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France et politique française - Page 4107

  • Nadine Morano, coupable d’avoir voulu faire respecter la loi

    Nous demandons simplement que la loi interdisant le port du voile intégral - rendue le 1er juillet 2014 par la Cour européenne des droits de l'homme - soit appliquée... mais leur mépris à tous est total.   

    Nadine Morano, c’est l’enfant terrible de la République et certainement le cauchemar de l’UMP. Nadine Morano, c’est une ex-ministre que la vue d’une femme voilée sur une plage, dans la France de 2014, offusque. Et qui, à cette occasion, se fera tancer par Abdallah Zekri, le président de l’Observatoire national contre l’islamophobie au Conseil français du culte musulman. M.Zekri, ancien membre de l’UMP, qu’il a quittée « après avoir senti monter des discours racistes et de haine. » Rien que cela.

    Madame Morano vient d’aggraver son cas. En cause ? Un tweet posté sur le vif. Ce mardi, la vue d’une femme en burqa, gare de l’Est, a profondément irrité l’élue de la République. Interpellant alors cette personne pour lui rappeler la loi, la burqa passa son chemin « dans le mépris le plus total», selon les mots de la députée sur Twitter.

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  • La Manif Pour Tous dénonce l'enterrement de la politique familiale

    Ludovine de La Rochère, Présidente de La Manif Pour Tous, réagit à la nouvelle attaque contre la famille :

    « Vouloir placer les allocations familiales sous conditions de ressources, c’est confondre la  politique familiale et la politique sociale. Ce serait une faute politique historique. Il est encore temps de corriger le PLFSS en faisant le choix de l’avenir, en proposant une politique familiale audacieuse pour accompagner et soutenir les familles de France, source de richesses économiques et humaines pour l’ensemble de notre société ».

    « Nous répétons une nouvelle fois que les familles ne souhaitent pas avoir à mener un nouveau bras de fer contre l’exécutif. Mais elles y sont prêtes ».

    Si le plafond est de 6000 € en 2015, sera-t-il de 5000 € en 2016 puis 4000 € en 2017 ? Il faut dire la vérité aux familles de France : en plaçant les allocations familiales sous conditions de ressources, on fait passer la politique familiale à la guillotine. Quel avenir pour les familles, premier lieu de solidarité et refuge pour les plus vulnérables, particulièrement en période de crise ? Quel avenir pour les enfants, avenir de notre société ?

    Michel Janva

  • Ah, si le peuple voulait bien la fermer!

    «L’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest pourrait prendre des proportions majeures», le «terrorisme islamiste» pourrait frapper massivement notre continent, « la situation politique et financière de la Chine, de plus en plus instable pourrait y entraîner une crise économique majeure»; «la formidable fuite en avant des Etats-Unis par l’endettement et la planche à billets pourrait ne pas réussir à sauver un système financier totalement déséquilibré, avec, là aussi, des conséquences vertigineuses sur l’Europe»; «l’Europe (qui) s’enfonce dans la déflation rend probable une faillite d’un des Etats européens » et «pourrait conduire (l’Allemagne) à sortir, la première, de la zone euro »…Dans un billet récent paru dans L’Express et repris  sur son site slate.fr,  Jacques Attali affirme qu’ « il faut vraiment se voiler la face, comme le font trop de dirigeants politiques, pour ne pas voir que quelque chose de majeur va se passer en Europe, dans les mois qui viennent: l’une ou l’autre des multiples épées de Damoclès suspendues au ciel de l’Histoire tombera sur nos têtes». Certes, mais contrairement à ce grand gourou mondialiste, le FN estime que c’est par le retour au bon sens national, le recouvrement de nos libertés et de nos marges de manœuvre,  que la France pourra surmonter, avec le plus de chance d’y survivre et avec le moins de dégâts, les crises majeures qui se profilent à l’horizon.  Et même d’en  triompher pour en ressortir plus forte.

     Signe de la déchéance incroyable de notre souveraineté, d’une France livrée pieds et poings liés par l’UMPS au moloch Bruxellois, ce gouvernement humble et tremblant dans la crainte de ne pas être dans les clous, a envoyé mercredi à la Commission européenne son projet de budget 2015. Il anticipe un énième dérapage du déficit public en dehors des règles imposées par l’Europe.

    Pour donner le change, le ministre du Budget, Michel Sapin, a juré la main sur le cœur dans entretien accordé aux Echos du 14 octobre que « la Commission, n’a absolument pas le pouvoir de rejeter, retoquer ou censurer un budget. (…) (En matière budgétaire) comme ailleurs, la souveraineté appartient au Parlement français». Oui en effet, le dévoiement de nos élites est encore pire que cela  puisque c’est la classe politique euromondialiste dans son ensemble qui se soumet de son plein gré aux diktats bruxellois. Quant à  l’Assemblée dite nationale, elle n’est plus depuis longtemps  que la simple chambre d’enregistrement de lois émanant très majoritairement  des instances européistes.

