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international - Page 923

  • Donald Trump affole mes crapules favorites !

    Il y a bien longtemps, au tout début des années 60, j’étais tombé par hasard sur un jeune homme qui venait de s’échapper de Roumanie et qui, comme bien des Roumains, parlait le français. Durant la discussion il me dit soudain : « Vous avez quelqu’un de très bien en France et c’est le général … Salan. » Pour ceux à qui cela ne dit rien, le dit général Salan était l’un des quatre officiers qui avaient commis une tentative de coup d’Etat contre De Gaulle quelques mois avant. Quelque peu interloqué, je lui dis : « Certes, certes, mais pourquoi ? » La réponse fut sublime de profondeur. « Voyez-vous, me dit-il, la radio roumaine officielle ne cesse d’en dire du mal. » Et c’est là que je compris pour la première que dans les pays où la liberté d’information n’existe pas et où sévit un « ministère de la Vérité », la population pour se faire une opinion n’a pas d’autre moyen que de prendre le contrepied de la vérité officielle. L’ennui bien sûr est qu’en termes logiques, le contraire d’une erreur peut ne pas être la vérité, mais une autre erreur, mais cela reste utile. Je n’ai jamais oublié cette leçon et je l’applique depuis avec bonheur.

    Prenons un premier exemple dans le domaine de la politique. A la fin des années 70, aussi bien l’économie américaine que le prestige des USA dans le monde entier étaient au plus bas, ce qui réjouissait infiniment toute la gauche française. Reagan fut désigné, à la loyale, comme le candidat républicain chargé de lutter contre le très incompétent président Carter, au demeurant un fort brave homme. Dans les mois qui suivirent, les journaux français « de gauche » furent remplis d’injures adressées à l’acteur de seconde zone, à l’ignare, à l’inculte, au demeuré mental qui osait prétendre qu’il allait redresser son pays. Comme chacun sait, la France s’est toujours distinguée par la qualité des élites qu’elle sélectionne, depuis le rescapé de l’attentat de l’avenue de l’Observatoire jusqu’à l’Homme Normal qui nous gouverne. On aurait aimé plus de modestie de la part de la classe jacassière, mais à l’impossible nul n’est tenu. Connaissant un peu Reagan et encore mieux les USA, c’est à ce moment-là que j’ai cessé de lire Le Monde en partant du principe que l’information était une chose, la désinformation une autre. Après tout, c’est déjà difficile de comprendre ce qui se passe mais si en plus des incompétents à l’esprit faux essaient de me faire prendre des vessies pour des lanternes, je ne vois pas pourquoi je devrais les payer pour accomplir cette forfaiture.

    Prenons un deuxième exemple dans le domaine de la stature morale d’un personnage, et je vais parler de Soljenitsyne qui venait d’être expulsé d’URSS après avoir publié « L’archipel du Goulag », ce coup de boutoir qui fit sauter le mur de Berlin. Invité à « Apostrophes » (je crois), il y rencontra Jean Daniel qui lui tint à peu prés ce discours : Lui et Soljenitsyne avaient toujours lutté pour la liberté (on voit l’outrecuidance d’un homme qui était pour l’alliance avec les communistes, que personne n’avait jamais mis en prison et qui venait à l’émission dans son joli costume bleu, bien rasé, prospère et sentant bon la lavande )… et donc il ne comprenait pas comment le prophète russe pouvait venir en France pour expliquer que le communisme était une abomination juste avant des … élections cantonales (ou municipales, je ne sais plus).

    Je me souviens de l’air absolument ahuri de Soljenitsyne qui, à l’évidence, se demandait qui était ce jean-foutre en face de lui. « Quand le sage montre la lune du doigt, l’imbécile regarde le doigt », dit la sagesse populaire. Et du coup, rebelote, je n’ai plus jamais lu Le Nouvel Observateur , qu’il m’arrivait parfois de parcourir d’un derrière distrait avant cet incident.

    Le lecteur ne peut imaginer à quel point ne plus lire ces deux publications libère l’esprit et permet de recommencer à réfléchir, tant il est vrai qu’essayer de comprendre pourquoi tous ces gens pensent faux est une tâche sans aucun intérêt. La seule chose qui compte, c’est d’essayer de penser juste soi même. Comprendre pourquoi les autres pensent faux ne fait pas faire de grands progrès intellectuels. Le pauvre Revel s’y est brisé. Et donc, en suivant cette méthode, après cinquante ans de lectures, je suis arrivé à repérer les gens ou les publications qui pensent de travers, ce qui est bien utile et surtout économise un temps précieux.

    Ce qui m’amène à mon sujet, l’inénarrable monsieur Trump. Depuis Reagan, Thatcher, Jean Paul II et Soljenitsyne, je n’avais plus jamais vu un tel débordement de haine et d’insultes dirigées à l’encontre de ce brave homme d’affaires new-yorkais qui semble avoir comme gros défaut de beaucoup aimer les femmes, surtout si elles sont jeunes et originaires de l’est de l’Europe. Comme le disent les plaisantins à New-York, les femmes de Trump montrent bien que les USA ont besoin de travailleuses immigrées puisqu’à l’évidence, elles font le boulot que personne d’autre ne veut faire. Ce qui n’empêche pas tous les nuisibles habituels d’y aller de leurs commentaires.

    Les « hommes de Davos » et autres « Oints du Seigneur », Attali, Minc, BHL etc., ne peuvent supporter qu’un homme qui risque d’être élu attaque leur rêve, ou plutôt leur cauchemar mondialiste et prétende restaurer les droits du peuple et la souveraineté nationale. Tous les partisans de la grande fusion des nations en un seul peuple s’alarment de ses propos visant à contrôler une immigration devenue folle. En tant que libéral, je suis favorable à l’immigration mais encore plus à l’application de la loi votée localement et librement par les citoyens. Chacun peut faire venir qui il veut chez lui, mais à condition que ce quelqu’un commence par respecter la loi du pays dans lequel il est invité et à condition qu’il ne soit pas rentré en fraude. Nul ne peut se prévaloir de sa forfaiture est un principe intangible du droit.

