Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

France et politique française - Page 3977

  • Peut-on leur faire confiance?

    Cette fin de semaine dans Le Point, le sénateur Philippe Esnol, ex maire de Conflans-Sainte-Honorine, qui a quitté le PS en octobre 2013 pour rallier le Parti Radical de Gauche (PRG), confirmait la lâcheté des socialistes, prêts à tout avaler pour acheter la paix sociale et une clientèle électorale. L’élu du PRG très attaché, on s’en doute, à la laïcité républicaine, avait co-organisé à Conflans en mai 2009 lorsqu’il en était maire, une conférence de l’association dite islamophobe Riposte Laïque (RL) avec un de ses  animateurs, Pierre Cassen, ancien du PC, de la LCR et ex vice- président de l Union des Familles Laïques (UFAL) dans l’orbite du Grand Orient. Comme le député socialiste Malek Boutih en avait fait l’aveu également dans Le Point quelques jours auparavant, M. Esnol a confirmé la connivence entre certains élus locaux et les barbus, le communautarisme musulman. Le sénateur relate ainsi ce que nous affirmions déjà : «il y a huit mois, alors que j’étais encore maire de Conflans-Sainte-Honorine (la ville a basculé à droite en mars 2014, NDLR), j’ai reçu la visite du procureur de la République qui m’a confié que des ordres avaient été donnés pour qu’on ferme les yeux sur le port de la burqa afin de ne pas reproduire les émeutes qui, à la suite d’un contrôle de police, avaient mis le feu à Trappes à l’été 2013». Mais est-il encore possible de mettre la tête dans le sable et de faire comme si on ne voyait rien ?

     Ce qui est en tout cas certain c’est que  seule l’opposition  nationale, sans angélisme mais sans outrance, ose proposer un arsenal complet et cohérent pour répondre au défi qui se pose à la France.

     Dans Libération cette fin de semaine, Christophe Forcari pointait les mesures d’urgence présentées par Marine le Pen pour protéger les Français du fondamentalisme islamique. Notamment la «suspension immédiate des accords de Schengen », «la révision du code de la nationalité », «la  suppression du droit du sol», la déchéance de la nationalité française pour les binationaux partis faire le djihad », l’arrêt de la « construction de mosquée financée par des fonds publics», la nécessité de  «  tarir l’immigration légale et clandestine » et  de «( ne plus) d’accepter dans la nation des gens qui n’ont rien à y faire».

     Présidente du FN poursuit l’article de Libé qui « pas manqué non plus de cibler le pari sarkozyste» qui, quand il était au pouvoir, a sabré dans les effectifs des forces de l’ordre, de l’armée, «saccagé les services de renseignement ». Une UMP qui est aujourd’hui la «première victime de ce garde-à-vous national, probablement gênée par les liens étroits de son président avec les pays financeurs de l’islamisme, au premier rang desquels le Qatar».

      Spécialiste es FN, le politologue Jean-Yves Camus juge par ailleurs que «l’UMP va avoir du mal à récupérer le sentiment de défiance envers l’islam qui est train d’émerger. Beaucoup feront crédit au FN et à sa présidente d’avoir été les premiers à dénoncer les excès de l’islamisme, notamment avec sa dénonciation des prières de rue. Les citoyens préféreront l’original à la copie».

     Ce qui est d’ores et déjà certain, c’est que le sondage Ifop pour le JDD publié hier confirme l’assentiment des Français à un certain de nombre de mesures  frontistes, mais aussi au ressenti de beaucoup de ses dirigeants dans l’analyse de la situation.

     Ainsi 68 % des personnes interrogées sont favorables à «l’interdiction du retour en France de citoyens français que l’on soupçonne d’être allés se battre dans des pays ou régions contrôlés par des groupes terroristes». Mieux encore, 81 % des sondés (dont 81 % des sympathisants PS,  87% de ceux du FN, 88% de ceux de l’UMP) sont favorables à « la déchéance de nationalité française pour les binationaux condamnés pour des actes de terrorisme sur le sol».

