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PARIS (NOVOpress) – Gérald Pichon, auteur de “Sale Blanc ! Chronique d’une haine qui n’existe pas”, analyse pour Novopress les différents aspects négatifs du vivre-ensemble imposé qui se transforme en l’explosion de communautarismes antagonistes.
A l’inverse de l’image d’Epinal d’une « République française métisse » et à contrario du discours purement démagogique sur le nécessaire «vivre ensemble », les communautés ont ostensiblement refusé de se mélanger et se sont même séparés au cours des dernières décennies. C’est ce que démontre brillamment le géographe Christophe Guilluy dans son livre « Fractures françaises ».
Recul de la mixité et dynamique de séparation
L’analyse de l’évolution du voisinage des enfants d’origine étrangère entre 1968 et 1999 montre « que si les enfants d’immigrés originaire d’Europe du Sud ont vu la possibilité d’avoir des voisins d’origine française s’accroître, cette tendance est inverse pour les enfants d’immigrés originaires de pays extra-européens » (Maroc, Afrique subsaharienne et la Turquie). Ces derniers ont un voisinage composé en moyenne de seulement 40% de Français de souche. Autre chiffre, le voisinage des jeunes Français dont les deux parents sont nés en France est composé à plus de 80% d’enfants de la même origine alors que le taux de jeunes Français d’origine étrangère est passé en trente ans de 11,7 à 16,9%. Pour Christophe Guilluy, « ce constat illustre non seulement un recul de la mixité, mais une dynamique de séparation au sein même des milieux les plus modestes ».
Perte de confiance, isolement : bienvenue dans les villes de la diversité ethnique
Car comme l’a démontré l’étude du sociologue et politologue américain Robert Putnam, « plus la diversité ethnique et culturelle grandit, plus la confiance entre les individus s’affaiblit (…) pire, dans les communautés les plus diversifiées les individus ont moins confiance en leurs voisins » ! Pour ce chercheur proche de la gauche américaine, « la diversité ethnique conduit généralement à l’anomie et à l’isolement social ».
Le piège des statistiques ethniques : imposer les extra-européens
Le débat sur l’opportunité d’autoriser les statistiques ethniques agite depuis quelques années les ligues de vertu de l’antiracisme et l’Etat républicain. Utilisées à bon escient, elles pourraient être outil performant pour connaître efficacement l’avancée du Grand Remplacement des peuples européens par les communautés extra-européennes ou le profile des délinquants. Malheureusement, c’est à une toute autre utilisation que se destinent les statistiques ethniques, celle d’imposer les minorités visibles dans les villes et entreprises où ils sont encore en sous nombre. En 2006, le rapport « Les statistiques “ethniques” : éléments de cadrage » du Centre d’analyse stratégique montrait dans le cas des HLM que c’est une volonté d’agir positivement « en faveur des immigrés qui a été à l’origine de la construction de tableaux sur la base de critères ethniques » afin de respecter la loi sur la mixité sociale. Dans un futur proche, il est probable que les communes encore trop pâles soient invitées à accueillir plus de diversité sous peine de sanction financière dans un premier temps, ou sous la menace des armes dans un second temps.
Nicolas Sarkozy – Malek Boutih : la contrainte du Grand Mélange
Car le Grand Mélange de la société française n’est plus devenu un choix individuel mais une contrainte comme l’a déclaré publiquement l’ancien président de la République, Nicolas Sarkozy (1) (vidéo ci-dessus). Malek Boutih, président de SOS Racisme de 1999 à 2003, secrétaire national du Parti socialiste chargé des questions de société de 2003 à 2008 et membre du bureau national ne dit pas autre chose en préconisant la reconstruction, « dans un vaste plan Marshall des cités, des quartiers ethniquement mélangés. Black-blanc-beurs. Même s’il faut recourir au tri ethnique, même s’il y faut un peu de force, on n’y coupera pas… » !
A quand la création d’une police de la Diversité ?
