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France et politique française - Page 4061

  • Familles plumées : une cinquantaine de manifs dimanche

    Le collectif des «Familles plumées», créé pour protester contre la modulation des allocations familiales, entend coaguler l'opposition de droite avec les syndicats, le Front de gauche et les frondeurs du PS qui ont tous voté contre cette mesure. Julie Graziani écrit dans le Figaro :

    "[...] Contrairement à ce que le gouvernement essaye de faire croire, toutes les familles sont concernées et non uniquement les plus aisées. A partir du moment où le principe de l'universalité des allocations est supprimé et leur versement conditionné à un niveau de revenus il suffira au gouvernement d'un simple décret pour abaisser les seuils au gré de ses besoins. Désormais les familles seront suspendues à l'annonce d'un nouveau décret susceptible d'abaisser le seuil et de réduire ainsi comme peau de chagrin les allocations familiales souvent indispensables pour boucler un budget familial. Comment prévoir son budget dans ces conditions? [...]

    Il est temps de réagir face à ce matraquage fiscal qui cible une nouvelle fois les familles. Pourquoi? Parce qu'elles ne constituent pas une corporation avec ses syndicats chargés de les défendre.Mais la familles étant à la base de la société, il est de la responsabilité de chaque citoyen de la préserver et donc de défendre une politique qui ne dot pas avoir de «familiale» que le nom. C'est pourquoi Les Familles Plumées invitent chaque Français à écrire à son député pour l'alerter sur les conséquences du projet du gouvernement et l'inciter à faire preuve de responsabilité et de bon sens lors de la suite de l'examen du PLFSS.

    Ce week-end, des opérations de tractage et de collages ont démarré dans toute la France pour informer et sensibiliser tous les Français.

    Les familles refusent d'être mises à contribution pour la troisième année consécutive alors le gouvernement rechigne à mettre en œuvre les grandes réformes structurelles dont notre pays a besoin. Elles ne signeront donc pas de chèque en blanc au gouvernement car la note est d'ores et déjà bien trop salée.

    Contre un gouvernement qui chercher à dresser les familles les unes contre les autres nous appelons à la solidarité de toutes les familles et les invitons à venir faire entendre leur ras-le-bol fiscal devant les préfectures dimanche 23 novembre 2014 de 14h30 à 16h30. Ce sera une journée de mobilisation de proximité. Une cinquantaine de manifestations sont déjà programmées partout en France. Alors, dimanche prochain, tous dans la rue pour faire entendre la voix des familles."

    Michel Janva

  • Cités françaises : le retour de la féodalité et du règne des seigneurs dealers ! - Par Adrien Abauzit

    Une énième fois une cité de la banlieue française s’est embrasée. Il était évident que ce type d’évènement se reproduise, de même qu’il est tout aussi évident qu’il se reproduira encore.

    Même une amélioration de la situation économique de la France n’y changerait rien.

    Pour en être convaincu, il suffit de comprendre le processus auquel nous assistons dans les cités, de banlieues et de certaines grandes villes, depuis plusieurs décennies.

    De nombreuses cités françaises sont des bastions d’économies parallèles. C’est un fait. Parler de la question de la délinquance, comme le font les tartufes qui nous gouvernent, sans évoquer l’économie parallèle, c’est volontairement passer à côté du problème.

    Les émeutes de Trappes, comme celle d’Amiens en 2012, celles de Villiers le Bel en 2007 et celles de 2005, n’avaient qu’un seul but. Un but identique à celui des caillassage de pompiers, d’ambulanciers, de médecins et de policiers.

    Ces émeutes ont pour but de faire reculer la frontière de l’autorité publique. De redélimiter les frontières à partir desquelles les dealers font la loi, à proprement parler, à la place de l’Etat français.

    Ces émeutes ne sont pas le fruit du hasard ou de la spontanéité. Le moindre prétexte est utilisé par les dealers pour embraser leur ville, car c’est à ce prix qu’ils annexent des territoires.

    Médusé, le peuple français assiste à la privatisation de l’espace public par des seigneurs de guerre. Ceci est l’exact reflet d’un processus que la France a déjà connu : l’émergence et le triomphe de la féodalité. En effet, entre le milieu du IXème siècle et le XIIème siècle, la France a vu son territoire s’atomiser au profit de seigneurs de guerres qui chassaient de leur futur fief toute autorité royale, afin d’imposer leur autorité.

    En clair, la féodalité est en train de faire son grand retour dans les cités françaises. L’analogie n’est pas trop forte. On retrouve des grandes familles régnantes. Du guetteur au dealer, qui est en relation avec le grand banditisme, on retrouve également différents statuts, différents grades.