      La France, l’Europe, le monde  entre dans une ère que beaucoup d’observateurs prédisent comme chaotique, lourde de menaces multiformes. Est-ce le moment  de baisser la garde ? Soucieux paraît-il de réaliser des économies et encore plus de complaire là aussi  aux diktats austéritaires de Bruxelles, ce gouvernement n’a rien trouvé de mieux que de continuer à s’attaquer une nouvelle fois à notre outil de Défense.

    En témoigne la nouvelle annonce d’une dissolution d’un régiment d’artillerie en Champagne-Ardenne –avec les conséquences dramatiques que l ’on sait sur l’économie locale-  et le départ des activités médicales du Val-de-Grâce à Paris. Non affirme Bruno Gollnisch,  notre armée, bouclier des Français, gardienne de nos intérêts vitaux,  ne devrait pas  être considérée comme une simple variable d’ajustement !

     Pourtant sollicitée comme jamais, mais paupérisée, affaiblie par les coupes sombres opérées sous l’ère Sarkozy -54 000 suppressions de postes issues de la Loi de Programmation Militaire (PLM) 2008-2014 votée par l’UMP-, l’armée française se verra de nouveau amputée de 23 500 postes supplémentaires d’ici 2019… si le candidat de l’UMP ou du PS est élu en 2017. Une politique criminelle menée avec un cynisme assez écœurant puisque cela n’empêche pas le président de la République et le ministre de la Défense de multiplier les mâles déclarations…et  aux  campagnes de publicité de s’étaler dans les médias  pour le recrutement de futurs soldats…De qui se moque-t-on ?

     Autre attaque directe contre les Français, ce gouvernement et sa majorité s’en prennent aux allocations familiales en les soumettant à une modulation. Les familles déjà pressurées, délaissées, méprisées par la droite précédemment au pouvoir n’ont décidemment aucun moment de répit -la branche famille n’est pourtant pas déficitaire…

     Comme l’a noté le FN, «il faut rompre avec l’austérité imposée par Bruxelles et recréer les conditions d’une relance de l’économie; seule la création de richesse permettra de pérenniser les allocations familiales et d’en garantir l’universalité ». Et de préciser que « la seule modulation urgente et juste à mettre en œuvre, serait celle qui consiste à réserver les allocations familiales aux Français ».

     Selon un sondage Odoxa pour I télé et Le Parisien que nous évoquions sur ce blogue le 15 septembre dernier, ce vœu d’une reprise en main nationale de notre destin, de nos ressources est largement partagée par nos compatriotes. 65 %  des personnes interrogées souhaitent  le rétablissement  des contrôles aux frontières intérieures de l’UE (+ 19 points depuis 2011) ; 67 % se disent favorables à ce que les aides sociales et les allocations familiales soient réservées aux seuls Français au nom du principe de priorité/préférence nationale (+ 27 points) ;68%  se prononcent pour la suppression du regroupement familial  (+24 points).

     Mais il n’est pas question d’écouter la vox populi. Invité de la matinale de Patrick Cohen sur France Inter le 9 octobre, le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, a avoué ce décalage grandissant entre les politiciens du Système et les Français. «Dans l’opinion, si vous voyez les positions dominantes, on rétablirait la peine de mort et on virerait tous les immigrés. Donc, soyons attentifs…» a mis en garde ce dirigeant socialiste…

     Sans aller jusque là, rappelons avec Bruno Gollnisch, les études sérieuses et convergentes pointant le coût terrible pour nos finances publiques et  la prospérité des Français d’une immigration débridée. Selon les différentes hypothèses,  les définitions retenues pour les populations étudiées et  le périmètre des dépenses et des recettes analysé, ce  surcoût  budgétaire dû à l’immigration est annuellement  de 17 milliards dans la dernière étude de Jean-Paul Gourévitch (2012), de 42 milliards pour  Pierre Milloz (1997), de 73 milliards pour Yves-Marie Laulan (2012), de 84 milliards dans l’étude toute aussi pointue et fouillée d’ André Posokhow (2014).

     Plutôt que de dépouiller les familles françaises et de réduire comme peau de chagrin les moyens de notre Défense nationale voilà une piste sérieuse d’économie. Elle recevrait l’assentiment d’au moins deux Français sur trois, mais elle est farouchement  refusée par l’UMPS… .

