Arnaud Dotézac, géopolitologue, décrypte la fracture politique grandissante en Allemagne et notamment les déclarations contradictoires sur des violences contre des migrants lors de manifestations à Chemnitz et Köthen.
magouille et compagnie - Page 1353
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Allemagne : Les violences contre les migrants, un mensonge des médias ?
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L'après Hidalgo n'est pas encore gagné
Le 17 septembre l'annonce de la démission de Bruno Julliard, premier adjoint PS, chargé de la culture à la mairie de Paris aurait pu faire l'effet d'un électrochoc. Pourtant cet événement ne saurait être ni présenté comme le premier coup dur infligé à Hidalgo, ni, encore moins envisagé comme le dernier. Il ne fait que marquer un peu plus l'effritement d'une coalition et le désastre d'une gestion.
L'échec de cette mégère remonte en fait au premier jour de son mandat. Dès le succès immérité, qu'elle remporta en 2014 face à une opposition municipale maltraitée par la présidence de la république, elle suscita une sorte de détestation irrationnelle.
Déjà, de 2001 à 2014, l'arrivée de Delanoë, dans l'ombre duquel elle rongea son frein et couva sa hargne pendant deux mandatures, correspondait à un calcul tant soit peu machiavélique du pouvoir : les chiraquiens ont été payés pour savoir qu'un maire de Paris devient une sorte de candidat naturel à la présidence, disposant par ailleurs, de moyens matériels exceptionnels.
Et en 2014, cette incapable notoire, fut favorisée par le choix imposé à la droite d'une candidate nullissime et grotesque appelée Kosciusko-Morizet. Là aussi un beau cadeau de la présidence.
L'accumulation des désastres signés Hidalgo et des dossiers affreusement mal gérés par l'heureuse élue était depuis lors devenue un sujet, trop facile peut-être, de moqueries des chansonniers.
Hélas, tant que le bilan chiffré et les comptes réels, plus que désastreux, de la municipalité n'auront pas été clairement publiés et resteront camouflés, elle peut tenter de faire illusion.
Tout l'accable en effet et on hésite presque à récapituler la liste interminable de ses erreurs, de ses fautes, des produits de son sectarisme, et de celles de son équipe. Dans son désastreux personnel laquelle on n'oubliera pas le Brossat, petit homoncule communiste. Du Velib aux Autolib, de la saleté aux embouteillages, des berges de la Seine, ce lieu unique au monde, aurait mérité mieux, et dont le blocage n'a servi qu'à aggraver la pollution, à la stagnation des transports en commun, tout a été souillé par leur médiocrité, leur désordre et leur gabegie.
Si elle n'était elle-même envahie par un panier de crabes, l'opposition municipale n'aurait qu'à se baisser pour ramasser la mise. Les ambitieux se bousculent au portillon, oubliant toujours que l'élection au Conseil de Paris combine en réalité 20 élections différentes.
Parmi les candidats à la candidature, outre le Benjamin Griveaux, qu’on voit venir à des kilomètres, chouchou du chef de l'État, dont les dents rayent le plancher, se profilent déjà de nombreux ambitieux qui, croyant leur heure venue, se montreront prêts à tout. Mounir Mahjoubi, par exemple, actuel secrétaire d'État chargé du numérique et ancien député macronien du 19e arrondissement se verrait bien dans le fauteuil. "Je peux être, n'hésite-t-il pas à proclamer, ce bon apôtre, un bon candidat pour Paris." Tu parles, Charles. Mais ce n'est pas un bon candidat qu'il faut à la Ville et à ses habitants : c'est un bon maire, entouré d'une bonne équipe compétente, portée par un bon projet !
À cet égard, nous demeurons loin du compte et, si incompétente soit-elle, Hidalgo peut, elle aussi, jouer sur la division de ses adversaires en se targuant aussi d'un soi-disant prestige international. Cauchemar ! pensera-t-on légitimement de l’hypothèse de sa réélection.
Sa campagne osera prétendre qu'elle agissait au bénéfice de la partie la plus pauvre de la population. Et nul n’osera lui reprocher le fait que cette ville dispose, en effet, d'une cohorte impressionnante de mendiants. Au-delà des ratios auxquels l'occident s'est accoutumé, l'avalanche des faux réfugiés, des vrais manouches, des punks à chiens, des voyous poisseux et feignants, des revendeurs de drogue, des détrousseurs de touristes et des pickpockets du métro, compose une nouvelle Cour des Miracles. L'addition des bobos, des gogos et des cocos ne la nettoiera pas. Et l'on aimerait entrevoir quel intendant La Reynie y mettra de l'ordre.
JG Malliarakis
http://www.insolent.fr/2018/09/lapres-hidalgo-nest-pas-encore-gagne.html
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Les nouveaux masques du progressisme
Le groupe parlementaire macronien s'effrite. Non seulement il a officiellement perdu 2 députés avec le départ vers l'UDI de Frédérique Dumas, députée des Hauts-de-Seine, aprés celui, au printemps, de Jean-Michel Clément, mais 59 membres sur 313 avaient refusé de voter pour Richard Ferrand à la présidence de l'Assemblée.
De ce fait et pour la première fois dans l'Histoire de la cinquième république le quatrième personnage de l'État, désigné par 254 parlementaires sur 577 n'a pas été élu par une majorité, encore moins par un consensus.
L'électorat risque à son tour de faire lourdement défaut en mai, au point que le Rassemblement national, lui-même pourtant devenu débandade, peut encore rêver de progresser encore au sein de l'assemblée de Strasbourg, y réduisant d'autant l'audience effective de la France, de la France officielle, au sein des instances de décisions.
