Washington a été prompt à utiliser la crise financière chypriote pour mettre en œuvre la stratégie de captation de capitaux que je décrivais il y a trois semaines dans ces colonnes [1]. Avec l’aide de la directrice du Fonds monétaire international, l’États-unienne Christine Lagarde, ils ont remis en cause l’inviolabilité de la propriété privée dans l’Union européenne et tenté de confisquer un dixième des dépôts bancaires, prétendument pour renflouer la banque nationale chypriote affectée par la crise grecque.
Il va de soi que la finalité annoncée n’est qu’un prétexte car loin de résoudre le problème, cette confiscation si elle devait être mise en œuvre ne pourrait que l’aggraver. Menacés, les capitaux restants fuiraient l’île provoquant l’effondrement de son économie.
La seule véritable solution serait d’annuler les dettes en anticipant les recettes d’exploitation du gaz chypriote. Ce serait d’autant plus logique que ce gaz bon marché relancerait l’économie de l’Union européenne. Mais Washington en a décidé autrement. Les Européens sont priés de continuer à se procurer leur énergie au prix fort au Proche-Orient, tandis que ce gaz à bas prix est réservé à alimenter l’économie israélienne.
Pour masquer le rôle décisionnaire de Washington, ce hold-up bancaire n’est pas présenté comme une exigence du FMI, mais comme celle d’une troïka incluant l’UE et la BCE. Dans cette perspective, la confiscation remplacerait une dévaluation rendue impossible par l’appartenance à la zone euro. Sauf qu’ici la dévaluation ne serait pas une politique de Nicosie, mais un diktat du patron de la BCE, Mario Draghi, l’ex-directeur européen de la banque Goldman Sachs, qui est précisément le principal créancier de Chypre.
Madame Lagarde, ex-conseillère juridique du complexe militaro-industriel US, ne cherche pas à nuire à Chypre, mais à affoler les capitaux basés en Europe et à les guider jusqu’à Wall Street pour qu’ils relancent la finance US. Pourquoi s’en prendre à cette île ? Parce que c’est un des rares paradis fiscaux restant au sein de l’Union européenne et parce que les dépôts y sont principalement russes. Pourquoi le faire maintenant ? Parce que les Chypriotes ont commis l’erreur d’élire comme nouveau président l’États-Unien Nikos Anastasiades. Ils ont ainsi marché sur les pas des Grecs qui, victimes du même mirage américain, avaient élu comme Premier ministre l’États-unien Georgios Papandreou.
Cette petite cuisine a cependant mal tourné. Le Parlement chypriote a rejeté à l’unanimité des suffrages exprimés la taxation confiscatoire des dépôts bancaires. Il y a là un apparent paradoxe. Le gouvernement libéral veut nationaliser une dixième des capitaux tandis que le Parlement communiste défend la propriété privée. C’est que cette nationalisation ne se ferait pas au profit de la collectivité nationale, mais de la finance internationale.
Les conseils amicaux ont donc fait place aux menaces. On parle d’exclure Chypre de la zone euro, si les représentants de son Peuple persistent dans leur refus. Ce n’est pourtant guère possible. Les traités ont été ainsi conçus que la zone euro est un voyage sans retour. Il n’est pas possible de la quitter de son propre chef, ni d’en être exclu, à moins de quitter l’Union européenne.
Or cette option, qui n’avait pas été envisagée par les racketteurs, est redoutée par Washington. Si l’île sortait de l’Union, elle serait rachetée pour une dizaine de milliards de dollars par Moscou. Il s’agirait du plus mauvais exemple : un État de la zone d’influence occidentale rejoignant la zone d’influence russe, dans un chemin inverse à tout ce à quoi on a assisté depuis la chute de l’URSS. Il ne manquerait pas d’être suivi par les autres États des Balkans, à commencer par la Grèce.
Pour Washington, ce scénario catastrophe doit être évité coûte que coûte. Il y a quelques mois, il avait suffit au département d’État de froncer les sourcils pour qu’Athènes renonce à vendre son secteur énergétique à Moscou. Cette fois, tous les moyens, même les plus anti-démocratiques, seront utilisés contre les Chypriotes s’ils résistent.
La Russie feint de ne pas être intéressée. Vladimir Poutine a négligé les offres avantageuses d’investissement qui lui ont été faites par le gouvernement Anastasiades. C’est qu’il n’a pas l’intention de sauver les oligarques russes qui avaient planqué leurs capitaux dans l’île, ni l’Union européenne qui les avaient aidé à organiser leur évasion fiscale. En coulisse, il a négocié un accord secret avec Angela Merkel qui devrait permettre une solution financière à la crise, mais devrait aussi déboucher sur une vaste remise en cause de règles européennes. Au passage, le Tsar a glané des informations étonnantes sur les investissements de la Russie dans l’île durant l’ère Medvedev ; des informations qu’il pourrait utiliser comme moyen de pression supplémentaire sur son inconsistant Premier ministre.
