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France et politique française - Page 4010

  • Racisme anti-blanc : (enfin) un verdict exemplaire.

    Dans les rapports de police, il est indiqué que ces voyous de bas étage « faisaient la chasse aux Yankees » - traduction : aux Blancs qui ont de l’argent.

     

    Tout le monde a entendu parler de l’affaire de ce jeune étudiant en pharmacie poignardé à Toulouse il y a quatre ans. Jérémy Roze était un jeune brillant, travailleur et plein d’avenir, sa vie s’est arrêtée une nuit à Toulouse dans la rue, victime de la violence, de l’imbécillité et du racisme de deux autres jeunes. Au moment des faits, Jérémy avait 27 ans ; son meurtrier 18 ans et le complice 22 ans.

    Le jugement en cour d’assises a été rendu le 19 décembre dernier. L’avocat général avait demandé une peine de 30 ans pour le meurtrier et de 15 ans pour le complice. Le verdict populaire n’a pas suivi les réquisitions. Chose rare, il a condamné beaucoup plus fermement : perpétuité pour le meurtrier et 20 ans pour le complice. Le peuple a parlé, il a montré aux juges que, même sévères, ils ne l’étaient pas assez contre cette violence quotidienne qui n’ose plus dire son nom. Dans les rapports de police, il est indiqué que ces voyous de bas étage « faisaient la chasse aux Yankees » – traduction : aux Blancs qui ont de l’argent.

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  • Un jour, un texte ! La Patrie selon le RP Henri-Dominique Lacordaire. (4/5)

    Un jour, un texte ! La Patrie selon le RP Henri-Dominique Lacordaire. (4/5)

    R.P. HENRI-DOMINIQUE LACORDAIRE

    DISCOURS SUR LA VOCATION DE LA NATION FRANÇAISE

    PRONONCÉ À NOTRE-DAME DE PARIS, LE 14 FÉVRIER 1841,

    POUR L'INAUGURATION DE L'ORDRE DES FRÈRES PRÊCHEURS EN FRANCE.

    Tel fut le rôle de la France dans les grands périls de la chrétienté ; ainsi acquitta-t-elle sa dette de fille aînée de l'Église. Encore n'ai-je pas tout dit. Au moment où la papauté, à peine délivrée des mains tortueuses du Bas- Empire, était menacée de subir le joug d'une puissance barbare, ce fut la France qui assura sa liberté et sa dignité par ses armes d'abord, ensuite et d'une manière définitive par une dotation territoriale à laquelle était annexée la souveraineté. Le chef de l'Église, grâce à Charlemagne, cessa de dépendre d'une autorité qui, moins que jamais, par la formation des peuples modernes, gardait un caractère d'universalité, et il put étendre sur les nations, dont il était le père commun, un sceptre pacifique où tous eussent la joie de ne plus lire que le nom de Dieu. Ce grand ouvrage fut le nôtre : je dis le nôtre, car nos pères, n'est-ce pas nous ? Leur sang n'est-il pas notre sang, leur gloire notre gloire ? Ne vivons-nous pas en eux, et ne revivent-ils pas en nous ? N'ont-ils pas voulu que nous fussions ce qu'ils étaient, une génération de chevaliers pour la défense de l'Église ?

    Nous pouvons donc le dire, confondant par un orgueil légitime les fils avec les pères, nous avons accepté le contrat proposé par le Fils de Dieu au libre arbitre des nations : nous avons connu, aimé, servi la vérité. Nous avons combattu pour elle les combats du sang et de l'esprit. Nous avons vaincu Arius, Mahomet, Luther, et fondé temporellement la papauté. L'arianisme défait, le mahométisme défait, le protestantisme défait, un trône assuré au pontificat, voilà les quatre couronnes de la France, couronnes qui ne se flétriront pas dans l'éternité. De même que le prêtre, les apôtres, les docteurs, les vierges, les martyrs, ont dans le ciel leur signe distinctif, parce que rien ne se perd de ce qui est fait pour le Seigneur, et que nous retrouvons près de Lui la gloire que nous Lui rendons sur la terre, pourquoi les peuples fidèles, les peuples serviteurs de Dieu, ne conserveraient-ils pas à jamais le signe de leurs services et de leurs vertus ? Les liens de famille ne sont pas brisés dans le ciel ; Jésus-Christ, en élevant Sa Mère au-dessus des saints et des anges, nous a fait voir que la piété filiale est une vertu de l'éternité. Pourquoi les liens des nations seraient-ils rompus ? Pourquoi ne reconnaîtrions-nous pas nos chevaliers, nos rois, nos prêtres, nos pontifes, à un caractère qui rappelât leurs travaux communs pour le Seigneur ou pour Son Christ ? Oui, j'aime à le croire, sur leur robe nuptiale, lavée dans le sang de l'Agneau, brilleront, ineffaçables et merveillement tissues, les quatre couronnes de la France.