L'urgence de retrouver un nouveau souffle idéologique ne peut donc pas échapper au chef de l'État. Lorsque Laurent Fabius, alors présenté pour jeune, fut nommé Premier ministre par François Mitterrand, pour remplacer le pue-la-fritte Mauroy, sac à bière usagé, les flatteurs s'employaient à faire mine de saluer en lui le talent et la fraîcheur. Pensez donc : il allait fêter, en effet, quelques jours plus tard, son 38e anniversaire, âge auquel Jules César était déjà Pontifex Maximus, Robespierre renversé et guillotiné, Thémistocle vainqueur à Marathon et Bonaparte assassin du duc d'Enghien.
Macron, à peine plus âgé, aspire, sans doute, à un destin européen. Il lui faut donc frapper fort. Il lui échoit de renouveler, pense-t-il, les vieux clivages et les vielles étiquettes afin de créer, autour du nouveau monde auquel il aspire, un souffle majoritaire à l'échelle du Continent.
Ne croyons pas à son irréflexion. Il a longuement pesé et soupesé le pour et le contre, les avantages et les inconvénients : une ligne pro-Merkel d’abord, puis une ligne anti-Merkel, et même, avec les textes chèvre-chou de son ministre de l’Intérieur, l’hypothèse de paraître un Salvini avant Salvini, etc.
Mais le vent a tourné. On se rend compte que le vieux truc de Mitterrand pour diviser la droite marche encore, avec la diabolisation du Hongrois Orban. Et les élections en Suède ont prouvé que les adversaires de l'immigration même s'ils obtiennent 26 % des voix en Autriche, 21 % au Danemark, 19 % avec Jobik en Hongrie, 17 % en Italie ou même 29 % en Suisse, hors union européenne, etc. ne disposent encore d'une majorité absolue dans aucun pays.
Dès lors, la décision de Jupiter semble prise : il lui faut apparaître comme le rassembleur de la gauche européenne, et, en même temps, celui qui en renouvelle le contenu, les programmes, les étiquetages, etc.
Un mot est en train de faire florès celui de progressisme. Les derniers en date à l'avoir essayé n'ont pas très bien fini. L'union des jeunes pour le progrès fondée en 1965, organisation des jeunes gaullistes s'est ralliée au chiraquisme et à ses avatars. L'Alliance républicaine pour le progrès créée en 1966 par Tixier-Vignancour ne donne plus guère de ses nouvelles, etc.
Le mot semblait définitivement démonétisé. Mais la ligne de partage qu'il prétend reprendre se rattache à des dialectiques bien plus anciennes. Il s'agit de réintégrer, nous confirme-t-on ainsi gravement, dans l'espace progressiste tout ce qui s'oppose au nationalisme.
Y compris les vieux rogatons du stalinisme ? Et pourquoi pas ? Avant 1956, Khrouchtchev ne parlait-il pas de Staline comme du "phare et guide de l’humanité progressiste".
N'étaient-ils pas fièrement certifiés progressistes[1] les compagnons de route des années 1950 ?
Progressistes d'hier les chrétiens de gauche qui sont si bien parvenus à vider les églises de leurs fidèles.
Progressistes, encore plus, ceux qu'on appelait les porteurs de valise du FLN, et qu'il était si urgent de réhabiliter en la personne de Maurice Audin.
Seront réputés progressistes par conséquent tous ceux qui aujourd’hui encouragent la migration vers l'Europe. C'est sans doute sur cette base que l'on entend rassembler et donner un nouveau souffle à ce quinquennat qui s'écoule comme un sablier sans que se concrétisent les réformes promises.
JG Malliarakis
Apostilles
[1] On lira dans Sociologie du communisme de Jules Monnerot la réfutation de cet étiquetage
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Ce n’est pas l’Europe de l’est qui profite des fonds européens mais les multinationales
Par Ferenc Almássy, responsable du Visegrád Post à Budapest
Le Parlement européen a réclamé des sanctions contre la Hongrie, coupable de vouloir défendre son identité et ses libertés et par-delà celle de tous les peuples européens. Relayé par la majorité du Parlement européen (socialistes, libéraux, « droite » modérée), le point de vue des oligarques bruxellois est le suivant : si les gouvernements d’Europe de l’est ne se soumettent pas, coupons leur les crédits. Un chantage aussi injuste qu’ignoble. Car dans les faits l’argent du contribuable ouest-européen est transformé en profits pour des actionnaires de multinationales. Responsable du Visegrád Post à Budapest, Ferenc Almássy fait le point. Polémia
L’Europe centrale, en particulier les pays du groupe de Visegrád (Pologne, Tchéquie, Slovaquie, Hongrie) sont des bénéficiaires nets des fonds structurels européens. Cela signifie qu’ils reçoivent plus d’argent de l’Union européenne qu’ils ne lui en donnent. En gros, les Occidentaux donnent plus que les centre-européens, et ces derniers reçoivent donc de l’argent des Occidentaux pour le développement de leurs contrées. À ce stade, considérant ce fait, on aurait tendance à hurler avec les loups de la presse mainstream occidentale et à affirmer – les chiffres sont clairs ! – que “les pays de l’Est profitent de l’argent européen !”
Sauf que cette assertion – très discutable ; nous y reviendrons – est souvent accompagnée d’une autre affirmation qui elle est scandaleusement fausse : “sans rien donner en échange !”
Lorsqu’il s’agit de politique internationale, il est facile de tromper un public non initié. Quelques règles de bon sens devraient toutefois permettre de ne jamais se laisser avoir. La première règle consiste toujours à garder à l’esprit que la politique est une lutte d’intérêts, et que si les pays occidentaux ont proposé quelque chose qui ressemble à une “aide”, c’est qu’ils considèrent y gagner plus qu’ils n’y perdent. On repensera au Plan Marshall, par exemple… les Etats ne sont pas des structures humanistes ou caritatives, et les Etats ne donnent pas des sommes conséquentes et de manière régulière, par gentillesse, compassion ou pitié. Seulement par intérêt, bien pesé, bien mesuré, bien compris.
