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France et politique française - Page 4102

  • Valls s’en prend à Zemmour

    Heurté par le contenu du nouveau livre d’Éric Zemmour, Manuel Valls s’en est pris, sans le nommer, au journaliste du Figaro.

    Venu donner des gages aux derniers alliés de son gouvernement, les franc-maçons du PRG (Parti radical de gauche), le Premier ministre a promis aux Radicaux le maintien de la moitié des conseils départementaux (ces derniers autrefois nommés conseils généraux, devaient, au départ, baisser drastiquement suite à la refonte de la carte des cantons, mais auraient privé certains rentiers de la politique de leurs petits fiefs). Une future loi sur l’euthanasie est aussi dans les cartons afin de satisfaire les frères du PRG.

    Rassuré sur le maintien des amis de Jean-Michel Baylet (ndlr : le président du PRG) au sein de la majorité, Valls en a alors profité pour fustiger l’auteur du Suicide français :

    « Qu’aujourd’hui, dans le débat public, on puisse considérer comme normal, comme un élément du débat, qu’on puisse considérer que Vichy, son régime, ait sauvé des juifs, sans que cela ne suscite pas d’indignation du fond du peuple montre bien que nous avons un combat majeur à donner. »

    Scandalisé que le peuple ne se soulève pas pour demander la tête de Zemmour, Valls appelle à la mobilisation contre « les adversaires de la République » et à ceux qui « prospèrent aujourd’hui » en tenant des « discours sur le déclin de la France, un discours qui rabaisse notre pays, qui voudrait nous ramener à une France qui aurait été heureuse dans les années 1950, qui nie ce qu’est la réalité du monde ».

    Totalement en apesanteur, l’ancien maire d’Évry a fustigé une vision « triste, enfermée sur elle-même, rance, qui n’est pas celle de la France » et tenu des propos d’une vacuité digne d’un militant du MJS en demandant que l’on oppose [à cette vision du pays] « les valeurs de la République, une France ouverte sur le monde, une France généreuse de l’égalité, la liberté et la fraternité ». « Prophète », il a également lancé qu’il fallait « mener une bataille d’idées dont on n’a pas encore pris la mesure ».

    On ignore si à la fin de sa prise de parole, il a dû ordonner qu’on l’applaudisse ou si son auditoire, rasséréné par leur protecteur, s’est livré à une ovation spontanée...

    http://www.egaliteetreconciliation.fr/Valls-s-en-prend-a-Zemmour-28620.html

  • Politique dénataliste : la preuve par les chiffres

    Les Echos ont étudié l'impact de la réforme plaçant les allocations familiales sous condition de ressources :

    "La perte va croître de manière importante avec la taille des familles. En effet, le plafond de 6.000 euros (deux enfants) s’élève assez peu à chaque enfant supplémentaire : 500 euros. Du coup, les familles de deux enfants vont perdre un montant d’allocations équivalent à 1,07 % de leur revenu au premier seuil, et 1,21 % au deuxième, alors que les familles de trois perdront 2,27 % avec un revenu mensuel de 6.500 euros, puis 2,60 % à 8.500 euros. Pour celles de quatre, on grimpe à 3,29 %, puis 3,83 %. Avec un salaire mensuel de 7.000 euros, leur manque à gagner sur un an s’élèvera à 2.764 euros, et avec 9.000 euros, à 5.529 euros.En y ajoutant la forte baisse du quotient familial, des familles vont perdre un demi mois de revenus, voire un mois entier."

    Il s'agit donc bel et bien d'une mesure dénataliste, visant les Français les plus aisés. S'agissant des couples dont un seul des deux parents travaille, les Echos remarquent, comme l'avait fait votre blog, que

    "Le complément familial ou la prestation d’accueil du jeune enfant (Paje) comportent des plafonds plus élevés pour un couple bi-actif (ou pour un parent isolé) que pour un couple mono-actif."
    L'article affirme ensuite que "la réforme prévue ne fait pas de distinguo à ce stade". Pourtant, dans un précédent article, les Echos affirmaient que le plafond des 6000 € était retenu pour un couple "biactif". Détail qui n'en est pas un, non repris par d'autres journaux par la suite... A surveiller de près lors des débats à l'Assemblée.

