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France et politique française - Page 2130

  • Jean-Yves Le Gallou sur le Forum de la dissidence : « Les Français vivent dans un goulag mou. Le ‘Moulag’ »

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    Entretien avec Jean-Yves Le Gallou ♦ Le samedi 23 novembre, le Forum de la Dissidence organisé par Polémia s’annonce comme un rendez-vous incontournable pour ceux qui souhaitent lutter contre la dictature Macron. Pour présenter cet événement, Jean-Yves Le Gallou, président de la fondation Polémia, a répondu aux questions de Breizh-Info.

    Censure, propagande et interdits professionnels

    Breizh-info.com : Peut-on réellement parler de dictature concernant le régime Macron ? N’y allez-vous pas un peu fort ?

    Jean-Yves Le Gallou : Je vous accorde que les opposants au régime Macron ne sont pas (pas encore en tout cas) envoyés au goulag. Mais toute la population vit dans un goulag mou. Le « Moulag ».

    Breizh-info.com : Qu’est-ce que le « Moulag » ?

    Jean-Yves Le Gallou : C’est une dictature non sanglante qui s’appuie sur trois piliers :

    Le premier d’entre eux est la censure. Une censure qui opère par les poursuites et les condamnations judiciaires (et pas seulement Dieudonné, mais aussi Zemmour, Cassen, Tasin, Ménard, Camus et tant d’autres) ; une censure cynique qui joue du chantage publicitaire ; une censure sournoise par les fermetures de compte et le « shadow banning » sur les réseaux sociaux.

    Or dans tous ces domaines Macron est à la manœuvre : par les lois qu’il fait voter (Loi « Fakenews », loi Avia), les ordres qu’il donne à ses procureurs et les pressions qu’il exerce sur les GAFA.

    Breizh-info.com : Quels sont les deux autres piliers du « Moulag »?

    Jean-Yves Le Gallou : Une propagande massive, bien plus puissante que celle dont usèrent les régimes politiques totalitaires du XXe siècle. Une propagande qui ne se manifeste pas seulement à travers les (dés)informations à propos de l’actualité mais qui opère surtout dans la publicité, le sport, les séries, les films, les programmes scolaires.

    Et pour finir les interdits professionnels pour ceux qui s’écartent du troupeau et sont dénoncés par les chiens (ou chiennes) de garde du système. Et perdent leur emploi.

    Macron, pur produit de synthèse de la super-classe mondiale

    Breizh-info.com : En quoi ce régime diffère-t-il des régimes Hollande, Sarkozy, Chirac ?

    Jean-Yves Le Gallou : Il y a à la fois intensification des pratiques répressives et augmentation du volume de la propagande.

     Il y a aussi une autre différence : une meilleure adéquation entre Macron et les médias qu’entre Chirac, Sarkozy et Hollande et les médias.

    Observons d’ailleurs que Chirac et Sarkozy restaient les héritiers du RPR. Hollande du PS.

    Macron, lui, est hors sol. C’est un produit de synthèse sélectionné par la superclasse mondiale après avoir participé aux réunions du groupe de Bilderberg en 2014 et de Davos en 2016. Si Macron n’avait pas réussi ces deux « examens de passage », il ne serait pas devenu président de la République aujourd’hui !

    Ce n’est pas au peuple français que Macron rend des comptes. Il exécute la politique de ses mandants, celle des banques d’affaires, des grands cabinets d’avocats internationaux et des multinationales.

    La dictature Macron c’est aussi cela : imposer aux Français la politique de la superclasse mondiale par la censure, la propagande, les interdits professionnels et s’il le faut la répression brutale comme avec les Gilets jaunes.

    Breizh-info.com : Qui sont les principaux invités du colloque et de quoi débattront-ils ?

