. Le retour de Poutine au pouvoir, le 7 mai 2012, est devenu une source d’espoir pour les nationalistes serbes qui ont échappé aux purges du TPIY. Ils espèrent une alliance avec la Russie pour assurer l’indépendance et la sécurité nationale. La forte influence russophile est démontrée par un florilège d’associations serbo-russes. La coopération technique militaire était déjà développée sous le précédent régime. Les Russes l’ont élargie dans l’ambition de posséder une base militaire à proximité de Nis, la troisième plus grande ville de Serbie, à quelque 160 km de la base américaine de Camp Bondsteel.

    En outre, la Serbie est positionnée sur 450 km dans le cadre du tracé du gazoduc South Stream, prévu pour fin 2015. À cet effet, il a été construit à Banatski Dvor, en Voïvodine, un grand réservoir d’une capacité de 300 millions de m3 de gaz pouvant fournir toute l’Europe occidentale : la Serbie en contrôlera le robinet. Alors, pour perturber cette entente autour de la politique énergétique entre Belgrade et Moscou, les États-Unis tentent d’exacerber le sentiment indépendantiste de cette ancienne province hongroise et bulgare, qui fut unifiée à la Serbie à l’issue de la Première Guerre mondiale, le 12 novembre 1918.

    Les communistes bradent la Yougoslavie

    Cette relation serbo-russe signifiera une intensification de la coopération entre deux pays qui pourrait voir l’intégration de Belgrade au sein de l’Union eurasiatique de Vladimir Poutine. La Serbie trouverait ainsi une issue économique honorable, alors que la Yougoslavie est devenue un espace territorialement fragmenté, où six entités théoriques jouent la comédie de l’indépendance. Dans l’ex-République de Yougoslavie, les États ont perdu le contrôle de leurs ressources : l’agriculture et les secteurs industriels ont été bradés aux intérêts étrangers par le biais des privatisations. Les banques yougoslaves ont été achetées par des banques étrangères. Les sources d’eau minérale et les entreprises de tabac sont entre les mains de Coca-Cola et de British American Tobacco. La Dalmatie a perdu certaines de ses îles, vendues au plus offrant. Construite par le consortium turco-américain Bechtel-Enka, l’autoroute Zagabria Adriatico a coûté trois fois plus que l’estimation initiale. Les États-Unis contrôlent l’acier serbe. La navigation sur le Danube a été considérablement réduite : la Slovénie et la Croatie n’ont plus d’autosuffisance alimentaire et doivent importer les denrées d’Allemagne et d’Autriche. Le pro-occidental Milo Djukanovic, vingtième fortune du monde, a vendu la quasi-totalité de l’économie monténégrine à des entreprises occidentales. Un bel exploit pour ce pur produit de la Ligue des communistes de Yougoslavie. En 1989, à l’âge de 27 ans, il devint membre du comité central, le plus important organe de décision du parti.

    La marque automobile serbe Zastava a disparu à la faveur de Fiat. En septembre 2000, Georges Soros, le « humaniste » juif qui réduisit des milliers de Brésiliens à l’état d’esclavage dans les plantations de canne à sucre, investit 150 millions de dollars pour obtenir les contrôle des mines d’or, d’argent, de lignite et de zinc de Trepca, dans le nord du Kosovo, représentant une valeur de 5 milliard de dollars. L’espace yougoslave a subi le vol et le pillage. Cependant, malgré la période désastreuse de transition démocratique, l’État serbe a maintenu une identité solide et une forte capacité de résistance.

    Enfin, le peuple serbe qui n’a pas vendu sa liberté à l’OTAN, continue à résister en Bosnie et au Kosovo. Dans le Nord du Kosovo, les Serbes refusent de céder au pouvoir des représentants et des mafieux albanais placés par l’OTAN. Cette résistance sans leader est un modèle, comme le montre le barrage de Kosovska Mitrovica, grande cité industrielle, dont l’essor reposait sur les mines de Trepca. Le pont reliant les rives du fleuve Ibar, surveillées jour et nuit par des volontaires, constitue un symbole que l’OTAN ne peut accepter : il utilise des hommes liges du gouvernement pour parvenir à une « solution ». Les quelque 40 000 Serbes qui vivent dans cette partie du Kosovo ne reconnaissent pas l’autorité de Pristina. Le 3 novembre 2013, les élections municipales organisées dans le Nord du territoire kosovar, avec la bénédiction et le soutien de Belgrade, pour la première fois depuis l’indépendance du Kosovo proclamée en 2008, ont été interrompues par des nationalistes serbes ayant fait éruption dans des bureaux de vote de la partie nord de la ville de Kosovska Mitrovica.