     Français qui campent aussi majoritairement sur la position du FN en ce qu’ils sont 57 % à ne pas être pas favorables à «d’autres interventions militaires françaises en Syrie, au Yémen ou en Libye», et surtout très partagés sur le bien fondé des caricatures. Nos compatriotes entendent  ainsi manifester leur attachement à la liberté d’expression mais aussi leur refus d’humilier  inutilement les croyants, à l’heure ou le monde mahométan connait de nouvelles  manifestations et réactions assez violentes contre le dernier numéro de Charlie hebdo.

    Ainsi plus de quatre sondés sur dix (42 %) jugent qu’il faut éviter de publier des caricatures du Prophète, et près de la moitié (49 %) ne sont pas favorables à une limitation de la liberté d’expression sur Internet. Certes, nous l’avons dit ici, la toile recèle souvent le pire, les réseaux sociaux, par leur caractère viral, peuvent agir comme  de gigantesques  amplificateurs de toutes les rumeurs et  aberrations.

     Mais internet accueille aussi le meilleur, et est devenu pour beaucoup un moyen d’information alternatif, qui permet d’échapper au discours dominant des  gros journaux et médias audiovisuels,  qui délivrent  bien souvent une version partiale, aseptisée,  tronquée et/ou mensongère  de la réalité. Un  journaliste de la grande presse  qui,  de  manière générale,  vote dans   98%  des cas pour les partis du Système et très majoritairement « à gauche , qui  est avant tout la voix de son  maître,  lesquel lui  interdit de penser ou d’informer en dehors  des clous. Il ya bien évidemment des exceptions heureuses…

     Les Français perçoivent donc le danger que représenterait sous couvert de lutte contre l’extrémisme, la tentation d’une reprise en  main par le Système des canaux d’informations indépendants, de museler les analyses divergentes, dissidentes, politiquement incorrects. Certes, l’existence même d’internet oblige  les médias officiels à ne plus occulter des nouvelles  qui auraient été  censurées il y a encore quelques années,  sous peine de perdre encore un peu plus de leur crédibilité et légitimité…

     Un problème de crédibilité et de légitimité qui est aussi plus largement celui du microcosme politicien note Bruno Gollnisch. Vendredi, l’ex député européiste  de centre-droit Jean-Louis Bourlanges, professeur à Sciences-Po, membre de la Commission  Trilatérale,  écrivait  lucidement dans la page Débats du Figaro: « La France égarée, marginalisée, reléguée des quartiers n’était pas dans les rues de Paris dimanche dernier (11 janvier, NDLR). Les jeunes qui en sont issus ne comprennent tout simplement pas que le droit à l’irrespect et à la provocation puisse être sacralisé à Charlie-Hebdo et diabolisé pour Dieudonné. Méfions-nous du  deux poids, deux mesures, car c’est la matrice des violences de demain. »

    Violences auxquelles  nous avons peu de chances d’échapper si ce mélange de totalitarisme, de déni,  de faiblesses et d’hypocrisie qui forme  le caractère dominant des élites de notre démocratie confisquée,  se retrouvait de nouveau reconduit  au pouvoir demain.

    http://gollnisch.com/2015/01/19/peut-on-leur-faire-confiance/

  • Fracture nationale ?

     

    « Il est des heures graves dans l’histoire d’un peuple où sa sauvegarde tient toute dans sa capacité de discerner les menaces qu’on lui cache ». (Jacques Chirac 1978)

    Notre pays est-il à la veille d’une fracture encore inédite dans son histoire millénaire ? Nous connaissions déjà la « fracture sociale » de l’historien Marcel Gauchet à propos de la lutte des classes et de Jacques Chirac en 1995, mais une autre fracture, une autre lutte, est en œuvre actuellement.