    Si le gouvernement français le voulait, ce phénomène serait enraillé dans les vingt-quatre heures. L’Etat dispose de tous les moyens logistiques et techniques pour une telle opération. Alors pourquoi ne fait-on rien ?

    Diverses raisons l’expliquent selon l’auteur : crainte d’une explosion qui se terminerait en guerre civile, lâcheté et peut-être aussi corruption. Mais il se peut qu’il y ait un motif encore plus pervers : on laisse se développer cette néo-féodalité, car grâce à elle, naît une délinquance qui permet d’exercer une véritable stratégie de la tension sur le peuple. En effet, le peuple français baisse les yeux de nos jours devant les petites têtes blondes de nos racailles d’origines scandinaves et non devant une quelconque Tcheka.

    Un vieil adage dit que les rois ont fait la France. Il paraît incontestable que la République soit décidée à favoriser sa décomposition.

    Adrien Abauzit, 14.11.2014
    Billet initialement publié sur La Gauche m'a tuer

    http://www.scriptoblog.com/index.php/blog/societe/1588-cites-francaises-le-retour-de-la-feodalite-et-du-regne-des-seigneurs-dealers-par-adrien-abauzit

  • Pas d’amalgames… quoique

    Il y a des amalgames qui, visiblement, dérangent moins que d'autres.   

    Il est de bon ton, lorsqu’on veut montrer sa pleine dévotion à la bienséance moderne, de s’émouvoir ostensiblement devant un cas (plus ou moins flagrant) de l’odieux « amalgame ». Dans ce théâtre des émotions filmées et relayées sur Internet, on déploie mieux son énergie à s’indigner avec la meute – qu’importe si tel « amalgame » est avéré ou non – qu’à s’enquérir des éléments du récit pour décider si, finalement, notre émoi est justifié. On dit que les amalgames sont contraires aux « valeurs républicaines », insultent l’égalité, foulent aux pieds les droits de l’homme et, pour toutes ces raisons, méritent d’être âprement combattus. On ne trouve pas une seule personnalité de l’appareil politique français en place qui ne soit adepte du « padamalgamisme ».

    On s’émeut que la dénonciation de l’islamisme puisse nuire à la réputation des musulmans ; on craint que les forfaits éventuels d’un homosexuel puisse porter préjudice à la communauté gay et lesbienne ; on rappelle inévitablement que « les casseurs sont une toute petite minorité » et « qu’il ne faut pas faire d’amalgames » entre eux et les populations des banlieues. 

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  • Le Sénat a supprimé la modulation des allocations familiales

    Le Sénat a supprimé dans la nuit de vendredi à samedi la modulation des allocations familiales pour les revenus élevés votée par l'Assemblée, dans le cadre du projet de budget de la Sécurité sociale.

    Contre l'avis du gouvernement, les sénateurs ont adopté une série d'amendements de suppression déposés par la majorité de droite (UMP et centristes), mais aussi par des sénateurs de gauche, comme les groupes Communiste, républicain et citoyen (CRC) et écologiste, ou la socialiste Marie-Noëlle Lienemann.

    Le texte fera l'objet, le 18 novembre, d'une commission mixte paritaire (CMP, 7 sénateurs, 7 députés) chargée de trouver une version commune aux deux chambres. En cas de désaccord, c'est l'Assemblée, qui devrait rétablir la modulation des allocations, qui aura le dernier mot.

    Michel Janva

     

  • L'UMP est en pleine crise existentielle

    Collaborateur du Centre d’étude de la vie politique (Cevipol) à l’Université libre de Bruxelles, le politologue Gaël Brustier vient de publier Le Mai 68 conservateur. Que restera-t-il de la Manif pour tous ? (éditions du Cerf). Il répond à Libération :

     
     

    "Prise en tenaille entre l’énorme vivier du national-populisme de Marine Le Pen et la nouvelle génération conservatrice, la droite est en pleine crise existentielleSes leaders sont paumés, ou opportunistes tel Nicolas Sarkozy, alors que des hommes comme Séguin ou Chirac n’auraient jamais cédé à des pressions de cet ordre. La contestation des élites a aussi été un terreau de LMPT : certains évêques ou prêtres, jugés trop mous, ont été mis à l’index, tandis que des UMP comme Luc Chatel, Nathalie Kosciusko-Morizet ou Bruno Le Maire étaient interdits de manif pour leurs positions jugées trop molles. Dans l’actuelle course à la présidence de l’UMP, Sarkozy comme Le Maire ont d’ailleurs durci sensiblement leurs discours.

