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France et politique française - Page 3974

  • Liberté d'expression, religions, caricatures : le decryptage de François Huguenin

    Quelles sont les limites à la liberté d’expression ? Les religions sont-elles un richesse pour les sociétés ? Les réponses de l’historien des idées François Huguenin.

    La France unanime a donc défilé le 11 janvier au nom de Charlie pour défendre la liberté d’expression. Est-il utile de dire que j’ai consonné à cet instant d’unité nationale autour de la condamnation de ces actes terroristes abjects et que je me suis félicité d’entendre quelques voix courageuses oser nommer enfin le péril : l’islamisme radical. Mais je suis étonné et inquiet de voir toute une France, dont celle issue de la « diversité » est apparue bien absente, devenir supportrice d’un journal qu’elle n’avait jamais lu. La défense de la liberté d’expression semble avoir créé une épidémie de cécité par rapport aux problèmes que pose, non la liberté d’exprimer des idées, mais la manière de le faire.

    Il est clair que la liberté d’expression est encadrée en France, que certains propos comme ceux qui incitent à la haine raciale sont légitimement passibles de poursuite, et qu’il n’y a pas de législation contre le blasphème. Mais la question que pose l’humour de Charlie Hebdo, que chacun appréciera selon ses critères, me semble être au-delà du juridique. Si la liberté est une valeur essentielle de notre société, conquise après bien des luttes, est-elle pour autant une valeur absolue qui serait supérieure à toutes les autres ? La devise de notre République ne met-elle pas au même niveau l’égalité et la fraternité ? Au nom de cette fraternité, ne peut-on pas prendre au sérieux une valeur qui n’est pas de nature à être encadrée dans des textes juridiques car elle est impossible à codifier, mais qui est inhérente à la dignité de l’homme et inscrite au cœur de chacun, celle du respect de l’autre. C’est ce qui fait d’ailleurs une large part du charme de l’existence : se lever dans le bus pour laisser s’asseoir une personne âgée, demander poliment à son voisin de baisser le son de sa musique au lieu de hurler dans l’escalier « moins fort » : tout cela n’est pas prescrit par la loi, mais rend la vie meilleure. Or, s’il est une valeur à respecter chez autrui, c’est bien sa religion. La foi d’un être humain est sans doute l’attachement le plus fort qui soit.

    Elle se développe au plus intime de l’être. La moquer, la ridiculiser peut être particulièrement blessant. Elle est un choix qui engage profondément l’existence et mérite d’être respecté. Comprenons-nous bien : il ne s’agit pas de restreindre la liberté d’expression par la loi ; il s’agit que chacun soit responsable de la manière dont il dit les choses. On peut s’adonner à la critique des religions, le débat d’idées est toujours enrichissant ; l’insulte et la moquerie sont toujours blessantes et n’avancent à rien. Ne nous cachons pas derrière le droit à l’humour. On peut rire sans blesser, je pense à feu Pierre Desproges, notamment son sketch sur les Juifs. Jamais la loi ne saurait évidemment codifier cela, mais je propose une règle simple que nous pourrions chacun nous appliquer à nous-même. Et si je ne publiais que ce que je serais capable de dire à une personne que je rencontrerais en face à face ? Derrière la plume, il est facile d’oublier que l’on s’adresse à des personnes vivantes qui ont des sentiments. On me dira que je discrédite de fait toute une tradition polémiste dont la littérature française s’honore : les vacheries de Saint-Simon, les imprécations de Léon Bloy. Avouerais-je que ces écrivains ne m’inspirent pas ? [...]

    La suite sur Le Figarovox

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Liberte-d-expression-religions

  • Le racisme anti-arménien à Marseille

    Minute a interrogé Jacques Donabedian, co-président du Conseil de coordination des organisations arméniennes de France pour la région Sud, suite à l’assassinat du jeune arménien Mickaël par des voyous multirécidivistes.

    "Il est mort, victime de l’hostilité qui règne dans les quartiers difficiles. Mickaël était un jeune chrétien. Il était scout apostolique arménien, il avait une vie exemplaire, il défendait certaines valeurs… Mais quand vous défendez ces valeurs, vous êtes vu d’un mauvais oeil par les jeunes qui se livrent aux trafics en tous genres. Ça génère des tensions, des rixes. Lundi, dans un contexte exacerbé par les attentats commis à Paris, Mickaël a été assassiné.

    Peut-on parler d’un assassinat raciste?

    L’assassinat de Mickaël est un cas extrême et dramatique. Mais pour les jeunes d’origine arménienne, le climat d’insécurité est permanent. Dans certains collèges et lycées, nos enfants sont insultés, traités de « sales Arméniens ». C’est même tagué sur les murs dans certaines écoles ! Les propos racistes, les agressions verbales, les coups, les menaces : c’est au quotidien que les jeunes Arméniens en sont victimes. On ne le dit pas, mais il faut le savoir."

    Allô, les professionnels de l'antiracisme ?