    Si le mot fracture était peut être à la mode à une certaine époque, si le jargon politique en usait et abusait, il est peut être encore temps de le dépoussiérer pour le mettre à la sauce du jour. Question simple : qu’est-ce qu’une fracture ? C’est la dissociation primaire de deux blocs physiques qui, à l’origine, ne formaient qu’un corps uni et soudé par des liens communs. Elle peut être provoquée par un choc momentané comme elle peut être le résultat d’un fatiguant exercice trop longtemps répété. Un équilibre est rompu ; des éléments extérieurs sont venus exercer une pression insupportable sur le temps long de l’histoire. Les éléments qui unissaient ce bloc, cette France, sont devenus plus faibles que les éléments exerçant une force centrifuge.

    Lire la suite

  • Elisabeth Lévy: «Philippe Muray est l'imam caché des esprits libres»

    A l’occasion de la publication du journal inédit de Philippe Muray, dont le magazine Causeur publie les bonnes feuilles, Elisabeth Lévy nous trace le portrait d’un écrivain prophétique.

     

    Causeur publie en exclusivité les bonnes feuilles du journal inédit de Philippe Muray. La fidélité post-mortem, c’est unique, non ?

    Si vous parlez de la fidélité de Muray, sachez qu’il n’était fidèle qu’à lui-même ! Non, ce n’est pas à sa fidélité que je dois ce privilège mais à celle d’Anne Sefrioui, sa compagne puis son épouse - et sa lectrice la plus exigeante - pendant trente ans. Et le long entretien qu’elle a accepté de nous donner, non sans difficulté car elle n’aime guère la lumière, est, avec les extraits, le plat de résistance de notre dossier. En effet, Anne est aussi l’éditrice du Journal, et elle s’acquitte de cette tâche avec une rigueur et une probité indiscutables : tout le contraire de la veuve de Jules Renard qui a détruit beaucoup de textes ! Quoi qu’il en soit, je vois dans ce magnifique cadeau un témoignage d’amitié, bien sûr, mais aussi de confiance : s’il y a un numéro de Causeur que je ne voulais pas rater, c’est bien celui-là. Et j’ose croire que, grâce à son aide, nous avons réussi. Cela dit, il y a une certaine logique, non seulement amicale, mais intellectuelle : malheureusement, Philippe est mort avant la création de Causeur, mais si je ne l’avais pas connu, Causeur n’aurait sans doute pas existé, tout simplement parce qu’il a considérablement influencé ma façon de penser et de voir le monde. Bref, Muray, c’est notre imam caché !

    Il est vrai que ce numéro est très réussi, mais aussi un peu décalé. Muray a-t-il vraiment quelque chose à nous dire sur notre actualité ?

    Bien plus que ce que vous croyez ! Tout d’abord, Muray est un écrivain qui nous éclaire sur tout ce qui constitue notre présent. Et ni l’islamisme, ni le djihadisme, ni le terrorisme ne sont nés hier. Il a beaucoup écrit après le 11 septembre. Mais bien sûr Muray n’était pas un expert pour plateau-télé et il s’intéressait beaucoup moins aux problèmes du monde musulman qu’à ce que ces problèmes disent de nous. Dans Chers Djihadistes…(Mille et Une nuits, 2002), s’adressant (par choix rhétorique) aux assassins du World Trade Center, il leur dit en substance : vous êtes des éléphants arrivant dans un magasin de porcelaine dont les propriétaires ont déjà tout saccagé. Autrement dit, l’Occident n’a pas besoin d’ennemis, il se détruit très bien tout seul en renonçant à l’héritage de la modernité. Ce renoncement est l’un des fils conducteurs de toute l’œuvre de Muray. Et je crois en effet que ce qui nous arrive aujourd’hui en dit autant, sinon plus, sur « nous » que sur « eux ». Alors j’espère simplement que, pour une fois, la réalité, démentira la sombre prédiction par laquelle se conclut le livre : « Nous vaincrons. Parce que nous sommes les plus morts. » [...]