    Je suis long peut-être, Messieurs, mais c'est votre faute, c'est votre histoire que je raconte : vous me pardonnerez, si je vous ai fait boire jusqu'à la lie ce calice de gloire.

    Comme tous les peuples, la France avait été appelée : la France, nous l'avons vu, la première entre toutes les nations et au-dessus de toutes les autres, répondit à sa vocation. Mais il ne suffit pas de répondre à sa vocation, il faut persévérer. La France a-t-elle persévéré ? A cette question, Messieurs, j'ai à faire une triste, une cruelle réponse ; je la ferai. Je dirai le mal, comme j'ai dit le bien ; je blâmerai, comme j'ai loué, toujours sans exagération, mais toujours avec énergie.

    En suscitant Luther, en inventant le protestantisme, l'esprit de ténèbres savait ce qu'il faisait : il avait bien prévu que des peuples longtemps nourris de la doctrine divine seraient bientôt rassasiés de cette doctrine humaine. Il avait calculé qu'après avoir pris le mensonge pour la vérité ; les hommes seraient amenés par le dégoût du mensonge au dégoût de la vérité même, et que des abîmes de l'hérésie ils tomberaient dans les abîmes de l'incrédulité. Le protestantisme, d'ailleurs, n'était pas une hérésie ordinaire ; il ne niait pas seulement un dogme particulier, mais l'autorité même, qui est le soutien du dogme, et sans laquelle il n'est plus qu'un produit de la raison. La raison, exaltée, devait tôt ou tard s'affranchir des derniers langes de la foi, et le protestantisme tomber dans le rationalisme.

    Ce fut ce qui arriva, et ce qui arriva par l'Angleterre, la grande nation protestante. A Dieu ne plaise que j'en parle avec amertume ! Lorsque je pense à tout ce qu'il faut de travaux, de vertus, d'héroïsme, pour faire un peuple et perpétuer sa vie, je m'en voudrais mortellement d'abuser de la parole contre une nation. Mais si l'injure est indigne, la vérité ne l'est jamais. Nous ne pouvons cacher les fautes que tout l'univers a connues ; et, résolu de ne pas taire les nôtres, il nous est permis de rappeler de qui nous en reçûmes l'exemple. Ce fut donc en Angleterre que l'incrédulité naquit. La France alla l'y chercher, et, une fois qu'elle en eut rapporté le germe, il mûrit sur son sol avec une rapidité et sous une forme qui ne s'étaient jamais vues. Jusque-là, quand on attaquait la religion, on l'attaquait comme une chose sérieuse ; le dix-huitième siècle l'attaqua par le rire. Le rire passa des philosophes aux gens de cour, des académies dans les salons ; il atteignit les marches du trône ; on le vit sur les lèvres du prêtre ; il prit place au sanctuaire du foyer domestique, entre la mère et les enfants. Et de quoi donc, grand Dieu ! De quoi riaient-ils tous ? Ils riaient de Jésus-Christ et de l'Évangile ! Et c'était la France !

    Que fera Dieu ? Ici, Messieurs, je commence à entrer dans les choses contemporaines ; il ne s'agit plus du passé, mais de ce que vos yeux ont vu. Plaise à la Sagesse d'où découle la nôtre que je ne dise rien qui ne soit digne d'être entendu par une assemblée d'hommes qui estiment la vérité !

