Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

France et politique française - Page 4617

  • Un climat insurrectionnel

    De Guillaume Bernard dans Valeurs Actuelles :

    "L’incapacité des politiques à saisir la nature profonde de la crise qui frappe le pays le met dans un état d’écoeurement et de colère incontrôlés.

    [...] L’actuelle situation de la France est, pour le moins, inquiétante, car elle doit faire face à une pluralité de crises : insécurité physique et matérielle (depuis les incivilités jusqu’à la plus violente des criminalités), insécurité économique et sociale (chômage de masse, retraites incertaines), insécurité culturelle (multiculturalisme dû à une immigration non assimilée, déracinement en raison de la mondialisation, bouleversement des moeurs). L’aggravation possible de chacune de ces crises est naturellement anxiogène. Mais la crispation de l’opinion publique vient également de ce que nombre d’hommes politiques relativisent l’importance, voire nient l’existence, de certaines de ces crises, se contentant d’incriminer la fermeture à l’autre et le passéisme moralisateur.

    L’incapacité des politiques à appréhender la réalité de la multiplicité et de l’interaction des crises procède essentiellement de leur idéologie matérialiste : ils réduisent les dysfonctionnements de la société à un trouble dans le domaine de l’avoir. Ils ne parviennent pas à identifier la nature profonde des enjeux, à déterminer le dénominateur commun de toutes les frictions. Ils ne saisissent pas qu’il y a, à leur racine, une crise de l’être : incertain quant à sa persistance en tant que puissance industrielle, militaire ou civilisationnelle, le corps social français vit une étape périlleuse et décisive dans son existence. La porosité des frontières extérieures de l’espace Schengen, les abandons de souveraineté à l’Union européenne, l’explosion de la dette publique, la baisse du niveau scolaire ou encore les émeutes urbaines sont autant de sujets qui illustrent, tant sous l’angle individuel que collectif, la perte des libertés, la dépossession de soi et la dilution de la maîtrise de son destin. [...]

    Leur écoeurement se traduira, sans doute, à l’occasion des prochaines élections, par l’abstention ou le vote FN. Mais se réduira-t-il à cela ? Ce n’est pas être alarmiste que de poser la question. L’expérience montre que, lorsque la confiance des citoyens dans le personnel politique disparaît (à cause de l’impuissance ou de l’inconséquence de ses mesures), la légitimité du pouvoir est réduite à peu de chose. Par le passé, en 1848 comme en 1958, le régime s’est effondré en quelques semaines. Il suffit d’un événement, même anodin, pour cristalliser les mécontentements et révéler leur unité."

    http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • "Il n'y a pas de jour férié pour le combat politique"

    Communiqué de l'Action française :

    "A la suite des sifflets patriotiques du 11 novembre, 3 militants en garde à vue depuis 48h ont été condamnés par le Tribunal de Paris à être sous contrôle judiciaire en attente de leur procès le 18 décembre prochain. L'Action Française, dont beaucoup de membres étaient spontanément venus siffler le Président de l'Elysée, comme beaucoup de badauds, tient à préciser :
    1. Contrairement aux affirmations de M. Valls, parmi les 73 interpellés, nous comptions une cinquantaine d’étudiants et de lycéens de l’Action Française. L'AF est, depuis un an, en première ligne dans tous les combats contre la fracture anthropologique. L’intensification de nos actions est d’actualité…
    2. Les Patriotes qui ont conspué l'homme qui glorifie les déserteurs de 1915, l'ont fait avant et après l'hommage sous l'Arc de Triomphe, respectant l'hommage aux Morts pour la France. Les Camelots du Roi n'ont pas de leçons de morale à recevoir de ceux qui ne cessent de brader la France et sa souveraineté. Les Royalistes français aiment leur Patrie jusqu'à donner leur vie pour elle ! Le mouvement royaliste a perdu dans les tranchées 80% de ses cadres tombés au champ d'honneur entre 1914 et 1918.
    3. A l'instar des étudiants d’Action Française qui, le 11 novembre 1940, bravèrent l'Occupant pour déposer une gerbe interdite, et qui, pour beaucoup, rejoignirent la Résistance alors que la Gauche pacifiste collaborait, les militants royalistes de 2013 sont aussi entrés en résistance. Certes, avec d'autres armes et d'autres risques mais avec le même amour de la Patrie.
    4. L'Action Française dénonce la justice politique de la république qui ne poursuit pas les fauteurs de troubles en banlieue mais s'acharne sur des étudiants au simple motif qu'ils ont sifflé un homme haï par 77% des Français, qui a, par ailleurs, supprimé le délit d'outrage au Chef de l'Etat : pathétique paradoxe de cette république coupée du pays réel.

