(France 2)
France et politique française - Page 3893
-
Marine Le Pen appelle Valls à démissionner
-
Départementales : Le FN annonce une plainte contre SOS Racisme
En ce jour d’élections départementales, l’association SOS Racisme s’est lancée sur twitter dans une véritable campagne de dénigrement du Front National et de persiflage envers ses électeurs.
Le tweet de SOS Racisme mis en cause par le parti de Marine Le Pen adresse à l’attention des électeurs FN ce message : « Parmi les candidats du binôme, ne pas oublier de marquer d’une croix celui que vous préférez le plus ».
Or, tout bulletin raturé ou concernant la moindre mention manuscrite est considéré comme nul, et il n’est pas possible de dissocier les deux candidats d’un binôme.
Le Front National compte déposer plainte contre SOS Racisme, jugeant que ce tweet de l’association en ce premier tour des départementales constitue une « manœuvre frauduleuse pour détourner des suffrages », a déclaré ce dimanche son trésorier et ancien avocat Wallerand de Saint-Just.
Le conseil invoque l’article L97 du code électoral. Cet article stipule que : « ceux qui, à l’aide de fausses nouvelles, bruits calomnieux ou autres manœuvres frauduleuses, auront surpris ou détourné des suffrages, déterminé un ou plusieurs électeurs à s’abstenir de voter, seront punis d’un emprisonnement d’un an et d’une amende de 15.000 euros ».
Si le mépris, le dénigrement envers les électeurs du Front National sous-entendus dans le message de l’association SOS Racisme étaient pénalement punissables, il y aurait de quoi prendre très cher.
http://fr.novopress.info/184448/departementales-fn-annonce-plainte-contre-sos-racisme-apres-tweet/
-
Aymeric Chauprade sur Nicolas Sarkozy : « Qui peut faire confiance désormais (…) à un homme qui a pensé installer le nucléaire dans un nid islamiste »
21/03/2015 – BRUXELLES (NOVOpress) - Le géopoliticien Aymeric Chauprade, par ailleurs député européen du Front National, revient sur les récents attentats de Tunis et de Bamako, nouvelles conséquences selon lui de la “politique folle de l’OTAN contre la Libye de Kadhafi”. Il revient également sur l’intention de Nicolas Sarkozy, alors qu’il était encore président de la République, d’installer des centrales nucléaires dans la Libye de “l’après Kadhafi”. Une telle incapacité à prévoir, un tel manque de sens politique, lorsqu’on occupe la plus haute fonction de l’État, devrait suffire à ruiner le peu de crédit qu’il reste à Nicolas Sarkozy auprès du peuple français.
On mesure aujourd’hui, partout dans le Maghreb et en Égypte, les conséquences terribles de l’attaque folle de l’OTAN contre la Libye de Kadhafi, attaque qui fut décidée, on ne le répètera jamais assez, par Nicolas Sarkozy.
Car ce terrorisme qui dévaste la Libye, et qui a frappe aussi cruellement la Tunisie, ce terrorisme qui décapite des chrétiens coptes, qui assassine des touristes occidentaux, qui tue aveuglement des musulmans aussi, qui tente de détruire l’extraordinaire patrimoine pré-islamique de l’Afrique du Nord comme du Moyen-Orient, tout cela a des causes, et parmi ces causes, parmi les causes premières du terrorisme en Tunisie, pays voisin de la Libye, il y a les terribles erreurs de Nicolas Sarkozy et de Bernard-Henri Lévy !