Une seconde règle consiste à toujours regarder d’où vient l’information. Qui est derrière sa diffusion ? Quel prisme est appliqué à l’information ? Et il est toujours préférable d’aller également voir ce que disent ceux qui, le cas échéant, sont accusés. Lorsque les médias aux mains des oligarques de France ou certains politiciens qui ont à gagner dans le désordre européen avancent certaines thèses, mieux vaut chercher également d’autres points de vue.
Alors, qu’en est-il de cette histoire de fonds européens et d’Europe centrale parasite ?
Voyons, point par point, ce qu’il en est.
Oui, les pays d’Europe centrale sont des bénéficiaires nets des fonds structurels européens
La chute du régime socialiste a été précipitée par une partie de ces élites à des fins de profits personnels. Les entreprises d’Etat et les usines ont été privatisées, bradées, pillées, – essentiellement par des entreprises occidentales – et les pays d’Europe centrale en sont sortis déstructurés, affaiblis. Mais surtout massivement dépossédés de leurs moyens de production.
Dès lors, les capitaux et les entrepreneurs étrangers et en particulier allemands affluent en Europe centrale. Cette Europe centrale ayant fraîchement rejoint l’économie de marché, traumatisée par le socialisme d’Etat, croit alors candidement que le libéralisme intégral et son zèle lui permettront, comme ça lui a été promis, de rattraper le niveau de vie de ses frères européens de l’Ouest.
Mais le deal en haut lieu est le suivant : investissements contre salaires bas. L’Allemagne en particulier se reconstitue un Hinterland dans les pays du groupe de Visegrád. Proximité géographique et culturelle, qualité d’une main-d’oeuvre disciplinée, fiable et hautement formée font de l’Europe centrale un met de choix pour l’ogre berlinois cherchant à prendre le dessus dans l’Union européenne depuis la réunification.
Entrés dans l’Union européenne le 1er mai 2004, les pays d’Europe centrale ont depuis bénéficié des fonds structurels. Ces fonds se subdivisent en trois catégories, qui ont pour but de “renforcer la cohésion économique et sociale au sein de l’UE”, “soutenir l’emploi et le bien-être économique” et “”réduire les difficultés économiques et stabiliser les économies”.
Traduisons ces belles phrases : adaptation des marchés émergents au profit des marchés occidentaux, développement de leur capacité d’absorption des productions occidentales, délocalisation au profit des multinationales.
Transfuges socialistes locaux et prédateurs occidentaux ont main dans la main désindustrialisé l’Europe centrale pour la remodeler selon les besoins de l’économie de marché ouest-européenne, ou plus exactement, selon les désidératas de ses multinationales.
L’économiste Thomas Piketty l’écrivait il y a quelques mois, les capitaux occidentaux et essentiellement allemands “sont graduellement devenus propriétaires d’une part considérable du capital des ex-pays de l’Est : environ un quart si l’on considère l’ensemble du stock de capital (immobilier inclus), et plus de la moitié si l’on se limite à la détention des entreprises (et plus encore pour les grandes entreprises)”.
Les fonds structurels, eux, proviennent essentiellement de la poche des contribuables occidentaux, et non des actionnaires. Sur le papier, il s’agit d’utiliser ces fonds pour homogénéiser l’Europe d’un point de vue infrastructurel et économico-social afin que tous en tirent profit. Les pays d’Europe centrale en reçoivent ainsi plus qu’ils n’en payent.
Logique libérale appliquée : les fonds structurels doivent à terme développer les marchés… et transformer les sociétés conservatrices en “sociétés ouvertes”, plus propices à l’épanouissement libéral.
Ces fonds européens ne vont pas dans la poche des centre-européens ; ce sont essentiellement les entreprises occidentales qui en tirent bénéfice
C’est là que ça se complique, car on doit prendre un peu de hauteur : ces fonds publics que sont les fonds structurels ne vont pas dans la poche des centre-européens – dont les salaires sont toujours 3 à 4 fois inférieurs à ceux des Français, tandis qu’ils sont aux 40 heures hebdomadaires et avec beaucoup moins d’avantages sociaux.
Dans les faits, les multinationales occidentales touchent d’ailleurs directement un certain nombre de ces aides. Sur ce point, la Roumanie est certainement l’exemple le plus scandaleux. La chaîne Lidl, bénéficiant de financements publics de la BERD (Banque européenne pour la reconstruction et le développement) – dont le premier président n’est autre que Jacques Attali – qui a la même mission que les fonds structurels, a pu développer une situation de monopole dans un certain nombre de régions, tuant la concurrence locale – enracinée et qualitative.
Et si on se penche de nouveau sur les travaux de Thomas Piketty, qu’apprenons-nous ? Que la balance de l’Europe centrale entre les fonds publics entrants et les profits sortants est nettement déficitaire pour elle. Ainsi, les pays d’Europe centrale, lorsqu’ils reçoivent 1 euro de Bruxelles, voient partir 2 à 4 euros sous forme de profits et autres revenus de la propriété.
Voilà comment, à la sueur du travailleur centre-européen – suffisamment fiable, travailleur et bien formé pour que sa production soit estampillée Made in Germany – l’argent du contribuable ouest-européen est transformé en juteux profits pour des actionnaires de multinationales.