    Michel Janva

  • « Pour l’islam et la République, la loi est absolue »

    Abbé Guillaume de Tanoüarn

    Adorer un dieu et servir la Cité sont-ils compatibles ou incompatibles ? L’abbé de Tanoüarn, docteur en philosophie et familier des questions d’éthique, éclaire les rapports complexes qui existent entre république et religion.

    L’Action Française 2000 – La religion est-elle irréductible à la République ?

    Abbé Guillaume de Tanoüarn – La religion est constitutive de toutes les formes du "vivre ensemble" : « il n’y a pas de société sans religion comme il n’y a pas de communion sans transcendance », disait Malraux. Au début du XVIIIe siècle, le protestant Pierre Bayle fait sensation en se demandant si une société d’athées est possible : il répond par l’affirmative mais souligne la nécessité d’une réglementation de fer pour rendre compatibles les unes avec les autres les personnes qui ne pensent pas la même chose. Avant lui, la conclusion politique des guerres de religion tenait dans cet aphorisme latin : Cujus regio, ujus religio. On prenait acte de la nécessité sociale d’une religion une et, tant qu’à faire, cette religion devait être celle du Prince. Le système inventé par Louis XIV, système dit "du droit divin des rois", avait certes l’inconvénient d’insister plus sur le roi que sur la religion et de proposer aux Français une synthèse théologico-politique nationale et nationaliste largement humanisée, synthèse qui explique les perspectives de la Révolution française, perspectives qui laïcisent la synthèse bourbonienne et la rendent purement politique. La France devient l’objet d’un culte, on lui offre des sacrifices, ce sont des sacrifices humains : sacrifice des ennemis (« qu’un sang impur », etc.) et sacrifice de ses propres serviteurs, durant les vingt-cinq ans de guerre qu’inaugure la bataille de Valmy. Le nationalisme révolutionnaire est ici d’essence religieuse ; dans la terminologie maurrassienne, on parlera de nationalitarisme, comme Maurras le fit à propos du nazisme.

    Mais aujourd’hui, qu’en est-il du fait religieux et de la république actuelle ?

    La République cinquième du nom est beaucoup plus fidèle qu’on ne le croit à son ascendance révolutionnaire, comme en témoignerait, entre autres, le bonnet phrygien arboré par les gaullistes. Elle partage avec la Iere République le même absolutisme qui, d’une certaine façon, fut celui de Louis XIV (mais on peut en débattre !) et qui a construit la France. Jean-Jacques Rousseau, en 1763, dans Le Contrat social, tente de résumer de façon "moderne" cet absolutisme français en orchestrant la vieille lutte entre l’unité du pouvoir politique et l’autorité spirituelle de l’Église catholique. Son modèle est Sparte ou la Rome antique : pour lui, l’autorité politique doit avoir tout pouvoir. Mais cela n’est admissible que dans la mesure où ce pouvoir représente la volonté du peuple. C’est le vieux pacte de Reims entre le roi et son peuple, dont on retrouve trace sous sa plume mais laïcisé et rendu abstrait. Au lieu d’un échange personnel constant entre le roi et ses sujets, ce contrat social abstrait aboutit à absolutiser une idée. Henri Vaugeois, en essayant de le définir, parlait d’idéocratie. Je crois que ce terme convient très bien à ce qui est en train de se passer sous nos yeux. Les grandes manifestations du dimanche 11 janvier ont fait dire au journal Libération, en une : « Nous sommes un peuple. » Au fond, ces manifestations que l’on refuse de compter ont réuni tous les Français, qu’ils le veuillent ou non, autour de l’idée républicaine et de ses avatars actuels, tout aussi sacralisés : le multiculturalisme, la France Black-Blanc-Beur et le sens cosmopolite de l’histoire.

    Considérez-vous donc que la République est devenue une religion ?

    Ce serait lui faire trop d’honneur, même si, à travers la franc-maçonnerie, elle a ses rites. Il n’est pas sans signification de constater que le Grand Orient de France était présent en grandes pompes, toutes écharpes dehors, dimanche dernier. Récupération ? Cela dépend de quel point de vue on se place, mais ce qui est clair, c’est que la République donne un sens purement républicain au besoin de sécurité du peuple français qui s’est exprimé si solennellement dimanche. Je dirais plutôt, en restant fidèle à l’herméneutique d’Henri Vaugeois, que la République, sans jamais l’avoir mise aux voix mais en la tenant pour représentative de l’unanimité présumée des citoyens, entend dresser l’idée de république cosmopolite comme désormais constitutive de l’identité française, comme en témoignent les immédiates revendications de régularisation inconditionnelle des sans-papiers et de droit de vote des étrangers. La grande lessiveuse républicaine est en train de faire son œuvre en s’appropriant, comme d’habitude, l’attente du peuple dont elle fait une idée abstraite, celle de république universelle.

    Est-on forcé d’être d’accord avec cette idée ?

