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France et politique française - Page 4583

  • Diversion "antiraciste" : le flop des manifs de samedi

    Même Libé le reconnaît : des "milliers de manifestants"... dans "TOUTE LA FRANCE" ! PAUVRE TAUBIRA : L’ICÔNE DE LA RÉPUBLIQUE NE FAIT PAS VRAIMENT RECETTE DANS LE PAYS RÉEL.

    IL EST TEMPS DE PASSER AUX CHOSES SÉRIEUSES, COMME LE CHÔMAGE, PAR EXEMPLE !

    Libé : Contre le racisme, « il faut savoir dire stop » [ET ARRÊTER L’IMPOSTURE ! (NDLR)]

    Paris : un défilé étique... Marseille, ce fut encore pire !

    " Plusieurs marches se sont tenues ce samedi en réaction aux attaques contre la garde des Sceaux, Christiane Taubira. Mais l’affluence est restée limitée.

    Des milliers de personnes ont défilé samedi contre le racisme, lors de manifestations organisées dans toute la France par le monde associatif et syndical, en réaction aux attaques contre la garde des Sceaux Christiane Taubira.

    Le principal cortège a relié dans l’après-midi à Paris la place de la République à Bastille avec, selon les organisateurs, 25 000 participants derrière la banderole « Ensemble contre le racisme », soit bien plus que le décompte de 3 900 personnes que donne la police.

    « Il était temps de réinvestir la rue pour porter un discours fort, solidaire, collectif », a déclaré la présidente de SOS Racisme, Cindy Leoni, en tête de la marche avec les autres organisateurs (Ligue des droits de l’Homme, Ligue contre le racisme et l’antisémitisme et Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples). « La marche d’aujourd’hui doit être un point de départ » avant « d’autres formes de mobilisation ». [...] "

    La suite sur Libé

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Diversion-antiraciste-le-flop-des

  • Victoire de la famille en Croatie

    Les Croates ont voté aujourd'hui en faveur d'une révision de la Constitution pour empêcher la dénaturation du mariage, lors d'un référendum réclamé par des ONG pro-famille.

    Selon les premiers résultats officiels partiels portant sur les bulletins dépouillés dans 33% de bureaux de vote, 64,84% des Croates ont voté oui à la question de savoir si le mariage devait être défini par la Constitution comme "l'union entre un homme et une femme".

    http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • L'Elysée coupé des Français

    Une dizaine de Sentinelles ont tenu 10 minutes face au Palais de l'Elysée cet après-midi :

    Elysée

    Le temps que 4 cars de CRS interviennent pour les déloger, leur faire subir un contrôle d'identité...

    Elysée 3

    ... et bloquer la rue Saint Honoré. L'Elysée se trouve sans doute hors de l'espace Schengen.

    Elysée 2

    Louise Tudy

  • Le Mondialisme contre la souveraineté nationale

    Le mondialisme est illusoire au regard des réalités politiques. « Une nation est une âme, un principe spirituel »  - « Qu’est-ce qu’une nation ? » Ernest Renan (1823-1892)
    Polémia publie ici le texte, en format pdf, de la conférence donnée par Michel Leblay à la XXIXe Université annuelle du Club de l’Horloge, les 23-24 novembre 2013, consacrée au « Cosmopolitisme, idéologie dominante mondiale ». En voici, tout d’abord en quelques mots, la présentation : le mondialisme a pour objectif idéologique l’universalité de l’humanité, avec pour moyen la disparition des frontières ;  il tend à détruire la souveraineté des peuples ; dernière mystique du XXe siècle, le mondialisme n’est qu’illusion.
    Polémia
    Le mondialisme, idéologie dont les accents prirent toute leur dimension à la fin du XXe siècle après que chuta de son seul fait le communisme soviétique, vise l’unité de l’humanité par l’abolition des frontières, qu’elles soient physiques ou qu’elles marquent la singularité des cultures et des identités. Il emporte le libre mouvement des biens, des services, des capitaux comme celui des hommes. Ces derniers sont priés de se dépouiller de toutes les attaches qui les enracinent.
    Ce mondialisme est à l’encontre de l’exercice par les peuples de leur souveraineté, des peuples dont les civilisations et les cultures sont irréductibles les unes aux autres sans qu’ils soient pour cela fermés aux échanges et mus par la seule agressivité guerrière.
    En fait, la dispute entre le mondialisme et la souveraineté nationale ne relève pas de l’opposition entre deux conceptions mais de celle entre la chimère et le fait.
    Dans un premier temps, le propos s’attache à présenter à travers quelques références ce que fut, au long de l’histoire du monde occidental, la vision de nature mondialiste, cosmopolite et celle du principe de souveraineté, laissant apparaître leur contradiction.
    Puis, il est montré comment le mondialisme est devenu la dernière mystique d’un XXe siècle aux ruptures multiples.
    Enfin est mis en évidence le caractère illusoire du mondialisme au regard des réalités politiques.
    Michel Leblay, 23/11/2013
    L’intégralité de la communication de Michel Leblay, en PDF : cliquer ICI
    http://www.polemia.com/le-mondialisme-contre-la-souverainete-nationale-2/