(1) Discours de Nicolas Sarkozy sur « l’égalité réelle des chances et la promotion de la diversité » à l’École polytechnique à Palaiseau (Essonne) : « L’objectif, c’est de relever le défi du métissage. Défi du métissage que nous adresse le XXIème siècle. Ce n’est pas un choix, c’est une obligation, c’est un impératif. On ne peut pas faire autrement (…) Si ce volontarisme républicain ne fonctionnait pas, il faudra que la république passe à des méthodes plus contraignantes encore. »

La précipitation du pouvoir à faire adopter la dénaturation du mariage, avec ses conséquences criminelles sur la filiation, est l’effet de la panique d’un exécutif discrédité qui a dévissé dans l’opinion et sent se resserrer chaque jour davantage l’étau de l’impopularité.
Non seulement les Français sont désormais majoritairement hostiles à la légalisation de la parodie du « mariage » homosexuel, mais ils se rendent compte que ce pouvoir n’est obsédé par les questions dites sociétales que parce qu’il se sait plus efficace dans la destruction de la société - ainsi la prochaine ouverture à Paris de salles de shoot incitant les jeunes à se droguer - qu’à la résolution des graves problèmes de l’heure. Le coup de force du vendredi 12 avril - vote bâclé au Sénat, décision d’avancer au 17 avril la seconde lecture du texte à l’Assemblée, initialement prévue à compter du 27 mai, recours au temps législatif programmé - révèle au grand jour la profonde coupure du pouvoir avec le pays réel.
Certes, le Conseil constitutionnel aura le dernier mot. Le fait que celui-ci, au nom de l’égalité de tous les citoyens devant le prix de l’énergie, ait retoqué la loi « Brottes », visant à pénaliser les plus gros consommateurs d’énergie en vertu d’une conception punitive de l’écologie, doit-il nous faire espérer, qu’au nom de l’égalité des enfants devant la filiation - sujet autrement plus grave que l’égalité des citoyens devant les factures de gaz - les « sages » retoquent demain une loi qui est, de plus, en contradiction avec nos engagements internationaux sur la protection de l’enfance ? Rien n’est moins sûr : le Conseil constitutionnel a, depuis l’avortement, avalisé toutes les prétendues avancées sociétales. De plus, soumis comme il l’est à l’Europe - or l’Europe est favorable tant à la dénaturation du mariage qu’à la marchandisation du corps humain et à la reconnaissance du droit à l’enfant, c’est-à-dire à l’instauration d’un néoesclavagisme -, l’abdication du Conseil constitutionnel devant la dénaturation du mariage est plus que probable. Nous aimerions nous tromper.
Le député UMP Philippe Gosselin, défenseur déterminé de la famille, déclarait avec gravité devant le Sénat ce même vendredi 12 avril : « En accélérant la procédure législative pour échapper à la manifestation prévue par les opposants au “mariage pour tous” le 26 mai prochain, le chef de l’Etat et sa majorité sont prêts au pire : c’est une incitation à la guerre civile ». La panique étant mauvaise conseillère, l’exécutif ne fait que cristalliser la légitime colère de nos concitoyens à l’encontre de son imposture et de son incompétence. Mais surtout, en incitant effectivement, par sa surdité et ses provocations, à la guerre civile, après avoir divisé les Français sur des questions de société essentielles et ce, au moment où le pays vit des heures incertaines tant sur le front économique et social que sur celui de son identité et de sa sécurité (immigration), le président de la république a manqué gravement au devoirs de sa charge. Devenir un ferment de division quand on est constitutionnellement chargé de garantir l’unité du pays et d’assurer sa cohésion, est pour un chef d’Etat une faute rédhibitoire qui lui fait perdre sa légitimité. Hollande doit partir.