    Les municipales kosovares étaient considérées comme un test pour l’application de l’accord de normalisation des relations entre Belgrade et Pristina, conclu en avril 2013 à Bruxelles sous le « parrainage » ou plutôt la vindicte de l’Union européenne, qui s’évertue à la démolition de la liberté des peuples.

    Laurent Glauzy

    http://www.contre-info.com/la-serbie-contre-le-nouvel-ordre-mondial-par-laurent-glauzy#more-30097

  • Laurent Fabius : nouveau Ministre des Affaires Etrangères d’Israël ?

    f130825ffmis06Les négociations de Genève sur le nucléaire iranien se sont terminées sans qu’aucun accord n’ait été trouvé. A qui la faute ? Laurent Fabius.

    Quel est l’intérêt de la France dans cette affaire ? Elle a tout à gagner dans la normalisation des relations avec l’Iran. Même si elle a déjà beaucoup perdu à cause de son hostilité difficilement justifiable vis-à-vis de l’Iran, le statu quo ne peut qu’aggraver ses pertes. Alors, qu’est-ce qui anime  Laurent Fabius ?

    Depuis quelques semaines, Benyamin Netanyahou se démène comme un beau diable pour donner ses directives à ses négociateurs, c’est-à-dire les Etats-Unis, la Grande Bretagne, l’Allemagne et la France, menaçant, amadouant, usant même peut-être du chantage, pour faire capoter les pourparlers. Il l’a dit lui-même ouvertement, qu’Israël ferait tout pour convaincre les grandes puissances de ne pas conclure un accord avec Téhéran et qu’il ne reconnaîtrait aucun accord. La seule décision acceptable pour lui, concernant Téhéran, est un renforcement des sanctions.

    Selon Maariv, « Israël est furieux contre l’administration américaine en raison de son interaction avec le gouvernement iranien, si bien que les messages rassurants de Barack Obama destinés à Benyamin Netanyahou ne sont même pas arrivés à le soulager ». Comme un gamin capricieux, Netanyahou serait donc  en train de faire un caca nerveux qui ne pourra se calmer qu’avec au moins une petite sanction supplémentaire contre l’Iran. La chaîne dix de la télévision israélienne insiste :  « Le régime sioniste est en colère vis-à-vis de Barack Obama car celui-ci fait pression sur les membres du groupe 5+1 pour qu’ils parviennent à un accord avec Téhéran, décrit comme un mauvais accord  par le quotidien  Israël Al-Youm ». Tenons-nous-le pour dit. Netanyahou n’est pas content.

    Malgré l’échec des négociations, sa fureur reste intacte. Selon les médias israéliens, l’équipe de Netanyahou reste sur le qui-vive et reste vigilante contre les ‘’manœuvres’’ de Barack Obama, en gardant sous contrôle la France et l’Allemagne.

    Sachant tout cela, on pourrait logiquement penser que l’échec de Genève  est le résultat des manœuvres israéliennes et que les manœuvres Fabiusiennes rencontrent point par point les vœux de Netanyahou.

    Eh bien non. La chaîne de télévision Al-Mayadine révèle que les tergiversations de la France dans le processus des discussions de Genève sont faites sous la pression de l’Arabie saoudite. La chaîne dix de la télévision israélienne précise « C’est l’Arabie saoudite qui a contraint la France à empêcher l’obtention d’un accord pendant les négociations de Genève car la France entretient de vastes relations commerciales avec l’Arabie saoudite ».

    Si je comprends bien, c’est Netanyahou qui jure ses grands dieux que, lui vivant, aucun accord ne se fera, qui menace de tout casser, et c’est le roi Abdallah d’Arabie qui, ému par le gros chagrin de Bibi, convoque Laurent Fabius au nom de ses bonnes relations commerciales avec la France, pour lui intimer l’ordre de consoler le petit désespéré en lui redonnant son jouet.  Mais dites-moi, quelle est la capitale d’Israël ? Tel-Aviv, Jérusalem ou Ryad ? Pourquoi, dès qu’il s’agit d’Israël, tout le monde est atteint de strabisme ? Il est la cause de tout ce qui se passe dans la région, et pourtant tout le monde regarde à côté, avec des discours savants et des analyses aussi sophistiquées qu’alembiquées, incluant jusqu’au prix du pétrole, rendant ce petit état invisible comme par magie. Israël passe son temps à se plaindre, à dénoncer, à tempêter et à menacer. Mais dès que ses menaces sont mises à exécution, c’est quelqu’un d’autre qui en est l’auteur, jamais Israël lui-même, à croire que chacun s’empresse d’offrir ses services  pour éviter au peuple élu d’avoir à se salir les mains.