Bien sûr, cela ne s’arrête pas là. Les multinationales s’organisent également pour ne pas payer les impôts. Ou pour satisfaire la novlangue, je devrais parler d’optimisation fiscale. La Roumanie, encore, est sans doute l’exemple le plus extrême : alors que l’an passé la Roumanie a connu une croissance de son PIB de presque 6%, les rentrées fiscales de l’Etat roumain au titre de l’impôt sur le profit des sociétés ont elles diminué de 7%.
Les bénéfices des entreprises occidentales en Europe centrale ne restent pas en Europe centrale… mais ne retournent pas non plus dans la poche des contribuables occidentaux
En fin de compte, le contribuable occidental est à son insu au bout d’une chaîne – chaîne pas très éloignée d’une sorte de système de Ponzi. L’Allemagne dominante assure la priorité à ses citoyens qui s’en tirent plutôt bien (sur ce point). Les Français, eux, y perdent plus qu’ils n’y gagnent.
Ainsi le sentiment d’injustice d’un nombre grandissant d’Occidentaux et en particulier de Français est légitime. Oui, l’argent du contribuable français part à l’Est… mais cet argent n’y reste pas. Sous le travail du centre-européen dominé économiquement par l’Allemagne principalement, cet argent se multiplie et quitte l’Europe centrale maintenue artificiellement dans une relative pauvreté par rapport aux Européens de l’Ouest. Et cet argent atterrit dans les poches des actionnaires des multinationales.
Il ne faut donc pas se tromper d’ennemi. Non, Orbán et ses homologues centre-européens ne sont pas des profiteurs, ni des parasites. Leurs politiques responsables dès le début de la crise migratoire le prouvent : ce sont des Européens convaincus qui cherchent à œuvrer pour le bien commun de la civilisation européenne. Leur attente est d’offrir à leurs peuples le niveau de vie occidental que l’ouest leur a fait miroiter il y a un quart de siècle. Atteindre cet objectif passera par la mise à mort du système néo-colonial actuellement en place. Et le groupe de Visegrád est le meilleur outil pour cela, agissant comme un syndicat face au patron berlinois.
Ferenc Almássy 17/09/2018
Crédit photo : Domaine public, via PixaBay
https://www.polemia.com/europe-est-fonds-europe-multinationales/
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L’enseignement de la langue arabe dans les écoles de la République française
Bernard Plouvier
L’école a pour vocation d’apprendre quelque chose d’utile à ses élèves. Les humanités, l’instruction civique, en plus des données techniques (mathématiques, physique-chimie, biologie) sont les rudiments de l’enseignement secondaire.
En revanche, la langue des immigrants est une affaire de famille, sauf à vouloir former des agents commerciaux ou des spécialistes en cultures exotiques, ce qui relève de l’enseignement supérieur spécialisé.
C’est le cas de l’arabe, langue de la religion mahométane et d’une partie considérable de nos hôtes, plus ou moins désirés. Ces immigrés ont été initialement appelés par un patronat esclavagiste, puis l’on a parlé, chez un consortium de vieilles filles et de militants voués au cosmopolitisme, de l’intérêt d’accueillir des « réfugiés », sans trop s’appesantir sur le motif de leur expatriation, ni même sur les dates de naissance, puisqu’on a fait passer pour des « mineurs d’âge » des centaines de milliers d’adultes en Europe occidentale et scandinave.
L’immigration pour cause économique s’est transformée en une invasion, trop souvent violente : on le sait depuis les années 1980, où ont débuté les émeutes raciales et où se sont créées des zones de non-droit sur le territoire français (et belge). Avec les années 2014 sq., s’est implantée en Europe la pratique mensuelle des actes terroristes, au nom d’une religion d’essence médiévale, c’est-à-dire à la fois très violente et obscurantiste dans ses dogmes et ses pratiques.
On aurait pu penser qu’en France, les gouvernements de la République auraient à cœur de défendre la Nation autochtone – seule légitime détentrice du Pouvoir, seule souveraine, si l’on en croit les jolies phrases de la Constitution – des excès en tous genres commis par les envahisseurs et de garantir cette laïcité dont on nous avait rebattu les oreilles.
Bien au contraire, les titulaires apparents du pouvoir, élus par une majorité d’aveugles, crétinisés par une propagande absurde, ont favorisé par tous les moyens, et continuent de le faire, l’implantation des immigrés d’origine extra-européenne, qui ne sont ni porteurs de civilisation, ni décidés à s’intégrer à la Nation, comme le prouve l’exigence linguistique, tarte à la crème de la presse bobo-gaucho-cosmopolite depuis près d’un lustre.
Effectivement, les nombreuses associations d’immigrés ou de pro-immigrés réclament l’enseignement de l’arabe dès l’école primaire. Sauf à nier l’évidence, le mépris pour le français, langue officielle de la République, et l’appétence pour une langue exotique témoignent d’un refus d’intégration à la culture européenne.
De fait, l’invasion de Maghrébins et de Proche Orientaux est puissamment soutenue par l’islamo-pétrodollar et par les retombées du trafic de haschich. Cet argent sert d’argument massue à ceux qui souhaitent islamiser l’Europe et métisser ses populations, un argument fort bien perçu par les corrompus de la Ripoublique.
La morale de cette triste histoire est elle aussi évidente : il appartient aux électeurs de réagir, de façon démocratique, avant qu’il ne soit trop tard et que ne vienne l’heure de la violence.
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Le « spécialiste anti-fakes news » de 20 Minutes fait de la rétention d’infos !