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Thierry Meyssan : L’affaire chypriote sert à attirer les fonds européens vers Wall Street
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Syrie : la guerre des mots et des images
Vous ne le saviez sans doute pas. Et pour cause. Dans ce pays-là, il y a eu 250.000 disparitions forcées en 20 ans dont 34.467 entre 2005 et 2010. Dans une seule fosse commune située près d’une caserne militaire, pas moins de 2000 corps ont été retrouvés. Des opposants politiques ont été donnés en pâture aux caïmans, des rebelles jetés vivants dans des fours crématoires, des syndicalistes éliminés par milliers, des villages bombardés par l'aviation, des jeunes ramassés dans la rue, emmenés en forêt, exécutés puis habillés par leurs assassins en combattants pour faire croire qu’ils ont été tués lors d’accrochages militaires, des militants des droits de l’homme dénonçant la barbarie abattus en pleine rue, des bourreaux du peuple bénéficiant de l’impunité, près de 600.000 personnes déplacées entre 2010 et 2011. Nous avons là toutes les caractéristiques d’une dictature qui assassine son peuple. Et pourtant, ce régime-là n’est jamais décrit comme tel par nos médias. Normal, c’est l’État colombien, enfant gâté de Washington, Paris et Tel Aviv. En somme, un régime ami…
Pour savoir si nos médias sont réellement libres comme ils le prétendent, rient de tel que de comparer le traitement médiatique des conflits qui déchirent la Colombie, État aligné au « monde libre » et la Syrie, vilain petit canard de l’axe du Mal.
Quand les médias occidentaux parlent de la Syrie, le mot « chabbiha » désignant les forces civiles loyalistes revient en boucle. Les chabbiha sont accusés de crimes barbares pour le compte de Damas.
Mais avez-vous seulement entendu parler des Autodéfenses unies (AUC), des « Bacrim » ou de la Force Oméga qui sévissent quotidiennement en Colombie ?
Dans les médias occidentaux, il est interdit de parler de « révolution » et d’insurrection populaire en Colombie.
En revanche, les chirurgiens esthétiques de TF1, RTL ou France 24 travaillent d’arrache-pied pour relooker les djihadistes à l’œuvre en Syrie en zapatistes fleur bleue.
En Colombie, les centaines de milliers de paysans pauvres, d’indigènes qui sont engagés à des degrés divers dans la résistance armée n’auraient rien à voir avec le peuple.
En revanche, l’insurrection anti-baassiste serait la « révolution » de « tout un peuple » et ce, malgré l’existence de millions de citoyens syriens qui expriment une hostilité farouche envers l’opposition et une loyauté sans faille envers le gouvernement.
Notre presse qualifie la révolution colombienne de « terrorisme », de « gang », de « maffia » ou encore de « narco-guérilla ». Elle est pourtant plus émancipée et moins dépravée que la prétendue « révolution syrienne », cette malheureuse courtisane enfermée dans le harem des rois du Golfe.
Marie Delcas, correspondante du quotidien Le Monde (30 mai 2012) titrait : « La menace des FARC plane toujours ».
Imaginez-vous un seul instant que l’Armée syrienne libre soit considérée comme une menace ?
Lorsque la dictature colombienne commet des crimes, elle est toujours excusée. Dans le cas du régime terroriste de Bogotá, il n’y a ni indignation, ni sanction, ni résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, ni menace d’intervention militaire, ni campagne de sensibilisation en faveur des victimes de la dictature, ni discussion sur l’armement des rebelles, ni fourniture de « matériel non létal ».
Ne vous risquez surtout pas à défendre les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), principal mouvement de résistance contre le régime de Bogotá, vous finiriez derrière les barreaux pour apologie du terrorisme et pire encore, excommuniés par l’Inquisition bobo pour blasphème idéologique voire hérésie stalinienne.
Par contre, défendre les égorgeurs, les dépeceurs, les pillards, les génocidaires d’Al Nosra ou de l’ASL qui massacrent le peuple syrien avec l’aide de la CIA, des monarchies obscurantistes du Golfe et des gouvernements européens n’ayant pas plus d’estime pour leur propre peuple que pour le peuple syrien, ça c’est humaniste.