    Ainsi, Netanyahou  remue ciel et terre pour saboter les négociations avec l’Iran, l’annonce à grands cris, mais en cas de succès on louche chez les voisins pour chercher le responsable du sabotage. Et bien sûr, on trouve toujours. Pourtant, le seul fait que Fabius soit impliqué dans l’échec des pourparlers devrait être une indication. Les boucs émissaires habituels, le Qatar naguère et l’Arabie Saoudite aujourd’hui, ont bon dos.  Laurent Fabius, pour lequel les intérêts d’Israël  priment sur tout, a fait exactement ce qu’aurait fait Netanyahou s’il avait été lui-même à Genève. Il a taclé ses alliés, ignoré les intérêts de la France, et cela juste parce que Benjamin Netanyahou ne veut pas entendre parler d’une solution de paix. Le pire dans tout ça, c’est que Laurent Fabius se comporte comme le vrai président, François Hollande n’étant qu’un suiveur obéissant qui n’aurait été mis à la tête de la France que pour lui servir de caution, puisque les français ne l’auraient jamais porté au sommet à cause de son passé au sujet du sang contaminé.

    Ancien premier ministre, véritable président, ministre des affaires étrangères en France et en Israël, ne pourrait-il pas, de temps en temps, travailler pour les intérêts français, ou au moins faire semblant ? Trop d’arrogance peut coûter cher.

    Avic

     http://reseauinternational.net/2013/11/12/laurent-fabius-nouveau-ministre-des-affaires-etrangeres-disrael/

  • Aymeric Chauprade sur Radio Courtoisie

    Le 6 novembre 2013, Benjamin Blanchard, assisté d’Yves Le Floch, recevait sur Radio Courtoisie Paul-Marie Coûteaux, ancien député français au Parlement européen, écrivain, Aymeric Chauprade, directeur de la Revue française de géopolitique, Charles Meyer, rédacteur en chef de Nouvel arbitre et Léopold Gauthier et Renaud Duval, chroniqueurs, pour une émission consacrée à la géopolitique mondiale. Source : www.realpolitik.tv


    Aymeric Chauprade sur Radio Courtoisie - 06/11... par realpolitiktv

  • Demain la chrétienté

     

    Le père Michel Viot organise le 24 novembre prochain avec l'abbé de Tanoüarn un colloque en l'église St François-Xavier à Paris sur le thème :  « Fête du Christ-Roi, faut-il faire son deuil de la notion de chrétienté ». Il répond à l'Homme Nouveau :

     

    "[J]e me refuse à être syndic de faillite et que je crois non seulement au retour à la chrétienté mais aussi à cette nécessité. Je ne donnerai que deux exemples mais pourrais en fournir d’autres. La doctrine sociale de l’Église n’est envisageable qu’entre pays chrétiens et dans un monde à majorité chrétienne. Et deuxième exemple, seule la chrétienté peut s’opposer à l’islam radical dans l’intérêt des chrétiens, des juifs et des musulmans modérés qui sont encore en majorité dans notre pays, mais pour combien de temps ? [...]

    Un chrétien se doit de travailler au règne du Christ dès ce monde. S’il peut accepter aujourd’hui un État laïc, ce ne peut être que dans le sens de neutre sur le plan religieux, ne privilégiant pas de religion mais ne se mêlant pas de ce qui les regarde. Je reprendrai une partie de citation de Benoît XVI dans son allocution au Président de la République italienne en 2005. Après avoir reconnu la légitimité d’une saine laïcité de l’État (ce qui suppose qu’il peut en exister une malsaine comme actuellement en France) et accepté des réalités temporelles avec les normes qui leur sont propres, le pape précise « sans exclure toutefois les références éthiques qui trouvent leur fondement ultime dans la religion ».