    Jean-Yves Le Gallou : Michel Geoffroy, de Polemia traitera : « Pourquoi la dictature ? La superclasse mondiale contre les peuples ». Philippe Bornet, auteur de Demain la dictature, parlera de « La dictature pour quoi faire ? ». Le politologue Guillaume Bernard exposera « En quoi consiste le système dictatorial de Macron ». Et Nicolas Faure, de « Sunrise », décrira « La dictature des minorités ». Voilà pour le diagnostic.

    Breizh-info.com : Après le diagnostic, les solutions : qu’en est-il ?

    Jean-Yves Le Gallou : Pour les voies de la résistance la parole sera donnée à l’avocat Frédéric Pichon : « Ne pas céder aux intimidations du pouvoir ». À Anne-Laure Blanc, présidente de « Solidarité pour tous » : « Organiser la solidarité avec les victimes de la répression. » À Vincent Badre, professeur  d’histoire, essayiste, : « La propagande à l’école : comment la combattre ? »

    François de Voyer du « Collectif Audace » montrera « Comment la Convention de la droite a déplacé les frontières du politiquement incorrect ? ». Et les Identitaires, Romain Espino et Clément Galant, reviendront sur l’opération « Defend Europe » et la manière dont ils combattent la répression dont ils sont l’objet.

    François Bousquet, directeur d’Éléments et de La Nouvelle Librairie, auteur de Courage, manuel de guérilla culturelle, rappellera qu’il n’y a « Pas de résistance sans courage ».

    Le rythme de la journée sera soutenu avec des vidéos « punchy » et deux temps forts. Avec la présentation du Libertex, indice de la liberté d’expression dans le monde, et la remise du prix du « Trouilard d’or » à une personnalité de « droite » s’étant illustrée par sa lâcheté… Nous ne manquons pas de candidat…

    La résistance au politiquement correct dans l’impasse ?

    Breizh-info.com : Polemia est un des grands acteurs de la dissidence. Toutefois, certains s’interrogent : à quoi servent les colloques qui s’enchaînent chaque année ? Au même titre que nos lecteurs nous interrogent parfois pour savoir à quoi nous servons vu que la presse alternative ne triomphe pas au final ?

    Jean-Yves Le Gallou : Nous livrons une bataille du faible au fort. Nous – la réinfosphère, les médias alternatifs – disposons de 1000 à 10 000 fois moins de moyens humains et financiers que les tenants du politiquement correct.

    Et pourtant nous pouvons faire émerger des débats – le pacte de Marrakech – par exemple. Ou la nécessité de dénoncer la tyrannie judiciaire et la Convention européenne des droits de l’homme. Ce sont des étapes, insuffisantes certes, mais nécessaires.

    Et qui portent leur fruit. Aujourd’hui les médias français sont les plus décrédibilisés du monde occidental. Moins d’un quart des Français (ce qui ne fait qu’une minorité d’imbéciles finalement) leur fait confiance. C’est un succès de la cérémonie des Bobards d’Or, de l’Observatoire des journalistes (OJIM), et de toute la réinfosphère.

    Breizh-info.com : Mais malgré tout ne sommes-nous pas dans une impasse ?

    Jean-Yves Le Gallou : Les temps sont durs c’est vrai. Les Identitaires renverseront ils la vapeur à temps ? Je n’en suis pas certain, bien sûr. Mais ce qui est certain en revanche, c’est que nous maintenons par notre combat et notre présence la possibilité d’un redressement. Nous seuls avons en magasin les armes qui peuvent le rendre possible. Notre présence sur la ligne de front est donc décisive. Nous sommes l’avant-garde.

    Et je voudrais m’adresser à ceux qui doutent ou pourraient douter. Dans un combat politique et idéologique, il faut savoir qu’il y a trois impôts à verser possibles : l’impôt du sang, l’impôt du temps, l’impôt de l’argent. J’invite tous ceux qui souhaitent que la chair de leur chair, que leurs fils ou leurs petits-fils n’aient pas à payer l’impôt du sang, versent aujourd’hui l’impôt du temps ou l’impôt d’argent. Nous avons besoin de davantage de combattants. Et ces combattants ont besoin de plus de moyens pour mieux se battre. Aidez les médias alternatifs, aidez la réinfosphère. Ne chignez pas, mobilisez-vous ! Et rendez-vous le 23 novembre à Paris.