D’autant que l’exécutif aggrave son cas en jouant la radicalisation. Depuis le début de cette affaire, par son mépris (le refus de l’Elysée, des ministres et des assemblées de recevoir les défenseurs de la famille), par le recours à la diffamation (l’accusation constante d’homophobie visant à criminaliser, comme dans tous les pays totalitaires, le simple fait d’être un opposant), par l’orchestration de violences (action des Femen, gazage d’enfants et de mères de familles, arrestations et gardes à vue arbitraires ) dans le seul but d’intimider les manifestants, voire de les accuser, avec la complicité des media officiels, d’être les auteurs de ce dont ils sont les victimes, le pays légal a prouvé combien il s’asseyait sur ces fameux principes « républicains » qu’il invoque à tout bout de champ pour mieux les violer. Valls et Taubira, ces deux ministres médiatiquement ennemis, montrent également qu’ils sont les meilleurs complices du monde quand il s’agit de présenter le visage de la répression haineuse à l’encontre de pères, de mères et d’enfants, dont le seul crime est de n’être ni des voleurs, ni des drogués, ni des clandestins, mais des défenseurs de la famille aussi déterminés que paisibles et respectueux des personnes et des biens.
Oui, le pouvoir joue la radicalisation. Si Harlem Désir, actuel premier secrétaire du parti socialiste et accessoirement professeur de morale à l’égard de Cahuzac - un comble pour ce condamné pour emplois fictifs ! - avait été le seul, le samedi 13 avril, à accuser la droite parlementaire, qui navigue à vue dans cette affaire, de jouer sur les extrêmes, sa « petite phrase » serait une simple péripétie politicienne parmi d’autres. Mais quand la même accusation est portée le même jour par le premier ministre, on peut se demander si l’exécutif n’a pas l’intention de franchir la ligne rouge qui sépare, dans un Etat de droit, l’exercice constitutionnel de l’autorité du harcèlement de l’opposition dans toutes ses composantes. En cherchant à criminaliser jusqu’à une UMP ultra-légaliste qui, par la voix du médiocre Fillon, a pourtant déjà annoncé qu’elle n’abrogerait pas le mariage homo à son retour aux affaires, la gauche au pouvoir est manifestement tentée de franchir une étape supplémentaire dans le pourrissement de la vie politique française, en inventant, par exemple, de fausses violences - ainsi les diffamations à l’encontre des militants du Printemps français en vue de les hooliganiser. Combattre une fantomatique « dérive fascisante » pour justifier d’avance de futurs abus de pouvoir est-elle devenue aux yeux de la gauche la seule issue possible à son échec prévisible sur tous les plans ? Telle avait été la politique criminelle de la gauche espagnole après le départ d’Alphonse XIII.
Alors que toutes les enquêtes d’opinion révèlent le discrédit généralisé de la classe politique auprès des Français, on doit s’interroger sur la surdité volontaire du pouvoir dans les questions sociétales, comme, aussi, dans les questions économiques et sociales, face à l’angoisse ou à la souffrance de ceux qui vont perdre leur emploi ou l’ont déjà perdu. Alors même que s’annonce une énième hausse des prélèvements obligatoires et que la croissance est en berne, la gauche française serait-elle tentée pour conserver le pouvoir de commettre dans cette Ve république déliquescente les mêmes dérapages que la gauche espagnole avait commis dans les années 30 pour imposer son despotisme à la république naissante ?
La situation actuelle, sur tous les plans, est sans issue, et cela la gauche et la droite parlementaire le savent. Entendons-nous bien : sans issue à partir du moment où on refuse de changer les règles du jeu. Or, de ce point de vue, l’UMP et le PS sont sur la même longueur d’onde : soumission aux diktats berlinois ! C’est pourquoi l’affaire Cahuzac et la moralisation de la vie politique ne servent que de diversion. Dans le même temps, Hollande veut en finir avec la loi Toubon et imposer l’usage de la langue anglaise dans l’université française (projet de loi Fioraso) ou brader 230 000 kilomètres carrés de notre espace maritime dans l’Océan indien (îlot de Tromelin).
Brader la nation, c’est la seule chose que Marianne sache faire. Une course de vitesse est engagée entre la république et la France : choisir entre les deux devient chaque jour plus urgent.
François Marcilhac - L’ ACTION FRANÇAISE n° 2861
Aujourd'hui à Nantes opération "éclairons les consciences" : départ de la place Viarme à 20h30 vers la préfecture, puis enterrement de la Marianne.
