Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

France et politique française - Page 4812

  • On a aboli l’esclavage, et bientôt, on abolira le mariage gay

    Fabien, porte-parole officiel des Hommen, déclare :

    "Le groupe s’est monté après le 24 mars, quand on a entendu Manuel Valls parler de casseurs et de débordements". "On a compris que malgré 1,4 million de personnes dans la rue, on n’aurait aucune réponse à part celle de la violence, que François Hollande n’en avait rien à faire de la démocratie". 

    Les Hommen revendiquent leur "totale indépendance". Une équipe de coordination s'occupe d'éplucher les profils internet des volontaires afin d'empêcher toute participation de personnes "marquées par un mouvement politique de gauche ou de droite, par La Manif pour tous, le Printemps français et autres veilleurs".

    "Nous nous battrons jusqu’à ce que la loi Taubira ne soit plus qu’un mauvais souvenir pour la France".

    "Ce n'est pas extrémiste mais réaliste". "Quand un gouvernement n’écoute pas son peuple, on glisse vers le totalitarisme, c’est comme ça qu’ont commencé l’URSS et l’Allemagne d’Hitler, dont je rappelle qu’elle était nationale socialiste". "On a aboli l’esclavage, on a aboli la peine de mort, et bientôt, on abolira le mariage gay, c’est ça la marche de l'histoire."

    http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • Plantez des socialistes, il poussera des impôts !

    par Aristide Leucaute* - Quand la gauche n’a plus d’idées, elle invente de nouveaux impôts ou augmente ceux qui existent déjà. Une année et quelques mois après son élection, François Hollande a clairement administré la preuve qu’il était un nain politique autiste et sans mains. La révolte gronde pourtant au sein de ses troupes.

    Réforme ou jacquerie fiscale ?

    Lors d’une conférence de presse tenue le 2 juillet dernier à l’Assemblée Nationale, un collectif réunissant des courants du Parti socialiste (Gauche durable, Gauche populaire, Maintenant la Gauche, Un Monde d’Avance) a exhorté le gouvernement à lancer une grande réforme fiscale comprenant notamment « la fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG en un grand impôt sur le revenu à la fois progressif, individualisé et prélevé à la source ». Ce même collectif rappelle l’engagement n°14 du programme présidentiel du locataire de l’Elysée qui promettait « une grande réforme permettant la fusion à terme de l’impôt sur le revenu et de la CSG dans le cadre d’un prélèvement simplifié sur le revenu (PSR) ». Pour faire bonne mesure, on citera également l’engagement n°16, aux termes duquel l’ancien président du Conseil général de Corrèze s’engageait, d’une part, à maintenir « toutes les ressources affectées à la politique familiale », d’autre part, à rendre « le quotient familial plus juste en baissant le plafond pour les ménages les plus aisés, ce qui concernera moins de 5% des foyers fiscaux ». On voit ce qu’il en est aujourd’hui et ce qu’il en sera vraisemblablement demain. Le « grand soir » fiscal, s’il doit avoir lieu durant le présent quinquennat, ne prendra nullement la direction d’une réforme plus qu’impérieuse, mais attisera les braises d’une jacquerie populaire, tant il est vrai que si le pays est riche, l’Etat, comme en 1788, est pauvre. Mais la France, à la veille de la Révolution, souffrait d’un système fiscal structurellement défaillant ne permettant pas d’alimenter régulièrement et de façon optimale le Trésor public. Celle de 2013, en revanche, ne peut prétendre à semblable argumentaire en défense, son système fiscal étant aussi extraordinairement élaboré qu’il est excessivement complexe.

    Contexte monétaire de la fiscalité

    Dans sa salutaire chronique, « Relire Maurras » (AF 2000, n°2866), Louis de Galice exhume opportunément un article du Martégal paru dans L’Action Française du 17 décembre 1925, dans lequel celui-ci écrivait que « dès que l’influence socialiste s’accroît, la confiance, mère du crédit décroît (…) Le socialisme fiscal rend [la] prospérité impossible. Il ne conduit qu’à l’étatisme. Et l’étatisme c’est la mort ». Depuis la fin du XIXe siècle, l’Etat n’a cessé d’enfler, à l’instar de la grenouille qui se voulait plus grosse que le bœuf de Lafontaine. [...]

    La suite dans L’AF n° 2867

    * Aristide Leucate est rédacteur à L’AF, spécialiste des questions politiques et sociales

    http://www.actionfrancaise.net

  • Taubira, la récidiviste ?

    Le duo police-justice est un des airs les plus connus de la cinquième République : le ministre de l’Intérieur fronce le sourcil, veut terroriser les terroristes, s’en prendre aux sauvageons et à la racaille, les traiter au Kärcher, tandis que celui de la Justice brandit la hiérarchie des normes au sommet de laquelle la déclaration garantit l’État de Droit.

    À l’époque où Sarkozy était ministre, le ténor de la place Beauvau l’emportait. Quelque soit sa volonté de ressembler à son prédécesseur, Manuel Valls qui a dû reconnaître la montée de la délinquance, notamment pour les cambriolages et les vols, s’en tient à la répétition impuissante du mot « inacceptable ». Voilà toute sa réponse lorsque plusieurs centaines d’habitants d’un quartier prétendent contester le contrôle d’identité parfaitement légal d’une femme en niqab et justifier la violence du mari à l’encontre des représentants de l’ordre. À Trappes, comme ailleurs, la République n’est désormais plus partout chez elle. Et c’est dans ce climat que la terrible Christiane Taubira concocte une loi laxiste pour éviter la prison, école de la récidive à ces chers délinquants, victimes de l’injustice sociale, qui ont déjà peu l’habitude d’y aller avant un certain nombre de récidives, justement. Dans le duo, elle a depuis longtemps pris le pas sur son partenaire pour imposer l’idéologie au pragmatisme. [...]

