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France et politique française - Page 4437

  • Jean-François Mattéi : "Nous sommes dans une civilisation mortifère"

    Philosophe et membre de l'Institut Universitaire de France, Jean-François Mattéi réagit à la légalisation de l'euthanasie des enfants en Belgique et à l'affaire Vincent Lambert. Extraits de Figarovox :

    "Nous sommes dans une civilisation mortifère, qui sous couvert d'humanisme, voire d'humanitarisme, veut éliminer les personnes dérangeantes, faibles ou malades, qui ne correspondent pas aux critères de l'individu libéral. Derrière tout cela se cache une perspective utilitariste, notamment développée dans les travaux du philosophe australien Peter Singer, qui parle de «non-personnes» à propos des nouveaux nés, et justifie l'euthanasie et même l'infanticide de ces «surnuméraires». Jacques Monod l'avait prédit lorsqu'il reçut son prix Nobel de Biologie en 1965 «le monde moderne n'échappera pas à l'eugénisme»."

    "Nous sommes dans une civilisation de type scientifique, technique, froide et informatique, et en même temps, on essaie de compenser cette froideur par un déluge d'affectivité permanent. On demande au citoyen moyen son avis sur toutes les questions, et la parole des experts (philosophes, médecins, juristes) est mise sur le même plan que celle de l'individu lambda.

    Dans nos sociétés sans transcendance, c'est l'homme qui doit décider en dernière instance des questions existentielles. Mais quel homme doit décider ? L'expert, le journaliste, le politique, l'homme de la rue ? C'est le grand défaut de nos sociétés démocratiques et c'est ce qui rend les débats sociétaux insolubles. (...) On ne peut rien faire. C'est la règle du jeu de la démocratie. Celle qui, je vous le rappelle, a porté Hitler à la tête de l'Etat en 1933 et fait voter les pleins pouvoirs à Pétain en 1940."

    Louise Tudy

  • Et si l’on s’abstenait de voter blanc ?

    Le nouveau dispositif prévoit qu'à partir du 1er avril 2014, les bulletins nuls seront décomptés séparément des bulletins blancs.

    « L’abstention est un épuisement, auquel le vote blanc peut constituer un remède. » Cette citation de Blaise Hersent-Lechatreux, défunt fondateur du Parti Blanc, prend tout son sens à l’heure où le pouvoir sociétaliste a permis l’adoption parlementaire définitive d’une proposition de loi déposée par l’UDI, instituant dorénavant la prise en compte du vote blanc. Le nouveau dispositif prévoit qu’à partir du 1er avril 2014, les bulletins nuls seront décomptés séparément des bulletins blancs. Il convient de préciser que ces derniers ne seront nullement comptabilisés dans les suffrages exprimés, ce qui ôte finalement tout intérêt à ce vote. Retour ou plutôt maintien à la case départ. Alors, nouveau jeu de dupes démocratique ?

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  • « Idéologues, maurrassiens, tea-party à la française, opposants à la pseudo-théorie du genre, sainte-alliance entre ultras... »

    Mgr Castet, évêque de Luçon, dénonce le terrorisme intellectuel pratiqué par les idéologues du gender, dans un texte publié dans le magazine du diocèse de Luçon, sous le titre « Idéologues, maurrassiens, tea-party à la française, opposants à la pseudo-théorie du genre, sainte-alliance entre ultras... » :

    "La méthode est connue depuis bien longtemps. Lorsque l'on souhaite tuer dans l'oeuf l'expression libre d'une conviction fondée, les mots deviennent des armes efficaces et mortelles.

    Les personnes sont enfermées dans une catégorie considérée comme infâme et perdent de ce fait tout droit à l'expression publique. Incriminés, bâillonnés, les gens se trouvent alors exclus de tout débat et leurs actions, comme leurs paroles, prisonnières de catégories qui les rendent inaudibles. « Ringardisés », ils sont perçus comme rétrogrades et rigides. Ils sont désormais privés de leurs droits élémentaires de citoyens et parmi ces mêmes droits, de l'un des plus essentiels, celui d'une expression libre et publique. Mgr Podvin, porte-parole de la Conférence des évêques de France n'a-t-il pas écrit : « Il est profondément légitime que les citoyens s'expriment et qu'on les écoute. Que l'on cesse de blesser par le qualificatif "ringards" des citoyens à part entière ».

