
Le titre Le Kéké de la République est sans doute l’élément le plus sulfureux du livre consacré à Christophe Castaner. Sa vie, son œuvre, ses bars, ses parties de poker avec des malfrats du sud de la France avaient déjà fait l’objet de nombreux articles et commentaires. Outre cet épisode Tony Montana de Manosque, l’homme serait très soucieux de sa communication et de son image… « Ah je ris de me voir si beau en ce journal. » Formé aux techniques médiatiques par Laurent Fontaine, du tandem Bataille et Fontaine. Une référence en matière de rideau. « Y a que la vérité qui compte », l’émission tarte à la crème des années 2000, allait voir l’un de ses animateurs se reconvertir en gourou médiatique du futur ministre de l’Intérieur.




Ainsi, nous y sommes : le premier ministre qui, en d’autres temps (ceux de son opposition au pouvoir hollandiste), dénonçait le recours gouvernemental à l’article 49.3, en use à son tour, non pour faire taire une quelconque contestation au cœur de sa majorité parlementaire (ce qui, en somme, était l’argument rituel d’usage de ce fameux article), mais pour contourner les débats parlementaires et, surtout, abréger le temps qui leur était nécessaire, selon les us et coutumes de la démocratie représentative. Le gouvernement n’a jamais caché qu’il entendait en finir avec la première lecture de la réforme des retraites avant les élections municipales qui, si l’on en croit les études d’opinion, s’annoncent piteuses pour le parti présidentiel : et la cause est entendue, à défaut que ce soit les syndicats ou les professions organisées comme celle des avocats, plus que sceptiques à l’égard d’une loi spoliatrice de leur caisse autonome de retraites, véritable « patrimoine corporatif ».