    Propos recueillis par Yann Vallerie 18/10/2019

    Source : Breizh-Info.com

    https://www.polemia.com/jean-yves-le-gallou-forum-dissidence-francais-goulag-mou-moulag/

  • Les questions sociales sont liées aux questions dites «  sociétales  »

    Les questions sociales sont liées aux questions dites «  sociétales  »

    Le colloque des 12 et 13  octobre «  Catholiques en action  » s’est interrogé sur la reconstruction de «  communautés de destin  ». Guillaume de Prémare, directeur général de l’association Ichtus, répond aux questions de France Catholique :

    Six mois après votre Appel pour un nouveau catholicisme social, vous concluez les travaux par un colloque : «  Catholiques en action  ». Dans quel but ?

    L’objectif est de proposer aux personnes de bien comprendre les questions sociales, de bien comprendre pourquoi elles sont liées aux questions dites «  sociétales  », puisqu’il s’est tenu une semaine après la marche anti-PMA. Pour comprendre que tout est lié, qu’il y a une globalité d’un problème de déconstruction : du lien social, anthropologique et culturel, qui crée une forme de dissociété. Il y a cette question des fractures françaises, analysées par Jérôme Fourquet dans L’Archipel français. Il y a les fractures culturelles, géographiques, sociologiques, anthropologiques, et familiales. Il y a des fractures aussi dans le monde du travail, avec la perte de sens du travail lui-même. Et on voit bien que dans tout ce contexte, il est de plus en plus difficile de faire une société, de faire une communauté, de faire un peuple. Donc il y a un travail très important à fournir pour reconstruire les communautés solidaires.

    Les Gilets jaunes, La Manif pour tous… Croyez-vous à un réinvestissement des catholiques sur ces champs sociaux et politiques ?

    Les catholiques doivent comprendre cette révolte de la France profonde, oubliée, laborieuse. Ce terrain d’action est extrêmement important aujourd’hui. Nous sommes affrontés à une marche du monde : si on parle de bioéthique, on va vers Le Meilleur des mondes d’Huxley, donc il faut y résister, et c’est la même logique de ce monde global, de cette mondialisation sauvage, techno-marchande, qui crée aussi les fracturations sociales. Il y a un lien entre tout cela, et il est important que les catholiques soient présents sur ces différents champs d’action.

    Le sens du sacré peut-il encore parler à nos compatriotes, qui font face à des préoccupations matérielles, comme boucler une fin de mois difficile ?

    La question spirituelle ne peut pas être évacuée. Il faut comprendre que les problèmes politiques auxquels nous sommes confrontés sont aussi spirituels, en ce sens où cette modernité, ce matérialisme triomphant, prive l’Homme d’une part essentielle de lui-même, de sa soif d’absolu, de sacré, de sa soif de Dieu. Il faut donc que cette action civique, politique, de terrain, soit aussi une occasion de témoigner de la présence de Dieu dans l’histoire des hommes. La France a besoin de Dieu, les gens ont besoin du Bon Dieu.

    https://www.lesalonbeige.fr/les-questions-sociales-sont-liees-aux-questions-dites-%e2%80%afsocietales%e2%80%af/

  • Julien Odoul : « La méthode des réseaux islamistes, c’est à la fois la victimisation et la criminalisation de toute critique de l’islam »

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    Dix jour après l’affaire du voile au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté et après les propos ambigus, voire menaçants, sur Twitter de Yasser Louati, ancien porte-parole du CCIF, Julien Odoul, qui a porté plainte contre ce dernier, donne un long entretien à Boulevard Voltaire. Si c’était à refaire, il recommencerait ce qu’il a fait au conseil régional car, selon lui, « il ne faut plus baisser les yeux ».