    Louise Tudy

  • L’« art contemporain », un fascisme postmoderne

    Le sabotage tout à fait jubilatoire du prétendu “Tree”, qui défigurait la place Vendôme, n’a pas manqué de susciter des discours attendus. La destruction de cet accessoire sexuel surdimensionné évoquerait donc la réaction des nazis face à l’art qu’ils jugeaient « dégénéré ».

    Nous ne nous pencherons pas sur les goûts sans doute petits-bourgeois et kitsch des nazis. Mais, au fond, la rhétorique des défenseurs de ce qu’il faut bien appeler l’art pompier d’aujourd’hui, ironiquement, se retourne contre eux, comme une quenelle.

    Le fascisme, comme tout pouvoir, qu’il fût républicain, totalitaire, simplement autoritaire, a usé des signes de sa présence dans la sphère publique, en multipliant des images, bidimensionnelles ou tridimensionnelles, pour marquer sa puissance. Ceux qui ont « saboté » l’accessoire sexuel gonflable n’avaient certes pas le pouvoir, la puissance et la gloire, comme Ubu. Ceux qui l’ont, ce sont justement ceux qui se parent des attributs du rebelle quand, de fait, ils imposent leur idéologie totalitaire, de façon intolérante, sans partage, et agressivement, depuis plusieurs lustres. Les fascistes, ce sont eux.

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  • La revanche des cancres

    Ils ne sont pas passés par les grandes écoles, ils ne sont pas non plus diplômés de l’enseignement supérieur… et pourtant, à 25 ans à peine, ils sont déjà chefs d’entreprise.

    Jason qui était en échec scolaire, dirige aujourd’hui une société d’aide à la personne et emploie 15 salariés. Après un bac pro, Paul, lui, a lancé une entreprise de lunettes fantaisie. Il est désormais invité dans les écoles de commerce pour donner des conseils aux étudiants.

    http://fortune.fdesouche.com/

  • Vers une nécessaire convergence de luttes

    Au lendemain des grands rassemblements d'opposition au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, il convient de s'interroger sur l'absence totale sur ce terrain de radicaux identitaires. Pour les uns comme pour les autres, il apparaît clairement que nous n'avons pas su prendre la mesure de ce qui est en train de se passer là bas.

    Et pourtant, au risque de heurter quelques sensibilités, il nous faut comprendre que ce combat est aussi et avant tout le notre.

    Certes, de vieilles barbes nationales-réactionnaires n'hésiteront pas à taper du point sur la table en dénonçant cet engagement « écolo-gauchiste ». Ces gens ont tort. Ils se trompent à la foi de combat et d'époque. Nous l'avons déjà écrit et nous le répétons : la lutte identitaire ne peut s'inscrire que dans un projet de sortie du capitalisme qui est intrinsèquement ethnocidaire. Un projet cohérent de contre-société ne peut faire l'impasse sur le mouvement décroissant et sa proposition de rompre avec la société de croissance illimitée.

    Qu'avons-nous vu et entendu autour des stands installés près de la ferme de Bellevue ? Quelques pancartes intitulées « Des légumes pas du bitume », « Aéroport = capitalisme. Arrêt immédiat », « Quelle terre vont-ils nous laisser ? », « T'es rien sans terre ! » ou encore « Changeons de voix, changeons de voie ! ». Autant de slogans que nous pourrions reprendre à notre compte. Dominique Fresneau, l'un des co-présidents de l'Acipa (Association Citoyenne Intercommunale des Populations concernées par le projet d’Aéroport de Notre Dame des Landes) clame à qui veut l'entendre : « Cet endroit, ces champs, ces fermes, on considère que c'est chez nous !».

    Les militants qui occupent depuis novembre 2012 la fameuse ZAD (zone à défendre) parlent de « vivre plus en osmose avec la nature, de moins consommer et gaspiller ». Au sein des campements autogérés, existe une bibliothèque installée dans un vieux bus qui regroupe tout un tas d'ouvrages traitant de l'histoire de la paysannerie, des luttes sociales ainsi que des manuels pratiques de jardinage et d'habitat. Une cantine collective offre des repas gratuits. On y parle d'autonomie, de défense de territoire et de nouvelles manières d'organiser les rapports humains. On cherche à « profiter d’espaces laissés à l’abandon pour apprendre à vivre ensemble, à cultiver la terre, à être plus autonomes vis à vis du système capitaliste ». « Nous ne sommes pas à vendre, nous ne laisserons pas détruire le fruit du travail de cinq générations de paysans. La lutte continue » écrit Sylvain Fresneau de l'Acipa. Au nouvel ordre mondial ils opposent le nouvel ordre local.

