France et politique française - Page 4713
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Marion Maréchal-Le Pen: l'invitée de Ruth Elkrief - 10/07
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Projet de budget 2014 : pas un mot des hausses d’impôt
Jean-Marc Ayrault a annoncé mercredi à l'issue du Conseil des ministres que le projet de budget 2014 allait prévoir des économies d'un montant « sans précédent » de 15 milliards d'euros.
Le Premier ministre a fait une brève déclaration sur le projet de budget à l'issue du Conseil des ministres. Les ministres Pierre Moscovici (Économie) et Bernard Cazeneuve (Budget) devaient ensuite donner une conférence de presse pour lever le voile sur le budget 2014, présenté le 25 septembre en Conseil des ministres.
Selon M. Ayrault, « il était important pour les Français de dire exactement ce que le gouvernement veut faire pour consolider la croissance ». « C’est un budget pour le redémarrage de l'emploi, c'est la bataille centrale », a-t-il martelé.
Pas un mot toutefois sur la spectaculaire hausse des impôts. Bah, si les socialistes n’en parlent pas, c’est que ça n’existe pas !
Ce projet de loi de finances pour 2014 prévoira notamment, a annoncé M. Ayrault, des économies d'un montant « sans précédent » de 15 milliards d'euros.
Le Premier ministre a outre confirmé qu'il n'y aurait pas d'augmentation de la CSG ni de la TVA, en plus des hausses déjà prévues à partir du 1er janvier 2014 pour financer le crédit d'impôt compétitivité en faveur des entreprises.
M. Ayrault a aussi assuré qu'il n'y aurait « pas d'augmentation du coût du travail ». Au contraire, « la baisse se poursuit », a-t-il fait valoir.
« Dans ce budget, il y a une priorité ? c'est la croissance et l'emploi (...) Ne nous dispersons pas », a lancé M. Ayrault.
Avec AFP http://www.francepresseinfos.com -
Arrestations arbitraires : l'étau se resserre sur Manuel Valls
Les drôles de consignes anti-Manif pour tous
Dans un PV que Le Figaro a consulté, un gendarme assure qu’il devait interpeller toute personne qui tenait en mains un drapeau.
Le Défenseur des droits recevra ce jeudi deux jeunes sympathisants de la Manif pour tous : il s’agit de la première audition, par les services de Dominique Baudis, qui « veillent au respect de la déontologie par les personnes exerçant des activités de sécurité », d’opposants au mariage gay s’estimant victimes d’« arrestations arbitraires ». Une vingtaine de réclamations individuelles ont déjà été adressées au Défenseur des droits. Mais la Manif pour tous « pense pouvoir lui en envoyer bientôt au moins une centaine d’autres ».
Celle de Jean et d’Aurélien est particulière : l’ensemble de la procédure (trois gardes à vue en mai dernier, deux en deux jours pour le premier, une pour le second) a été annulé en juillet par le tribunal correctionnel, pour défaut de base légale. « Tellement les faits étaient ahurissants », souligne leur avocat, Me Grégoire Etrillard. Sa réclamation auprès du Défenseur des droits a pour objet de faire constater les manquements déontologiques ayant eu lieu au cours de cette procédure, et notamment de déterminer l’origine des ordres donnés aux gendarmes et policiers ayant procédé aux interpellations litigieuses. [...]
La suite sur le site du Figaro
http://www.actionfrancaise.net -
Serge Ayoub : « Arrêtons ce discours de pleureuse, les Français veulent des gens fiers »
Serge Ayoub est le chef de file du « courant solidariste » en France. Lors de la mort de Clément Méric, il a été propulsé sur le devant de la scène médiatique. Cette affaire avait conduit à la dissolution de ses deux mouvements, Troisième Voie et les Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires.
Quel constat, aussi bien politique que médiatique, avez-vous pu tirer de « l’affaire Méric » ?
Au niveau médiatique, on ne peut qu’être effaré par l’ampleur que prend ce fait divers. 3 ans auparavant, la mort de Yann Lorence, lynché à mort par un groupe d’antifas d’Auteuil en marge d’un PSG-OM n’avait pas suscité le millième de cet emballement.
Mais ce sont évidemment les politiques qui ont donné le ton. J’ai surtout été surpris par l’incapacité du gouvernement à garder la tête froide. La position de tout ministre aurait due être de condamner la violence en attendant les premiers éléments de l’enquête. Je crois qu’il a dans leur réaction à la fois énormément de cynisme, consistant à récupérer immédiatement un mort pour nuire, par amalgames successifs, au FN montant, et aussi un effroi sincère : ils ont perçu la mort de Clément Méric comme celle de l’un des leurs, car que ce soit socialement ou idéologiquement, Méric avait tout du futur cadre de la gauche morale, multi-culturaliste et mondialiste. C’est ce qui explique aussi l’intensité de leur haine contre moi et Troisième Voie.
Enfin, je crois que si la décision de dissoudre est prise sous le coup de l’émotion et pour donner l’impression d’agir, l’opiniâtreté dans la procédure de dissolution contre le JNR, puis Troisième Voie, le Local, et les pressions exercées sur le Conseil d’État sont l’indice qu’ils avaient parfaitement identifié que les idées de Troisième Voie était dangereuses pour eux. Il y a une volonté de casser cette vague populiste, ce courant très social du patriotisme français dont Troisième Voie faisait partie. D’ailleurs, Valls qui singe ce même populisme depuis des semaines a récemment dit que « République rimait avec, laïcité, Nation, autorité de l’État ». Il aurait pu le sortir d’un de nos textes, d’ailleurs, rien ne dit qu’il ne l’est pas fait en même temps qu’il « instruisait » notre dissolution !
Comment expliquez-vous l’intérêt des médias pour votre personne après l’annonce de la mort de Clément Méric ?
Les médias sont un théâtre, qui à la mort Méric ont fait jouer la pièce de l’antifascisme. Ils ont certainement cherché un client pour jouer le rôle du méchant, et ils ont certainement cru que je jouerais ce rôle. Cela m’a permis d’y avoir accès et de défendre les personnes inculpées, ainsi que mes idées que l’on caricaturait à tout bout de champ. Évidemment cela n’a pas duré, dès qu’ils ont compris que je ne jouais pas le rôle du grand méchant facho, et sur demande de la porte-parole du gouvernement, je n’ai plus eu aucun direct. D’ailleurs les médias eux-mêmes ont enterré l’histoire après le coup de la vidéo SNCF sortie par RTL.
Finalement, avez-vous vu cela comme une chance pour vous de vous exprimer ?