    La France avait trahi son histoire et sa mission ; Dieu pouvait la laisser périr, comme tant d'autres peuples déchus, par leur faute, de leur prédestination. Il ne le voulut point ; Il résolut de la sauver, par une expiation aussi magnifique que son crime avait été grand. La royauté était avilie : Dieu lui rendit sa majesté, Il la releva sur l'échafaud. La noblesse était avilie : Dieu lui rendit sa dignité, Il la releva dans l'exil. Le clergé était avili : Dieu lui rendit le respect et l'admiration des peuples, Il le releva dans la spoliation, la misère et la mort. La fortune militaire de la France était avilie : Dieu lui rendit sa gloire, Il la releva sur les champs de bataille. La papauté avait été abaissée aux yeux des peuples : Dieu lui rendit sa divine auréole, Il la releva par la France.

    Un jour les portes de cette basilique s'ouvrirent, un soldat parut sur le seuil, entouré de généraux et suivi de vingt victoires. Où va-t-il ? Il entre, il traverse lentement cette nef, il monte devant le sanctuaire ; le voilà devant l'autel. Qu'y vient-il faire, lui, l'enfant d'une génération qui a ri du Christ ? Il vient se prosterner devant le Vicaire du Christ, et lui demander de bénir ses mains afin que le sceptre n'y soit pas trop pesant à côté de l'épée ; il vient courber sa tète militaire devant le vieillard du Vatican, et confesser à tous que la gloire ne suffit pas, sans la religion, pour sacrer un empereur. Il avait compris, malgré toutes les apparences contraires, que le souffle divin ne s'était point retiré de la France, et c'est là vraiment le génie, de ne pas s'arrêter à la superficie des choses, mais d'aller au fond en surprendre la réalité cachée. C'est là vraiment gouverner les peuples, de ne pas croire à leurs mauvais penchants, et de leur révéler à eux-mêmes ce qui reste en eux de grand et de bon. Ainsi Dieu sauva-t-il la France, ainsi releva-t-Il tout ce qu'elle avait abattu ; ainsi l'environna-t-Il de la majesté du malheur et de l'expiation.

    Un peuple traité de la sorte est-il un peuple abandonné ? Le signe de la résurrection n'est-il pas visiblement sur nous ? Comptez, s'il vous est possible, les œuvres saintes qui, depuis quarante ans, élèvent dans la patrie leur tige florissante. Nos missionnaires sont partout, aux échelles du Levant, en Arménie, en Perse, aux Indes, en Chine, sur les côtes d'Afrique, dans les îles de l'Océanie ; partout leur voix et leur sang parlent à Dieu du pays qui les verse sur le monde. Notre or court aussi dans tout l'univers, au service de Dieu ; c'est nous qui avons fondé l'Association pour la Propagation de la Foi, ce trésor de l'apostolat tiré sou par sou de la poche du pauvre, et qui porte chaque année des ressources royales aux missions les plus lointaines de la vérité. Les Frères des écoles chrétiennes, revêtus de leur humble habit, traversent incessamment les rues de nos villes, et, au lieu des outrages qu'ils y recevaient trop souvent, ils n'y rencontrent plus que les regards bienveillants de l'ouvrier, le respect des chrétiens, et l'estime de tous. Apôtres obscurs du peuple de France, ils y créent sans bruit, en mêlant Dieu à l'enseignement élémentaire, une génération qui reconnaît dans le prêtre un ami, et dans l'Évangile le livre des petits, la loi de l'ordre, de la paix, de l'honneur et de la fraternité universelle. L'enfance même ne reçoit pas seule, leurs leçons ; ils ont appelé à eux l'adulte, et réconcilié le froc avec la veste de hure, la rude main du travailleur terrestre avec la main modeste du travailleur religieux.

    Lois Spalwer  http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Qu'est-ce que la démocratie ?

    Un débat important ayant lieu, tant sur twitter que vie la courrier électronique, je voudrais ici préciser certains concepts qui me semblent particulièrement importants pour que l'on comprenne ce qui me sépare, mais aussi ce qui peut me lier, à certaines des conceptions de la Nation qui circulent.