    Des catholiques, en très grand nombre, et non des moindres, je pense au cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, ont cru devoir manifester, aux côtés d'autres personnes, leur inquiétude forte devant les intentions législatives concernant la famille, la nature du mariage et la filiation. Ils ont proclamé très haut leur indignation de ne pas être pris en compte.

    À tous ceux qui promeuvent ce qu'ils appellent une évolution sociétale irréversible, ou encore que le droit est un simple contrat social sans référence à une vérité objective, je préfère dire, aux côtés du Cardinal Philippe Barbarin, que « nous avons un témoignage à donner. Nous avons à dire un non tout simple, tout clair, tout fort. Je ne sais pas si l'on sera entendu, mais nous sommes responsables de l'avoir dit ».

    L'an dernier, en fidélité à l'enseignement du Christ et de l'Église, nous avions déjà dit non à la loi concernant la nature du mariage. Les suites de cette loi concernant la PMA (procréation médicalement assistée) et la GPA (gestation pour autrui) posent des questions majeures. Ce n'est pas au législateur d'instituer un système dans lequel l'enfant n'aura pas de mère ou de père.

    L'accompagnement des personnes pratiqué avec générosité par les pasteurs et beaucoup de chrétiens ne peut pas être utilisé comme un argument qui conduise à choisir entre charité et vérité. Oser proclamer le vrai et le juste conduit, parfois difficilement, à vivre la charité dans la vérité. « La vérité vous rendra libres. » (Jn 8,32)."

    Michel Janva

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Pour combattre l'euthanasie : nous avons besoin de vous

    Chers amis,

    EComme vous le savez, Normal Ier et son gouvernement ont prévu de légiférer dans les prochains mois, sous la pression des lobbies les plus "recommandables", sur l'euthanasie (après les municipales, naturellement!...).

    Pour nous, catholiques, c'est clairement non : non, il n'est pas possible d'assassiner un vieillard, un handicapé ou une personne affaiblie (que ce soit en les piquant, comme se propose de le faire M. Hollande, par "humanitarisme", ou en les laissant mourir de faim ou de soif, comme la loi permet actuellement de le faire).

    Mais il ne suffit pas de dire NON. Il ne suffit même pas de dire, et de redire, que nous NE LACHERONS RIEN, JAMAIS. Il faut combattre pied à pied - dans la rue, dans les urnes... et au parlement.

    C'est pourquoi je suis heureux de vous annoncer que, depuis une dizaine de jours, une demi-douzaine d'assistants parlementaires proches du Salon Beige ont commencé à travailler sur le plan législatif, pour préparer la résistance et la riposte à ce projet de loi national-socialiste qui s'annonce. Mais il nous faut absolument leur procurer les moyens de se battre : il est impératif de montrer les conséquences de cette loi (le désastre actuel de la Belgique, où on peut assassiner des enfants, éventuellement même sans l'accord de leurs parents, est un "excellent" exemple) et il est impératif de mettre ces courageux assistants en relation avec les meilleurs juristes, médecins et spécialistes de ces questions.

    Après avoir travaillé avec ces assistants parlementaires, avec quelques juristes et quelques autres experts, nous avons estimé à environ 60 000 euros nos besoins pour préparer (et, plus encore, diffuser) les éléments nécessaires à la résistance anti-totalitaire. C'est infime par rapport aux moyens des lobbies de la culture de mort. Mais, avec cette somme, nous devrions être en mesure de défendre efficacement nos positions au parlement.

    Mais, pour réunir cette somme, j'ai absolument besoin de vous. Le Salon Beige a déjà engagé plus de 15 000 euros dans ce combat. Aidez-nous à réunir les 45 000 euros manquants (voir l'onglet "Faire un don" dans la colonne de gauche). Et, naturellement, si certains lecteurs connaissent bien ce sujet, que ce soit au plan médical ou au plan juridique, leur aide nous sera précieuse (le plus simple est alors de se signaler à la rédaction du Salon Beige).

    Merci à tous pour votre soutien

    Guillaume de Thieulloy, Directeur du Salon Beige

    Le Salon Beige

  • La démocratie d'apparence - 2

    I - Sommes nous en démocratie ?