Ni, sur le moment, ni avec du recul, on ne peut parler de chance. Ce n’est pas une chance pour Esteban et Samuel, qui sont en prison. Pas une chance pour Méric, qui y a laissé sa peau sans gloire. Quant à moi, mon mouvement a été dissout et mon local fermé, on peut difficilement parler de tribune. En revanche, le point positif est que beaucoup de Français ont compris à quel point leur gouvernement était capable de manipulation et de mensonge. Beaucoup de gens dans la rue me serrent la main en me disant que, même s’ils ne sont pas toujours d’accord avec moi, j’ai été la première personne à se comporter dignement dans cette affaire.
Comment réagissez-vous au sort qui est aujourd’hui réservé à Esteban ?
Je pense toujours qu’il s’agit d’une nouvelle affaire Dreyfus. Deux gamins qui n’ont fait que se défendre sont jetés en prison, pas pour ce qu’ils ont fait, car on est dans un cadre de légitime défense, avec un coup rendu (mortel certes) pour un coup donné, par derrière en plus ; mais pour leurs opinions. Écoutez la gauche, écoutez ces gros neuneus d’experts, vous entendrez toujours cette idée que l’extrême-droite mène à la violence. Leurs fantasmes et leurs préjugés sont tellement enracinés dans leur esprit qu’ils ont été incapables de regarder le déroulement détaillé des faits.
Comment avez-vous vécu votre rencontre avec Dieudonné et quelles ont été les retombées ?
Je connaissais déjà Dieudonné, c’est un homme ouvert qui prend la liberté d’expression au sérieux. C’est dans cet esprit qu’il m’a proposé cette interview, et j’ai accepté. En ce qui concerne les réactions, elles ont été globalement positives.
En quoi consiste votre activité actuellement ? Quels sont vos projets ?
Je suis en train d’écrire un livre sur l’affaire Méric, qui devrait sortir le 14 septembre, à l’occasion de la manifestation contre la dictature socialiste, le même jour. Je suis en train de mettre sur pied un nouveau site, solidarisme.fr qui rassemblera revue de presse et textes théoriques, et qui nous permettra également de mettre en œuvre l’action la plus pertinente pour servir nos idées.
À l’époque, par vos sulfureuses actions, ne pensez-vous pas avoir discrédité votre cause ; et marquez-vous, aujourd’hui, une rupture avec ce passé ?
Je ne me souviens pas d’actions sulfureuses et encore discréditantes pour moi ou mes idées lorsque je défendais la liberté de pensée en général et d’expression du FN en particulier en assurant la sécurité de leurs meetings. À l’époque nous étions peu à risquer de prendre des coups pour défendre non pas le parti, dont je n’étais pas membre et à qui je ne devais rien, mais la libre expression.
À propos de « souffre », je vais vous raconter une anecdote : en 92, lorsque sur le plateau de Bilalian, j’ai dit qu’une figurine de soldat de la seconde guerre mondiale ne tuait pas, mais que par contre le socialisme, le gouvernement, et Jean Marie Le Guen (qui était en face de moi), tuaient des hommes en bombardant l’Irak. Ils ont tous regardé leurs chaussures et le caméraman m’a montré son pouce en signe d’approbation.
Il faut arrêter ce discours de pleureuse qui consiste à nous excuser pour des T-Shirts ou des propos tenus il y a 20 ou 30 ans. Il faut arrêter de se faire mettre à l’amende quand on nous parle de nos « écarts de conduite » ou de ceux d’un pote qu’on aurait pu connaître il y a 20 piges. Réveillez-vous ! En face de nous on a des criminels ! Des gens qui désindustrialisent le territoire français et jettent des centaines de milliers de gens au chômage ! Des gens qui insultent nos traditions, nos valeurs, qui rognent sur les libertés publiques, qui mentent, qui manipulent l’opinion, qui planquent de l’argent en Suisse et deviennent ministre ; on a un DSK qui a déshonoré la France et qui se permet de donner des cours d’économie au Sénat, un BHL qui nous fait faire des guerres parce qu’ « il le vaut bien », un Hollande qui couvre tous les pourris du PS depuis 15 ans et qui devient Président, des socialistes qui disent un jour « le nationalisme c’est la guerre » et qui décident de bombarder la Syrie le lendemain !
Ce qui me discréditerait vraiment, ce serait de commencer à m’expliquer sur mon passé auprès de mes ennemis. Ça ce serait me discréditer, parce que ce serait le début de la défaite, d’accepter le système de valeurs, les petits amalgames et les points Godwin de ceux que je combats.
Où vous situez-vous politiquement ?
Pour mon pays, et avec mon peuple.
Quelle est votre position à propos du monarchisme et du bonapartisme ?
Je ne crois pas à un retour de l’Ancien Régime, ni à une résurgence du bonapartisme, qui pour moi a muté en gaullisme. J’en retiens surtout la réduction des intermédiaires entre la volonté du peuple et leurs dirigeants. Quand à la monarchie parlementaire, je ne crois pas qu’elle puisse protéger la nation. Regardez l’Angleterre, la famille Royale ne peut ni ne veut rien faire contre l’immigration de masse, la destruction du mariage et les écarts de richesses qui explosent avec la mondialisation. Je crois davantage à une République refondée sur l’intérêt du peuple et au recours à la démocratie directe. C’est pour moi le moyen le plus simple d’exercer un contrôle permanent sur les élites gouvernantes, et de les virer au besoin.
Et concernant les forces républicaines patriotes comme, par exemple, Debout la République ou le Front National ?
DLR ce n’est rien, c’est le machin d’un député qui est prisonnier de son mandat. Tant qu’il a son mandat et peur de le perdre, il ne peut faire d’alliance avec le FN et donc fait beaucoup pour s’en distinguer. Sa sortie sur l’obsession identitaire du FN était grotesque. Pourtant, les positions du FN sur cette question sont à la gauche du gaullisme dont il se revendique. DLR c’est le gaullisme sans les couilles, désolé mais je le pense.
Quant au Front, la ligne est globalement bonne, même s’il lui manque un vrai sens de l’État pour proposer une réforme institutionnelle efficace. Les institutions de la Vème sont obsolètes, l’oligarchie en connait trop les rouages et elles n’imposent plus le même respect qu’à leur création. Il faut une refondation de la République, pas seulement une réorientation patriotique de celle-ci. Troisième Voie proposait par exemple de transformer le sénat en chambre représentative des travailleurs. Même sur la démocratie directe, les FN ne va pas assez loin. Nous proposions des mandats impératifs et révocables par l’initiative populaire. Nous avons proposé une refondation de la Nation sur un principe moral : la solidarité. Le FN, lui, n’a pas élaboré de principe philosophique sur lequel il appuie son patriotisme.