    La suite sur Le Figarovox

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Elisabeth-Levy-Philippe-Muray-est

  • Marche pour la Vie : J - 7

    La Famille Missionnaire de Notre-Damequi a annoncé sa participation et son soutien fidèle à la Marche pour la Vie, a décidé d'effectuer un compte à rebours avant ce grand évènement pro-vie en publiant un communiqué par jour. Le premier s'intitule Pourquoi marcher pour la vie dimanche prochain à Paris ?

    "Nous avons déjà donné, dans notre communiqué invitant à marcher pour la vie, les raisons pour lesquelles nous participions à cette marche. Il nous semble important, en cette semaine, de reprendre des passages importants de l’enseignement de l’Eglise qui peuvent être compris par tous les hommes de bonne volonté, quelle que soit leur religion ou leur philosophie. Au numéro 42 de la Charte des personnels de la santé de 1995, promulguée par le Saint-Siège, il est dit au sujet de la dignité absolue de toute vie humaine :

    "Le corps participe, de manière indivisible avec l'esprit, à la dignité propre de la valeur humaine de la personne : corps-sujet et non corps-objet, et, en tant que tel, il est indisponible et inviolable. On ne peut disposer du corps comme d'un objet qui nous appartiendrait. On ne peut en faire une contrefaçon, comme s'il s'agissait d'une chose ou d'un instrument, dont on serait le propriétaire et le maître absolu. Chaque intervention abusive sur le corps est une offense à la dignité de la personne et donc à Dieu qui est le Seigneur absolu et unique : «L'homme n'est pas maître de sa propre vie, il le reçoit en usufruit ; il n'en est pas le propriétaire, mais l'administrateur, car Dieu seul est Seigneur de la vie.» (Charte 42). L'appartenance à Dieu, et non à l'homme, de la vie confère à cette dernière ce caractère sacré qui suscite une attitude de profond respect. Elle est indisponible et intangible parce que sacrée : elle est «sacrée par nature, et toute intelligence droite est capable de le reconnaître, même en faisant abstraction de toute croyance religieuse» (Charte 43).

    Nous continuerons à marcher pour la vie pour défendre ce caractère sacré de la vie. Nous n’acceptons pas l’affirmation de Pierre Simon, dans son livre « de la vie avant toute chose ». La vie n’est pas une production humaine, elle est sacrée parce que don de Dieu ! Elle doit être aimée, servie, protégée de sa conception à son terme naturel !"

    2015_mpv_image

    Philippe Carhon

  • COMMUNIQUE DE RESISTANCE REPUBLICAINE ET DE RIPOSTE LAIQUE

    Conférence de presse européenne de résistance à l’islamisation de nos pays

    Le préfet Boucault, sous la pression de son ministre Cazeneuve, du maire écolo du 2e arrondissement Boutault, d’organisations musulmanes et de l’extrême gauche, a donc, avec un dossier totalement vide, décidé d’interdire le rassemblement du 18 janvier, organisé par Résistance républicaine et Riposte Laïque. Cette décision, hautement politique, a été cautionnée par les juges du tribunal administratif, qui ont considéré, de manière étrange, qu’appeler à expulser des islamistes qui sèment la mort dans notre pays était « un appel à la haine et à la division ».

    18 janvier

    Comme nous l’avions annoncé, nous organiserons donc, ce jour, à 15 heures, à Paris, une conférence de presse européenne, avecl’animatrice de Pegida Dusseldorf et Cologne, Melanie Dittmer, le responsable belge de Pegida Wallonie Pierre Renversez, le député suisse Jean-Luc Addor, l’italien Armando Manocchia, qui perpétue le souvenir d’Oriana Fallaci, et le philosophe Renaud Camus. Par mesure de sécurité pour les organisateurs et les intervenants, nous n’annoncerons le lieu de la conférence de presse que par téléphone, aux journalistes qui en feront la demande avant 14 heures.