    Si le projet initial d'aéroport semble aujourd'hui remis en cause, ce qui se passe au cœur de la ZAD ne doit pas nous laisser indifférents. Lancé dans les années 60, le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes est symptomatique de l'accumulation sans limite et du développement effréné. Il s'agit de cette tentation prométhéenne de dominer et de soumettre la Nature dans le but de servir la métaphysique du progrès au détriment de la biosphère et des liens sociaux. Nous sommes précisément dans un cas de croissance pour la croissance, d'artificialisation d'un besoin qu'on nous présente comme indispensable. Le projet pharaonique de créer un aéroport gigantesque en pleine zone de biodiversité foisonnante (amphibiens, complexe bocager, mares et zones humides avec batraciens , avifaune etc...) est tout simplement fou et criminel. Ce n'est pas un hasard si dans cette affaire le MEDEF se trouve en première ligne dans les soutiens à la construction.  Le Président de la Chambre de Commerce et de l'Industrie 44, Jean-François Gendron, Richard Thieret, président du Centre national des jeunes dirigeants (CJD), ou encore Grégoire Gonnord, un des dirigeants du Club des Trente (réseau qui regroupe tous les grands patrons du grand ouest) et PDG du groupe Fleury-Michon, tous militent en faveur du démarrage des travaux. Certains n'hésitant pas à recourir au chantage à l'emploi.

    S'opposer à cette construction c'est s'opposer au développement illimité du capital qui nous tue. Il faut le répéter : Le capitalisme s'est mué en système global et c'est sur tous les fronts que nous devons l'attaquer. A Notre-Dame-des-Landes, c'est une lutte contre le capitalisme et sa société de croissance fondée sur la démesure qui s'engage.

    On objectera que parmi les occupants de la ZAD, figurent les ineffables porteurs de dreadlocks plus soucieux de solidarité avec les sans-papiers et de débats autour du monde carcéral que d'autonomie identitaire. On objectera aussi qu'on y trouve des casseurs décérébrés de la mouvance Black Bloc qui n'ont pour horizon politique que de « casser du flic et des vitrines ».Il n'est pas question ici de le nier. Mais parmi tous les autres, il se trouve également des militants pour qui le capitalisme mondialisé est l'ennemi numéro un et avec qui nous pourrions sans aucun doute définir des convergences de luttes. Il y a là bas de véritables travailleurs qui cherchent une alternative viable à la société de consommation et tentent une nouvelle expérience du « vivre ensemble ». Il y a également de jeunes agriculteurs qui ont fait le choix de rester sur les terres de leurs parents. La récupération des terres arrachées aux promoteurs par ces autonomistes est probablement le début d'une nouvelle forme de militantisme dont il faudra suivre les évolutions.

    Autre zone de combat : Sivens. La mobilisation ne faiblit pas dans le Tarn, où des opposants à la construction du barrage occupent le terrain depuis plusieurs semaines. De nombreux heurts ont opposé des militants aux forces de l'ordre. Les opposants veulent empêcher l'accès au site aux engins de chantier destinés à« décaper » le sol, c'est-à-dire l'enlèvement des souches et la mise à nu du terrain.  "Le barrage n'est pas encore construit, on peut encore faire des choses, clame un opposant. De toute façon, ce que nous faisons ici est important car cela nous permet de sensibiliser les gens. D'autres projets comme celui-ci seront sans doute développés plus tard."

    Nous sommes entrer dans une nouvelle ère du combat politique qui va nécessiter de nouveaux rapprochements. La révolution de la décroissance est une révolution par le bas, à l'échelon local, au sein de communautés autonomes pour qui il existe des convergences d'intérêts et de luttes.