     Mais depuis quand  les souhaits des Français sont-ils pris en considération par ce Systéme, la caste  bruxelloise et autres autorités morales? Jules Renard disait « Oui, le peuple. Mais il ne faudrait pas voir sa gueule ».  Et même idéalement l’empêcher de s’exprimer  sur les sujets sérieux  ajouteraient  aujourd’hui  les amis de MM. Bartolone et Attali.

    http://gollnisch.com/2014/10/17/ah-si-le-peuple-voulait-bien-la-fermer/

  • Ne pas renoncer face au chômage.

    Les embarras du gouvernement Valls sur le front du chômage ne me réjouissent pas, loin de là. Bien sûr, je pourrai insister sur le « Je vous l'avais bien dit », mais cela n'apporterait pas grand-chose au débat et ne ferait pas reculer ce fléau social qui, aujourd'hui, touche directement près de 6 millions de nos concitoyens et en affecte encore plus, dans les familles, les quartiers, les communes. Je connais trop de gens qui, chaque soir, se couchent en se demandant si, le lendemain matin, ils auront encore leur emploi, pour rire des malheurs de MM. Hollande et Valls sur ce sujet. Mais cela ne m'empêche pas de penser et de dire qu'ils font, à mon avis, fausse route et qu'ils risquent bien d'aggraver plus encore une situation déjà hautement dramatique.

    Le chômage peut mener à la plus grande pauvreté contrainte. Lutter contre le chômage, c'est faire reculer la pauvreté !

    La critique est facile quand l'art est difficile, dit-on, et ce n'est pas faux ! Berthold Brecht affirmait, quant à lui, que « Seul celui qui propose a droit à la critique », ce qui, bien que cette formule ait figuré en en-tête des tracts monarchistes de la « Génération Maurras » que je distribuais à Rennes dans les années 1990, me semble désormais un peu réducteur, mais mérite tout de même quelque considération : il est effectivement énervant d'entendre les « y'a qu'à » et les « faut qu'on » de tous ceux qui ne sont pas aux responsabilités et n'envisagent pas d'y être demain, et qui se contentent surtout de morigéner quand il faudrait mobiliser idées, propositions et initiatives de tous les acteurs de la vie professionnelle, économique et sociale, pour ouvrir de nouveaux chantiers, à tous les sens du terme, autant intellectuels que pratiques...

    Sans doute faut-il envisager de repenser le modèle économique actuel, trop « centralisé » sur la métropolisation et trop dépendant d'une mondialisation qui a cessé d'être heureuse pour nos concitoyens et qui, à travers les délocalisations et la recherche de la rentabilité à bas coût, détruit les équilibres sociaux de notre pays : c'est par un aménagement du territoire intelligent et soucieux d'exploiter les potentialités multiples de notre pays et de ses diversités qu'il est possible de redonner du souffle à toute politique de l'emploi en France. Par exemple, pourquoi ne pas relancer la culture du chanvre en Berry et y implanter les structures de transformation industrielle de celui-ci pour fournir les entreprises de bâtiment en matériau isolant naturel de haute qualité qui, à plus ou moins long terme, pourrait remplacer certains bétons, surtout à l'heure où le sable devient une ressource de plus en plus rare...

    Pourquoi ne pas promouvoir une nouvelle ruralité qui permettrait de redonner vie à de nombreux villages aujourd'hui en déshérence ? Le télétravail, par exemple, peut permettre de maintenir des secrétaires, des comptables, des ingénieurs... au cœur des campagnes tout en intervenant au sein de leurs entreprises ou de leurs administrations par le biais des nouvelles technologies de l'information et de la communication. En même temps, cela peut relancer une vie associative locale, autoriser au maintien (ou à la recréation) de services publics, d'écoles maternelles ou primaires, ou de petits commerces de proximité, etc.

    Il me semble que, dans notre pays, ce ne sont pas les idées ou les bonnes volontés qui manquent, et encore moins les potentialités : les littoraux, les montagnes, les campagnes, etc. attendent parfois qui leur rendra vie et vitalité ! Voici l'aventure française de demain, d'une certaine manière...

    Si l’État ne peut pas, et n'a pas vocation à tout faire, il lui appartient de susciter, de stimuler, de soutenir autant que faire se peut, les initiatives individuelles, familiales ou associatives qui peuvent permettre de redonner souffle et santé à la société et à l'économie françaises. Il appartient aussi à l’État de dénoncer, non par la simple parole mais par des actes forts et révélateurs, le fatalisme, ce mal qui fait tant de tort à notre nation...

    http://nouvelle-chouannerie.com/index.php?option=com_content&view=article&id=1177:ne-pas-renoncer-face-au-chomage&catid=48:2014&Itemid=59

  • Affaire Bygmalion : Le livre qui fait trembler la droite

    C’est un livre qui va faire du bruit. “Bigmagouilles”, qui sort le 22 octobre chez Stock, regorge de détails croustillants et de témoignages inédits sur l’affaire Bygmalion, du nom de la société de communication qui a organisé les meetings de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012.