    Tous les stipendiés du ministère de la Vérité, dans les médias, l’éducation ou la culture, c’est-à-dire tous ceux qui nous ont imposé les lois mémorielles et le politiquement correct, sont affolés parce que cet homme dit ce qui lui semble juste et vrai et que les auditeurs qui sont aussi et surtout des citoyens adorent et se précipitent en masse à ses meetings. La langue de bois, ou novlangue, vient de recevoir un coup fatal, car aux USA, la parole libre est protégée par le premier amendement : « Le Congrès des Etats-Unis ne fera pas de loi pour limiter la liberté d’expression. » A quand ce premier amendement en France ? Mais ce qui me réjouit le plus, c’est que les ploutocrates qui ont pris le contrôle du système politique en prenant le contrôle de la banque centrale aux USA étaient persuadés que celui qui pouvait mobiliser le plus d’argent pour sa campagne serait automatiquement élu. Et comme c’était eux qui le choisissaient et qui lui fournissaient l’argent, ils étaient bien tranquilles sur leur tas d’or. Or, Trump fait une campagne qui ne lui coûte quasiment rien, tout en étant milliardaire, ce qui est à hurler de rire tandis que Jeb Bush, le candidat « officiel » a dépensé plus de 100 millions de dollars pour rien avant que de renoncer piteusement, tandis que l’autre candidat «officiel », Rubio, a lui aussi jeté l’éponge. Ne reste plus face à Trump que Ted Cruz, qui dans son genre, ne sera pas plus facile à manipuler que ne le sera Trump.

    Et donc je suis en train de connaître un bonheur intense : tous les gens que je méprise et qui nous ont amenés dans la situation où nous sommes sont en train de courir en rond en glapissant que ce qui est en train de se passer est horrible, que nous allons droit à la catastrophe, et tout ça à cause du vote d’une population ignorante, ce qui sous entend bien entendu qu’ils croient profondément que la démocratie ne marche pas et que faire voter le peuple est une erreur. C’est d’ailleurs ce qu’ils ont toujours pensé. On songe à la phrase de Montaigne, inattendu soutien de Trump : « J’aime bien les gens de mon pays qui n’en savent pas assez pour raisonner de travers ».
    Mais à la place de Trump, je porterais un gilet pare–balles, à tout hasard, tant ces gens là n‘aiment pas perdre de l’argent…
    En fait, je ne connais pas monsieur Trump, je n’ai pas la moindre idée de son programme, et je ne suis même pas sûr qu’il en ait un. Ma principale inquiétude porte sur la décoration de la Maison Blanche si par hasard il était élu, tant il est vrai que la Trump Tower à New-York est un monument impérissable à la gloire de tout ce qui est doré sur tranche. Mais on n’élit pas un président pour son goût exquis… sinon monsieur Hollande serait encore à la mairie de Tulle.
    Plus sérieusement, il semble que Trump ait mis le doigt à un endroit qui fait très mal. La classe moyenne aux USA, plutôt blanche et conservatrice socialement, a été non seulement laminée économiquement dans les vingt dernières années, mais aussi son système de valeurs a été attaqué comme jamais. Non seulement « on » les a ruinés, mais en plus « on » leur a dit sans cesse qu’ils étaient idiots de croire à des choses comme le patriotisme, la famille, l’honnêteté, la fidélité, le respect de la parole donnée ou l’égalité devant la loi (si les citoyens américains étaient égaux devant la loi, les Clinton et la moitié de Wall Street seraient en prison) et que sais- je encore….
    Et donc le citoyen de base aux USA se précipite aux réunions de monsieur Trump. Et ce qui affole le plus ses adversaires est bien sûr que la participation électorale risque de monter très, très fort, car finalement toutes ces classes « élitistes » se rejoignent sur un objectif et un seul : empêcher le peuple de s’exprimer. Il est quand même plus simple de faire élire une marionnette si seulement une petite moitié des électeurs se donne la peine d’aller voter que si tout le monde va voter. On reste entre amis, un peu comme en France entre les deux partis dits de gouvernement (on se demande bien pourquoi ils ont été affublés de ce titre tant l’un et l’autre ont été incapables de gouverner, mais cela fait sans doute partie de la novlangue, enseignée dans nos écoles depuis quarante ans). Bref, je crois que lorsqu’il s’agit de parler de l’émergence de monsieur Trump, il faut bien faire la part des choses et sérier les problèmes.
    Le but premier est de se débarrasser de ces élites corrompues, incompétentes, mortifères et vaniteuses. J’ai souvent parlé dans ces colonnes de la conversation que j’avais eu avec Thomas Hoenig, alors président de la Reserve fédérale de Kansas City, qui m’avait dit en terme clairs que la Fed avait été capturée par une ploutocratie et que la politique monétaire des Etats-Unis était menée par cette ploutocratie au bénéfice de cette ploutocratie. Et, se demandait Hoenig, la question essentielle était de savoir comment le citoyen américain allait récupérer sa démocratie.
    Eh bien, le Donald est peut être le début de la réponse. Et comme la même capture non démocratique s’est passée dans les médias, dans l’enseignement, dans la diplomatie, le but essentiel de tout citoyen devrait être d’abord de virer tous ces nuisibles. On voit mal, si telle est la mentalité du peuple américain aujourd’hui, ce que semble confirmer le bon parcours de Saunders à gauche, comment Mrs Clinton pourrait être élue tant elle représente cette classe honnie. Si monsieur Trump réussit à nous débarrasser ne serait ce qu’un petit peu de cette classe de sangsues, nous serions déjà tous gagnants.
    Tant qu’à faire, bien sûr, il vaudrait mieux qu’ils soient remplacés par des gens compétents, et je n’ai aucune information spéciale sur le fait de savoir si le Donald est compétent ou non, et à vrai dire, cela m’est égal. Ce n’est pas trop demander que de s’attendre à ce qu’il ne soit pas plus incompétent que ses prédécesseurs, tant cela paraîtrait difficile. S’il était simplement incompétent mais honnête, cela serait déjà un gros progrès.
    Dans la vie comme dans les affaires, il faut savoir sérier les problèmes. Mon fils, quand il était dans l’armée française en tant que lieutenant, avait posé une question à son capitaine, qui lui avait répondu : « Lieutenant, dans la vie, il y a deux sortes de problèmes : les problèmes de lieutenant et les problèmes de capitaine. Cela m’a l’air d’être un problème de lieutenant. Rompez ! ».
    Se débarrasser des corrompus est un problème de lieutenant qui doit être réglé avant que l’on ne trouve un capitaine compétent. Ne pas inverser les priorités me semble être déjà un bon début. Mais en tout état de cause je serai toujours reconnaissant au Donald de m’avoir fait rire comme peu de fois dans ma vie. Le spectacle de l’affolement de toutes mes crapules favorites à l’idée que leur monde de copinage et de crime allait peut-être s’écrouler est un des rares moments de bonheur intellectuel que j’ai connus depuis longtemps.
    Et de cela, il faut le remercier.
    Charles Gave

    http://francelibre.tumblr.com/

  • Journal du Jeudi 21 Avril 2016 : Immigration / L’humanisme tueur

  • La Crimée fait des émules: L’Ossétie du Sud organise un référendum pour son rattachement à la Russie