Si vous parlez de résolution politique du conflit en Colombie, vous serez soupçonné de sympathie envers les FARC parce que « l’on ne négocie par avec des terroristes ». Et si vous parlez de résolution politique du conflit en Syrie, vous serez soupçonné de sympathie envers le président Assad parce que « l’on ne négocie pas avec des dictateurs ».
Last but not least, les victimes de la répression du régime syrien ont droit à toutes les larmes et c’est légitime. Mais jamais les victimes du régime colombien. Eux n’ont ni voix, ni rêve, ni visage.
Vous avez dit conditionnement idéologique ?
Vous avez dit indignation sélective ?
Bahar KIMYONGUR http://www.legrandsoir.info -
L’aigre parfum de la peur du peuple
« Il faut du courage en politique. François Hollande, pas plus que Nicolas Sarkozy avant lui, n’en a. Il est nécessaire de parler franchement aux Français, et leur dire qu’il faut pour notre pays une rupture majeure, une restauration de la souveraineté dans tous les domaines. » Marine Le Pen a résumé dans son communiqué de réaction à l’allocution télévisée du chef de l’Etat ce que les Français sont de plus en plus nombreux à penser. Attendu devant les studios de France télévision par 3000 opposants au mariage et à l’adoption pour les couples homosexuels selon France info, dont de nombreux jeunes et des militants du FNJ, M. Hollande n’a pas convaincu lors de sa prestation télévisée, au-delà des permanents du Parti socialiste. L’Afp résumait quelques éditoriaux dont la sévérité est à la hauteur de l’inquiétude du petit monde médiatique devant l’incapacité de la gauche au pouvoir à sauver ce Système à bout de souffle.
Intervention « fade », « absence de pédagogie », « une étonnante confiance » au regard de la situation économique et sociale a écrit Éric Decouty dans Libération. « Le chef de l’État (…) a expliqué en substance qu’une politique qui ne marche pas peut, qui sait, marcher un jour » a relevé Paul-Henri du Limbert du Figaro.« Cela fait un peu Monsieur Bricolage », a relevé Jean-Pierre Ténoux, l’éditorialiste de L’Est républicain . « Il s’est contenté d’ajuster la nappe, de déplacer quelques couverts… Du pur Hollande » , analyse Bruno Dive (Sud-Ouest). « Quand la terre tremble », note Dominique Jung (Les Dernières Nouvelles d’Alsace), « il est difficile de se passionner pour le réaménagement de la cuisine et du salon, aussi pertinent soit-il. C’est le drame de cette présidence ».
Selon des propos rapportés par l’Express, Arnaud Montebourg reprochait pour sa part début décembre à Jean-Marc Ayrault de « (gérer )la France comme le conseil municipal de Nantes » et affirmait dans la foulée à François Hollande qu’il avait nommé « un élu local à la tête du gouvernement (…) Il a l’envergure d’un élu local, il aurait dû rester un élu local ! »
Même le député PS de Paris et proche de Julien Dray, l’avocat Pascal Cherki, demandait il ya quelques jours à François Hollande, d’ « arrêter de jouer petit bras » et de nous servir sa «novlangue imbitable » « Quand on est président de la France, on n’est pas conseiller général de canton, on prend la mesure de la situation et on change de braquet. » « François Hollande n’a pas été élu pour conduire le peuple français sur le chemin sans fin de l’austérité et de la rigueur. Ce n’est pas cela le rêve français. » Trente ans de carte au PS avant de s’en apercevoir, bravo M. Cherki !
Changer de braquet ou changer de monture ? Dans le débat animé par Yves Calvi qui a suivi l’intervention de M. Hollande sur France 2, Jean-François Kahn a assez bien posé le problème fondamental qui se pose à ce gouvernement, et au-delà à tous les partis qui par idéologie et fossilisation intellectuelle ne parviennent pas à sortir du schéma mortifère de l’euromondialisme.
M. Hollande, a expliqué en substance M. Kahn, est « l’homme d’un Système » qui expose aux Français qu’il s’agit de poser « une rustine » sur « le vélo » ou de réparer « son dérailleur », alors que la question de fond qui se pose, et que se pose chaque jour davantage nos compatriotes , est celle de savoir si ce n’est pas plus justement de « vélo », c’est-à-dire de logiciel, dont il faudrait changer.
Et ce ne sont pas les derniers chiffres publiés par l’Insee qui inciteront à penser le contraire. En 2012, le déficit public notifié s’élève ainsi à 4,8 % du PIB et la dette publique a continué d’exploser atteignant fin 2012 un nouveau record à 90,2% du PIB (85,8% en 2011).La Commission européenne prévoit que le déficit de la France atteindra 3,7% du PIB fin 2013 puis 3,9% fin 2014 si aucune nouvelle mesure n’est prise. La dette atteindrait selon elle 93,4% du PIB fin 2013 et 95,0% fin 2014 !