Quand on accuse les autres de diffuser de fausses nouvelles, la première des déontologies est d’éviter de le faire soi-même… C’est ce qu’aurait dû penser Alexis Orsini, le spécialiste autoproclamé des fausses nouvelles du quotidien gratuit 20 Minutes. Dans un article du 23 juillet, il déclare que le fait de révéler que le vrai prénom de Benalla ne soit pas Alexandre est « une intox particulièrement populaire sur les sites d’extrême droite (qui) affirme qu’Alexandre Benalla s’appelle en réalité Lahcene Benahlia… »
Au fil de l’article, il montre toute sa duplicité et celles des prétendus traqueurs de fausses nouvelles :
« Depuis quelques jours, une rumeur présente le patronyme d’Alexandre Benalla comme la fausse identité de celui qui se nommerait en réalité Lahcene Benahlia. L’intox, née sur un site d’extrême droite, prend de l’ampleur depuis qu’elle se mêle à une théorie complotiste qui le présente comme un agent secret marocain. Une source proche de l’Elysée confirme à 20 Minutes qu’Alexandre Benalla n’a pas d’autre identité… et s’appelle bien Alexandre Benalla (…) La rumeur, lancée le 21 juillet, ne cesse de prendre de l’ampleur depuis, au point que nombre d’internautes ou de blogs se réfèrent uniquement désormais à Alexandre Benalla sous ce nom. Certains élus accréditent aussi cette affirmation virale, à l’instar de Christian Lechevalier, conseiller régional du Rassemblement national (RN) en Bretagne, qui tweetait le 21 juillet au soir : « La meilleure : Il n’y a PAS « d’Alexandre Benalla » !! Il s’agit de Lahcene BENHALIA !!…. On voit trop bien pourquoi, des Macron à la Presse (dont c’est la spécialité) ce MENSONGE supplémentaire s’est ajouté aux autres !…. #AlexandreBenalla » Or, aucune source fiable ne vient étayer cette rumeur particulièrement populaire chez les sympathisants d’extrême droite. Contactée, une source proche de l’Elysée confirme à 20 Minutes : « [Alexandre Benalla] s’appelle vraiment Alexandre Benalla et n’a pas d’autre identité. »
Le « détecteur de fausses nouvelles » demande au gouvernement la vraie identité du giton du Président !!! Cela rappelle Edouard Herriot qui niait l’Holodomor car le gouvernement stalinien lui avait assuré l’inexistence d’une famine en Ukraine… Rappelons aussi qu’en 1944, les rapports officiels de la Croix-Rouge (qui était interdite de visite aussi bien dans les goulags soviétiques que dans les camps américains) déclaraient qu’il ne se passait rien d’anormal dans les camps nazis. De plus, un petit coup de patte gratuit à un élu de la République, histoire de faire entrer dans le crâne l’équation « extrême droite = fake news », ce qu’on lui avait déjà reprochée en son temps, quand elle avait révélé la fille cachée de Mitterrand ou le passé de collabo de Georges Marchais.
Pour étayer son « argumentation », Orisini se réfère à l’un des sites les plus douteux qui soient : « Comme le rappelle, dans une série de tweets, le site Conspiracy Watch, « service de presse […] entièrement consacré à l’information sur le phénomène conspirationniste », « Algérie patriotique » est habitué à relayer des théories complotistes sans aucun fondement. » Rappelons que ce site est dirigé par le fameux Rudy Reichstadt, l’un des plus acharné fic de la pensée qui soit, et dont les preuves de l’absence totale de déontologie a été exposée plus d’une fois et qui est souvent repris par des sites d’extrême-gauche.
Orsini sait parfaitement qu’Alexandre n’est en aucun cas le prénom de Benalla. Et pour cause, il aurait perdu sa nationalité marocaine selon la loi en vigueur au moment de sa naissance qui préconisait dans son article 21 que le prénom « doit présenter un caractère marocain et ne doit être ni un nom de famille, ni un nom composé de plus de deux prénoms, ni un nom de ville, de village ou de tribu, comme il ne doit pas être de nature à porter atteinte aux bonnes mœurs ou à l’ordre public » et qui a été abrogée de facto par la circulaire du ministère de l’intérieur N°D-3220, publiée le 9 avril 2010 et confirmée par la Haute Commission à l’état-civil le 17 mars 2014. Comme le précise sa fiche sur Wikipedia, le vrai prénom de Benalla est Marouane, changé en Alexandre en 1995, selon les révélations faites sur BFMTV…
Hristo XIEP
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Monsieur Macron, arrêtez d’emmerder les automobilistes !
Les automobilistes continuent d’être des vaches à lait. Au début du mois d’août, Gérald Darmanin avait justifié les nouvelles taxes sur les carburants : « C’est une façon d’inciter les gens à changer leur mode de transport » et d’« aller vers une économie décarbonée ».
C’est surtout un moyen de remplir les caisses de l’État.
Lundi, sur BFM TV, Élisabeth Borne, ministre des Transports, a confirmé une hausse de sept centimes du diesel et une augmentation de quatre centimes de la taxe sur l’essence. Et ce n’est pas fini !
Certes, le cours du baril de pétrole est ascendant, mais l’essentiel de la hausse provient des taxes, qui représentent 60 à 65 % du prix du carburant : à la taxe intérieure de la consommation sur les produits énergétiques (TICPE) s’ajoutent l’augmentation de la taxe carbone, un alignement de la fiscalité du diesel sur celle de l’essence et une TVA de 20 %, qui s’applique également à la TICPE (un impôt sur un impôt, c’est commode !). D’ici à 2022, le coût supplémentaire pourrait monter à 250 euros par an, voire davantage si l’automobiliste est contraint de rouler beaucoup.
C’est la France périphérique, la France rurale, celle qui est obligée d’utiliser la voiture pour tout déplacement, notamment pour aller travailler, qui est la plus pénalisée. Les grandes métropoles sont moins concernées. À Paris, Anne Hidalgo a beau jeu de faire une politique anti-voiture, qui ne gêne pas les bobos parisiens mais les habitants d’Île-de-France, contraints d’utiliser leur véhicule pour se rendre à Paris ou traverser la capitale – à moins de passer des heures dans des transports en commun, de plus en plus inadaptés et aléatoires.