    Le génie politique de Rousseau, qui est vraiment le père fondateur de notre république, infiniment plus que Voltaire, est d’avoir transformé l’idée de démocratie en la rendant acceptable à la France bourbonienne imbue de sa grandeur, sous une autre forme, celle de république. La république n’est pas le gouvernement de la majorité des citoyens, mais celle de l’unanimité présumée du corps social autrefois tout entier royaliste, depuis la Révolution tout entier républicain. Cette unanimité est évidemment exclusive : ceux qui n’acceptent pas l’idée républicaine dans ses différents avatars historiques, depuis "la patrie ou la mort" jusqu’à la république cosmopolite, sont exclus. Pour Rousseau, ils n’ont pas le droit de vivre, en tout cas pas le droit de vivre en France : une députée PS invitait récemment Éric Zemmour à quitter le pays, manifestement elle connaît ses classiques !

    Que penser de l’injonction "Je suis Charlie" ?

    Ce n’est pas une idée mais un slogan, un slogan compassionnel qui donne son poids de chair à l’idée républicaine mais qui, par lui-même, signifie surtout que le peuple français tout entier s’identifie avec les victimes du terrorisme. La force de ce slogan a permis à Charlie Hebdo de faire une nouvelle une en représentant Mahomet à travers des formes dont je dirais simplement qu’elles sont douteuses. Le problème ? Charlie Hebdo représente l’idéologie nihiliste actuellement en vogue. Le slogan "Je suis Charlie" pourrait ainsi, par la magie républicaine, signifier que la France toute entière s’est identifiée à ce nihilisme dont la formule est simple : tout vaut tout, seule la liberté, quelle qu’en soit l’incarnation, a un sens.

    Tout vaut tout, mais doit-on penser que le catholicisme ne peut pas être républicain, au contraire de l’islam, comme le raconte d’ailleurs Houellebecq ?

    Il y a une connivence mystérieuse entre l’islam et la République, qui ne se ressemblent pas quant au fond mais qui réalisent deux formes analogiques. L’islam et la République sont fondés sur l’idée que la loi est absolue et qu’elle n’a pas à en référer ni à un ordre naturel, ni encore moins à un ordre divin : Allah est en dehors de sa création qui, dirait-on, ne le concerne pas. La religion islamique, culte de la loi (charia) sans cesse réinterprétée par des fatwas, a ce point commun fondamental avec la République : l’une et l’autre érigent la loi positive au dessus de tout, par delà même le bien et le mal. Pour un républicain, le bien est ce qui est légal, pour un imam, ce sont les fatwas précisant la charia qui permettent aux fidèles de faire le bien en toute tranquillité même quand elles sont sanglantes et quand le bien qu’elles proposent paraît contraire à l’élémentaire instinct moral, à la common decency, comme disait Orwell. 

    Et le catholicisme ?

    Il est difficilement soluble dans la République parce que ce n’est pas une religion de la loi. Nous savons depuis saint Paul que l’observance de la loi rend fou. Il en a tiré les conséquences en donnant son cœur au Christ. Ce que l’on reproche au catholicisme aujourd’hui est d’être la religion du cœur, la religion qui ose continuer à dire que le cœur a ses raisons que parfois la loi ne connaît pas. Rousseau, déjà, dans le dernier chapitre du Contrat social, s’offusquait de cette autorité spirituelle capable de contredire tous les absolutismes politiques. À cet égard, il donnait nettement sa préférence à l’islam sur le christianisme. 

    Le catholicisme est-il pour autant antisocial, comme le pense Vincent Peillon ?

    Pas du tout. La vraie sociabilité ne vient pas de la loi mais du cœur. On disait des premiers chrétiens, dans les Actes des apôtres, qu’« ils ne font qu’un cœur et qu’une âme ». Le christianisme est tellement convaincu, depuis toujours, de sa vocation à donner une cœur à la société des hommes, qu’il s’est autoproclamé depuis le premier siècle (depuis au moins Ignace d’Antioche) catholique, c’est-à-dire universel. Cette universalité n’est pas l’universalité autoritaire de la loi, mais l’universalité ouverte du respect mutuel et de l’amour.

    Propos recueillis par Philippe Mesnard

    Article paru dans l’Action Française 2000 n° 2901 du 15 janvier 2015

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Pour-l-islam-et-la-Republique-la

  • Avec nous, avant qu’il ne soit trop tard

    Lundi à Cologne (Allemagne), dans la cadre de la promotion de son livre Soumission (interrompe en France et largement ailleurs à la suite des attentats),  Michel Houellebecq a été amené à répondre à de nombreuses questions  sur l’opposition nationale a constaté le journal Libération. «Depuis à peu près quarante ans a ainsi expliqué l’écrivain, l’histoire politique de la France est une tentative générale de tous les partis, tous les médias et tout le pouvoir culturel de freiner l’ascension du Front National, et l’échec de cette tentative» . Le FN «est parti avec deux trucs (sic): lutte contre l’immigration et lutte contre l’insécurité». «Entretemps, il a récupéré à lui tout seul le sentiment antieuropéen parce que les autres partis de gauche et de droite ont liquidé leur opposition interne à l’Europe (…) tout récemment, il a rajouté une protestation anti-islam, une protestation antirigueur, il est un peu tous azimuts (…) ça fait beaucoup de choses pour attirer ».  Last but not least, le Front National «a récupéré, arme suprême, une nostalgie de l’époque où la France se vivait comme indépendante, non soumise à l’Europe et non soumise aux Etats-Unis, donc l’époque de De Gaulle, en fait ».