Dans ce contexte de chute accélérée, de bonnes âmes s’ingénient à réveiller de vieux démons et de remettre sur la table de vieux fantasmes, lesquels à dire vrai, sont régulièrement, voire quotidiennement ressortis du placard pour faire peur au bon peuple tenté de renverser la table.
Figure médiatique de cette doxa social-démocrate européiste qui ruine la France depuis Giscard, le journaliste Alain Duhamel a pondu dans Libération le 27 mars un de ses papiers dont il a le secret. En adepte de la fausse symétrie, il met dans le même sac l’opposition nationale et les petites phrases de Jean-Luc Mélenchon et affirme sentir « la résurgence de l’aigre parfum des années 30 »
« Comme dans les années 30, c’est l’Europe tout entière qui frémit et se cabre. Partout, la tentation des nationalismes réapparaît. Elle pollue déjà lourdement les Balkans et l’Europe de l’Est. Elle rôde chez les conservateurs britanniques. Sur le continent, la xénophobie gagne, l’immigré redevient plus que jamais le bouc émissaire, la démagogie s’épanouit dans l’Europe latine »
Pour preuve dans notre pays du retour de l’innommable, M. Duhamel cite certes la phrase, à dire vrai bien anodine de M Mélenchon sur un Pierre Moscovici qui « parle le langage de la finance internationale », mais aussi « L’imposante manifestation contre l’ouverture du mariage et de l’adoption aux homosexuels (qui) a drainé une foule immense, nettement plus politisée qu’auparavant (…). A côté de l’opposition politique et de l’effervescence sociale, voilà une contestation sociétale de masse qui entre en jeu. Symptôme supplémentaire de crise. »
Et «au premier plan, la progression spectaculaire des votes d’extrême droite à l’occasion de l’élection législative partielle de l’Oise (…) . L’extrême droite se fortifie, atteint un niveau qu’elle n’avait jamais obtenu et peut effectuer une nouvelle percée l’an prochain aux élections municipales et surtout européennes. Jamais, depuis justement les années 30, elle n’avait pesé aussi lourd. La crise la ressuscite. »
Ce que ressuscite la rapidité avec laquelle cette crise développe ses ravages, crise que le FN avait anticipé constate Bruno Gollnisch, c’est bien en effet l’urgence d’une alternative aux diktats bruxellois, au mondialisme.Répétons-le, il faut toute la mauvaise foi et la panique des rentiers du Système pour voir dans cette prise de conscience le retour aux années noires, obsessions malsaines d’esprits sclérosés.
Ce que sentent les Français et les Européens, plus ou moins confusément, comme nous l’avons vu dernièrement en Italie avec l’émergence d’un populisme de la colère et de la révolte, c’est que cette Europe là fait fausse route et les entraîne vers le chaos. Ce qu’ils veulent c’est reprendre en main leur destin et un Etat fort, stratège, indépendant, qui défendent leurs libertés, leur souveraineté, leur identité, leurs traditions. Ni plus, ni moins.
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Manif pour tous : Pourquoi le 24 mars 2013 va entrer dans l’Histoire de France
Par Jean-Baptiste Giraud , directeur de la rédaction
Non, ce n’est pas une incatation auto-suggestive, mais une analyse politique réflechie de la situation pré-révolutionnaire dans laquelle notre pays, la France, se trouve désormais, quatre jours après la manifestation historique du 24 mars 2013,...
...et à quelques heures [publié le 28 mars] de l’intervention télévisée du président de la Républiquedont personne n’attend rien. En particulier pas les 51 % de Français qui pensent que François Hollande est un mauvais président, selon un sondage CSA pour BFM TV.

Dimanche, 300 000 Français - selon l’estimation des commissaires politiques de la Stadt Sicherheit (Stasi) parisienne, 1,7 million selon les organisateurs bénévoles improvisés de la Manif pour tous - 1 million si l’on accepte le principe d’un compromis en faisant la moyenne des deux, sont "montés" à Paris pour défendre... non pas des intérêts catégoriels mais un principe, une vision de la Société.
Retenez bien ceci : pour la première fois, un mouvement populaire, assis sur une myriade de structures associatives embryonnaires, dont aucune n’a été conçue pour organiser et piloter un mouvement de cette ampleur, a su lever une armée d’hommes, accompagnés de leurs femmes, enfants et parents puisque la manifestation était prévue et présentée comme "familiale".
