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international - Page 925

  • Syrie : les rebelles de l’opposition « modérée » sont en train de perdre la guerre

    Les rebelles syriens de l’opposition « modérée » sont en train de perdre la guerre et ils le savent. D’où leur peu d’appétence pour les discussions de Genève, patronnées par les Nations Unies et censées déboucher sur une solution politique à un conflit, qui, le 15 mars prochain, entrera dans sa sixième année. Sauf coup de théâtre stratégique, le rapport de force militaire et le contexte international leur sont désormais défavorables. La coalition occidentale, États-Unis en tête, concentre son effort contre Daech en Irak, laissant le champ libre - au-delà des condamnations politiques - à la Russie du côté syrien. 

    Le régime de Damas l’a également bien compris. Pour le représenter à ces pourparlers, il n’a dépêché à Genève qu’un simple diplomate professionnel, Bachar Djafari, son représentant permanent aux Nations Unies. Et celui-ci en est à plaisanter sur la situation créée par les incertitudes et le malaise de l’opposition  : « Nous attendons Godot et Godot n’est pas encore arrivé ». Godot, c’est le HCN, le Haut comité pour les négociations, mis en place par l’Arabie saoudite et soutenu par la Turquie et la France. Le « coordinateur général » de l’opposition est Riad Hijab, brièvement Premier ministre de Bachar al-Assad en 2012. Il ne devrait participer directement aux discussions, le « négociateur en chef » désigné étant le salafiste Mohammed Allouche, qui, pour l’heure, préfère rester discret.

    Que pèse cette opposition dite modérée  ? Il n’est pas aisé de le savoir avec précision, tant sa définition elle-même pose problème. Si tout le monde s’accorde à en exclure le front al-Nosra, la branche syrienne d’al-Qaïda, la nature de groupe comme Ahrar ash-Sham ou Jaïsh al-Islam, très présents sur le terrain, pose problème du fait de leur idéologie salafiste ou extrémiste. « Il existe en Syrie une constellation de combattants très divers de l’ordre de 100 000 personnes, dont la France estime que 80 000 d’entre eux appartiennent soit à des groupes terroristes désignés comme tels par les Nations Unies, soit à des groupes salafistes extrémistes », indiquait récemment le général Didier Castres de l’état-major des armées, lors d’une audition au Sénat. Faites le calcul  : 100 000 - 80 000 = 20 000 opposants qui ne sont donc ni « terroristes », si « salafistes extrémistes ».

    Alors que ces groupes avaient militairement le vent en poupe jusqu’à l’été, l’intervention russe a changé la donne, à partir de septembre. Le Kremlin avait un objectif immédiat  : empêcher la chute du régime. Cinq mois plus tard, il l’a atteint et plus personne n’estime aujourd’hui que Bachar tombera prochainement. Pour ce faire, l’armée russe a immédiatement concentré son action contre les forces qui menaçaient le plus directement le régime, c’est-à-dire celles de l’opposition non-Daech. [....]

    La suite sur Secret Défense

  • Le trompeur Printemps arabe, de la démocratie au terrorisme…

    Source : Nouvelles de France
    Un point de situation complet et pertinent sur la Syrie, déchirée par un terrorisme d’importation.

    Mars/avril 2011, le printemps arabe fleurissait en Syrie. Des manifestations d’opposants avaient lieu dans de nombreuses villes. Le gouvernement alternait la carotte des baisses de taxes, des augmentations de postes et de salaires avec le bâton d’une répression sévère.
    Dans une mise en scène bien réglée, les médias dénonçaient la barbarie du régime, des défections se produisaient dans ses rangs, un organisme de transition voyait le jour tandis que la protestation se muait en rébellion et la révolte en guerre civile. Le scénario étonnamment semblable à celui d’autres tournages se produisait avec des variantes locales.
    Le dictateur ne partait pas comme en Tunisie. L’armée ne basculait pas comme en Égypte. Faute d’intervention militaire directe d’une puissance occidentale, le régime ne s’effondrait pas comme en Libye. Il tenait avec le soutien de milices loyalistes, celui de l’Iran et de la Russie et l’arrivée des supplétifs chiites libanais ou irakiens.