    Se déroule devant nos yeux une période intense de recomposition idéologique, un carrefour où se rencontrent et s'entrechoquent toutes les positions intellectuelles et politiques confrontées au turbo capitalisme que nous subissons aujourd'hui de plein fouet. Alors que « gauche » et droite » apparaissent plus que jamais comme sœurs siamoises du monstre libéral, on nous annonce des lois sur la croissance comme autant de danses de la pluie pour invoquer le dieu développement. L'écotartuffe Noël Mamère en appelle à Jacques Ellul et Bernard Charbonneau, et l'oligarchie ploutocratique, déjà gangrenée par le luxe et l'oisiveté pour reprendre les termes d'Emile Massard, nous assure que l'Afrique est le marché du futur pour l'Europe. Le capital ayant pressé le citron européen à son paroxysme se tourne aujourd'hui vers les derniers dissidents de la société de consommation.

    Parallèlement, une « gauche » critique, qui se veut de plus en plus radicale, commence à émerger et lance d'intéressantes pistes de contre-société dans les domaines sociaux, politiques et culturelles.

    L'excellent mensuel Politis a récemment consacré un dossier sur le thème travail / temps libre empruntant certaines analyses d'André Gorz.

    Les expériences menées au cœur de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes sont d'un intérêt majeur pour qui s'intéresse aux contre-sociétés et aux projets d'après développement. De nombreuses tentatives d'autogestion et de vie en autonomie sont mises en place au sein de communautés spontanées. Il existe au sein de cette mouvante radicale tout un tas de collectifs, groupes associatifs ou réseaux d'entraides et d'échanges qui pensent et organisent leur sortie du capitalisme. La nébuleuse de la décroissance est sans aucun doute le phénomène le plus prolifique en la matière.

    Il faut le reconnaître. C'est au cœur de « la gauche radicale » et des organisations libertaires que la critique capitaliste et celle de la société de croissance sont les plus fécondes. C'est au sein de ces groupes en marge que se forge la nouvelle utopie et les contre-projets les plus novateurs.

    Nous sommes nombreux chez les radicaux identitaires à trouver insuffisant et réducteur le projet de société proposé par la mouvance nationale. L'avenir n'est plus au productivisme effréné ni à l'homo consumance.

    Nous pensons au contraire qu'une sortie du capitalisme est nécessaire et qu'une révolution culturelle est inévitable. Il nous faut revoir nos rapports à la consommation, à la production, au travail. Nous devons impérativement nous recentrer sur une démocratie écologique et une autonomie économique locales.

    Il existe indéniablement une convergence de luttes entre ces groupes de la gauche radicale et nos propres positions à l'égard du système capitaliste et de la croissance illimitée.

    Nous sommes à un carrefour où tout devient possible. De nouvelles lignes de front se dessinent. Les propositions et les idées fusent de toutes parts. Pensons librement ! Ne refusons pas le débat, entrons y ! Discutons, rencontrons. Lisons Jean-Claude Michéa, Serge Latouche, Dominique Méda, Michel Onfray et tous ceux qui proposent une critique du « capitalisme mondialisé comme système d'emprise et de déshumanisation totale ».

    Soyons des briseurs de formules ! Réapproprions-nous l'imaginaire ! Constituons le socle de ce nouveau bloc historique populaire destiné à inventer la société de demain.

    Guillaume Le Carbonel

    Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

    N.B. 1: Des militants de Midi-Pyrénées du M.A.S et de la revue Rébellion sont allés afficher leur soutien à la Z.A.D. de Sivens (photographie d'illustration) au grand dam de certains...

    N.B. 2: Guillaume Le Carbonel nous propose ici une version remaniée d'un de ses textes parus sur Novopress

    http://cerclenonconforme.hautetfort.com/archive/2014/10/19/vers-une-necessaire-convergence-de-luttes-5471949.html

  • Réconcilier et rassembler, c’est cela la « stratégie » du FN

    Dans un entretien accordé au JDD et diffusé hier, Martine Aubry dégomme allégrement la politique du gouvernement et se pose en alternative pour la gauche. « Il faut en finir avec les vieilles recettes libérales. Ne perdons pas notre temps dans des débats du passé sans cesse remis sur la table par le Medef ». « Je demande qu’on réoriente la politique économique. Il faut emprunter le bon chemin dans les deux ans qui viennent». «Je ne me résigne pas à la victoire de la droite en 2017». Dans sa contribution aux Etats généraux du PS, qu’elle vient de publier sur internet, texte signé d’ores et déjà  par 34 responsables socialistes, frondeurs authentifiés et nouveaux venus, elle défend « une nouvelle social-démocratie», qui ,ne serait «ni le libéralisme économique, ni le social-libéralisme ». Si le maire PS de Lille aime à se payer de mots, l’alliance de la gauche et de la droite euromondialistes est pourtant bien une réalité à tous les niveaux.