Une armée qui, jusqu’au 24 mars 15h00, était effectivement totalement pacifique, bien que déjà considérablement échauffée par le camouflet de Valls Mielke (Erich Mielke était ministre de la sécurité intérieure de la RDA en 1989, NDLR) qui a fait interdire les Champs-Elysées, mais aussi la moitié de la place de l’Etoile, pourtant promise par le préfet de police de Paris, moins de quatre jours avant la manifestation. [...]
La suite sur Economie matin
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Hollande sur France 2: un Monsieur Bricolage sans audace
La prestation télévisée de François Hollande n'a pas convaincu les éditorialistes, qui la jugent "fade" et fustigent le manque d'"audace" du chef de l'État, qui dégaine une "boîte à outils" à la "Monsieur Bricolage" face à une crise et une colère profondes.
Pour de nombreux éditorialistes, le chef de l'État ne s'est pas montré à la hauteur de la situation, car, résume Jean-Michel Servant (Le Midi Libre) il lui "manque encore l'essentiel pour vaincre la crise : l'audace du combattant".¢"Nul ne s'attendait à des annonces fracassantes", souligne Éric Decouty dans Libération, mais l'intervention télévisée du président s'est révélé "souvent fade, presque banale" et a été marquée par une "absence de pédagogie" et "une étonnante confiance" au regard de la situation économique et sociale.
Paul-Henri du Limbert (Le Figaro) enfonce le clou: "l'Élysée avait prévenu : il ne fallait pas attendre monts et merveilles de l'intervention télévisée du chef de l'État. On ne peut lui donner tort. Fidèle à sa manière, le chef de l'État n'a pas dit un mot plus haut que l'autre, et il a expliqué en substance qu'une politique qui ne marche pas peut, qui sait, marcher un jour"."Contre la crise qui ravage tout sur son passage, François Hollande s'arme, dit-il, d'une nouvelle +boîte à outils+", ironise l'éditorialiste du Figaro, mais le président dispose de "petits tournevis" et de "clous de tapisserie, quand il faudrait des ponceuses et des rabots"."Cela fait un peu +Monsieur Bricolage+", s'amuse Jean-Pierre Ténoux (L'Est Républicain), qui juge que M. Hollande "est resté comme toujours prévisible".
"Pour le président, +la boîte à outils existe, il suffit d'un peu de patience pour obtenir des résultats+. Mais les Français n'en ont plus", assène Hubert Coudurier (Le Télégramme).Tout cela ne constitue ni "un tournant du quinquennat", "ni le +changement de braquet+ attendu par la gauche du PS", déplore Hervé Favre (La Voix du Nord)."Une fois encore", François Hollande "n'a pas écouté les conseils de ceux qui lui suggéraient de renverser la table et d'annoncer des mesures fortes", analyse Bruno Dive (Sud-Ouest). "Il s'est contenté d'ajuster la nappe, de déplacer quelques couverts... Du pur Hollande"."Quand la terre tremble", note Dominique Jung (Les Dernières Nouvelles d'Alsace), "il est difficile de se passionner pour le réaménagement de la cuisine et du salon, aussi pertinent soit-il. C'est le drame de cette présidence"."Les millions de téléspectateurs de France 2, hier soir, ne caressaient pas d'illusions en écoutant François Hollande", renchérit Patrick Apel-Muller (L'Humanité). "Mais l'exercice de pédagogie soigneusement préparé par les experts de l'Élysée a semblé tourner à vide" et le président "sensible aux appels des milieux patronaux ou conservateurs" reste en revanche "sourd à la colère larvée qui parcourt le pays".¢Avec AFP http://www.francepresseinfos.com/ -
Le retour des Turcs « allemands »
[Article du journaliste Laurent Glauzy en exclusivité pour Contre-info]
Depuis 2006, les flux migratoires entre l’Allemagne et la Turquie ne cessent de s’inverser. En 2009, pour la première fois, 40 000 immigrés d’origine turque ont quitté l’Allemagne pour rejoindre le pays du Bosphore en plein essor économique, tandis que 30 000 de leurs compatriotes entreprenaient le chemin inverse. Grâce à la formation professionnelle reçue en Allemagne, les rapatriés turcs « allemands » peuvent prétendre à de meilleurs salaires et à des postes plus attractifs.