    Christian Vanneste - La suite sur NdF

    http://www.actionfrancaise.net

  • Refuser l’euro-balkanisation des nations d’Europe

    Depuis plusieurs années, le PRCF, son journal Initiative communiste et sa revue théorique Etincelles, mettent en garde les communistes, les syndicalistes, les patriotes républicains, les véritables internationalistes, contre l’existence et la mise en œuvre méthodique d’un plan européen de l’oligarchie capitaliste visant à asservir et/ou à démanteler les États historiquement constitués, qu’ils soient déjà membres de l’UE ou qu’ils demandent à y adhérer.
    Le but de ce plan, dont l’application subit aujourd’hui une sensible accélération, est de constituer un Empire européen du grand capital. Centré sur Berlin (avant-poste : Bruxelles) et largement téléguidé par Washington au moyen de l’OTAN et du FMI, cet Empire dont le nom de code est « Europe fédérale », aurait pour mission d’araser les ultimes obstacles nationaux qui freinent encore la concentration monopoliste et la chasse au profit maximal sur le sous-continent européen.
    Bien que l’Axe Washington-Berlin soit le vrai pivot de cette manœuvre giga-impérialiste, la grande bourgeoisie « française » est totalement complice de ce suicide organisé des nations d’Europe, à commencer par celui de la nation française – laquelle fut pourtant à la base du « mouvement des nationalités » qui défia les Empires féodaux dans la foulée de la Révolution française et du Printemps des peuples de 1848.
    Nous avons souvent signalé au PRCF le Manifeste patronal typiquement impérialiste et antinational publié par Laurence Parisot et intitulé Besoin d’aire : le MEDEF y exige cyniquement de « nouveaux transferts de souveraineté », la « reconfiguration des territoires » (en fait, la länderisation à l’allemande – ou mieux, l’hol/länderisation – de l’ex- « République française une et indivisible ») et bien entendu, les « États-Unis d’Europe » nommément désignés comme sa « nouvelle patrie » par l’organisation patronale. C’est d’ailleurs ensemble que le 8 octobre 2012 les représentants qualifiés des grandes entreprises allemandes, françaises et italiennes ont fixé la feuille de route institutionnelle de leurs gouvernements respectifs : les vrais maîtres de l’Union européenne y exigent un « bond en avant » vers une « intégration européenne plus poussée » qui déboucherait sur un « nouveau traité » (sous-entendu : constituant) apportant une « Union politique et économique plus étroite » : en clair, les grands patrons d’Allemagne, d’Italie et de France exigent un État fédéral européen dans lequel les États européens forgés par l’histoire – qu’il s’agisse d’États-nations comme la France ou l’Italie, ou d’États plurinationaux comme l’Espagne ou la Belgique – ne seraient plus que des euro-provinces destituées de toute souveraineté politique [2]…
    Il s’agit là clairement d’un projet doublement impérialiste puisque,
    - dans le cadre des limites de l’UE émerge clairement un nouvel Empire – nommément appelé de ses vœux par D. Strauss-Kahn, quand ce glauque personnage participait encore à la course pour l’Élysée ;
    - à l’extérieur des limites de l’UE, les oligarchies européennes travaillent à mettre en place une « Union transatlantique » (figurée en bleu à la Une de Besoin d’aire) fusionnant peu à peu l’UE et l’Amérique du nord avec de claires projections hégémoniques ciblant la Russie, le Proche-Orient, la Chine, la Méditerranée et l’Afrique. En plein cœur de la crise de l’euro, les représentants du CAC 40 « français » et de son équivalent « allemand » avaient d’ailleurs publié un communiqué commun sommant les gouvernements de l’UE d’avancer à marche forcée vers « l’Europe fédérale », quitte à balayer les réticences populaires que venaient d’étayer une série de « non » retentissants lors des référendums français et néerlandais sur la Constitution européenne…
    On sait par ailleurs que le cœur de ce projet typiquement impérial serait la mise en place d’une « Françallemagne », voire d’une nouvelle « Carolingie [3] » unissant l’Allemagne et son arrière-cour (Autriche, pays de l’embouchure du Rhin) aux zones « utiles » (pour la production de profit !) à la France et à l’Italie du nord.
    A l’arrière-plan de ce projet féodal-capitaliste, il y a la contre-révolution capitaliste qui, sur la base de l’Europe occidentale intégrée à l’OTAN et dans le cadre de la seconde guerre froide antisoviétique (1975/1991), a permis la restauration capitaliste en Europe de l’Est et l’annexion de la RDA à la RFA capitaliste. Dopée par la « réunification », l’Allemagne capitaliste s’est notablement renforcée économiquement, démographiquement et géopolitiquement. « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » : la « réunification » allemande a permis la satellisation par la RFA [4] et les USA des Pays baltes ex-soviétiques, la semi-recolonisation de la Pologne et la partition-satellisation de l’ex-Tchécoslovaquie et de l’ex-Yougoslavie (une partie de cette dernière basculant carrément dans la zone mark !) ; le démantèlement ethnique de la République socialiste fédérative de Yougoslavie, qui fut déclenchée par la reconnaissance unilatérale de la Croatie par Helmut Kohl et par le Vatican, fait d’ailleurs figure de banc d’essai de la balkanisation en cours de notre sous-continent…
    L’Oncle Sam et l’Allemagne fédérale sont ainsi les grands vainqueurs de la seconde guerre froide qui vit l’implosion sous influence de l’URSS et du camp socialiste ; une implosion applaudie par tous les partis euro-« communistes » et par toute la « gauche » petite-bourgeoise comme un grand « bouleversement démocratique » (!), alors que toute la partie orientale de l’Europe était livrée à la chasse aux sorcières, au négationnisme anticommuniste et antisoviétique, ainsi qu’à la réhabilitation rampante du fascisme et de l’intégrisme religieux !
    La mise en œuvre de ce plan féodal-capitaliste subit actuellement une brutale accélération du fait de la crise récurrente de l’euro et de la réponse austéritaire et supranationaliste qui lui est donnée, non seulement par l’oligarchie financière, mais par les forces politiques interpénétrées du Parti Maastrichtien Unique (le PMU bis, composé de la droite libérale, de la « Démocratie » chrétienne et du PS Européen) : le « saut fédéral européen » commande de détruire les États constitués à la fois par le haut (« Europe fédérale » centrée sur Bruxelles et Francfort – en réalité sur Berlin et Washington – provisoirement unis ? -) et par le bas (les euro-régions, les métropoles européennes, les euro-régions transfrontalières).
    Notons enfin qu’il est faux, du point de vue des rapports de forces réellement existants, de mettre un trait d’égalité entre les rôles respectifs de l’impérialisme allemand et de l’impérialisme français dans la marche vers l’Europe fédérale. Non pas que les usuriers rapaces de l’impérialisme français méritent la moindre indulgence de la part des progressistes de notre pays [5], mais parce que les rapports de forces géopolitiques résultant de l’implosion contre-révolutionnaire du camp socialiste et de la re-mondialisation du système capitaliste ont « remis en circuit » et fortement relancé les ambitions continentales et planétaires de l’impérialisme allemand ; à l’inverse, la politique néo-gaullienne de l’oligarchie française a été déstabilisée par la disparition de l’URSS, par l’annexion de la RDA, par le recul géopolitique de la Russie et par l’hégémonie planétaire du complexe militaro-industriel états-unien. L’Oncle Sam est désormais délesté du contrepoids politico-militaire de l’URSS (désormais Washington détient 80% de l’arsenal mondial des armes de guerre !) ; celle-ci contenait en effet l’hégémonisme états-unien depuis 1945 en favorisant l’émergence mondiale du Mouvement de Libération national et du Mouvement des non-alignés.
    Le gaullisme classique s’est en effet historiquement construit sur un subtil jeu d’équilibre géopolitique entre les deux « superpuissances » (sic) américaine et soviétique. Tout en restant solidement arrimé au camp occidental, De Gaulle [6] s’employait, en effet, à faire valoir la « grandeur » française contre les USA en flirtant avec l’URSS et avec la Chine populaire [7]. Cette forme subtile de bonapartisme international [8] qu’était la politique internationale gaulliste est devenue plus difficile à tenir depuis que les États-Unis et l’OTAN ont pris barre sur toute l’Europe de l’Est et que l’Allemagne capitaliste [9], décomplexée par la mythique « révolution démocratique en RDA », s’est remise à exporter ses troupes d’occupation et/ou ses ventes d’armes, de l’Afrique à la Syrie en passant par les Balkans et par l’Afghanistan. Aujourd’hui, l’armée française – dont la langue de travail officielle est devenue l’anglais ! – s’est muée en une pure force de projection impérialiste sur des théâtres lointains [10] et elle se désintéresse, de fait, de la protection directe du territoire national. Symboliquement, un régiment allemand campe d’ailleurs à deux pas du Struthof de brunâtre mémoire. Militairement, la force de frappe française est sur la table des négociations inter-impérialistes [11], comme l’est implicitement le siège dont dispose historiquement la France au Conseil de sécurité de l’ONU [12] et les enragés de l’effacement euro-atlantique de notre pays pressent les autorités d’abandonner à l’Union européenne ces deux « exceptions françaises » scandaleuses...
    Et surtout, la dissymétrie est flagrante entre les positions respectives de la France et de l’Allemagne à l’égard du fait supranational européen. Alors que le Conseil constitutionnel « français » a piteusement proclamé la suprématie des directives européennes et des traités supranationaux sur les lois nationales et sur la constitution française – au point que très officiellement les « Sages » ne vérifient plus que les misérables 20% de lois « nationales » qui ne sont pas des transpositions des directives bruxelloises – la Cour constitutionnelle allemande de Karlsruhe a plusieurs fois proclamé, sans que cela émeuve les autorités françaises, la subordination des décisions et des traités européens aux délibérations du Bundestag. Il en va de même en Grande-Bretagne, où l’obéissance aux directives européennes reste tout-à-fait conditionnelle, où les dérogations aux Traités européens sont systématiques et où l’allégeance directe à Washington interdit structurellement toute « indépendance » de l’UE à l’égard du tuteur états-unien où le drapeau de l’UE est totalement ignoré. Même le récent TSCG n’a été accepté par Karlsruhe – la ville où repose le corps de Charlemagne, premier Empereur allemand d’Occident et précurseur du Saint-Empire romain germanique – que du bout des lèvres et avec certaines réserves – alors que ce bon Monsieur Hollande a très « normalement » accepté, sans réserve, ce traité inégal (RFA créditrice, France débitrice, qui décidera du sens de rotation de l’« Axe franco-allemand » ?) qui anéantit à la fois notre souveraineté budgétaire et la possibilité pour notre pays de nationaliser son industrie, de se réindustrialiser et de mener une politique intérieure progressiste…