Ensuite, je trouve le FN de Marine trop prisonnier de sa logique de dédiabolisation. Je vais me répéter, mais vraiment, arrêtons de nous excuser, les Français s’en foutent. Ils veulent des gens fiers. En plus c’est une erreur tactique : car c’est avouer une faiblesse. Du coup, à chaque élection, le système part dénicher son lot de maladroits étiquetés FN pour contraindre Marine à parasiter son discours en explications, dénégations, excuses, qui sont d’ailleurs systématiquement perçues par les militants comme des trahisons, et nuisent à l’action du Front. Il faut balayer ces amalgames d’un revers de main, car pour les Français, ça ne compte pas au regard de la situation de leur pays.
On vous a accusé récemment de demander la tête du journaliste Frédéric Haziza et d’être à l’origine d’une « campagne antisémite » ; qu’en est-il ?
Haziza représente tout ce qu’un patriote peut détester : journaliste partisan du système, dur avec les faibles comme Jacques Cheminade, flagorneur avec les puissants comme Valls ou Harlem Désir.
Il s’agit en fait une campagne d’autovictimisation organisée par Haziza lui-même pour faire se faire mousser sur les réseaux sociaux : provoquer la colère des patriotes par des accusations outrancières et un chantage odieux à l’antisémitisme, puis crier à l’antisémitisme lorsque ceux-ci protestent.
Il m’avait déjà provoqué sur Twitter au moment du décret de dissolution des JNR. Il a réitéré ses insultes suite à l’interview que j’ai donnée à Dieudonné. Demander sa démission en relayant une pétition, qui n’avait rien d’antisémite, au motif qu’un tel manque de professionnalisme et de neutralité n’a pas sa place sur une chaîne du service public comme LCP, me semblait parfaitement justifier. D’ailleurs nos échanges sont accessibles publiquement sur Twitter, et aucun de mes messages ne relève de l’incitation à la haine. En réalité Haziza, c’est un peu l’histoire du garçon qui criait au loup.
Selon vous, pourquoi l’État français fait-il tout pour intervenir en Syrie ?
Il y a depuis longtemps une volonté de l’Occident de nuire à Assad, comme à tous les régimes laïcs du Moyen Orient qui s’appuient sur une classe moyenne éclairée, et dont la tendance naturelle et légitime au patriotisme est un obstacle à l’acquisition par les multinationales du contrôle total de la région. Il y a également une volonté atlantiste manifeste de nuire aux intérêts stratégiques de la Russie dont la Syrie est l’alliée et de retarder l’émergence d’un monde multipolaire.
En ce qui concerne l’élan belliciste soudain de notre gouvernement, je pense que l’on a simplement affaire à une bande d’incapables qui surréagissent à un attentat chimique qui, s’il est avéré, est très probablement imputable aux rebelles, dont Carla del Ponte, enquêtrice de l’ONU, avait affirmé qu’ils possédaient et avaient utilisé du gaz sarin en mai. Je ne crois pas qu’il s’agisse d’une grande manœuvre coordonnée, car à part la Hollande, personne n’a l’air d’être motivé.
Quelles sont vos solutions vis-à-vis du « grand remplacement » de population ? Croyez-vous à une « réconciliation nationale » ?
Tout d’abord, je dirais que cette discussion est oiseuse tant qu’on n’a pas pris le pouvoir. Intégrer le problème de l’immigration dans un programme plus vaste visant à refonder cette nation et à permettre à son peuple d’être heureux et prospère, très bien. Mais faire de cette question du grand remplacement un point de passage obligé pour tout programme, c’est idiot : tout d’abord parce que la prise du pouvoir changera déjà la donne. La suppression des pompes aspirantes non seulement réduira considérablement les entrées, mais provoquera aussi énormément de départs. Énormément de gens vivent de la générosité et du laxisme de ce pays, cessons, d’être laxistes, la France cessera d’être un eldorado pour le reste du Tiers-monde.
Dans un deuxième temps, la lutte contre l’oligarchie mondialiste doit évidemment se faire en partenariat avec les autres pays du monde, et en l’occurrence, les pays d’émigration qui se vident de leurs forces vives avec le système actuel. Une coopération économique plus juste rendra certainement ces pays plus attractif pour les immigrés originaires de ces pays. Mais je suis confiant, si nous prenons le pouvoir, tout sera beaucoup plus facile. Ces minorités dont la croissance démographiques inquiètent tant certains de nos concitoyens verront leurs effectifs se réduire et se stabiliseront d’elles-mêmes en adoptant des mœurs françaises. Elles cesseront alors d’être un objet d’anxiété pour le reste de la communauté nationale, leur présence ne posera alors plus de problème au sentiment identitaire des Français.
Peut-on encore sauver la France ?
Pour moi ça ne fait aucun doute.
Propos recueillis par Christopher Lings
http://www.lebreviairedespatriotes.fr/10/09/2013/politique/serge-ayoub-arretons-ce-discours-de-pleureuse-les-francais-veulent-des-gens-fiers/ -
Le chômage s’aggrave : pas d’amélioration en vue
La situation s'est aggravée au 2e trimestre sur le front de l'emploi avec la disparition de près de 35.000 postes dans le secteur marchand et, les perspectives restent moroses jusqu'à fin 2013.
Aujourd’hui, l’inversion de la courbe du chômage promise par le gouvernement socialiste n’est plus à l’ordre du jour.
Malgré un rebond surprise de la croissance au 2e trimestre (+0,5% selon l'estimation de l'Insee), les chiffres publiés mercredi par l'Institut de la statistique révèlent une détérioration de l'emploi salarié: 34.600 postes ont été rayés de la carte au 2e trimestre, après 4.700 au trimestre précédent.
Au 2e trimestre, tous les secteurs d'activité ont été frappés par cette dégradation, amorcée mi-2012.
Signe jugé inquiétant par les économistes: après une fugace embellie au début de l'année, l'intérim, sensible à la conjoncture et réputé précurseur des évolutions à venir du marché de l'emploi, repart à la baisse (4.000 postes supprimés).
Au total, depuis l’élection de Hollande, plus de 140.000 emplois ont été rayés de la carte (-0,9%).
L'institut de recherche économique Natixis prévoit encore 76.000 nouvelles destructions d'emploi dans la 2e partie de l'année, soit une année 2013 plus noire encore que 2012.