    Le président de l’Ossétie du Sud, Leonid Tibilov, a annoncé l’organisation d’un référendum pour le rattachement de son pays à la Russie prévu avant le mois d’août 2016.  Vladimir Poutine a déclaré qu’il n’avait pas l’intention de s’opposer à la volonté qui sera exprimée, tout en émettant certaines réserves.

    «Un choix historique», selon Leonid Tibilov, rendu possible par les «réalités politiques actuelles». En rejoignant «ce pays frère qu’est la Russie, [il s’agit] d’assurer pour les siècles à venir la sécurité et la prospérité de l’Ossétie du Sud et de son peuple»« Je suis certain à 100 % que le peuple dira oui ».

    Le président de Russie avait évoqué ce référendum le 14 avril dernier: « Nous ne pouvons pas nous y opposer. Rien ne nous retient, outre les intérêts du peuple sud-ossète lui-même, a déclaré le président russe. Simplement, nous ne savons pas encore ce qui reposera à la base de ce référendum, comment les questions seront formulées définitivement – en fonction de cela, nous y réfléchirons de plus près. » (Source Kremlin.ru)

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  • Ces Américains qui doutent du libéralisme

    Le traité transatlantique, cheval de Troie des USA pour soumettre l’Europe à sa loi commerciale ? Pourtant les Américains y semblent de plus en plus opposés. Finiraient-ils par réaliser que le traité sert plus les intérêts des transnationales que des pays, y compris les États-Unis ?

    3,2 millions de signatures à l'échelle européenne contre le traité de libre-échange transatlantique (Tafta ou TTIP) ne suscitent que l'indifférence à peine polie des instances bruxelloises chargées de sa négociation avec les États-Unis. L'espoir le plus concret pour les opposants à cet accord est maintenant à chercher... du côté des Américains eux-mêmes.

    À moins - hypothèse assez improbable - qu'Obama réussisse à boucler la négociation et la ratification du TPP avant son départ, le changement à la tête de l'exécutif américain risque en effet d'être fatal au traité honni, quel que soit le résultat de l'élection.

    Côté Républicain, le charismatique - populiste disent ses détracteurs - Donald Trump, s'est déclaré opposé aux traités de libre-échange conclus sous les précédentes administrations. Pour lui, l'Alena, qui ouvre les frontières commerciales entre les États-Unis, le Mexique et le Canada, le Tisa (l'accord sur le commerce des services, qui est considéré comme la « tête de pont » du grand marché transatlantique de libre-échange), le TPP, pendant Pacifique du Tafta et ce dernier, donc, ne profitent pas aux Américains.

    Hillary aussi

    Le magnat de l'immobilier craint en effet que ces différents accords n'ouvrent trop les frontières américaines aux produits à bas coût - notamment asiatiques et mexicains - et ne détruisent des emplois dans son pays. En cause notamment, les emplois industriels, particulièrement sinistrés,puisque l'industrie manufacturière américaine a perdu près de 30 % de ses salariés depuis 1994.

    Il renoue en quelque sorte avec une certaine tradition isolationniste américaine, qui se retrouve d'ailleurs dans ses projets de politique étrangère, nettement moins interventionniste. Cela irrite les grands donateurs du parti Républicain, qui se recrutent traditionnellement dans les industriels du pétrole et l'armement et explique en partie l'acharnement médiatique dont il est victime, lui que sa fortune met - en partie - à l'abri des pressions des donateurs.

    Chez les Démocrates, l'opposition au TTIP existe aussi, de manière plus surprenante encore. Car ils sont, avec leurs soutiens financiers de Wall Street, les grands promoteurs habituels des traités de libre-échange. Bill Clinton a ainsi paraphé en 1994 l'Alena avec le Mexique et le Canada, tandis qu'Obama est le promoteur des trois grands pactes en cours de négociation ou ratification : TPP, Tisa, TTIP. Mais ses successeurs potentiels sont vent debout contre ces traités. Le socialiste autoproclamé Bernie Sanders parle de ces accords comme d'un « désastre pour les travailleurs américains » qui contribuent à un « nivellement par le bas » favorable aux grandes entreprises. La favorite des Démocrates, Hillary Clinton, a affirmé de son côté que les résultats des accords de libre-échange n'étaient pas toujours « à la hauteur ».

    Après avoir tergiversé, elle a fini par se prononcer en défaveur des traités Transpacifique et Transatlantique, qu'elle juge insuffisamment protecteurs pour l'économie américaine. La représentante des néo-conservateurs, qui, en tant que Secrétaire d'État d'Obama, a contribué à ces traités, les juges maintenant négatifs à l'aune de la protection des travailleurs américains. De fait, une étude indépendante juge que le seul traité transpacifique pourrait détruire 448 000 emplois américains sur les dix prochaines années.

    Si les candidats les plus populaires aux primaires américaines se déclarent contre ces traités, c'est un peu l'épée dans les reins. L'opposition populaire aux traités de libre-échange est très vive aux États-Unis. Et souvent pour les mêmes raisons : opacité des négociations, craintes pour l'emploi et la démocratie... Les mêmes lignes de fracture séparent partisans et opposants de ces accords. Les premiers se recrutent parmi les représentants des entreprises transnationales et de la finance. Les seconds dans les syndicats, les associations de citoyens, de consommateurs et de défense de la liberté d'expression. Ainsi, le principal syndicat du pays, l’AFL-CIO a parlé du traité comme d'un « cadeau aux entreprises, qui met en danger nos emplois plutôt que de créer davantage d'opportunités pour tous ». Et quand Wikileaks lève des fonds sur le Web pour financer une récompense de 100 000 dollars à qui révélerait le contenu du TPP, puis répète l'opération pour le Tafta, il n'a aucun mal à couvrir les sommes promises par les dons des internautes.