    La justice a déjà mis en examen trois responsables de l’entreprise (dont deux proches de Jean-François Copé) et trois cadres de l’UMP. Cette enquête est signée Violette Lazard, la journaliste qui avait révélé, en mai, dans “Libération”, le système de fausses factures mis en place à l’UMP, lançant l’un des plus gros scandales politico-financiers de la Ve République. Extraits.
    Ce vendredi 20 avril, Nicolas Sarkozy se rend en meeting sur des terres favorables, à Nice [...]. Dans les coulisses du palais Nikaia, c’est un buffet de victoire qui attend le candidat et les VIP invités à trinquer avec le président à l’issue de son discours. Deux grandes tables ont été installées, l’une dans les coulisses et une autre dans la grande loge du candidat.

    Un ingrédient a été agrémenté à toutes les sauces : la truffe. Tous les privilégiés invités ce soir-là à cette after de luxe s’en souviennent, car l’une des particularités de ce champignon hors de prix, même ceux qui n’en ont jamais mangé le savent, c’est son odeur entêtante et capiteuse. 

    Ça sentait la truffe dans tous les couloirs, se souvient un des membres de l’équipe de campagne de Nicolas Sarkozy. Je me suis senti très gêné… Je me suis même demandé si l’odeur n’allait pas jusque dans la salle, et quelle image ça allait donner de nous.” 

    Des dizaines d’invités déambulent entre les bouchées de brouillade d’oeufs et de spaghettis à la truffe. Les personnalités du parti et plusieurs membres du gouvernement, François Fillon, Jean-François Copé, Brice Hortefeux sont présents. Bernadette Chirac a fait le déplacement. Quelques people, Enrico Macias ou encore Didier Barbelivien, ont également répondu présent. Du champagne, du Ruinart blanc, a été débouché pour arroser ce cocktail de luxe. 

    Nous sommes nombreux à avoir halluciné ce soir-là, nous mangions de la truffe et buvions du champagne alors que nous n’avions pas gagné…”, commente, amer, un membre de l’équipe de campagne.

    Coût de cette petite sauterie, qui a duré le temps d’un cocktail ? 5.460,90 euros, soit plus de 50 euros par tête pour un grignotage. [...] 

    Ce jour-là, personne n’a rien dit, personne n’a moufté, commente Jérôme Lavrilleux, se rappelant ce buffet somptueux. Tous ceux qui aujourd’hui jurent haut et fort qu’ils ne savaient rien sur les dépassements des comptes de campagne, qu’ils n’ont pas compris que le train des dépenses s’était emballé, ils ont tous bouffé des pâtes à la truffe et bu du champagne. Ce soir-là, ils ne se sentaient pas gênés du tout.“ [...]

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  • Droit du sol, droit du sang : l’exemple de l’Empire romain

    Un essai de Pierre Milloz, juriste et économiste

    « Que partout ceux à qui la naissance, leur vertu ou la richesse donnent le second rang soient incorporés aux chevaliers ; il faut leur donner à tous le droit de cité, afin qu’ayant une part égale ils soient des alliés fidèles. » (Mécène à Auguste)

    Pierre Milloz est d’abord connu par le nom qu’il a donné au premier rapport chiffrant le coût de l’immigration. Il a aussi publié récemment un ouvrage de référence Le Cosmopolitisme ou la France (*). Il nous livre ici sa réflexion sur les règles d’accès à la citoyenneté à Rome.
    Polémia


    Droit du sol, droit du sang, intégration, assimilation, etc., autant de sujets dont on débat très souvent, un sujet que je vais aborder à partir de l’Empire romain. En effet les détenteurs du pouvoir à Rome se trouvèrent constamment aux prises avec ce type de problème. Et il est intéressant de voir non seulement la solution qu’ils retinrent mais aussi la manière orientée dont, dans bien des cas, leur solution est aujourd’hui présentée.

    L’idée générale est souvent avancée qui se résume dans cette phrase d’un historien de la Gaule : « La loi divine de Rome, depuis son origine, était de faire de tous les peuples une seule patrie ». Et cette loi aurait trouvé son application : « Une tendance particulièrement frappante de l’organisation civique des Romains est ce qu’on peut appeler son œcuménisme », écrit tel autre historien ; ou voici encore cette autre notation très cosmopolite : « Rome se voulait puissance civilisatrice, capable de s’ouvrir aux vaincus, de les assimiler et de les faire participer au gouvernement du monde ».