"On est sorti du creux de la crise. On aura des taux de croissance nuls ou légèrement positifs dans les trimestres à venir, mais il est probable que cette croissance ne sera pas très riche en emplois: on restera de fait dans des rythmes de croissance très insuffisants pour créer de l'emploi", pronostique-t-il en fixe la barre à 1,5% de croissance annuelle environ, à l'instar de nombreux autres économistes.¢
Avec AFP http://www.francepresseinfos.com/ -
L'échec pour tous
Le numéro de septembre de Politique magazine vient de sortir. Extrait de l'analyse politique d'Hilaire de Crémiers :
"La réalité pourrait bien contredire les fausses assurances de ces politiciens dont la médiocrité d’esprit se couvre de la raison d’état. Le rêve socialiste ne dure jamais plus d’un an. Après, il faut payer. Non, François Hollande n’a pas été très malin en faisant croire au mois de juillet que, grâce à lui évidemment, la reprise économique était dorénavant l’actualité qu’il allait devoir gérer. Il était heureux de le dire et de le redire en toute simplicité avec ce sourire béat qui reflète si profondément sa vie intérieure. Il se donnait ainsi le beau rôle en insistant sur les résultats calamiteux du quinquennat précédent selon le jeu de cette alternance politicienne qui consiste essentiellement à éreinter le prédécesseur pour se faire valoir. Mais un tel calcul est aujourd’hui risqué. Pendant tout l’été, il n’a été question dans les discours de Hollande, d’Ayrault, de Moscovici que de ce « frémissement » de 0,5 %, signe annonciateur pour eux des lendemains heureux promis par le socialisme éternel et singulièrement par le candidat Hollande, son messie d’aujourd’hui : le mariage pour tous déjà légalisé, la retraite pour tous sans effort et le plus tôt possible, la croissance pour tous, l’éducation démocratique pour tous, le succès pour tous, les loisirs pour tous, la drogue pour tous, le partage des richesses évidemment pour tous, la liberté pour tous, même et surtout pour les récidivistes, les violeurs et les assassins qui, du coup, seront très gentils et avec qui il faudra aussi être très gentils s’il leur vient l’idée de recommencer, en application de la prochaine loi pénale si finement et si fermement concoctée par celle qui garde les Sceaux et qui, assurément, n’a jamais connu cette chance, pas encore, d’être assassinée, volée ou violée.
L’avènement de cette société radieuse n’est, bien sûr, possible que par l’exclusion préalable et méritée de ceux qui refusent cet univers nouveau, ce « renversement de civilisation », selon le terme approprié qui a été employé, conçu et prédit par les brillants cerveaux de notre gauche illuminée dont la prophétesse Taubira à la voix rauque et oraculaire, le grand-prêtre Peillon à la voix si liturgiquement religieuse sont les plus éclatants exemples. Comme dans le roman d’anticipation de George Orwell, il y aura le ministère de la Vérité, chargé de l’éducation, de l’information et des loisirs programmés, le ministère de l’Amour, chargé de la justice et de l’uniformisation des esprits, s’il le faut par la rééducation musclée des récalcitrants, le ministère de l’Abondance, chargé de gérer la pénurie en faisant croire que l’Etat-providence de Big Brother assure la juste satisfaction des besoins de tous, le ministère de la Paix, chargé, comme il se doit, de faire la guerre. Nous y sommes ou presque. Mais comme toutes les expériences du passé l’ont prouvé, ce socialisme fumeux aboutira à des catastrophes. [...]"
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Intervention en Syrie : la recherche d'un prétexte à tout prix
La France a-t-elle encore une politique étrangère ou fait-elle celle du Qatar, de l’Arabie Saoudite et des Etats-Unis ?
La coalition réunissant les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France, la Turquie, l’Arabie Saoudite et le Qatar vient de franchir un nouveau pas dans sa volonté d’intervenir en Syrie afin de renverser le régime de Bachar el-Assad. Utilisant ses énormes moyens de communication, elle vient de lancer une vaste campagne d’intoxication de l’opinion internationale afin de la convaincre que Damas a utilisé l’arme chimique contre son peuple, commettant ainsi un véritable crime contre l’humanité et méritant « d’être puni ».
Aucune preuve sérieuse n’a été présentée à l’appui de ces affirmations. Au contraire, de nombreux éléments conduisent à penser que ce sont les rebelles qui ont utilisé ces armes.
Ces mensonges médiatiques et politiques ne sont que des prétextes. Ils rappellent les tristes souvenirs du Kosovo (1999), d’Irak (2003) et de Libye (2010) et ont pour but de justifier une intervention militaire afin de renverser un régime laïc, jugé hostile par les Etats-Unis – car allié de l’Iran et ennemi d’Israël – et impie par les monarchies wahhabites d’Arabie Saoudite et du Qatar. Il est particulièrement affligeant de voir la France participer à une telle mascarade.
La falsification des faits
Depuis deux ans, des informations très contradictoires et souvent fausses parviennent en Europe sur ce qui se passe actuellement en Syrie. Il est ainsi difficile de comprendre quelle est la situation exacte dans ce pays. Certes, le régime syrien n’est pas un modèle démocratique, mais tout est mis en œuvre par ses adversaires afin de noircir le tableau, dans le but d’assurer le soutien de l’opinion internationale à l’opposition extérieure et de justifier les mesures prises à son encontre, dans l’espoir d’accélérer sa chute.
Cette falsification des faits dissimule systématiquement à l’opinion mondiale les éléments favorables au régime :
- le soutien qu’une grande partie de la population syrienne, principalement les sunnites modérés et les minorités (chrétiens, druzes, chiites, kurdes), continue d’apporter à Bachar el-Assad, car elle préfère de loin le régime actuel – parfois par défaut – au chaos et à l’instauration de l’islam radical ;
- le fait que l’opposition intérieure, historique et démocratique, a clairement fait le choix d’une transition négociée et qu’elle est, de ce fait, ignorée par les pays occidentaux ;
- la solidité militaire du régime : aucune défection majeure n’a été observée dans l’armée, les services de sécurité, l’administration et le corps diplomatique et Damas est toujours capable d’organiser des manœuvres militaires majeures ;
- son large soutien international. L’alliance avec la Russie, la Chine, l’Iran et le Hezbollah libanais ne s’est pas fissurée et la majorité des Etats du monde s’est déclarée opposée à des frappes militaires, apportant son soutien total aux deux membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU – Russie et Chine – qui ont clairement indiqué qu’ils n’autoriseraient pas une action armée contre la Syrie. Rappelons également que le régime syrien n’a été à ce jour l’objet d’aucune condamnation internationale formelle et demeure à la tête d’un Etat membre à part entière de la communauté internationale ;
- le refus délibéré des Occidentaux, de leurs alliés et de la rébellion de parvenir à une solution négociée. En effet, tout a été fait pour radicaliser les positions des ultras de Damas en posant comme préalable le départ sans condition du président Bachar.
Au contraire, l’opposition extérieure, dont on cherche à nous faire croire qu’elle est LA solution, ne dispose d’aucune légitimité et demeure très éloignée des idéaux démocratiques qu’elle prétend promouvoir, en raison de ses options idéologiques très influencées par l’islam radical.
