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France et politique française - Page 5058

  • Caroline Fourest et Fiammetta Venner condamnées pour diffamation

    PARIS (NOVOpresss) – Caroline Fourest et Fiammetta Venner ont été condamnées pour diffamation aujourd’hui. Elles étaient poursuivies par Frédéric Chatillon, dirigeant d’une agence de communication Riwal et prestataire de service notamment pour le Front national.  Journaliste très engagée, Caroline Fourest avait également été condamnée avec sa compagne Fiammetta Venner, pour avoir asséné un certains d’erreurs et de mensonges sur le Front national et Marine Le Pen dans leur biographie consacrée à la présidente du parti populiste. Sans compter sur la manière avec laquelle Caroline Fourest semblait vouloir manipuler l’opinion avec l’”attaque” du cortège de Civitas, contre le mariage homosexuel, par les membres de Femen.

    http://fr.novopress.info

  • De la “confiance” dans les médias…

    Liberté d’information, liberté d’expression…Dans le quotidien (de gauche) britannique Guardian, rapportait il y a peu le site du Salon beige,  le journaliste politique et juriste américain Glenn Greenwald, lui aussi connu pour ses idées progressistes, a sévèrement taclé le ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem. En cause, sa demande faite au réseau social Twitter d’aider les autorités françaises  à criminaliser et censurer les propos qui  ne sont pas de son goût. « Il n’existe pas de formule scientifique pour déterminer ce qu’est un discours haineux écrit M. Greenwald, c’est une qualité intrinsèque et subjective (…). Nul pouvoir n’est plus dangereux et plus destructeur que celui qu’exerce un Etat pour supprimer et criminaliser les opinions qui lui déplaisent. (…)  Les nouvelles technologies peuvent toujours servir à remettre en cause les dogmes établis, c’est pourquoi elles sont toujours dans la ligne de mire des censeurs. Il n’est pas seulement possible ou probable mais certain, absolument certain qu’en permettant à l’Etat d’emprisonner des gens pour leurs idées haineuses, ce pouvoir servira un jour à protéger les élites de toute remise en question. »

     Et Glenn Greenwald de poursuivre son réquisitoire : « Demander à Google ou Twitter de supprimer des opinions spécifiques est la marque des tyrans. Tous les tyrans pensent agir pour un bien fondamental, cela ne les rend pas moins tyranniques. Les gens absolument convaincus de la supériorité de leur bonté constituent une terrible menace pour les droits fondamentaux parce qu’ils n’ont aucun mal à justifier leurs abus: bien sûr que je suis contre la censure – des autres – mais pas quand elle sert à éliminer les idées que je n’aime pas. La criminalisation des idées qui nous déplaisent ne les fait pas mieux disparaître et refuser d’y faire face ne fait que les renforcer. »

    Les idées, leur exposé et le pluralisme des points de vue sont aussi en filigrane une des questions essentielles qui ressort du dernier  « Baromètre annuel de la confiance dans les médias » réalisé par le quotidien La Croix et publié ce mardi

    En 2011,  ce même sondages TNS-Sofres/La Croix,  indiquait que  63% des sondés pensaient que les journalistes « ne résistent pas aux pressions des politiques », 58% estimaient que cette profession est « dépendante du pouvoir économique ».

    56 % des sondés estimaient aussi que les médias  ne sont favorables « ni à la droite ni à la gauche ».Ce qui n’est pas totalement faux si l’on considère que les intérêts des groupes financiers, qui contrôlent la majorité des rédactions de la presse écrite et audiovisuelle, sont assez transversaux et indépendants des clivages politiques traditionnels  (artificiels) mis en vitrine par le Système…

    La dernière enquête publiée aujourd’hui souligne  de manière anecdotique, que 31des personnes interrogées détectent une certaine hostilité des médias contre François Hollande alors que 22% seulement  faisait ce constat pour Nicolas Sarkozy.

