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France et politique française - Page 4119

  • « le Suicide français » : le dernier livre d’Eric Zemmour cartonne

     

    Dans notre société, les nouvelles encourageantes ne sont pas fréquentes ; alors savourons le fait que le nouveau livre d’Eric Zemmour connaisse un démarrage encore plus tonitruand que celui de l’ex « première petite copine », la lamentable Valérie Trierweiler, qui battait des records de vente.

    L’essai de ce brillant journaliste non conformiste (avec lequel nous ne saurions être d’accords sur tout) est bien sûrachetable en ligne chez la Librairie française(ou dans sa boutique parisienne). Évitez évidemment Amazon !

    « Valérie Trierweiler, qui caracolait en tête des ventes avec Merci pour ce moment (éditions des Arènes) depuis la sortie de son ouvrage il y a un mois, vient d’être dépassée… Éric Zemmour, avec Le Suicide français (éditions Albin Michel), est en train de tout écraser sur son passage.

    Alors qu’il a été initialement imprimé à 100 000 exemplaires, une réimpression de plus de 20 000 exemplaires a été lancée avant même la mise en place de l’ouvrage, la semaine dernière. Et, depuis le début de la commercialisation, il s’en vend 5 000 exemplaires par jour ! » (Le Point)

    http://www.contre-info.com/

     

  • Depuis 2012, "plus de 4 milliards d'euros ont été enlevés aux familles"

    François Hollande n'aurait "pas retenu" l'idée de moduler les allocations familiales en fonction des revenus, une piste avancée ce matin par des députés socialistes comme alternative à la réduction du congé parental pour les mères. Mais le principe serait toujours "en discussion". Comprenne qui pourra.

    Quoi qu'il en soit, le gouvernement maintient son objectif d'économiser 700 millions d'euros sur le dos des familles. 700 millions ? François Fondard, président de l'Union nationale des associations familiales (Unaf) a fait le calcul :

    "Quand on additionne toutes les mesures depuis 2012, plus de 4 milliards d'euros ont déjà été enlevés aux familles. Elles ont déjà payé le prix fort. Si on voulait faire perdre confiance aux jeunes familles, il ne faudrait pas s'y prendre autrement."

    Louise Tudy

     
  • Étudiante portant le niqab : que font les rebelles de service ?

    On crie sous vos fenêtres : « Vive Mohamed Merah ! », « Mort aux juifs ! », et vous n’entendez pas.   

    « Ayant des yeux, ne voyez-vous pas ? et ayant des oreilles, n’entendez-vous pas ? Et n’avez-vous pas de mémoire ? » Que vous faut-il, aimerait-on demander à certains, pour prendre conscience de la menace qui pèse sur nos têtes ? On crie sous vos fenêtres : « Vive Mohamed Merah ! », « Mort aux juifs ! », et vous n’entendez pas. Des pénitentes hargneuses, dont le corps entier repose sous un long drap noir, hantent nos villes de lumière, et vous ne voyez pas. Vous ne vous souvenez pas que, partout où l’on a mis le corps et l’esprit en cage, on a toujours fini par mépriser et par nier la vie ?

    C’est sans doute parce qu’il fait profession de mémoire que l’historien Jean-Charles Jauffret, heurté par la vue d’une de ses étudiantes portant le niqab, lui a lancé – l’imprudent – : « Vous êtes le cheval de Troie du salafisme. » À ces mots, l’étudiante, choquée, a quitté l’amphithéâtre, suivie par quelques bonnes âmes solidaires. Il faut dire que la scène se passe à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence, une de ces fabriques de l’antiracisme inquisitoire. La direction de l’établissement, il va sans dire, n’a pas perdu de temps pour exprimer son soutien à la jeune fille, même si elle n’a pas osé déchoir Monsieur Jauffret de ses droits constitutionnels. Inutile, le pauvre homme s’est condamné lui-même à une forme plus sournoise d’ostracisation.