  • Royalistes : Formation et militantisme : La Rochelle, Nantes, Rennes, Tarbes...

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  • Alain Escada (Civitas) invite à la reconquête par l’échelon local avec les élections municipales de mars 2020

    A la tribune des Journées de Synthèse Nationale, Alain Escada, président de Civitas, a sévèrement blâmé la droite molle, bourgeoise, libérale, lâche et incohérente.

    Alain Escada a ensuite lancé un vibrant appel à tout ceux qui composent le camp national, ligues, dissidents, nationalistes, identitaires, patriotes, à tous les Français de bon sens. Une opportunité d’emporter des morceaux de pouvoir s’offre au camp national à travers les élections municipales de mars 2020, a-t-il martelé, expliquant rapidement les circonstances particulières qui font que c’est maintenant qu’il faut se saisir de ce chemin qui nous est offert.

  • Aide médicale d’État: scandales en série à l’hôpital public

    Totem ou tabou hexagonal, l’AME bénéficie chaque année à 320.000 personnes en situation irrégulière. Elle est au cœur des discussions parlementaires, dans le cadre de la loi sur l’immigration. Derrière la volonté de solidarité, un système largement dévoyé qui autorise tous les abus.

    Dans son bureau exigu de l’hôpital public, rempli des cadeaux de patients reconnaissants, ce grand chirurgien a l’air abattu: «Je ne veux plus qu’on m’agresse ni qu’on me menace. Cela fait trente-six ans que je sers à l’hôpital. Je ne pensais pas me retrouver un jour aussi las», chuchote-t-il, l’administration ayant refusé qu’il se confie officiellement à un journaliste. Tout au long de cet entretien, mené après sa journée d’opérations, les anecdotes fusent.

    Lire la suite sur Le Figaro

    https://www.tvlibertes.com/actus/aide-medicale-detat-scandales-en-serie-a-lhopital-public

  • Brexit : Deal or dead ? – Journal du lundi 21 octobre 2019

     

    Brexit : Deal or dead ?

    Le Brexit n’en finit plus. Alors qu’une sortie de crise pointait en fin de semaine dernière, les députés britanniques ont une nouvelle fois mis un coup de frein au processus de sortie de l’Union Européenne. Le premier ministre, Boris Johnson, a décidé de jouer sa partition en mettant la pression aussi bien sur Bruxelles que sur les parlementaires anglais.

    SNCF : la locomotive déraille

    Alors qu’une partie des agents de la SNCF a exercé son droit de retrait après un nouvel accident sur les voies, la direction de la société et le gouvernement dénoncent une grève sauvage. Un nouveau combat s’est donc engagé avec en toile de fond la réforme des retraites.

    Le Chili en guerre ?

    Après trois jours d’affrontement entre manifestants et forces de police, le président chilien affirme que son pays est en état de guerre. La grogne qui secoue le pays est partie d’une anecdotique contestation de la hausse des tickets de métro et débouche déjà sur des revendications beaucoup plus larges.

    L’actualité en bref

    https://www.tvlibertes.com/brexit-deal-or-dead-journal-du-lundi-21-octobre-2019

  • Marche républicaine à l’Universel : l’ultralibéralisme, poison républicain

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    Ex: http://www.autochtonisme.com

    Nous croyons à tort que l’ultralibéralisme, c’est-à-dire la société ouverte par la déréglementation des marchés et du travail, la concurrence libre et non faussée, la circulation sans entraves des marchandises, des hommes et des capitaux… est d’apparition récente. Pourtant, l’ultralibéralisme est inscrit dans le projet républicain dès le début de la révolution dite « française ». Quoi d’étonnant, quand on sait que cette révolution fut conduite par une bourgeoisie d’affaires qui avait pour seul objectif de défendre ses intérêts, dussent-ils aller à l’encontre de ceux du peuple ?