    Dans un entretien accordé à La Voix du nord mis en ligne le 15 octobre, le géographe Christophe Guilluy auteur du retentissant  « La France périphérique » ne se contente pas d’évoquer «les stratégies d’évitement» «des bobos» «pour mettre de la distance avec l’immigré »

     « Les gens votent FN  rappelle-t-il,  car les autres partis ne leur parlent pas, ne les écoutent pas -le vote FN est aussi plus largement une vote d’adhésion à des idées, NDLR. Mais résumer la France périphérique au vote FN, c’est se tromper ».  L’opposition  patriotique n’a pas (encore) opéré le plein des voix au sein de la France de oubliés et des invisibles mais  « le PS est devenu au fil du temps le parti des bobos des métropoles. Mais le même discours du parti est inapplicable entre le bobo de Lille et l’ouvrier d’Hénin. C’est une posture intenable ».

     D’autant  qu’«en milieu populaire souligne-t-il encore, la référence gauche-droite n’est plus opérante depuis au moins deux décennies : une tendance encore plus marquée chez les jeunes générations ». Seul le vieillissement du corps électoral permet de « maintenir artificiellement un système électoral peu représentatif, les plus de 60 ans étant en effet ceux qui portent massivement leurs suffrages vers les partis de gouvernement.

    C’est aussi cet effacement  des repères entre les politiques menées par la  droite et la gauche  qui  bénéficie au  FN dont le politologue Thomas Guénolé  suppute sur saprobable progression électorale  dans un article qui vient d’être publié par slate.fr. Sur le site de Jacques Attali, notre prof  à Sciences-Po et militant anti frontiste commence son propos en visant la polémique,  assurant que la présidente du FN n’est qu’une simple marionnette.

    « Contrairement à Jean-Marie Le Pen, Marine Le Pen règne sur le FN mais ne le gouverne pas. Actrice sur les textes et la mise en scène écrits par un autre, elle est l’instrument volontaire de l’homme-orchestre du parti: Florian Philippot, vice-président chargé de la stratégie et de la communication. Des éléments de langage à la formation des cadres en passant par l’essentiel du programme, ce dernier compense de son mieux la carence de cadres du parti. Aussi n’y a-t-il aucun sens à s’interroger sur la stratégie de la présidente du FN: la stratégie de Marine Le Pen, ça n’existe pas; ce qui existe, c’est la stratégie Philippot ».

     Une stratégie Philippot affirme-t-il qui «  consiste somme toute, à faire atteindre au FN, en le poussant vers sa gauche, le point que ciblait Charles Pasqua en poussant feu le RPR vers sa droite. Ce faisant, l’homme-orchestre du FN reproduit la stratégie du MSI italien, parti néofasciste qui a réussi sa normalisation et a pu ainsi entrer au gouvernement ».

     Un exemple italien plutôt malencontreux; certes repris en boucle par des journalistes et les « spécialistes » de ce milieu auto-référencé, en ce sens que la stratégie Fini, qui a commencé  par un changement de nom et du sigle du MSI,  a été un échec retentissant. Le dauphin de Georgio Almirante est parvenu au pouvoir non pas tant en reniant ce qui restait au MSI de la tradition  fasciste, mais beaucoup plus gravement  au prix d’un abandon total de ses  idées patriotiques.

    Nous l’avons souvent dit ici, Fini est devenu atlantiste, s’est rallié au Nouvel ordre mondial,  a demandé pardon pour des crimes qu’il n’a pas commis, accepté  l’immigration invasion, prôné la régularisation des clandestins,  s’est prononcé pour le droit de vote des immigrés et vanté, comme il l’a déclaré en mars 2009, les vertus de  la société multiethnique et multi-religieuse!