    Depuis l'arrestation arbitraire de nos militants, la vague de soutien aux prisonniers politiques ne cesse de prendre de l’ampleur : le pays réel n'est plus dupe des mensonges du pays légal. L'Action Française ne lâchera rien. Partout et tout le temps, ce régime nous trouvera pour lui barrer la route à chaque fois qu'il tentera de priver les Français de leurs libertés fondamentales.

    Il n'y a pas de jours fériés pour le combat politique.
    Il n'est pas d'armistice pour la résistance à l'oppression."

  • Un besoin continental de clarification

    Débat de tous les temps, fausse question : l'avenir ne s'oppose pas au passé. Se recueillir sur la tombe de nos morts nous est commandé par l'amour et la fidélité.

    Mais nous rougirions, face aux sacrifices qu'ils ont consentis pour que nous vivions, si à notre tour nous ne préparions pas le berceau et ne construisions la maison de nos petits enfants.

    Hier, 11 novembre la république jacobine dégénérée faisait une fois de plus semblant. Elle feint d'honorer encore les centaines de milliers de morts dont elle porte la responsabilité. Lors d'une double guerre de Trente Ans, entre 1914 et 1945 le monde entier s'est impliqué dans l'autodestruction et la saignée européennes.

    N'oublions jamais cependant par qui la France était alors gouvernée. Pour son malheur elle s'étiolait sous le pouvoir des radicaux et des socialistes. Ceux-là même qui n'ont jamais cessé de détruire l'armée française portent la responsabilité du désastre. Clemenceau, dont l'inculture historique a fait une gloire nationale, a réussi à étendre le mal sur tout le continent, semant au traité de Versailles les germes du second conflit.

    Par respect pour nos morts nous devons donc accuser, sans hésiter, sans répit, sans déférence inutile et déplacée, leurs continuateurs qui, aujourd'hui, en arrivent même à sortir de leur oubli les fameux "fusillés pour l'exemple". On prétend les réhabiliter : on bafoue une fois de plus la mémoire des héros, de ceux qui jusqu'au bout ont accompli leur devoir.

    Toute la classe politique hexagonale s'accorde, c'est même à cela qu'on peut la reconnaître, aujourd'hui, lendemain de la lamentable cuvée du 11 novembre. Elle stigmatise à l'envi 73 excellents Français. On leur reproche d'avoir sifflé, – mon Dieu quel crime ! – celui que les enfants de notre pauvre peuple appellent "Monsieur Gros-Nul-Mal-Élu", et dont les larbins à la curée nous coûtent si cher.

    Quant au passéisme, non il ne faut pas s'y enfermer.

    Non la patrie ne peut pas se résumer à la Terre et aux Morts ; oui elle doit se tourner vers la Mer et vers les Vivants.

    Que notre avenir soit en Europe, nous ne devrions pas en douter une seule seconde.

    Mais dira-t-on "quelle Europe" ? Un de mes correspondants et amis sur les réseaux sociaux écrit ainsi : "La fête de l'Europe, c'est un peu comme les places de l'Europe que votent les conseils municipaux : ça sent la ZAC ou la ZUP aménagées, ce n'est pas très engageant."