     Fort de cette analyse rapide,  taillée à la serpe mais plutôt honnête,  Michel Houellebecq en tire comme conclusion que la prochaine présidentielle est «dangereuse, potentiellement». Pourquoi ? Parce que si cette poussée nationale-souverainiste, populiste est  insuffisante (ce qu’il croit ?) pour permettre à Marine Le Pen de l’emporter au second tour, l’affaiblissement de la droite juppéiste ou sarkozyste ne lui  permettra pas de rafler la mise,  ce qui entrainera  le maintien de la gauche au pouvoir.  Or, « en 2017, la France sera encore plus à droite qu’elle ne l’était en 2012, si François Hollande est encore réélu, cela peut tourner mal ».

     Nous le constatons, l’écrivain inscrit encore sa réflexion politique sur un très dépassé et artificiel  clivage droite-gauche auquel de moins en moins de Français adhère, au lieu de lui substituer le seul qui vaille aujourd’hui. En l’occurrence celui opposant d’un côté les défenseurs des frontières, des protections, des  identités,  des valeurs helléno-chrétiennes, des souverainetés nationales  et de l’autre celui des ultra libre échangistes, les adeptes du  laisser faire laisser passer, qu’ils se revendiquent  du camp atlanto-bruxellois, du mondialisme,   ou encore de l’internationalisme à la sauce altermondialiste.

     Exemple parmi une foultitude d’autres, les routiers Français en grève ces derniers jours, matraqués par la crise, soumis à une inexorable baisse de leur salaire et de leur pouvoir d’achat,  sont en train d’être mis à mort par l’UE.  Notamment du fait de l’application de la directive sur les travailleurs détachés , soutenue  par l’UMPS,  tandis que des patrons n’hésitent pas à délocaliser  leurs entreprises dans les pays de l’est pour tirer bénéfice  de prestations sociales moins avantageuses pour les salariés.  Dans ces conditions, quelles raisons auraient nos compatriotes routiers  de voter en 2017 pour  Hollande ou  Sarkozy, Valls ou Juppé ? Au-delà du bla-bla habituel, ces derniers ne bougeront pas le petit doigt en leur faveur,  au nom de leur soumission idéologique aux dogmes de l’Europe de Bruxelles, quand  bien même ladite directive achève  de ruiner de paupériser de nombreux artisans et petites entreprises.

    Ce danger FN pointé par la caste polico-médiatique, est tout simplement  la prise de conscience par le peuple français que la société ouverte, diluée par le haut dans l’européisme et sapée  par le bas par  l’immigration de peuplement, la doxa multiculturaliste, la société bâtie, voulue, imposée par les partis du Système ne fonctionne pas et mène la France à sa perte.

    Hier, lors de ses vœux à la presse, et à la  lumière des derniers attentats,  Manuel Valls a dressé le bilan de quarante ans de cogestion  droite-gauche: « Ces derniers jours ont souligné beaucoup des maux qui rongent notre pays ou des défis que nous avons à relever. A cela, il faut ajouter toutes les fractures, les tensions qui couvent depuis trop longtemps et dont on parle uniquement par intermittence » « Après on oublie, c’est ainsi… Les émeutes de 2005, qui aujourd’hui s’en rappelle et pourtant… Les stigmates sont toujours présents ».

     Le Premier ministre a évoqué quelques unes des conséquences de cette délirante poursuite de l’immigration de peuplement, qui empêche toute assimilation, a fortiori en période de crise et de chômage de masse. A savoir  « la relégation péri-urbaine, les ghettos (…), un apartheid territorial, social, ethnique, qui s’est imposé à notre pays », « la misère sociale », «les discriminations quotidiennes parce que l’on n’a pas le bon nom de famille, la bonne couleur de peau, ou bien parce que l’on est une femme ».

    M. Valls a bien intégré les recommandations du cercle de réflexion Terra Nova incitant le PS à jouer la carte du clientélisme en direction de toutes les minorités, puisque le Français de souche, périurbain, issu des catégories populaires mais aussi désormais de la classe moyenne, s’est détourné de la gauche et vote désormais FN.

    Une France d’en bas, des invisibles , une France périphérique décrite par les travaux de Christophe Guilluy, elle aussi en voie de paupérisation, accablée par le crise, mais certes, qui ne brûle pas de voitures, n’agresse pas policiers et pompiers, ne stocke pas des armes. Le criminologue Xavier Raufer l’avait en outre déjà relevé, les départements qui concentrent le plus de pauvreté sont la Creuse et la Corrèze, pas la Seine Saint-Denis…

     Bien sûr, courageux mais pas téméraire, M. Valls n’en tirera pas  les conclusions qui s’imposent. Il poursuit au contraire avec opiniâtreté  les mêmes objectifs antinationaux , au sens large, qu’Alain de Benoist sur le site Boulevard Voltaire a assez  bien  résumé, dans la ligne de la stratégie mise  en place par la manifestation du 11 janvier.