De plus, la rébellion syrienne est fragmentée entre :
- une opposition politique extérieure groupée autour des Frères musulmans, essentiellement contrôlée par le Qatar et la Turquie ;
- une « Armée syrienne libre » (ASL), composée d’officiers et d’hommes de troupe qui ont déserté vers la Turquie et qui se trouvent, pour la plupart, consignés dans des camps militaires, faute d’avoir donné des gages d’islamisme suffisants au parti islamiste turc AKP ; son action militaire est insignifiante ;
- des combattants étrangers, salafistes, qui constituent sa frange la plus active et la plus violente, financés et soutenus par les Occidentaux, la Turquie, le Qatar et l’Arabie Saoudite.
Ainsi, la Syrie connaît, depuis deux ans, une situation de guerre civile et des affrontements sans merci. Comme dans tous les conflits, les victimes collatérales des combats sont nombreuses, ainsi que les atrocités. Toutefois, les grands médias internationaux qui donnent le ton – qui appartiennent tous aux pays hostiles à la Syrie – cherchent à donner l’impression que les exactions, massacres et meurtres sont exclusivement le fait du régime et de son armée. Si certaines milices fidèles au régime ont commis des exactions, cela ne saurait en aucun cas dissimuler les innombrables crimes de guerre qui sont chaque jour, depuis deux ans, l’œuvre de la rébellion, et dont sont victimes la population syrienne fidèle au régime, les minorités religieuses et les forces de sécurité. Ce fait est systématiquement passé sous silence. Pire, les nombreux actes de barbarie des djihadistes soutenus par l’Occident, la Turquie et les monarchies wahhabites sont même souvent attribués au régime lui-même, pour le décrédibiliser davantage. L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), principale source des médias sur les victimes de la « répression », est une structure totalement inféodée à la rébellion, créée par les Frères musulmans à Londres. Les informations qu’il diffuse relèvent de la pure propagande et n’ont donc aucune valeur ni objectivité. S’y référer est erroné et illustre l’ignorance crasse ou la désinformation délibérée des médias.
Enfin, face à ce mainstream médiatique tentant de faire croire que le Bien est du côté de la rébellion et de ses alliés afin d’emporter l’adhésion de l’opinion, toute tentative de vouloir rétablir un minimum d’objectivité au sujet de ce conflit est immédiatement assimilée à la défense du régime.
Les objectifs véritables d’une intervention en Syrie
Dès lors, on est en droit de s’interroger sur les raisons réelles de cet acharnement contre Bachar el-Assad et d’en rechercher les enjeux inavoués. Il en existe au moins trois :
- casser l’alliance de la Syrie avec l’Iran ; le dossier iranien conditionne largement la gestion internationale de la crise syrienne. En effet, depuis trois décennies, Damas est l’allié de l’Iran, pays phare de « l’axe du mal » décrété par Washington, que les Américains cherchent à affaiblir par tous les moyens, tant en raison de son programme nucléaire, de son soutien au Hezbollah libanais, que de son influence régionale grandissante ;
- rompre « l’axe chiite » qui relie Damas, Bagdad, Téhéran et le Hezbollah, qui est une source de profonde inquiétude pour les monarchies du Golfe qui sont, ne l’oublions pas, des régimes autocratiques et qui abritent d’importantes minorités chiites. Ainsi, Ryad et Doha ont désigné le régime iranien comme l’ennemi à abattre. Elles veulent la chute du régime syrien antiwahhabite et pro-russe, afin de transformer la Syrie en base arrière pour reconquérir l’Irak, majoritairement chiite, et déstabiliser l’Iran. Elles cherchent aussi à liquider le Hezbollah libanais. En cela, leur agenda se confond avec celui de Washington ;
- détruire les fondements de l’Etat-nation laïc syrien pour le remplacer par un régime islamiste. Cela signifie livrer Damas aux forces wahhabites et salafistes favorables aux pétromonarchies du Golfe, ce qui signifie l’éclatement du pays en plusieurs entités en guerre entre elles ou, pire, l’asservissement voire le massacre des minorités non sunnites.
Ces objectifs non avoués n’ont pas été jusqu’ici atteints et ne le seront pas tant qu’existera le soutien sino-russe et tant que l’axe Damas-Téhéran ne se disloquera pas.
Le faux prétexte des armes chimiques
Face à la résistance de l’Etat syrien et de ses soutiens, la coalition américano-wahhabite a décidé d’employer les grands moyens afin de faire basculer l’opinion et de justifier une intervention militaire : accuser Damas de recourir aux armes chimiques contre sa propre population. Une première tentative a été entreprise en avril dernier. Malheureusement, l’enquête des inspecteurs de l’ONU a révélé que l’usage d’armes chimiques était le fait de la rébellion. Ce rapport n’allant pas dans le sens que souhaitait la coalition américano-wahhabite, il a été immédiatement enterré. Seul le courage de Carla del Ponte a permis de révéler le pot aux roses. Notons cependant que les « médias qui donnent le ton » se sont empressés de ne pas lui accorder l’accès à leur antenne et que cette enquête a été largement passée sous silence.
Les événements du 21 août dernier semblent clairement relever de la même logique. Une nouvelle fois, de nombreux éléments conduisent à penser qu’il s’agit d’un montage total, d’une nouvelle campagne de grande envergure pour déstabiliser le régime :
- le bombardement a eu lieu dans la banlieue de Damas, à quelques kilomètres du palais présidentiel. Or, nous savons tous que les gaz sont volatils et auraient pu atteindre celui-ci. L’armée syrienne n’aurait jamais fait cela, sauf à vouloir liquider son président !
- les vecteurs utilisés, présentés par la presse, ne ressemblent à aucun missile en service dans l’armée syrienne, ni même à aucun modèle connu. Cela pourrait confirmer leur origine artisanale, donc terroriste ;
- de plus, des inspecteurs de l’ONU étaient alors présents à Damas et disposaient des moyens d’enquête adéquats pour confondre immédiatement le régime ;
- les vidéos présentées ne prouvent rien, certaines sont même de grossières mises en scène ;
- enfin, le régime, qui reconquiert peu à peu les zones tenues par la rébellion, savait pertinemment que l’emploi d’armes chimiques était une « ligne rouge » à ne pas franchir, car cela déclencherait immédiatement une intervention militaire occidentale. Dès lors, pourquoi aurait-il pris un tel risque ?
Aucune preuve sérieuse n’a été présentée à l’appui de la « culpabilité » de l’armée syrienne. Au contraire, tout conduit à penser que ce sont les rebelles qui ont utilisé ces armes car, contrairement à ce qui est avancé par la note déclassifiée publiée par le gouvernement français, les capacités chimiques des terroristes sont avérées :
- en Irak (d’où proviennent une partie des djihadistes de la rébellion syrienne), les autorités ont démantelé début juin 2013 une cellule d’Al-Qaïda qui préparait des armes chimiques. Trois laboratoires ont été trouvés à Bagdad et dans ses environs avec des produits précurseurs et des modes opératoires de fabrication de gaz sarin et moutarde ;
- en Syrie, le Front Al-Nosra est suspecté d’avoir lancé des attaques au chlore en mars 2013 qui auraient causé la mort de 26 Syriens dont 16 militaires ;
- pour sa part, Al-Qaïda a procédé en 2007 à une douzaine d’attaques du même type à Bagdad et dans les provinces d’Anbar et de Diyala, ce qui a causé la mort de 32 Irakiens et en a blessé 600 autres. En 2002, des vidéos montrant des expérimentations d’armes chimiques sur des chiens ont été trouvées dans le camp de Darunta, près de la ville de Jalalabad, en Afghanistan.