    Bref, la construction supranationale s’opère très officiellement à deux vitesses, y compris au cœur de ce qu’il est convenu d’appeler l’Axe franco-allemand. Car tout en parlant d’Europe fédérale et en réclamant pour autrui un strict cadrage supranational des décisions budgétaires (fédéralisme), l’Allemagne capitaliste dispose unilatéralement d’un droit de veto en Europe, à l’égal de la Grande-Bretagne, ce cheval de Troie européen des États-Unis… Ce n’est pas là une « opinion », c’est un fait juridique des plus constants. Alors pourquoi diantre tout l’arc politique français, du FN aux euro-trotskistes en passant par un certain nombre de « marxistes-léninistes » d’apparat, fait-il pudiquement silence sur cette asymétrie délétère, qui dénote clairement le caractère inégal, foncièrement germano-américain de la « construction » fédérale européenne [13] ? Pourquoi diable ceux qui pointent le fait patent de cette inégalité, sont-ils taxés de « germanophobie », alors qu’ils se contentent de refuser l’inégalité entre les peuples en tant qu’elle signifie forcément l’inégalité entre les gens [14] ? Pourquoi d’ailleurs serait-il « germanophobe » de dénoncer l’arrogant hégémonisme de l’impérialisme allemand, qui a « dikté » sa loi durant toute la crise de l’euro aux peuples grec, italien, irlandais, espagnol et portugais qualifiés de « PIGS », et qui la prescrit aussi désormais au peuple français par commissaires européens interposés, surveillant le débat budgétaire français jusque dans les travées de l’Assemblée « nationale » ? Rappelons aussi que les fondateurs du PRCF – parmi lesquels figure l’auteur de ces lignes – ont toujours été parmi les plus actifs militants de la solidarité internationale franco-allemande au bénéfice des communistes de l’ex-RDA persécutés pour délit d’opinion par les « réunificateurs » [15]. Pourquoi ne pas voir qu’il y a deux Allemagne(s), l’Allemagne progressiste héritière de Kant, Heine, Marx, C. Zetkin, Brecht… et l’Allemagne impérialiste qui ne cache même plus [16] sa volonté politique d’atteindre par d’autres moyens – pour l’instant, ceux de la domination économique, du chantage financier et de l’euro-bidouillage institutionnel – les sinistres objectifs continentaux de domination qui furent ceux des trois premiers « Reich » ?
    Pour compléter cette étude de l’hégémonisme allemand, il faudrait bien entendu étudier les différentiels économiques écrasants entre les balances commerciales allemandes et françaises, l’inégalité encore plus marquée (ou « markée » ?) des deux économies dans le domaine industriel – la base réelle de toute puissance politique durable – et surtout, il faudrait analyser de près la farce du libre-échangisme européen et mondial, telle que nous la vend la « Troïka » et ses innombrables zélateurs médiatiques. Nous avançons en effet l’idée que la zone euro, en réalité, la zone euro-mark, est d’abord une zone crypto-protectionniste germano-yankee. Globalement, cette zone monétaire permet en effet aux États-Unis de continuer à écouler leur dollar – monnaie mondiale de référence (essentiellement gagée sur la puissance de l’US Army) – tout en surfant sur le dollar faible pour dynamiser leurs exportations ; parallèlement, l’euro fort permet d’imposer aux pays européens du sud – interdits de « dévaluation compétitive » puisqu’ils ont abandonné leur arme monétaire nationale – les exportations industrielles allemandes libellées en euro fort, ce clone du mark. Libre-échange de l’Empire anglo-saxon vers l’UE et de la RFA vers l’Europe du sud donc, mais protectionnisme caché de la RFA à l’encontre des exportations de l’Europe méridionale : la voilà la réalité de ce libre-échange inégal qu’est en réalité la zone euro, cette sous-continentalisation de la zone mark qui, à l’arrivée, gave l’Europe du sud des produits allemands et américains, tout en interdisant aux « PIGS » d’exporter largement vers l’Allemagne et l’Amérique…
    En réalité, dans une telle épure, l’Europe du sud est vouée à la tiers-mondisation et à la sous-industrialisation à perpétuité : que la Grèce, l’Espagne, l’Italie, la Costa Brava se contentent donc à l’avenir de vendre du tourisme et de l’immobilier, voire de céder quelques îles méditerranéennes au Minotaure berlinois quand la balance commerciale hellène, espagnole ou italienne redeviendra à nouveau par trop déficitaire ! De plus ces pays connaissent, de nouveau, une vague d’émigration qui les prive de forces vives, en attendant de former, pour ceux qui restent, une main d’œuvre sous payée, comme le chantage de Renault en Espagne le montre bien.
    Quant à la France bourgeoise, elle a scellé son sort industriel quelques décennies plus tôt ; c’est en effet au sortir des grèves de masse à répétition qui eurent lieu en France dans les années 1968/1974, que le « libéral » français V. Giscard d’Estaing et que le social-démocrate allemand Helmut Schmidt se sont partagé les « créneaux » dans la chaotique division capitaliste internationale du travail : effrayée par la puissance socio-politique de la trop frondeuse classe ouvrière française, alors très influencée par le PCF et la CGT (qui étaient sortis renforcés des combats de la Résistance) – l’oligarchie « française » a fait une croix sur sa grande industrie, notamment sur la machine-outil, cette mère de tout développement usinier, qui formait le noyau dur de la grande usine combative de Renault-Billancourt (cerveau et poumon de la grève de masse de mai 1968) ; l’oligarchie monopoliste « française » s’est délibérément spécialisée dans la banque – en réalité dans le prêt usuraire international – dans le transport transeuropéen (autoroutes, TGV, aéroports), dans l’industrie d’armement (avec ses retombées aéronautiques et énergétiques) ainsi que dans le tourisme, pendant que la RFA – où le prolétariat était alors moins remuant [17] – mettait le paquet sur l’industrie et sur la recherche-développement, ces sources durables de la puissance… A l’inverse, de gouvernement de droite en gouvernement de « gauche », c’est à qui, en France, aura le plus sabré les Charbonnages de France, la sidérurgie lorraine, le textile du nord, l’électronique, les Chantiers navals, et maintenant la production automobile et équipementière, sans parler de ces deux autres secteurs productifs méthodiquement démantelés que furent la pêche artisanale et l’agriculture familiale où, là aussi, l’influence « rouge » était loin d’être négligeable, des vignerons de l’Hérault aux pêcheurs du Guilvinec…
    Tout en poussant les feux de la Nouvelle-Carolingie (belle « modernité » en vérité !), le « saut fédéraliste » actuel se complète désormais d’une « reconfiguration » à marche forcée des territoires et des rapports de forces inter – faut-il encore dire « intra » ? – nationaux dans les pays extérieurs au Saint-Empire germano-romain en voie de reconstitution. Tout le monde garde en mémoire la manière dont les gouvernements en place en Grèce, au Portugal ou en Italie ont été grossièrement congédiés par la « Troïka ». Sans qu’il soit question une seconde d’idéaliser les reptiles politiques que furent et que restent les Papandréou (Grèce, PS), Socrates (Portugal, PS) et autre Berlusconi (Italie, droite dure), en quoi les actuels gouvernants de ces pays, proconsuls zélés de l’UE et exécutants même pas dissimulés de l’hyper-banque américaine Goldman Sachs (on pense en particulier à Mario Monti, qui appartint à son directoire) sont-ils encore des gouvernements grec, portugais ou italien ? Il s’est agi là, dans des formes manifestement « post-démocratiques », d’un coup d’État européen quasi-permanent [18] ; seuls les aveugles volontaires n’auront pas saisi que la seule valeur absolue servie par l’UE n’était pas la « démocratie », mais le sauvetage à tout prix de la monnaie unique !
    Et surtout, l’euro-balkanisation sous influence impériale des États historiquement constitués d’Europe subit actuellement un coup d’accélérateur brutal et généralisé.
    La Belgique poursuit un processus d’« évaporation » rapide – que nous avions annoncé parmi les premiers dans un article alors paru dans L’Humanité – sous la pression de la droite patronale dure (la NVA, flanquée du fascisant Vlaams Belang) ; et le gouvernement fédéral belge présidé par le « socialiste francophone » E. Di Rupo est plus empressé à renier la Francophonie internationale qu’à défendre l’intérêt national belge ou qu’à protéger les droits grossièrement bafoués des francophones vivant dans la partie nord du pays. Qui peut croire une seconde que la grande bourgeoisie portuaire d’Anvers puisse pousser les feux de l’indépendance flamande (formelle ou seulement… réelle !) sans avoir reçu l’aval, pour ne pas dire plus, du grand voisin allemand dont Anvers constitue un important débouché maritime à proximité de l’axe rhénan ?
    Provisoirement en recul en raison des démêlés judiciaires de son chef de file, l’extrémiste de droite Umberto Bossi, la Lega del Norte continue de caresser l’espoir d’une indépendance – ou d’une autonomie quasi-totale de la « Padania » – c’est-à-dire du Nord de l’Italie désireux de divorcer d’avec le Mezzogiorno pauvre. Berlusconi vient d’ailleurs de signer avec Bossi un accord électoral qui, de l’aveu même du journal Le Monde [19] peut mener à l’éclatement de l’Italie avec des conséquences imprévisibles. Est-il si difficile pour des marxistes de démêler la signification de classe de ce nationalisme-là qui, de la Slovénie à la Tchéquie, de la Flandre belge à l’Alsace, de la « Padanie » milanaise à la Catalogne, du (relativement) riche Pays basque à l’Ecosse pétrolière, est toujours un nationalisme des régions riches visant à se délester des régions pauvres (de la Yougoslavie, de la Tchécoslovaquie, de la Belgique, de la France, de l’Italie, du Royaume-« uni », etc.) de manière à réduire obsessionnellement l’impôt dû par les privilégiés au titre de la « solidarité nationale » ?