    Mais si une part croissante des Américains a compris que le Tafta et le TPP servaient essentiellement les intérêts des compagnies transnationales, aux dépens des leurs et ont pu faire passer le message aux candidats, ces traités ne sont pas morts pour autant.

    « On est habitué », assure M. Murphy, vice-président de la Chambre de commerce américaine, lobby patronal pro-Tafta. Évoquant le candidat Obama de 2008, alors très critique sur le libre-échange, il sourit : « Le nouvel occupant du Bureau ovale se rend souvent compte que le commerce est un outil nécessaire pour la prospérité américaine ». Enfin, de la prospérité des plus grosses sociétés américaines, ce qui n'est pas la même chose.

    Richard Dalleau monde&vie  6 avril 2016

  • UE, Euro et Otan : Un effondrement inéluctable lourd de conséquence

    Si l’on en juge par l’état des discussions politiques en France – mais aussi à Bruxelles – nombreux sont ceux qui raisonnent selon des schémas devenus largement obsolètes.

    Le débat sur le souverainisme est à la fois “pertinent” et “dépassé”. Pertinent en ce sens qu’il intègre une réalité qui est déjà là : les états de l’UE n’agissent plus de manière collective. “Dépassé”, pour cette même raison.

    Pourquoi “débattre” de l’opportunité d’une “sortie de l’Union Européenne” ou de la zone euro quand les deux ont largement franchi le stade de l’implosion ?

    Bien sûr, il restera une structure nommée “Union Européenne” comme il existe une ONU ou une Ligue Arabe. Elle servira essentiellement à coordonner des coopérations très générales et à garantir des traités d’ordre économique. Rien de plus.

    L’UE et l’Eurozone ont été virtuellement détruites en Grèce où la crise de la monnaie unique et celle des migrants se sont conjuguées. Lorsque la chancelière allemande, Angela Merkel, a annoncé que son pays accueillerait les millions de musulmans candidats à la colonisation du continent, elle a détruit instantanément la zone de libre-échange et la monnaie lui étant liée.

    Avec l’effondrement de la zone euro, l’énorme industrie allemande – qui exporte près de 50% du PIB national chaque année – va se retrouver en état de surcapacité colossale, faute de débouchés continentaux. Il faut comprendre ici qu’une chute de 25% de ses commandes se traduit par un déficit instantané de 12,5% de son PIB. Compte tenu des contraintes budgétaires allemandes, notamment conditionnées pour garantir un système de pensions de retraite plus que précaire, le sort de l’Allemagne est scellé.

    Rajoutons que l’Europe de l’Ouest n’est plus au centre du jeu mondial mais précisément en train devenir une périphérie sans grande importance. Le PIB européen compte pour 19% de celui de la planète (Parité par Pouvoir d’Achat) actuellement. Une étude de Citigroup estime qu’il pourrait atteindre 11% en 2030 et de 7% en 2050 (source).  L’Asie totaliserait 49% du PIB mondial, avec 25% pour la Chine et 15% pour l’Inde. Les USA lutteront pour se maintenir autour de 15% du PIB de la planète.

    Effondrement de l’état-providence français

    J’entends déjà certains “souverainistes français” se réjouir. Ce serait oublier que le premier partenaire commercial de la France est l’Allemagne, à 67 milliards d’euros. Inversement, la France est le troisième marché pour l’Allemagne, à 103 milliards d’euros (source).

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  • Pour l’entourage du président Bouteflika, la situation est devenue intenable.

    Suite au scandale et à l'incident presque diplomatique provoqué par Manuel Valls qui a diffusé une photo du président algérien Bouteflika visiblement très malade, Bernard Lugan communique sur son blog :

    "La visite que le Premier ministre français, M. Manuel Valls, vient d’effectuer à Alger, fut l’occasion de constater ce que les lecteurs de l’Afrique Réelle n’ignoraient pas, à savoir que l’Algérie est « dirigée » par un président moribond. Depuis son accident vasculaire cérébral survenu le 27 avril 2013, Abdelaziz Bouteflika, paralysé, sourd et quasiment muet, n’apparaît plus en public que très rarement, et sur un fauteuil roulant. Ses trois frères, sa sœur -tous quatre conseillers à la présidence-, et leurs affidés, savent qu’ils vont vivre des moments difficiles dans les heures qui suivront son trépas. Il ne doit donc pas mourir tant que les clans qui, dans l’ombre, dirigent l’Algérie, ne seront pas parvenus à un accord permettant une succession contrôlée.

    Acculée, l’équipe au pouvoir a épuré l’armée au profit du général Ahmed Gaïd Salah, chef d'Etat-major et vice-ministre de la Défense. Est-ce pour autant un gage de survie ?

    Il est permis d'en douter car, lesquels parmi les généraux, notamment chez les nouvellement promus, voudront en effet apparaître liés aux profiteurs du régime quand la rue grondera dans un dramatique contexte économique et social aggravé par l'effondrement du prix des hydrocarbures ? L'Odjak des janissaires pourrait alors être tenté de se refaire une "vertu" à bon compte en donnant au peuple la tête de Saïd Bouteflika et celles de ses proches, avant de placer l'un des siens aux commandes.

    En Algérie, l’agonie présidentielle avec les mensonges et les tractations qui l’entourent, est ressentie comme une humiliation nationale. De plus en plus nombreux sont donc ceux qui demandent l’application de l’article 88 de la Constitution qui permet de constater la vacance du pouvoir. Pour l’entourage du président Bouteflika, la situation est donc devenue intenable.

    Quant à la France, sorte de vaisseau ivre tanguant entre repentance et ethno-masochisme, son président a soutenu l’aberrant quatrième mandat d’un Bouteflika grabataire, espérant ainsi acheter la paix sociale dans les banlieues. Cette mise en dhimmitude mentale ne l’empêchera cependant pas de subir directement les conséquences des évènements majeurs qui risquent de se produire bientôt en Algérie. Peut-être même à court terme."

    Philippe Carhon

  • LA GALAXIE FINANCIERE.