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  • Le Sénat et les mères porteuses

    Lu sur le blog d'Yves Daoudal, à propos de Sens Commun :

    "[...] Voilà qu’ils « s’étonnent vivement de la nomination du sénateur Alain Milon au poste de président de la commission des Affaires sociales du Sénat ». Une élection « totalement consternante », disent-ils : parce que le sénateur Milon, quoique UMP, est favorable à la loi Taubira, à la PMA et à la GPA.

    On a l’impression qu’ils tombent de la lune.Ils ne s’étonnent pas que la socialiste Michèle André soit élue (par la droite) présidente de la commission des Finances. Ni que le questeur soit, bien sûr, l’UMP Bernard Saugey… président d’honneur de la Fraternelle parlementaire… Car c’est par là qu’il faut commencer. La politique, au Sénat, est réglée par la franc-maçonnerie.

    C’est pourquoi je n’ai pas bondi d’enthousiasme en apprenant que Bruno Retailleau devenait président du groupe UMP. Pour accéder à ce poste, il lui a fallu donner des gages. Ou pire. En tout cas, parmi les gages, il y a précisément Alain Milon aux affaires sociales. Aux côtés de Michèle André aux Finances. Michèle André, vice-présidente de la Fraternelle parlementaire. Ces deux-là, en janvier 2010, avaient signé conjointement (suivis par bien d’autres naturellement, dont Bernard Saugey) une proposition de loi légalisant la GPA.

    C’est un combat de longue date.En 2008, déjà, Michèle André, avec Alain Milon (et Henri de Richemont) avaient pondu un « rapport d’information » favorable à la légalisation de la gestation pour autrui. En octobre 2008, à l’assemblée générale de la Fraternelle parlementaire, la seule intervention, en dehors des allocutions d’usage, avait été l’exposé de la « Sœur Michèle André » sur la GPA.Qui commençait ainsi : « La maternité pour autrui constitue une pratique séculaire permettant de remédier à l’infertilité d’une femme. » Et donc il faut mettre fin à la loi de « prohibition ».

    Sur les questions « sociétales », il n’y a aucune différence, dans les instances dirigeantes du Sénat, entre la droite et la gauche. Le programme unique est celui de la franc-maçonnerie. N’en déplaise à Bruno Retailleau et autres leurres (les francs-maçons ayant oublié, hélas, d’être idiots)."

    suite et fin

  • Un tract pertinent distribué à la Manif pour tous

    Alors que de nombreux politiciens pourris de l’UMP sont venus dimanche dernier faire de la retape lors de la Manif por tous, un tract judicieux y a été distribué à quelques milliers d’exemplaires.  A partager !

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    http://www.contre-info.com/

  • Loi Taubira : la ligne de l'UMP varie d’un jour à l’autre

    Marion Maréchal-Le Pen répond à Présent sur la raison de sa présence à La Manif Pour Tous :

    « En particulier, j’ai envie de vous dire que ce qui nous motive c’est l’activité jurisprudentielle, puisque vous n’êtes pas sans savoir que la loi Taubira a été utilisée par la Cour de cassation pour permettre à la “conjointe” homosexuelle l’adoption d’un enfant issu de PMA, et que la Cour européenne des droits de l’homme nous oblige à transcrire dans l’état civil français les enfants issus de GPA, donc, en fait, c’est une nouvelle hypocrisie politique qui veut qu’on contourne la loi française et qu’on incite les parents à violer la loi française. Ce qui, petit à petit, va nous conduire à la marchandisation de l’enfant. »

    Et concernant le refus des élus du FN de défiler en tête avec les autres élus (UMP, PCD et UDI), elle répond :

    « Eh bien écoutez, nous n’avons pas voulu défiler avec eux aujourd’hui justement parce que je crois que leurs reniements sont nombreux, au sein même de l’UMP ils ont du mal à savoir où ils en sont, quelle est la ligne, ça varie d’un jour à l’autre. Ce qu’on peut au moins nous accorder, au Front national, c’est que la ligne a été claire dès le départ, nous avons pris l’engagement d’abroger cette loi si nous arrivons au pouvoir parce que nous considérons qu’elle a été le prélude à toutes les dérives que nous connaissons aujourd’hui. »

    Michel Janva

  • Richelieu : servir l’Etat.