Nombreux sont aussi les jeunes Turcs qui, ayant le mal d’un pays connu à travers les vacances, décident aujourd’hui de boucler leurs bagages pour s’engager dans l’armée. Leurs rêves se brisent dans la dure réalité d’une caserne d’Antalaya entre les gardes, les corvées et les ordres d’un sous-officier qu’ils ne comprennent pas. Ces recrues parlant souvent mieux le bavarois que le turc sont considérées comme des étrangers sur la terre de leurs ancêtres. Alors, après quelques mois, ils retournent définitivement en Allemagne. D’autres mettent à profit leurs économies pour ouvrir un commerce. La grande majorité des immigrés turcs sont de jeunes universitaires. « Un tiers des étudiants turcs vivant en Allemagne, envisagent leur carrière en Turquie, car par rapport à l’Allemagne le pays des origines offre un meilleur profil professionnel », argumente Marc Landau, Directeur de la chambre de commerce germano-turque. D’ailleurs, en Turquie, au siège de Mercedes-Benz, 30 % des employés occupant des postes de direction sont des Turcs « allemands ».
Istanbul constitue le lieu de la plupart de ces retours. Le marché du travail y est prometteur et le choc des cultures y demeure supportable. Emine Şahin est architecte. Bien qu’elle eût une enfance choyée dans une petite ville du Land de Hesse, des amis allemands et une bonne scolarité, elle préfère tourner la page et quitter l’Allemagne. A Izmir, sur les bords de la côte occidentale, un emploi de chef de projet lui a été confié. Elle explique que « tous n’ont pas compris le potentiel que possède les Turcs d’Allemagne, car ils vivent entre deux mondes et sont déjà préparés à la globalisation ».L’élite de ces rapatriés se rencontre au Teras6, un bar bien fréquenté d’Istanbul. Ses membres désirent nouer des liens et former un réseau de connaissances. Ils redoutent cependant le contact avec cette culture inconnue et notamment avec la bureaucratie locale. C’est pourquoi, beaucoup de Turcs rechignent encore à partir d’Allemagne. Ils ne viennent pas comme des Turcs mais comme des Allemands : avec des valeurs et un mode de vie allemands. En Allemagne, certains universitaires d’origine turque préfèrent retarder leur projet de retour. Ils savent que leurs compétences seront concurrencées par des rémunérations encore trop basses : le salaire minimum est de 729 lires turques (380 euros) contre 170 euros pour l’aide au chômage. En outre, les nouveaux « rapatriés » sont perçus par leur « concitoyens » comme des rustres ou des prolétaires nouveaux riches arborant avec mauvais goût de fausses chaînes en or et conduisant des BMW en location. D’éminents Turcs d’Allemagne comme le régisseur Fatih Akin, le footballer Mesut Özil ou le Président des Grünen (écologistes) Cem Özdemir, surnommé par les médias turcs l’« Obama des Turcs », témoignent de cette réalité. Ces enfants d’immigrés sont l’objet en Turquie de beaucoup de scepticisme comme l’expose la chanteuse Şebnem Kisaprmak dans « Ich bin kein Deutschländer » (Je ne suis pas d’Allemagne). Elle parle sans scrupule de ces familles qui quittent l’Allemagne pour la Turquie, achètent un terrain, un bien immobilier et tirent vers le haut le prix du marché foncier. En préambule d’une rencontre de l’équipe nationale de football, quand la chanteuse pop belgo-turque Hadise Açikgöz entonna et écorna l’hymne national, elle a déclenché l’ire des nationalistes : « Elle n’a jamais été turque ; son turc est mauvais et elle n’a aucune connaissance de la culture turque », entendait-on. En 1969, Şükriye Dönmez était une enfant quand elle s’est installée avec ses parents à Kreuzberg, quartier populaire de Berlin (ouest) où elle vécut pendant quarante ans. Devenue actrice puis régisseur, elle habite maintenant dans un quartier culturel d’Istanbul qui ressemble à Kreuzberg. Elle y prépare un film sur le retour des Turcs d’Allemagne. Le titre sera « Kültürschock ».
Ankara n’a jamais mené de politique d’aide au retour. En février 2008, à Cologne, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan avait même reproché à ses ressortissants d’avoir abandonné « leur identité turque » et qualifiait « l’assimilation des immigrés turcs en Allemagne de crime contre l’humanité ». Jusqu’à présent l’orientation de la Sublime Porte se limitait à l’envoi de quelques imams en Allemagne, où aucun institut culturel turc n’était recensé. Cependant, Ankara a changé d’optique et entend fonder un « bureau pour les Turcs à l’étranger », une institution vers laquelle la diaspora mais aussi les rapatriés pourront se tourner. Et si les missions précises de ce bureau ne sont pas clairement définies, il y a quelques semaines, Erdogan défendait ce projet portant « l’espoir de la Turquie qui entend la voix de ses frères ouvriers travaillant en Europe et en Allemagne ».