    Il contrôle aujourd’hui plus de 70 % de la population, notamment les personnes déplacées qui se sont mises sous sa protection, dont on parle peu. Pendant ce temps, l’opposition connaissait, sans avoir gagné, le sort de celle de Libye apparemment victorieuse. Sa façade démocratique se craquelait, son unité se fissurait.
    Deux conseils dominés par les Frères Musulmans, l’un appuyé par la Turquie, le CNS, l’autre par le Qatar, la CNFOR revendiquaient la légitimité. Le décor démocratique et son Armée Syrienne Libre étaient débordés par des groupes islamistes rivaux et de plus en plus violents : le Front islamique, le Front Al-Nosra, l’État islamique multipliaient les conflits fratricides. Les Kurdes accédaient de fait à l’autonomie le long de la frontière turque.
    Depuis l’intervention russe en octobre 2015, l’armée syrienne appuyée par ses alliés reconquiert le terrain. La carte montre aisément que les rebelles sont, comme par hasard, en force aux abords des frontières jordanienne et turque, là où ils peuvent recevoir l’aide de l’OTAN et des pays du Golfe.
    Il faut être aveugle pour ne pas comprendre que la France et ses alliés fournissent un soutien qui peut en raison de la confusion de la situation aller à des djihadistes qui sont nos ennemis, comme ceux d’Al-Nosra (Al-Qaïda) dont Fabius s’était laissé aller à dire qu’ils faisaient du « bon boulot ».
    Les troupes d’Assad ont libéré récemment deux villes encerclées au nord d’Alep et vont à leur tour refermer l’étau sur les islamistes qui occupent une partie de la grande cité. Le risque est donc très grand de voir se dévoiler le vrai visage de l’opposition syrienne avec une intervention directe des Turcs et des Saoudiens. Les seconds en parlent. Les Russes ont observé des mouvements inquiétants des premiers.
    La guerre est désormais possible, et notre pays s’y trouverait engagé dans le mauvais camp, celui des pays, la Turquie, l’Arabie Saoudite, le Qatar qui, avec l’aval du Président américain et néanmoins « Prix Nobel de la Paix », ont déstabilisé l’ensemble du monde arabe pour promouvoir une apparence de démocratie qui s’est révélée être le cheval de Troie de l’islamisme.
    Cette tentative a échoué partout. Soit il y a eu un quasi-retour à la situation d’origine dans des pays lourdement menacés par le terrorisme et appauvris par la désertion des touristes comme la Tunisie et l’Égypte. Soit la guerre civile s’est installée comme en Syrie, au Yémen et en Libye.
    Dans ce pays, l’État islamique s’est emparé de Syrte au centre de la côte méditerranéenne, menaçant directement l’Europe. De part et d’autre, deux gouvernements rivaux se partagent un pays plus que jamais retourné à l’anarchie tribale. C’est évidemment à ce type de situation que pourrait aboutir l’accord de paix voulu par les Occidentaux en Syrie.

    John Kerry est venu à Rome présider la réunion de 23 membres de la coalition de 66 pays réunie contre l’État islamique et qui peine à le détruire. Il a eu le culot de vanter les mérites des frappes homéopathiques dirigées contre « Daesh ». Celles-ci auraient fait fondre les troupes djihadistes, mais avec un effet de vases communicants qui aurait développé leur nombre en Libye. On constate que les Américains n’ont apparemment pas les moyens de bloquer ce phénomène et qu’ils ne veulent pas risquer au sol leurs militaires professionnels contre les salafistes.

    C’est en fait l’arrivée des Russes qui a changé la situation. Certes, l’ONG « Observatoire Syrien des Droits de l’Homme » basée à Londres et financée par de riches soutiens, leur attribue surtout des morts civils, mais la désinformation fait aussi partie des méthodes de Washington. Les actions de la coalition durent depuis deux ans et n’ont pas empêché les islamistes de gagner d’abord du terrain et de n’en perdre qu’assez récemment. L’offensive russe n’a que cinq mois et on peut en apprécier les résultats.