Valls, notamment à Paris et à Versailles, utilise les méthodes crapuleuses de la Pologne soviétique finissante. Notre Jaruzelski anti-national doit savoir qu’il devra rendre des comptes au peuple français s’il continue ses abus de pouvoir et ses dérapages de basse police.
Mercredi 17 avril au soir, Place des Invalides
Des Ripoux en civils de Valls-Jaruzelski
Voir le Salon Beige
La multiplication des « affaires » impliquant des personnalités politiques conforte une hypothèse « sociologique » : c’est tout un système qui explique les délits à répétition.
Les fautes individuelles doivent être sanctionnées. Mais toutes ne sont pas connues, et il y en aura bien d’autres si on ne casse pas le système de la collusion et des connivences entre certains responsables politiques et le monde des affaires, un monde qui porte les « affaires » comme la nuée porte l’orage.
Retenir cette hypothèse « systémique » n’excuse en rien les comportements de cupidité. Mais la « production sociale » de la cupidité et de la fraude est la première des questions à se poser. IL EXISTE DES CONTEXTES SOCIAUX ET INSTITUTIONNELS FAVORABLES OU DÉFAVORABLES A DE TELS AGISSEMENTS.Je complète ici à ma façon une bonne tribune de quatre membres de la Fondation Copernic publiée dans Le Monde du 5 avril (voir ce lien).
J’avais intitulé « Les liaisons dangereuses » un billet publié en septembre 2009. Il portait sur les relations incestueuses entre certains économistes médiatiques (mais aussi fréquemment conseillers des princes) et les milieux d’affaires. J’y écrivais : « De telles positions sociales dans les réseaux du pouvoir économique et financier sont-elles susceptibles d’influer sur les représentations et les analyses des économistes qui les occupent ? … Si vous avez des gens qui passent leur temps, contre rémunérations substantielles, dans les conseils d’administration, de surveillance ou scientifiques des banques et des grandes entreprises, comment les valeurs embarquées dans leurs analyses pourraient-elles ne pas être affectées ? »
C’est une approche semblable que je propose pour les liaisons dangereuses entre les politiques et le monde des affaires. J’ai parlé de contextes SOCIAUX ET INSTITUTIONNELS. Ces deux dimensions comptent, mais je laisserai de côté dans ce billet la seconde, à savoir les règles, lois et textes qui régissent les conditions d’accès aux fonctions électives, les conflits d’intérêt, leur appréciation et leur sanction, la transparence légalement exigée, le cumul des mandats ou des fonctions, le lobbying, le pantouflage, etc. Ce champ fondamental est celui que privilégie à juste titre l’excellente ONG Transparency International.
Je me concentrerai pour ma part sur les conditions liées au « milieu social », aux réseaux sociaux, et en particulier sur les liens personnels entre les politiques et les dirigeants ou hauts cadres du secteur privé, de la finance et des grandes entreprises. On peut penser en effet que la probabilité d’apparition de comportements de cupidité pouvant aller jusqu’à la fraude est beaucoup plus forte parmi ceux dont le principe de lucrativité financière est le fil directeur de leurs activités quotidiennes, et dont la plupart prônent le « moins d’État ». On peut aussi penser que le fait que des responsables politiques baignent dans ce milieu des affaires, ou y trouvent nombre de leurs liens forts et parfois de leurs soutiens politiques ou financiers, influe puissamment sur leur éthique. C’est vrai pour eux comme pour les « chiens de garde » de l’économie ou des médias.
Il s’agit en quelque sorte d’en appeler à une sociologie – qui existe – de l’insertion sociale d’une fraction, certainement minoritaire mais très active, des politiques dans les réseaux du pouvoir économique et financier. Comme je ne suis pas sociologue, je devrais m’arrêter là. Mais je peux quand même, sur un modeste blog, prendre quelques risques en m’inspirant de vrais sociologues, comme les Pinçon-Charlot et quelques autres, voire en allant à la pêche de quelques informations sur des cas « exemplaires ».