    Voyons cela de plus près. Du point de vue qui nous occupe, nous pouvons, pour la commodité et quitte à ne retenir qu’un schéma, découper l’histoire de Rome en trois périodes.

    De la fondation de l’Urbs à Auguste : la loi du sang

    La première part de la fondation mythique de l’Urbs (753 a.J.C.) englobe la République et au moins le règne d’Auguste (mort en 14 p.J.C.). Au cours de cette période, la citoyenneté romaine en principe relève du droit du sang. Sont citoyens romains les descendants des peuples qui, selon la légende, fondèrent la ville. La règle est alors strictement observée (sauf exceptions particulières notamment pour récompenser tel ou tel vaincu), mais deux mesures d’importance y dérogèrent :

     – D’abord celle qui conclut la « guerre sociale » : elle est comme une illustration de la volonté de Rome de s’en tenir au droit du sang. Le conflit était venu d’une revendication des cités italiques situées à proximité de Rome. Elles réclamaient la citoyenneté romaine en faisant valoir qu’elles étaient des alliées fidèles et qu’elles avaient aidé Rome dans ses conquêtes. Or le Sénat s’y refusait obstinément et il fallut une guerre parfois atroce (95 à 89 a.J.C.) pour que, bien que vainqueur, Rome donnât satisfaction à ces alliées. La citoyenneté romaine s’étendit finalement à tous les hommes libres sur toute l’Italie au sud du Pô.

    – L’autre exception fut due à César qui, en 49 a.J.C, octroya la citoyenneté romaine à toute l’Italie transpadane. Cette décision était marquante car elle s’adressait cette fois non plus à des voisins mais à une ethnie différente, celle des Celtes. Désormais l’Italie entière, « reculée jusqu’aux Alpes», bénéficiait de la citoyenneté romaine.

    Auguste (-27/14) succédait à la République avec la même position restrictive. Certes il pouvait lui aussi accorder la citoyenneté à telle ou telle cité ou à tel ou tel étranger qu’il voulait récompenser, mais sur le principe il était « persuadé qu’il était important de conserver le peuple romain pur de tout mélange de sang étranger » (1) (Suétone) et son testament recommandait à Tibère « de ne pas prodiguer le droit de cité, afin que la différence fût tranchée entre les Romains et leurs sujets » (Dion Cassius).

    Si donc on fait le point à l’aube de notre ère, on constate que, sauf exceptions particulières, il n’y a de citoyens romains qu’en Italie, c’est-à-dire en une fraction minime de l’immense empire alors proche de son apogée. Rome n’a donc pour le moment pas la moindre intention de « faire de tous les peuples une seule patrie ». Voyons maintenant ce qu’il en est dans les deux siècles suivants.

    D’Auguste à Caracalla : un assouplissement de la politique de citoyenneté

    Dans le Haut Empire (par convention on le situera de la mort d’Auguste, en 14, à celle de Septime Sévère, en 211, auquel succède Caracalla), deux traits caractérisent le sujet :

     – D’abord, il faut souligner une constante de la politique impériale. Pendant deux siècles, en effet, aucun des empereurs ne mit ses pas dans ceux de César. Alors que le dictateur, témoignant de son « génie cosmopolite » (Michelet), avait décidé de « naturaliser » une province entière : la Transpadane, pas un seul des 21 empereurs qui se succédèrent jusqu’en 211 ne prit une mesure du même genre en faveur d’une autre province. Cette abstention évidemment délibérée prouve sans conteste la volonté romaine de ne pas répandre la citoyenneté.

    – Ensuite, dans le cadre restrictif ainsi défini, il faut relever un assouplissement de la politique de la citoyenneté et insister sur une initiative de Claude (41-54), représentative du sujet sous le Haut Empire. Intervenant devant le Sénat en 48, Claude prononça en effet un discours qui rompait avec la doctrine liant la citoyenneté à la filiation et qui conduisit à prendre des mesures en ce sens.

    Son thème général était qu’il n’y a pas lieu de tenir compte de leur origine pour accueillir et promouvoir les hommes. Il exhortait « à ne pas repousser les vaincus comme des étrangers », rappelait que « des étrangers ont régné sur Rome » (parmi lesquels Tarquin « en dépit de l’impureté de son sang »), faisait allusion à telle« famille venue d’Espagne dont les descendants sont parmi nous et dont l’amour pour cette patrie ne le cède point au nôtre ». Il ajoutait qu’ « il ne faut pas rejeter les gens des provinces s’ils peuvent faire honneur au Sénat », soulignait la réussite obtenue en Transpadane.