Les errements de la politique étrangère française
À l’occasion de cet imbroglio politico-médiatique dans lequel ses intérêts stratégiques ne sont pas en jeu, le gouvernement français mène une politique incompréhensible pour nos concitoyens comme pour l’étranger. Depuis deux ans, la France, par le biais de ses services spéciaux, comme d’ailleurs les Américains, les Britanniques et les Turcs, entraîne les rebelles syriens et leur fournit une assistance logistique et technique, laissant l’Arabie Saoudite et le Qatar les approvisionner en armes et en munitions.
Ainsi, la situation syrienne place la France devant ses contradictions. Nous luttons contre les djihadistes au Mali, après les avoir aidés à prendre le pouvoir à Tripoli – en raison de l’intervention inconsidérée de l’OTAN en Libye, en 2011, dans laquelle Paris a joué un rôle clé – et continuons de les soutenir en Syrie, en dépit du bon sens. Certes, le régime de Bachar el-Assad n’est pas un modèle de démocratie et il servait clairement les intérêts de la minorité alaouite, mais il est infiniment plus « libéral » que les monarchies wahhabites : la Syrie est un Etat laïc où la liberté religieuse existe et où le statut de la femme est respecté.
De plus, il convient de rappeler que Damas a participé activement à la lutte contre Al-Qaïda depuis 2002. Pourtant, nous continuons d’être alliés à l’Arabie Saoudite et au Qatar, deux Etats parmi les plus réactionnaires du monde arabo-musulman, qui, après avoir engendré et appuyé Ben Laden, soutiennent les groupes salafistes partout dans le monde, y compris dans nos banlieues.
Certes, notre soutien aux agendas saoudien et qatari se nourrit sans nul doute de l’espoir de quelques contrats d’armement ou pétroliers, ou de prêts financiers pour résoudre une crise que nos gouvernants semblent incapables de juguler.
Une question mérite donc d’être posée : la France a-t-elle encore une politique étrangère ou fait-elle celle du Qatar, de l’Arabie Saoudite et des Etats-Unis ? Depuis la présidence de Nicolas Sarkozy, la France aligne ses positions internationales sur celles des Etats-Unis et a perdu, de ce fait, l’énorme capital de sympathie que la politique du général De Gaulle – non ingérence dans les affaires intérieures des Etats et défense du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes – lui avait constitué. Si les élections de mai 2012 ont amené un nouveau président, la politique étrangère n’a pas changé. En fait, nous observons depuis plusieurs années la conversion progressive d’une partie des élites françaises, de droite comme de gauche, aux thèses néoconservatrices américaines : supériorité de l’Occident, néocolonialisme, ordre moral, apologie de l’emploi de la force…
Surtout, un fait nouveau doit être mis en lumière : la tentative maladroite des plus hautes autorités de l’Etat de manipuler la production des services de renseignement afin d’influer sur l’opinion publique et de provoquer un vote favorable des parlementaires. Ce type de manœuvre avait été conduit par Washington et Londres afin de justifier l’invasion de l’Irak en 2003, avant d’être dénoncé. Onze ans plus tard, le gouvernement recourt au même artifice grossier et éculé pour justifier ses choix diplomatiques et militaires.
Compte tenu de la faiblesse des arguments présentés dans la note gouvernementale – qui n’est pas, rappelons-le, une note des services –, celle-ci ne sera d’aucune influence sur la presse et l’opinion. En revanche, par sa présentation, elle contribue à décrédibiliser le travail des services de renseignement, manipulés à leur insu dans cette affaire. Le mépris des politiques français à l’égard des services est connu.
Est-ce un hasard si cette affaire survient alors que l’actuel ministre des Affaires étrangères est celui-là même qui, en 1985, alors qu’il était chef du gouvernement, a fort élégamment « ouvert le parapluie », clamant son absence de responsabilité à l’occasion de l’affaire du Rainbow Warrior ?
Une chose au moins est sûre : une remise à plat de notre position à l’égard de la Syrie et de notre politique étrangère s’impose, car « Errare humanum est, perseverare diabolicum ».
Eric Denécé, Directeur du CF2R, 9/09/2013
http://www.polemia.com/intervention-en-syrie-la-recherche-dun-pretexte-a-tout-prix/ -
En économie aussi, le pays réel se réveille
C'est du moins ce que semble indiquer le site Infoguerre, qui relate d'intéressants épisodes de la dernière université d'été du MEDEF. Partant notamment du constat que
"La surreprésentation des fonctionnaires à l’Assemblée Nationale et l’empreinte de la technostructure dans les cabinets ministériels constituent un blocage majeur. La fonction publique est déconnectée de la mondialisation des échanges et vit dans un mode de perception hexagonal, coupé de la perception des enjeux économiques et surtout incapables de se projeter dans la définition des choix industriels à prendre pour sauver le positionnement à long terme de la France."
l'article salue notamment la prise de conscience de la nécessité "d'une autre vision pour gagner des marchés et créer des emplois." L'équipe d'infoguerre entrevoit donc, avec intérêt mais prudence des développements inédits:
"Une nouvelle génération de chefs d’entreprise serait-elle en train de comprendre qu’il faut changer de modèle ? Ce serait une très bonne nouvelle. En revanche, ni la haute administration, ni la classe politique ne sont prêts à un tel changement de posture mentale. Trop ancrés dans la préservation de leurs intérêts personnels et rétifs à toute forme de prise de risque, ces élites bureaucratiques se contentent de gérer les affaires courantes."
Au final est soulignée que
"la nécessité d’inventer des réponses hors du système est désormais une évidence. L’appareil est incapable de se réformer pour se mettre en ordre de marche afin de relever les défis des nouvelles puissances économiques et se mettre au service de l’intérêt collectif pour nous permettre d’affronter les économies de combat (...) que sont les Etats-Unis, la Chine, le Japon, l’Allemagne et qui ne dissocient pas la finalité de l’intérêt privé de l’intérêt national."
Ce réveil, qui touche d'abord les jeunes chefs d'entreprise, s'il n'est pas écrasé dans l'oeuf par les apparatchiks du système, peut et doit participer à la sortie de la France de sa léthargie, de son état de "dormition", évoquée dimanche dernier par Aymeric Chauprade sur Radio Courtoisie.