    Nous nous réjouissons par ailleurs que la manifestation organisée par Vigilance halal à la ferme des Mille veaux ait été un succés, que se soit tenu un rassemblement à Lyon, et que se tiennent, cet après-midi, d’autres initiatives de ce type à Montpellier et à Bordeaux.

    Nous ne faiblirons pas dans notre résistance à l’islamisation, malgré un pouvoir totalitaire prêt à tout pour interdire la libre critique du dogme islamique et nous invitons les patriotes qui, venus à Paris pour demander que les islamistes soient jetés hors de France ne pourront se rassembler place de la Bourse à aller boire un verre avec les autres patriotes dans les cafés autour de la Bourse ou dans les rues adjacentes. Signes de ralliement, cocarde, pin-s, foulard, parapluie…  aux 3 couleurs, Et  à défaut de signe, rien n’empêche chacun de porter la bonne parole autour de lui…
    La Résistance, c’est maintenant.

    Christine Tasin et Pierre Cassen

    http://www.altermedia.info/france-belgique/uncategorized/communique-de-resistance-republicaine-et-de-riposte-laique_126050.html#more-126050

  • Leur « union nationale », c’est la « soumission »

    Tout cela était malheureusement prévisible

    « Dans un monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux » (Guy Debord).

    C’est un indicible écœurement que toute personne intègre devrait ressentir devant le déferlement de glu sentimentale et d’obscénité auquel a donné lieu le massacre commis à l’encontre des journalistes de Charlie Hebdo. Et de mensonges, aussi. Notamment celui d’une France unie et debout face à l’intolérance, alors que la comédie de l’union nationale qui se joue devant nous, du NPA à l’UOIF en passant par l’UMPS, n’est rien d’autre que la manifestation de la soumission de la France institutionnelle devant l’islam le plus barbare.

    Lire aussiTrop forts, ces musulmans !

    Comment, en effet, qualifier l’invitation des Frères musulmans de l’UOIF (Union des organisations islamiques de France) à participer à la manifestation du 11 janvier, sinon de capitulation et de consentement à l’islamisation de la société française ? Comment ne pas voir que cette mascarade ne fait finalement que donner raison à Houellebecq : l’unité nationale du moment se réalisant sur le dos du Front national et des « méchants » du moment, les Zemmour, Camus, Millet et Finkielkraut qu’une certaine presse commence déjà à rendre responsable du carnage, du fait d’un climat « nauséabond » et « islamophobe » qui règnerait dans le pays ?

    Lire la suite

  • Liberté d’expression et débat démocratique

    Texte n°5 (Rétablir la liberté d’expression – XXXe Université annuelle du Club de l’Horloge, les 15 et 16 novembre 2014)

    ♦ Jean-Philippe Feldman, avocat à la cour, professeur des universités.

    La démocratie est le système politique dans lequel le pouvoir souverain appartient au peuple qui l’exerce directement ou par l’intermédiaire de ses représentants. Dans ce type de régime, la conduite des affaires publiques repose sur la règle de la majorité.

    Mais, pour que celle-ci reste réelle, la démocratie implique la liberté d’expression donc le droit pour la minorité de manifester ses opinions. En conséquence, il s’agit de déterminer ce qui va réfréner le pouvoir de la majorité pour permettre la liberté d’expression et d’opinion, en y incluant la liberté de la presse. La question posée aux démocraties occidentales est alors d’apprécier le stade à partir duquel une limite doit être apportée à cette liberté d’expression. Ainsi, en France, pour les constitutionalistes, les libertés ne sont jamais absolues.