    Les Kurdes aussi progressent, mais la constitution d’un large Kurdistan irako-syrien ne peut que pousser les Turcs à recourir à la force. Il paraît donc évident que l’homéopathie doit laisser la place à une chirurgie urgente, même si celle-ci doit déplaire aux commanditaires sunnites de la rébellion syrienne.
    Le chemin le plus court du rétablissement de l’ordre et de la paix en Syrie passe par la volonté de redonner au gouvernement légal du pays, qui en maîtrise déjà la partie la plus peuplée, le contrôle de l’ensemble du territoire, hormis un Kurdistan autonome.

    En continuant d’aider des rebelles peu fiables, on prolonge inutilement une guerre qui a causé 260 0000 morts et déplacé 9 millions de personnes, et on favorise l’activité des bases terroristes qui s’abritent dans leurs secteurs. L’inaction en Libye, quant à elle, est aussi criminelle que l’action qui a précipité le pays dans le chaos.

    Kerry, dans la tradition des guerres perdues, dit préférer la solution politique à la solution militaire en oubliant que la guerre est la continuation de la politique et que les traités résultent toujours d’un rapport de forces indiscutable.
    Ni les ballets diplomatiques ajournés ou non, ni la distribution de chèques, encore moins la poursuite de la fourniture d’armes aux rebelles ne mettront fin aux souffrances infligées au peuple syrien.

    http://fr.novopress.info/197997/trompeur-printemps-arabe-democratie-au-terrorisme/#more-197997

  • JOURNAL DU MARDI 9 FÉVRIER 2016 : IMMIGRATION / JOURNÉE EUROPÉENNE

  • Progression de l’armée syrienne au nord, Israël se remet à s’inquiéter ...