    En relisant quelques revues royalistes des années 2000, j’ai retrouvé un article que j’avais écrit pour Les Épées, un trimestriel monarchiste qui avait pris comme devise la phrase célèbre de Pierre Boutang, philosophe néomaurrassien (postmaurrassien ?), « Le droit du prince naît du besoin du peuple », une formule qui, d’ailleurs, me semble d’une grande actualité.

    L’article était, en fait, une critique sympathique du livre de François Bluche sur le cardinal de Richelieu, notre grand homme d’État dont il serait bon de relire les écrits pour mieux saisir les devoirs de ceux qui tiennent l’État et sont censés le servir...

    Voici donc le texte de l’article publié dans Les Épées de février 2004, et intitulé « Servir l’État » :

    Dans le bureau de Charles Maurras trônait un superbe buste du cardinal de Richelieu. Cette présence ne devait rien au hasard et signait l’inspiration politique profonde du théoricien de l’Action française. Aussi n’est-il pas inutile de se plonger dans l’essai de François Bluche intitulé simplement Richelieu pour découvrir (redécouvrir) ce fidèle serviteur de l’État. Cela s’avère d’autant plus nécessaire en cette heure où les notions de « service » et d’« État » sont moquées, parfois même ridiculisées par ceux-là mêmes qui devraient en être les défenseurs.

    La particularité de cet ouvrage est la succession de chapitres courts, de quelques pages seulement, denses sans être lourds et qui évoquent tel aspect du cardinal ou tel événement de sa vie ou de sa pratique politique. C’est aussi ce qui renforce l’aspect pédagogique du livre, des annexes fort complètes et utiles, en particulier la chronologie et le glossaire.

    La suite sur le blog de Jean-Philippe Chauvin

  • Un "pro-GPA" va présider la commission des affaires sociales du Sénat : à quoi joue l'UMP ?

    Lu dans le Figaro :

    "Sénateur du Vaucluse, Alain Milon a été désigné ce mardi par ses collègues du groupe UMP pour présider la commission des affaires sociales du Sénat. Mais ses idées sont atypiques."

    [...]Alain Milon, 67 ans, a été réélu aux dernières élections sénatoriales dans le Vaucluse. Ce mardi, il a été désigné par ses collègues du groupe UMP pour devenir le futur président de la commission des affaires sociales de la Chambre haute, qui sera élu demain par les parlementaires de la dite commission.

    Or, sur les questions sociales justement, ce sénateur n'est pas tout à fait sur la ligne officielle de l'UMP. À plusieurs reprises, ce parlementaire s'est prononcé en faveur du mariage des homosexuels, mais aussi de l'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à tous les couples et de l'autorisation de la gestation pour autrui (GPA). En 2010, il a d'ailleurs rédigé une proposition de loi pour autoriser la GPA. L'idée était à l'époque de modifier «le code de la santé publique afin d'inscrire la gestation pour autrui dans le cadre de l'assistance médicale à la procréation». «Elle deviendrait un instrument supplémentaire au service de la lutte contre l'infertilité, sans que soit reconnu pour autant un ‘droit à l'enfant'», expliquait son texte de loi." [...]

    Donc ce sénateur ne serait pas "sur la ligne officielle de l'UMP". Quelle ligne officielle ? L'UMP n'a pas de ligne officielle; ce parti-patchwork rassemble autant d'idées différentes que d'élus, ce qui permet ce choix d'un sénateur favorable à tous les désastres sociétaux imposés ces deux dernières années par la gauche. A quoi joue donc l'UMP ? Ce parti n'a donc toujours pas compris que sa dernière chance était de se caler sur la ligne LMPT ? S'ils hésitaient encore, les électeurs sauront désormais à quoi s'en tenir.