    Phénomène plutôt curieux si on le rapporte à la consultation Harris Interactive  réalisée sur Twitter pour le magazine Médias au lendemain de la présidentielle  2012. Selon l’enquête d’Harris Interactive, les trois quart des journalistes votent à gauche.  Au premier  tour , 39% des membres de cette corporation ont déclaré avoir voté pour François Hollande , 19% pour  Jean-Luc Mélenchon, 18% pour  Nicolas Sarkozy…et 3% seulement  affirmaient partager les idées défendues par  Marine Le Pen. Au second tour, 74 % des journalistes interrogés  affirment avoir voté pour le candidat du PS

    Cette parenthèse étant fermée relevons que ce  « Baromètre de la confiance dans les médias » confirme que celle-ci  continue de s’éroder sérieusement.   

    A la question de savoir « Si les choses se sont passées vraiment comme les médias les racontent »,  le oui  reste minoritaire et stable pour la télévision à 48%,  les Français répondent oui à 54% pour la radio (qui chute tout de même  de 4 points), à 49% pour la presse écrite (-2 points). 53% considèrent d’ailleurs  que la situation économique et financière de la presse est mauvaise, et parmi ceux-ci, les deux tiers y voient « un risque pour la démocratie ».

    Mais la chute des ventes des journaux note Bruno Gollnisch , que l’on peut imputer à  la concurrence des méfias digitalisés, au recul de la lecture chez les jeunes adultes, est aussi le fruit du consensus idéologique qui règne dans ce milieu fortement auto-référencé. Le  formatage des esprits des journalistes –et la nouvelle génération qui rêve massivement de travailler à Libération  atteint dans ce domaine des sommets-  conditionnés pour faire couler le même robinet d’eau tiède citoyen  et progressiste,  ne suscite logiquement guère l’enthousiasme.

    Cette enquête indique encore  qu’internet  reste le médium le moins crédible. « Pour la première fois depuis 9 ans rapporte  La Tribune,  (date à laquelle le média a été intégré dans la mesure), le pourcentage des Français estimant que  les choses se sont passées vraiment comme Internet le raconte  a reculé à 35%, soit deux points de moins en un an. »

    «   Il y a une petite rupture. Cela montre aussi que les gens ne prennent pas tout pour argent comptant, qu’ils ne sont pas dupes  indique Edouard Lecerf (directeur de TNS Sofres, NDLR). Il faut dire que par rapport aux autres médias, Internet est  proposé aux sondés dans sa globalité. Autrement dit, les internautes ont confiance dans ce qu’ils lisent sur les sites de médias traditionnels, et beaucoup moins sur le reste du Web. »

    Confiance dans les médias traditionnels pourtant toute relative si l’on se fie aux résultats de ce sondage évoqué plus haut. D’autant qu’internet, jungle touffue dans laquelle le pire est bien présent, recèle aussi des sites, des blogs  sur lesquels l’internaute peut trouver des informations, des  éclairages stimulants, des analyses sérieuses de  très grande qualité, émanant de personnalités qui sont (parfois, souvent) ignorées ou volontairement bannies des grands canaux d’information .  

     L’intérêt des médias réside bien dans la pluralité des opinions présentées. Or, comme le résumait  le blog du Québécois libre en mars 2011, «  le pluralisme a bel et bien implosé dans la plupart des rédactions, et singulièrement dans l’audiovisuel. »

     «  Les journalistes, ne répondant pas au système de valeurs soixante-huitard ont été découragés, éconduits, marginalisés, déclassé, remisés dans des placards, quand ils n’ont pas été cassés ou évincés (…). Certains ont sauvé leur carrière en pliant l’échine, d’autres en acceptant de jouer des rôles potiches. Mais l’éviction au pire, la marginalisation au mieux de la plupart d’entre eux a considérablement affaibli la capacité de critique et d’audace dans les rédactions. »

     « Contrairement à une opinion répandue est-il encore  écrit  il n’y a plus guère de problème d’autocensure dans les médias audiovisuels (…)  la question ne se pose quasiment plus pour les dernières générations. Les nouvelles recrues arrivent avec des réflexes culturels déjà forgés. Instinctivement, ils sélectionnent les faits et relatent l’actualité à partir d’une grille de lecture préétablie. »

     «  Pour eux, le journaliste est avant tout un acteur du débat de société, un médiateur engagé, un militant des causes citoyennes. C’est ce qu’on leur a inculqué avant d’entrer dans la vie professionnelle. Le souci d’objectivité et d’exactitude est secondaire, le but ultime étant de faire prendre conscience à l’opinion que certaines causes sont justes, d’autres obsolètes, que certains débats sont brûlants, d’autres dépassés. »

     Bref , il est heureux que nos compatriotes cultivent toujours la vertu du doute au sujet des messages et autres stimuli dont ils sont abreuvés par les  médias ; que « les gens ne prennent pas tout pour argent comptant, qu’ils ne sont pas dupes » comme le note   M .Lecerf.  