     Celle-ci avait au moins six objectifs: « marginaliser le Front National et neutraliser l’UMP (qui est évidemment tombée dans le panneau la tête la première) au nom de l’ union sacrée, solidariser les Français autour d’une classe politique gouvernementale discréditée, justifier l’engagement de la France dans une nouvelle guerre d’Irak où elle n’a rien à faire, mettre en place un espace policier européen où l’on sait d’avance que ce ne sont pas seulement les islamistes qui seront surveillés (Manuel Valls affirmant sans rire que les mesures exceptionnelles  qu’il s’apprête à prendre ne seront pas des mesures d’exception!), faire croire que le terrorisme auquel nous sommes aujourd’hui confrontés a plus à voir avec le Proche-Orient qu’avec l’immigration et la situation des banlieues, enfin persuader l’opinion que,  face au terrorisme , la France, fidèle vassale du califat américain, ne peut qu’être solidaire de pays occidentaux qui n’ont jamais cessé d’encourager l’islamisme, tout en noyant leurs erreurs et leurs crimes derrière le rideau de fumée du  choc des civilisations  (Poutine n’avait bien sûr pas été invité !) ».

     « Dans une France plongée en état d’apesanteur et noyée dans la moraline poursuit-il,  on aura tout vu. Les cloches de Notre-Dame de Paris sonnant le glas pour les bouffeurs de curé. L’ union nationale  sans le Front National. La  liberté d’expression  réduite au droit au blasphème et s’arrêtant à Dieudonné. Celle des caricaturistes dépendant de la personne visée (Mahomet en train de sodomiser un porc : tellement drôle ! Christiane Taubira en guenon : intolérable !). Des bataillons de chefs d’État (deux fois le G20 !) chantant les louanges d’un titre dont ils n’avaient jamais entendu parler huit jours plus tôt. Des millions de zombies se ruant dans les kiosques pour acheter, tel le dernier smartphone, un journal qu’ils n’avaient jamais eu la curiosité d’ouvrir depuis vingt ans. Le badge  Je suis Charlie  succédant au ruban pour le SIDA et à la petite main de  Touche pas à mon pote . Spectacle surréaliste ! »

     Surréaliste mais aussi pour certains, une sorte de répétition générale de ce à quoi nous devons nous attendre lors de la prochaine présidentielle si Marine se qualifie pour le second tour. Le Monde et Marianne ont relevé le caractère très monocolore des défilés du 11 janvier , l’absence  évidente de « la France des banlieues »  qui n’est pas venue défiler avec « les bourgeois », les «blancs »; n’en déplaisent  aux médias qui ont filmé les trois ou quatre  imams présents et autres jeunes issus des minorités pour persuader le bon peuple du contraire.

    Mais à  voir la sociologie de la manif parisienne du 11 janvier, principalement  la génération qui avait une vingtaine d’années en 68, des enseignants, des fonctionnaires, des bobos, et une jeunesse, toujours manipulable et proie facile du totalitarisme compassionnel évoqué dernièrement par Bruno Gollnisch, on la devine assez semblable à celle qui défilera contre le  FN quand la caste politico-médiatique en lancera la consigne.

     Sur son blogue, Guillaume Faye a rappelé les propos de  Jean-Marie Le Pen: « je n’ai pas envie de soutenir l’action gouvernementale impuissante et incohérente face à un problème (le terrorisme musulman) qui touche évidemment de très près à l’immigration massive subie par notre pays depuis quarante ans ». Car le cœur du problème est là poursuit M. Faye : la France est le déversoir d’une immigration invasive de peuplement en très grande majorité musulmane et  à forte fécondité. Et l’on ne s’attaque pas à cette vraie cause, du fait de l’idéologie cosmopolite et antiraciste».

    « Le déni de réalité et la stupidité poursuit-il,  ont atteint un paroxysme pathologique qui n’a été égalé dans l’histoire qu’au IVe siècle lorsque les élites romaines faisaient entrer dans la romanitas les Barbares pour les protéger des …invasions barbares», Guillaume Faye  invitant à la lecture à ce sujet de l’excellent livre de  Michel De Jaeghere, Les derniers jours, la fin de l’empire romain d’Occident.  

    Mais il est surtout temps d’agir. Les Français ont (encore) leur avenir entre les mains, et jamais le vieux slogan du FN n’a été autant d’actualité: Avec nous avant qu’il ne soit trop tard! 

    http://gollnisch.com/2015/01/21/avec-nous-avant-quil-ne-soit-trop-tard-4/

  • Paris : Fox News évoque les zones musulmanes interdites (Màj : Anne Hidalgo va porter plainte)

    Addendum du 20/01/2015 – Plainte contre Fox News: « L’honneur de Paris doit être lavé« , demande Anne Hidalgo

    Anne Hidalgo a confirmé qu’elle envisageait une action en justice contre Fox News, après que la chaine d’informations américaine a évoqué des « zones de non-droit » à Paris.