    Ce n’est un secret pour personne qu’Israël a été le premier à se réjouir de l’éclatement de la crise en Syrie et sa dégringolade vers la guerre. Pour l’unique raison qu’elle détourne de sa confrontation un important pays membre de l’axe de la Résistance.
    Mais au fur et à mesure que le président syrien faisait preuve d’une ténacité inattendue, l’humeur israélienne n’a de cesse de ternir.
    Depuis que les Russes et les Iraniens se sont impliqués corps et âme dans ce pays, facilitant les progressions importantes de l’armée syrienne sur plus d’un front syrien, l’inquiétude a pris place à l’euphorie.
    Un changement dans l’équilibre des forces stratégiques, c’est avec ces mots que des poids lourds israéliens, politiques et médiatiques ont qualifié dernièrement les progressions importantes réalisées par l’armée syrienne avec l’aide de ses alliés russe, iranien et le Hezbollah au nord de la Syrie.
    Selon Youval Steinitz, le ministre des services de renseignements israéliens, les victoires de l’armée syrienne suscitent l’inquiétude de Tel Aviv et constituent une menace sur le long terme, beaucoup plus importante que celle d’équiper le Hezbollah en armements de qualité au Liban, ou celles liées aux tunnels du Hamas dans la bande de Gaza.
    Selon lui, le danger réside dans la présence militaire et d’intelligence iranienne en Syrie laquelle pourrait très bien s’étendre en direction des frontières nord avec Israël, sur les hauteurs du plateau du Golan, au cas où les victoires de l’armée syrienne se reproduisaient sur le front sud aussi.
    « Nous devons faire comprendre à nos alliés, à leur tête les Etats-Unis, l’essence de ce danger provenant de la présence iranienne en Syrie et qui découle de la guerre en cours », a-t-il indiqué.
    Et de poursuivre : « ce qui se passe en Syrie est une opération très dangereuse qui pourrait avoir des répercussions dangereuses sur Israël. L’Iran n’est pas les tunnels du Hamas, c’est une force énorme. Nous ne pouvons minimiser ses capacités, ses ressources et ses forces ».
    « Nous appréhendons de devoir payer le prix de la victoire du régime syrien contre Daesh par le déploiement iranien sur nos frontières nord. Le monde est sous le choc en raison de la férocité de Daesh, et il y a une volonté de le vaincre, mais ceci pourrait très bien ignorer la menace de l’Iran et du Hezbollah », a-t-il ajouté, dans une invitation à se désister de la lutte contre Daesh, en faveur de celle contre le pouvoir syrien.
    Et le général israélien d’extrapoler la menace : « ceci constitue une menace aux Turcs et aux Chypriotes, qui sont eux aussi préoccupés, parce que personne ne veut voir l’Iran atteindre le bassin méditerranéen ».
    La deuxième chaine de télévision israélienne, a elle aussi laissé filtrer cette inquiétude face aux dernières évolutions en Syrie. Après avoir marqué le deuil de l’opposition syrienne, au motif que ses alliés l’ont abandonnée, elle a mis en garde contre la soi-disant menace qui guette la ville d’Alep et les séquelles qui en découleront lorsque l’armée syrienne la contrôlera entièrement. Selon ses analystes, Alep est un point important dans la guerre en Syrie, et sa chute veut dire que la menace qui pesait sur le régime s’est dissipée et qu’il a triomphé.
    Et la télévision d’imputer aux Américains la responsabilité de cette situation : « Le président Barack Obama et son ministre des affaires étrangères ont laissé tomber les opposants syriens et les ont laissés au président russe Vladimir Poutine. Ce qui va permettre au président Assad et à l’Iran de réaliser la victoire sur eux ».
    Toujours selon la Chaine 2, tous les choix alternatifs qui avaient été suggérés se sont dissipées car « les zones de sécurité qu’ils ont menacées d’instaurer n’auront plus aucun effet et ne sont d’ailleurs plus réalisables. De même, la Turquie qui appréhendait ce qui se passait à sa frontière n’a pas osé faire quoique ce soit face aux Russes ».
    Et de conclure avec la plus grande hantise que ce qui se passe au nord de la Syrie pourrait très bien se produire au sud aussi. « Nous serions face aux Iraniens et au Hezbollah, avec une couverture aérienne russe, plus précisément près de la frontière avec le Golan ».
    Quant à la 10ème chaine de télévision israéliens, elle a choisi dans son journal de dimanche de tourner en dérision tous ceux qui avaient dans le passé misé sur une chute imminente du président syrien, leur demandant de réviser leurs calculs « car ce que l’armée syrienne est en train de réaliser est un exploit très important qui transforme Assad en un acteur essentiel et en un président puissant ».
    « Nous devons être conscients à la lumière des réalités sur le terrain en Syrie et de leurs conséquences,…, que Bachar al-Assad est aujourd’hui le gouverneur puissant de la Syrie. Le gel sur le terrain a été brisé à l’avantage de l’alliance russo-iranienne », a-telle conclu.
    Quant au journal israélien proche du Premier ministre Benjamin Netanyahu, Israel Today, apres avoir lui aussi mis en garde contre la chute de la ville d’Alep, « le bastion des opposants » selon ses termes, il a écrit que « le soutien fourni par le Hezbollah, l’Iran et les frappes aériennes russes ont porté leurs fruits tandis que l’opposition soutenue par les Américains ne reçoit que des paroles ».
    « Il en découle qu’Obama va quitter la maison Blanche alors qu’Assad va rester le président de la Syrie », constate-t-elle avec un air taquin.
    Et le journal de poursuivre en tançant les Américains: « La Russie a changé l’équilibre des forces alors que les Etats-Unis continuent de se plaindre, sans savoir qu’ils devraient faire quelque chose au lieu de rester inactifs ».
    Quant au site « Times of Israel », tout en mettant en garde contre un scénario similaire au sud de la Syrie, c’est vers l’Arabie saoudite qu’il a dirigé ses incitations en faveur d’une action : « la seule partie capable de freiner l’avancée de l’armée syrienne et de bouleverser l’équilibre des forces en faveur de l’opposition n’est autre que l’Arabie saoudite », croit-il savoir.
    « Mais il est difficile pour le moment de deviner si les plans saoudiens d’envoyer des soldats en Syrie sont réels ou des menaces vides », a toutefois relativisé le site selon lequel même si les saoudiens n’envoient pas des soldats en Syrie, mais ils auront affaire à d’autres fronts, dont le Yémen, le Golfe et le Liban, tout en en prenant en compte la réduction dans leur budget en raison de la baisse des cours de pétrole, au moment où la levée des sanctions contre l’Iran va le renforcer et gonfler ses ressources et ses richesses ».
    Dénominateur commun dans toutes ces inquiétudes et mises en gardes israéliennes : elles poussent les autres pays à intervenir : la Turquie, les Américains (surtout) et l’Arabie saoudite aussi. Il est clair que depuis leur défaite en 2006, les Israéliens sont passés aux guerres par procuration !