    Un État incapable d’accepter cette mise au point de notre pape émérite prouverait son incapacité à être laïc et justifierait la revendication chrétienne d’avoir un État plus respectueux de sa religion sans pour autant en faire la religion officielle. Pour être encore plus précis à souhaiter le modèle de Constantin avec l’édit de Milan de 313 et non celui de Théodose avec l’édit de Thessalonique en 380. [...] Le Concile ne prône pas la liberté religieuse au sein de l’Église catholique. Chaque catholique est tenu d’obéir au magistère. Et en rappelant le combat de Pie XI pour la liberté des consciences et non pas la liberté de la conscience comme il aimait à le rappeler, Dignitatis humanæ peut et doit être lue dans la continuité de l’enseignement de ce grand pape. [...]

    Le deuxième chapitre concernant la liberté religieuse à la lumière de la révélation ne signifie pas non plus que l’Église admet le droit à l’erreur. Enseignant la vérité qui est en Jésus-Christ seul elle ne peut bien évidemment reconnaître aucun droit à l’erreur. Elle réprouve simplement la contrainte en demandant de prendre pour modèle Jésus et ses apôtres. La coercition qu’elle ne s’autorise pas, elle ne la demande pas non plus à l’État afin d’éviter tout abus. Le texte conciliaire exprime avec d’autres mots ce que voulait le cardinal Pie que l’on peut considérer comme un père spirituel de Quas Primas. Pour lui, dans les années 1870, le rétablissement du règne du Christ en rendant sa primauté à la religion catholique en France ne voulait pas dire qu’il fallait interdire les autres cultes. [...]"

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  • La fin des frères musulmans ? Les islamistes financés par le Qatar dans le mur des réalités

    Au congrès international des Frères musulmans, les dirigeants islamistes se sont récemment inquiétés de l’avenir de la confrérie, parrainée en grande partie par le Qatar. La situation des islamistes sunnites s’est dégradée dans de nombreux pays. Leurs échecs ruinent les espérances de la politique internationale qatari de prendre en main, par l’islamisme des frères, le monde arabo-sunnite.

     

    Ecartés du pouvoir et violemment réprimés en Égypte, ils sont dans une spirale négative. Les Frères musulmans égyptiens ont connu, en deux ans seulement, une ascension aussi fulgurante que leur chute. Encore interdits au moment de la révolution, en janvier 2011, ils sont apparus comme les grands vainqueurs de l’ère ouverte par la chute d’Hosni Moubarak, raflant coup sur coup l’Assemblée nationale, l’équivalent égyptien du Sénat (Majlis Al-Choura) et la présidence de la République. Jusqu’au 3 juillet, lorsque l’armée, encouragée par la mobilisation de millions d’Egyptiens, a déposé le président Mohamed Morsi, élu un an auparavant.

    Marginalisés au sein de l’opposition syrienne ou sur la défensive, ils le sont également en Tunisie et malmenés à Gaza. Les frères redoutent maintenant d’être lâchés financièrement par leur parrain du Qatar comme une équipe de football qui perdrait tous ses matchs. Au point qu’ils mettent toute leur énergie à conserver leur bastion tunisien conquis à l’issue du « printemps arabe ». Depuis l’élection de la Constituante tunisienne en octobre 2011, nanti de 37% des voix, le parti Ennahda de Rached Ghannouchi a repris les rênes du pouvoir laissé vacant par Ben Ali. Avec la bénédiction de l’émir du Qatar, les hommes du parti à la colombe – leur emblème- ont constitué un gouvernement d’union nationale au sein duquel ils contrôlent les postes-clés.

    Pendant que l’Assemblée constituante dissertait sur l’égalité hommes/femmes, la place de la religion dans la société et l’organisation des prochaines élections, Ennahda plaçait ses hommes au sommet du pouvoir, de la Banque centrale au ministère des Affaires étrangères. Plus que son islamisme, le népotisme d’Ennahda et son impéritie lui ont aliéné une bonne partie de la population tunisienne. Ennahda, le parti islamiste au pouvoir et l’opposition sont à couteaux tirés. Deux prétendants au titre de leader sont au cœur de cette situation. D’un côté Ahmed Mestiri, 88 ans candidat du parti islamiste Ennahda et son allié Ettakatol. De l’autre, Mohamed Ennaceur, 79 ans, qui jouit d’un soutien fort des principaux partis de l’opposition. L’une des solutions probables pour désamorcer la tension est que ces deux hommes candidats se retirent de la course au poste principal. Le bloc de l’opposition a adhéré mais à condition que le parti islamiste s’engage à faire de même. Chose que refuse de faire Ennahda et Ettakatol d’après Mourad Amdouni, un membre de l’opposition.