    Marie Bethanie

  • Les liens France-Qatar-Espagne-Arabie Saoudite

    Joachim Véliocas analyse les liens France-Qatar-Espagne-Arabie Saoudite pour le quotidien polonais Nasz Dziennik, article du 27 septembre 2014,

    « La mansuétude de nombreux politiciens français, et non des moindres, envers les prétentions des Etats orientaux ayant l’islam pour religion officielle se lit à la lumière des enjeux économiques et des partenariats géostratégiques. Si la France n’a pas de liens aussi étroits que les Etats-Unis avec l’Arabie Saoudite, ses grandes entreprises y sont fortement implantées et la dimension des contrats impressionne. »

    « L’Arabie Saoudite demeure notre premier client sur la période 2003-2012 », indique le dernier rapport au Parlement sur les exportations d’armement de la France. Sur les dix dernières années, elles se sont élevées à 7 milliards d’euros. Depuis la déstabilisation de la région suite aux révolutions arabes, les commandes n’ont jamais été aussi élevées. Ainsi, six frégates vont être vendues ces prochaines années au royaume wahhabite pour un montant de 15 milliards d’euros, et une aide de 3 milliards au Liban va pouvoir permettre à ce dernier de moderniser ses équipement dans un contexte de tensions avec ses voisins.

    On comprend donc à cette lumière l’engagement matériel de la France aux côtés de l’Armée syrienne libre (ASL), officialisé cet été par François Hollande alors que la presse internationale avait depuis longtemps évoqué ce partenariat. Loin d’être islamiquement modérée, l’ASL comprend des brigades jihadistes avérées, s’appelant Muawiya, Yazid, Abou Ubayda Jarrah, Ibn Taymiyya, Ibn Kathir, la brigade turkmène « Yavuz Sultan Selim » du nom du sultan-calife ottoman qui, au XVIe siècle, massacra alévis, alaouites et chiite. La plus grosse composante de l’ASL est la brigade al Farouq, dont la cruauté n’a rien à envier au Jabhat al Nosra.

    La France siège à une operation room confidentielle en Jordanie, dirigée par les Saoudiens, avec les Etats-Unis, coordonnant l’appui matériel aux djihadistes de l’ASL, selon le reporter du Figaro sur place Georges Malbrunot.

    C’est dans ce contexte de pluie de contrats potentiels que Nicolas Sarkozy reçut, le 8 octobre 2002, le secrétaire général de la Ligue islamique mondiale, Abdallah Turki, qui vint Place Beauvau pour obtenir un feu vert sur le financement de mosquées en France. Peu importait apparemment que cette Ligue soit le bras financier et prosélyte de l’Arabie Saoudite, où le wahhabisme d’Etat est la mouture la plus extrême de l’islam. Nombreuses mosquées sont financées par l’état wahhabitte en France ; Lyon et Evry sont les plus monumentales. Celle de Cannes, inaugurée cet été par le maire UMP sur un terrain municipal, a été financée par le propriétaire de la chaîne islamique Iqraa, Saleh Abdullah Kamel. Iqraa (lire en arabe) est  le nom donné à la mosquée inaugurée par le maire David Lisnard entre un drapeau saoudien et algérien.

    L’Espagne a encore des meilleures relations que la France avec l’Arabie Saoudite. « J’entretiens une profonde et forte amitié avec le roi Juan Carlos », affirma le prince héritier Bin Abdulaziz al Saud durant son voyage en Espagne en 2006. Ainsi, Alstom encaissa un coup dur quand le consortium hispano-saoudien Talgo/Renfe emporta le projet de TGV la Mecque-Médine, obtenu en octobre 2011 par le truchement du roi d’Espagne. Un projet à 6,7 milliards d’euros.

    En mai 2014, Juan Carlos alla voir son ami en Arabie Saoudite et accéléra la vente de plus de 250 chars de combat Léopard fabriqués en Espagne.