    Il commente un post, rapidement écrit, mais dont j'approuve pour ma part, l'esprit et le contenu.

    Avec courage, en effet, Aurélien Véron son auteur ose poser la seule question honnête : "Quand supprimerons-nous le 11 novembre (et le 8 mai) qui nous rappelle(nt) inutilement une guerre lointaine avec un pays proche depuis plus d'un demi-siècle. Nous avons dorénavant une fête de l'Europe le 9 mai, bien plus emblématique. Je rajouterais bien le 9 novembre, fête de la chute du Mur et de la victoire des démocraties libérales sur le communisme."

    Il n'existe selon moi, aucune contradiction entre les deux points de vue. On doit revenir aux nécessités fondamentales, telles que les pensait Robert Schuman dans sa déclaration historique du 9 mai 1950, et avec lui Konrad Adenauer et Alcide de Gasperi, on la retrouverait probablement différentes des institutions qu'une polémique hexagonale se plaît à caricaturer.

    Rappelons malheureusement que ce sont les politiciens et les technocrates français qui en ont dénaturé le contenu : Delors et Lamy en 1991 à Maastricht et en 1997 à Amsterdam, Juppé et Chirac à Nice en 1999-2000, Giscard et son "traité constitutionnel" devenu traité de Lisbonne, etc.

    Que cela plaise ou non, l'influence parisienne a beaucoup reculé dans les instances européennes. Une fois écartées de la sorte les dérivés du centralisme jacobin et les descendants du saint-simonisme, deux conceptions tournées vers l'avenir se partagent les 28 gouvernements actuels de l'Union européenne. L'une prévaut à Berlin. Fédéraliste, largement tributaire de la sociale-démocratie, elle me semble beaucoup plus complémentaire qu'on le croit avec les idées plus conservatrices qui prévalent à Londres. Après la troisième victoire d'Angela Merkel, elle peut parfaitement trouver un terrain d'entente avec David Cameron. Si une nouvelle génération de Français peut contribuer à les rapprocher, elle rachètera une part des erreurs commises par leurs prédécesseurs ces 30 dernières années.

    Le Parlement européen qui sera élu au printemps prochain abritera sans doute une partie du débat : son mode actuel d'élection et de fonctionnement ne permettra pas de l'épuiser.

    On peut craindre aussi, en France, que les passions, les mécontentements et les vrais problèmes locaux, en cause dans le cadre des 36 000 scrutins municipaux de mars, réduisent à la portion congrue la dimension proprement européenne de la campagne suivante.

    À la déliquescence du pouvoir actuel, s'ajoutera aussi l'étrange conception que nos politiciens se font de la "pantoufle strasbourgeoise". Ils la jugent trop souvent juste bonne à résoudre, le temps d'une mandature qu'ils marquent de leur absentéisme ou de leur amateurisme, leurs problèmes financiers personnels.

    Amené à répondre à un besoin continental de clarification systémique, il ne faudrait pas que ce vote décisif s'englue dans la seule expression d'une protestation interne.

    Pour toutes ces raisons je me félicite de pouvoir assister le 4 décembre à Paris à un débat auquel participeront des hommes d'horizons fort différents. (1)⇓

    J'en attends qu'en effet on commence à en revenir, comme le posent les organisateurs, au principe de Subsidiarité. Cela doit évidemment s'entendre au sens vrai terme : accomplir à l'échelon de l'Europe les choses nombreuses, urgentes et importantes, ce que visiblement on ne parviendra plus jamais à accomplir au niveau de nos chères petites nations toutes également menacées par les mêmes dangers : la protection des frontières extérieures, la défense contre le terrorisme, la lutte contre les grands réseaux de criminalité et d'immigration mafieuses, diplomatie etc. Et l'on redécouvrira la priorité des fonctions régaliennes de sécurité, de défense, et de justice si maltraitées par le pouvoir hexagonal et ses gaspillages.