La taxation écologique a bon dos et permet au gouvernement d’exercer, sur les Français, un véritable racket contre lequel ils ne peuvent que protester. L’association 40 millions d’automobilistes lance l’opération « Coût de pompe » : elle invite les conducteurs à adresser leur ticket de carburant au président de la République, pour l’interpeller sur la dégradation de leur pouvoir d’achat. Action symbolique, qui a au moins l’intérêt de montrer leur mécontentement.
« Arrêtez d’emmerder les retraités », a dit récemment Emmanuel Macron à ses collaborateurs, après les déclarations de Christophe Castaner relatives à l’ouverture d’une « réflexion sans tabou »sur la fiscalité des successions. Bien que lui-même favorable à un alourdissement de cette fiscalité, il ne tient pas à envoyer aux retraités, qui ont majoritairement voté pour lui à la présidentielle, un nouveau signal négatif : il attend qu’ils digèrent la hausse de la CSG, le report de la revalorisation des pensions au 1er janvier 2019 et leur désindexation par rapport à l’inflation.
Les automobilistes pourraient, en écho, lui dire « Arrêtez d’emmerder les automobilistes » par des mesures hypocrites qui visent surtout à taxer davantage les Français tout en assurant que les impôts n’augmentent pas. Mais peut-on attendre autre chose d’un Président qui manifeste, chaque jour, dans ses propos et dans ses actes, son mépris pour la France et les Français ?
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Lutte contre les fake news ou censure d’État?
Ces derniers temps, on ne cesse de nous rebattre les oreilles du danger que les «fake news» (c’est-à-dire les fausses nouvelles, en français plus usuel !) feraient courir à la démocratie.
Tout récemment, un rapport officiel a été publié par le Centre d’analyse, de prévision et de stratégie (CAPS) et l’Institut de recherche stratégique de l’école militaire (IRSEM) sur ce thème.
Ce rapport fourmille d’informations fort intéressantes, mais il a été résumé à l’usage des journalistes d’une façon assez sommaire.
En gros, il faut retenir que les méchants Russes menacent nos belles démocraties, en s’ingérant frauduleusement dans les processus électoraux, en France comme aux États-Unis.
Tout ceci est assez fantaisiste.
On voit mal les sites Russia Today ou Sputnik en armes de destruction massive. Et, surtout, on voit mal pourquoi ce qui est «bien» avec CNN, Al-Jazeera ou TV5 Monde serait nécessairement mauvais avec RT.
Tous les grands Etats ont des structures pour diffuser leur vision du monde à l’étranger. Cela me semble assez logique.
Et le téléspectateur sait bien qu’un événement peut recevoir plusieurs interprétations.
Je dois confesser, quant à moi, que je regarde régulièrement les médias anglo-saxons et les médias russes pour essayer de comprendre leur vision du monde et surtout ce qui se passe chez nous – car on sait que la presse du Macronistan, admirable servante de notre belle démocratie, est cependant légèrement déficiente pour présenter les réalités qui fâchent.
Bref, ce fantasme de l’ingérence russe me semble farfelu. Et je n’arrive pas à comprendre pourquoi la lutte contre les « fake news » est devenue ainsi prioritaire. Nous ne sommes plus capables d’envoyer 400 soldats sur un théâtre d’opérations extérieures, mais nous dépensons des millions pour nous prémunir de la vision russe du monde sur les réseaux sociaux! Curieuse priorité militaire!
À vrai dire, cette histoire de «fake news» est fondamentalement une histoire de censure: il ne doit rien subsister sur le marché des médias qui contredise la belle saga d’Emmanuel Macron, progressiste sauveur de l’Europe menacée par l’ascension des populistes.
Mais quand donc nos «élites» comprendront-elles que c’est fini? Le vieux monde de l’ORTF est derrière nous. On peut sans doute le regretter. Après tout, cette époque nous a tout de même donné Audiard, qui était d’un autre calibre que les «humoristes» contemporains. Mais, enfin, le fait est là.
Dieu sait si je me heurte souvent à l’État et à la répression sur internet (depuis 2013, je n’ai jamais eu moins de 4 procès sur le dos!), mais, s’il y a une chose dont je suis sûr, c’est que cette répression n’a aucune chance de museler les opinions dissidentes. Elle ne le peut déjà pas en Chine communiste. Comment le pourrait-elle chez nous où les gouvernements voudraient censurer sans assumer?
En tout cas, la meilleure preuve que ce ne sont pas les fausses nouvelles, mais bien les opinions dissidentes qui sont visées, c’est que, régulièrement, les médias d’État sont pris en flagrant délit de désinformation. Ainsi, récemment, France Inter a faussement annoncé la mort du cinéaste Costa-Gavras. Plus récemment encore, l’AFP a évoqué une chasse à l’étranger dans les rues de Chemnitz en Allemagne. Manque de chance, le procureur allemand, saisi du dossier, ne voit rien qui y ressemble. Est-il besoin de dire qu’en ce cas, les démentis sont d’une remarquable discrétion?
Alors, Messieurs les censeurs, si vous avez – comme moi – un problème avec les fausses nouvelles, essayez donc la liberté, plutôt que la censure, pour démonter les mensonges!
Guillaume de Thieulloy
Texte repris du siteles4verites.com
https://fr.novopress.info/211924/lutte-contre-les-fake-news-ou-censure-detat/
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Un nouveau scandale pour Françoise Nyssen
Depuis sa nomination comme ministre de la culture, Françoise Nyssen cumule les scandales :
- En 2017, l’éditeur Actes Sud a touché 101 415 euros du Centre national du livre (CNL) alors que le ministre de la Culture, qui exerçait une tutelle sur l’établissement, n’était autre que son ex-présidente, Françoise Nyssen. Elle a de plus conservé certains intérêts dans l’entreprise.