    On comprend mieux pourquoi la monumentale mosquée Omar de Madrid n’eut aucun encombre à édifier son imposant minaret avec des fonds saoudiens. Elle fut inaugurée par le roi Fadh (1923-2005) et le roi Juan Carlos en 1992. Wahhabite, elle est considérée comme trop radicale par nombre de musulmans maghrébins de la ville. Pour la petite histoire, ma femme de ménage marocaine refuse d’y mettre les pieds pour cette raison, et préfère fréquenter la mosquée syrienne du quartier Lavapies (1).

    Nicolas Sarkozy, lui, privilégia le Qatar à l’inverse de son prédécesseur Jacques Chirac. Ce pays a obtenu un véritable tapis rouge pour ses investissements en France. Non seulement ses OPA et prises de participation dans les sociétés stratégiques françaises n’ont jamais été contrecarrées, mais il bénéficie d’exemptions fiscales notamment sur les plus-values, sur décision de Sarkozy.

    Le fonds souverain du Qatar Investment Autority (QIA), doté de 210 milliards d’euros, est actionnaire de groupes stratégiques comme Lagardère (13% des parts, Lagardère possède elle-même 7,5% d’EADS), Veolia environnement (4,7%), Suez Vinci (5,5%), Total (3%). Le fonds Qatar Sports Investments détient 30% du club de foot PSG, et Qatar Luxury Group détient 1% de LVMH ainsi qu’une participation dans Le Tanneur.

    Il faut dire que les grandes entreprises françaises Total, GDF-Suez, EDF, Veolia, Vinci, Air Liquide, EADS, Technip ont raflé des contrats importants au Qatar.

    Ce tableau économique impressionnant étant posé, on comprend comment le bras armé du Qatar concernant l’investissement dans les mosquées françaises, la Qatar Charity Foundation, s’en donne à cœur joie. Principal soutien des Frères musulmans dans le monde, l’émirat a sans surprise orienté ses fonds vers les mosquées de l’UOIF, branche des Frères musulmans en France. Ainsi, les mosquées de Mulhouse, Reims, Nantes ont reçu des financements directs, et les projets des Grandes Mosquées de Bordeaux et de Marseille sont en passe de recevoir leur contribution. La fondation contribue même au budget de fonctionnement de l’historique mosquée de Paris à hauteur de deux millions d’euros.

    Nombre de politiciens français défilent à Doha. Tous les ministres de Sarkozy s’y pressèrent. Côté socialiste, nombreux y ont été reçus, de Manuel Valls à Ségolène Royal qui fut reçue en 2007 dans le cadre d’un « voyage d’étude » pour un « Forum sur la démocratie » (intitulé assez incongru dans cette dictature islamiste) accompagnée à l’époque par Najat Vallaud-Belkacem. Cette dernière, actuellement ministre de l’Education nationale, pourtant en pointe sur le féminisme, affirma lors d’une émission sur LCP en 2012 :

    « A propos du Qatar, il y a des inquiétudes que je ne comprends pas. L’investissement du Qatar c’est du business et rien d’autre », à propos des subventions qatari aux banlieues musulmanes, dont les représentants associatifs reçus à Doha en novembre 2011 rappelèrent que leur hôte, l’émir en personne, les invita à créer des écoles coraniques car elles sont les « meilleures institutions pour apprendre correctement l’arabe littéraire et l’histoire du monde (2) ».

    L’ambassade du Qatar à Paris cible depuis 2003 les populations issues de l’immigration musulmane, et cherche à se constituer un fichier d’affidés manipulables. Une tentative de doubler le Conseil français du culte musulman, trop lié au Maroc et à l’Algérie, prit forme en 2009 avec la création du Conseil représentatif des institutions musulmanes, sur le modèle du Crif pour les juifs. La main ouvrière du projet fut Malika Benlarbi, à l’époque sous-préfète et ancienne du cabinet de Brice Hortefeux alors ministre de l’Intérieur. Ce projet avorta faute de représentativité, et surtout car Nicolas Sarkozy, annoncé pour le gala de lancement, changea d’avis à la dernière minute. Le Qatar adore lancer des dîners et forums en France ; en mars 2008, le ministre de l’Education nationale Xavier Darcos lança les Assises de l’enseignement de la culture et langue arabes, au sein même de l’Assemblée nationale, événement parrainé par le Qatar.