    JG Malliarakis  http://www.insolent.fr/2013/11/un-besoin-continental-de-clarification.html

    Apostilles

    1. Cette convention nationale du PLD sur l’Europe se tiendra le 4 décembre à 17 heures à la Maison des Centraux 8 Rue Jean Goujon 75008 Paris M° Champs Élysées Clemenceau. La question : "Europe : et si on revenait au principe de subsidiarité ?" sera posée à J-L Bourlanges, D. Eppink, F. Heisbourg, M. Kerber, G. Koenig et B. Le Maire. Nombre de places limités.
  • FN : "La civilisation française est menacée par le multiculturalisme"

    Évincé de sa chaire de géopolitique à l'école de guerre en 2009, Aymeric Chauprade conseille Marine Le Pen sur les questions internationales. Entretien.
    Invité des dernières universités d'été du Front national, le géopoliticien Aymeric Chauprade, 44 ans, a été choisi par Marine Le Pen pour conduire la liste du parti aux européennes en Ile-de-France. L'investiture sera officialisée dans les prochaines semaines. Cet apôtre de la realpolitik deviendra, en outre, le conseiller officiel pour les affaires étrangères de la présidente du FN. Capitaine de frégate de réserve de la marine nationale, il a été, de 1999 à 2009, professeur de géopolitique à l'École de guerre de Paris.

    Lire la suite

  • 11 novembre : après la police politique, des procès staliniens ?

    3 personnes, âgées de 18 à 20 ans, arrêtés lors de la cérémonie du 11-Novembre à Paris seront jugés le 18 décembre. Déférés lors d'une audience de comparutions immédiates, les prévenus, poursuivis pour violences sur des CRS et rébellion, ont demandé au tribunal correctionnel de Paris un délai pour préparer leur défense. Ils ont été placés sous contrôle judiciaire avec interdiction d'entrer en contact les uns avec les autres. 2 sont étudiants, le troisième est en recherche d'emploi.

    Le parquet avait requis le placement en détention de l'un d'eux en attendant le procès. Ce jeune homme de 20 ans, déjà sous contrôle judiciaire, est poursuivi dans une affaire de violences à caractère racial datant du 11 novembre 2011, mais n'a pas encore été jugée. Une telle décision «ne ferait qu'envenimer les choses», «alors que notre pays connaît une certaine tension» a plaidé son avocat, Me Frédéric Pichon.

    David Van Hemelryck a été déféré mardi en vue d'une convocation pour être jugé le 8 janvier.

    Mercredi, l'avocat des trois jeunes a souligné qu'aucun des policiers ne s'était vu délivrer d'incapacité totale de travail, tandis que son client a une ITT de deux jours et l'un de ses coprévenus une ITT de trois jours. L'avocat a estimé qu'il y a une «pression politique» dans ce dossier. L'un de ses confrères a dénoncé une affaire «montée, politisée», évoquant les «procès de Moscou».

    Michel Janva

  • La gauche récolte ce qu’elle a semé [Vidéo]


    La gauche récolte ce qu'elle a semé par rtl-fr

  • Entre Bonnets Rouges et policiers, bientôt la « coagulation » ?

    Manuel Valls a du souci à se faire, lui qui craint la « coagulation » des mécontents. Des policiers ont manifesté il y a quelques heures en scandant des slogans qui faisaient référence aux Bonnets Rouges et à la fronde générale anti-Hollande.