  • Gauche libérale, la grande amnésie

    Jusqu’au milieu de XIXe siècle, la gauche était presque exclusivement le parti de l’individu, avant que celle-ci ne soit occultée de l’histoire de la gauche par les socialistes.

    Le fait de situer les libéraux à droite du spectre politique est un curieux accident de l’histoire, pour ne pas dire une anomalie

    [...] Pendant cent cinquante ans, les libéraux ont occupé les bancs de la gauche en France. De 1789 à 1930, les libéraux et mouvements affiliés ont majoritairement siégé à gauche. En 1840, les députés libéraux les plus purs occupaient l’extrême gauche de la chambre. Non content de combattre la droite nationaliste, cléricale, corporatiste et protectionniste, ils se démarquaient même d’autres libéraux, plus prêts à des compromissions avec le pouvoir. L’autre gauche, la gauche jacobine, était à cette époque complètement déconsidérée. Le souvenir de ses violences et de ses échecs économiques et financiers était encore vivace. [...]

    Jusqu’au milieu de XIXe siècle, la gauche était presque exclusivement le parti de l’individu, contre la droite, qui était le parti du collectif, de la famille, de la patrie et de la religion. Le revirement de la gauche vers le collectif, à peine perceptible en 1830, s’intensifie en 1848 et ira crescendo jusqu’à la fin du siècle. La présence à gauche de libéraux républicains ou radicaux se maintient toutefois jusqu’au début du XXe. Il est à noter qu’à cette époque, la montée du socialisme fait disparaître les libéraux de la gauche sans pour autant les rejeter à droite. Avec l’avènement du socialisme, ce sont les principes de 89 qui sont oubliés et qui disparaissent, sans être repris par la droite, toujours nationaliste, cléricale et protectionniste.

    La mouvance politique libérale « de droite » n’apparaîtra que bien plus tard, au lendemain de 1945 en réaction à la domination de l’intellectualisme marxiste. Elle restera en France extrêmement minoritaire politiquement, au contraire du libéralisme « de gauche » qui a largement participé au pouvoir pendant tout le XIXe siècle. [...]

    Lire l’intégralité de l’article sur Contrepoints

    NDLR : Avoir à l’esprit en lisant l’article que Contrepoints est un site ultra-libéral.

  • La marche pour la Vie à Lyon

     

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    Lyon dit "Oui à la Vie!"

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    Clotilde et Joseph, membres du collectif, expliquent pourquoi on marche pour la Vie aujourd'hui en France :

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    Il fait beau et froid à Lyon et les Lyonnais ont répondu "présent!".

    En ce moment même, magnifique témoignage de Jean-Baptiste Hibon, handicapé qui dit "Oui à la vie!" : 

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    "Moi je prends mon handicap dans la joie!...

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    ...Le handicap n'est pas un problème, il nous interroge sur le rapport à l'erreur, qui fait partie de la vie!"

    Thierry de la Villejégu, directeur général de la fondation Lejeune :

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    «Les trisomiques sont traqués et éliminés»

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     http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • De quoi Maurras est-il le nom ?

    Si le FN n’est pas d’inspiration maurrassienne, il n’empêche que le nom de Maurras revient régulièrement comme une référence culturelle chez les cadres frontistes. Reprenant la célèbre expression de Maurras, le vainqueur frontiste de la cantonale partielle de Brignoles, Laurent Lopez, a qualifié sa victoire de « divine surprise ». Comment l’expliquez-vous ?
    Olivier Dard : Je ne suis pas convaincu que Maurras soit une référence aussi régulière chez les cadres frontistes que vous semblez le penser. Assurément, Maurras compte dans le bagage de références du nationalisme français mais des recherches conduites sur Identité, qui fut dans les années 1990 la revue théorique du FN, ont montré que si Maurras était mobilisé, il l’était à côté de beaucoup d’autres auteurs. J’ajoute qu’il serait sans doute utile de prendre en compte le facteur géographique pour saisir la référence maurrassienne au sein du FN. Elle est sans doute plus présente en Provence-Côte d’Azur, où un héritage régional maurrassien perdure, que dans le Nord ou dans l’Est, zones d’implantation majeures du FN. Cela pourrait expliquer ce recours à la célèbre formule « divine surprise » (qui renvoie à l’avènement du Maréchal Pétain et non à la défaite de 1940) par Laurent Lopez après sa victoire à Brignoles. N’oublions pas enfin, pour compléter ce registre lexical, qu’une rhétorique typiquement maurrassienne, comme l’opposition entre le « pays légal » et le « pays réel » est aujourd’hui reprise par des acteurs ou des commentateurs politiques qui n’en connaissent manifestement pas l’origine.