    Cela profite finalement à des islamistes encore plus extrémistes. Les salafistes-djihadistes recrutent dans les milieux populaires. Leur idéologie est perçue comme antisystème. Dans les milieux très défavorisés, Ennahda ne fait plus rêver, et la gauche ou l’extrême gauche sont perçues comme des marginaux.

    Mais cela remet en selle également des nostalgiques de Moubarak et Ben Ali. L’armée en Tunisie n’a certes pas le poids de celle en Egypte mais une reprise en main sécuritaire est possible. La crise actuelle favorise un imaginaire qui dépeint Bourguiba l’autocrate en despote éclairé, artisan de la sortie de la Tunisie du sous-développement, de la libération de la femme. Une partie de l’intelligentsia qui, au moment du soulèvement de 2011, imaginait vivre dans un pays moderne et éduqué, découvre avec dépit que le peuple tunisien ne ” suit pas “. L’alliance de circonstance qui unit depuis quelques mois une partie de la gauche, les libéraux et nostalgiques de l’ancien régime, n’est pas sans évoquer les débuts du règne de Ben Ali.

    L’échec des frères musulmans provoque ainsi de véritables chocs en retour, fortifiés par l’anarchie en Libye et l’instabilité du Sahel.

    Jean Bonnevey

    Source : Metamag.

    http://fr.novopress.info/144584/la-fin-des-freres-musulmans-les-islamistes-finances-par-le-qatar-dans-le-mur-des-realites/

  • Nucléaire iranien : la France, dindon de la farce…

    Dimanche 10 novembre 2013 Genève. Après trois jours de négociations intensives entre l’Iran et le “Groupe 5+1”, USA, Russie, Chine, Angleterre, Allemagne, France et Union européenne, en vue de résoudre l’épineux dossier du nucléaire iranien, le résultat est mitigé.

    A priori, tout était arrangé pour aboutir à un accord honorable. L’Occident allégeait les sanctions économiques qui étranglent Téhéran, et le régime iranien renonçait à l’enrichissement de l’uranium à 20 %, taux au-delà duquel il est techniquement possible de passer du nucléaire civil au stade militaire. Et nous voilà devant un demi-échec – rien n’a été signé – ou un demi-succès : les discussions devraient reprendre dès le 20 novembre prochain.

    La faute à qui ? À la France, à l’évidence, et à Laurent Fabius en particulier. Ainsi, notre ministre des Affaires étrangères, celui que Le Nouvel observateur du 12 septembre désignait comme chef de file des « faucons de Hollande », avec Bernard Kouchner et Bernard-Henri Lévy en guise de cerveaux d’appoint, aura-t-il globalement mis tout en œuvre pour faire capoter la négociation.

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  • Pentagone, Anti-Defamation League et dénaturation du mariage…

    Neuf états américains font de la résistance à la dénaturation du mariage. Il s’agit du Texas, de l’Indiana, de la Géorgie, de la Floride, du Mississippi, de la Louisiane, de l’Oklahoma, de la Caroline du Sud et de la Virginie-Occidentale.

    C’est le Pentagone qui les a désignés. Le Pentagone ? Oui, car ces états refusent de délivrer aux « conjoints » des militaires homosexuels les papiers d’identité du département de la Défense qui donnent droit à divers avantages.

    Cela concerne notamment les implantations de la Garde nationale. La fronde des neuf États a débuté par le Texas qui refuse de mettre en œuvre ces prestations sur les implantations de la Garde nationale texane, en raison d’un conflit entre la loi texane et la loi fédérale sur le mariage homosexuel.

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  • La culture de mort bloquée à l'ONU

    Tandis que le gouvernement français fait tout pour étendre l'avortement, les militants pro-mort échouent à l'ONU :

    "Les militants de l’avortement, qui travaillent auprès de l’Onu, ne peuvent cacher leur déception devant la faiblesse des progrès accomplis depuis la conférence du Caire il y a 20 ans. Ils se préparent activement à l’approche de deux évènements importants prévus pour l’année prochaine.