     En fin d’après-midi, ce sont les policiers qui ont manifesté devant l’Assemblée nationale à l’appel du syndicat Alliance. Après des manifestations à Ajaccio et à Marseille le 5 novembre dernier, voici la police sous les fenêtres des députés ! Les policiers dénoncent leurs conditions de travail :

    Lire la suite

  • Bloquer l'Élysée plutôt que les trains (arch 2007)

    30 MAI, voici la recette magique que l'illusionniste Sarkozy s'apprêterait à sortir de sa mallette, avec l'assistance de l'ex -"Occidental" Patrick Devedjian : c'est, en effet, le 30 mai 1968 qu'à l'appel de Malraux (qui avait tant contribué à la gauchisation de la société française avec ses Maisons des Jeunes et de la Culture), la « majorité silencieuse» déferla sur les Champs-Elysées en une foule immense tous drapeaux au vent, sonnant la fin de la récréation printanière ... et des angoisses d'un président De Gaulle prudemment réfugié à Baden-Baden sous l'ombre tutélaire du brav'général Massu. Comme Devedjian et beaucoup de "nationaux", le tout jeune Sarkozy était à la manif' et il verrait bien dans une réédition de celle-ci la solution à l'agitation sociale frappant tant de secteurs depuis le 18 octobre dernier. Certes, le rassemblement « Stop la grève» organisé dimanche dernier par plusieurs mouvements libéraux et l'Union universitaire étudiante (UNI) très proches de l'UMP n'a pas mobilisé les foules - faute de transports, le contraire eût été étonnant - mais la décision du chef de l'Etat de sortir enfin mardi du silence où il se complaisait en matière sociale depuis son échec auprès des pêcheurs du Guilvinnec peut changer la donne. Surtout après la série de sabotages criminels commis dans la nuit du 20 au 21 octobre sur les voies de la SNCF par des radicaux irresponsables. Ou manipulés.
    UNE ANGOISSE DIFFUSE
    Désormais, jusqu'où ira la rébellion des cheminots s'estimant lésés dans leurs "acquis", des avocats et magistrats menacés par la réforme de la carte judiciaire, des étudiants rejetant une loi pourtant acceptée l' été dernier par leurs syndicats pour exprimer leur peur d'un avenir bouché, et jusqu'où ces refus catégoriels feront-ils tache d'huile?
    Dans la fronde actuelle, il y a évidemment l'incapacité consubstantielle des Français, peuple le plus révolutionnaire du monde, à accepter des réformes, même indispensables et d'ailleurs approuvées par la représentation nationale. Il y a tout aussi évidemment la mystique gaucharde du « troisième tour » dans la rue. Mais il y aussi une angoisse et un dégoût diffus dont le pouvoir actuel serait mal avisé de sous-estimer l'importance.
    A quoi sert en effet un « Grenelle de l'environnement » avec son intention affichée de lutter contre la "désertification" des campagnes si dans le même temps, sous couleur de rationalisation, on supprime les postes, les hôpitaux, les tribunaux d'instance (sept d'entre eux devraient fermer leurs portes en Auvergne, cinq dans l'Isère et trois en Savoie a annoncé le garde des Sceaux Rachida Dati lors de sa visite mouvementée le 16 novembre à Lyon), les cours prud'homales (68 sacrifiées sur 271) ou les trains régionaux qui irriguent encore peu ou prou le monde rural et évitent sa totale extinction?
    A quoi rime de s'accrocher à la sinistre fiction des « 80 % au moins de chaque classe d'âge» reçus au bac, passeport pour l'Université, quand on est bien décidé, discrimination positive oblige, à favoriser l'emploi des néo-Français au détriment des "souschiens" ?
    UNE NUIT DU 4-AOÛT, MAIS POUR TOUS
    Et comment un président peut-il exiger de ces sujets qu'ils consentent à des sacrifices fmanciers quand lui-même, à peine élu, s'octroie de sa propre autorité une augmentation de salaire de 172 % ? On ne dira jamais assez en effet combien cette initiative de Nicolas Sarkozy (rendue sans doute nécessaire par les conditions de son divorce, avec une épouse ne concevant de suivre une cure de thalassothérapie que dans un palace monégasque avant de s'envoler avec son fils pour New York) a été désastreuse, pour lui-même et pour le pays, à la veille d'échéances sociales qu'il savait à très hauts risques.