    La question est d’une affligeante banalité car on la pose presque à tous les coins de rues. Et pourtant on peut lui apporter des réponses contradictoires. Tout dépend en effet de la manière dont on a défini préalablement la démocratie, car le terme est aujourd’hui si vague qu’il peut englober des choses très différentes.

    Première définition possible, la démocratie serait synonyme « d’Etat de droit ». C’est la conception la plus large, celle que l’on retrouve souvent dans les Etats anglo-saxons. La démocratie est ici entendue dans son aspect juridique, à savoir la défense des libertés fondamentales et des droits de l’homme. On est tenté alors de répondre par l’affirmative : nous vivons biens dans une démocratie puisque nous pouvons organiser librement des réunions politiques, que nous ne pouvons être arbitrairement incarcérés, que nos propriétés sont reconnues et protégées, etc… Mais une analyse un peu plus approfondie conduit à relativiser cette affirmation :

    - Tout d’abord le système démocratique ne protége pas toujours l’Etat de droit ; il recèle parfois même des tentations totalitaires. On l’a vu dans le passé, les débordements de la Révolution française en constituent l’illustration. Plus récemment la prise du pouvoir par Hitler résultait d’un processus parfaitement démocratique. Et même de nos jours, ce qu’il est convenu en France d’appeler « notre démocratie » manifeste depuis quelques temps des dérives éminemment fâcheuses. Par exemple en 1990, la loi « Gayssot » a décidé de frapper de sanctions correctionnelles tous ceux qui contestaient publiquement les crimes reconnus comme tels par le Tribunal International de Nuremberg à la fin de la seconde guerre mondiale. Puis en janvier 2005 une autre loi a été votée qui punit désormais de peine correctionnelle les personnes qui tiennent en public des propos « homophobes », autrement dit hostiles à l’homosexualité, sans que l’on sache très bien comment définir ce terme…
    Enfin fin 2006 l’Assemblée Nationale a voté en première lecture une proposition de loi qui vise à punir de peine de prison ceux qui remettent en question la réalité du génocide arménien…

    Cette manière de légiférer n’a rien à envier aux Etats totalitaires qui imposent une vérité officielle qu’il est interdit de contester. Beaucoup s’en sont émus, même à gauche puisqu’à l’initiative du journal « Libération » un certain nombre d’historiens de renom ont signé une pétition intitulée « Liberté pour l’histoire » qui a recueilli plus de 500 signatures. De leur coté, de nombreux professeurs de droit ont également signé une pétition pour réclamer l’abrogation des lois « mémorielles » qui créent en fait des délits d’opinion… On imagine aisément en effet les excès auxquels peuvent donner lieu de tels précédents législatifs : dans deux ans, dans cinq ans, dans dix ans le Parlement décidera-t-il de punir des même peines correctionnelles ceux qui critiqueront ouvertement l’immigration, la construction européenne ou encore la démocratie elle-même, ce qui placerait la présente contribution hors la loi ?... On n’en est pas là évidemment, mais on parle déjà d’interdire tout propos qui serait susceptible de justifier la colonisation…Il n’y a que le premier pas qui coûte dit-on, et ce premier pas a été franchi en 1990 avec la loi « Gayssot » qui a vu le premier accroc à la liberté d’expression et à la libre recherche scientifique. C’est un exemple qui montre que la démocratie ne se confond pas nécessairement avec la liberté et la défense de l’Etat de droit.

    - Une seconde observation vient étayer cette analyse. L’histoire montre que les libertés publiques et les droits subjectifs ont également été défendus par d’autres formes d’Etats de droit que les Etats démocratiques, puisque tout au long de leur histoire les monarchies européennes ont offert des garanties politiques et juridiques à leurs sujets. Ainsi en France sous l’Ancien Régime, même si les libertés publiques n’étaient pas ce qu’elles sont aujourd’hui, on protégeait la liberté d’association, le droit de propriété, la liberté d’aller et venir, la liberté contractuelle, la liberté de se marier et de fonder une famille, etc.…

    De même au XIXeme siècle, des Etats aristo-monarchiques comme l’Empire allemand ou l’Empire Austro-Hongrois ont défendu très efficacement les principales libertés publiques, et n’ont pas hésité à introduire le suffrage universel. Ils ont en outre été les premiers à mettre en place un système de protection sociale inexistant chez nous à cette époque…Enfin, on pourrait faire observer qu’en Angleterre la défense des droits de l’individu avec notamment « l’habeas corpus » est bien antérieure à l’avènement de la démocratie politique.