    Si l’on ne peut faire l’économie du principe de légitimité, il faut savoir sur quoi sera-t-il fondé. La Souveraineté peut être déléguée à un individu comme elle peut être exercée par le peuple. Dans le premier cas, le « souverain » n’est en réalité que le dépositaire de la Souveraineté.

    La souveraineté du peuple.

    La notion de souveraineté du peuple est donc fondatrice en ce qui concerne la légitimité d’un ordre politique démocratique. Elle institue le nécessaire équilibre entre le pouvoir de faire et de contrôler, pouvoir qui ne se réduit pas à la Potestas mais qui inclut l’Auctoritas, et la responsabilités des actes qui ont été pris. Il faut donc tenir compte de cet équilibre quand on analyse les contraintes qui en découlent et les possibilités de dévolution. La souveraineté du peuple est première, à travers, d'une part le couple contrôle/responsabilité fondateur de la liberté comme on l'a montré plus haut.

    Ceci organise donc un « ordre » spécifique. La notion d’ordre a été mise à l’honneur par Hayek qui opposait la société décentralisée aux diverses tentatives de centralisation que l’on a connues dans les années vingt et trente du XXème siècle. En réalité, on peut définir un « ordre » tant par les institutions dont il est doté que par l’idéologie qu’il produit et qui sert bien souvent de justification aux actes de ses acteurs. De ce point de vue, l’ordre spontané envisagé par Hayek n’est pas simplement l’ensemble des institutions qui sont censées faire bien fonctionner les marchés, c’est aussi une idéologie spontanée, produite par une société individualiste et qui tend justement à renforcer cet individualisme. La contradiction entre cette idéologie et les institutions nécessaires au bon fonctionnement des marchés entraine dans la réalité une désintégration du mécanisme envisagé par Hayek et son remplacement par un pouvoir autoritaire qui n’a , lui, plus rien de spontané.

    Au contraire, l’ordre démocratique se veut la reconnaissance de la nature politique de toute société et cherche donc à organiser le fonctionnement de cette dernière afin que tous puissent y participer sans vouloir préjuger de son résultat final.

    L’ordre démocratique.

    La notion d’ordre démocratique, qui s’oppose tant à l’ordre marchand qu’à l’ordre spontané de Hayek, est une réponse au fait que la coordination de décisions décentralisées, dans une société répondant au principe d'hétérogénéité, implique que des agents ayant des positions inégales se voient mis dans une position formelle d'égalité. Le couple contrôle/responsabilité résulte ainsi du principe de densité; il en est une manifestation.

    Il implique alors que le peuple soit identifié à travers la détermination d'un espace de souveraineté. C'est pourquoi l'ordre démocratique implique des frontières (qui est responsable de quoi), mais aussi une conception de l'appartenance qui soit territoriale (le droit du sol). L'absence de frontières, l'indétermination de la communauté de référence, découplent le contrôle de la responsabilité.

    On peut penser que nier les frontières est une démarche tentante, qui présente les apparences de la générosité. S'y retrouvent aussi bien les défenseurs les plus acharnés de la globalisation marchande que leurs contempteurs les plus farouches qui interprètent de manière radicale, et nous le pensons abusive, la notion d’internationalisme. L'idée de frontières est à priori odieuse pour ces derniers. Les frontières impliqueraient la séparation d'être que leur nature intrinsèque devrait unir. Pour les premiers, l’existence de frontières, et donc de législations différentes, de doits de douane et autres interdictions, est constitue une insupportable atteinte à la « liberté du commerce ». Mais, dire cela, que ce soit sous la forme marchande ou dans une vision dévoyée de l’internationalisme n'est pourtant pas autre chose que prétendre que la nature de l'homme existe en dehors de toute relation à une organisation sociale. Or, on vient de voir qu'une telle position était en réalité intenable, sauf à nous projeter à nouveau dans la métaphysique et des raisonnements irréalistes.