    Le processus de mondialisation ultralibéral ne s’est pas déclenché par hasard, par accident ou en raison de l’évolution des techniques ou de l’économie. Ce processus a d’abord été fantasmé avant d’être expérimenté il y a déjà plus de deux siècles. Grâce au coup d’Etat de 1789, la bourgeoisie d’affaires a pu légalement se doter de tous les outils nécessaires au déclenchement de cette expérimentation. L’objectif était d’installer une économie sans frontières et sans règles, une économie fondée sur l’exploitation d’une masse humaine atomisée par une petite minorité organisée et concentrant tous les pouvoirs.

    Pour les républicains, la liberté de faire commerce fait partie des droits de l’homme car « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui » (art. 4 de la Déclaration des droits de l’Homme, rédigée par eux). De plus, la protection de la propriété est un devoir sacré. L’individu doit pouvoir en disposer librement. Dans son projet de Constitution présenté à la Convention le 15 février 1793, Condorcet (le concepteur d’un système métrique qui se voulait lui aussi universel) énonce :

    • Que la « Propriété » fait partie des droits civils, naturels et politiques des Hommes (article 1)
    • Que  « Le droit de propriété consiste en ce que tout homme est le maître de disposer à son gré de ses biens, de ses capitaux, de ses revenus et de son industrie » (article18)
    • Que « Nul genre de travail, de commerce, de culture, ne peut lui être interdit ; il peut fabriquer, vendre et transporter toute espèce de production. (article 19)
    • Que « Tout homme peut engager ses services, son temps ; mais il ne peut se vendre luimême » (article 20)
    • Que « Nul ne peut être privé de la moindre portion de sa propriété sans son consentement » (article 21)
    • Qu’Il y a « oppression » lorsqu'une Loi viole le droit de propriété qu'elle doit garantir, droit faisant partie (art. 1) des « droits naturels, civils et politiques » (article 32)

    De tout cela il ressort que le financier, l’industriel ou l’oligarque peut jouir comme il l’entend des capitaux ou des moyens de production qu’il s’est appropriés : il peut donc délocaliser ses industries, fermer ses usines, transférer à l’étranger des capitaux. Il peut aussi, disposant à son gré de cette industrie, substituer des travailleurs étrangers aux travailleurs français. Toute volonté de restreindre le droit d’un individu à délocaliser ou fermer des usines, toute volonté d’instaurer une limite au mouvement des capitaux, toute volonté de réglementer le fonctionnement des moyens de production est assimilable à une « oppression ».

    La société que propose ici Condorcet est une société complètement déréglementée : chacun doit pouvoir exercer le métier, le commerce ou l’activité de son choix, quand il le souhaite et comme il le souhaite (« Nul genre de travail, de commerce, de culture, ne peut lui être interdit ; il peut fabriquer, vendre et transporter toute espèce de production »). Cela veut dire, ramené à notre époque, qu’il n’y a plus besoin de licence pour conduire un taxi, d’avoir un diplôme particulier pour vendre des  médicaments ou d’obtenir une autorisation pour commercer le dimanche. La proposition de Condorcet ne fait que traduire les dispositions de la loi du 2-17 mars 1791 (décret d’Allarde) qui en son article 7 énonce : « A compter du 1er avril prochain, il sera libre à toute personne de faire tel négoce ou d’exercer telle profession, art ou métier qu’elle trouvera bon… ».