    Les sacrifices ne sont acceptables que s'ils sont partagés par tous. Mais comment les fonctionnaires en général et les cheminots en particulier renonceraient-ils à leurs privilèges quand ils apprennent que Jacques Chirac cumule 30471 euros de retraites par mois, que soixante de ses anciens conseillers de l'Elysée ont retrouvé des niches somptueuses, ambassade ou présidence d'entreprises semi-publiques, que les députés se sont voté cinq années d'indemnités de chômage et que les grands patrons, dont certains (Messier, Forgeard ... ) ont mené dans le mur le train de leur société, croulent sous leurs parachutes dorés et leurs stock-options? Qu'on ne s'étonne donc pas si, dans notre «République fromagère» (cf. Michel de Poncins) où les grands étalent un luxe et un esprit de lucre insolents, les petits privilégiés s'accrochent à leurs "acquis", surtout quand le pouvoir d'achat ne cesse de baisser et la peur du lendemain d'augmenter avec un euro à près de 1,50 dollars qui, en nuisant aux exportations, accélère la fermeture ou la délocalisation des usines et même des services. Alors, oui à une Nuit du 4-Août, mais pour tous et à tous les étages.
    Sans doute Sarkozy comptait-il sur les syndIcats, toujours achetables même quand ils se drapent volontiers dans le drapeau rouge comme SUD et la CGT, pour jouer les chiens de garde du troupeau grévicole et le maintenir dans les limites assignées.
    Mais nous avons depuis longtemps averti nos lecteurs du discrédit frappant les centrales "institutionnelles", qui défendent moins leurs mandants que leurs mandats.
    LE REFUS DE L'EUROCRATIE ET DE LA MONDIALISATION
    Rien d'étonnant donc si, malgré les ouvertures d'un Bernard Thibault appelant à la raison, les grèves dans les transports, loin de s'interrompre, se sont durcies - d'autant qu'à la SNCF par exemple, la direction revenait le 14 novembre sur un accord signé la veille avec la CFDT, la CFTC et la CGECGC qui, du coup, appelaient à nouveau à la grève. Et dans les discussions de la "base" - composée, l'a-t-on remarqué? presque uniquement de Blancs -, ce n'est plus seulement l'alignement des retraites sur celles du régime général des fonctionnaires qui est en cause (beaucoup de travailleurs le savent au fond d'eux-mêmes inéluctable dans la mesure où, en 2007, la pénibilité des tâches qui leur valait ces avantages n'est plus celle de 1906), mais l'avenir que leur réserve, ainsi qu'à leur famille, la mondialisation avec son tsunami de produits manufacturés et humains noyant notre biotope, ruinant notre économie. Certes, le départ à la retraite anticipé des cheminots ou des machinistes coûte cher et pour tenter de débloquer la situation, la SNCF se disait le 20 novembre prête à mettre 90 millions d'euros sur la table. Mais combien coûte la « politique de la Ville », c'est-à-dire la gestion de l'immigration pour acheter un semblant de paix civile? 4 milliards d'euros par an, vient de répondre la Cour des comptes (voir notre précédent n°) ... en précisant que c'était pour un résultat nul.
    En outre, parmi les grévistes de ce mois de novembre, une grande majorité avait sans doute voté le 29 mai 2005 contre le traité de constitution européenne qui va nous être maintenant imposé d'« en haut ». Avant de se glorifier de "son" traité dit simplifié et de proclamer que « la France, qui avait été la première à dire non, serait la première à dire oui », le chef de l'Etat eût été bien inspiré d'envisager les conséquences de ce Diktat dont il est le premier à reconnaître l'impopularité
    A l'évidence, Sarkozy entend aujourd'hui jouer les usagers contre les grévistes prenant les autres travailleurs en otages alors qu'ils devraient bloquer le quartier de l'Elysée au lieu de paralyser les trains et les facs. Et l'exaspération est en effet telle aujourd'hui devant l'impossibilité de se déplacer - d'autant que tout a été fait pour pousser les travailleurs hors des villes - que le calcul peut se révéler payant. A court terme. Car la "modernisation" à marche forcée  et doublée d'une substitution de population pour accélérer le mouvement d'une France jugée archaïque par les Sarkozy, Attali, Minc et autres Touati, peut réserver encore bien des soubresauts, autrement douloureux et spectaculaires.
    C.-M.G. RIVAROL 23 novembre 2007