    Accepter donc que la dimension sociale soit première permet de comprendre que nier les frontières revient à nier ce qui rend possible la démocratie, soit l'existence d'un espace politique où l'on puisse vérifier et le contrôle et la responsabilité. Cette dernière, en effet, ne peut se contenter, comme chez Jurgen Habermas d'être simplement délibérative[1]. Il y a certainement de nombreux points positifs dans une telle conception. Néanmoins, elle contient, elle aussi, des dimensions idéalistes et irréalistes qui rendent cette vision de la démocratie vulnérable à la critique[2]. Rappelons que la délibération doit être gouvernée par des normes d'égalité et de symétrie, que chacun a le droit de mettre en cause l'ordre du jour, et qu'il n'y a pas de règles limitant l'ordre du jour ou l'identité des participants aussi longtemps que chaque personne exclue peut de manière justifiée montrer qu'elle est affectée par les normes en discussion.

    Délibération et ordre démocratique.

    De telles règles de délibération sont sans doute nécessaires; elles sont cependant insuffisantes, et ce pour plusieurs raisons. Tout d'abord, pour qu'une délibération ait un sens, il faut qu'elle ait un enjeu. Il faut qu'elle porte sur un objet par rapport auquel existent des moyens d'action. Discuter d'une chose sur laquelle nous ne pouvons agir peut, certes, faire passer le temps mais n'a pas de sens d'un point de vue démocratique. Une délibération n'a de sens que si elle se conclut sur une décision se traduisant par une action. Seulement, si l'action existe, la responsabilité des conséquences de cette action existe aussi. L'identité des participants à la délibération doit être clairement déterminée pour savoir qui est responsable de quoi. On ne peut laisser dans l'indétermination le corps politique.

    Ensuite, s'il est juste de mettre en garde contre des limitations des ordres du jour, et ici on rappelle la position de Stephen Holmes déjà évoquée, il est aussi clair que les ordres du jour doivent être organisés. Une discussion où tout pourrait être simultanément débattu ne serait plus une délibération. Il est légitime, compte tenu des limites cognitives des individus, de penser des ordres de priorité. Ces derniers peuvent être l'objet de discussions. Ils sont néanmoins contraignants et impliquent l'existence de procédures d'autorité et de vérification. Il n'est pas possible, sauf à accepter que la délibération soit vidée de son sens, de prétendre que ces ordres de priorité peuvent être en permanence contestés par n'importe qui. Il y a là une grande faiblesse dans la conception pure de la démocratie délibérative, faiblesse qui prend son sens en particulier si l’on accepte que le but de la délibération est bien d'aboutir à une décision.

    Enfin, et de manière identique au problème qui vient d'être soulevé, supposer que la délibération puisse se faire dans un cadre entièrement homogène, ignorant la présence de routines et de délégations de pouvoir, témoigne d'hypothèses implicites quant aux capacités cognitives des individus qui ne sont pas recevables. Nous sommes en réalité ramené à l’hypothèse implicite d’un individu omniscient capable de tout calculer instantanément. C’est l’homo economicus de la théorie néoclassique. En ce sens la position d'Habermas n'est pas compatible avec l'approche réaliste que l'on défend. Seulement, si on admet la présence des routines et des délégations de pouvoir, la composition des participants au débat doit être relativement stable au moins pour les périodes marquées par ces routines et délégations. De plus, il faut que les effets des routines et délégations que l'on doit mettre en œuvre s'appliquent bien sur ceux qui les ont décidés.

    La démocratie délibérative proposée par Habermas porte en elle un risque de dissolution à l'infini du constituant du pouvoir, et donc le risque de l'irresponsabilité généralisée. Il en est ainsi en raison des limites cognitives des individus et de ce qui en découle, le principe de densité et celui de la contrainte temporelle. On ne peut considérer les effets d'une délibération en niant la densité ou en considérant, ce qui revient au même, que le degré de densité est uniforme au niveau mondial et ceci quelque soit la question soumise à discussion. L'existence de seuils significatifs dans l'évolution du degré de densité implique des découpages territoriaux et humains, du point de vue de la responsabilité des conséquences des actions. De même, on ne peut rester fidèle à une approche réaliste et considérer que le temps ne joue pas dans la délibération ou dans l'action. Si l’on considère qu’une délibération peut se prolonger sans limités, ceci équivaudrait revenir à la négation du temps que l'on trouve dans la théorie néoclassique. Si le temps pose problème, alors la question des procédures permettant d'économiser les capacités cognitives et décisionnelles limitées des individus est pertinente. Seulement, si tel est bien le cas, la définition des participants à la délibération doit être sérieusement prise en compte.