    En matière de déréglementation et de dérégulation, l’ultralibéralisme de la période révolutionnaire est bien plus radical que celui d’aujourd’hui. Ainsi, le décret d’Allarde (1791) avait autorisé n’importe quel citoyen à exercer n’importe quel métier. Certains, sans aucune connaissance particulière en médecine ou pharmacie, se sont autorisés à se dire médecin ou pharmacien. Du coup, les formations et diplômes correspondants n’ont plus eu aucune raison d’être. Une loi du 18 août 1792 a donc supprimé la Faculté de médecine. L’année suivante, un décret du 15 septembre 1793 établissait  " la dissolution et la fermeture des Facultés et organisations enseignantes". En quelques semaines, des institutions existant depuis plusieurs siècles ont totalement disparu du territoire : Ecoles de Médecine mais aussi Collège de Chirurgie, Collège de Pharmacie, Académie de Chirurgie, société Royale de Médecine, sociétés scientifiques… Les conséquences furent immédiates. Des milliers de charlatans sans formation exercèrent désormais librement la médecine et la pharmacie. De nombreux patients le payèrent de leur vie. Le scandale était tel que le pouvoir républicain fut obligé de réviser les principes ultralibéraux proclamés. Le rapport de Barras au Directoire (16 janvier 1798) nous laisse clairement entrevoir l’ampleur du problème :

    «  Le public est victime d’une foule d’individus peu instruits qui, de leur autorité, se sont érigés en maîtres de l’art, qui distribuent des remèdes au hasard, et compromettent l’existence de plusieurs milliers de citoyens… O citoyens représentants, la patrie fait entendre ses cris maternels et le Directoire en est l’organe ! C’est bien pour une telle matière qu’il y a urgence : le retard d’un jour est peut-être un arrêt de mort pour plusieurs citoyens !… Qu’une loi positive astreigne à de longues études, à l’examen d’un jury sévère, celui qui prétend à l’une des professions de l’art de guérir; que la science et l’habitude soient honorées, mais que l’impéritie et l’ignorance soient contenues; que des peines publiques effraient la cupidité et répriment des crimes qui ont quelque ressemblance avec l’assassinat ! ».

    Pour endiguer la catastrophe sanitaire, les révolutionnaires avaient rétabli en 1794 des écoles de santé. Cependant, ces écoles étaient consacrées aux seuls militaires et ne remettaient pas en cause la « liberté de faire tel négoce ou d’exercer telle profession ». Il faudra attendre la loi du 10 mars 1803 pour que l’exercice de la médecine soit soumis à une formation et à la réussite à des examens officiels ! Belle réussite !

    Il va de soi que ces déréglementations auraient été impossibles dans le cadre de l’ordre social traditionnel. Cet ordre protégeait l’exercice des métiers et régulait de telle sorte le marché du travail qu’il était impossible de le « libéraliser ». Par « libéraliser », il faut comprendre : « laisser le renard libre dans le poulailler libre ». Il reviendra à la Révolution d’introduire le renard dans le poulailler, non sans s’être assuré auparavant que les poules étaient dans l’incapacité de se rassembler face au prédateur. Au nom de la liberté du travail, on va ainsi interdire les corporations, maîtrises, jurandes par le décret d’Allarde (mars 1791). La loi Le Chapelier (14 juin 1791) fera un délit du rassemblement des ouvriers et des paysans en vue de défendre leurs intérêts. On appellera cela le « délit de coalition ». Toute coalition ouvrière sera punie d’emprisonnement. La grève est interdite. Les coalitions patronales, quant à elles, seront autorisées à condition qu’elles n’aient pas pour objectif de faire baisser les salaires.  Comme le voulait Condorcet, tout individu pourra vendre son service et son temps… aux conditions fixées par son employeur. Certes, il ne pourra se vendre lui-même, mais, comme aux Etats-Unis ou la conditions des ouvriers blancs du Nord industriel sera aussi misérable que celle des esclaves noirs du Sud agricole, la condition ouvrière en France sera assimilable à un esclavage de fait.