    Avec al-Akhbar : Al manar :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/etranger/EuVVpFEEFAmjWMqJqk.shtml

  • Le totalitarisme à front renversé : comprendre les États-Unis

    Source : lescrises.fr
    Le livre Democracy incorporated. de Chalmers Johnson propose un diagnostic controversé, mais en fin de compte convaincant, sur la manière dont les États-Unis ont succombé à une tentation totalitaire inconsciente et permet de comprendre comment ils sont contrôlés. Si l’ouvrage n’est disponible qu’en anglais, sa recension traduite par lescrises.fr est déjà des plus éclairantes.

    http://www.les-crises.fr/le-totalitarisme-a-front-renverse/

    Pendant plus de deux générations, Sheldon Wolin a enseigné l’histoire et la philosophie politique, de Platon à nos jours, aux étudiants de Berkeley et Princeton […] Il est l’auteur d’ouvrages primés et désormais classiques tels que : Politique et Vision (1960, édition revue et augmentée en 2006), et Tocqueville entre deux mondes(2001), ainsi que de nombreux autres ouvrages.
    […]
    Son dernier ouvrage, , Democracy Incorporated: Managed Democracy and the Specter of Inverted Totalitarianism (Démocratie S.A., la démocratie contrôlée et le spectre d’un totalitarisme à front renversé), est un brûlot contre la gestion actuelle du pouvoir aux États-Unis. Il évoque notamment les évènements des dernières années et donne des propositions pour éviter que notre système ne sombre dans les méandres de l’histoire en compagnie de ses prédécesseurs totalitaires : l’Italie fasciste, l’Allemagne nazie, et la Russie bolchevique. Le moment est bien tardif, et il est peu probable que le peuple américain se réveille et emprunte le chemin qui éviterait à notre nation de connaître son Crépuscule des Dieux. Toutefois, Wolin est celui qui analyse le mieux en quoi l’élection présidentielle de 2008 ne changera rien à notre destin. Ce livre démontre pourquoi la science politique, lorsqu’elle est appliquée correctement, reste la reine des sciences sociales.
    […]
    Pour synthétiser son argumentation complexe, depuis la Grande Dépression, les forces jumelées de la démocratie contrôlée et de “Superpuissance” ont pavé la voie pour quelque chose de nouveau : le « totalitarisme inversé », forme tout aussi totalitaire que son avatar classique, mais reposant sur la collusion interne, l’apparence de liberté, le désengagement politique au lieu de la mobilisation des masses, et comptant davantage sur les « médias privés » que sur des officines gouvernementales pour renforcer sa propagande sur la version officielle des évènements. Il est inversé dans le sens où il ne nécessite pas de coercition, de puissance policière ou d’idéologie messianique à l’instar des versions fasciste, nazie ou stalinienne (à noter toutefois que les États-Unis ont le plus fort taux de citoyens emprisonnés – 751 pour 100 000 habitants – de toute la planète). Selon Wolin, le totalitarisme inversé a vu le jour « de façon imperceptible, non préméditée, et avec les apparences d’une parfaite continuité avec la tradition politique du pays ».
    Le génie de notre système totalitaire inversé est de « manier un pouvoir totalitaire sans le montrer, sans créer de camp de concentration, sans imposer d’idéologie uniformisante, et sans supprimer les éléments dissidents tant qu’ils restent inoffensifs. La régression du statut de “peuple souverain” à celui de “sujet impuissant” est le symptôme d’un changement de système, d’une démocratie qui est un moyen de “populariser” le pouvoir à celle qui n’est que la marque d’un produit que l’on vend chez nous et à l’étranger. Ce que ce nouveau système, le totalitarisme inversé, prétend être, est l’opposé de ce qu’il est réellement. Les États-Unis sont devenus l’exemple de la façon dont on gère une démocratie sans révéler qu’elle n’existe plus. »