    La droite française reste-t-elle le principal débouché électoral de LMPT ?

    Dans ces familles, qui sont pour la plupart catholiques, le poids d’une certaine tradition perdure et les interlocuteurs politiques naturels restent le plus souvent de droite. Les zones les plus mobilisées autour de la Manif pour tous ont été des terres historiques de l’UMP mais aussi de l’UDI, dont on sous-estime souvent l’engagement de certains membres dans les sphères conservatrices. Tous ont couru après le mouvement et même le FN en envoyant Marion Maréchal Le Pen, qui entretient des liens avec certains milieux catholiques, a fait le pèlerinage de Chartres en 2013 et est reconnue par cette génération conservatrice… [...]

    Les milieux catholiques conservateurs proposent davantage que la gauche une réponse aux angoisses du temps présent. Au pouvoir ou plus radicale, la gauche, dont une partie est tombée dans le social conservatisme, semble saisie par la trouille. Elle est idéologiquement en panne, c’est notamment flagrant sur l’urgence environnementale et les mesures écologiques. De plus, en réduisant les défilés de LMPT à une France «moisie», la gauche a omis de répondre à la question la plus importante pour une communauté humaine, a fortiori s’il s’agit d’une nation : la définition qu’elle se donne d’elle-même. Blum, Jaurès ou Mendès l’avaient fait en leur temps. Où est à gauche la vision de long terme qui transcende l’actualité et les mesquineries du clivage droite-gauche dans la vie politique française ? Au PS, le débat entre l’exécutif et les «frondeurs» ne porte que sur l’affectation de 12 milliards d’euros aux ménages plutôt qu’aux entreprises… c’est peu de chose ! La gauche au pouvoir semble privée de boussole par rapport à ce qu’est son histoire, à ce que pourrait être un projet émancipateur et à ce que sont les aspirations de la société. [...]"

    Michel Janva

  • Mentir ? « Ça ne coûte pas très cher » à Sarkozy

    M. Sarkozy a envie de devenir président de l’UMP, il a donc décidé de tenir le discours musclé qui est supposé plaire aux militants de ce parti en voie de droitisation accélérée.   

    À l’époque, pas si lointaine, où il s’était mis en retrait – en retrait, pas en retraite – de la vie politique, Nicolas Sarkozy s’était bien gardé de se mêler de la querelle du « mariage pour tous ». C’est qu’il estimait, non sans raison, n’avoir que des coups à prendre dans cette affaire qui n’était pas seulement clivante pour l’ensemble de la société, mais dans son propre camp. S’il se défendait d’avoir qualifié de « fascisme en loden » les participants aux cortèges de la Manif pour tous – la paternité de l’expression semble bien revenir à Jacques Attali –, il ne cachait pas en privé son peu d’envie d’être rangé parmi les soutiens anachroniques de la famille traditionnelle comme son refus de s’engager aux côtés de la modernité « bobo », puisque dans un cas ou dans l’autre, il risquait de perdre d’un côté ce qu’il aurait pu espérer gagner du côté opposé.

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  • Élisabeth Lévy : Eric Zemmour, mai 68 et moi

    Ni Zemmourolâtre, ni Zemmourophobe, la patronne de Causeur s’interroge sur le succès du Suicide français. Elle dénonce le procès médiatique dont l’auteur est victime, y voyant une enième preuve du sectarisme de la gauche française.

    GAROVOX : « Eric Zemmour ne mérite pas qu’on le lise » : cette phrase de Manuel Valls vous a mise hors de vous. Pourquoi ?

    Elisabeth Lévy : La France a toujours été un grand pays de controverse et il m’est insupportable de la voir devenir le royaume du prêchi-prêcha. Voilà pourquoi cette invitation à la censure, parée en prime des atours du combat contre le Mal, me paraît être de fort mauvais aloi. C’est le droit du Premier ministre - et de tout un chacun - d’être en désaccord avec Zemmour. Mais proclamer qu’on doit le dénoncer sans le lire, c’est stalinien ou orwellien - ce qui revient au même. De plus, ce manquement à l’art de la polémique argument contre argument, se double d’un mépris affiché pour le lecteur/électeur qui a voté, non pas avec ses pieds mais avec ses idées (et son porte-monnaie), en achetant massivement ce livre qui « ne mérite pas qu’on le lise ». Et que lui dit Manuel Valls, à ce plouc attardé, réac et j’en passe ? Précisément qu’il est plouc, attardé et réac. L’ennui, pour le Premier ministre, c’est que ses injonctions n’ont guère de succès…

    Selon vous, pourquoi ce livre cristallise-t-il tant d’opposition contre lui, jusqu’au sommet de l’Etat ?