    « Partenaire principal » (3) des révolutions arabes selon le chef des Frères musulmans tunisien Rached Ghannouchi, le Qatar ne se contente pas de financer les partis politiques liés à la confrérie, mais arme aussi les djihadistes en Syrie et en Libye. La guerre de Libye a d’ailleurs été entreprise par la France sous pression du Qatar. Sur le dossier syrien, les hommes politiques français les plus liés à l’émirat réclamèrent des frappes contre Damas en soutien aux djihadistes : en 2013, Alain Juppé réclama une ingérence sur le modèle du Kosovo en 1999, alors que Nicolas Sarkozy, rapportent ses proches au Figaro, aurait souhaité frapper Damas sans même l’aval de l’Assemblée nationale (4) !

    Affaiblie économiquement, la France n’ose pas fragiliser son partenariat stratégique avec les royaumes wahhabites orientaux, l’industrie de l’armement en France étant un des rares secteurs encore florissant, dont les exportations ont augmenté de 40% pour la seule année 2013.

    Cependant, l’extrême radicalité de l’islam diffusé par ces pays choque l’opinion et donc les sympathisants des partis politiques. Ainsi, Nicolas Sarkozy fut contraint de décrocher son téléphone en mars 2012 pour demander à l’émir du Qatar de retenir le cheikh Yussuf al Qaradawi, invité du congrès annuel de l’UOIF (branche française des Frères musulmans) : ses déclarations concernant le châtiment des apostats, des homosexuels et des juifs avaient du mal à passer inaperçus à l’ère des réseaux sociaux et des médias internet. Six autres conférenciers étrangers invités pour l’occasion virent leur autorisation de séjour suspendue, un mois après la tuerie de l’école juive de Toulouse par Mohamed Merah ; les options idéologiques antisémites de ce petit monde faisait désordre. D’autant que l’élection présidentielle se déroula en mai de la même année !

    Pour autant, localement, les maires UMP continuent de soutenir les mosquées de l’UOIF. A Beauvais, Metz, Nice, Bordeaux, Cannes, les élus de droite soutiennent activement leur implantation en trouvant parfois eux-mêmes les terrains, toujours au nom de la laïcité et de la liberté religieuses, notions pourtant clouées au pilori par la doctrine des Frères musulmans !

    Dans les prochaines décennies le maillage territorial des islamistes, tant au niveau des mosquées qu’au niveau des écoles, aggravera le communautarisme déjà bien enkysté dans les grandes agglomérations françaises.

    L’Europe de l’Ouest vieillit et a depuis longtemps baissé la garde quant à la défense de ses valeurs traditionnelles. Le « changement de civilisation », réclamé par la gauche française dans une vision post-chrétienne et nihiliste d’un homme nouveau déraciné, est mis en place par tout l’arc politique français. C’est aussi en ce sens qu’il faut comprendre le succès du Front national dans les urnes, et plus généralement celui des autres partis national-conservateurs d’Europe.

     Joachim Véliocas, 30/09/2014

    Joachim Véliocas est directeur de l’Observatoire de l’islamisation de Paris et auteur de Ces Maires qui courtisent l’islamisme (éditions Tatamis, 2010).

    SourcesNasz Dziennik, Sobota, 27 wresnia 2014 et L’Observatoire de l’islamisation,30/09/20

    Notes :

    (1)  L’auteur de ces lignes vivait encore récemment à Madrid.

    (2)  Propos rapportés dans le livre de Nicolas Beau et Jacques-Marie Bourget, Le Vilain Petit Qatar,, Fayard, 2014, p. 210.

    (3)  Interview au journal qatari Al Arab du 31 décembre 2012.

    (4)  « Syrie : ce que Sarkozy pense mais ne dit pas », Le Figaro, 5 septembre 2013.

    http://www.polemia.com/les-liens-france-qatar-espagne-arabie-saoudite/