    Entre Paris et Bagdad, 4.000 kilomètres. Et pourtant, à en croire l’Américain Nolan Petersen, peu de choses séparent l’ambiance dans certains quartiers de la capitale française de l’atmosphère ressentie dans les rues de son homologue irakienne.Vétéran de l’armée américaine, l’homme a été invité à plusieurs reprises ces derniers jours sur la très contestée chaîne conservatrice Fox News (en anglais), pour donner son avis d’expert sur les attentats perpétrés en France par les frères Kouachi et Amedy Coulibaly.

    Des « ghettos » où la charia s’appliquerait

    Présenté comme un « journaliste spécialiste des zones de conflit », il affirme sans sourciller que plus de 700 « no-go zones » existent en France. Comprendre, précise Fox News, des quartiers où les « non-musulmans » ne sont pas les bienvenus. Nolan Peterson évoque « les ghettos qui se sont formés autour des grandes villes, appelés banlieues [en français dans le texte]« . Des endroits où, explique-t-il, les islamistes recrutent dans la rue.

    De quoi parle-t-il exactement ? Fox News donne la réponse dans un article (en anglais), citant le chiffre de 751 « zones urbaines sensibles » (ZUS), délimitées par le gouvernement français. Des zones où, explique la chaîne, « le gouvernement a abandonné son autorité à la communauté musulmane » : « Beaucoup d’entre elles sont gouvernées par la charia. »
    Des quartiers comparés à l’Afghanistan et à l’Irak

    (…)
    A en croire Nolan Petersen, la vie est « assez effrayante » dans ces quartiers où des musulmans se baladent « avec des tee-shirts d’Oussama Ben Laden ». « Je suis allé en Afghanistan, en Irak, au Cachemire et parfois, cela ressemblait à cela, assure-t-il, sans être contredit un seul instant par son intervieweuse. Les Américains seraient choqués de savoir qu’à partir de la tour Eiffel, il suffit de prendre un taxi pendant dix minutes pour se retrouver dans des rues qui ressemblent à celles de Bagdad. »

    Des zones de non-droit en plein Paris ?

    Pour appuyer son propos, Fox News diffuse même en parallèle de son interview une carte de Paris sur laquelle apparaissent plusieurs zones délimitées en rouge, les fameuses « no-go zones ». Des quartiers situés au cœur de la capitale, dont les non-musulmans seraient donc prétendument exclus. (…)

    lire la suite sur FranceTV info

    http://www.fdesouche.com/552873-fox-news-expert-evoque-no-go-zones-en-plein-paris

  • De « l’esprit du 11 janvier »…

    Disparues, les interrogations sur la capacité de l’Etat à protéger les Français avec un budget de la Défense et de sécurité en chute accélérée sous l’ère Chirac-Sarkozy-Hollande ? Envolées,  les toutes aussi légitimes inquiétudes sur  les  failles identitaires, communautaires qui minent la cohésion nationale ? Nicolas Sarkozy l’assurait à sa garde rapprochée  la semaine dernière : « Hollande va prendre dix points dans les sondages». C’est mieux que ça. Selon le dernier baromètre Ipsos/Le Point, MM. Hollande et Valls ont gagné respectivement 20 et 23 points de bonnes opinions. Une embellie utilisée par le chef de l’Etat,  son entourage et les communicants, lesquels n’ont pas manqué pourtant de répéter sur tous les tons ces derniers mois qu’il ne fallait pas gouverner en fonction des sondages. Aujourd’hui, les mêmes expliquent que le regard de nos compatriotes sur François Hollande a changé, qu’il incarne désormais la fonction, à la fois protecteur-père de la nation et grand frère qui console.

     Les plus cyniques des socialistes voient déjà dans  les attentats des 7 et 9 janvier la divine surprise que le gouvernement attendait pour se remettre en selle. D’autres évoquent la «chance légendaire», la «baraka» de Hollande en comparant ce drame avec le scandale qui a écarté DSK de la course à l’Elysée, qui lui a permis de devenir candidat et calife à la place du calife.

    Pour autant, cette embellie relative ne sera qu’un feu de paille si, au-delà même des questions sécuritaires et identitaires, ce gouvernement empêtré dans ses  mauvais dogmes et prisonnier des oukases de Bruxelles, s’avère incapable  de redresser le cap dans le domaine économique et social. Sur fond de poursuite des fermetures d’entreprise, des délocalisations, l’Unedic annonce au bas mot environ 100 000 chômeurs de plus cette année. La crise est bien évidemment présente dans l’esprit des Français, notamment de ceux qui se rendront aux urnes en mars prochain pour les élections départementales et en décembre pour les  élections régionales.