Ce même Nicolas Sarkozy qui était prêt à installer des centrales nucléaires dans la nouvelle Libye islamiste ! Rendez-vous compte ! Qui peut faire confiance désormais, pour veiller à la sécurité de la France, à un homme qui a pensé installer le nucléaire dans un nid islamiste ! On ne remerciera jamais assez les décideurs d’Areva de l’époque de s’être opposés à cette folie, sans doute motivée par d’inavouables raisons ! (…) Aymeric Chauprade, Bruxelles, 19/03/2015 -
Des journalistes européens manipulés par la CIA
Le Dr. Udo Ulfkotte, 53 ans, a collaboré pendant 18 ans ans au prestigieux quotidien Allemand, le Frankfurter Allgemeine Zeitung, jusqu’à en être le rédacteur en chef. Il fut également conseiller du Chancellier Kohl. Dans un témoignage, il révèle les noms de ses collègues les plus célèbres en Allemagne, instrumentalisés par les services de renseignements américains et allemands. Il affirme avoir été manipulé comme les autres. Aujourd’hui, il se repent et déclare « avoir honte d’avoir fait partie de ce système de corruption ». Malgré l’omerta sur son témoignage, le livre est un bestseller.
”Aucun journaliste est autorisé à parler de mon livre au risque de se faire virer. Nous avons donc un bestseller, sur lequel les mainstreams n’ont ni l’autorisation d’écrire, ni l’autorisation de parler.”.
Ulfkotte estime que la corruption de journalistes d’informations majeurs en Occident est une routine pour la CIA.
« Lorsque j’ai confié à mon journal, la FAZ, que j’allais publier mon livre, leurs avocats me menacèrent, en me disant je devrai en tirer toutes les conséquences, surtout si je publiais des noms ou des secrets, mais je m’en fiche. Vous voyez, je n’ai pas d’enfants à me soucier. Vous devez aussi savoir que j’ai été gravement blessé durant les attaques au gaz dont j’ai été témoin en Iran en 1988. Je suis le seul journaliste allemand qui a survécu à ces attaques au gaz. J’en souffre toujours. J’ai été victime de trois attaques cardiaques. Je ne pense pas vivre plus de quelques années.”
“J’ai publié des articles sous ma signature rédigés par les agents de la CIA et autres services secrets, en particulier les services allemands.”
Il raconte que des organisations proches du gouvernement offrent des voyages tous frais compris aux journalistes. En contrepartie, il est exigé d’eux, d’écrire favorablement.
Combien de journalistes, chez nous, en France, font l’objet de cette corruption ?
Michel Janva http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html
-
La branlée du siècle (petit éloge du populisme) !
Les socialistes vont la sentir passer.
Nous n’allons pas bouder notre plaisir. Cette fin de semaine, c’est la fête au village, l’effet deux-en-un. Samedi la marée, dimanche la branlée ! Les socialistes vont la sentir passer. Quoique des branlées, ils n’ont pas fini d’en prendre, et plutôt que le siècle, en matière de reflux électoral, l’échelle de temps pour sortir les sortants sera plutôt celle du quinquennat de notre cher Président.
Veuillez pardonner cet accès de vulgarité, amis lecteurs, mais vous savez ce que c’est : à force d’être méprisés, moqués et stigmatisés, on sent en soi une sourde colère monter, et une envie d’en découdre, la rage vous monte au cœur et le couteau vous vient entre les dents. Ah, ça ira, ça ira, ça ira !
Et c’est justement de ce sentiment de ras-le-bol que je veux parler dans ce billet, ce que nos bien-pensants vilipendent sous le nom de populisme.
Il se trouve que Finkielkraut invitait Chantal Delsol dans son émission « Répliques » pour en débattre, et samedi dernier, comme par hasard. Normal, venu d’un esprit malade accusé, avec Zemmour, Onfray et quelques autres, par les kapos de la pensée, de banaliser les idées du FN, de corrompre ces benêts de Français, qui ne comprennent rien, qui n’ont ni capacité de jugement ni libre arbitre et se laissent séduire par les sirènes populistes. On voit la piètre estime dans laquelle nous sommes tenus. S’ils pouvaient seulement dissoudre ce peuple qui ne marche pas droit !