Laurent Glauzy http://www.contre-info.com
Juillet 2010
Article tiré de Atlas de géopolitique révisée, tome IILien permanent Catégories : actualité, Europe et Union européenne, immigration, international, lobby 0 commentaire -
Les trois bases du journalisme
Il ne vous a pas échappé que les mensonges des médias, non seulement sont de plus en plus gros mais aussi de plus en plus nombreux. Leur "amitié particulière" avec le milieux (au sens mafieux) politique, l'industrie bancaire et de l'armement y est sans doute pour quelque chose.
Mais depuis les soit-disantes révolutions arabes "spontanées" , organisées par les USA et Israel dans le but de remodeler tout le moyen orient pour leurs seules besoins (et la création du Grand Israel) , le nombre des média-mensonges est devenue quasiment exponentiel.
Des reportages sur la Lybie et sur la Syrie bidonnés par la célébrissime propagandiste CNN (lien) au reportage de Martine Laroche-Joubert, dont le montage plus que douteux montre la navrante tentative de manipuler l'opinion française et international (lien).
Depuis quelques jour c'est une orgie d'Amérique qui sature nos écrans 16/9. On a l'impression de devoir aller voter pour les démocrates ou les républicains dans le bureau de vote le plus proche. Quand a l'ouragan Sandy, si il avait frappé la France , on en aurait moins entendus parlé. D'ailleurs quand il a dévasté Haiti, qui ne se remet toujours pas de son tremblement de terre, nos glorieux journaloppettes n'ont du en parler qu'a peine 5 minutes.
Deux poids , deux mesures, comme d'habitude.
Maintenant c'est au tour du mariage gay, avec en intermède un invraisemblable culte de la personnalité voué a Netanyahu, le lieder de l'extrême droite israélienne la plus hystérique et nauséabonde, depuis les années 30.
Avez vous entendu parler de la chasse au noir dans les rues des villes israeliennes? Ben non. (lien)
Et ne parlons pas de la cabale artistique faite par l'ensemble des médias a Dieudonné, dont ,a l'origine, était juste un petit sketch sur les colons israeliens.
Gravissime erreur de l'humoriste qui croyait encore en la France de la libre parole. Les chiens chiens a leur maimaitres furent lâchés, et ils se sont régalé.
De toutes façon , tout cela n'est que rideaux de fumées, de façon a détourner les citoyens des vraies problèmes.
Et vous allez rire, ça marche!!!
Le mensonge par enfumage, le mensonge par amalgame, le mensonge par omission, le mensonge par exagération, le mensonge par détournement d'images, le mensonge par détournement de propos etc... voila résumé le journalisme français.
Les médias français ont appris a conjuguer le verbe mentir a tous les temps et en toutes occasions.
La philosophie du bonheur journalistique servant de base non seulement aux médias français mais aussi a ceux de toute la planète entière pourrait être :
- je n'entends (ou n'écoute) pas la vérité (par contre j'entends bien la voix de mon maître)
- je ne vois pas la vérité (regardons ailleurs, ça vaut mieux)
- je ne dis pas la vérité (le plus important)
La philosophie du bonheur journalistique
Et surtout rappelez vous : NO VERITAS IN MASS MEDIAS
La vérité n'est pas dans les médias de masse.
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Athènes : l’Aube dorée manifeste contre la télévision anti-nationale
ATHENES (NOVOpress) - Mega TV est la principale chaîne de télévision privée grecque, l’équivalent de TF1. Ses programmes promeuvent systématiquement le mondialisme et le métissage, notamment par la programmation de téléfilms turcs.
Le soir du 25 mars, jour de la fête nationale, qui commémore le soulèvement de la Grèce contre l’empire ottoman en 1821 et la guerre d’indépendance, Mega TV a décidé de diffuser la série turque, Fatmagül’ün Suçu Ne? (« Quel est le crime de Fatmagül ? »), qui raconte les malheurs d’une jeune fille turque victime d’un viol collectif, puis contrainte à un mariage forcé.
Pour protester contre ce qu’il considérait comme une insulte à la Grèce, le parti nationaliste Chryssi Avghi [l'Aube dorée, NDLR] a appelé à manifester. Plusieurs milliers de Grecs ont défilé puis se sont rassemblés, à la lumière des flambeaux, devant le siège de Mega TV, protégé par des centaines de policiers anti-émeutes. Après des discours prononcés par plusieurs députés du parti, un drapeau turc a été symboliquement brûlé (photo ci-dessus). Les manifestants ont ensuite chanté l’hymne national.
Crédit photo : Aube dorée
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Exclusif : la défense va[-t-elle] sauver les meubles contre les exigences de Bercy (actualisé) ?