    Ainsi, et quoi que l'on fasse, on ne peut évacuer la question de la définition relativement précise des participants à la délibération. La question de l'appartenance, qui est dedans et qui est dehors, est inévitable. Cette question est en réalité constitutive de la démocratie. Tant qu’elle n’est pas réglée, il ne peut y avoir de délibération démocratique car, à tout moment, peuvent entrer et sortir de la communauté politique des individus qui vont, par leur mouvement, fausser le jeu de la démocratie. A cet égard, il est toujours assez surprenant que les militants qui se prononcent pour la suppression des frontières sont les mêmes qui défendent farouchement (et à juste titre) les frontières de leurs organisations. La démocratie interne dans les organisations exige une définition relativement précise de qui en fait, ou n’en fait pas, partie. La démocratie exige que l’on sache qui prend les décisions pour que l’on puisse déterminer qui devra porter la responsabilité de ces dites décisions. C’est pourquoi l’existence de frontières entre les communautés politiques est indispensable. Autrement, on aboutit à une indétermination générale, à une dissolution du principe de responsabilité, et par conséquences à une mort de la démocratie. Mais, ceci a aussi des conséquences importantes quant à la définition de qui appartient à quoi, et donc à la définition du principe d’appartenance pour une communauté politique. C’est ce qui fonde le droit du sol comme principe fonctionnel de la démocratie. L'appartenance doit en effet être territoriale, et non liée à une caractéristique de l'être ou une origine des individus (couleur de peau, religion, sexe, etc…). En effet, dans la mesure où l'on a supposé que l'on était dans une société à la fois décentralisée et interdépendante, la coordination doit être laissée ouverte. Ceci exclut de retenir les caractéristiques de l'être des individus. Ils ne peuvent donc être définis qu'à travers leurs actes, et ici précisément leur appartenance ou non à un espace territorial.

    Jacques Sapir

    notes

    [1] Habermas, J., Theory of Communicative Action Volume One: Reason and the Rationalization of Society (Book). Boston, Mass.: Beacon Press, 1984.

    [2] Pour un exposé précis des conceptions d'Habermas, S. Benhabib, "Deliberative Rationality and Models of Democratic Legitimacy", in Constellations, vol.I, n°1/avril 1994.

    source:Russeurope  lien

    http://www.voxnr.com/cc/dh_autres/EuEAuEyVAuAmRsxJtS.shtml

  • La liquidation invisible de l’économie française

    La France subit un processus de liquidation économique, qui s’est accéléré depuis que l’euro a été mis en service en 2001. Certains aspects en sont bien visibles : balance commerciale structurellement déficitaire, explosion du chômage, baisse du PIB par habitant, etc.

    Très loin d’être convertible en or, comme au bon vieux temps des accords de Bretton-Woods, le dollar US est à 10% du prix de l’or et sa valeur continue de baisser puisque la planche à billets, rebaptisée Quantitative Easing, tourne à plein régime.

    Logiquement, la dépréciation générale du dollar US ne devrait pas affecter la France. Mais le fait est que l’ouverture totale des frontières offre aux entreprises états-uniennes l’opportunité d’acheter ce qu’elles veulent en France. Conséquence du mondialisme prédateur à la sauce dollar US, la liste des entreprises autrefois françaises qui ne sont plus françaises ou ont disparu ne cesse de s’allonger.

    L’évaporation des grandes entreprises réellement françaises est d’autant moins visible que les rachats se font dans une sorte de silence indifférent et que wikipédia, par exemple, continue abusivement de catégoriser comme françaises des entreprises passées sous contrôle étranger.

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  • Laïcité républicaine : crèches non, chandeliers juifs géants oui !

    crif2Alors que les laïcistes franc-maçons s’étranglent devant le spectacle de quelques crèches trop visibles ça et là en cette période de Noël, on entend moins parler, du côté des médias et des politicards, des chandeliers juifs géants allumés sur les espaces publics à l’occasion de la fête juive de « Hanoucca ».