     Mais,  nous le relevions il y a déjà trois ans, la propagande distillée insidieusement, le travail de sape idéologique effectué quotidiennement dans les gros médias, se fait aussi  avec une grande perversité dans le domaine « culturel » et du « divertissement », devant lequel le sens critique s’émousse plus volontiers…Ce   n’est pas sans conséquence néfaste sur notre psyché collective, sur le goût des Français. Un  peuple encore réputé fin, spirituel et volontiers frondeur au tournant du siècle précédent.

    http://www.gollnisch.com/

  • L'état des forces militaires étrangères déployées au Mali

    Arrivée du contingent nigérian à Bamako
    Les soldats français et africains affluent au Mali, où la Mission internationale de soutien au Mali (Misma) doit prendre la relève de l'armée française, en fonction d'un calendrier encore imprécis. État des lieux sur les forces effectivement déployées et celles que la France et plusieurs pays africains prévoient d'envoyer, aux côtés de l'armée malienne, pour venir à bout des islamistes armés au nord du pays.
    Les effectifs militaires français déployés au Mali sont passés ces derniers jours de 1 800 à 2 000 hommes, pour une force totale annoncée de 2 500 soldats, la plus importante opération aéroterrestre engagée hors des frontières françaises depuis l'Afghanistan. Or, ces effectifs pourraient être encore plus importants. 
    Jean-Yves Le Drian, le ministre français de la Défense, a en effet fait ce décompte le 19 janvier à l'antenne de France 3 Bretagne : « Il y a aujourd’hui 2 000 militaires français au sol au Mali et l’opération Serval regroupe environ 2 900 militaires à cet instant, puisque vous avez des éléments à Ouagadougou, à Niamey et à Dakar (…). On dépassera peut-être les 2 500 militaires annoncés sur le site, ça fera environ 4 000 militaires qui seront mobilisés pour cette opération.»
    LE DÉPLOIEMENT DES FORCES OUEST-AFRICAINES A COMMENCÉ
    Quelque 2 000 soldats africains sont également attendus au Mali d'ici le 26 janvier, sur un total qui pourrait dépasser les 5 800 militaires africains (Tchadiens compris). Un chiffre annoncé à l'issue du sommet des chefs d'État de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) qui s'est tenu le 19 janvier à Abidjan, mais qui va sans doute être revu à la hausse, plusieurs pays ayant décidé d'envoyer plus de troupes que prévu.

    LE TCHAD
    SUR LE PIED DE GUERRE
     
    Rentrant d'Abidjan où il a participé au sommet extraordinaire de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) sur le Mali, le président tchadien Idriss Déby Itno a fait étape dimanche à Niamey où il a rendu visite au contingent tchadien dépêché sur place.
    C’est sur le tarmac de l’escadrille nationale de Niamey que le président Idriss Déby a rencontré le contingent tchadien, prêt à marcher sur le nord du Mali. Pourquoi 2 000 hommes loin des frontières tchadiennes ? « C’est une projection qui se fait sur 3 000 kilomètres. Donc je ne peux pas m’amuser à envoyer une petite unité qui va être avalée, sans renfort, une unité qui n’est pas capable à elle seule de se défendre, de faire donc sa mission. C'est ce qui m’a motivé à envoyer 2 000 hommes », explique le chef de l'Etat.
    Le colonel Youssouf Taïro , commandant du contingent tchadien, nous présente ici son matériel : « Le matériel que vous avez vu ici est du matériel de blindé, bien efficace, bien sélectionné. C’est-à-dire qu’on a tous les calibres ici. Le moral est bon, on est prêt à combattre nuit et jours, on est vigilants chaque heure, chaque seconde. »
    Enturbanné dans son chèche saharien, un des soldats tchadiens, lance : « Si les islamistes du nord du Mali sont des fous de Dieu, nous trouverons plus fou qu’eux dans quelques jours dans le Sahara malien. »
     