-
Une mélancolie à consommer sans modération par Patrick JANSEN
Les plus attentifs d’entre nous avaient remarqué Éric Zemmour dès ses débuts au Quotidien de Paris puis surtout à Infomatin, vers 1994. Dans ce journal hélas éphémère et qui se voulait de gauche, il était surprenant et agréable de voir un journaliste encore jeune chercher à comprendre pourquoi le Front nationalatteignait alors son apogée, au lieu de se livrer à l’obligatoire exercice de diabolisation imposé par la profession.
Zemmour a fait du chemin depuis. Son entrée au Figaro, ce temple du conformisme bourgeois et de la trahison institutionnalisée du peuple français, nous laissa, bien sûr, craindre le pire. Mais dans le même temps il nous donnait des biographies sans complaisance des frères ennemis de la Droite institutionnelle, un Balladur dont le titre valérien soulignait l’immobilisme louis-philippard et surtout un, ou plutôt deux, Chirac, puisque L’Autre révélait sous forme de roman à clés tout ce qu’une narration officielle, L’Homme qui ne s’aimait pas, comportait de nécessairement lacunaire.
Au fil des ans et des livres, les prises de position véhémentes d’Éric Zemmour contre la judiciarisation de notre société, certains abus journalistiques, le féminisme imbécile (pardon pour le pléonasme) ou encore le ridicule odieux du militantisme homosexuel achevaient de nous le rendre fort sympathique, d’autant que l’homme ne manquait pas de courage en donnant à Réfléchir & Agir un long entretien.
Nous sommes donc sans doute assez nombreux à voir dans sa montée en puissance médiatique un signe d’espérance, à écouter sa chronique journalière sur R.T.L. à 7 h 15, à attendre avec impatience « Ça se dispute » en fin de semaine sur I-Télé ou encore, chaque samedi soir, « On n’est pas couchés », sur France 2.
Mais on attendait de sa plume un ouvrage d’envergure. Avec Mélancolie française, le moins qu’on puisse dire, c’est que le pari est pleinement réussi. Rien ou presque, n’est inutile ni même superficiel dans les 250 pages de cet essai qui se veut autant une méditation sur l’histoire de France qu’une interrogation sur l’identité française et qu’une réflexion prospective angoissée sur l’avenir de notre pays.
Contrairement à ce que voudraient nous faire croire les gardiens autoproclamés de telle ou telle « Mémoire », l’histoire n’est pas le lieu d’une distribution de bons points ni celui des repentances. Elle est, dans sa dimension essentiellement tragique, le lieu d’accomplissement du destin des peuples. Mélancolie française est au premier chef une déclaration d’amour au peuple français auquel Zemmour appartient.
Le livre entier montre que Zemmour a fait sienne la phrase admirable de Napoléon, son personnage historique français à juste titre préféré : « J’assume tout de l’histoire de France, de Clovis au Comité de Salut Public ». Les constantes de l’histoire de France, Zemmour les analyse dans une perspective géopolitique de long terme : l’hostilité à l’Angleterre (et, pour les mêmes raisons aux États-Unis) ne repose pas sur le désir de venger Jeanne d’Arc, Napoléon ou Fachoda mais sur l’antagonisme structurel qui oppose nécessairement et pour toujours une puissance thalassocratique comme l’Angleterre aux puissances du continent. Si Zemmour cite nommément Ratzel, il a manifestement tout aussi bien lu les géopoliticiens anglo-saxons, les amiraux Mahan et Mackinder ou encore Spykman dont le cauchemar fut précisément l’unification du continent, cet « axe » Paris – Berlin – Moscou, seul salut potentiel de notre civilisation européenne, un court moment esquissé par Jacques Chirac en 2003 et que l’arrivée au pouvoir d’Angela Merkel a hélas remis à plus tard.
Rien de « passéiste » donc dans l’approche de Zemmour, quel que soit son goût pour le passé. On aimerait tout citer de ses analyses, par exemple le caractère fondamentalement mortifère du capitalisme libre-échangiste (« le libre-échange, c’est la guerre (p. 76) ») ou encore la dénonciation de la religion des « Droits de l’Homme », celle qui a remplacé le christianisme pour le plus grand malheur des peuples dans un néo-colonialisme d’une abjection et d’une hypocrisie totales.