    En dépit de l’évocation d’une « impureté du sang », certains de nos contemporains ne tarissent ici pas d’éloges. Un biographe de Claude voit dans cet empereur, pourtant tenu pour un imbécile par ses contemporains, « un esprit supérieur devançant son époque ». Tel historien de la Gaule, lyrique, présente le discours comme ayant été prononcé « dans le noble intérêt de l’humanité tout entière » avant d’ajouter qu‘ « après les règnes d’Auguste et Tibère, si avares du titre de citoyen, les portes de la cité se rouvrirent brusquement à tous les peuples ». A l’usage du grand public, on amplifie sur Internet en écrivant que Claude« étendit la citoyenneté romaine à de nombreuses cités dans les provinces » ou encore que « Claude fit beaucoup pour les siens en intégrant les étrangers à son peuple » (le recours au vocabulaire polémique contemporain montre qu’on ne s’efforce même pas de masquer l’arrière-pensée). Tout aussi politique mais plus pratique, ce romaniste juge que ce discours « pourrait figurer au fronton de nos mairies au même titre que la devise républicaine ».

    Un examen de ce texte (dont on a trouvé une partie gravée sur une table de bronze et dont Tacite a donné sa propre version) en ramène la portée à de plus modestes ambitions.

    L’initiative de l’empereur avait pour objet de répondre à une sollicitation de certains notables gaulois de la Gaule chevelue (il s’agit seulement, soulignons-le, de notables et non des Gaulois en général : l’empereur parle des « principaux habitants »). Ces derniers bénéficiaient, comme beaucoup d’autres, d’une citoyenneté incomplète qui ne leur permettait pas d’accéder au cursus honorum. Ils la détenaient soit au titre d’un traité passé par Rome avec une nation fédérée (les Eduens, par exemple) soit avec leur cité au titre du droit latin.

    Ils demandaient que, comme cela avait été accordé en 14 à la Gaule narbonnaise, leurs élites se vissent accorder la citoyenneté complète.

    Claude était partisan de leur donner satisfaction, mais ceux auxquels il pensait ne feraient pas masse : il évoquait « l’élite des colonies et municipes »« une élite d’hommes de valeur et fortunés », les « membres de familles illustres », les « meilleurs guerriers ». Il se référait à des exemples sans doute connus de ses auditeurs : les « Balbus, une famille illustre » d’Espagne, « Persicus, un Allobroge de haut lignage ». En un mot, il voulait « transporter ici tout ce qu’il y a d’éminent dans les autres pays ». On voit que la promotion du peuple des pérégrins ne figurait pas au premier rang de ses soucis… et les opposants à la mesure proposée ne s’y trompaient pas qui protestaient : « Ils vont tout envahir, ces riches », et à juste titre puisque Claude exhortait les Gaulois « à apporter ici leur or et leurs richesses au lieu d’en jouir seuls »…

    Ainsi se dessine l’idée sous-jacente, politique. Elle avait été exprimée à l’intention d’Auguste par Mécène :« Que partout ceux à qui la naissance, leur vertu ou la richesse donnent le second rang soient incorporés aux chevaliers ; il faut leur donner à tous le droit de cité, afin qu’ayant une part égale ils soient des alliés fidèles »(Dion Cassius).

    La citoyenneté romaine : un moyen de domestiquer la superclasse des provinces

    On touche là au cœur de la politique romaine. Il s’agit de rallier une élite de nobles et de possédants dont la situation sociale et de fortune les portera à la fidélité envers l’ordre romain et qui, jouissant d’une certaine autorité dans leur province, la mettront au service de Rome. Leur accorder la citoyenneté romaine et du même coup la possibilité d’entrer dans le cursus honorum, c’était leur permettre d’entrer dans la hiérarchie politico-administrative, de s’y élever, d’approcher les cercles du pouvoir, d’y participer et peut-être d’obtenir un jour la récompense suprême, inaccessible à la plupart : l’accès au Sénat. C’était en un mot les rallier à l’Empire.

    Les écrivains romains ne pensaient pas toujours du bien de ceux qui s’engageaient dans cette voie. Voici Tite-Live :

    « Les habitants des villes (il s’agit des Grecs) étaient de trois espèces. Les deux premières, en flattant le pouvoir des Romains … fondaient leur fortune particulière sur l’oppression de leur patrie … Les partisans de Rome étaient seuls en possession des magistratures et des ambassades » (2).