    Précisément parce que son succès constitue un désaveu cinglant pour tous les propagandistes du « Parti de demain » (nom que Jean-Claude Michéa donne à la gauche de notre temps), qui considèrent la nostalgie comme un crime et le passé, en tout cas celui de la France, comme un monde ténébreux et haïssable. Et la raison de ce succès, c’est que Zemmour donne un cadre intellectuel, une visibilité, une voix, bref une légitimité, à l’inquiétude que beaucoup de Français éprouvent pour leur pays. Les mêmes qui manifestent la plus grande compassion pour ceux qui redoutent de perdre leur emploi ou leur revenu évacuent par le mépris les peurs dites culturelles ou identitaires, dénigrées comme des « paniques » irrationnelles et détestables : quand une partie de nos concitoyens disent qu’ils ne se sentent plus chez eux, on se lamente sur la progression des « idées lepénistes » en évitant soigneusement de se demander pourquoi elles progressent. Or, avec son livre, Zemmour oblige tout le monde à regarder les choses en face. Il contribue à interdire le déni. Et bien sûr, face au déni, il pousse souvent le bouchon très loin, ce qui le place en phase avec une exaspération grandissante.

    Et que voit-on quand on regarde les choses en face ?

    On voit un pays en proie à un désarroi identitaire qui ne se nourrit pas seulement, et sans doute pas prioritairement, du chômage et de la crise, mais aussi de l’immigration massive des dernières décennies et de ses conséquences. La France a connu une révolution démographique et culturelle et elle est à la fois sommée de ne pas la voir et de l’applaudir. En clair, Zemmour remet sur le tapis le débat qu’on élude depuis trente ans sur l’immigration et l’intégration - il faut parler des deux car ce n’est pas la diversité des origines qui pose problème à un nombre croissant de Français, mais celle des cultures. Plus précisément, ce sont les modalités de la greffe entre « cultures d’origine » des immigrés récents et de leurs descendants et ce que les Allemands appellent la « culture de référence », qui sont en cause. Ou pour le dire autrement, le fonctionnement de la machine à fabriquer des Français : Qui s’adapte à qui ? L’inaliénable égalité des individus suppose-t-elle l’égalité des cultures ? En creux, Zemmour raconte l’adoption subreptice, en lieu et place du modèle républicain, d’un modèle multi culturaliste qui sied mal au teint d’un vieux pays jacobin et colbertiste. Sur cette question du dosage entre l’héritage et le nouveau, désolée, mais je vais faire le robinet d’eau tiède, entre ceux qui ne croient qu’à l’héritage, un peu comme Zemmour, et les partisans de la table rase comme les Indigènes de la République : je veux de l’héritage et du nouveau - seulement, aujourd’hui, c’est l’héritage qui est menacé. [....]

    La suite sur Le Figarovox

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Elisabeth-Levy-Eric-Zemmour-mai-68

  • Quand l'extrême gauche redescend dans la rue

    Sur le site de "Libération", ce 16 novembre, la description de la manifestation de la  veille (1)⇓ commençait par deux paragraphes, dont le décalage laisse perplexe :

    Premier paragraphe [en plus gros caractères] :Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi à Paris et dans toute la France à l’appel de la gauche de la gauche pour protester contre la politique de Manuel Valls.

    C'est, soulignons-le quand même, par pure complaisance que l'on a pris l'habitude et qu'on nous impose presque de parler de "gauche de la gauche". Dans cette nov'langue seuls les libéraux sont ultras, seule la droite est extrême.

    Deuxième paragraphe [en plus petits caractères] : "Plusieurs milliers de personnes ont manifesté samedi à Paris à l’appel du collectif 'Alternative A l’Austérité' (3A)."

    141117aSoulignons donc aussi que ledit collectif "3A" organisait le même type de défilé dans quelque 18 villes dont Toulouse, Bordeaux ou Strasbourg.

    Annoncée par "L'Humanité" du 14 novembre, la cible commune était définie, en théorie "contre le budget d’austérité inefficace".

    Soulignons donc enfin que ces gens appellent, sans rire, "politique d'austérité" un budget qui prévoit, pour 2015, une hausse de la dépense publique de 0,8 %, avec 0,1 % une inflation de et une croissance globale de 0,3 %.

    Les programmateurs de cette agitation tiennent en fait le plus grand compte des calendriers parlementaires, car se propose de les influencer et de les intimider. 