    - Plus fondamentalement enfin, la démocratie ne se confond pas avec le libéralisme ou l’esprit de tolérance car rien n’interdit à la majorité d’opprimer la minorité dès lors que cette majorité est détentrice de la souveraineté politique. Certes, les démocraties libérales s’efforcent d’empêcher ces abus et posent des garde-fous notamment sur plan juridique et institutionnel, mais ceux-ci constituent précisément une limitation du principe démocratique au nom d’autres impératifs jugés prioritaires : la liberté individuelle, le droit des minorités, la tolérance, le respect de la personne humaine, etc...

    Or ces impératifs auxquels se soumet le régime ne sont pas nécessairement eux-mêmes liés au concept de « démocratie », mais à une conception plus large de la Civilisation. Bref, l’Etat démocratique n’est qu’une forme d’Etat de droit parmi d’autres. Comme d’autres il peut aussi dériver vers des atteintes aux libertés et l’histoire montre qu’il suffit d’une crise et d’un concours de circonstances économiques, sociales, militaires, voire simplement électorales pour qu’un parti révolutionnaire puisse être porté au pouvoir. La démocratie n’est donc pas toujours synonyme d’Etat de droit et nos libertés sont peut être davantage liées à notre tradition historique qu’à la forme actuelle du gouvernement. Dans une telle perspective, la question de savoir si l’on est ou non en démocratie est assez secondaire… Deuxième définition possible, la démocratie serait « le gouvernement du Peuple, par le Peuple, pour le Peuple ». Cette seconde définition est issue de la Révolution française et de l’idéologie égalitaire et on la retrouve d’ailleurs dans la Constitution de la Ve République ; elle est plus étroite que la précédente et correspond à l’aspect politique du régime démocratique. Elle est souvent mise en avant par les politiciens de droite comme de gauche qui aiment à se replonger dans la mystique révolutionnaire, source présumée de légitimité électorale. Une telle définition conduit à donner à la question qui nous occupe une réponse brutale, mais que nous croyons lucide. Pour le philosophe René Guénon, « le gouvernement du Peuple par lui-même est une véritable impossibilité, une chose qui ne peut pas même avoir une simple existence de fait, pas plus à notre époque qu’à une autre ».

    Autrement dit, nous ne sommes pas en démocratie puisque le Peuple est un corps impuissant qui sera toujours gouverné en fait par des élites. On pourrait même ajouter que non seulement nous ne sommes pas en démocratie, mais que nous n’y serons jamais compte tenu de l’impossibilité absolue pour ce Peuple de se gouverner de manière autonome, faute de disposer comme un individu de conscience, de volonté et de réflexion. L’affirmation est sans doute cruelle pour nos contemporains et ne peut de prime abord que heurter leur sensibilité égalitaire. Mais on ne manquera pas d’être frappé par le caractère artificiel de la théorie de la volonté générale qui constitue un des principaux piliers de la doctrine démocratique. En réalité la volonté générale supposerait l’unanimité ce qui est impossible en pratique et cette prétendue volonté générale n’est autre qu’une volonté majoritaire, ce qui n’est pas du tout la même chose.

    En outre, cette volonté majoritaire est elle-même fictive puisque désormais dans les grandes démocraties ce sont parfois les abstentionnistes et les protestataires qui sont en réalité majoritaires ! Dès lors, la « volonté générale » n’est rien d’autre que la volonté de la minorité la plus forte et la mieux organisée, ce qui nous renvoie à l’analyse de Mosca, évoquée au début de cette contribution. Ce n’est que de manière exceptionnelle et dans des périodes de crise extrêmement graves que le Peuple peut manifester une volonté à peu près claire: c’est par exemple le ralliement massif des français au Général De Gaulle à la fin des année 1950 ; ou celui au Maréchal Pétain en 1940… Ce qui montre d’ailleurs que pour être claire dans certaines circonstances, la volonté populaire n’est pas pour autant systématiquement clairvoyante…