    En fait, la démocratie n’est pas libérale et elle n’est pas non plus une fin en soi. Pour Friedrich Hayek, si l’existence d’un régime démocratique revêt certainement une grande importance, cette institution politique représente surtout la seule qui puisse garantir un changement pacifique de gouvernement. Raymond Aron considérait, d’un point de vue sociologique, que la démocratie est l’organisation de la compétition pour l’accession au pouvoir. C’est pourquoi, il convient de respecter la minorité pour permettre à celle-ci de devenir un jour la majorité.

    La liberté d’expression est ainsi un élément fondamental pour le fonctionnement de la démocratie. Elle doit donc, en droit interne, faire l’objet d’une protection constitutionnelle. Edouard de Laboulaye (1811-1883), titulaire de la chaire d’Histoire des législations comparées au Collège de France de 1849 à 1883 et auteur, entre autres, de La République constitutionnelle (1871), distinguait deux écoles : l’école révolutionnaire ou française ; l’école américaine.

    L’école française

    D’un point de vue normatif, la liberté d’expression est une valeur plus élevée que les autres valeurs. De ce fait, la dimension libérale de la démocratie ne saurait reposer sur la loi. En effet, si elle dépendait du seul pouvoir législatif la liberté d’expression serait susceptible d’être amendée selon l’évolution des majorités.

    En France, il faut admettre que, dans ce domaine, les textes sont défaillants. Ainsi, l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 24 août 1789 stipule : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi ». Les derniers termes de l’article, « dans les cas déterminés par la loi », introduisent une restriction capitale, caractéristique du légicentrisme français. La France, en effet, héritière de la Révolution, pratique le « culte de la loi » : quand un peuple devenu libre a établi de sages lois, sa révolution est faite, déclarait Saint-Just.

    L’école américaine

    La Constitution américaine a été votée le 17 septembre 1787 par une convention réunissant à Philadelphie les représentants des treize premiers Etats fédérés. A l’origine, elle comprend sept articles dont le cinquième prévoit une procédure d’amendement.

    Le premier amendement porte sur la liberté d’expression : « Le Congrès ne fera aucune loi qui touche l’établissement ou interdise le libre exercice d’une religion, ni qui restreigne la liberté de la parole ou de la presse, ou le droit qu’a le peuple de s’assembler paisiblement et d’adresser des pétitions au gouvernement pour la réparation des torts dont il a à se plaindre ».

    La Constitution borne ainsi les dérives possibles. Edouard de Laboulaye prête une supériorité à cette Constitution.

    Mais quelles sont les raisons pour lesquelles l’Etat doit s’abstenir de toute intervention propre au domaine de la liberté d’expression ? Benjamin Constant y répond en affirmant que les opinions ne relèvent pas d’une juridiction humaine. Car les erreurs se détruisant par elles-mêmes, la législation n’a donc rien à y voir.

    Présentement, en France la liberté d’expression est contrainte par trois causes :

    • une législation abusive au travers, notamment, des lois mémorielles,
    • une direction de la pensée commune à la fois au monde politique, à celui des intellectuels et à la presse,
    • la dépendance de la presse à l’égard de l’Etat qui la finance et qui lui apporte son aide lors du lancement de certains journaux ; de plus, ils se nouent des liens « incestueux » entre la presse et le personnel politique.
    Il faut noter que cette dépendance des journaux vis-à-vis de la puissance publique n’est pas récente. Déjà, la Gazette de Théophraste Renaudot était financée secrètement par Richelieu.

    Dans cet univers où les médias exercent un rôle prépondérant dans la construction de la pensée et de l’opinion, l’une des singularités les plus manifestes tient à la prééminence des idées de gauche voire d’extrême gauche chez les journalistes.

    Leur engagement que reflète l’orientation de leurs informations et de leurs commentaires, représente une entrave majeure à la libre expression des positions et des réflexions. Divers sondages réalisés témoignent de cette nette inclination chez eux pour la gauche. En 2001, par exemple, un sondage avait montré que l’opinion d’une très nette majorité des journalistes penchait en faveur de la gauche. A la veille des élections présidentielles de 2012, deux sondages, l’un réalisé auprès des étudiants du Centre de Formation des Journalistes, l’autre à l’Ecole supérieure de journalisme de Lille donnaient des résultats encore plus accentués (100% des étudiants du CFJ s’étaient prononcés pour un candidat de gauche ou d’extrême gauche et 87% de ceux de l’ESJ de Lille).