Parmi les pages les plus originales, figurent celles que Zemmour consacre au Maréchal Pétain (chapitre 5, pp. 109 à 138). « Question sacrilège », avoue-t-il lui-même ! Loin d’en vouloir au Pétain de 1940, c’est à celui de 1917 que notre auteur réserve ses flèches pour avoir admis et même espéré l’arrivée de l’Amérique et de ses « boys » comme arbitre d’une guerre jusque-là européenne. En un mot, Pétain fut traître à l’Europe en 17 et non à la France en 40. Bravo ! Il fallait oser l’écrire.
Je ne sais comment un jeune Français de moins de 20 ans découvrant la politique ou la métapolitique peut réagir devant un tel livre. Éric Zemmour a aujourd’hui légèrement dépassé la cinquantaine. Ceux qui appartiennent à sa classe d’âge et qui, comme lui, réfléchissent avec amour sur notre passé français et européen ne peuvent, eux, que partager l’intense mélancolie que diffuse son livre. C’est sans doute la seule critique de fond qu’on puisse lui adresser : il faut réfléchir pour agir et non pour s’attrister.
Le spectacle qui nous entoure est pourtant souvent angoissant, coincés que nous sommes entre des « élites mondialisées parlant, [et] pensant en anglais et [un] lumpenprolétariat islamisé (p. 246) ». Contrairement à Éric Zemmour qui semble mettre ces menaces sur un pied d’égalité, on peut toutefois penser que la première est infiniment plus dangereuse que la seconde.
Patrick Jansen
• Éric Zemmour, Mélancolie française, Paris, Fayard – Denoël, 2010, 17 €.
• D’abord paru dans Réfléchir & Agir, n° 35, été 2010, p. 57.
-
L'hypertrophie et l'opacité de l'Etat
Agnès Verdier-Molinié est directrice de la Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques» (IFRAP). Elle dénonce au Figarovox l'opacité de l'Etat et la complexité du système...:
"je n'imaginais pas, en commençant mes recherches, que personne ne connaissait le nombre de taxe, impôts et cotisations sociales qui pèsent sur les ménages et les entreprises en France. A priori, ma première estimation tournait autour 170 taxes et impôts… et finalement, jours après jours la liste s'est allongée pour atteindre 360 ! A l'étranger le nombre d'impôts et taxes tourne autour d'une centaine… Idem pour la liste des primes des agents de l'Etat, je pensais la trouver en trois clics sur Internet. Finalement pour avoir le Livre Blanc de l'Office national de paie, qui est le seul document exhaustif sur les primes de l'Etat, il a fallu que j'aille chercher une clé USB en catimini avec le risque que la personne qui m'aidait soit inquiétée si cela se savait. En quoi le sujet des primes de l'Etat est-il un sujet si important pour que la liste ne soit pas publique ? Certainement car, en un seul coup d'œil quand on a les 4 000 pages imprimées sur son bureau, on comprend que le système ne peut continuer à être géré comme cela ! On comprend aussi immédiatement comment on a perdu 290 millions d'euros après 6 ans de travaux infructueux puisque que le projet de logiciel de paie ne pouvait pas fonctionner et. Personne n'a dû oser dire qu'il fallait, avant de développer un logiciel, réduire le nombre de primes et appliquer les mêmes dans tous les ministères… [...]
Ce qui étonne, c'est surtout le mutisme des organisations publiques quand nous les questionnons. Les chiffres que nous demandons sont toujours indisponibles. Pour se procurer les bilans sociaux des départements par exemple, il a fallu passer, en plus d'un premier email de demande, une centaine d'appels téléphonique et une cinquantaine de relances par email. Tout cela pour des documents qui devraient être en ligne, accessible à tous les citoyens. Aussi, quand nous osons demander les comptes annuels des caisses primaires d'assurance maladie ou des caisses d'allocations familiales, c'est encore plus problématique. Nous n'avons réussi, sur une centaine, à en obtenir un peu plus d'une dizaine et là, l'accueil est souvent glacial avec la question qui revient systématiquement : « de quel droit demandez-vous nos comptes ?». Nous avons souvent l'impression que les organisations publiques ont oublié qu'elles travaillent pour la collectivité avec des deniers prélevés sur le travail de chacun d'entre nous.