    http://fr.novopress.info/197938/le-totalitarisme-a-front-renverse-comprendre-les-etats-unis/

  • Politique & Eco n°77 : La chute de l’or noir, histoire d’une pénurie organisée

  • PLANETE FINANCE : 2016, année de tous les dangers ?

    Alors que nombreux furent ceux à se réjouir de la nouvelle année « économique », les marchés financiers ne l’entendent pas de cette oreille et affichent des pertes de comprises entre 5% et 15% selon que l’on soit en Europe, aux Etats-Unis ou en Chine. Les raisons invoquées sont nombreuses, mais il s’agit vraisemblablement de la conjonction des facteurs suivants : une baisse persistante des cours du pétrole, une révision de la croissance chinoise, la fin de la politique monétaire « trop » souple des Etats-Unis, et les tensions géopolitiques au Proche-Orient et en Asie.

    Si l’attention des opérateurs reste orientée vers la Chine et le ralentissement économique des pays émergents (comme la baisse de 8,3% de la production industrielle au Brésil en 2015), la chute importante de nombreuses devises de ces pays pèse sur leurs importations en provenance de la zone euro. La baisse de la production d’acier et d’électricité en Chine est la plus forte de ces 10 dernières années. La surcapacité dans ces secteurs s’ajoute à celle du charbon : l’industrie ralentit très fortement et les licenciements se comptent par millions !

    Pour tenter de limiter la perte de richesse globale, la Chine tente de dévaluer sa devise, alors que cela s’avère inefficace : l’élasticité de la demande de produits concurrentiels est faible. En injectant des liquidités, en manipulant ses marchés financiers par des interventions, la Chine ne fait que renforcer la défiance vis-à-vis de son système financier et sa capacité à surmonter la crise économique.

    Quand l’Oncle Sam tousse …

    La déconnection permanente entre le monde financier et la réalité économique est une évidence : les chiffres économiques outre-Atlantique soufflent le chaud et le froid. L’emploi reste dynamique, avec un taux de chômage toujours faible mais les disparités de revenus augmentent.

    Les experts restent divisés quant à savoir si l’économie des Etats-Unis est en ralentissement ou en récession. La consommation, véritable moteur de croissance, bénéficie de la baisse importante des prix du pétrole. Les ménages ont consommé à un rythme annuel de 3% contre moins de 2.5% sur base des 6 derniers mois. Par ailleurs la force du dollar entraîne également une baisse des exportations ce qui pèse sensiblement sur l’industrie manufacturière. A cela s’ajoute la faiblesse persistante de l’investissement des entreprises, sans parler d’un affaiblissement constant des gains de productivité. Autant de facteurs qui expliqueraient une croissance autour de 1,5% en 2016, contre 2.5 à 3% norme considérée satisfaisante en Europe mais pas aux Etats-Unis.

    En décembre 2015, on notait une très faible augmentation des dépenses de construction aux USA, alors que le chiffre du mois de novembre a été révisé en baisse à – 0,6%. Et en janvier, l’indice ISM manufacturier s’est contracté pour le 4ème mois consécutif, ce qui confirme la faiblesse des ventes.