    A propos de cette liberté d’expression, il convient également de souligner, à l’exemple de nombreux autres domaines, l’influence prégnante du droit européen sur le droit français. Ce qui n’empêche pas les règles européennes relatives à la liberté d’expression de revêtir un caractère ambivalent. Ainsi l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme stipule :

    Article 10-1

    Toute personne a droit à la liberté d’expression. Ce droit comprend la liberté d’opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu’il puisse y avoir ingérence d’autorités publiques et sans considération de frontière. Le présent article n’empêche pas les Etats de soumettre les entreprises de radiodiffusion, de cinéma ou de télévision à un régime d’autorisations.

    Article 10-2

    L’exercice de ces libertés comportant des devoirs et des responsabilités peut être soumis à certaines formalités, conditions, restrictions ou sanctions prévues par la loi, qui constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité nationale, à l’intégrité territoriale ou à la sûreté publique, à la défense de l’ordre et à la prévention du crime, à la protection de la santé ou de la morale, à la protection de la réputation ou des droits d’autrui, pour empêcher la divulgation d’informations confidentielles ou pour garantir l’autorité et l’impartialité du pouvoir judiciaire.

    L’alinéa 2 est rédigé à l’image d’un texte d’inspiration socialiste. En effet, il prévoit des limites très larges. Néanmoins, certains arrêts de la Cour européenne ont été particulièrement intéressants, tel l’arrêt Handyside du 7 décembre 1976.

    D’une manière générale, entre 1995 et 2004, il faut noter que la Cour a rendu neuf décisions sur l’exercice de la liberté d’expression en France et celle-ci a été condamnée sept fois. En droit interne, il existe assez peu de décisions du Conseil constitutionnel qui concernent la liberté d’expression, à l’exception de celle du 28 février 2012 annulant la loi du 31 janvier 2012 qui avait prévu de réprimer la contestation de l’existence de génocides reconnus par la loi.

    Par un arrêt du 7 mai 2010 la Cour de cassation a refusé de transmettre au Conseil constitutionnel une question prioritaire de constitutionnalité relative à la loi Gayssot.

    En conclusion, il convient d’observer que la liberté d’expression a été souvent la victime d’une vision moralisatrice. Il faut ajouter qu’elle a parfois été défendue par des personnes peu recommandables. Mais, avant tout, ce qui compte est le principe. On ne saurait juger des conséquences de ce principe car aucune d’entre elles ne devrait entraver la recherche de la vérité.

    (A suivre)

    Club de l’Horloge, 15/01/2015

    http://www.polemia.com/liberte-dexpression-et-debat-democratique/

  • Pour le sénateur Philippe Esnol (PRG) : “Un marché à Mantes-la-Jolie, c’est l’Arabie saoudite”

    Après Malek Boutih, le sénateur Philippe Esnol tient à rappeler certaines vérités face à la montée de l’islamisme en France.
    Celui qui a quitté le PS pour rejoindre le PRG dénonce la connivence entre certains élus locaux et le communautarisme religieux pour des raisons électoralistes. “On a reçu l’ordre de fermer les yeux sur le port de la burka” déclare-t-il au journal Le Point.

    Mais Philippe Esnol va plus loin :

    Avez-vous déjà fait un tour sur un marché à Mantes-la-Jolie ? C’est l’Arabie saoudite ! Une femme non voilée s’y sent mal à l’aise. J’ai été l’un des premiers au PS à défendre, avec Manuel Valls, l’interdiction de la burka. À l’époque, nos camarades socialistes nous traitaient d’”intégristes laïques”…

    Lire la suite