    Depuis quelques jours, les médias nous présentent un scandale concernant les « Paradis Fiscaux » comme si durant des décennies la fraude fiscale n’était qu’une maladie bénigne. Or certains spécialistes avaient déjà mis à jour les turpitudes des Etats et de conseillers fiscaux notamment Edouard CHAMBOST (1942-2009) dans ses recueils l’Affaire Panamag en 1978 et dans son Guide Mondial des secrets bancaires en 1981 et aussi Nicholas SHAXSON avec son livre sur les « Paradis Fiscaux » en 2012.

    Le 4 avril 2013, l’ICIJ avait déjà fait paraître une enquête sur 2,5 millions de documents (soit 100 fois supérieurs à ceux de Wikileaks en 2010) ce que l’on a appelé Offshore Leaks.

    Le 5 novembre 2014, apparaît le Luxembourg Leaks qui dévoile plus de 28.000 pages concernant des milliers d’accords fiscaux avantageux conclus entre le Luxembourg et des milliers de clients internationaux.

    En février 2015 enfin, le Swiss Leaks occupe les médias en mettant à jour des fraudes et le blanchiment d’argent noir imputés à la banque suisse HSBC pour un montant de plus de 180 milliards d’euros concernat plus de 100.000 clients et 20.000 sociétés vers 188 pays différents.

    Rien de neuf sous le soleil donc, et l’on peut se poser la question de savoir pourquoi les gouvernements persistent à tolérer une telle évasion fiscale, alors même que les instruments de contrôle existent !

    C’est pourquoi l’étude ci-dessous permet d’en comprendre les mécanismes :

    A l’heure de la crise financière et économique, les autorités fustigent à tort ou à raison certains participants aux marchés financiers non pas tant pour leur rôle que pour le risque qu’ils font peser sur le système financier mondial. Or il existe un certain nombre de sociétés financières particulièrement puissantes par le rôle qu’elles jouent dans le bon fonctionnement des mécanismes des marchés financiers. Ces institutions occupent une place privilégiée car sans elles, le système ne pourrait plus fonctionner : ce sont les infrastructures de marché.

    Clearstream

    Diagramme

    Une infrastructure de marché financier est un système multilatéral utilisé par les institutions financières incluant l’opérateur du système et utilisé à des fins d’enregistrement, de règlements des paiements, des titres, des produits dérivés et autres transactions financières. Ces infrastructures de marché peuvent être regroupées en 4 catégories :

    • Les systèmes de paiement d’importance systémique (SIPS):CLS, Target2, et les prestataires : Equens, Mastercard, SWIFT…
    • Les dépositaires centraux de titres (CSD): Euroclear, Clearstream …
    • Les chambres de compensation (CCP) : Eurex ; LCH Clearnet, CME pour les opérations standardisées sur les marchés boursiers, STET. (pour les paiements électroniques.)
    • Les référentiels centraux (TR) et fournisseurs de données financières: DTCC, Regis TR, Bloomberg, Reuters, Trioptima, Markit….

    Chacune de ces catégories est dépendante des autres et forment une pieuvre aux multiples tentacules. Quelle pourrait en être la tête ? Imaginons la disparition de l’une d’entre elle du jour au lendemain…Si une des plus importantes chambres de compensation comme EUREX cessait de fonctionner (sans pour autant faire défaut), cela détruirait il le système ? Non, il serait ralenti entraînant certainement quelques faillites, et des dommages financiers collatéraux certains, mais un effondrement du système financier pourrait être évité.

    La rupture nette et irréversible du fonctionnement des marchés doit venir d’un acteur incontournable, indispensable, sans réelle concurrence, ou un duopole. Seule une poignée de sociétés est concernée : il va sans dire que SWIFT en particulier, mais pas seulement, correspond à l’entité systémique mondiale typique. En effet, son métier se concentre autour des services de messageries standardisées de transferts interbancaires. SWIFT est LEfournisseur mondial de services de messages financiers sécurisés (« The global provider of secure financial messaging services » tel que décrit sur son site internet).

    Opérant sur toute la surface de la Planète et offrant ses services auprès de 11.000 institutions, SWIFT assure plus de 10 millions de messages journaliers portant sur des milliers de milliards !

    Son siège opérationnel se trouve dans la banlieue de Bruxelles sur la commune de La Hulpe.

    SWIFT a été utilisé à des fins politiques par le Parlement Européen en 2014 pour envisager de déconnecter la Russie du réseau SWIFT tandis que les autorités américaines ont piraté des données provenant de la société SWIFT. Cela montre l’importance à la fois des informations détenues par la société et son rôle dans le fonctionnement des transactions financières. SWIFT opère la quasi-totalité des transferts bancaires à travers le monde, notamment en tant que gestionnaire des codes IBAN. Pratiquement tous les mouvements interbancaires sont donc traçables. Il est donc d’une facilité déconcertante de retrouver n’importe quel mouvement financier grâce aux informations détenues par SWIFT.

    Le secret bancaire n’existe pas pour SWIFT : elle sait tout !

    Une autre société ayant elle aussi son siège en Belgique (coincidence ?) et occupant une place stratégique au cœur de la finance mondiale : Euroclear, l’un des deux dépositaires centraux mondiaux de titres (avec Clearstream* basé lui, au Luxembourg). Son activité ? Euroclear est le plus grand système de règlement/livraison de titres au monde, pour les opérations domestiques et internationales sur obligations et actions.

    Le montant annuel des transactions dénouées par Euroclear avoisine les 500.000 milliards de dollars. Plus de 15.000 milliards de dollars de titres sont conservés chez Euroclear pour le compte de ses clients. Travaillant main dans la main avec SWIFT (qui assure la communication des messages financiers d’Euroclear avec ses clients), Euroclear s’assure que ses clients, qui opèrent des transactions entre eux, disposent des titres et des liquidités suffisantes pour les effectuer. Chaque client dispose de comptes cash/titres ouverts chez Euroclear. Cette dernière est donc en mesure de confirmer et d’effectuer les transferts, entre ses clients, d’un compte à un autre en toute sécurité. Si pour quelle que raison que ce soit, Euroclear n’est plus en mesure d’assurer ce service (et bien d’autres connexes) le système mondial de transactions sur titres (actions, obligations, fonds…) ne pourrait plus fonctionner, il serait gelé instantanément.