- En 1997, l’Hôtel d’Aguesseau, inscrit depuis 1926 à l’inventaire des Monuments historiques, a été acquis par l’intermédiaire d’une SCI gérée jusqu’en mai 2017 par Françoise Nyssen. En 2012, la SCI fit des travaux d’agrandissement. Selon le Canard enchaîné, les travaux n’auraient pas été déclarés auprès de la Direction de l’urbanisme de la Mairie de Paris, de l’administration fiscale, des Bâtiments de France et de l’architecte en chef des Monuments historiques.
- Françoise Nyssen avait entrepris avec son mari, actuel président de l’entreprise, de grands travaux au siège de leur maison d’édition Actes Sud en Arles. Le Canard enchaîné révèle que ces travaux ont été réalisés sans autorisation et qu’il ont été régularisés seulement plusieurs années après par son mari en mai 2017, lors de sa nomination comme ministre de la Culture.
- Agnès Saal, condamnée pour avoir détourné des fonds publics entre mai 2014 et avril 2015 lorsqu’elle était présidente de l’INA. a été inscrite au tableau d’avancement à l’échelon spécial du grade d’administrateur général au titre de l’année 2018 et nommée fin août haut fonctionnaire à l’égalité, à la diversité et à la prévention des discriminations, auprès du secrétaire général du ministère de la Culture.
Nouveau scandale : les liens de Françoise Nyssen avec un groupuscule sectaire. Françoise Nyssen a des liens avec l’anthroposophie, un courant de pensée mystique né dans l’Allemagne de l’entre-deux-guerres, dont les différentes ramifications modernes ont été plusieurs fois critiquées par la mission interministérielle de lutte contre les sectes. Inventée par un autrichien occultiste mort en 1925 Rudolf Steiner, l’anthroposophie est un courant ésotérique, new age. L’école Domaine du possible a été fondée par Françoise Nyssen et son mari, M. Capitani. Mme Nyssen est « très fière » de l’école Domaine du possible : « c’est dans des écoles alternatives comme celle-ci que s’invente l’avenir ».
Mais le Domaine du possible est en crise, les professeurs démissionnent, il plane le soupçon d’une dérive sectaire, et en juillet dernier, le directeur pédagogique, Henri Dahan a été renvoyé. Dahan et son épouse étaient pourtant des amis du couple Nyssen-Capitani, mais aussi des militants de cette philosophie ésotérique.
Dans une récente enquête, le Monde diplomatique décrivait une cérémonie initiatique qui se pratique chaque décembre dans les écoles Steiner… La « spirale de l’Avent » se déroule dans une grande salle entièrement plongée dans l’obscurité. « Sur le sol, des branches de pin forment une spirale, au centre de laquelle brûle un grand cierge. Tandis qu’élèves et professeurs chantent dans le noir, les enfants porteurs d’une chandelle progressent seuls à l’intérieur de la spirale » pour allumer leur cierge. En décembre 2017, sans que les parents d’élèves en aient été informés, ce rituel a été organisé au Domaine du possible. Ce serait cet article du Monde diplomatique qui aurait provoqué le renvoi de la direction de l’école, pour éviter un scandale.
En juillet 2017, Le Parisien publiait un article aimable sur l’école du ministre. On trouve un autre article, très positif en octobre 2016, dans le Monde, où Françoise Nyssen Jean-Paul Capitani et Dahan parlaient d’une même voix contre “l’idéologie de l’école ».
« On ne peut pas s’occuper d’enfants en évacuant la spiritualité. » « Steiner a proposé une pédagogie qui prend au sérieux la question de l’esprit comme celle du corps et des émotions. »
Quand on pense à ces écoles catholiques libres harcelées par des armées d’inspecteurs…
https://www.lesalonbeige.fr/un-nouveau-scandale-pour-francoise-nyssen/
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Affaire Méric. Quand la justice se pique de combattre « la bête immonde »
Par Régis de Castelneau, avocat
Dans un procès largement suivi et commenté par tous les médias, les militants nationalistes à l’origine de la mort du miliant « antifa » Clément Méric ont été lourdement condamnés avec des peines de 11 et 7 ans de prison, soit quasiment celles réclamées par le procureur dans un réquisitoire clairement politique.
L’avocat Régis de Castelneau tente de décrypter ce verdict politique. Cette analyse juridique n’est certainement pas parfaite en tous points mais il nous paru intéressant de la partager auprès de nos lecteurs.
Polémia.Des peines anormalement lourdes
Après une semaine de débats, la Cour d’assises de Paris a donc rendu son verdict dans le dossier concernant la mort de Clément Méric. De façon surprenante ont été prononcées des peines très lourdes, sans commune mesure avec celles que l’on rencontre habituellement dans les affaires de violences similaires. Il n’y a pas lieu de s’en réjouir, au contraire. Force est de constater qu’après une conduite d’audience empreinte de partialité, les 11 ans de prison infligés à Esteban Morillo et les 7 à Samuel Dufour, l’ont plus été au regard de leur passé de skinhead qu’à celui des faits qui leur étaient reprochés. Ce qui en fait malheureusement une décision incontestablement politique.