Les cas les plus évidents sont ceux de parlementaires exerçant, en même temps que leur mandat, des fonctions d’avocats d’affaires. Quand on se fait payer pour conseiller le monde des affaires, ou pour lui fournir un carnet d’adresses, tout en légiférant par exemple sur l’ANI ou sur le pacte de compétitivité, il ne doit pas être évident de discerner la ligne qui sépare l’intérêt général des intérêts privés qui vous rémunèrent et qui en attendent quelques retours sur investissement. C’est François Mitterrand, lui-même avocat, qui, lorsque Edith Cresson était Premier Ministre, avait fait ajouter un article d’un décret organisant la profession d’avocat pour dispenser de formation et de certificat d’aptitude à la profession d’avocat les fonctionnaires ou anciens fonctionnaires de catégorie A ou assimilés ayant exercé des activités juridiques pendant huit ans au moins dans un cadre public. Une disposition taillée sur mesure pour des parlementaires et élus au long cours, dont ont profité des élus de droite (Copé, Dati, Baroin, Villepin) comme de gauche, dont DSK et Ségolène Royal (source : le livre des Pinçon-Charlot, « Le président des riches », p. 87). J’ai ajouté le 14 avril des commentaires précisant ce qui précède car il y avait une erreur dans le livre des Pinçon-Charlot à propos de Montebourg, et parce que depuis ce livre un décret de 2012 a encore facilité les choses pour les parlementaires.
Si importantes et scandaleuses à mes yeux que soient ces situations, la question des liaisons dangereuses va bien au-delà. Elle concerne la façon dont les convictions politiques et les comportements de lucrativité des élus sont, ou peuvent être, influencés en réseau. Vaste sujet dont je ne traiterai qu’un petit bout dans ce billet et dans le suivant, en commençant par l’un des lieux où se forgent des liens forts entre les politiques et les milieux d’affaires.
LE CERCLE DE L’INDUSTRIE, DSK, MOSCOVICI, CARREZ, BARROT, ETC.
Ce Cercle est un peu à ma question ce que « Le Siècle » (mis en valeur dans le film de Balbastre et Kergoat) est aux chiens de garde économiques et médiatiques. Et d’ailleurs, le rendez-vous mensuel du Siècle est déjà l’un des multiples lieux de production de la connivence entre certains politiques et des grands patrons.
Le Cercle de l’industrie est présenté par Wikipedia comme « un lobby patronal français », agissant en Europe mais aussi en France. Ce site indique que « En février 1993, les membres du futur Cercle de l’industrie (une idée de Dominique Strauss-Kahn et Raymond Lévy PDG de Renault) se réunissent au siège de Publicis. Y sont représentés : Rhône-Poulenc, Lafarge, Pechiney, Elf, L’Oréal, Bull, Schneider, Renault, Total, BSN…
En juin 1993, Raymond Lévy, PDG de Renault, crée le Cercle qui emménage à Neuilly-sur-Seine… L’objet déclaré à la préfecture est le suivant : « Assurer une veille permanente auprès des différentes instances que sont la Commission européenne, le Parlement européen, le GATT, etc., concevoir et diffuser par les moyens adéquats l’information nécessaire auprès de ces instances, organiser les interventions au plus haut niveau politique »[1]. Le cercle s’efforce de répartir équitablement les pouvoirs entre des membres de l’UMP et du Parti socialiste.
Dominique Strauss-Kahn [qui venait tout juste de quitter le ministère de l’Industrie, JG] en devient le vice-président à titre bénévole… tout en bénéficiant d’un bureau, d’une secrétaire[2] et de notes de frais[3] (Le Monde diplomatique, décembre 2003). »
Confirmant sans ambiguïté sa nature de lobby, la plaquette du Cercle précise : « Le Cercle de l’industrie se distingue par sa spécificité industrielle, son engagement pour la construction européenne et son bipartisme politique, LA PROMOTION DE L’IMAGE ET DES INTERETS DE L’INDUSTRIE AUPRES DES INSTITUTIONS PUBLIQUES NATIONALES ET EUROPEENNES… Il s’implique dans les propositions et débats des institutions européennes en la matière. ». Selon ses propres textes, il collabore « avec le MEDEF, l’AFEP, l’European Round Table of Industrialists (ERT), le Transatlantic Policy Network (TPN), ou encore l’Institut de l’entreprise ».