Certains vous reprochent d'avoir une approche idéologique «ultra-libérale». De vouloir faire subir une violente purge à la France. Est-ce un livre idéologique ? Que vous inspirent ces critiques?
« On va dans le mur… » n'est pas un ouvrage idéologique mais une tentative pour réveiller nos élus, nos responsables publics et l'opinion publique et leur donner envie de prendre à bras le corps les maux qui plombent notre économie. Ce livre est basé sur des chiffres factuels qui bloquent la création d'entreprises, l'innovation, la création d'emplois et donc l'ascenseur social.Dans tout pays moderne, les services publics et l'impôt sont nécessaires. Il convient juste de ne pas oublier que pour mettre en commun et redistribuer, la première étape est de produire et qu'un bon système bien géré est préférable à un système qui génère du déficit et du chômage. Ceux qui réorganiseront la France ne le feront pas pour faire plaisir à Bruxelles ou à nos créanciers, ils le feront pour éviter à leurs enfants le déclassement de la France. Cela n'a rien d'idéologique."
Michel Janva http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html
-
Bistro Libertés s2e5 avec Paul-Marie Coûteaux
-
Manuel Valls, les intellectuels et l'inculture triomphante
Plus de trente ans après Max Gallo, Manuel Valls se plaint du silence des intellectuels. Pour Vincent Trémolet de Villers les politiques ne les lisent pas et les utilisent comme des outils de communication.
On ne devrait jamais imiter Mitterrand. François Hollande n'est pas Tonton et Manuel Valls n'est pas Max Gallo. En 1983, l'historien, alors porte-parole du gouvernement, publiait à la fin du mois de juillet une tribune de très bonne facture dans Le Monde: «Les intellectuels, la politique et la modernité.» Il y déplorait l'abandon par la gauche de la bataille des idées et le silence des penseurs et des philosophes retirés «sur l'Aventin». Le 5 mars dernier, Manuel Valls lançait à son tour «Où sont les intellectuels? Où sont les grandes consciences de ce pays, les hommes, les femmes de culture qui doivent monter eux aussi au créneau? Où est la gauche?» C'est le même qui, pourtant, rejetait dans les rayons de l'enfer un essayiste, un romancier et un philosophe dont les œuvres cristallisent une large partie des angoisses contemporaines et qui à eux trois vendent des centaines de milliers de livres. Le Suicide français, d'Éric Zemmour, selon Manuel Valls, ne méritait pas d'être lu. La France ça n'est pas «celle de Houellebecq» a-t-il affirmé. Enfin, il s'est embrouillé dans ses fiches, sur Europe 1, en estampillant, malgré lui, Bernard-Henri Lévy comme penseur officiel du régime et en tatouant sur le bras de Michel Onfray le signe infâmant de l'extrême droite.
Si l'on comprend bien le premier ministre, le silence des intellectuels est révoltant quand ils sont issus de la gauche morale mais impératif quand ils ont emprunté d'autres chemins. Pour savoir qui doit parler et qui doit se taire, s'adresser à l'hôtel Matignon. Cette approche enfantine illustre la place qu'ont véritablement les intellectuels dans l'esprit du gouvernement (et disons-le de la plus grande part de la droite): des pions noirs ou blancs que des communicants, plus ou moins incultes, placent sur le damier. L'ouvrage de François Bazin,Les Ombres d'un président (Plon),détaille avec cruauté cette paresse et cette indifférence chez François Hollande.