    C’est l’Espagne qui est présentement sur le trajet direct du « front cyclonique » de l’euro- balkanisation. Confronté à d’intenses luttes de classe (mineurs asturiens, personnels de la santé et de l’Education, pompiers, etc.), les composantes castillane, catalane et basque de la grande bourgeoisie espagnoles jouent une étrange… partition – c’est le cas de le dire : pour reporter sur « Madrid » la responsabilité de la méga-austérité infligée aux habitants de la Catalogne, et pour obtenir la mise en place d’une « union sacrée » euro-austéritaire entre la droite indépendantiste d’A. Mas et la Gauche républicaine catalane (ERC), les autorités de Barcelone prévoient un référendum sur l’indépendance (ou sur l’autodétermination, les contenus restent encore flous) en 2014, si possible au moment même où sera convoqué… le référendum sur la séparation de l’Ecosse et de l’Angleterre auquel D. Cameron vient de donner son feu vert. Comme on le voit, les « coïncidences » dans la désarticulation des Etats constitués relèvent d’une planification mal dissimulée à l’échelle du continent, même s’il est vrai que certaines forces s’inquiètent ici et là d’un processus qui pourrait échapper aux apprentis-sorciers. Néanmoins le cap reste fixé principalement par les « dé-nationaliseurs » et, sous couvert d’aider les « minorités opprimées », un slogan fait le tour du Vieux Continent : « euro-sécessionnistes de toute l’Europe, épaulons-nous » !
    Croyant ainsi avoir éradiqué la lutte armée de l’ETA (laquelle se référait au socialisme), la bourgeoisie basque s’apprête à imiter son homologue barcelonaise… et à dire elle aussi bye-bye à « Madrid ». Certains ultra-catalanistes réclament même déjà le « rattachement » de la « Catalogne-Nord », en clair des Pyrénées-Orientales françaises, de même que nombre d’indépendantistes basques du « Pays basque sud » rêvent d’annexer au futur Euzkadi indépendant la partie « basque » des Pyrénées-Atlantiques : bref, si les choses continuent, « il n’y aura plus de Pyrénées » : à l’avantage des travailleurs ou au bénéfice des capitalistes avides de « reconfigurer les territoires » tout en divisant les populations ?
    Bien entendu, la grande bourgeoisie madrilène – dans laquelle abondent les nostalgiques du franquisme – pousse des cris d’orfraie ; mais est-elle si fâchée que cela de se poser en championne de l’unité espagnole menacée par les sécessions ? Diviser les travailleurs d’Espagne sur une base linguistique pour pouvoir mieux imposer l’ultra-austérité du fascisant gouvernement Rajoy et des gouvernements provinciaux, tous plus austéritaires les uns que les autres, n’est-ce pas une tactique gagnante pour un patronat espagnol qu’a fait récemment trembler la Marche noire qui vit des milliers de mineurs asturiens envahir Madrid en ravivant les craintes patronales mal éteintes d’une insurrection prolétarienne (et républicaine !)
    Bien entendu, les marxistes ne peuvent ignorer que la problématique « décentralisatrice » - en réalité dé-nationalisatrice – ne se pose pas du tout sous les mêmes auspices de part et d’autre des Pyrénées. En Espagne, la centralisation et l’uniformisation linguistique drastique mise en place par le fasciste Franco portait un caractère entièrement réactionnaire et l’on sait que nombre d’autonomistes basques et catalans se sont vaillamment battus du côté républicain (chacun garde en mémoire le Guernica de Picasso). En France au contraire, le processus centralisateur, entrepris dès le 10ème siècle par la Royauté capétienne, était globalement progressiste ; il était porté par l’alliance historique qui a longtemps lié la monarchie capétienne à la bourgeoisie « communaliste » et il visait principalement à limiter le pouvoir régressif des grands feudataires, souvent tentés de s’allier à l’étranger pour brider la monarchie francilienne et agrandir leur propre duché. Appuyée par les Sans-Culotte, la République jacobine de Robespierre a repris l’œuvre centralisatrice entreprise par la monarchie sur de tout autres bases sociales : le but, éminemment progressiste, était d’offrir à tous l’égalité devant la loi, alors que la grande bourgeoisie « girondine » – celle-là même qui mettra en place par la suite le Consulat et l’Empire – eût préféré « fédéraliser » la jeune République pour diviser un peuple français, marginaliser les Sans-culotte parisiens et ancrer localement le pouvoir des notables bourgeois. Notons que cette centralisation républicaine-révolutionnaire s’est avérée parfaitement compatible en son principe avec la dévolution de pouvoirs étendus aux communes, et qu’il est abusif de parler avec dédain de « centralisation jacobine » à propos des mesures ultra-autoritaires mises en place par Napoléon pour stabiliser sa dictature thermidorienne[20].
    Bien entendu, il faut considérer avec faveur tout ce que porte de justes revendications à la dignité nationale, l’aspiration légitime des peuples à préserver leur langue historique, voire, dans le cas espagnol, à constituer un Etat confédéral démocratique et multinational (comme le propose par ex. le PC des Peuples d’Espagne). Mais le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, que Lénine n’a pas moins invoqué que Bolivar, Marti ou Garibaldi – doit toujours s’interpréter dans un contexte de classe global et international. Si complémentaires qu’ils soient dans leur concept, l’articulation du patriotisme et de l’internationalisme [21] doit se lire à notre époque dans le contexte géopolitique ultraréactionnaire et impérialiste de la mise en place de l’Union transatlantique, du saut fédéral européen et de l’ « évaporation » [22]-balkanisation des nations d’Europe dont nous venons de montrer à quel point il est déterminant : si paradoxal que ce soit, alors que le mouvement des nationalités du 19ème siècle était autogène et tourné contre les Empires féodaux (russe et autrichien notamment), les mouvements sécessionnistes actuels sont déterminés, voire pilotés et cadrés de manière exogène, et à partir du projet ouvertement impérial d’Europe fédérale, d’Union transatlantique, d’Europe des régions… et d’austérité tous azimuts contre les acquis sociaux.
    On pourrait certes imaginer que la possible sécession de l’Ecosse en 2014, peut-être suivie d’un référendum sur l’indépendance du Pays de Galles, peut présenter un caractère partiellement progressiste : après tout, ces peuples celtiques ont été niés par l’Angleterre qui n’a eu de cesse d’arracher leur langue et de noircir leurs héros nationaux, comme le « ténébreux » Macbeth. Après tout, l’émergence d’un « Royaume désuni » au nord du continent pourrait être une bonne nouvelle pour tous ceux qui veulent combattre le tout-anglais mondial, réunifier l’Irlande sur des bases républicaines, réhabiliter le gaélique et revitaliser la noble culture celte ! Il n’est jamais exclu, comme l’a montré Lénine dans son analyse de la Première Guerre mondiale, que des éléments politiques minoritairement progressistes soient enchâssés dans des processus globalement réactionnaires (et vice-versa, d’ailleurs !). Mais là encore, les internationalistes doivent d’abord analyser les dynamiques politiques à l’échelle globale en cherchant leur signification de classe principale ; car, comme l’enseigne la science linguistique, un « joli mot » isolé n’a jamais de sens qu’en fonction du contexte global de la phrase dans laquelle il est placé…
    D’abord, le tout-anglais est bien moins porté par le Royaume-Uni comme tel que par les États-Unis d’Amérique (il s’agit en réalité d’un tout-américain) et par leurs vassaux des pays européens eux-mêmes, qui se moquent bien de Shakespeare et qui veulent surtout disposer d’une novlangue unique pour « fluidifier » le futur marché unique mondial, d’un code linguistique idéologiquement aseptisé permettant de dominer les esprits et d’une « langue de classe » permettant à la nouvelle oligarchie euro-mondialisée de se distinguer du bas peuple. A l’heure où j’écris ces lignes j’ai sous les yeux le projet de « jeunes décideurs » européens qui proposent carrément que l’anglais devienne la seconde langue officielle (en réalité, la première !) de chacune des « nations » d’Europe… En réalité, les « sécessions » prévues à la chaîne pour 2013/2015 s’effectueront dans une UE qui est en passe d’adopter officiellement le tout-anglais comme la seule langue véhiculaire de l’Union, laquelle se conçoit elle-même comme le pilier européen de l’Union transatlantique centrée sur Washington : dans ce contexte, la défense du gaélique, du catalan ou du corse risque fort d’être un pur prétexte ! Il serait très risqué de parier qu’une future Écosse indépendante, fût-elle sympathiquement dirigée par des travaillistes formellement anti-thatchériens, imposera réellement le gaélique dans les échanges commerciaux et les entreprises pétrolières...
    Enfin et surtout, répétons-le, en Écosse, comme en Catalogne, au Pays basque comme en « Padanie », en Flandre comme en Savoie ou dans le riche « Comté de Nice » (où l’oligarchie semi-mafieuse garde en réserve la carte indépendantiste actuellement marginale), ce sont toujours les riches qui veulent « claquer la porte, ce sont toujours les gavés et les repus qui refusent de payer l’impôt pour les « assistés » des régions prolétariennes et paysannes qu’ils ont précédemment exploitées jusqu’à la corde (régions désindustrialisées d’Angleterre, Nord-Pas-de-Calais, Andalousie, etc.). Et toujours, ces bourgeoisies séparatistes veulent sortir des États nationaux ou multinationaux historiquement constitués, non pas pour sortir de l’UE réactionnaire, mais pour s’ériger en « régions d’Europe » (c’est le thème du référendum prévu en Alsace pour février 2013). Quant aux « républicains » bourgeois catalans, ils viennent clairement, en échange du référendum sur l’autodétermination, d’accepter une série de hausses d’impôts que mettra en application le gouvernement de droite d’Artur Mas. Qu’auront à gagner à cette union sacrée entre la droite patronale et la « gauche » indépendantiste les travailleurs catalans et castillans de Barcelone, sinon des divisions supplémentaires et des difficultés plus grandes encore pour s’unir à leurs frères de classe du reste de l’Espagne pour combattre la misère, l’injustice et les inégalités galopantes ?
    L’ultime signification de classe de cette évaporation-balkanisation organisée des nations est bien, en résumé, que les euro-régions riches – y compris le futur « domaine royal » francilien que le ternissime « socialiste » Huchon 1er désire proclamer à… Paris [23] – veulent se délester du « boulet » que constituent, dans la conquête de « nouvelles aires », les régions pauvres de leur État-nation d’origine, pour jouer EN SOLO, ou en association avec d’autres régions riches, leur carte égoïste dans la chasse euro-mondialisée au profit maximal. Peut-on concevoir projet de classe plus égoïste, plus rétrograde, moins patriotique, moins internationaliste, moins humaniste et solidaire, plus impérialiste en un mot ?