    Et pour cause : dans de nombreuses villes de France, des responsables juifs et des politiciens flagorneurs ont allumé des bougies, dans des lieux publics symboliques.

    A Strasbourg

    A Paris (photo ci-dessus), le président du CRIF Roger Cukierman « a participé, dimanche 21 décembre 2014 au Champ de Mars, à un allumage des bougies de Hanuka organisé par le mouvement Loubavitch, en présence de la Maire de Paris, Anne Hidalgo, de Jean Daubigny, Préfet de Région, du Grand Rabbin de France Haim Korsia, du Président du Consistoire Joel Mergui et du président du FSJU Ariel Goldmann. »

    La tradition juive d’allumer des bougies remonte à … 1977 ! Créée de toute pièce à New-York, elle s’est ensuite étendue progressivement à l’Amérique puis à l’Europe.

    Comment voulez-vous que nos crèches millénaires rivalisent ?!


    PS : prudent, le maire de Béziers Robert Ménard essaie de se couvrir (après avoir été pris à partie pour l’installation publique d’une crèche) et d’apaiser l’hostilité médiatique en se collant à cette « tradition ».

    http://www.contre-info.com/

  • Janvier : chaud devant

    Pourquoi ? Jugez un peu en lisant le calendrier établi par Tugdual Derville, surFrance catholique :

    • 7 janvier : la Cour Euro péenne des Droits de l’Homme examine le cas Vincent Lambert

    "La CEDH se réunira dans sa formation plénière appelée «  Grand chambre  », composé de 17 juges, pour examiner la requête, déposée le 23 juin 2014 par les parents, la sœur et un demi-frère de Vincent Lambert.

    Ces proches, contre l’avis d’autres membres de la famille du patient toujours hospitalisé à Nancy, demandent la suspension de l’exécution de la décision du Conseil d’État français qui, le lendemain 24 juin, autorisait l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation de Vincent Lambert, lourdement handicapé depuis 2008. (...) L’examen se fera en audience publique, mais la décision de la CEDH sera rendue ultérieurement. (...)"

    • 17 janvier  : un nouveau plan pour célébrer les 40 ans de la promulgation de la loi [Veil]

    (...) Marisol Touraine a aussi annoncé pour «  la mi-janvier [2015], à l’occasion de l’anniversaire de la promulgation de la loi, un plan cohérent pour améliorer l’accès à l’IVG sur l’ensemble du territoire  ». Elle menace notamment les médecins qui refusent de pratiquer l’IVG au-delà de l’ancienne limite légale de 10 semaines de grossesse  : «  il est inadmissible de prendre des libertés avec ce droit  ». Pour la ministre de la Santé l’IVG est «  un droit fondamental qu’il faut célébrer et réaffirmer  ».

    A noter que le projet de loi de Santé, retardé pour le mois d’avril, envisage à nouveau la pratique de l’IVG par les sages-femmes, réforme deux fois invalidée par le Conseil constitutionnel.

    • 21 janvier  : un grand débat sur la fin de vie à l’Assemblée nationale.

    Ce débat majeur, quoique sans vote, a été annoncé le 12 décembre 2014 par le président de la République lors de la remise du rapport et de la proposition de loi co-signés par les députés Alain Claeys (PS) et Jean Leonetti (UMP). Ce débat viserait à mesurer le degré d’adhésion des groupes politiques à ces textes qui tentent d’éviter «  les mots qui fâchent  » selon l’expression du Premier ministre, tout en introduisant un «  droit à la sédation profonde jusqu’à la mort  ».

    Le mouvement Soulager mais pas tuer, parrainé par Philippe Pozzo di Borgo, qui a inspiré le film Intouchables, analyse cette expression comme «  ouvrant la porte à certaines formes d’euthanasie, d’autant plus graves qu’elles seraient masquées  ».

    Manuel Valls, qui avait promis un débat consensuel au Parlement, a confirmé depuis son intention de légiférer «  par paliers  » afin, croit-il, de ne pas provoquer un mouvement social comparable à celui qui s’est opposé à la loi Taubira.