    Cette seconde définition, utopique, de la démocratie conduit inéluctablement à une réponse négative à la question posée : nous ne sommes pas en démocratie parce que celle-ci n’existe pas. Elle n’est rien d’autre qu’une fiction idéologique à l’usage des peuples, un habile appareil psychologique et idéologique au service des oligarchies au pouvoir. En outre on sait avec Aristote et Montesquieu que la démocratie tend à se corrompre de deux manières, soit en dérivant vers l’anarchie, c'est-à-dire la lutte de tous contre tous, soit en dérivant vers la ploutocratie, c'est-à-dire vers la dictature des riches. Dans les deux cas, le régime se dégrade et aboutit à la loi du plus fort, du plus rusé et du plus cynique. Or l’évolution des régimes démocratiques contemporains révèle hélas que ces deux corruptions sont toujours d’actualité : le lien social s’est altéré et la société tend à être dominée par la violence et les rapports de force (anarchie). Parallèlement le monde occidental est désormais dirigé par des puissances économiques et financières (ploutocratie) bien visibles à travers la mondialisation. Ainsi dans un article paru dans le journal « Le Monde » le 16 novembre 2001, notre éminente collègue Mireille Delmas-Marty n’hésitait pas à écrire : « Le monde est gouverné par une ploutocratie cosmopolite suffisamment flexible et mobile pour marginaliser à la fois les Etats, les citoyens et les juges ». Dès lors, face à la réalité de ces dérives les pessimistes auront tendance à répondre : « nous sommes bien en démocratie puisque nous baignons dans un climat d’anarchie et de ploutocratie ». Enfin les cyniques « in peto » ajouteront peut-être «…et c’est fort bien comme cela puisque nous y trouvons notre compte…».

    Nous ne sommes plus loin du « dernier homme » dont parlait Nietzsche. Décidément la question naïve « sommes nous en démocratie » conduit déjà à des réponses bien embarrassantes…

    Mais tout n’est pas encore dit car il est une troisième manière de définir la démocratie. Troisième définition possible, la démocratie serait la participation des individus à la vie politique. Cette troisième définition renvoie à l’aspect sociologique de la démocratie, compris comme la volonté de chaque individu de participer aux processus décisionnels. La question revient alors à s’interroger sur la possibilité pour l’homme de maîtriser son destin à travers le destin collectif. A cette question, la réponse est pour le moins surprenante pour ne pas dire paradoxale.

    - Dans l’état actuel des choses, c'est-à-dire dans les régimes de démocratie représentative comme le sont les grands pays industriels, la possibilité pour un homme ordinaire d’influer sur l’évolution de la société est extrêmement faible pour ne pas dire inexistante. Cela explique en grande partie l’abstention fréquente d’une bonne partie du corps électoral, celle qui est résignée à son impuissance ; de même que le vote protestataire d’une autre partie, celle qui ne l’est pas encore et dont l’exaspération va grandissante à l’endroit des maîtres du jeu, à savoir les oligarques qui détiennent en fait les leviers de commande. Cette impuissance a depuis longtemps été dénoncée. Rousseau disait que dans les régimes de démocratie parlementaire « le Peuple est libre un jour (celui des élections) et esclave cinq ans (entre les échéances électorales) ». Charles Péguy quant à lui parlait « du droit de vote cette fraction impuissante du pouvoir ». Pourquoi cette impuissance ? Elle est inéluctable et liée à la nature même des choses : à la différence des sociétés aristocratiques dans lesquelles la liberté est conçue comme une prérogative ou un droit que tel individu ou telle communauté peut opposer à l’Etat, dans les sociétés démocratiques elle est conçue comme la participation à la décision politique. Or les choses étant ce qu’elles sont, cette liberté se réduit mathématiquement avec le nombre des participants. La fraction de la souveraineté qui était d’environ 1/400e pour les membres de l’Aréopage, l’assemblée politique d’Athènes, ne sera plus évidemment que de 1/500 000 000e dans le cadre d’un empire comme la Communauté européenne. Autant dire qu’elle sera purement verbale et laissera le champ libre aux puissantes oligarchies médiatiques, financières et bureaucratiques que nous évoquions précédemment. Dans un système qui postule la liberté et l’égalité de ses membres, l’influence de l’individu se dilue inexorablement dans le nombre. Elle est comme un faisceau de lumière qui se perd dans l’immensité des ténèbres...