    Jean-Marie Le Pen s’est souvent présenté comme un nationaliste (voire comme un “nationiste” en se fondant sur le néologisme ” nationalitariste” de Maurras). Le considérez-vous comme l’un de ses héritiers politiques ?
    Jean-Marie Le Pen, comme les militants nationalistes de sa génération, a été marqué par l’empreinte de Maurras qui, de sa prison (il meurt en 1952), publie encore lorsque Le Pen prend en main la Corpo de Droit. Il faut aussi souligner que le renouveau des étudiants nationalistes au tournant des années 1950 se traduit par une remontée de la présence de l’Action française (AF) dans les universités, tant à Paris qu’en province. En la matière, l’AF a un savoir-faire remontant à l’avant 1914. Que Le Pen côtoie alors les maurrassiens (et d’ailleurs d’autres tendances nationalistes) ne saurait en faire un disciple du « maître de Martigues ». En premier lieu, parce que Le Pen n’est pas monarchiste, alors que la volonté de renversement de la République et son remplacement par la monarchie sont au cœur du projet maurrassien. Le Pen peut être considéré comme un héritier des ligues des années trente et davantage un héritier des Jeunesses patriotes (JP) que de l’AF. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si c’est l’ancien dirigeant des JP (Pierre Taittinger) qui aide le jeune Le Pen à mettre en place les Jeunes Indépendants de Paris où l’on croise certains dirigeants futurs du FN, de Jean Bourdier (ancien de l’AF pour sa part) ou Alain Jamet.

    Quel poids les disciples de Maurras regroupés au sein de l’Action Française ont-ils aujourd’hui au sein de l’extrême droite ?
    Les maurrassiens sont aujourd’hui (comme hier d’ailleurs) dispersés en plusieurs organisations ou organes. La filiation la plus directe s’observe avec le bimensuel l’Action française 2000 en lien étroit avec le Centre royaliste d’Action française qui voient leur propagande relayée par des « cercles » implantés en province. Il faut prendre en compte également le mensuel Politique magazine, fondé par Hilaire de Crémiers, qui a relancé aussi la Revue universelle, célèbre dans l’entre-deux-guerres. Ajoutons encore, et la liste n’est pas exhaustive, des publications régionales dominées par une référence maurrassienne (La Lorraine royaliste) ou l’action conduite par un des biographes de Maurras, Yves Chiron, qui après le Bulletin Charles Maurras a lancé Maurrassiana. Toutes ces initiatives témoignent d’un héritage du maurrassisme même si ces organes ont des statuts et des échos différents et ne parlent pas non plus d’une seule voix. Qu’en est-il de leur poids dans les droites radicales françaises (le terme extrême droite est pour moi trop réducteur) ? A dire vrai, il n’est pas structurant même si, au cours des dernières décennies, les maurrassiens ont apporté leur contribution à certains combats, en particulier au souverainisme. Mais se pose aussi à travers votre question, celle de « l’actualité de Maurras ». Elle ne fait pas de doute pour ses disciples etl’Action française 2000 comporte dans chacun de ses numéros une rubrique intitulée « Relire Maurras » qui s’emploie à rappeler les « vérités » du maître et à les confronter à l’actualité. La difficulté pour les maurrassiens est que ce qui relève pour eux de l’évidence ne va pas aussi spontanément de soi pour de nombreux courants des droites radicales (« identitaires » etc.) et surtout pour le FN dirigé par Marine Le Pen dont le programme est éloigné des canons maurrassiens.