Le Cercle a deux VP, l’un socialiste, l’autre UMP ou équivalent. DSK sera VP de 1993 à 1997 (il devient alors Ministre de l’économie du nouveau gouvernement Jospin). On aura du côté UMP Jacques Barrot puis Alain Lamassoure, et, du côté PS, Pierre Moscovici jusque 2012.
Ce dernier a été interrogé en 2011 par la presse : « Vous cumulez la fonction de vice-président du Cercle de l’industrie et le mandat de député… Conflit d’intérêts ? ». Sa réponse : « CE SERAIT LE CAS SI LE CERCLE DE L’INDUSTRIE ÉTAIT UN LOBBY… C’est un club et pas un lobby. ». L’argument est grossier au vu des textes du Cercle que je viens de citer, ou alors tous les lobbies sont des clubs de débats citoyens désintéressés… Mais, puisque c’est un lobby, et selon l’argument précédent de Moscovici lui-même, il y aurait bel et bien conflit d’intérêt. Dans le passé pour DSK, Barrot et Moscovici, et aujourd’hui pour le VP du Cercle, successeur de gauche de Moscovici, le député (par ailleurs président du conseil régional d’Aquitaine) Alain Rousset, ainsi que pour le VP de droite Alain Lamassoure, député européen. Dites-moi où mon raisonnement est fautif.
Pour devenir Ministre de l’économie, et plus si affinités, le Cercle est la voie royale. DSK et Pierre Moscovici en sont les meilleurs exemples, mais les grands patrons du Cercle gardent plusieurs cordes à leur arc. Dans la composition du Cercle en 2012, on note la présence d’hommes (oui, des hommes, car sur les 42 patrons qui y figurent, on a 42 hommes) promis à un bel avenir avec de tels soutiens. Sur le site actuel, la liste complète des personnalités (ceux qui ne sont pas des patrons en exercice) comprend les noms des deux VP Alain Rousset et Alain Lamassoure, mais aussi Jacques Barrot, Gilles Carrez (rapporteur jusqu’en 2012 de la commission des finances de l’Assemblée nationale, devenu depuis le président de cette commission), Gérard Collomb, Louis Gallois, Christel Bories et Pierre Gadonneix.
Le Cercle est juste l’un des éléments visibles des liaisons organiques ou informelles entre deux mondes qui cohabitent avec bonheur, les affaires des uns pouvant servir la carrière politique des autres, et réciproquement. Nous en examinerons d‘autres dans le prochain billet.
On pense usuellement un lobby comme un groupe d’intérêts extérieur au groupe des élus, tentant de convaincre le second d’adopter les vues du premier. Correctement régulés, transparents et pluralistes (on en est loin), de tels contacts n’auraient rien de répréhensibles Mais avec le Cercle et bien d’autres liaisons moins visibles, c’est formidable : les élus en exercice sont à l’intérieur du lobby patronal !
Les conséquences de cette fusion sont doubles. D’une part, de toute évidence, les élus en question sont poussés à adopter les visées du lobby dont ils sont membres. D’autre part, pour en revenir aux comportements de lucrativité pouvant aller jusqu’aux fraudes, cette situation est au mieux malsaine, au pire un pousse-à-la fraude ou à la tolérance vis-à-vis des fraudeurs les plus riches.
Si on veut expliquer pourquoi, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, les moyens de contrôle et de sanction des fraudes ont été nettement réduits, les liaisons dangereuses sous toutes leurs formes font partie du paysage. Si on veut expliquer pourquoi DSK a été le champion, comme Ministre de l’économie, d’une fiscalité exceptionnellement avantageuse pour les stock options (taxées à seulement 26 %) et des privatisations, ces liens forts en font partie, y compris le Cercle. De même pour comprendre pourquoi il écrivait dans son livre que la dérégulation des services publics en Europe était une « formidable chance pour le service public », pourquoi il se livrait à un vibrant plaidoyer en faveur des OGM, de la poursuite de l’ouverture des marchés agricoles à la concurrence, et contre la taxation des transactions financières, en écrivant cette perle : « en quoi l’activité spéculative des traders est-elle gênante ? » (p. 141).