    Certes ce pouvoir dilué à l’extrême a-t-il néanmoins son utilité puisque de temps à autres un sentiment commun soulève ce corps électoral et met en échec les grandes visées des oligarchies au pouvoir ; on l’a vu il n’y a pas si longtemps avec certains référendums ou certaines élections…Mais ces démentis électoraux, pour cinglants qu’ils soient, n’influent que partiellement sur le cours des choses : ils interviennent souvent trop tard, de manière ponctuelle et leur effet est considérablement amorti par la collusion de fait des grands partis au pouvoir. Tout au mieux est-on en présence d’une soupape de sûreté ; en aucun cas d’une implication du citoyen dans la décision politique. En définitive, le prétendu « déficit démocratique » dont on nous rebat les oreilles est beaucoup plus structurel que fonctionnel ; il tient paradoxalement à la conception démocratique elle-même, c’est à dire quantitative et égalitariste de la société.

    - Il n’est possible de remédier à cette impuissance que de deux manières : soit en limitant le mécanisme démocratique à de très petites entités politiques comme les cantons suisses dans lesquelles l’influence de l’électeur retrouve son poids ; soit en abandonnant les postulats de liberté et d’égalité chers aux régimes occidentaux modernes au profit d’une conception inégalitaire et aristocratique qui fait dépendre l’influence des individus dans la vie publique d’un multiplicité de facteurs : la profession, la compétence, la condition sociale, la famille, la culture, la motivation personnelle, etc.…En admettant que tous ne peuvent gouverner on peut alors permettre à certains d’avoir sur la vie publique une influence notable et parfois décisive. On peut aussi combiner les deux remèdes en organisant de petites entités politiques à caractère démocratique où tout individu dispose d’une certaine influence, à l’intérieur d’un système aristocratique où le rôle des individus est inégalitaire. C’est un peu l’idée du régime mixte d’Aristote qui a pu fonctionner avec profit dans certains Etats : la République romaine, l’Empire allemand, l’Empire Austro-Hongrois, et bien sûr aussi la Monarchie française à certaines époques de son histoire. Maurras lui-même, ce grand pourfendeur de la démocratie, n’y était pas hostile lorsqu’il préconisait « la monarchie en haut, les républiques en bas » !

    A la réponse à la question « sommes nous en démocratie ? », la réponse est donc comme nous l’avons dit paradoxale : ce qui entrave la possibilité des individus d’influer sur leur destin collectif, donc ce qui paralyse l’accès réel à la vie politique et le pouvoir concret des citoyens, ce sont précisément les dogmes universalistes et égalitaristes de la démocratie ! Ce qui nous amène à nous demander à quoi sert la démocratie.

    Olivier Tournafond

    http://www.actionroyaliste.com/articles/republique-et-democratie/1321-la-democratie-dapparence-2

  • Limitation de vitesse, feu de cheminée, normes: «Arrêtez d'emmerder les Français!»

