
Les censeurs frétillent d’aise dans la macrocrature. Depuis que le pouvoir a décidé de promouvoir une “information propre” (expression de Benjamin Griveaux, alors porte-parole du gouvernement, utilisée en janvier 2018), les flics de la pensée paradent et roulent des mécaniques. Ils font des listes, dénoncent, excluent. Pour ces garde-chiourmes, tout est simple : ce qui ne s’accorde pas au discours officiel est d’extrême droite et “haineux”. Le culte de la diversité s’arrête aux opinions : celles-ci doivent être uniformes et lisses, autorisées ou interdites. L’extrême gauche procède de ce même manichéisme, quand elle s’oppose à des prises de paroles non homologuées au coeur même des universités. Ceci explique sans doute le silence de la milice médiatique face aux nouveaux fascistes qui, au prétexte de défendre des minorités, sèment la terreur et la violence là où ils passent. La radio publique France Inter est caricaturale de ce sectarisme soviétoïde quand une journaliste s’y alarme dernièrement d’entendre sur CNews des journalistes “très très à droite, voire parfois d’extrême droite” (en citant notamment votre serviteur), sans s’interroger sur son militantisme et ses oeillières.
L'ampleur du conflit qui commence dès ce soir dans les transports parisiens nous est promise, avec emphase, aussi bien par la CGT que par le gouvernement, pour exceptionnelle. On nous parle de 245 défilés, de 90 % de trains bloqués, de 11 lignes de métro paralysées, de la moitié voire 78 % d'enseignants en arrêt de travail, etc. Et, à la veille d'une grève qui se rapproche du scénario rêvé autrefois par Georges Sorel, et par les théoriciens du socialisme révolutionnaire, les précisons apocalyptiques se multiplient à l'envi. Le pouvoir multiplie quant à lui aussi bien les rumeurs alarmistes, les déclarations clivantes et les incertitudes anxiogènes, ayant accumulé les maladresses. Les cégétistes et leurs utiles compagnons de route additionnent, de leur côté, les rodomontades.







Le nécessaire et sincère hommage de la nation aux soldats tombés durera ce qu'il durera. Pour une fois la parole présidentielle prenait des accents recevables. On aurait juste aimé plus de force, plus de conviction dans les discours officiels.