    L’année prochaine marque non seulement le vingtième anniversaire des négociations de l’accord du Caire, mais aussi la définition d’une nouvelle série d’objectifs du millénaire pour le développement, les anciens objectifs arrivant à expiration en 2015. Pour les militants de l’IVG, ces deux négociations seront deux occasions de plus pour gagner du terrain. Cependant ils ont de plus en plus l’impression que ces chances vont leur échapper des mains.

    La directrice d’une organisation puissante a donc exprimé sa frustration à l’occasion d’une récente conférence de Berlin sur « la santé et les droits sexuels et reproductifs ». La Conférence « EuroNGOs » rassemblait les principaux partisans de l’IVG, dont le directeur du Fonds de l’Onu pour la Population (UNFPA), et une pléthore d’ONG, parmi lesquelles figure bien sûr la Fédération internationale du planning familial.

    Françoise Girard, présidente de la International Women’s Health Coalition, coalition internationale pour la santé de la femme, a passé une bonne partie de la conférence à communiquer sur Twitter qu’elle aimerait que l’Onu se mette à s’occuper pour de vrai de la santé sexuelle et reproductive pendant les prochaines négociations.

    Elle a déploré le fait que les alliés du Fonds de l’Onu pour la population allaient publier « un rapport d’examen global sur [la conférence du Caire] orienté autour du thème de la dignité et de la santé [humaine], et non les droits de l’homme [ou les droits sexuels et reproductifs, ou la santé sexuelle et reproductive]. » Elle écrivait sur Twitter « C’est à ça qu’on en est arrivé en 20 ans ? »

    C’est là tout le problème pour les militants de l’avortement. Alors qu’ils étaient parvenus à convaincre le comité de l’Onu qu’il existe un droit à l’avortement, ils ne sont jamais parvenus à en convaincre l’Assemblée générale. Ils ont non seulement échoué dans la progression de leur agenda en 20 ans, mais aussi passé un temps colossal, et dépensé des millions de dollars pour ce qui ne sera peut-être pas seulement une porte fermée, mais un retour en arrière. [...]"

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  • Une classe politique sans vision et sans courage