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Alain de Benoist, une aventure intellectuelle et le refus du christianisme
Au moment où la direction du Figaro et du Figaro-magazine change de visages avec la nomination des talentueux Alexis Brézet et Guillaume Roquette, remontons un peu le temps... à l’époque où Robert Hersant et Louis Pauwels donnaient une tribune à la Nouvelle Droite.
Le nom d’Alain de Benoist reste largement méconnu du grand public, même si l’intéressé fait ici ou là quelques apparitions à la télévision, notamment chez le non conformiste Frédéric Taddei. C’est vrai qu’il ne compte pas au nombre des intellectuels dits médiatiques. Et pourtant, à un certain moment, qui correspond approximativement au septennat de Valéry Giscard d’Estaing, il a bien failli devenir une figure phare de l’actualité, aux confins du monde de la pensée et de celui de la politique. On l’a complètement oublié aujourd’hui, mais l’équipe réunie autour d’Alain de Benoist, à l’enseigne de la nouvelle droite, avait réussi un coup d’éclat exceptionnel avec le lancement du Figaro-magazine, supplément hebdomadaire du quotidien, dont elle assumait la direction et la rédaction. C’était l’écrivain Louis Pauwels qui avait permis cette prise de pouvoir, grâce à ses liens privilégiés avec Robert Hersant, patron du groupe de presse qui avait conquis le journal où s’étaient illustrés notamment François Mauriac et Raymond Aron. Ces deux noms sont significatifs du déplacement idéologique qu’impliquait l’arrivée des nouveaux venus dans la vieille maison. Pauwels savait parfaitement ce qu’il faisait en intronisant la nouvelle droite dans le dernier fleuron de l’empire Hersant. C’était une idéologie en décalage total avec le libéralisme d’Aron et le christianisme de Mauriac qui allait s’imposer, dans le but de donner à la droite la justification qui la conforterait, en contrant ainsi le leadership culturel de la gauche. Le Figaro-magazine, ce devait être l’anti Nouvel Observateur.
A posteriori, on perçoit comment l’opération, même si elle était risquée, pouvait être tentée. Dans le climat de l’après-Mai 68, rien ne semblait pouvoir résister sur le terrain culturel à une gauche et à une ultra-gauche qui dominaient l’université, les médias et les réseaux du type « maisons de la culture ». Pourtant, à la suite de la fondation de la Ve République, la droite avait tenu les institutions politiques vingt-trois ans durant, mais le gaullisme n’avait pas su ou pu susciter le courant qui lui aurait permis d’influencer les esprits et de disposer des « intellectuels organiques » dont Antonio Gramsci avait établi qu’ils constituaient l’armature indispensable à une entreprise politique durable. Pauwels avait repéré ce groupe de jeunes gens qui entendait disputer à l’intelligentsia marxisante la maîtrise de l’espace de la pensée. Il était d’autant plus disposé à faciliter leurs entreprises qu’il se reconnaissait entièrement dans des positions qui tranchaient violemment avec les idées du moment. Ce qui distinguait particulièrement de Benoist et ses amis ? Trois motifs idéologiques principaux : l’élitisme nietzschéen, l’antichristianisme et le biologisme, c’est-à-dire la propension à rapporter toutes les caractéristiques humaines au patrimoine génétique. C’est en lisant les revues de la mouvance (Nouvelle École et Éléments), que Pauwels s’était initié à cette thématique, qui rejoignait ses propres aspirations. Ainsi, le projet de donner un maximum d’audience à cette nouvelle droite s’était-il formé dans sa tête.
Ce projet fut réalisé dans une première phase avec la création du Figaro-dimanche à l’automne 1977. L’essai étant concluant, un an plus tard une étape décisive était franchie avec le lancement d’un véritable magazine, qui allait connaître rapidement un succès assez considérable, au point de pousser les ventes du quotidien lui-même. « Au plus fort de son histoire, explique Alain de Benoist, il allait parvenir à 850 000 exemplaires, soit deux ou trois millions de lecteurs. » Le succès en revenait à une équipe de journalistes issue des rangs de la nouvelle droite, qui avait fait son apprentissage pour partie dans les publications de cette mouvance, et pour partie à l’hebdomadaire Valeurs Actuelles, où Robert Bourgine avait d’abord accueilli un grand nombre d’entre eux. Même s’il a récusé la rédaction en chef de l’hebdomadaire, Alain de Benoist est étroitement associé à son orientation. Il détermine avec Louis Pauwels les sujets à aborder par lui-même ou ses amis. Yves Christen tiendra alors une place de premier plan, en assumant le suivi des questions scientifiques, principalement en biologie. L’expérience durera deux ans. Elle sera, en effet, interrompue par une campagne de presse car entre temps une opposition s’est réveillée. La montée en puissance de gens qui, la veille encore, étaient inconnus, ne pouvait qu’attiser la curiosité sur l’idéologie mise en valeur par le Figaro-magazine. Une vaste controverse devait s’ensuivre.
Paradoxalement, à la suite de la publication de dossiers dans le Monde et dans le Nouvel Observateur, c’est un moment de promotion incroyable pour le chef de file et sa mouvance. Alain de Benoist raconte lui-même : « En l’espace de quelques semaines, plusieurs centaines d’articles furent consacrés à la nouvelle droite qui se trouva ainsi propulsée sous le feu des projecteurs. Après les articles, il y eut les livres, les émissions de radio et de télévision. Je donnais des interviews en rafale. L’une des interventions les plus mémorables consista dans les deux pleines pages parues dans France Soir sur le thème « Que faut-il penser de la nouvelle droite ? », un débat animé par Pierre Sainderichain auquel participèrent Laurent Fabius, Yvan Blot, Jean Lecanuet, Bernard Henri-Lévy, Claude Vincent et Jean-Edern Hallier. Fabius et Lecanuet ne connaissait strictement rien à la ND, ce qui ne les empêcha pas d’en discuter avec beaucoup d’assurance. Playboy me consacra son interview du mois. Je fus également pressé de questions par les télévisons française, belge, canadienne, allemande, suisse, norvégienne, japonaise, danoise, israélienne, mexicaine, brésilienne, libanaise etc. On me demandait si je comptais me présenter à l’élection présidentielle. C’était surréaliste. »
Cette citation est tirée d’un ouvrage d’entretiens avec François Bousquet où Alain de Benoist s’explique très largement sur sa propre histoire et son aventure intellectuelle. Il s’agit d’un document de synthèse particulièrement précieux, parce qu’il permet d’apprécier une trajectoire qui se situe dans l’évolution des idées contemporaines même si finalement elle n’a pas connu l’aboutissement espéré par ses concepteurs. Mais la nature de cet aboutissement apparaît bien problématique. J’en ai mieux pris conscience en lisant ce livre, où je suis d’ailleurs désigné à bon droit comme un des premiers adversaires de la nouvelle droite. En ces années où je la combattais, j’étais persuadé que l’équipe de Nouvelle École (c’était l’expression qu’avec mes compagnons de combat nous employions le plus généralement parce que c’est la revue qui concentrait les vraies orientations de la mouvance) avait déterminé très lucidement une stratégie de prise du pouvoir, de type gramscien. Les leaders de la nouvelle droite ne désiraient pas, me semblait-il, se mettre aux commandes de l’État. Ils entendaient donner une justification idéologique à la droite — dans le cas présent la droite giscardienne. Justification qui aurait orienté les choix régaliens. L’élitisme nietzschéen n’était-il pas de nature à apporter « un supplément d’âme » à la classe dirigeante, qu’elle appartienne à la technocratie d’État ou aux grandes affaires ?