Le "scénario Y" a été validé ce matin en conseil de défense.
Un conseil de défense s’est réuni ce matin à l’Elysée (1) au cours duquel un premier arbitrage extrêmement important a été rendu. Le "scénario Y", celui avancé par le ministère de la défense, a été validé.
En revanche, l’autre hypothèse, dite scénario Z, défendue par Bercy n’a pas été approuvée comme nous l’évoquions précédemment sur ce blog. Globalement, la défense va donc sauver les meubles, même s’il faut rester prudent. Des coups de théâtres sont possibles, jusqu’à la décision finale sur le Livre balnc qui doit intervenir le 10 avril. Le président de la République pourrait néanmoins évoqué ce sujet lors de son intervention télévisée, demain soir.
Au cours des six prochaines années (2014-19), les crédits de la défense devraient être en moyenne d’environ 30 milliards par an. Une partie de cette somme - de l’ordre de 3 à 5 milliards sur l’ensemble de la période - proviendra de "recettes exceptionnelles", comme cela avait déjà le cas lors de la précédente loi de programmation. Après les fréquences et l’immobilier, on parle aujourd’hui de vendre les participations de l’Etat dans les entreprises de défense. [...]
La suite sur Secret Défense
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Barjot, 1 puis 0 / Beppe Grillo 2.0 Frigide Barjot, 1 puis 0 / Beppe Grillo
En France comme en Italie, deux comiques sont sur le devant de la scène : Beppe Grillo a rassemblé des centaines de milliers de personnes sur les places italiennes et a recueilli 25% des suffrages pour les élections législatives ; en France, l’égérie du groupe Jalons, animatrice de « Touche pas à mon pape », est la porte-parole de la « manif pour tous » qui a organisé le 13 janvier et le 24 mars 2013 les deux plus puissantes manifestations tenues à Paris depuis trente ans. JYLG.
Les comiques seraient-ils l’avenir de la contestation dans la post-modernité ?
Peut-être mais il y a une différence notable entre Frigide Barjot et Beppe Grillo : l’un et l’autre ont dans un premier temps bénéficié d’une certaine aura médiatique mais Beppe Grillo s’en est totalement détaché. Lors de sa campagne législative il a refusé d’aller sur les plateaux de télévision et n’a pas hésité à prendre sans complexe des positions radicalement antipolitiquement correctes sur l’immigration notamment. Le succès de Beppe Grillo est donc une défaite incontestable de la tyrannie médiatique.
La brillante promotion de Frigide Barjot est d’une nature profondément différente : elle a consisté à mobiliser sur le politiquement incorrect (la lutte contre la dénaturation du mariage) tout en donnant des gages au politiquement correct et à la novlangue : la dénonciation de « l’homophobie », la mise en avant des minorités les plus diverses (genre lesbiennes transsexuelles et végétariennes contre le mariage homo) et, pour finir, la délation, au sein de ses propres troupes, des « factieux » et des « extrémistes ».
Un logiciel périmé : la grand-messe audiovisuelle du 20 heures
Cette pratique a assuré à Frigide Barjot et à la « manif pour tous » une certaine visibilité. Elle est devenue nuisible car ses concessions coûteuses sont aujourd’hui parfaitement inutiles : dans le mois qui a précédé la manifestation du 24 mars, Frigide Barjot n’a accédé à aucune grande télévision ; et compte tenu des atermoiements des organisateurs et des manœuvres habiles de la préfecture de police, le lieu du rassemblement n’a été connu que 48 heures avant le jour J. Mais les médias de l’oligarchie et le pouvoir – unis pour annoncer une manifestation squelettique – ont été complètement dépassés par les événements, tout comme Frigide Barjot d’ailleurs. Parce qu’ils ont un logiciel périmé : celui de la grand-messe audiovisuelle du 20h. Celle-ci garde son importance, bien sûr, mais elle est facilement contournable. C’est désormais sur les blogs et les réseaux sociaux que se connaissent et se fixent les lieux de rendez-vous, les modes d’action et les slogans. Et il n’y a là nul besoin de modération politiquement correcte. C’est la parole libre qui s’exprime et la radicalité qui mobilise. Et ce sont les majorités qui se révoltent contre la dictature de toutes petites minorités aussi arrogantes que technologiquement dépassées.
C’est ainsi que le mouvement du printemps français a vocation à se développer : prochains rendez-vous le 1er mai et le 14 juillet ?
Jean-Yves Le Gallou
Polémia
27/01/2013Lien permanent Catégories : actualité, élections, France et politique française, lobby 0 commentaire