    Une classe politique sans vision et sans courage
    La France tant sur le plan diplomatique, militaire, scientifique et technique qu’économique dispose d’un potentiel d’influence qui devrait placer notre pays dans le top 5 des États les plus influents du Monde.
    Du fait de la volonté du Général de Gaulle, notre pays possède l’arme nucléaire et une force de dissuasion nucléaire. Notre pays détient de ce fait un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU. La France dispose aussi de 156 ambassades, de 17 représentations auprès d’organisations internationales et de 98 postes consulaires. Le nombre et la qualité de ses diplomates et de ses structures diplomatiques la placent au 4ème rang mondial. Par ailleurs, son passé colonial et la francophonie lui offre un potentiel d’influence considérable, à condition de l’utiliser à bon escient.
    L’armée française, jusqu’aux dernières réductions d’effectifs et budgétaires, a démontré, tant sur le théâtre Afghan, qu’en Libye et au Mali, ses capacités opérationnelles et la valeur militaires qui animent ses officiers, ses sous-officiers et ses soldats. Tant par son budget que par ses capacités, elle se classait immédiatement derrière les États-Unis, la Chine et la Russie.
    Sur le plan scientifique et technique, nos écoles d’ingénieurs sont parmi les meilleures du monde et contribuent à former une élite scientifique et technique d’excellence, même si les structures de la recherche publique et, jusqu’à une date récente l’absence d’autonomie des universités, ne lui permettant pas d’exprimer tout son potentiel.
    Dans le domaine industriel et économique, la France garde une place de choix dans les industries stratégiques de l’espace, de l’aéronautique et du nucléaire et est un leader incontesté dans les industries du luxe, avec des sociétés comme LVMH et L’Oréal, et possède des atouts d’avenir dans les sciences de la vie. Ses frontières maritimes et ses poussières d’empire offrent à la France la deuxième plus grande zone économique exclusive du monde, avec 11 035 000 km² (juste derrière celle des États-Unis : 11 351 000 km² ; mais devant celle de l’Australie : 10 648 250 km²) qui constitue un atout exceptionnel pour le futur, à condition de se donner les moyens de la préserver et de l’exploiter.
    Malheureusement, ce potentiel exceptionnel est gaspillé par une classe politique sans vision et sans courage.
    La vision c’est la capacité à avoir un projet pour l’avenir qui soit partagé par une majorité de citoyens et par les corps intermédiaires. Elle doit être élaborée en prenant en compte les grandes dynamiques planétaires et internationales qui vont impacter ce potentiel d’influence.
    Au plan géostratégique, le monde évolue vers un condominium sino-américain qui fonctionne suivant une dynamique d’adversaire-partenaire. Adversaire dans la course à la suprématie, partenaire pour empêcher un troisième acteur de venir perturber leur tête à tête. La conclusion qui s’impose est que la voix de la France ne pourra peser réellement dans les grandes affaires du monde et résoudre les crises et les conflits [1] qui pèsent sur notre sécurité et sur notre développement que dans le cadre d’une Europe politique et d’une alliance stratégique avec la Russie.
    Au lieu d’assumer leurs responsabilités, nombreux sont ceux qui rejettent la faute sur l’Europe. Lurent Fabius et François Hollande, au lieu de s’appuyer sur l’avis et l’expertise de nos diplomates et de nos militaires sur la Syrie et de défendre nos intérêts, se laissent guider par l’émotion et le discours de BHL. Manque de vision de tous ceux qui se lancent dans une surenchère pour dénoncer le manque de démocratie en Russie mais se flattent de l’amitié des princes et des rois moyenâgeux du Golfe persique dont on sait le peu de cas qu’ils font des droits de la femme. Notre classe politique n’a de vision que bornée par les résultats du dernier sondage d’opinion et le souci de sa réélection. Bien peu entreprennent une réflexion sur les intérêts supérieurs de la France et la plupart ne s’en occupent qu’accessoirement.
    Notre classe politique et, probablement nous avec elle, manquons aussi de courage politique.
    Alors que tous les experts qui ne sont pas liés à une idéologie ou, par l’appartenance, à un parti politique s’accordent à dire que la plaie principale de la France est une dépense publique trop importante, elle-même générée par l’absence de réforme des structures territoriales (suppression du département) et de l’éducation nationale (ou seulement un enseignant sur deux est au contact des élèves), depuis vingt ans les politiques de droite et de gauche se sont bien gardés de prendre le problème à bras le corps. Même Nicolas Sarkozy, qui s’est attaché à supprimer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, a évité de s’y atteler. Tous, par peur de manifestations et de grèves, ont pratiqué l’échenillage dans le budget de tous les ministères au lieu de préserver les moyens de l’État régalien : la diplomatie, l’Armée et la Police. Il en résulte un affaiblissement constant du potentiel d’influence de la France et une dette qui va prochainement atteindre les 100% du PIB en 2014.
    Autre exemple, alors que les États-Unis, La Grande-Bretagne et la Russie ne négocient pas avec les terroristes, nos hommes politiques font le contraire et sur le Tarmac de Villacoublay essaient de s’attribuer le mérite de leur libération, aidés en cela par une classe médiatique qui croit que l’émotion remplace l’information.
    Il en est de même avec le principe de précaution qui s’est peu à peu imposé en Europe au cours de ces trente dernières années. Il témoigne d’un nouveau rapport à la science que l’on interroge désormais moins pour ses savoirs que pour ses doutes et d’un refus d’accepter les risques qui sont indissociablement liés à toute activité humaine. Notre classe politique a détourné ce principe pour en faire un principe d’abstention, supprimant ainsi la dialectique du risque et de l’enjeu consubstantiel au développement humain et à son corollaire, la responsabilité individuelle. L’exemple le plus éclatant est le gaz de schiste sur lequel on se refuse même à lancer une simple expérimentation d’extraction.
    Manque de vision géopolitique et stratégique, manque de courage de notre classe politique et de nos élites qui ne jouent plus leur rôle qui est d’utiliser tout le potentiel de la France pour développer son influence et maximiser sa sécurité et son développement.
    Général Jean-Bernard Pinatel
    Note :
    [1] Résoudre le conflit israélo-palestinien que les Américains n’ont aucun intérêt à éteindre car le complexe militaro-industriel américain y trouve son meilleur débouché et possède une part de marché de l’ordre de 50 à 60% suivant les années mais qui est la source contemporaine du terrorisme qui menace surtout l’Europe et la Russie : seulement 2% des morts et blessés du fait du terrorisme ont eu lieu depuis 20 ans sur le sol américain, 11 septembre 2001 inclus ; lutter contre l’islam radical qui essaie de contaminer les 25 millions de musulmans qui vivent en Europe mais aussi les 25 autres millions dans la Fédération de Russie ; réguler les migrations de populations du Sud vers le Nord.