A suivre dans le prochain billet
Le blog de Jean Gadrey (Alternatives Economiques) http://fortune.fdesouche.com/
Les gazeuses sont de sortie :
Manuel gaze les mères en colère interviennent
Un chef de groupe CRS rencontré en marge des manifestations raconte en "off" que le mécontentement augmente à grande vitesse dans les rangs de la police devant le rythme de travail de ces dernières semaines. Il y a de fortes chances pour que les syndicats, Alliance en tête, se saisissent de cette question d'ici très peu de temps. Que le rythme des manifestations soit maintenu et le gouvernement pourrait se retrouver avec un casse-tête (un de plus) à résoudre !
Un millier de personnes en silence sur l'esplanade des Invalides :
A y est ! Le drapeau de la Manif pour tous a pénétré dans le Palais Bourbon !
Pendant ce temps, des manifestants ont traversé la Seine. De l'autre côté, l'Elysée ressemble à Fort Alamo... Il y a des gyrophares et des sirènes partout. Certains manifestants sont sur les Champs-Elysées.
Mgr Aillet rejoint les veilleurs pour la famille :
La police vient d'accepter le rassemblement pacifique sur la pelouse des Invalides, jusqu'à minuit et demie.
22h45-Invalides : une voiture s'égare parmi les manifestants. A l'intérieur, N. Belkacem a juste le temps de fuir au moment d'être reconnue.
Marion Maréchal-Le Pen a rejoint les veilleurs :
La police encercle les veilleurs :
Pas un bruit, les veilleurs sont encerclés, le silence est total, il est magnifique. Seul bruit: le mégaphone du Policier donnant les ordres. Les veilleurs sont poussés vers le métro. Mais il n'y a plus de métro...
Emmanuel Martin - Le 1er février 2010. La fondation Abbé Pierre a publié ce 1er février son rapport sur l’état du mal-logement en France. L’association caritative y dénonce l’inaction des pouvoirs publics face à la crise du logement, et appelle à « réguler le fonctionnement des marchés du logement ». Réglementations supplémentaires, subventions supplémentaires (au financement par les ménages et à la construction sociale), « droits » supplémentaires seraient la solution à ce réel problème : « l’intervention publique s’est toujours révélée indispensable (…) pour lutter contre les dysfonctionnements dans le domaine du logement. »
Pourtant, à l’analyse, cette position se révèle très discutable. Elle demande en effet toujours plus de réglementations plutôt que de considérer les effets pervers … des réglementations déjà en place. Elle part de l’a priori très à la mode, surtout depuis les inepties largement répandues sur les origines de la crise économique, que les marchés fonctionnent mal par définition. Il est vrai que les marchés ne fonctionnent pas de manière parfaite : il y a des ajustements, des erreurs et des corrections. Mais en moyenne cela ne marche pas si mal dans un cadre réglementaire intelligent. Cependant, lorsque, contrairement à toute logique, les marchés échouent durablement à coordonner les besoins des uns avec les capacités des autres, c’est qu’il y a une raison : on les empêche tout simplement de le faire par des réglementations inhibitrices.
Le marché du logement est un exemple symptomatique où des réglementations mal pensées perturbent les ajustements entre l’offre et la demande. La hausse du coût du logement est en effet fortement liée à l’activité réglementaire du foncier. Sur la décennie qui a précédé la crise, le prix du terrain constructible a été en gros multiplié par six. Alors que naturellement les terrains ne sont pas rares, c’est la politique foncière qui crée artificiellement la rareté et fait flamber les prix. Sous les recommandations de planificateurs urbanistes et les pressions de certains écologistes, l’offre de terrains constructibles a été restreinte : peut-on réellement blâmer le marché si son offre est rationnée politiquement ? L’économiste de l’urbanisme Vincent Bénard* estime par exemple avant la crise (sur l’année 2005) à un tiers cette hausse artificielle du prix directement imputable à la restriction, décidée par le politique, du foncier constructible.