    La préoccupation de nombreux économistes reste le manque de reprise de l’activité mondiale malgré les efforts conjugués des gouvernements et l’utilisation de tous les moyens à la disposition des banques centrales en particulier la politique monétaire. Tant les autorités chinoises que la BCE (banque centrale européenne) ou la banque centrale américaine (FED) injectent des milliards dans le système financier sans parvenir à relancer durablement l’économie.

    A cet égard, l’exemple du Japon est particulièrement saisissant : depuis le début des années 90, soit plus de 25 ans déjà, la BOJ utilise l’arme des taux pour tenter de relancer la consommation : fiasco total. Ce qui n’a pas empêché la Banque centrale japonaise de décider encore d’accroître sa base monétaire de 675 milliards de dollars en rythme annuel par des acquisitions d’obligations d’Etat. Cette politique monétaire va entraîner de facto une dévaluation du yen et contraindre les autres banques centrales à dévaluer leur devise respective, ce qui va conduire à un ralentissement plus marqué de la croissance mondiale…

    Les économies européennes et américaines ont déjà emboité le pas avec le même insuccès.

    La relance par l’investissement privé semble une solution durable et efficace, mais l’un des préalables passe par la hausse des taux d’intérêt. En effet, les investisseurs comme les assureurs ou les fonds de pension, compte tenu des taux d’intérêts quasi nuls, ne peuvent qu’investir dans des actifs plus risqués : immobilier, actions et marginalement des projets d’infrastructures.

    De même, les effets pervers de la réglementation et de la faiblesse des taux d’intérêt obligent les banques à limiter l‘octroi de prêts et poussent les gestionnaires de fonds à se substituer aux banquiers (shadow banking). Or le métier des gestionnaires n’est pas de prêter de l’argent, car ces intermédiaires n’ont pas les connaissances indispensables et suffisantes pour gérer cette activité. En outre, la faiblesse de leurs fonds propres constitue un danger en regard des risques pris dans leur activité de prêts. Les autorités régulatrices devront à nouveau encadrer ou limiter cette activité.

    Depuis plusieurs mois, l’inquiétude gagne un nombre croissant de gestionnaires de fonds. En effet, indépendamment de la conjoncture, la structure même des marchés financiers se modifie : les participants n’ont plus le même rôle, les banques ne peuvent plus effectuer des opérations pour leur propre compte et les banques centrales exercent une influence significative en rachetant des emprunts et dettes diverses. Enfin, la capacité à vendre des actifs dans des conditions de marchés normales se réduit : les prix fluctuent plus amplement et les volumes se contractent et, en cas de ventes massives par les investisseurs, la baisse se fera plus importante.

    De plus, le marché des obligations de sociétés aux Etats-Unis, en particulier celui des « Junk bonds » connaît une contraction significative, en liaison avec la baisse des prix du pétrole. Parce que de très nombreuses sociétés actives dans le secteur de l’énergie ont émises des obligations à haut rendement. Ces obligations étaient recherchées par les investisseurs en quête d’investissements importants. La chute des prix du pétrole entraînent une baisse des revenus de ces sociétés dont la capacité de remboursement de leurs dettes est donc rendue quasi caduque. En conséquence, les investisseurs se désengagent de ce secteur, parfois avec de lourdes pertes.

    N’oublions quand même pas que la dette publique des Etats-Unis augmente maintenant de 67 milliards par semaine soit 3.500 milliards $ par an !!! (source www.USdebtclock.org )

    QUI va payer ? QUAND cela va-t-il s’arrêter ou ….. Exploser ?

    ….L’Europe éternue.

    Au cours du mois de janvier, les cours de Bourse des principales banques italiennes ont chuté de près de 30%, suite au « mauvais » accord conclu entre la Commission Européenne et le gouvernement italien. En effet, le mécanisme de garantie publique ne s’apparente pas aux « bads banks » mises en place en Irlande ou en Espagne lors de la crise financière. Les banques ne pourront se débarrasser que d’une partie de leurs créances douteuses, mais dans quelles conditions et à quels prix ? De plus les banques moins « systémiques » devront passer ces créances en pertes et se recapitaliser si besoin est.