     Alors que la limitation de vitesse pourrait passer à 80 km/h sur les routes, l'écrivain fait le bilan des normes qui existent en France et sur la planète. Bienvenue dans le Meilleur des mondes.
    Le vieux fauteuil de cuir craquelé, le dernier polar dans une main, le fond de verre d'armagnac ou de cognac dans l'autre, les pieds allongés devant le feu qui danse joyeusement dans la cheminée et dans son panier le toutou fidèle qui fait de beaux rêves tandis que dehors, le vent siffle et le froid gèle à pierre fendre…
    D'un coup, les bons clichés de nos petits bonheurs «à la française» viennent de s'envoler.
    Un arrêté préfectoral bouillotte sur le poêle qui devrait interdire dès 2015 en Ile de France l'ancestral feu de cheminée qui a traversé les siècles, les régimes et même les révolutions. Pour notre bien, pour notre bien, braves gens! Ecolo, le feu de bois? C'est ce qu'on croyait naïvement mais nenni, chers petits lapins! Les grands humanistes qui surveillent jour et nuit l'air que nous avons le culot de respirer ont découvert que les cheminées à foyer ouvert balanceraient autant de particules fines dans l’atmosphère que le pot d'échappement des engins assassins à quatre roues qui défient dans les rues nos vélos libres, conviviaux et républicains .
    C'est également en pleine conscience citoyenne qu'afin de respecter les besoins physiologiques des footballeurs, les communes vont devoir modifier la superficie des vestiaires, au prix de coûteux travaux ,dés qu'un club changera de division; ou que désormais l'immatriculation des Mercedes de classes A, B et C est interdite en raison de la nocivité de leurs gaz de refroidissement qui causent de graves dommages aux poumons de nationalité française mais, pour des raisons encore inexpliquées, aucun système respiratoire d’origine étrangère.
    Réjouissons nous également que nos pouvoirs publics se soient enfin émus du danger que fait courir aux adeptes des arts martiaux le capitonnage insuffisant sur les murs des salles où ils pratiquent leurs sport.Les Français ayant pris un certain nombre de centimètres au fil des ans, il devenait urgent d'imposer les mesures appropriées.Le coût du relèvement du capitonnage pour les collectivités est évalué à la somme, fort modeste, de 5 millions d'euros, soit le coût d'un rond- point et demi.
    Autre mesure qui s'imposait pour la santé de nos enfants: dans les cantines scolaires, le poids obligatoire de la saucisse est de 50 grammes et pour les oeufs durs, la portion est d'un quart d'oeuf pour les enfants de plus de 18 mois en crèche, un demi oeuf pour la maternelle, un oeuf entier pour les classes élémentaires et de 1 à 1,5 oeuf au collège. Les plateaux-repas et petits fours non consommés qui jusqu’ici étaient redistribués à des associations charitables devront être soit jetés , soit arrosés de détergents afin de les rendre impropres à la consommation.
    Applaudissons enfin les recommandations qui nous sont faites de consommer du vin sans alcool, l'interdiction imposée aux coqs de chanter avant le lever du soleil dans des communes phares telles qu'Oléron Sainte Marie et Lalleu en Île et Vilaine ou le projet déjà bien avancé de bannir sur tout le territoire la pratique du barbecue dominical, qui représente un véritable danger pour notre vivre-ensemble.
    Au dernier pointage, le Journal Officiel recensait 400.000 normes diverses sur lesquelles pèse une grave menace. En effet, à la demande du président Hollande, le gouvernement s'interrogerait sur la nécessité d'en réduire le nombre . Une aberration totale à laquelle, heureusement, nous devrions échapper, connaissant la sagesse des princes qui nous gouvernent.
    Pas touche à notre modèle français, s'il vous plaît !
    Nous sommes fiers et heureux d'être 65 millions à vivre dans une nurserie de zouzous qui jouent avec des éoliennes, sont nourris au biberon du sirop, équitable, de la chaîne citoyenne, de l'écoute à l'Autre, de la diversité, et de l'espace partagé. On y rénchante le monde, on y broie rien que du vert, on fait son lit sur un nuage et on se dit bonne nuit en s'échangeant des tas de bisous.
    Nous sommes fiers et heureux de vivre dans une société solidaire et humaniste qui prend soin de notre santé en nous obligeant à mourir d'autre chose que du tabac, à bouffer cinq fruits et légumes par jour version bio, à siffler notre coup de tutu «avec modération», à devenir centenaire, à ne plus fonder de famille mais à «faire famille» , et à permettre à nos enfants de ne plus se sentir discriminés à l'école où les notes «encourageantes» devront remplacer les notes «vraies», c'est à dire les 2/20 et les zéros pointés infligés aux cancres .
    Oui, nous sommes fiers et heureux qu'on nous mette dès le berceau un anneau dans le nez et que nous puissions fêter à longueur d'année, les mères, les pères, les grands-mères, les grands-pères, le vélo, la musique, les pompiers, les gardiens de prison, les évadés des centrales, le cinéma, les chevaux de trait, les ânes du Poitou, les trans et les bi, les autobus, les châteaux branlants, les premières dames, les esclaves morts il y a trois siècles, la guillotine et le gaz à tous les étages. En attendant la fête de la banqueroute et celle d'Alzheimer.
    Après le devoir de mémoire, il ne nous reste plus qu'à être promus au bonheur à perpétuité. Certains disent, sous le manteau, que dans l'Histoire, tous ceux qui ont promis le bonheur sont ceux qui ont le plus massacré leurs semblables. Sûrement des ragots.
    En revanche, nous devrions être plus exigeants. Nos gouvernants n'en font pas assez. En fouinant de ci de là, j'ai découvert que dans bien des domaines, nous avions beaucoup à apprendre de l'étranger, en matière de protection sociale et de joie de vivre.
    Par exemple pourquoi ne pas faire comme dans cette ville du Colorado où il est interdit d'embrasser les femme qui dorment ; en Floride, de chanter en maillot de bain ; dans le Nevada, d'obliger les épouses à demander à leur mari l'autorisation de porter un râtelier; en Alaska, de punir ceux qui donneraient à boire de l'alcool à des souris; à Chicago, de pêcher à la ligne en pyjama ; à Eureka ,dans le Nevada, de coller une forte amende à tout moustachu qui embrasserait une dame sur la bouche; ou bien encore à Portland, de trainer devant les tribunaux les hommes qui chatouillent leur femme avec un plumeau.
    Je signale aux chercheurs que des exemples comme ceux là, j'en ai des dizaines qui ont cours dans le monde entier. Savez -vous, par exemple, qu'en Grande Bretagne, les femmes n'ont pas le droit de manger du chocolat dans les transports publics ?
    Rien n'arrêtant le progrès , le genre humain appartient aujourd'hui à une espèce protégée, tout comme le moustique de Camargue ou le requin-marteau. Dans sa sagesse, le législateur a toutefois prévu des exceptions. Il est par exemple permis aux hommes de se massacrer entre eux quand ça leur chante.