    A la libéralisation du travail et à l’esseulement de l’ouvrier exploité s’ajoute l’ouverture complète du marché. Le décret de l’Assemblée du 30 et 31 octobre 1790 supprime les douanes intérieures. Les douanes extérieures seront bientôt repoussées jusqu’aux frontières des pays conquis, avec un tarif national douanier unique s’appliquant aussi bien en France, qu’en Italie, Espagne, Suisse, Belgique, Pays Bas ou Allemagne. Mais ces frontières européennes elles-mêmes ne doivent-elles pas être abolies ? Car la République est « universelle, une et indivisible » proclame le député du Cantal Jean-Baptiste Milhaud en 1792. Autrement dit, le « morcellement politique » et les « corporations nationales » doivent être supprimés au nom de « l’indivisibilité du monde » ajoute le député Anacharsis Cloots (1792). Il faut abattre les frontières et installer une « gouvernance globale » ou plutôt, dans le langage du XVIIIe siècle : un « sénat du genre humain », une « législature cosmopolite » (Cloots) ou un « Congrès du Monde entier » (Chénier, 1792).

    La République universelle projetée par les révolutionnaires se confond avec le marché unique planétaire. Ecoutons Cloots, qui annonce l’immigration  de peuplement, la monnaie unique, le marché libre, globalisé et homogène ainsi  que l’âge d’or du négoce et des manufactures : « les peuples sauront franchir les barrières pour s’embrasser fraternellement. C’est alors que les vicissitudes du change monétaire, du commerce maritime et continental ne troubleront plus la valeur des marchandises. La nourriture, le vêtement, la santé, la tranquillité, ne dépendront plus de spéculations et de l’agiotage des corporations étrangères. La circulation des subsistances et des médicaments ne trouvera aucun obstacle nulle part (…) Le bon prix  se soutiendra partout par les nombreux canaux d’un commerce permanent et invariable, par la concordance des poids et mesures (…) Les négociants ne craindront plus les flétrissures de l’infâme banqueroute. L’agriculture et les manufactures, jamais troublées par la guerre, ne se ressentiront point de l’inclémence locale des saisons…. ». (Discours à la barre de l’Assemblée nationale au nom des Imprimeurs, 9 sept. 1792)

    Pour finir, Anacharsis Cloots promet d’étendre au reste de l’Europe et à toute la terre le « commerce sans entraves, sans bornes et sans limites » qui unit, dit-il, la France et les provinces conquises en Espagne, en Italie et en Allemagne. Et il termine par ces mots : « L’Univers formera un seul Etat, l’Etat des Individus-Unis (…), la République-Universelle ».

    En conclusion, il est tout à fait clair que le processus de mondialisation, la fin des Etats nations, la dérégulation, la déréglementation, la loi absolue du marché, l’effacement des frontières, la libre circulation des hommes et des marchandises, la volonté d’esseuler l’individu face à l’employeur… ont été pensés, voulus et construits, brique à brique, par une république qui se voulait universelle. Nous vivons aujourd’hui l’aboutissement d’une grande marche globaliste commencée en 1789. Notons que cette marche a été cependant ralentie par des luttes autochtones. Des rapports de force favorables ont parfois obligé le régime à reculer : ainsi du retour des professions réglementées, de l’abrogation du délit de coalition, de la loi sur la création des syndicats ou de la loi sur les associations. Cependant, nous voyons bien que, globalement, ce sont les conceptions de la bourgeoisie d’affaires de 1789 qui déterminent  aujourd’hui la nature du marché et son organisation. Le marché est libre, sans entrave et sans bornes comme le voulait Cloots. Les syndicats ne sont plus que des auxiliaires du pouvoir. L’offensive pour déréglementer à nouveau les professions, notamment celles du droit, de la médecine et de la pharmacie, a recommencé. Le code du travail, code protecteur s’il en est, conquis de haute lutte, est progressivement démantelé. Le contrat collectif de travail, conquis de haute lutte lui-aussi, s’efface devant un contrat individuel à la carte. Quant aux frontières, symboliques, elles  n’empêchent ni la libre circulation des hommes, ni celle des capitaux, ni celle des marchandises.

    On reconnaît l’arbre à ses fruits, dit-on. Avec de telles racines républicaines, l’ultralibéralisme ne pouvait produire que des fruits empoisonnés.

    Antonin Campana

    http://euro-synergies.hautetfort.com/