    Huit nations ouest-africaines (Bénin, Burkina, Ghana, Guinée, Niger, Nigeria, Sénégal, Togo) ont annoncé l'envoi de contingents, dont le déploiement a commencé. Une centaine de Togolais sont arrivés le 17 janvier à Bamako, sur les 750 militaires que Lomé prévoit d'envoyer. Quelque 55 soldats béninois étaient arrivés dimanche soir au Mali, sur une force qui doit atteindre 650 hommes, a annoncé le 20 janvier le président béninois Boni Yayi - au lieu des 300 hommes d'abord prévus.
    Un premier bataillon nigérian de 100 recrues s'est envolé le 17 janvier de Kaduna, au nord du Nigeria, sur une force totale de 1 200 hommes promise le 18 janvier. Nettement plus, là encore, que les 900 soldats initialement annoncés. « Notre sécurité nationale fait face à un danger imminent, en raison de la crise dans le nord du Mali », a estimé le président Goodluck Jonathan, dans sa lettre au Sénat demandant d'avaliser ce déploiement plus important. Les islamistes de Boko Haram, une secte qui multiplie les attentats au nord du Nigeria, ont été entraînés au nord du Mali par les combattants d'al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), rappellent les autorités d'Abuja.
    Quelque 60 soldats sénégalais sont arrivés au Mali le dimanche 20 janvier, sur une force totale de 500 hommes finalement promise par Dakar. Le Sénégal s'était d'abord montré réticent à envoyer des troupes dans le bourbier malien. Le président Macky Sall avait expliqué en juillet 2012 que des contingents de son pays étaient déjà déployés ailleurs, en Côte d'Ivoire, en République démocratique du Congo (RDC), au Soudan et en Guinée-Bissau. Le Sénégal avait encore démenti le 11 janvier avoir des troupes combattantes au sol au Mali, comme l'avait affirmé un porte-parole de l'armée malienne. Les pressions amicales de la France ont-elles joué ?  Dakar a en tout cas décidé, le 16 janvier, de participer à l'effort militaire ouest-africain.

     

    LES PAYS CONTRIBUTEURS ET CEUX QUI RESTENT EN RETRAIT
    Le Burkina Faso et le Niger ont annoncé des contributions respectives de 500 hommes à la Misma, tandis que la Guinée s'est engagée à hauteur de 120 à 144 hommes, selon les sources. Quant au Ghana, il a fait un revirement et oublié ses premières réticences, en promettant le 13 janvier d'envoyer 120 hommes au Mali. Le déploiement effectif des soldats de ces quatre pays est encore attendu.
    De son côté, la Côte d'Ivoire ne s'est pas formellement prononcée sur l'envoi de troupes au nord du Mali. Une décision que réclame le Front populaire ivoirien (FPI). Mais le président ivoirien Alassane Ouattara, qui a brandi la menace d'une intervention militaire de la Cédéao au Mali dès le lendemain du putsch du 22 mars 2012, est-il en mesure d'envoyer des troupes ivoiriennes ? La Côte d'Ivoire est elle-même en butte à la désorganisation de son armée - actuellement en restructuration - et confrontée à des problèmes sécuritaires. Quelque 11 000 casques blancs des Nations unies sont d'ailleurs toujours déployés dans le pays, dans le cadre de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci).
    La Mauritanie, elle, s'en tient à sa décision initiale, annoncée en août 2012, de ne pas participer à une force internationale au Mali. Même si Nouakchott considère Aqmi comme un problème de sécurité intérieure, le groupe terroriste ayant beaucoup recruté à ses débuts parmi de jeunes Mauritaniens. La Mauritanie a été le pays le plus actif au nord du Mali sur le plan militaire, multipliant les raids aériens ces dernières années contre des convois d'Aqmi, et essuyant en retour des attentats d'Aqmi. Mais le général Mohamed Ould Abdel Aziz, le président mauritanien, ne souhaite pas s'impliquer dans une force ouest-africaine de la Cédéao, une communauté dont son pays ne fait pas partie. Nouakchott a cependant pris soin de sécuriser sa frontière avec le Mali.
    L'IMPORTANT RENFORT TCHADIEN
    Le Tchad a déjà envoyé le 16 janvier à Niamey, la capitale du Niger, 200 éléments de ses forces spéciales, sur un total annoncé de 2 000 hommes. Ces forces devraient être déployées avec les troupes nigériennes le long de la frontière entre le Niger et le Mali. Le Tchad, qui n'est pas membre de la Cédéao, fournira donc les effectifs les plus nombreux après la France. Ce pays a été sollicité d'abord par Paris, puis par le président intérimaire malien Dioncounda Traoré, pour venir renforcer le dispositif international, en raison de l'expérience de son armée dans un terrain désertique aux conditions climatiques difficiles.