    source

    http://www.oragesdacier.info/

  • Pierre Palmade sceptique sur "l'identité gay"

    Pierre Palmade, homosexuel lui-même, tient des propos qui font faire de la peine au lobby LGBT :

    "Je suis sceptique sur l’identité gay ! Vous savez, je ne suis gay que dans ma chambre à coucher. Pour le reste, je n’éprouve pas le besoin de manger gay, de m’habiller gay ou de de partir en vacances dans un club gay. J’ai parlé un jour de ma tristesse de ne pas avoir été hétéro, ce qui n’a pas plu à tout le monde. Certaines associations ont protesté et vous n’imaginez comme ça m’a consterné. Je veux bien être le premier à lutter contre l’homophobies, si nécessaire, mais je vois pas au nom de quel grand principe je devrais cacher ma manière contrariée d’être homo. Ou taire ce que j’ai ressenti et qui constitue une partie de moi-même..."

    Michel Janva

  • Le Charivari de François Couteil dans Minute du 12 février

    Excellent comme toujours le Charivari de François Couteil, dans Minute.

    Mais encore "plus" excellent lorsque François Couteil dénonce une justice sous surveillance dont trois de nos militants viennent de faire les frais !

  • Hollande aux USA : pour comprendre qu’il avait tout faux

    Après l’angine rouge de Cécilia, l’épisode DSK, il devient difficile de faire prendre la France au sérieux aux USA.

     
     

    Pensez donc : une visite d’État en Amérique ! On n’avait pas vu ça depuis vingt ans. La « gauche » démocrate américaine, plus à « droite » sur le plan économique et social que la « droite » française devait bien cette récompense et cette bouée de sauvetage à celui qui sert si fidèlement les intérêts des États-Unis. On retrouve décidément avec M. Hollande tous les charmes de la IVe République : un pays discrédité et affaibli, un pouvoir qui perd son autorité, et un atlantisme sans réserve.

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  • Un procès pour les Femen ? Non, pour les vigiles de Notre-Dame !

    Un an, presque jour pour jour, après la profanation de Notre-Dame de Paris, les 9 Fem-Haine accusées d'avoir dégradé l'une des cloches, n'ont toujours pas été jugées. Leur procès, initialement prévu en septembre, a été reporté, le tribunal correctionnel de Paris estimant prioritaire d'enquêter sur les conditions de leur expulsion.

    Ce qui mène à l'aberration suivante : trois agents du service d'ordre de Notre-Dame de Paris ont appris aujourd'hui qu'ils allaient être poursuivis devant le tribunal pour violences. Avant donc que le tribunal ne se prononce sur les dégradations qui pouvaient justifier une expulsion un peu musclée - Inna et une comparse n'ont-elles pas admis elles-mêmes avoir volé un bout d'or de la cloche ?
    En attendant, les Fem-Haine sont toujours dans la nature, alors que l'on apprend par le Figaro que :

    "le témoignage d'une ex-Femen, Alice*, révélé mercredi par Le Figaro a provoqué «l'ébullition» au sein du mouvement féministe, atteste une source proche du groupe d'activistes qui évoque en coulisses «menaces» et «actions en représailles»."

    Louise Tudy

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2014/02/un-proc%C3%A8s-pour-les-femen-non-pour-les-vigiles-de-notre-dame-.html