    • 29 janvier  : la proposition de loi écologiste pour l’euthanasie débattue par les députés

    Dans le cadre de la niche parlementaire des députés verts est déjà programmé l’examen de la proposition de loi de Véronique Massoneau (EELV) qui vise à légaliser explicitement «  une aide active à mourir [NDLR euthanasie] ou d’un suicide médicalement assisté.  »

    Son colloque avait reçu, le 27 novembre 2014, le soutien remarqué de Jean-Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale. Un fort courant de l’actuelle majorité parlementaire peut en effet être tenté par le vote d’une loi plus permissive que celle proposée par le duo Leonetti-Claeys."

    Autrement dit, quatre bonnes raisons de se rendre à la Marche pour la vie le 25 janvier à Paris, pour dire non à l'avortement, et non à l'euthanasie.

    Louise Tudy

  • Najat Vallaud-Belkacem s'acharne contre les étudiants méritants

    Un article de Sophie Coignard dans Le Point, qui démontre, si besoin était, la duplicité de Najat Vallaud-Belkacem, qui n'aime les pauvres que s'ils ne sont pas trop brillants :

    "En octobre 2014, quelques nouveaux étudiants remportent une grande victoire. Alors que le gouvernement a décidé de supprimer en douce, au creux de l'été, les bourses au mérite pour les bacheliers de l'année (1 800 euros par an pour les boursiers qui ont obtenu mention très bien), le Conseil d'État ordonne, en référé, de payer. Enjeu : un peu plus de 15 millions d'euros. Deux mois plus tard, le gouvernement n'a pas bougé. Les étudiants d'origine modeste méritants se voient privés depuis la rentrée universitaire de près de 200 euros de revenu chaque mois.

    Pendant ce temps,Najat Vallaud-Belkacemne cesse de répéter qu'elle prend "à bras-le-corps" le problème des inégalités scolaires. Au lieu de beaux discours, de coûteux états généraux sur l'évaluation, pour savoir s'il faut noter les élèves avec des chiffres, des lettres ou des pastilles de couleur, la ministre pourrait commencer par lutter concrètement contre les inégalités sociologiques. Et permettre aux étudiants d'excellence issus de milieux modestes de ne pas s'épuiser en petits boulots en même temps qu'ils entament leurs études supérieures.

    L'État méprise les décisions de justice

    Son immobilisme représente un triple scandale.Scandale matériel tout d'abord. Les étudiants, en attendant cette allocation qu'ils ont méritée et qui leur est due, recherchent des emplois à temps partiel ou contractent des emprunts - quand ils peuvent, car les banques ne se précipitent pas pour leur prêter de l'argent.Scandale judiciaire ensuite. Leministère de l'Éducationnationale s'assoit confortablement sur une décision de justice, rendue par la plus haute juridiction administrative. Cet arrêt a été pris en référé, autrement dit selon une procédure d'urgence : les juges ont estimé qu'au regard de la situation matérielle de ces étudiants, chaque semaine compte. L'État, lui, n'a cure.Scandale symbolique enfin. Quel message envoie un gouvernement qui refuse d'aider ceux qui incarnent l'espoir de mobilité sociale, et qui tient tellement à ne pas leur tendre la main qu'il méprise une décision de justice ?

    Il est impossible que la ministre de l'Éducation nationale ne soit pas informée de ce triple scandale. Me Henri de Beauregard, l'avocat des étudiants, lui a envoyé un courrier pour lui rappeler qu'elle était dans l'obligation de verser ces bourses au plus vite pour ne pas se mettre hors la loi. Il la prévenait qu'un "référé provision" serait déposé au Conseil d'État en cas de non-paiement. Cette procédure, employée contre les mauvais payeurs, avec astreinte à la clé, devrait être engagée fin janvier. Il reste à espérer qu'une telle perspective réveillera Mme Vallaud-Belkacem, l'amie des pauvres (à condition qu'ils ne soient pas excellents)."

    Marie Bethanie

  • [Paris] L’AFE à Tolbiac

    Vendredi dernier, une quinzaine d’étudiants sont allés vendre le journal et tracter à l’entrée de la fac de Tolbiac.

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    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Paris-L-AFE-a-Tolbiac