  • Pourquoi j’étais sur les Champs-Elysées ce 11 novembre

    « La mémoire n’interdit pas l’action. Elle la justifie ».
    Pourquoi me suis-je retrouvée ce lundi matin vers 11 heures sur les Champs-Elysées ? Parce que j’avais déniché un bonnet rouge dans un sac de montagne ? Oui, mais pas seulement. Parce que j’aime les chevaux, les fanfares et les beaux militaires ? Oui, mais pas seulement. Parce qu’un beau soleil d’automne flamboyait sur Paris ? Oui, mais pas seulement. Parce que quelques alertes avaient sonné ici ou là, annonçant un peu de chahut après les commémorations ? Oui, mais pas seulement. (A.L.B)
    J’étais sur les Champs-Elysées parce que je subodorais que les médias allaient vite faire œuvre de désinformation. Des « très méchants » auraient voulu, ont-ils dit, s’approcher du président. Vous voulez rire, avec une double rangée de barrières tout du long de l’avenue et des gendarmes ou des CRS tous les cinq mètres ! Avec des barrières dès la rue de Tilsitt et la rue Balzac ? Avec des dizaines de fourgons dans les rues adjacentes ? Avec les vitres teintées, allez donc savoir dans quelle voiture Hollande a redescendu les Champs…
    En fait, « pourquoi ? », ce n’est pas la bonne question. La vraie question, c’était : « Pour qui ? »
    Pour ceux et celles qui, refoulés sur simple délit de faciès, n’ont même pas pu arriver sur les Champs-Elysées. Pour ces jeunes gens en colère qui ont été violemment jetés à terre par des policiers en civil puis embarqués vers le commissariat de la rue de l’Evangile. Parce qu’ils portaient ce fameux bonnet rouge. Voire parce que leur drapeau – français ou breton – était un peu trop voyant, leur coupe de cheveux un peu courte, leur démarche trop volontaire… Pour ces familles et ces couples plus âgés qui, n’osant ni siffler ni huer, chuchotaient en assistant, l’air désemparé, à ces interpellations musclées.
    Mais, répètent en chœur les médias du système, on ne manifeste pas les jours de commémoration. Cela ne se fait pas. Le 11-Novembre, ce n’est pas le 14-Juillet. En effet. Sauf que personne n’a bougé lors de la cérémonie. Sauf que les petits « bleuets » de France fleurissaient au revers des manteaux. Sauf que ni les ambassadeurs, ni les grands invalides, ni la Garde républicaine n’ont été hués. La France bien élevée a des principes et le sifflet sélectif.
    Mais aussi, et surtout, si j’étais ce 11 novembre sur les Champs-Elysées, c’est que je tenais à défendre la mémoire de ceux qui ont façonné cette France que nous aimons. A défendre le souvenir de ceux dont j’ai vu passer les ombres, il y a quelques semaines, en arpentant les coteaux des Eparges. Pour que la France de demain, celle dont nos enfants et petits-enfants hériteront, ne soit pas trop différente de celle que nos aïeux nous ont transmise. Parce que la mémoire n’interdit pas l’action. Elle la justifie.
    Anne-Laure Blanc, Mère… et grand-mère, 1/11/2013
    Source : Boulevard Voltaire
    http://www.polemia.com/pourquoi-jetais-sur-les-champs-elysees-ce-11-novembre/