    En 1914, Lénine concédait volontiers que la lutte nationale du peuple serbe, qui fut un des déclencheurs – ou plutôt un des prétextes – de la 1ère guerre mondiale, portait un caractère national progressiste face à l’Empire autrichien. Mais Lénine n’en montrait pas moins que cette dimension patriotique et anti-impérialiste légitime était SECONDE à l’échelle mondiale et dans le cadre d’une période historique donnée – celle de la montée des impérialismes mondiaux – comparée au caractère globalement impérialiste du premier conflit mondial. De même les soldats français qui allaient mourir pour rendre Strasbourg à la « mère-patrie » étaient-ils abusés par la propagande impérialiste (« on croit mourir pour la patrie, on meurt pour les industriels », écrivait Anatole France, l’un des premiers intellectuels à rallier le tout jeune PCF) : car le but principal de la première Guerre mondiale était bien le repartage impérialiste-colonialiste du monde et non l’affranchissement de l’Alsace ou l’émancipation des Serbes du joug autrichien ! Or aujourd’hui, est-il progressiste ou réactionnaire de voir la banderole de tête de la manifestation indépendantiste catalane de l’automne 2012 proclamer – en anglais ! – « Catalunya, the next nation in Europe » ? Même si des centaines de milliers de « petites gens » abusées portent ces banderoles au lieu de mener la lutte aux côtés de leurs frères de classe hispanophones contre les capitalistes catalans et castillans, qui ne voit que c’est la bourgeoise qui, principalement, mène le bal indépendantiste et qui, au moment où il faudrait crier España fuera del euro y la UE !, crient au contraire « Catalunya out of Spain and into the EU ! ».
    Quant à la France, la décomposition nationale s’y accélère également : en février 2013 devrait avoir lieu un référendum portant sur la fusion des trois collectivités territoriales alsaciennes et instituant une région d’Europe tournée vers l’espace germano-suisse et ébréchant sérieusement le principe de la République une et indivisible… A qui le tour ensuite et pour le bénéfice de quels secteurs de la population française ?
    Par ailleurs, l’Acte III de la décentralisation porté par F. Hollande est déjà dans les tuyaux législatifs : il devrait accorder aux régions, et plus encore aux « métropoles », la réalité du pouvoir politique en matière de développement économique et de subventionnement patronal, avec un « pouvoir réglementaire » leur permettant de moduler la loi nationale et de négocier directement avec Bruxelles. Le MEDEF disposerait alors de leviers institutionnels décisifs pour démolir les statuts nationaux, les conventions collectives, le SMIG, le droit du travail national, et pour mettre en concurrence les territoires « français » : ce sera très vite à qui, « président de région » (sic) ou de « métropole », accordera les plus grosses subventions au patronat pour l’attirer sur son « territoire », à qui offrira aux « entrepreneurs européens » le cadre salarial le plus minimaliste, à qui privatisera au maximum les services publics d’État et de territoire, à qui contournera le plus la loi laïque de 1905, etc. Bonjour aux délocalisations internes à l’hexagone et à la ronde des entreprises dans le cadre de feu le territoire national, bienvenue aux « compétences » scolaires et à l’ « apprentissage pour tous » exigés par le patronat sur le modèle anglo-saxon, exit le bac et les diplômes nationaux, welcome au détricotage des syndicats nationaux et à la recomposition du mouvement ouvrier « français » sur des bases ethnolinguistiques… Et bienvenue à la compétence linguistique dévolue aux euro-régions, donc au désétablissement de la langue française, déjà si malmené bien que la langue nationale jouisse encore en France du statut de « langue de la République » de par l’article II de la Constitution...
    Car déjà le président du conseil régional corse, Dominique Bucchini [24] demande que la France ratifie la Charte européenne des langues minoritaires et régionales. Un texte dangereux qui dévalue l’idée même de langue nationale, qui « ethnicise » le territoire national au lieu de considérer les langues régionales comme un patrimoine culturel de toute la nation et d’offrir à ces langues, basque, breton, occitan, corse, catalan, alsacien, etc. – mais aussi, pourquoi pas, aux langues de l’immigration de travail [25] – les moyens budgétaires de leur diffusion par l’Education nationale. Qui ne voit que le but réellement poursuivi par l’oligarchie (et pas seulement en France !) est d’utiliser le prétexte de la régionalisation linguistique pour dés-officialiser le français et pour officialiser l’anglais (que peut bien être une langue européenne minoritaire et non régionale dans la France actuelle ?). Pendant que le béarnais, le français et le basque se disputeront la Navarre historique, le vorace Raminaglobish promu par l’UE ne fera qu’une bouchée des trois langues « indigènes » de ladite Navarre, et le business-English deviendra très vite la langue officielle bis [26] de notre pays – et plus vite encore, au rythme où vont les choses, celle de plusieurs pays voisins, où la résistance linguistique est inexistante. A marché unique et à monnaie unique, langue unique, culture unique, pensée unique, économie unique et politique unique, le tout sous les auspices mensongers de la « diversité linguistique » et de l’ « ouverture culturelle »…Déjà en octobre dernier l’ensemble des associations de défense de la langue française avait lancé ensemble une Alerte rouge sur la francophonie en constatant combien le tout-anglais patronal progressait en France et en Europe, combien la Francophonie internationale était délaissée par la France officielle, mais aussi en réalité, par la Wallonie, par la Suisse romande et même, à un moindre degré, par les élites capitalistes de plus en plus anglophiles du Québec ![27]
    Le tableau serait incomplet si l’on n’y ajoutait pas la mise en place insidieuse de régions transfrontalières – dont le prototype est l’euro-région mise en place par Martine Aubry avec le regroupement du Nord-Pas-de-Calais, du Kent et de la Flandre belge sur la base d’une anglicisation à outrance de Lille, de Lens et du Littoral français. D’un côté on feint de s’étrangler d’indignation quand B. Arnault, J. Hallyday, G. Depardieu – ces ‘bons Français’ friqués qui ont tous soutenu Sarkozy – répudient leur nationalité pour payer moins d’impôts : mais qui, sinon MM. Hollandréou et Zapat-Ayrault travaille avec acharnement, après Sarkozy, à effacer les limites internes et externes de l’hexagone ? Les mêmes qui veulent fermer les frontières aux étrangers pauvres et qui traquent les sans-papiers surexploités du bâtiment, de la restauration et du maraichage, les mêmes qui, comme Manuel Valls, « reconduisent à la frontière » des milliers de prolétaires étrangers NON-EUROPEENS (ni « blancos » ni « white », en clair : africains) sont les premiers à diluer les frontières d’Etat dès lors que cela satisfait au « besoin d’aire » du MEDEF. Lequel importe dans les pires conditions des centaines de milliers de travailleurs des pays de l’Est, et masque aux « intellectuels », dénués d’esprit critique, cette idée dialectique fort simple que la frontière, selon la manière dont elle est conçue, peut à la fois être la limite qui me définit et la membrane vive par laquelle j’échange de manière équilibrée avec tout ce qui n’est pas moi !
    En dépiautant de manière aussi acharnée l’Etat-nation et la langue de la francophonie, l’oligarchie hexagonale – nous ne pouvons ni ne devons plus dire « française » - est fidèle à la honteuse tradition de trahison nationale des grands privilégiés de France, de l’Evêque « français » Cauchon condamnant Jeanne d’Arc au bûcher à P. Pétain kollaborant avec Hitler, en passant par les Emigrés de Koblenz ralliant les armées autrichiennes pour étouffer la Révolution, sans oublier A. Thiers, le « nabot sanglant » qui appela Bismarck à la rescousse pour l’aider à écraser les Communards défenseurs de Paris.
    Aujourd’hui, parce qu’il a « besoin d’aire » pour projeter ses prédations sur toute la planète, pour préserver ses lambeaux de domination sur l’Afrique et la Méditerranée, pour gagner sa « place au soleil de la mondialisation » et disputer ses surprofits monopolistes et néocoloniaux[28] à ses concurrents de la mondialisation capitaliste, parce qu’il veut obtenir de l’impérialisme allemand, son frère-ennemi traditionnel, un appui décisif pour reprendre à la classe ouvrière de France les acquis lâchés par les patrons en 36, 45 et 68, l’impérialisme français démonte pas à pas la France républicaine, y compris l’héritage des Lumières et de la Révolution bourgeoise de 1789/94. Réitérant le « choix de la défaite » et de la Kollaboration qui fut celui du Comité des Forges patronal en 1940, les maîtres du CAC 40 croient le moment venu d’araser les conquêtes populaires obtenues dans l’« étouffant » et si « ringard » cadre national : Sécu, régimes de retraite, mais aussi laïcité, indivisibilité de la République, existence de 37 000 communes parfois indociles aux désirs des monopoles et plus généralement, cette culture millénaire de la Gabaude, de la Jacquerie, de la Fronde et de la Révolution que symbolise la Liberté guidant le peuple de Delacroix. Quelle aubaine si, à la faveur d’une évaporation en douceur de la nation, les maîtres du capital pouvaient reléguer au musée le drapeau tricolore, encore vibrant de Ça ira ! et d’appels aux armes citoyennes, ainsi que le drapeau rouge brandi en 1792 en Place de Grève, afin de leur substituer le drapeau de l’UE avec ses douze étoiles apostoliques rayonnant sur fond bleu-marial ! Et quelle aubaine pour le MEDEF si, demain, les euro-régions de la Dé-France hyper-décentralisée se font concurrence pour « attirer l’emploi », impulser le moins-disant social et désosser les marchés national et local qui permettent encore l’existence de PME échappant encore à l’emprise des donneurs d’ordres des monopoles capitalistes !
    Communistes héritiers des Francs-Tireurs et Partisans de France et des FTP-MOI, syndicalistes ouvriers, enseignants, étudiants, paysans, gaullistes sincères attachés à l’indépendance du pays, républicains laïques fidèles à l’universalisme révolutionnaire, socialistes héritiers du patriotisme internationaliste et anti-impérialiste de Jean Jaurès, pouvons-nous assister sans nous insurger – car à quoi bon « s’indigner » si l’on n’est pas près à tout donner pour son peuple – à l’évaporation sous influence des acquis sociaux, des conquêtes démocratiques et des nations souveraines qui ont coûté à nos peuples d’innombrables sacrifices héroïques ?
    D’autant qu’il faut s’y attendre : quand le grand dépiautage européen aboutira à l’effacement doucereux ou brutal des frontières d’Etat au sein du futur Quatrième Reich en gestation, qui peut croire, contre-exemple yougoslave à l’appui, que ce monstrueux redécoupage digne du Traité de Vienne, Maastricht faisant écho à Metternich, pourra s’accomplir sans que le sang des peuples d’Europe ne finisse par couler ? Que chacun regarde une carte de l’Europe, qu’il avise la position géographique centrale de l’hexagone au cœur de l’explosif puzzle-monopoly actuel, et il comprendra qu’il faut éteindre l’incendie MAINTENANT, avant que l’« Europe de la paix » qu’on inculque aux enfants de la maternelle à l’Université, n’ait montré son visage barbare !