    Les chambres de compensation sont des organisations financières opérant sur des marchés financiers réglementés et se portant contreparties pour chaque transaction (avec une échéance) effectuée par ses membres adhérents pour leur propre compte ou ceux de leurs clients. La chambre de compensation est donc acheteuse pour chaque opération de vente et vendeuse pour chaque opération acheteuse : son risque global de marché est donc nul. Cependant, afin d’éviter de se retrouver avec une transaction dont la contrepartie ne serait plus en mesure d’honorer son (ses) contrat (s) (la ou les transaction(s)), la chambre de compensation met en place deux mécanismes destinés à s’assurer que les opérateurs ne seront pas défaillants au moment du débouclement :

    Dès le lancement de la transaction, elle impose un déposit, aussi appelé marge initiale, qui correspond, en général, à la variation maximale tolérée en une journée sur le marché. Ce déposit sert à garantir le risque résiduel supporté par la chambre de compensation en cas de suspens (opération non dénouée).

    Quotidiennement, pendant toute la durée de l’opération, elle surveille les différences entre le prix auquel le produit a été acheté ou vendu. En cas de perte potentielle (« latente »), elle procède à un appel de marge, c’est-à-dire qu’elle demande à l’adhérent qui suit cette position perdante de verser une marge additionnelle. La somme des marges appelées auprès des adhérents est, par construction, égale à la somme des marges restituées à d’autres adhérents (wikipédia).

    Ces mécanismes financiers font intervenir en particulier SWIFT et au moins un ICSD, plusieurs CSD, et de nombreux autres prestataires de services financiers. Si l’un de ces 2 premiers intervenants vient à ne plus remplir son rôle, une partie importante (et c’est un euphémisme) des transactions opérées au travers des chambres de compensation ne pourront plus s’effectuer…maux de tête garantie pour nos autorités et instances diverses !

    Il est bon de savoir que les organisations ci-dessus n’ont pas de lien direct avec le citoyen et que si un « accroc » se produit, ce ne sont que des dommages collatéraux que le consommateur supportera : cartes de crédit indisponibles, transferts bancaires impossible, paiements électroniques bloqués. L’économie sera ralentie et les pertes commerciales importantes, comme cela c’est déjà produit durant quelques heures dans le passé, à cause d’interférences ou erreurs du système informatique.

    Mais dans l’hypothèse d’un clash imprévu et destructif, que feraient les autorités ? Il est probable que les financiers et les banquiers refuseront ou limiteront l’accès aux comptes bancaires et aux retraits de monnaie, ce qui aggraverait la situation et paralyserait l’économie nationale, européenne, voire mondiale.

    Autant savoir !

    Pieter KERSTENS.

    Article paru dans le numéro 42 de la revue « Synthèse National ».

    *A propos de Clearstream lire les ouvrages du journaliste Denis Robert « Révélations » et

    « La boîte noire », parus aux Editions Arènes

    http://www.altermedia.info/france-belgique/uncategorized/la-galaxie-financiere_158007.html#more-158007

  • Pourquoi les USA ont raison de ne pas “s’excuser” pour Hiroshima et Nagasaki

    Cet article fera le lien avec celui que j’ai écrit au sujet de l’État Islamique (lire ici) intitulé “Contre le pacifisme et pour l’usage de l’arme nucléaire contre l’État Islamique”. Je veux parler ici de la récente visite du Secrétaire d’Etat américain John Kerry à Hiroshima, au Japon.

    La presse occidentale a sans surprise trouvé utile de poser la question des “excuses” des USA suite au bombardement de la ville par le B29 Enola Gay le 6 août 1945. Ainsi, le journal Le Figaro relate (source) :

    Si vous me demandez si le secrétaire d’État est venu à Hiroshima pour présenter des excuses, la réponse est non“, a répondu ce haut responsable du département d’Etat, interrogé par quelques journalistes pour savoir si John Kerry allait exprimer des regrets. En revanche, “si vous demandez si le secrétaire d’Etat et, je crois, tous les Américains et les Japonais sont remplis de tristesse pour les tragédies qu’ont vécu tant de nos concitoyens, la réponse est oui”, a ajouté le diplomate.

    Les choses vont plus loin en réalité. Comme le révélait un document diplomatique en date du 3 septembre 2009 publié par Wikileaks, l’administration Obama avait songé à un déplacement du président US à Hiroshima pour formellement “s’excuser” du bombardement.

    La réaction japonaise ne s’était pas faite attendre. Le Vice-ministre des Affaires Etrangères, Mitoji Yabunaka, avait indiqué à l’ambassadeur américain John Ross que “l’idée d’une visite du Président Obama à Hiroshima pour s’excuser du bombardement nucléaire pendant la Deuxième Guerre Mondiale est “intenable”.”

    Le motif invoqué pour ce rejet ferme de la proposition américaine était de bon sens : elle affaiblirait l’alliance nippo-américaine.

    Théologie pacifiste inopérante

    Comme toujours, tout mouvement dans un sens suscite un contre-mouvement dans l’autre sens. Délégitimer le bombardement américain sur le Japon signifierait, de facto, que les USA estiment qu’ils ne peuvent utiliser, en aucun cas, d’armes nucléaires contre un pays avec lequel il est en guerre. Il s’agirait là d’une absurdité stratégique aux conséquences catastrophiques. Aucune armée ne peut a priori s’interdire d’être plus puissante que ses ennemis et adopter comme doctrine une limitation volontaire de l’usage de sa propre force de dissuasion. Il s’agit d’une contradiction dans les termes.

    Comme trop souvent hélas, les Européens de l’Ouest ignorent la réalité et se perdent dans une querelle théologique et morale absurde. Ils demeurent les prisonniers du traumatisme des deux guerres mondiales et de la décolonisation.

    Pour les Japonais en revanche, toute action qui comme en Allemagne renforcerait le pacifisme domestique et entraverait la puissance américaine, reviendrait à renforcer mécaniquement l’impérialisme chinois. Le message envoyé aux alliés des USA, notamment en Asie de l’Est, serait celui d’une Amérique en proie au doute, hantée par la tentation du repli isolationniste. Les chancelleries asiatiques commenceraient à s’interroger sur la crédibilité américaine.

    Les Japonais ni les Coréens du Sud ne sont enthousiastes à l’idée que les USA puissent devenir des “Européens” de l’Ouest, rétifs à toute politique de puissance et allergiques aux responsabilités qu’elle impose, guerre en tête.