    M. Guénolé affirme encore que c’est «la professionnalisation, l’explosion du chômage et l’effet boule-de-neige des premiers succès » qui ont permis au FN de bénéficier d’une « mobilisation supérieure à la moyenne » de ses concurrents de son « réservoir de voix ». Il pointe encore un « discours d’extrême droite souverainiste, notamment économique (qui) est davantage mis en avant au détriment du discours d’extrême droite xénophobe. L’idée est d’attirer plus facilement les électeurs non-FN ayant voté non au référendum européen de 2005, qu’un discours xénophobe ne peut séduire que s’il est repeint en protectionnisme ».

     Là aussi une grille de lecture assez partiale puisque ce que M. Guénolé appelle  un « discours d’extrême droite souverainiste, notamment économique » est présent, «mis en avant »  et développé au FN depuis 25 ans ! C’est l’aggravation de la   crise, comme il le souligne lui-même,  qui le rend plus audible. Enfin, aussi bien dans la réalité des faits que dans l’esprit de la très grande majorité des électeurs frontistes,  les notions d’identité, de sécurité et de souveraineté ne sont pas séparables…même pour un ancien électeur de gauche qui vote désormais Marine.

     Pour autant écrit-il, l’opposition nationale «ne parvient pas (pas encore, NDLR)  à dépasser son plafond (de verre) de 14% des inscrits (sur les listes électorales). D’autre part, il souffre d’un déficit de candidats de qualité». Bref, « en 2015, les départementales et les régionales ne profiteront au FN que grâce à la meilleure mobilisation de son réservoir de voix dans un contexte de forte abstention. En 2017, en revanche, lorsque toutes les forces politiques feront le plein de leur réservoir de voix, l’on verra si le FN dépasse son plafond habituel de 14% des inscrits. »

     Nous sommes en effet dans une période de  transition électorale, la question est de savoir si le grand basculement peut se faire, en un mot si l’abstention peut être une étape  vers le vote FN ou restera stérilement une fin en soi,  avant un retour éventuel au bercail UMPS.

     Enfin, Thomas Guénolé avoue qu’il n ’a rien compris au FN en s’arrêtant sur ce qu’il analyse comme  « le double discours sur le FN normal: d’un côté, affirmer in petto qu’il n’a jamais été d’extrême droite, ce qui aurait étonné son premier trésorier, l’ex-caporal SS Pierre Bousquet; de l’autre, soutenir que le FN a changé, sans s’attarder sur la contradiction avec la thèse d’une ligne politique qui n’aurait jamais posé problème ».

     Le FN est tout simplement un organisme vivant, reflet dans sa composition des   rapports de force politique du moment. Il a cependant toujours eu pour ambition de dépasser le clivage artificiel imposé par ce Système pour devenir un grand mouvement original, susceptible d’attirer des Français venus de tous les horizons liés entre eux par l’amour  de la patrie et une volonté de réconciliation nationale.

     Le commissaire Guénolé, certainement content de son petit effet, évoque Pierre Bousquet, là ou d’autres pensent avoir levé un lièvre en parlant de nos anciens camarades Barthélémy, Brigneau, Dufraisse, Gaucher, Gaultier, Malaguti… Mais il oublient sciemment de dire constate Bruno Gollnisch  que le FN a  accueilli aussi en son sein, comme adhérents, cadres, candidats, de très nombreux anciens  combattants  de la France libre, de décorés de la croix de guerre 39-45, des héros authentiques comme le général Jean Valette d’Osia, Grand croix de la légion d’honneur, fondateur du maquis des Glières, président alors  du comité de soutien à la candidature de Jean-Marie Le Pen ; d’authentiques compagnons de la libération comme Michel Carage, les ex ambassadeurs Michel de Camaret et  Augustin Jordan ; des médaillés de la résistance comme Me Jean-Baptiste Biagi, Pierre Chesnay, Nicole de Boisguilbert, l’ambassadeur Albert Chambon, Edouard Frédéric-Dupont, Robert Hemmerdinger, Albert Sauvanet, le  Docteur Pierre Weber, Henri Yrissou ;  des titulaires de la Croix du combattant volontaire de la résistance comme  l’extraordinaire Rolande Birgy alias Béret bleu, qui a recu la médaille des « Justes entre les nations » (Yad Vashem), Edouard Fontana, Serge Jeanneret qui fut membre fondateur du FN, Jacques Lafay,  Francis Massart…  