    Georges Gastaud http://www.voxnr.com

  • Un nouveau fiasco pour le lobby gay !

    Après le flop du « salon du mariage gay » et celui de la « Gay Pride » à Paris, si le message n’est toujours pas compris, la minorité que constituent les invertis dégénérés se ridiculise une nouvelle fois à Marseille, lors de l’Europride !
    Même si les organisateurs tentent désespérément de mettre cet échec cuisant sur le compte de la ville, les faits n’en sont pas moins là : cérémonie d’ouverture annulée, concerts déprogrammés, stands déserts, et l’idée d’une cérémonie devant initialement marier 2013 invertis a elle aussi subitement disparue de la circulation ! Les merdias annoncent donc la présence de 50 000 personnes (un grand maximum) pour un rassemblement prévu à l’origine pour en accueillir huit fois plus !
    « Un comble pour une opération censée donner aux LGBT l’occasion de se montrer et de démontrer de quoi ils sont capables. Le problème s’est présenté dès la cérémonie d’ouverture: «Il était difficile de distinguer, au milieu des nombreux touristes, la poignée de militants et de sympathisants de la fierté homosexuelle finalement rassemblés sur le toit-terrasse», constatait alors l’AFP. Il ne se passe pas grand-chose, décrit un témoin. Comme il n’y a personne, ça donne une impression de vide.
    Des soirées festives initialement prévues pour accueillir plusieurs milliers de personnes ont dû se contenter de quelques centaines de d’invertis. Un autre atelier, consacré aux femmes et au BDSM, a été annulé car personne n’est venu » explique le magazine Yagg. Et pourtant, ce n’est pas le soutien qui manque : la LGP (Lesbian and gay parade) a touché une aide de « seulement » 260 000 euros selon l’observatoire des subventions. Quand à la parade finale, censée rattraper le tout avec la présence de 130 000 personnes, elle achève parfaitement ce bide monumental avec seulement 7500 personnes ! (direct matin) Alors, à l’heure où le gouvernement n’a pour préoccupation que la légalisation du pseudo « mariage » homosexuel, de la PMA, de la GPA, qu’il veut « s’ouvrir » au gender et qui sait encore quelles autres aberrations, en quoi ce fiasco est-il plus significatif que les autres ? Principalement parce qu’il s’agissait d’un rassemblement européen ! Et vous la dictature des minorités, vous y croyez ?

    Marie de Remoncourt  http://www.contre-info.com/

  • "Merde in France" (1)

    Chacun sait que durant les vingt-trois premières années de la cinquième république la gôche resta dans l'opposition. Fortement empreinte de marxisme dès lors où il était question de critiquer la structure en place, la Sfio et ses descendants incarnèrent, contrairement à d'autres pays européens, l'ancrage politiquement excentré. La critique du capitalisme, notamment durant la première décennie de la cinquième république fut tellement peu fondée, que même Albin Chalandon, ministre de l'industrie sous Pompidou, finit par reconnaître que l'économie française ressemblait à cette époque davantage à l'économie soviétique qu'à celle des Etats-Unis. Depuis 1981, soit 32 ans, la gôche exerça le pouvoir 18 ans. En conséquence, même si c'est de peu, elle eut durant cette période davantage les rênes en ses mains que la droate.

    Le bilan si on prend en compte le dernier tiers de siècle, droate et gôche confondues, apparaît aujourd'hui comme particulièrement désastreux. Il me semble nécessaire d'ajouter à cette période, l'intégralité du septennat de Valéry Giscard d'Estaing, tant il augure les décennies qui suivirent, avec la furieuse envie d'y inclure aussi le quinquennat de Georges Pompidou, responsable par exemple de la détestable loi Pompidou-Giscard de 1973.

    En revanche, tout à fait différente, fut la décennie précédente lorsque le général de Gaulle fut au pouvoir. Le général donna à la France une nouvelle république, autrement plus musclée que les précédentes, gage de stabilité politique. Concernant l'économie, le gaullisme fut le choix d'un juste milieu entre capitalisme et communisme, que l'on peut qualifier d'économie mixte voire planifiée. Dernier volet, cette fois ci concernant la géostratégie et le diplomatie, le choix du général, peut être bien marqué par son attirance originelle pour l'Action Française, fut celui du renvoi dos à dos de l'Urss et des Usa. Cette option courageuse était à l'époque d'autant plus risquée que le pacte de Varsovie attendait son heure à nos portes.

    Alors que, pour l'instant, Valéry Giscard d'Estaing passe pour être le président le moins aimé de cette république, il me semble que sur le long terme, c'est lui qui a gagné. La société dans laquelle nous vivons aujourd'hui n'est autre que la sienne. Jamais Vge ne fut républicain, même s'il appartint à un parti du même qualificatif, thuriféraire de la démocratie libérale qu'il fut. La société dans laquelle nous sommes aujourd'hui contraints de vivre est la sienne et nullement celle du général de Gaulle le jacobin ou de François Mitterrand son lettré opposant. Souvenons nous justement du gouvernement Mauroy, celui-là même qui maintint les magnétoscopes japonais bloqués dans les ports français. Souvenons nous aussi du plan de nationalisations opéré par le ce gouvernement, même si la nationalisation à 100% était à l'évidence abusive, permettant de conserver dans le giron français de très nombreuses entreprises qui eurent été avalées sinon...

    Le grand vent libéral, initié par Reagan et Thatcher voici plus de trente ans , a dévasté le monde et occasionné bien des naufrages. L'Europe de Bruxelles qui n'est autre que celle qui s'inspire de la pensée anglo-saxonne, est peut être satisfaisante pour l'Angleterre, mais nullement pour les colbertiens que nous sommes par tradition. La diminution de nos avantages, inhérents au fait français, vient de cet absurde choix d'une société qui n'est pas conforme à notre génie national. L'erreur serait de croire que les Français aient tous à pâtir de ce choix. On vient d'apprendre ainsi que les 500 Français les plus riches, avaient vu le montant de leur fortune augmenter de 25% en l'espace d'un an. 25% ! Dans le même temps, les Français que l'on peut qualifier de normaux ou de représentatifs, viennent de voir les intérêts - déjà faibles - de leur compte épargne, encore une fois diminuer. Voilà qui ne surprendra pas les marxistes, dont le modèle sociétal de référence en matière de capitalisme est pyramidal. Si l'extrême pauvreté ne touche pas, en terme de pourcentage, beaucoup de Français, force est de constater, qu'ils sont très nombreux à surveiller de très près leur compte courant par peur de passer dans le rouge. C'est ainsi que la formulation naguère erronée et propagandiste, d'une France de riches toujours plus riches et de pauvres toujours plus pauvres, est aujourd'hui devenue valide. A titre d'exemple et de justification, l'exécutif a déjà autorisé pas moins de 10 milliards de hausse de prélèvements pour l'année 2014. La TVA par exemple, augmentera de 6 milliards. Rappelons que la Tva est payée par tous , et que les différents taux vont grimper. Rappelons aussi que ce sont les plus pauvres – merci la gôche, l'autre façon d'être libéral – qui sont les premières victimes de cet impôt indirect. Bien évidemment, une diminution majeure de l'impôt sur les sociétés – entendez les grandes – est aussi prévue.