Rappelons brièvement les faits tels qu’ils ont pu être exposés à l’occasion des débats largement répercutés par la presse. Deux groupuscules violents et antagonistes se sont confrontés à l’occasion d’une vente privée de vêtements dans un appartement du quartier Caumartin de Paris. Une bagarre de rue s’est déclenchée à l’occasion de laquelle le skinhead Esteban Morillo, a porté deux coups violents au visage de Clément Méric, jeune étudiant appartenant à la mouvance « anti-fas ». Dont la tête lors de sa chute, a heurté un élément de mobilier urbain, ce qui a entraîné son décès. Les rôles respectifs dans l’affrontement ont été à peu près cernés, la volonté initiale d’en découdre étant plutôt du côté des « anti-fas », et Clément Méric ayant participé directement à la bagarre. Restait en suspens la question de savoir si Morillo avait frappé à l’aide d’un poing américain, ce qui aurait constitué une arme par destination. Les débats n’ont pas permis de l’établir, ce qui n’a pas empêché la Cour de retenir la qualification de violences avec arme.
Abrutis déclassés contre antifascistes de pacotille
On va rappeler à ce stade qui étaient les acteurs de cette bagarre qui a mal tourné. Les deux groupuscules existent, sous des formes diverses, depuis fort longtemps, et j’ai moi-même connu, dans mon jeune temps, leurs folklores respectifs débiles, et leur goût commun d’affirmation virile par des affrontements de cour d’école. On rappellera comme gage de sérieux de nos excités symétriques, que la rencontre tragique s’est faite à l’occasion d’une vente privée de polos siglés que les deux camps s’enorgueillissent de porter ! À droite, nous avons des brochettes d’abrutis déclassés issus en général du lumpenprolétariat, qui trouvent là un moyen d’opposition violente en adoptant un folklore détestable qu’ils cultivent dans des groupes au fonctionnement de secte. Et comme dans toutes les sectes il y a des gourous qui en ont fait un métier et en vivent comme Serge Ayoub. Les plus chanceux rentrent un peu plus tard dans le rang, les autres continuant leur vie de dérive inepte. En face, à « gauche » des enfants de la petite bourgeoisie aisée, en mal de sensations qu’ils recherchent en embrassant ce qu’ils croient être des grandes causes. Antifascistes de pacotille, ils pimentent leur vie confortable en participant aux manifestations syndicales sérieuses qu’ils s’efforcent de dévoyer par la violence, et en cherchant la bagarre avec ces crânes rasés au front bas qu’ils toisent de leur mépris social. Je dis « antifascistes de pacotille », pour savoir ce que sont les vrais antifascistes et les avoirs fréquentés. Tout d’abord ceux qui avaient risqué leur vie dans le combat contre le nazisme et qui avaient noms par exemple, Georges Séguy ou Henri Krasucki, tous deux déportés à 16 ans, qui à Buchenwald, qui à Auschwitz. Inutile de rapporter leur opinion sur les gauchistes braillards, on l’imagine très bien. Et ensuite pour avoir dirigé des organisations de solidarité avec l’Amérique latine pendant les terribles années de plomb et y avoir perdu quelques courageux amis. De toute façon, nos anti-fas cesseront à un moment leurs singeries et rentreront sagement à la maison, si tant est qu’ils ne l’aient jamais quittée.
La mort de Clément Méric ne raconte que la bêtise
C’est pour toutes ces raisons que la mort de Clément Méric est à ce point désolante, stupide et si inutile. Elle ne raconte rien d’autre que la bêtise. Mais c’est un fait divers tragique, et la justice aurait dû la traiter comme tel. La violence meurtrière d’Esteban Morillo méritait le passage en Cour d’assises, mais aussi le même traitement que celui relevé dans des affaires similaires. Le quantum de la peine excède très largement celui que l’on rencontre lorsque l’on étudie la jurisprudence. On n’en présentera pas ici une étude exhaustive en se contentant simplement de rappeler que « Jawad le logeur » fut condamné à huit ans de détention pour avoir tué son meilleur ami à coups de hachoir à viande. Il y a des dizaines d’autres exemples. Et c’est dans cet écart de plusieurs années au détriment d’Esteban Morillo que se loge la dimension politique de la décision rendue par la Cour d’assises de Paris.
Le principe de « la personnalisation des délits et des peines » aurait dû permettre la prise en compte du fait que l’accusé avait rompu avec ce passé et essayé de reconstruire une vie. Ce n’est pas un militant nazi ou même pétainiste que la cour devait juger mais un fils d’immigrés, aux études réduites à celles d’apprenti boulanger et dont tous les espoirs de vie étaient bornés par la pauvreté. Qui avait trouvé par faiblesse dans des dérives ineptes et temporaires, un exutoire à un horizon médiocre dont il avait probablement conscience. Et qui depuis le drame avait tenté malgré les difficultés d’en sortir. Au lieu de cela, par la conduite des débats, les réquisitions du parquet, et l’importance des peines infligées la justice donne l’impression d’avoir voulu apporter sa pierre à la lutte contre la bête immonde. Ce n’était pas sa mission. Rabâchons encore et encore, que fort heureusement, il n’y a pas de danger fasciste en France et qu’une justice pour l’exemple n’est jamais exemplaire. Qu’on le veuille ou non, il émane de l’arrêt de la Cour d’assises de Paris un déplaisant fumet politique qui n’y avait pas sa place. Et il sera difficile de contredire ceux qui y décèleront une pénible dimension de classe.
Après le verdict les proches de Clément Méric, ont parlé de : « responsabilité morale collective ». Eh bien non, en matière de justice pénale, il n’y a pas de responsabilité collective, jamais. Qu’une partie civile l’invoque soit, mais qu’une Cour d’assises l’utilise est simplement déplorable.
Régis de Castelnau 16/09/2018
Source : Blog de Régis de Castelnau
Crédit photo : Domaine public, via Max Pixel
https://www.polemia.com/affaire-meric-quand-la-justice-se-pique-de-combattre-la-bete-immonde/