    Les Japonais, à la différence des Allemands, sont restés ancrés dans la réalité et n’ont pas sombré dans le mythe du pacifisme masochiste, anhistorique par définition. Le peuple Japonais a un esprit fondamentalement pratique et il  ne s’embarrasse pas d’optimisme philosophique ni de constructions idéologiques ou morales savantes.

    Si le pacifisme a été dans une certaine mesure accepté par la société japonaise – sur exigence des USA – c’est en échange d’une solide protection américaine. Les Japonais étant d’esprit pratique, les demandes croissantes d’engagement militaire conjoint de la part des États-Unis trouveront, à terme, une réponse positive et univoque.

    Révision géopolitique

    En Europe de l’Ouest, France en tête, 71 ans de paix et de protection américaine ont rendu les esprits impuissants et bavards. Au surplus, peu nombreux sont ceux qui prennent la mesure des bouleversements géopolitiques en cours.

    L’émergence de la Chine et ses projets de conquête de l’Asie – pour commencer – ne peuvent en aucun cas constituer une bonne nouvelle pour le bloc occidental. Le mythe d’une “alliance sino-russe” ne résistera pas longtemps à la puissante haine que nourrissent les Chinois à l’égard des Russes, de même que l’alliance sino-soviétique se termina jadis par une confrontation militaire en 1969 (voir ici).

    La Chine ambitionne de prendre le contrôle de l’Asie Centrale par laquelle elle veut acheminer sa production vers l’Europe et le Moyen-Orient. Un projet qui heurte frontalement l’Union Eurasiatique mise en place par la Russie et qui, en réalité, est un échec d’autant plus retentissant que l’Ukraine n’est plus dans la sphère d’influence russe. Au surplus, l’économie russe ne reposant que sur l’exportation de matières premières et d’armement, elle ne peut constituer d’alternative économique durable.

    La Chine poursuit donc sa colonisation économique de l’Asie Centrale, la fameuse “nouvelle Route de la Soie”.

    Les revendications territoriales chinoises, qui concernent plus d’une vingtaine de pays voisins, visent tout aussi explicitement la Russie :

    chi-ru6

    Même la France n’est pas épargnée puisque Pékin entend procéder à l’expulsion de celle-ci de la Polynésie comme de la Nouvelle-Calédonie (lire ici). La Chine a d’ores et déjà entrepris de repousser les Américains jusqu’à la côte californienne, étudiant des scénarios d’autodétermination de Haiwaï.

    Dans ce contexte, il devient une nouvelle fois évident que le pacifisme ambiant en Europe de l’Ouest est une plaie tout aussi désastreuse que le bellicisme d’avant 1914. Ce qui d’ailleurs explique largement pourquoi l’Europe de l’Ouest ne réagit à aucune des menaces existentielles qui pèsent sur elle, à la différence de l’Europe centrale.

    La guerre n’est jamais une expérience joyeuse, mais elle demeure une réalité inhérente aux sociétés humaines. S’il n’est pas question dans ce propos de se “féliciter” du bombardement de Hiroshima ou de Nagasaki, il faut assumer l’usage de la force, y compris la plus radicale, dès lors que l’on est en charge d’assurer la sécurité de son pays et, le cas échéant, de ses alliés.

    http://borislelay.com/index.php/2016/04/12/pourquoi-les-usa-ont-raison-de-ne-pas-sexcuser-pour-hiroshima-et-nagasaki/

  • Journal du Vendredi 15 Avril 2016 : Politique / Dialogues citoyens : dialogues de sourds

  • La destruction de l’Occident : le projet constant de l’impérialisme musulman

    Le problème principal qu’affronte l’Europe de l’Ouest, France en tête, est l’illusion de la fin de l’histoire.  Parce que nos sociétés sont en paix relative depuis sept décennies, nombre de gens pensent que rien ne peut les déstabiliser en profondeur. Elles le croient d’autant plus qu’elles y voient la réalisation de la promesse “eschatologique” du progressisme : le paradis égalitaire terrestre.

    Nous oublions que l’Europe n’est en paix que parce qu’un acteur extérieur, l’armée américaine, joue le rôle d’arbitre et de fédérateur. C’est à l’ombre de la “Pax Americana” que l’Allemagne a pu se dispenser d’investir dans son armée, focalisant ses efforts sur son économie exportatrice. Les états membres de l’Otan ne respectent pas davantage leurs obligations budgétaires, généralement par sentiment de sécurité, indifférence ou difficultés économiques internes.

    Irresponsabilité et aveuglement des Européens

    Au demeurant, les élites d’Europe occidentale, largement acquises aux mythes du progressisme, croient en une humanité unique aspirant à un modèle moral et philosophique universel, d’inspiration européenne. Ces élites – notamment bruxellois mais pas seulement – ont troqué leurs armées coloniales pour des bataillons d’ONG arrogantes en charge de “l’évangélisation démocratique” de la planète, Afrique, Russie et Orient en tête.

    Elles ignorent que tout ordre repose sur l’autorité (spirituel, idéologique) et le pouvoir (étatique, militaire). L’UE et les états qui la composent se limitent à la première, déléguant le second aux États-Unis, se payant hypocritement le luxe de donner des leçons de morale pacifistes à ces derniers.

    L’Europe Occidentale est sortie de l’histoire mais pas la planète. Les “citoyens du monde” de la gauche occidentale vont rapidement découvrir que des civilisations résurgentes ont une soif de puissance immodérée et une haine inextinguible pour les Européens.

    Les peuples extra-européens ne conçoivent pas le monde de la même façon et demeurent inaccessibles au verbiage droit-de-l’hommiste.

    L’ennemi nous désigne

    Les sociétés occidentales ne prennent aucune mesure défensive parce qu’elles nient l’existence même de l’ennemi quand bien même ce dernier explique, chaque jour, qu’il entend détruire le monde occidental.

    L’Iran comme la Turquie islamistes ne font pas mystère de leurs projets, pour qui se donne la peine de les écouter, de les étudier et de les prendre au sérieux.

    Cet aveuglement occidental se traduit notamment par la dénonciation “des amalgames” chère à la propagande gouvernementale. Une dénonciation qui bénéficie d’ailleurs d’un soutien réel auprès de parts non négligeables de nos populations. Cette absurdité repose sur l’idée infantile qu’il suffise d’être avenant avec un ennemi pour qu’il change de comportement. C’est évidemment la réaction inverse qui découle d’une telle attitude.