    Le phénomène est général et engendre des conséquences sociales. A titre d'exemple, au début des années 60, c'est 22% des élèves des grandes écoles d'ingénieurs qui étaient issus de milieu populaire; aujourd'hui ils ne sont plus que 9%. Rappelons aussi que le fait "Sdf" n'était pas voici 35 ans. C'est un aspect désormais banal de la société contemporaine.

    Les Etats-Unis, Bruxelles, et nos gouvernements successifs et complices, descellent progressivement les différentes briques du mur français. L'idée même d'immigration, ridicule en période de crise économique intense à fort taux de chômage – qui peut contester ? - continue d'être portée aux nues malgré les évidences. Il n'est d'ailleurs pas impossible que cette immigration avec ce qu'elle implique de communautarisme et d'affaiblissement de la nation, ne satisfasse les «élites» au motif que notre société ressemble de plus en plus à celle existant outre-atlantique, contribuant ainsi à souder les deux entités.

    Je pense sincèrement que tout ce processus a été élaboré et pensé. Et en ce sens, il y a préméditation. Voilà qui justifie au motif des évidences, quitte à choquer les donneurs de leçons qui pousseront les hauts cris, le terme bien connu de «complot».

    Philippe Delbauvre http://www.voxnr.com

    note

    (1) Jacques Dutronc, bien sur.

  • Lettre ouverte à un député qui a le courage de proposer une réforme du code de la nationalité, par ALCESTE

    Je crois, Monsieur le Député de la Nation, que nous sommes déjà en guerre civile ; d'ailleurs les récents propos de MM. Berger et J.P. Michel montrent que certains s'emploient à l'entretenir par doses homéopathiques, et que sous ces "évènements  spontanés" se dessine le test : jusqu'où les "souchiens "et les "forces de l'ordre" supporteront-ils provocations, insultes, agressions, mensonges, incendies de voitures, caillassages, sabotages ? Attentats ?...
    Vous   proposez, enfin de  changer les règles d'acquisition de la nationalité ? OUI, mais cela commence par supprimer le droit du sol.
    Nationalité par le mérite, OUI.
    Par le sang versé, OUI.
    Par simple occupation des lieux, NON.
    Et puis ce mot de communautarisme ne convient plus désormais : nous avons bien une communauté chinoise, mais retirée, décente, respectueuse de nos lois (pour l'instant, le mauvais exemple est contagieux, les Roms n'étaient pas naguère si revendicatifs...)
    Et encore dans les grandes villes des communautés provençales, auvergnates, gasconnes, un tantinet folkloriques, au souvenir du "petit pays ", mais Françaises avant tout, pro patria.
    L’islam fut  un envahisseur, l'Histoire le prouve : aujourd’hui  nous sommes envahis. Je dis envahis, pas encore "occupés".
    Mais vient le moment où le plus fort impose sa loi, Jean de La Fontaine l'a écrit. C'est un jugement de fait, pas un jugement de valeur.
    Vous ne réussirez probablement pas à obtenir la création d'une Commission d'enquête sur les dérives communautaristes, et encore moins, pour l’instant, un projet de loi pour refondre le code de la nationalité ; je crains même le passage en force, comme pour la loi Taubira, du vote des étrangers.
    Cette mesure de sécurité aurait dû être prise par N.Sarkozy ; il avait assez de culot , si j'ose dire, pour le faire.
    Merci pourtant pour votre initiative. Au moins aurons-nous eu le plaisir de lire cela sous la plume d'un élu de notre pays, nous qui n'avons plus d'estime pour le plus grand nombre, et d'avoir eu le courage de la rendre publique.
    Et je persiste : nous sommes déjà en guerre civile, sentiment généralisé. Insidieuse, mais guerre civile quand même.
    Mais… quelle police, quelle armée nous défendront ? Peau de chagrin déjà  sous les précédents présidents, et par leur indifférence à  notre territoire et à notre identité.
    Ceci est un mot inconvenant, je le sais, mais alors pourquoi avons-nous tous une carte d'identité ?
    Devrons-nous former des milices pour protéger nos vies ? Notre reste d'aviation viendra-t-il nous sortir de nos réduits ? Vous avez trop lu le "Camp des Saints ", me direz-vous ? Mais avec gpa, pma et euthanasie, nous vivons déjà le "Meilleur des mondes".
    Avec mes sentiments les meilleurs, Monsieur le Député.

  • Le clown triste de Matignon, par Philippe RANDA

    Chaque été, on y a droit, au monstre du Loch Ness, brassardé à la croix gammée… Soit l’annonce de la résurgence du nazisme, avec, autant que possible, moultes milices bottées-casquées, sur fond d’Internationale noire prête à répandre « la haine et l’exclusion » à travers le continent et à faire couler le sang dans tous les caniveaux de nos joyeuses citées, de préférence les plus cosmopolites…
    Certes, de néo-nazis, on n’en montre guère, beaucoup moins en tout cas que de futés reporters ou de fins limiers, spécialisés dans la traque des prochains criminels contre l’Humanité, mais qui nous assurent tous avoir bel et bien vus celui ou celle qui a vu celui ou celle qui les a vus eux ou elles !
    C’est en quelque sorte une tradition et pas seulement française, rythmée par la chanson :
    « Il court, il court, le facho
    Le facho de l’été, mesdames,
    Il court, il court, le facho
    Le facho de l’été joli. »
    Cette comédie était jusqu’alors programmée avant la première étape du tour de France et oubliée dès les grands départs du 15 juillet, date à laquelle tous les Français se moquent de tout en général et du retour de la Bête immonde en particulier.
    Cette année, c’est au beau milieu de la Petite Reine (1) qu’on y a droit et, crise oblige, sans doute, même les complots hitlériens ne sont plus ce qu’ils étaient. On commence même directement, sinon par la chanson, du moins par un chanteur. Même pas français : Norvégien, celui-là, avec tout de même un beau nom viking : Kristian Vikernes ! Marié à une Française, c’est un auteur-compositeur de black metal, genre musical assez bruyant, ayant fort peu de rapport avec les valses viennoises, néanmoins plus supportable que le Rap, entre autre parce que moins répandu sur les ondes…
    Les fins limiers de la lutte anti-terroristes, au courant que le personnage avait été « l’un des 530 destinataires du manifeste extrémiste de Breivik, qui a tué le 22 juillet 2011 en Norvège 77 personnes » surveillait tout particulièrement ce viking-là, prouvant ainsi qu’ils ne réservaient pas leur redoutable attention qu’aux seuls chameliers suspects de nos paisibles contrées.
    Alors, lorsque madame Vikernes, mère au foyer de son état, mais «  tireuse sportive dans le Limousin » à ses heures,  a « acheté quatre armes longues, des carabines 22 long rifle », les inspecteurs Bourrel de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) se sont écriés en chœur : « Bon Dieu ! Mais c’est… Bien sûr ! »(2)… C’est direct le placement en garde-à-vue du couple infernal au commissariat de Brive-la-Gaillarde pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste », tandis que Manuel Valls, ministère de l’Intérieur, toujours prêt à ce « qu’ils ne passent pas », s’emballait en soulignant que « cet individu était susceptible de préparer un acte de terrorisme d’envergure », même si, comme il devait le reconnaître très vite, Vikernes n’avait « ni cible ni projet identifié. »
    C’est ballot, tout de même !
    Ballot comme le permis détenu par l’épouse pour acquérir légalement des carabines…
    Ballot comme l’explication donnée par le couple pour l’acquisition des pétoires en question : adeptes du survivalisme, ils préparent tout simplement leur survie dans un Futur qu’ils prévoient plus « âges farouches » que « paradis terrestre »… tout comme quelques centaines de milliers d’adeptes de cette théorie à travers le Monde…
    Ballot comme la condamnation officielle par Monsieur de l’acte d’Anders Breivik dont il se moqua en son temps du « sacrifice » en des termes sans ambiguïté : « Pauvre Breivik qui ne peut pas jouer à World of Warcraft depuis sa cellule. Je te souhaite de te tuer. Tu as tué plus de Norvégiens que de musulmans dont tu prétends nous protéger des crimes. »
    Ballot comme les témoignages des habitants de Salon-la-Tour, en Corrèze, dont aucun n’a jamais deviné l’extrême dangerosité de voisiner avec ce couple-terrible… dont le père trompait si bien son monde en saluant courtoisement ceux qu’il croisait, lorsqu’il se promenait avec chien et enfants…
    Ballot enfin comme l’absence de « projet d’attentat précis »…
    Ballot donc de faire prendre des vessies pour des lanternes, soit de nous repasser sempiternellement les mêmes navets chaque été… qui ne sont même plus réchauffés, mais cramés.
    « Il court, il court, le clown
    Le clown de l’été, mesdames,
    Il court, il court, le clown
    Le clown triste de Matignon. »
    Notes
    (1) Surnom donné à la bicyclette en général et au Tour de France en particulier.
    (2) Allusion à la célèbre série télévisée française Les Cinq Dernières Minutes, créée par Claude Loursais  en 155 épisodes étalés sur trois générations. Le commissaire Antoine Bourrel et son adjoint Dupuy recherchaient les indices qui permettaient à chaque épisode de découvrir le coupable dont le nom était dévoilé après que Bourrel s’exclamait : « Bon Dieu ! Mais c’est… Bien sûr ! »… Ayant déjà fait allusion à cette série, j’en profite pour apporter la précision suivante : « Et non pas “Bon sang !”, expression que l’on ne retrouve sur aucun épisode publié, mais qui en revanche est celle utilisée dans divers pastiches de cette émission dont ceux imaginés par Gotlib dans la Rubrique-à-brac ».