En effet, les Plans Locaux d’Urbanisme (PLU) des communes sont censés planifier des années à l’avance la demande de logements de la commune, ce qui est une tâche évidemment impossible et qui gèle l’offre pendant des années, empêchant l’adaptation à la demande. Par ailleurs, alors que certaines petites communes pouvaient encore avoir une marge de manœuvre et exercer une espèce de concurrence, les Schémas de Cohérence Territoriale (SCOT) au niveau de plusieurs communes ont encore accru le poids du carcan réglementaire et raréfié d’autant l’offre. Il serait plus rationnel et efficace de libérer le foncier, en protégeant uniquement les zones sensibles (et en indemnisant leurs propriétaires), et en faisant respecter des règles raisonnables de construction ailleurs.
Mais les bureaucraties publiques qui vivent de la production de cette activité réglementaire n’ont évidemment aucun intérêt à cette libération du foncier. Mais surtout, sans parler de la corruption dans certaines mairies, les maires doivent choyer un électorat souvent récalcitrant à l'arrivée de nouvelles populations : c'est la logique du snob zoning. Se pose alors ici un problème sérieux de démocratie.
Cette libération du foncier permettrait une baisse des prix et un accroissement naturel de l’offre qui se répercuterait en baisse des loyers dans le locatif, où d'autres réglementations vont à l’encontre de la facilité à se loger. Le législateur a voulu par exemple protéger une minorité de mauvais payeurs, et a institué l’impossibilité d’expulser de novembre à mars. Les associations telles que la fondation Abbé Pierre s’en félicitent, sans réaliser que cette impossibilité, si elle a protégé une minorité, a en réalité fragilisé une majorité de locataires modestes. On a en effet créé un coût potentiel pour les propriétaires qui doivent alors s’assurer contre les mauvais payeurs en demandant des garanties de plus en plus strictes aux candidats à la location, ce qui empêche une part non négligeable de gens modestes de pouvoir louer. Inutile de préciser les inégalités flagrantes qu’a généré cette législation.
Par ailleurs, encadrer l’évolution des loyers, après la signature du bail, avec des indices (construction, puis inflation) empêche effectivement les prix (loyers) de refléter correctement la rareté, c’est à dire la demande relative en locatif. Il y a évidemment des rattrapages de loyer entre deux locataires, mais autant dire, du fait de l’incertitude induite pour les propriétaires, que l’investissement est alors plus timide. Enfin, toutes les carottes fiscales (Robien, Scellier) ne font que distordre encore plus le marché en encourageant à investir … mais pas en fonction de la demande réelle, donc pas là où il le faut. Quitte à vouloir favoriser le logement des plus modestes, autant que la puissance publique fournisse des « chèques-logement » : leur effet distordant sur le marché sera minimum.
Effectivement, comme le souligne la fondation, « les politiques ne doivent (…) pas seulement s’attacher à apporter des réponses ponctuelles et limitées à divers dysfonctionnements, mais permettre de traiter les causes profondes de la crise du logement ». Mais les causes profondes ne sont sans doute pas celles envisagées par la fondation : elles sont bien plus à chercher du côté des obstacles que l’on met délibérément, avec la main sur le cœur, au fonctionnement du marché du logement. Il est temps que les associations caritatives et les politiques prennent conscience des effets pervers des réglementations qu’ils ont soutenues par le passé et qui ont créé les problèmes d’aujourd’hui. Il faut remettre les choses à plat, simplifier les réglementations : libérer le marché immobilier pour qu’il fonctionne enfin de manière saine et puisse répondre aux besoins de logement.
Emmanuel Martin est analyste sur www.UnMondeLibre.org.
* On lira avec profit son ouvrage éclairant : Crise publique, remèdes privés, Romillat 2007.