    Le 18 novembre l'ordre du jour de l’Assemblée nationale prévoit en effet les "explications de vote et vote par scrutin public sur le projet de loi de finances. Selon la bonne vieille méthode coco on avait ajouté un autre sujet de mécontentement : la "répression accrue des mouvements sociaux, écologiques et citoyens, suite à la mort de Rémi Fraisse."

    D'autre part, le 4 décembre,les élections syndicales de la fonction publique revêtiront une grande importance pour la CGT.

    En fait on se trouvait donc en présence d'une mobilisation destinée à assurer le relais entre ce scrutin et les mobilisations anti-austérité du 16 octobre, déjà pas très réussies.

    Dans la capitale, le défilé partait de la Place Denfert-Rochereau et il se déplaçait jusqu'à l’Assemblée nationale. Il aurait réuni entre 7 500, évaluation de la Préfecture de police, et 30 000 personnes, à en croire les enthousiastes. Au total, certains vont jusqu'à prétendre que, dans tout le pays, "100 000 personnes" seraient descendues dans la rue. Cette petite évaluation bidonnée vient du "parti de gauche". Pas sûr que le nombre, plus modeste, de 20 000 ait été effectivement atteint.

    Les basses eaux, en quelque sorte.

    Pourquoi les manifestations prévues dans un nombre de villes inférieur de régions n'ont-elles reçu que cet écho extrêmement limité en ce 15 novembre ?

    D'Avignon à Quimper en effet elles prétendaient faire reculer le gouvernement Valls, et en dénoncer la volonté réformiste. Or, en recherchant les informations dans les pages locales des journaux régionaux, en général moins menteuses que les moyens de désinformations "nationaux", on découvre que la majorité d'entre eux n'ont publié aucune recension des rassemblements pourtant prévus. 

    Les abonnés du "Dauphiné libéré" par exemple pouvaient, seuls, accéder au détail d'un décompte selon lequel 500 personnes (?) se seraient déplacées dans le chef-lieu du Vaucluse, haut lieu de l'intermittence et de l'assistanat.

    Les lecteurs du "Télégramme de Brest" ont pu voir les photos d'un regroupement assez pathétique comptabilisé à hauteur 150 personnes, d'après le rédacteur. Mais sur la photo on les imagine 50, pas beaucoup pour le chef-lieu du Finistère.

    À Nice, pas une ligne dans "Nice-Matin" beaucoup plus attentif au déplacement du maire Estrosi à Saint-Pétersbourg.

    À Strasbourg les "Dernières Nouvelles d'Alsace" font plutôt écho à la protestation de la région contre une réforme absurde qui projette de l'agglomérer à la Champagne et à la Lorraine, et aux quelques élus qui défendent le droit au bilinguisme franco-allemand.

    À Lille, on n'entend parler ni des manifestants de la fameuse "gauche de la gauche" ni des frondeurs que Martine Aubry cherche à ranger derrière son fanion. À peine avait-on noté le 14 novembre : "Lille : une vingtaine d’InterLuttants brave la pluie pour défendre les droits des chômeurs. Ils sont actuellement une petite vingtaine à manifester dans les rues du centre-ville de Lille. Un petit groupe d’InterLuttants brave la pluie, à vélo ou à pied, pour la Journée d’action européenne des droits des chômeurs." Autrement dit, s'agissant de "couvrir" une manifestation de gauche la Voix du nord ne méprise pas l'infiniment petit. 

    Or l'Humanité du 14 novembre annonçait pour le lendemain que "les forces anti-austérité ont rendez-vous dans la rue". La rhétorique du PCF, force centrale de ces mobilisations consiste à soutenir que "dans son immense majorité le peuple rejette cette politique imposée sans débat et avec autoritarisme."

    Mais ces porte-parole autoproclamés du peuple, n'ont enregistré, depuis la victoire socialiste de mai 2012, que des défaites électorales. La liste impressionnante des organisations participant à leur manœuvre ne se retrouve pas dans le nombre réel des manifestants. Enfermés dans leur négation, ou leur simple ignorance des réalités économiques ces gens n'ont d'ailleurs voté Hollande qu'au second tour.

    Leur grand argument actuel consiste à dire qu'ils n'ont "pas voté Hollande pour ça". S'ils étaient dotés d'un minimum de bon sens, ils auraient dû réfléchir à leurs propres arguments et suivre le conseil de Molière dans Les Femmes savantes : "Si n'être point cocu vous semble un si grand bien/ Ne vous point marier en est le vrai moyen." 

    JG Malliarakis

    Apostilles

    1.  Copiée collée de la dépêche AFP du 15 novembre à 17 h 47 mise à jour le 15 à 18 h 24.

    http://www.insolent.fr/