    Enfin, la BCE reste inquiète quant à la capacité des banques européennes en particulier celles du sud de la Zone Euro à maintenir une rentabilité suffisante. En effet, le métier d’intermédiation consiste à gagner de l’argent sur le différentiel des taux longs par rapport aux taux courts. Or depuis qu’elle a engagé sa politique d’assouplissement quantitatif, de taux zéro et de planche à billets, la BCE réduit encore plus cette marge, grevant un peu plus la rentabilité du secteur bancaire. Les sources de rentabilité proviendront-elles d’un abaissement des critères d’octroi des crédits, de l’utilisation de financements à taux quasi-nul à court terme et/ou d’une prise de risque excessive ?

    L’édifice financier de la planète commence à se lézarder, mais nos responsables se gargarisent de bons mots, évoquant un mauvais moment à passer. D’ailleurs, en Belgique, les autorités se veulent rassurantes quant à l’examen réussi haut la main par les fonds de pension. « L’objectif de ce test était d’analyser la résistance du secteur européen des fonds de pension face à des secousses provoquées par des crises sur les marchés financiers. » précise la FSMA, l’autorité belge de supervision des marchés. Même en cas de situations extrêmes sur les marchés financiers, les fonds de pension belges résisteront bien. Dans ce cas, la garantie d’Etat devrait jouer, le risque étant si faible ! Pourquoi les affiliés de ces fonds ne proposeraient-ils pas cela ?

    Comme je l’avais indiqué dans un article précédent, d’autres indicateurs laissent à penser que les dérives financières et bancaires imposées par les gnomes de Wall Street ont des effets directs sur l’économie mondiale à court et moyen terme.

    Le Baltic Dry Index (BDI) reflète la santé des transports maritimes entre les continents. De 632 points le 2 février 2015, il est tombé à 298 points ce 5 février 2016, soit une chute de 53% ! Depuis le 1er janvier il est passé de 478 points à 298 soit une baisse de 38% en seulement 5 semaines, ce qui signifie une catastrophe dans l’affrètement des cargos vraquiers (du type du Modern Express sauvé in extremis d’un naufrage sur les côtes landaises) et l’annonce d’un fort recul des marchandises transportées pour les mois à venir.

    Apparemment, les eurocrates de Bruxelles et les princes qui nous gouvernent n’ont pas la même anticipation, car leur vision est transformée par les lunettes roses du « vivre’ensemble », du « padamalgam », du multiculturel, du politiquement correct et de la Nouvelle Religion droits-de-l’hommiste, seules obsessions qui accaparent leurs neurones.

    Heureusement, de plus en plus d’analystes commencent à s’inquiéter et tirent la sonnette d’alarme pour ce qui s’annonce comme une nouvelle « bulle » bien plus importante que celle qui avait éclaté en 2008, avec les conséquences que nous connaissons.

    PIETER KERSTENS

    http://www.altermedia.info/france-belgique/uncategorized/planete-finance-2016-annee-de-tous-les-dangers_153210.html#more-153210

  • L’argent n’a pas d’odeur : en Arabie Saoudite, Starbucks interdit l’accès d’un café aux femmes

    Alors que la chaine américaine des cafés à emporter supprime en occident les références à Noël (voir ici) et milite en faveurs des LGBT (voir ici), elle n’hésite pas à interdire l’accès aux femmes dans sa boutique saoudienne… L’argent n’a pas d’odeur pour les firmes capitalistes.

    Un Starbucks café a interdit à Riyad (Arabie-Saoudite) l’accès du magasin aux femmes, s’est indigné sur Twitter une cliente le 1er février. La police religieuse a demandé au café de prendre cette mesure après l’effondrement d’un mur qui séparait les espaces entre les hommes et les femmes, indique The Independent en s’appuyant sur le journal saoudien Al Weaam.

    http://www.contre-info.com/