    Il y a un an, NKM a créé une polémique en déclarant que l’objectif de Patrick Buisson était «de faire gagner Charles Maurras» plutôt que l’ex-chef de l’Etat et l’on accole souvent à l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy l’adjectif maurrassien. Cela vous semble t-il justifié ?
    La formule a marqué et je la reprends dès l’introduction de mon ouvrage. L’adjectif maurrassien peine à s’appliquer pour Patrick Buisson dont l’engagement militant étudiant en 1968 s’est opéré à la Fédération nationale des étudiants de France et non aux étudiants d’AF, pourtant alors en bonne posture au sein de la nébuleuse droitière. A travers ce propos de NKM, il s’agit moins de s’interroger sur sa pertinence que sur la représentation qu’elle a de Maurras (j’ignore si elle l’a lu) et l’effet qu’elle entend produire en jouant de ce « label infâmant ». A défaut d’être connue pour elle-même, la référence à Maurras s’avère opératoire pour disqualifier un adversaire politique. Et de ce fait, il est instructif d’observer au vu des réactions suscitées par la déclaration de NKM, que près de 70 ans après son procès, la figure de Maurras renvoie encore à celle de« l’empoisonneur » si ce n’est du « mauvais maître ».

    Maurras et Barrès sont régulièrement présentés comme les deux théoriciens du nationalisme français. Quels sont les différences et les points de comparaison entre leurs deux doctrines ?
    Les deux hommes sont effectivement les deux théoriciens majeurs du nationalisme français. L’aîné, Barrès, a rapidement accueilli son cadet dans le monde des lettres et dans ses entreprises journalistico-politiques (en particulier La Cocarde). Entre les deux hommes, les convergences sont nombreuses, du rejet de la République parlementaire au souci de reconquérir les « provinces perdues » (ce qui fait d’eux des adversaires de la politique coloniale de la 3e République) en passant par un antisémitisme profond structuré par la crise boulangiste, le scandale de Panama et l’affaire Dreyfus. Mais les différences sont également importantes. En termes d’abord d’objectif. Si les deux hommes sont reconnus comme des « maîtres » par les jeunes générations, Barrès, tout en s’en accommodant, n’aspire nullement à être un chef d’école, ce qui est au contraire le souhait de Maurras autour duquel s’organise l’Ecole d’Action française qui renvoie à un journal, à un Institut et enfin à une ligue où les étudiants jouent un rôle très important. On relève également entre les deux hommes des oppositions doctrinales : Barrès reste envers et contre tout fidèle à la République comme régime même s’il en exècre la forme parlementaire. Maurras ne l’a jamais convaincu d’adopter le « nationalisme intégral » et son monarchisme. Enfin, Barrès abandonne son antisémitisme durant le premier conflit mondial en écrivant Les diverses familles spirituelles de la France. Chez Maurras, s’il s’infléchit au même moment, il ne disparaît pas et reprend de la vigueur durant l’entre-deux-guerres.

    Comment Charles Maurras a-t-il vécu l’occupation allemande durant la Seconde Guerre mondiale ?
    La défaite et l’occupation sont pour cet homme de 72 ans, germanophobe impénitent qui voit dans le nazisme un avatar du pangermanisme, un véritable drame. Si Maurras s’est opposé à la perspective d’un nouveau conflit, et a dénoncé à travers elle une « nouvelle hécatombe » il n’en a pas moins, comme en 1914, adressé tous ses vœux de victoire au président du Conseil Edouard Daladier en septembre 1939. A l’heure de la défaite, Maurras, qui a quitté Paris (il n’y est jamais revenu) prend des positions qu’il va tenir pendant quatre ans. La défaite appelle des responsabilités et pour le chef de l’Action française, elle signifie la faillite de la République et impose son élimination au plan institutionnel politique. En second lieu, Maurras salue avec force l’avènement du Maréchal Pétain, qu’il rencontre à diverses reprises sous l’occupation, sans pouvoir être considéré comme l’inspirateur de la Révolution nationale. Replié à Lyon où il fait reparaîtrel’Action française, Maurras peut être défini comme un pétainiste en ce sens qu’il soutient la personne et la politique du chef de l’Etat français, tout en ferraillant aussi bien contre les gaullistes de Londres que contre les collaborationnistes parisiens. Le maître mot de Maurras est alors la« France seule » qu’il entend voir défendue contre les « deux partis de l’étranger, le pro-anglais et le pro-boche ». Si des maurrassiens engagés dans la résistance ont tenté de faire changer de cap leur « maître », son inflexibilité est bien connue. Rencontrant Pétain à Lyon le 5 juin 1944, Maurras lui redit toute son admiration : « Vous tirez le bien du mal. Un homme d’action peut tirer parti de tout, même d’un Déat ». A l’heure de la libération, Maurras est arrêté, jugé et condamné à la prison à vie pour« intelligence avec l’ennemi ». Les termes mêmes n’ont guère de sens appliqués à l’itinéraire du chef de l’Action française et l’avocat général, qui a requis la peine de mort contre lui, a conscience du problème en se justifiant cependant par ces mots au cours de son réquisitoire : « En somme, c’est indirect. Lui-même refuse de collaborer à l’Allemagne (sic), c’est entendu, je le reconnais, mais quand c’est Vichy qui ordonne, quand c’est le Maréchal qui l’ordonne, Maurras célèbrera aussi bien la Relève, la Milice, les luttes contre les Juifs et autres campagnes menées par le gouvernement de Vichy. » Mutatis Mutandis, Maurras se retrouve dans la situation que craignaient justement ses disciples engagés dans la résistance. Mais là où ces derniers pointent d’abord les résultats et les conséquences de ses choix, Maurras, fidèle en cela à sa démarche et son mode de pensée, revient toujours aux prémisses et à son analyse du désastre de 1940 qui marque pour lui la faillite d’un régime exécré. Le Procureur, à qui il l’avait lancé en début de procès : « Soyez tranquille […] je ne vous “raterai” pas » symbolise, avec la Cour toute entière, le retour d’un régime honni auquel Maurras, qui s’est présenté à la barre avec la francisque, lance au terme des débats : « C’est la revanche de Dreyfus ».