    Tacite parle de domination culturelle :

    « On en vint même à priser notre costume et souvent à porter la toge … dans leur inexpérience, ils appelaient civilisation ce qui contribuait à leur asservissement. »

    Un rhéteur grec du milieu du IIe siècle, Aelius Aristide, a résumé la situation ainsi créée dans un ouvrage célèbre : Eloge de Rome.

    « Vous avez partout donné la citoyenneté et comme un droit de parenté à tous ceux qui représentent les élites du talent, du courage et de l’influence, le reste vous étant soumis comme des sujets » et plus loin : « Il n’est nul besoin de garnisons qui tiennent les acropoles. Les habitants les plus importants et les plus puissants de chaque endroit gardent pour vous leur propre patrie. »

    Doit-on comprendre qu’une super-classe inter-cités de notables et de possédants avait, avec l’aval et sous l’autorité de Rome, le contrôle des cités de l’Empire ? L’histoire est un éternel recommencement. Celle de Rome est pleine d’enseignements qu’il n’est pas indiqué de porter au fronton de nos mairies.

    L’édit de Caracalla : traduction de l’affaiblissement de l’esprit romain

    Avec la promulgation, en 212, de l’édit de Caracalla étendant la citoyenneté romaine à tous les habitants libres de l’Empire se clôt une évolution historique. Comme l’écrit l’éminent romaniste que fut François Jacques :

     « La décision de Caracalla était bien révolutionnaire : elle rompait avec une politique qui avait réservé la citoyenneté hors d’Italie à une minorité, en général une élite sociale, et que les Empereurs avaient maintenue par delà les nuances depuis Auguste. »

     Une révolution ne surgit jamais inopinément. Un affaiblissement de l’esprit romain l’avait préparée, dont l’origine remontait au IIe siècle. L’élan expansionniste de Rome commençait à se tarir : au lieu d’étendre l’empire – en Ecosse Hadrien (117-138) construisait un mur de défense, les Barbares réussissaient sous Marc-Aurèle (161-180) à pénétrer en Italie, Marc-Aurèle lui-même faisait profession de cosmopolitisme – on assistait à un foisonnement religieux profitant aux cultes orientaux (Cybèle, Mythra, Isis).

    Cette évolution allait s’accentuer sous les règnes de Septime Sévère (193-211) et de son fils Caracalla (211-217).

    Septime Sévère était né à Leptis Magna en Libye, dans une famille romanisée qui depuis un siècle avait fourni nombre de cadres supérieurs à l’Empire (3). Un point est important : il était le premier empereur de l’histoire de Rome à n’être pas de souche italienne. Malgré cette origine ou peut-être à cause de cette origine, il se révéla très soucieux d’affirmer sa romanité, son attachement au passé glorieux et à la grandeur de Rome et il est tenu par maints historiens comme l’un des meilleurs empereurs. Néanmoins son règne fut marqué par un recul accru de l’esprit romain et parallèlement un renforcement de l’influence orientale.

    Celle-ci s’affirma notamment autour de l’impératrice Julia Domna (Syrienne, elle avait 17 ans quand Septime Sévère alors âgé de 41 ans l’épousa). Elle tenait salon, s’entourait d’artistes, de philosophes, de juristes tous orientaux qui affichaient une idéologie plus tournée vers le cosmopolitisme que vers la romanité. L’esprit cosmopolite se répandait donc, fruit du brassage des populations provoqué par l’Empire. En écho, on observait une propension à rapprocher les croyances de toutes origines et à les rassembler en un corpus unique. Cette évolution serait couronnée de manière symbolique par Sévère Alexandre (222-235) : son laraire, autel traditionnellement réservé par les Romains aux dieux de leurs foyers, réunirait les grandes âmes du passé : Apollonius de Tyrane, Abraham, Orphée, Jésus-Christ, Alexandre le Grand… Dans le même temps, le christianisme faisait valoir son universalisme et contribuait ainsi au mouvement général des idées, même s’il rendait à César ce qui revenait à César.

    Ainsi se préparait la grande crise du IIIe siècle qui faillit emporter l’Empire et l’aurait emporté si Dioclétien (284-305) n’avait repoussé l’échéance, au prix d’ailleurs d’une profonde transformation.

    L’édit de Caracalla apparaît donc comme traduisant l’affaiblissement de l’esprit romain. Il n’a assurément pas provoqué la chute de l’Empire. Il a seulement été un signe annonciateur parmi d’autres de cette chute.