J’avais subodoré — ce que confirme le livre d’entretiens — que bon nombre des thèses de Nouvelle école avaient été reprises dans un ouvrage de Michel Poniatowski, personnage clé du système giscardien. N’était-ce pas un indice d’entrisme politique ? Eh bien, je me trompais ! Alain de Benoist n’avait pas conçu de stratégie dans ce sens là. On peut même préciser que cela aurait été contraire à lui-même, non seulement parce qu’il n’avait aucune appétence pour le pouvoir, et même pour une vocation révolutionnaire de type léniniste, mais aussi parce que soldat de l’idée pure, il aurait dérogé à sa vocation en prenant des chemins qui l’auraient détourné de sa mission de chercheur. C’est sa part idéaliste, d’ailleurs à son honneur, qui l’a amené à persévérer dans sa voie propre qui est l’amour désintéressé de la spéculation.
Je lui dois au moins cet hommage après l’avoir combattu avec tant d’ardeur et de continuité. Mais en 1979, l’été de la nouvelle droite correspond à sa chute. Pour compléter le récit de cet échec, il faudrait se référer à un long article publié par Jean-Claude Valla, disparu il y a deux ans et qui fut le bras droit du chef de file. Il y explique minutieusement comment Louis Pauwels qui avait assuré la promotion de ses amis, fut amené progressivement à les désavouer, en les congédiant, fut-ce avec mauvaise conscience. Pour la droite au pouvoir, pour Robert Hersant, la nouvelle droite était devenue trop compromettante. Jean-Claude Valla apparaît bien plus blessé qu’Alain de Benoist par la fin de son Figaro-magazine où il avait été plus directement associé à Pauwels. Il est vrai aussi, qu’écartée du principal vecteur de son influence, l’équipe va perdre la visibilité qu’elle avait acquise de façon assez prodigieuse, ainsi que l’intérêt des milieux dirigeants. Le de Benoist de ces années Figaro intriguait bien des gens, notamment du côté patronal, où l’on était soucieux de découvrir des talents de défenseur du capital. Il y eut même un contact avec François Michelin, flanqué du père Marie-Dominique Philippe ! Fallait-il que l’un et l’autre soient ignorants de l’antichristianisme fondateur de Nouvelle École !
Alain de Benoist ne semble guère ressentir de nostalgie à la suite de cet échec : « Pour ma part, l’expérience du Figaro-magazine m’a surtout définitivement vacciné contre l’illusion consistant à croire qu’il est possible de réarmer intellectuellement une famille politique dont l’intérêt pour les idées tient à l’aise sur un confetti, surtout quand ces idées contredisent ses intérêts de classe. Pour le dire autrement, le Figaro-magazine était quand même l’organe de la bourgeoisie libérale, que je tiens aujourd’hui, non seulement comme irréformable et indéfendable, mais bel et bien comme l’ennemi principal. » Il y a tout lieu de considérer comme véridique cette déclaration. Car son aventure personnelle s’est poursuivie, sans plus de regrets de sa part, toute sa passion de chercheur boulimique se satisfaisant de sa quête du savoir et du sens des choses.
Ce volume de « Mémoire vive » m’a permis de percer, je crois, l’essentiel de l’énigme qu’Alain de Benoist a toujours représentée à mes yeux.Gérard Leclerc http://www.voxnr.com/cc/dt_autres/EFZluAkpkyPtaqSJak.shtml
Notes :
Réponse d'Alain de Benoist
19 juillet 2012
Cher Gérard Leclerc,
Je tiens à vous remercier de l’article consacré à Mémoire vive que vous avez publié dans La France catholique. C’est un article intellectuellement honnête, ce qui n’est pas courant de nos jours. Vous y allez à l’essentiel, en faisant apparaître ce qui nous oppose radicalement et ce qui pourrait éventuellement nous rapprocher. Encore merci.
Je regrette les conditions "polémiques" dans lesquelles nous nous sommes connus il y a plus de trente ans, d’abord parce que la polémique est toujours une perte de temps, ensuite parce qu’elle interdit tout débat. J’espère donc que nous aurons un jour prochain l’occasion de reprendre la discussion de vive voix. Ce serait l’occasion de lever un verre au souvenir de Gabriel Marcel !
Cordialement,
Alain de Benoistsource :
France Catholique n°3317 daté du 27 juillet 2012 :: lien
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Garde à vue et mise en examen d’un commerçant coupable de s’être défendu
Un homme qui venait de braquer mercredi matin une bijouterie avec un complice à Nice a été abattu au pistolet automatique par le propriétaire de la boutique, qui a été placé en garde à vue.
Le commerçant a fait feu à trois ou quatre reprises en direction des deux malfaiteurs devant sa boutique, alors que ceux-ci prenaient la fuite à scooter, touchant le passager arrière, selon les premiers éléments fournis par la police judiciaire de Nice, chargée de l'enquête.
Mortellement blessé, l'homme a chuté du scooter dans une rue perpendiculaire, à quelques dizaines de mètres de la bijouterie, au milieu des commerces alimentaires de ce quartier populaire du centre de Nice en train d'ouvrir leur devanture.
Le commerçant a été placé en garde à vue et mis en examen pour homicide volontaire. De son côté, le juge est fier de lui : il a fait arrêter un dangereux criminel !
Le braquage de la bijouterie "La Turquoise", déjà victime d'un vol à la disqueuse en 2012, a eu lieu à l'heure de l'ouverture, peu avant 09H00.
Sous la menace d'une arme de poing et d’un fusil, les malfrats ont demandé au bijoutier d'ouvrir son coffre avant de se faire remettre le butin, au montant encore indéterminé. Une partie des bijoux a été retrouvée "en possession de l'homme abattu", selon la même source.
Mercredi en fin de matinée, un périmètre de sécurité était toujours en place autour du quartier, alors que le second malfaiteur, qui a réussi à s'enfuir, était activement recherché.
http://www.francepresseinfos.com/2013/09/garde-vue-et-mise-en-examen-dun.html#more