    Et c’est encore plus vrai quand on parle du Moyen-Orient où tout compromis est interprété comme un signe de faiblesse. La mentalité européenne qui repose sur l’idée d’une justice égalitaire n’existe pas en Orient où les rapports sont fondés sur la domination par la force.

    Perceptions occidentales inopérantes culturellement

    Cela est aussi du à une perception double des sociétés non-blanches par les élites européennes progressistes. Ces sociétés sont perçues comme fondamentalement “bonnes” car “faibles et pauvres” – inconscient tiers-mondiste oblige – et incapables du moindre dessein réellement hostile contre nous puisqu’il ne peut s’agir que de mesures “d’autodéfense”, dites “anti-colonialistes” ou “anti-impérialistes”, etc.

    Au surplus, ces élites sont toujours hantées par un sentiment de supériorité morale – au nom de “l’évangélisme démocratique” – qui les convainc d’être historiquement missionnées pour guider les peuples les plus éloignés de la modernité sur le chemin du développement.

    Les cultures périphériques nourrissent certes un fort complexe d’infériorité vis-à-vis de l’Europe, mais c’est ce qui les rend précisément chaque jour plus agressives. La Turquie et l’Iran, en compétition pour l’hégémonie au sein du monde musulman, sont d’accord sur un point essentiel : en dehors de l’aire islamique, la destruction de l’Occident est un impératif historique qu’ils doivent mener conjointement.

    Nos élites et nos sociétés à leur suite continuent de raisonner comme si l’Europe dominait politiquement le monde. Nous disposons certes d’atouts considérables, mais faute de prendre conscience du danger, nous laissons l’ennemi réaliser des progrès considérables à nos dépends. A commencer par laisser l’envahisseur afro-musulman coloniser l’Ouest du continent. Un processus qui aboutira inéluctablement à une guerre d’extermination.

    Le retour de l’impérialisme ottoman

    La guerre avec le monde musulman n’a jamais cessé depuis que la secte diabolique de Mahomet a étendu ses ailes sur le monde. Depuis le 8ème siècle en Espagne, nous avons toujours été en guerre contre l’islam.

    Les divisions internes au monde musulman, entre sunnites et chiites notamment mais pas uniquement, n’empêche pas ce dernier de soutenir un effort permanent visant à détruire l’Occident. Tantôt par la subversion, à l’instar des Frères Musulmans, tantôt par la “guerre sainte” à l’image des djihadistes. Malgré leurs querelles, le consensus au sujet de la civilisation blanche occidentale est total : elle doit être détruite.

    Le président turc Recep Tayyip Erdogan incarne parfaitement cette mémoire longue qui nous fait défaut. Lors d’une allocution lourde de sens à l’Académie Militaire de Turquie le 28 mars dernier, ce dernier déclarait :

    “Nous n’avons pas le droit d’être indifférents aux géographies avec lesquelles nous avons des liens affectifs. Par exemple, nous ne pouvons pas détourner le regard des Balkans, du Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord et du Caucase. Nous ne pouvons pas négliger nos frères et sœurs d’Asie Centrale, qui est notre patrie, tout comme d’Afrique et d’Asie du Sud-Est, dont les cœurs battent avec les nôtres. Nous, ensemble, devrions être à la hauteur de cette responsabilité, que l’histoire nous confie.”

    Les Turcs se perçoivent comme les soldats de l’islam et l’islamisme turc est largement teinté de chauvinisme. Les islamistes turcs au pouvoir ne connaissent pour ainsi dire rien du monde arabe dont ils tiennent les peuples pour primitifs. La restauration de l’empire ottoman est cette “mission historique” – comprendre divine – dont parle clairement Erdogan à l’armée turque.

    Et c’est quelques jours seulement avant l’ouverture des hostilités entre l’Arménie chrétienne et l’Azerbaïdjan musulman, soutenu par Erdogan, que ce dernier a fait ces déclarations.

    Il ne fait pas de doute que l’État Islamique est plus qu’un allié de la Turquie contre les Kurdes ou l’Iran : c’est une excroissance ottomane transitoire dont les troupes mènent, pour le compte d’Ankara, les opérations les plus ingrates.

    Il semble de plus en plus probable que la création de l’État Islamique est une opération turque visant à neutraliser Al Qaeda, d’inspiration saoudienne, pour s’emparer du djihadisme international et ainsi contrôler les volontaires de l’Oumma engagés en faveur de la restauration du Califat.

    Rappelons pour les moins informés que l’existence du Califat est une obligation en islam et que le dernier Calife était un ottoman.

    Les efforts iraniens pour briller sur la scène islamique – d’autant plus intenses que son chiiisme d’état discrédite l’Iran vis-à-vis des sunnites – seraient voués à l’échec face à un Calife qui, seul, pourrait incarner la direction mondiale de l’Oumma.

    Qui la Turquie pourrait-elle souffrir comme candidat à ce titre si ce n’est, à terme, un homme qu’elle aura coopté ?

    Ils ne raisonnent pas comme nous

    L’appétit des islamistes turcs est sans limite et nous ne devons croire, sous aucun prétexte, qu’ils raisonnent dans les mêmes termes que nous, Occidentaux.

    Nous sommes en guerre et cette guerre se déroule tout à la fois à l’intérieur du monde musulman, et au dehors.

    Le pragmatisme d’Ankara, comme de Téhéran, ne doit pas nous tromper sur le radicalisme de ces deux puissances comme des masses qu’elles excitent.

    Face aux projets impérialistes des puissances islamiques, le pacifisme ne nous sera d’aucune utilité. Bien au contraire, il facilite la progression de l’ennemi et neutralise notre réaction.

    C’est cette confrontation entre mémoires et visions du monde concurrentes qui est à l’origine de la crise actuelle à l’intérieure de nos sociétés. La gauche occidentale est occupée à poursuivre la guerre civile originelle dont elle procède, parallèlement à celle qu’ont entamé les islamistes dans le monde musulman.

    Les deux se rejoignent pour continuer la guerre contre leur ennemi domestique : libéraux en Orient, “identitaires” en Occident.

    La gauche occidentale, réduite à son fanatisme masochiste, a donc paradoxalement décidé de s’allier objectivement avec les réactionnaires musulmans pour venir à bout de l’Occident qu’elle abhorre.

    http://borislelay.com/index.php/2016/04/03/la-destruction-de-loccident-le-projet-constant-de-limperialisme-musulman/