  • Hurlement ! (1)

    On sait maintenant les développements de ce qu'il faut bien appeler le paradigme de Trappes, consécutifs à un banal contrôle d'identité. Pour rappel, c'est ainsi qu'une femme portant voile intégral s'est normalement vue abordée par trois policiers à des fins de vérification d'identité comme la loi l'impose. Le copain de la femme s'est interposé puis a fait appel à des « relations ». Les trois policiers furent alors roués de coups et plusieurs interpellations s'ensuivirent. Le soir même et les soirs suivants se déclenchèrent des explosions de violence par l'intermédiaire d'émeutes de type ethnique.

    Le fait est d'autant plus grave que la même semaine eurent lieu plusieurs déraillements de train commis par des jeunes du même acabit. On sait aussi que certaines des victimes ainsi que sauveteurs furent détroussés et volés sur place.

    Bien loin désormais de se limiter au seul fait de délinquance, c'est maintenant de terrorisme dont il s'agit. Voire même d'actes de guerre: «Une cinquantaine d'individus ont causé des troubles avec notamment des tirs de mortiers et de fusées sur la police».

    On prendra bien note d'effectuer un parallèle qui est aussi un distinguo entre l'extrême célérité avec laquelle le gouvernement s'est attaqué aussi bien à Troisième voie qu' Kristian Vikernes, dans les deux cas à tort, et la volonté de baisser le pantalon devant la canaille, pourtant facile à mâter.

    Amusant de constater que le personnage situé à la tête du parti socialiste n'est autre qu'Harlem Désir, fondateur de sos racisme. Et le clochard décérébré de postuler à l'époque qu'une société, c'est comme une mobylette, devant tourner au mélange. Jean Marie le Pen de lui répondre à l'époque que le mélange ne devait être que partiel sous peine de briser le moteur.

    Sur la voie du capitalisme, aussi bien les Etats-Unis que l'Angleterre sont «en  avance » sur nous. Et le fait ethnique d'avoir donc encore plus d'importance là bas qu'ici. Dans ces contrées américanisées, l'immigration constitue une des clés de voûte du système. Qui méconnaît d'ailleurs le rapport privilégié qu'entretiennent ces deux pays avec la variable immigration ? Fatalement, dès lors où les gouvernements français – de droite comme de gauche – décidèrent de mettre les pas de la France dans ceux de ces deux pays, ils choisirent aussi d'accepter toutes les tares consécutives à ce choix. C'est donc la politique menée depuis plusieurs décennies dont les Français ont à souffrir aujourd'hui.

    Je sais ce qu'est l'islamophobie si présente dans nos milieux, islamophobie que j'ai toujours contestée et avec un argument imparable: si l'islam était le problème, alors toutes les communautés ethniques liées à l'islam auraient des comportements similaires. Je constate que tel n'est pas le cas. Ainsi, par exemple, je constate que la communauté turque qui est musulmane, ne pose pas de problèmes majeurs dans notre pays. Tel n'est pas le cas, d'une autre communauté, elle aussi musulmane, dont nous avons à souffrir au quotidien les actes de barbarie. Bien sur, je sais les pesanteurs de la loi qui s'applique à tous, interdisant de poser certains problèmes et de les verbaliser. Soyons clairs – sourire - sur le sujet: quand bien même interdirait-on le théorème de Pythagore, qu'il resterait toujours opérationnel et utilisable. C'est ainsi que les actes de barbarie, de terrorisme – quand bien même certains le qualifient pour le problème qui nous concerne de « bas » - ne sont majoritairement pas d'essence musulmane.

    Encore une fois – sachant que j'ai déjà verbalisé le fait sur d'autres supports – ce n'est pas vous cher lecteur, ou moi, qui serions les premières victimes de l'application de la Charia conduisant à l'amputation de la main du voleur...

    Je ne crois toujours pas que ces phénomènes puissent déboucher sur une guerre ethnique ou qu'ils puissent aller plus loin. Aux Etats-Unis comme en Angleterre, le fait ethnique n'a jamais débouché sur rien de sérieux. En revanche ma crainte majeure, c'est que la communauté dont il est ici question, s'organise dans le cadre français, lors des prochaines consultations électorales, à commencer par celles de 2014. Si la constitution d'une liste postulant l'ethnicisme est prohibée par la loi, rien n'empêche des candidats de se présenter avec leur photo sur une affiche électorale, avec un visage et un nom très révélateurs, induisant ainsi un réflexe grégaire.

    Aujourd'hui déjà, mais demain ce grand danger...

    Alain Rebours http://www.voxnr.com

    note

    (1) « S'il me fallait renoncer à mon dilettantisme, c'est dans le hurlement que je me spécialiserais.» Cioran

  • Nostalgie d’un autre mois de mai (arch 2010)

     

    Mai est enfin terminé. Pendant un mois, les médias ont célébré la grande révolution soixante-huitarde et loué les combattants de pacotille qui rêvaient de changer de société et qui se retrouvent aujourd’hui au service de cette société qu’ils vomissaient tant. Après de tels éloges, il faut se demander pourquoi le gouvernement Juppé ne leur accorda pas la carte d’anciens combattants comme il le fit aux anciens volontaires communistes d’Espagne. L’hystérie pubertaire collective du triangle Odéon – Sorbonne – Nanterre n’incarne cependant rien d’historique par rapport aux grands événements de ce siècle. En ces temps d’exaltation lacrymogène, il aurait été néanmoins plaisant de se souvenir de cet autre mois de mai, en 1983.

     

    Cette année-là, après avoir lancé le plan de rigueur, le gouvernement socialo-communiste de Mauroy soutint la nouvelle réforme universitaire concoctée par le ministre de l’Éducation nationale, Savary, qui, sous prétexte de modernisation, niait la spécificité des études médicales et transformait l’université en une sorte de « lycée supérieur ». Du fait de la docilité des syndicats étudiants, contrôlés par le P.S. et le P.C., la réforme aurait été entérinée sans aucun problème si les étudiants en médecine n’avaient pas réagi. Rapidement rejoints par leurs condisciples en droit et en sciences économiques, les élèves-médecins s’y opposèrent en manifestant pacifiquement. En guise de réponse, le régime socialiste lâcha contre eux ses C.R.S. et ses voltigeurs motocyclistes. Les premières échauffourées commencèrent dès la fin avril et se poursuivirent par intermittence tout au long du mois suivant.

     

    Scandalisés par cette agression policière, les manifestants en colère crièrent « À l’Assemblée nationale ! » et, à destination des « forces du désordre », qu’ils préféreraient les voir dans les usines Renault alors agitées par une grève quasi insurrectionnelle. Quelques jours plus tard, dans France-Soir, Jean Dutourd demandait aux C.R.S. d’être « crosses en l’air, camarades ! » et faisait observer judicieusement : « Encore deux ou trois manifs un peu rudes et l’on pourrait bien entendre le tac-tac des mitrailleuses », car « la gauche n’a pas les scrupules de la droite quand il s’agit de rétablir l’Ordre ».

     

    Mai 83 fut la seule occasion de connaître un anti-mai 68. Mais la désunion et les querelles intestines entre les étudiants apolitiques et les autres (royalistes, gudards, droitiers de l’U.N.I.) empêchèrent une amplification majeure de la contestation. Avec une meilleure concertation et une volonté d’aller jusqu’au bout, tout aurait été possible surtout quand, le 6 mai, les petits commerçants, les artisans et les patrons de P.M.E. – P.M.I. manifestèrent à leur tour contre la clique au pouvoir. Bien organisée, la convergence des protestations se serait réalisée. Or, la droite politique qui recherchait déjà la compromission, prôna l’inaction et l’apaisement. La sujétion du R.P.R. et de l’U.D.F. à la gauche date de cette période. Prenant acte de la trahison, le conseil national du P.F.N. (Parti des forces nouvelles) fustigea alors « l’attitude de l’opposition parlementaire [qui] est inadmissible : son refus de soutenir les luttes engagées contre le régime de Mitterrand prouve qu’elle n’a pas envie d’abattre ce régime de trahison par les voies les plus légales ».

     

    La conséquence imprévue de ce mouvement inorganisé et, finalement, immature incita le P.S. à reprendre en main les organisations étudiantes et relança le noyautage dans le milieu lycéen. Le résultat produisit, en hiver 1986, la formidable mobilisation contre la loi Devaquet. Les modérés français venaient de montrer une nouvelle fois qu’ils étaient déjà les plus bêtes du monde…

     

    Rodolphe Badinand http://www.europemaxima.com

     

    • Paru dans Rivarol, le 3 juillet 1998, et première mise en ligne sur Europe Maxima le 15 août 2005.