    Les motifs qu’avait l’empereur de prendre cet édit n’apparaissent pas clairement et sont discutés. Sur le plan pratique, il n’apportait rien de plus aux élites de l’Empire et il n’apportait pas davantage aux masses populaires, privées dans les faits de toute participation au pouvoir. Aussi bien passa-t-il inaperçu en son temps. Il n’en va plus de même aujourd’hui – tant s’en faut ! – et il suscite un intérêt inépuisable dont Internet tient compte dans un article consacré à Caracalla. J’emprunterai donc ma conclusion à cet article qui a l’avantage de nous ramener à mon introduction :

    « Il n’y a aucun fondement factuel et même anachronisme à voir dans cet édit la volonté de créer une citoyenneté universelle. L’édit reste cependant cité en exemple par les défenseurs, au XXIe siècle, d’une extension des droits politiques à tous les habitants d’un pays donné. »

    Pierre Milloz14/10/2014

    Notes :

    1. On peut s’étonner que cette référence à la « pureté du sang » n’ait pas de nos jours suscité, au nom de l’antiracisme, une pétition tendant à faire débaptiser le siècle auquel cet empereur a donné son nom.
    2. Tite-Live fait allusion à la fin de la IIIe guerre macédonienne et donc à une époque bien antérieure à l’intervention de Claude devant le Sénat (on est encore sous la République). Il a paru possible néanmoins de l’évoquer tant le problème du rôle des élites des pays vaincus est permanent.
    3.Selon l’Histoire Auguste, la sœur de Septime Sévère, lorsqu’elle venait lui faire visite à Rome, « le faisait rougir car elle savait à peine parler latin ». Curieux détail : on ne parlait donc pratiquement pas latin en famille dans cette famille profondément romanisée ? Septime Sévère passait d’ailleurs pour être meilleur orateur en punique qu’en latin.

    (*) Voir : « Le cosmopolitisme ou la France » de Pierre Milloz<

    http://www.polemia.com/droit-du-sol-droit-du-sang-lexemple-de-lempire-romain/

  • Une Femen condamnée

    Une militante des Femen a été condamnée aujourd'hui à 1 500 euros d'amendepour avoir, seins nus, endommagé début juin la statue de cire de Vladimir Poutine au Musée Grévin. Le tribunal correctionnel de Paris l'a condamnée pour dégradation volontaire et exhibition sexuelle. Outre son amende, Iana Zhdanov a été condamnée à verser 3 004 euros au Musée Grévin au titre du préjudice matériel et 1 000 euros au titre du préjudice moral, ainsi que 500 euros de frais de procédure. Elle a annoncé qu'elle ferait appel et qu'elle irait jusque devant la Cour européenne des droits de l'homme si besoin.

    Une autre militante, qui a depuis quitté les Femen, doit également être jugée aujourd'hui pour exhibition sexuelle après avoir simulé un avortement dans l'église de la Madeleine, en décembre 2013.

    Michel Janva

  • Les infiltrés : épilogue

    En 2010 France 2 diffusait un reportage dans son émissionLes Infiltrés intitulée : « A l’extrême droite du père ». Le reportage filmé en caméra cachée dans le mouvement Dies Irae et dans une école hors contrat avait suscité l’indignation de la classe politique et journalistique. Toute l’histoire : iciiciici et ici.

    Malheureusement la suite judiciaire n’est pas en faveur des plaignants :

    Des catholiques traditionalistes ont perdu jeudi le procès en diffamation qu’ils avaient intenté contre un reportage en caméra cachée de l’émission Les Infiltrés, intitulée À l’extrême droite du Père. Quatre journalistes, dont le présentateur David Pujadas et le fondateur de l’agence Capa Hervé Chabalier, ont ainsi été relaxés par le tribunal correctionnel de Paris.

    Le reportage diffusé par France 2 en avril 2010 montre un groupuscule d’extrême droite, Dies Irae, dirigé par un ancien militant du Front national, et fait un lien avec le milieu catholique traditionaliste, représenté à Bordeaux par l’Institut du Bon pasteur, dirigé par l’abbé Philippe Laguérie, ancien curé de l’église intégriste Saint-Nicolas-du-Chardonnet à Paris. Les propos visés ont été jugés soit non diffamatoires, soit diffamatoires mais le tribunal a reconnu la « bonne foi » des journalistes, a expliqué la présidente Anne-Marie Sauteraud. « Fier » de cette émission, son présentateur David Pujadas avait expliqué à la barre le 11 septembre que la caméra cachée permettait de « faire la différence entre le discours officiel et la réalité des faits », pour « rendre compte d’une réalité qui est cachée ». Pour le journaliste, cette émission a « une utilité publique ». « L’infiltration est quasi aussi ancienne que le journalisme », avait-il poursuivi, citant en exemple Albert Londres. Dans des « cas exceptionnels, la fin justifie les moyens », avait estimé M. Pujadas.

    Source :Le Figaro

    http://www.contre-info.com/