     L’intérêt de la gauche au pouvoir, et plus largement d’ailleurs des partis du système  face à la prise de conscience que représente le vote FN et Marine, est résumé  par l’exhortation récurrente de François Hollande : « Il faut que perdure l’esprit du 11 janvier » – jour de la Marche républicaine.  Bref, comprendre qu’il s’agit de détourner  l’esprit de concorde, d’unité pour n’y substituer que l’adhésion obligatoire et totalitaire aux valeurs (dévoyées) de tolérance, d’antiracisme, de refus des extrémismes,  sur fond de propagande européiste et atlantiste. Le tout  résumé sous le vocable « je suis Charlie », déversé ad nauseam pour mieux paralyser et étouffer  toute réaction populaire contre les échecs de l’ UMPS.

     La manœuvre de diversion je suis charlie, n’est pas sans analogie avec une arnaque  du même tonneau et obéissant aux mêmes motivations, imaginée par les grands communicants et stratèges de la Mitterrandie, à savoir la création de SOS racisme.

    SOS racisme fut crée par le PS quand la gauche au pouvoir a abandonné, lors du tournant de la rigueur en 1983 et la démission du Premier ministre  Pierre Mauroy, sa volonté de « changer la vie »  selon le slogan alors d’usage,   d’incarner une alternative au modèle libéral,  capitaliste,  la dimension « révolutionnaire » de son projet social et économique.

     Les socialistes ont donc  été obligés de chercher une politique de substitution pour se démarquer du programme économique de la  droite auquel ils s’étaient convertis à quelques nuances prés. Ils l’ont trouvé en inventant une nouvelle idéologie. Cette idéologie,  partagée par les ultra-libéraux de droite, cette arme de guerre contre l’instinct de conservation de notre peuple,  ce fut, c’est l’antiracisme, autrement baptisé antifascisme.

     Une vaste entreprise de culpabilisation/émasculation des Français. Celle-ci marche de pair avec la diabolisation de notre histoire, la repentance généralisée pour les « crimes «  de nos ancêtres, une volonté de nier notre identité physique et  culturelle, mais aussi  les racines helléno-chrétiennes de notre civilisation -qui se transforme souvent en hostilité radicale affichée à l’égard de  celles-ci-,  le tout saupoudré d’une bonne dose d’ethno-masochisme.

     Une diversion  accompagnant le  ralliement du PS et de ses  alliés au concept d’ingérence, de guerre humanitaire. Le (faux) drapeau sous  lequel le Nouvel ordre mondial et son bras armé l’Otan, se sont  employés (ou s’emploient actuellement)  à liquider les régimes  résistant à leurs oukases et/ou contrecarrant leur  plan (ex Yougoslavie, Irak,  Libye, Syrie, Russie…).

     Un épouvantail (le danger fasciste sur le thème du « plus jamais  ça ») bien commode également pour justifier la montée en puissance de la censure frappant les esprits libres et autre lanceurs d’alerte ( comme la loi Gayssot de 1990 sans cesse renforcée depuis).  Un leurre  pour  masquer et justifier  les propres abandons de souveraineté, de libertés  de notre pays  concédés depuis Mitterrand et Maastricht, broyant  la France dans l’engrenage de la machine  euromondialiste bruxelloise.

     Cette évolution, cette idéologie dominante était aussi celle défendue, véhiculée, dans son style crapoteux,  ordurier et extrémiste bien particulier,  par Charlie Hebdo seconde mouture,  crée sous  François Mitterrand qui, sous l’impulsion, de son premier directeur de la publication (de 1992 à 2009), le neocon et néo-sarkozyste  Philippe Val (auquel Charb a succédé), se fit le promoteur de toutes les propagandes de l’empire atlantiste. Le tout, bien  sûr,  sous le masque de la grasse rigolade ou des combats  éternels du peuple de gauche contre les « ennemis de la liberté »…

     Autant dire constate Bruno Gollnisch, que « l’esprit du 11 janvier » régnera aussi sur la législative partielle du Doubs -premier tour le 1er février- qui désignera le successeur de Pierre Moscovici, nommé commissaire  européen aux affaires économiques en récompense de ses échecs cuisants au sein du gouvernement Ayrault…Une quatorzième  législative partielle depuis 2012, toutes perdues jusqu’ici par les socialistes , dans laquelle le PS, tout un symbole,  joue sa  majorité absolue à l’Assemblée  qu’il détient d’un petit siège (289 députés).

     Une volonté pour les acteurs du Système de se serrer les coudes  qui anime pleinement le candidat UMP Charles Demouge qui, selon le Lab d’Europe 1, a fait de la lutte contre l’opposition nationale sa priorité absolue. Il a annoncé  qu’il préfére voter PS pour empêcher le FN de gagner:«Évidemment, il ne faut pas que le FN gagne». Evidemment…

     Marine Le Pen a déjà fait le déplacement pour soutenir la candidate frontiste Sophie Montel , Manuel Valls a fait de même pour donner un peu d’éclat au champion local du PS; Laurent Wauquiez, Xavier Bertrand et peut-être même  Nicolas Sarkzoy sont annoncés dans la circonscription…

    http://gollnisch.com/2015/01/20/de-lesprit-du-11-janvier/

  • Double nationalité ? Un monstre juridique !