    Avec RFI http://www.francepresseinfos.com/

  • Journal hebdomadaire de Voix de la Russie – 21 janvier 2013


    LES TITRES
    Ø  L'Islam :des données bien différentes en France et en Russie.
    Ø Immigration :les rois de France exilés dans leurs tombeaux pendant que Vladimir Poutine protège la Russie.
    Ø  Piraterie en Somalie :Quand la France casque, la Russie cogne.
    Ø Mali :Hollande ne sait plus ce qu'il a dit, alors sait-il encore ce qu'il fait ?
    ØThéâtre du Châtelet :rencontre inspirée entre la haute couture française et le ballet classique russe.
    Ø  Syrie :la presse indépendante assassinée, à qui profite le crime ?
    Ø  Épiphanie en terre orthodoxe :entre la pureté et la glace

  • L'Université malade de la massification (archive 2009)

    La tentative de réforme de l'Université concoctée par Valérie Pécresse provoque une levée de boucliers de la part des universitaires. Au-delà des critiques de surface, la question fondamentale qui se pose à l'Université française est celle de la sélection.

    Les universités sont une fois de plus dans la rue. Comme d'habitude ? Pas tout à fait : pour la première fois, en effet, ce sont les enseignants eux-mêmes, et non pas les étudiants, qui sont à l'origine du mouvement. En outre, les syndicats de droite ne sont pas les derniers à manifester leur colère. Des universités qui ne sont traditionnellement pas classées à gauche, comme la très emblématique faculté d'Assas, se mobilisent, de même que les facs d'économie ou de droit, qui ne bougent pourtant pas souvent. Si elles prennent aujourd'hui la tête du mouvement, c'est que les réformes concoctées par Valérie Pécresse, ministre de la Recherche et de l'Enseignement supérieur, et Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale, représentent, à plusieurs points de vue, une véritable arnaque.
    L'un des reproches essentiels que l'on puisse leur adresser est, une fois de plus, d'écarter toute espèce de sélection. Ce constat concerne, en premier lieu, l'admission des nouveaux bacheliers à l'université : on sait que l'Education nationale s'est assigné la mission de conduire 80 % d'une classe d'âge au bac. Conséquence de l'absence de sélection à l'entrée de l'université : tous les possesseurs d'un baccalauréat, y compris les titulaires d'un bac professionnel ou technique, peuvent s'inscrire en fac dans la matière qui leur plaît. Par ailleurs, lorsqu'elle a présenté la loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU) , en août 2007, Valérie Pécresse a promis à l'UNEF, syndicat étudiant de gauche, de proscrire la sélection : pour combattre l'échec à l'université (un étudiant sur deux échoue en première année), le ministre a même prévu de mettre en place un plan « réussite » en licence, organisant un suivi individuel des étudiants qui ne parviennent pas à suivre. En somme, on utilise les mêmes cataplasmes pour jambes de bois que dans le secondaire, avec les mêmes résultats : la massification se traduit par une chute de la valeur des diplômes.
    La sélection est également bannie du recrutement des futurs professeurs du secondaire, par le biais de la « masterisation » : sous prétexte de revaloriser les carrières, Valérie Pécresse annonce que les futurs profs seront recrutés à bac + 5, par le biais de Masters, et non pas à bac + 3. Le mensonge est flagrant, puisqu'ils sont déjà tenus d'obtenir le Capes (autrement dit la licence plus un an, soit quatre ans au minimum pour les meilleurs élèves, ceux qui parviendront à l'obtenir à la première tentative) ou l'agrégation, concours élitiste qui suppose, pour s'y inscrire, d'avoir décroché une maîtrise (4 ans minimum). Une fois nanti du Capes ou de l'« agrég », l'étudiant suit encore un stage d'un an en lUFM. Si l'on compte bien, ça fait... cinq ans. Le pire est ailleurs : les programmes de l'écrit et de l'oral du nouveau Capes se traduiront par une baisse du niveau du concours. L'épreuve orale, notamment, sera organisée sur la base d'entretiens destinés à vérifier la bonne connaissance que le candidat aura du système éducatif. Il portera sur les valeurs et les exigences du service public (laïcité, égalité des chances, tolérance... ), l'ouverture au monde, les établissements scolaires, les élèves, le tout accommodé à la sauce idéologique. Rien, en revanche, concernant les savoirs qu'il sera appelé à transmettre. Est-ce tout ? Un professeur de langue évoque le manque de « diversité » parmi les lauréats des concours : abaisser le niveau pourrait y remédier...