     Cette volonté de réconciliation nationale, le président Georges Pompidou (dont l’oncle Frédéric Pompidou  fut lui-même  lieutenant dans  la L.V.F. et blessé sur le front russe) l’évoquait dans sa conférence de presse  du 23 septembre 1972 restée célèbre: « Notre pays, depuis un peu plus de trente ans a été de drame national en drame national. Ce fut la guerre; la défaite et ses humiliations ; l’Occupation et ses horreurs ;la libération, par contrecoup l’épuration et ses excès, reconnaissons-le ;et puis la guerre d’Indochine ; et puis l’affreux conflit d’Algérie et ses horreurs des deux côtés ; et l’exode d’un million de Français chassés de leurs foyers ; et du coup l’O.A.S. et ses attentats, ses violences, et par contrecoup la répression ».

     « Alors, ayant été, figurez-vous, dénoncé par les agents de Vichy à la police allemande, ayant échappé deux fois à un attentat, une fois au côté du général De Gaulle et l’autre fois à moi destiné, je me sens le droit de dire :allons-nous éternellement entretenir saignantes les plaies de nos désaccords nationaux ? Le moment n’est-il pas venu de jeter le voile ; d’oublier ces temps où les Français ne s’aimaient pas et même s’entretuaient ?Et je ne dis pas ça, même s’il y a des esprits forts, par calcul politique, je le dis par respect de la France». 

     Tout est dit et cette vocation du  de rassemblement des Français rappelle Bruno Gollnisch, c’est cela la stratégie de Marine et du  Front National; elle  reste plus que jamais d’une impérieuse actualité dans notre cher pays menacé d’implosion, de disparition.

    http://gollnisch.com/2014/10/20/reconcilier-rassembler-cest-cela-strategie-du-fn/

  • Les électeurs de droite sont de plus en plus à… droite

    Jérôme Fourquet, le directeur du département opinion de l’Ifop, déclare àValeurs actuelles :

    "Les électeurs de droite, aujourd’hui, sont de plus en plus à… droite. 57 % des sympathisants UMP souhaitaient, avant son retour, que Sarkozy revienne sur un programme “clairement à droite”, contre 34 % qui espéraient un programme de “droite modérée”. Rappelons aussi que ces mêmes sympathisants UMP estiment à 87 % qu’“il y a trop d’immigrés en France” et se disent favorables, pour la moitié d’entre eux, à des accords locaux avec le FN, contre un tiers en 2010. En donnant des signaux à l’aile centriste, pour se prémunir contre Juppé, Sarkozy doit prendre garde à ne pas décevoir l’aile droite, nettement majoritaire, dont une partie pourra être tentée de se tourner vers le FN.

    Certains estiment que sa défaite de 2012 est liée à son discours trop droitier…

    Nos études démontrent, au contraire, que c’est sa stratégie offensive, dite “ligne Buisson”, qui a permis à Sarkozy de remonter entre les deux tours de la présidentielle : alors que seuls 42 % des électeurs de Marine Le Pen envisageaient de voter pour lui au lendemain du premier tour, ils ont été 55 % à le faire au second, soit un gain substantiel de 13 points. Et cela, sans perdre au centre, puisque les intentions de vote des électeurs de Bayrou en faveur de Sarkozy sont restées stables (autour de 35 %)."

    Michel Janva

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Sondage: François Hollande encore en baisse

    Selon le sondage OpinionWay du Figaro paru ce dimanche, seules 15 % des personnes interrogées  se déclarent satisfaites de l’action du chef de l’Etat depuis son élection, ce qui fait -2% depuis avril, contre 85 %  qui se disent mécontentes (+2% depuis avril).

    86 % des sondés ne souhaitent pas que le chef de l’Etat se représente en 2017 contre 13 % seulement qui le souhaitent.

    88 % des sondés désapprouvent son action contre le chômage et  86 % sont assez ou très mécontents à propos des engagements de la campagne ou la fiscalité.

    18% de Français jugent que Hollande est à l’écoute des préoccupations des Français , 16 % pensent qu’il dit la vérité, 16 % pensent qu’il sait prendre des décisions difficiles, 14 %, qu’il sait où il va.

    10 % seulement des sondés jugent qu’il est capable de rassembler les Français.

    http://medias-presse.info/sondage-hollande-encore-en-baisse/16729