    J’ai choisi de rester Français, sachant qu’on ne saurait servir deux maîtres à la fois.

    C’est une constante : les questions trop vite et mal posées posent généralement plus de problèmes qu’elles n’en résolvent. Ainsi, la déchéance de la nationalité française pour cause de « terrorisme » ou de « complicité de terrorisme », concept pour le moins flou, faute de faits avérés, qui agite actuellement la sphère judiciaire.

    Soit la preuve par le cas d’un certain Ahmed Sahnouni el-Yaacoubi et qui provoque un assez croquignolesque imbroglio juridique. De qui s’agit-il ? D’un Franco-marocain, « déchu dans la plus grande discrétion par le ministère de l’Intérieur en mai 2014 », à en croire Libération de ce mardi 20 janvier. Et ce quotidien de poursuivre : « La procédure de déchéance de nationalité est rarissime. Il s’agit du premier cas depuis 2006 et l’entrée en vigueur de la QPC [Question prioritaire de constitutionnalité, NDLR], qui permet à un justiciable de contester la constitutionnalité d’une loi. »

    Lire la suite

  • Le Franc Parler d’Éric Brunet : Les Français trop indulgents avec Hollande, Valls et Cazeneuve

    Alors que les sondages indiquent que François Hollande, Manuel Valls et Bernard Cazeneuve ont beaucoup gagné en popularité… Eric Brunet estime au contraire que les dernières épreuves traversées par la France ne sont pas à mettre au crédit du gouvernement.

    http://fr.novopress.info/

  • "Les petits voyous sont mieux armés que nous"

    BFMTV a interrogé un policier d'une brigade anti-criminalité (BAC) en Seine-Saint-Denis. Extraits :

    "On est tendus, car meurtris et menacés explicitement. Jeudi dernier, un médecin a été agressé devant chez lui parce qu’on l’a confondu avec un policier. Le même jour, en Belgique, on a démantelé à temps une opération terroriste qui visait des policiers. Dimanche, c’est un gendarme qui a été grièvement blessé.Franchement, l’ambiance est malsaine.

    Quel est votre armement habituel en patrouille?

    Généralement, on a chacun un Sig Sauer, avec 30 cartouches. Il y a trois ou quatre ans, on nous a remplacé nos munitions 9mm Parabellum par des Cop, un modèle qui ne perfore plus de part en part mais dont l’impact serait plus puissant, selon les fabricants.La réalité, c’est que face à des mecs équipés de gilets pare-balles, elles sont proprement inefficaces, et ne nous permettent pas de nous défendre.

    Des gilets pare-balles sur des délinquants?

    Bien sûr. Aujourd’hui, dans tous les quartiers où il y a du trafic de stupéfiants, il y a aussi des armes de guerre et des gilets pare-balles. On le voit sur la vidéo de propagande d’Amedy Coulibaly: il porte un gilet qui apparaît de meilleure facture que le nôtre, plus souple. C’est quand même un comble! Nous, nos gilets ne sont jamais renouvelés, alors que tout bon militaire vous dira que le kevlar doit être changé tous les cinq ans pour une protection optimale. Quant à la housse à l’intérieur, j’en ai demandé une neuve depuis des mois... Rien.

    Les fusillades restent rares dans les banlieues. Est-il nécessaire de mieux vous armer?

    Heureusement qu’elles sont rares, mais ce qui l’est moins, ce sont les armes! Il arrive d’entendre sur nos ondes qu’on recherche "un véhicule où le passager est armé". Et quand on envoie une BAC dans un trafic de stups, il y a toujours des armes lourdes dans leurs planques. On est de moins en moins à l’abri de rester au tapis. Aujourd’hui, sans négocier, je peux acheter une kalachnikov avec deux chargeurs pour 700 euros dans certains quartiers. Même si ce sont de vieilles armes, elles font des dégâts. Il y a trente ans, les petits voyous se figeaient devant la police, seul le grand banditisme était armé. Maintenant, le voleur de voiture a les mêmes armes que nous.

    Comment réagit votre hiérarchie?

    Elle ne nous aide pas à travailler. Un exemple frappant: jeudi soir, pendant la traque des frères Kouachi, on ne savait pas précisément où ils étaient. J’entends sur les ondes qu’une grosse voiture dans le 93 a refusé d’obtempérer à un contrôle et a pris la fuite. Réponse du Centre d’information et de commandement: "Cessez toute poursuite". Les collègues ont dû laisser filer la voiture, sans savoir pourquoi elle prenait la fuite, alors qu'il y aurait pu avoir un lien avec les Kouachi. Et ça, ça arrive souvent, surtout avec les deux-roues. On ne les prend jamais en chasse dans le 93. Pourquoi? Parce que s’il y a un accident, la police sera incriminée, et les quartiers risquent de s’embraser. On achète la paix sociale mais on nous empêche de faire correctement notre boulot. [...]"

    Michel Janva