La littérature et la vie de l'esprit établissent pourtant des liens indestructibles entre l'homme public et la population. Plus encore que la séance du marché le samedi matin, la lecture de Balzac expose toutes les nuances de l'âme humaine et de l'ambition, celle de Proust des vanités sociales et des intermittences du cœur. Les Particules élémentaires ou Soumission offrent un tableau de la classe moyenne que les sociologues mettront dix ans à établir dans leurs rapports. Mais ceux qui nous gouvernent ou souhaiteraient le faire considèrent le livre comme un meuble. L'ornement secondaire d'une ambition accomplie. Le chef de l'État assume son ignorance et se fait prendre en photo, sourire ravi, avec L'Histoire de France pour les Nuls. Manuel Valls ne sait pas qui est Hélie de Saint Marc, Fleur Pellerin se fout de Modiano, Frédéric Lefebvre confond Zadig et Voltaire, Nicolas Sarkozy s'est longtemps demandé à quoi pouvait bien servir La Princesse de Clèves.
Les journalistes, reconnaissons-le, ne sont pas en reste. Ils classent eux aussi les auteurs chez les blancs ou chez les noirs sans même prendre la peine d'ouvrir leur livre. Christophe Guilluy, géographe de gauche qui ne cesse d'essai en essai d'établir les causes de la dérive identitaire, est qualifié de «pousse» de la droite la plus réactionnaire. L'auteur de L'Insécurité culturelle, Laurent Bouvet, alerte la gauche sur ses impensés: il est renvoyé sur l'autre rive parce qu'il a osé évoquer la crise de l'intégration. L'œuvre d'Alain Finkielkraut, maître de l'inquiétude et de la nuance, est réduite au rang de tract pour le Front national. Leurs noms remplissent les listes noires. Contre eux, le lexique olfactif, «rance», «moisi», est exploité jusqu'à la nausée. Tous sont coupables du même crime: plutôt que de peindre une surréalité heureuse, ils livrent par fragments les peurs et les espérances de l'inconscient collectif. En un mot, ils appellent un chat, un chat. Ce que les sondeurs voient venir, à la veille des élections déparmentales, ils l'annoncent et le déplorent depuis des années. Ils ne se sont pas contentés de publier des essais et d'attendre «sur l'Aventin». Ils supportent les ricanements, les couleurs criardes des studios de télévision, les comiques pas drôles, les critiques jaloux. En vain. Certes, les politiques les reçoivent, les écoutent, les raccompagnent, leur tapotent l'épaule, mais l'idée ne leur est pas encore venue de jeter un œil sur leurs livres. Pas le temps: le rappeur Joey Starr, fondateur de l'inoubliable Nique ta mère, vient dîner à l'Élysée.Vincent Tremolet de Villers
Vincent Tremolet de Villers est rédacteur en chef des pages Débats/opinions du Figaro et du FigaroVox
Le Figaro :: lien
-
Revirement américain sur la Syrie : le gouvernement Français en porte-à-faux
« Il faudra négocier » a déclaré le secrétaire d’Etat John Kerry. Sur CBS il évoquait une transition politique en Syrie, qui est entrée ce 15 mars dans sa cinquième année d’une guerre sanglante. Le directeur de la CIA, John Brennan, avait déjà admis que les Etats-Unis ne voulaient pas d’un effondrement de l’Etat syrien, qui laisserait le champ libre à l’Etat islamique.
Ce ballon d’essai déplait à notre Ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, aligné sur la diplomatie israélienne :
« Toute […] solution qui remettrait en selle M. Bachar Al‑Assad serait un cadeau absolument scandaleux, gigantesque aux terroristes de Daesh », a‑t‑il indiqué.Comment a‑t‑on réagi sur le terrain ?
L’archevêque syriaque catholique d’Hassaké, Mgr Hindo, a déclaré : « C’est une option qui aurait dû être prise depuis déjà longtemps, c’est un choix obligé si l’on veut réellement chercher une issue à cette tragédie commencée voici quatre ans. Une proposition concrète de négociation doit être faite rapidement ».
http://fr.novopress.info/184386/revirement-americain-syrie-gouvernement-francais-en-porte-faux/