    Comment s’explique l’antisémitisme d’Etat prôné par Maurras ?
    L’antisémitisme de Maurras est ancien, profond et constant. Maurras a grandi politiquement à l’heure du succès de l’ouvrage de Drumont, La France juive, publié pour la première fois en 1886. Maurras est convaincu que les juifs, qu’il rattache aux « quatre Etats confédérés », à savoir outre eux-mêmes les protestants, les francs-maçons et les métèques incarnent ce qu’il appelle « l’Anti-France », une « anti-France » dont la République née de la Révolution de 1789 est à ses yeux la traduction politique. Au nom de la défense et de la préservation de la nation, il faut selon Maurras écarter les hommes incarnant « l’Anti-France » de l’exercice fonctions politiques et administratives. Pour le chef de l’AF, les « quatre Etats confédérés » incarnent des idées universalistes jugées dissolvantes et contraires à l’héritage d’une France associée chez lui, à travers la monarchie, le classicisme et le culte de l’Antiquité gréco-romaine, à la quintessence même de la civilisation. On retrouve ici, à travers une opposition cardinale entre « Barbares » et « Romans », le rejet de l’Allemagne et plus largement de l’Europe du Nord qui menacent une latinité chère au Martégal. Si Maurras est antisémite sur le fond, force est aussi de constater qu’en journaliste très averti, il comprend vite l’intérêt qu’il y a à exploiter cette veine porteuse dans l’opinion, et ce dès les années 1890, soit avant l’affaire Dreyfus.

    En lui accolant un antisémitisme prononcé, Charles Maurras a-t-il discrédité l’idée monarchique du débat public ?
    L’antisémitisme maurrassien n’est pas le racialisme nazi, ce en quoi ne se trompent pas des auteurs nazis. Ainsi, Karl Heinz Bremer considère que parce qu’il n’était pas racial, l’antisémitisme maurrassien n’était pas« inconditionnel ». L’antisémitisme maurrassien s’inscrit dans une tradition française que prolonge Vichy à travers ses statuts des juifs. On rappellera qu’en 1911, Maurras préconisait à l’égard des juifs un « statut » visant à les« exclure » de « l’unité française ». Eu égard à l’idée monarchique, je ne vois pas clairement de lien. D’abord, parce que Maurras n’est pas seul à la défendre et doit composer avec les prétendants qui l’incarnent. Ensuite parce qu’à partir du milieu des années les relations avec le comte de Paris se tendent. Assurément, le jeune Henri d’Orléans, une fois l’échec du 6 février 1934 consommé, entend prendre ses distances avec le chef de l’AF au nom de la modernisation du discours monarchique. Lorsque le comte de Paris publie ses premiers essais et lance l’hebdomadaire Courrier royal, son souci est d’incarner à sa façon un processus largement répandu à l’époque, celui de se poser en relève. Le comte de Paris joue ensuite sa carte pendant le second conflit mondial puis au lendemain de celui-ci et encore au milieu des années 1960 lorsqu’il espère succéder à De Gaulle. C’est à chaque fois un échec mais la responsabilité de Maurras ne peut être invoquée car il n’est pas (de son vivant) partie prenante du processus. Mais pour finir de vous répondre, j’ajouterai que dans un livre d’entretiens paru en 2009, Jean de France ne se réfère à aucun moment à Maurras. Je ne sais si cela relève du hasard mais j’ai du mal à le penser.

    http://www.voxnr.com/cc/dt_autres/EFlVApEkplbIksEjiq.shtml

  • EXCLUSIF : Arrestation musclée de David van Hemelryck de "HOLLANDE DÉMISSION"