
« Le rôle trouble du Syndicat de la Magistrature »
Le débat qui suit la décision d’inéligibilité de Marine Le-Pen n’en finit pas de secouer le monde politique à l’intérieur de l’hexagone comme à l’extérieur. Deux camps s’affrontent avec chacun des arguments chocs pour prétendre défendre soit l’honneur ou la justice, soit la démocratie et la liberté. C’est cette ambivalence qui devient problématique car nous serions en droit d’attendre de cette matière qu’elle ne supporte que peu d’interprétations ou qu’elles soient sujettes à suffisamment de preuves formelles pour ne pas engendrer de polémiques. Or rien n’est aussi confus que ce qui a été validé hier. D’abord il y a l’exécution provisoire de l’inéligibilité. En théorie un élu n’est privé de son droit de se présenter qu’une fois la condamnation effective et définitive. Ce n’est pas le cas ici et il n’y a aucun moyen de recours contre cette décision. Pourquoi la déclarer inéligible provisoirement ? Parce que les juges la suspectent de récidive, c’est là l’argument officiel avancé. Que vaut l’imminence supposée de récidive dans ce cas précis ? MLP n’est plus député européen et depuis le début de cette affaire, le RN a corrigé le tir pour s’éviter de nouveaux problèmes. Où est donc le fameux risque de récidive ? Quels sont les éléments à charge qui pourraient laisser penser qu’il y aura à nouveau fraude ? Aucun.