    La recherche française est-elle condamnée ?

    Reste la question des enseignants-chercheurs, qui amène à en poser une autre : la recherche française est-elle condamnée à brève échéance ? Les universitaires doivent accomplir trois types de tâches : l'enseignement, la recherche et des travaux administratifs qui leur prennent de plus en plus de temps, notamment du fait de la massification de l'université. Cette inflation des tâches administratives réduit d'autant le temps consacré à la recherche. Concernant l'évaluation des enseignants-chercheurs, qui aura lieu tous les quatre ans, les universitaires redoutent de ne plus être évalués par leurs pairs, comme c'était le cas lorsque la responsabilité en revenait au Conseil national des universités (CNU), dont l'avis désormais ne sera plus que consultatif, la décision finale revenant au conseil d'administration de l'Université elle-même, qui pourrait statuer en fonction de critères matériels - autrement dit, des moyens dont elles disposent. 
     Jean-Pierre Nomen monde & vie. 21 février 2009.

  • La France peut-elle, à elle seule, tenir le « Sahélistan » ?

    Analyse de Bernard Lugan (20 janvier 2013)

    Ce n’est pas le seul Mali qui doit être sécurisé, mais tout le Sahel, ce rift racial s’étendant sur dix pays et sur lequel ont été plaqués des Etats associant artificiellement des Nord « blancs » et des Sud noirs.

    L’Europe feint de ne pas voir ce qui s’y passe cependant que les Etats-Unis observent la situation de loin. Le 18 janvier Léon Panetta secrétaire américain à la Défense a ainsi déclaré que « les opérations de sécurité au Mali incombent aux puissances régionales ». Quant à l’ « aide » à l’armée française, parlons-en, puisque Washington va en effet louer à la France ces avions gros porteurs qui lui font régulièrement défaut. Léon Panetta a bien pris soin de préciser, au cas où il n’aurait pas été compris, que le « gouvernement français remboursera aux Etats-Unis les frais entraînés par ce soutien aérien ». François Hollande doit se dire qu’il est réconfortant de pouvoir compter sur de « solides » alliés…

    Quant aux pays africains, pourtant les premiers concernés, ils ne se bousculent pas. De plus, les contingents que certains finiront tout de même par envoyer et qui seront équipés par la France, ont une valeur militaire « inégale ».

    Dans ces conditions, et comme la France ne peut, à elle seule, s’engager dans une opération de « pacification » du sahélistan, que convient-il donc de faire et surtout, de ne pas faire ?

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  • Une guerre chasse l'autre – par Alain Potrat

     

    Notre nouveau président, tout comme son prédécesseur s'avère donc être lui aussi un va-t’en guerre, signe que la plus haute fonction au sommet de l'état donne le vertige, gonfle le cerveau et transforme nos énarques de salon en preux chevaliers, en croisés belliqueux désireux de montrer au reste du monde de quel bois la France se chauffe dès lors que l'on touche aux droits de l'homme, surtout lorsqu'ils ne sont pas Français.
    Après le Kosovo,  l'Afghanistan, c'est donc le Mali qui va devenir le nouveau théâtre d'opérations pour notre armée, un nouveau bourbier dans lequel nous allons nous enliser, puisque dans son discours de déclaration de guerre, François Hollande a indiqué que la France serait présente dans ce pays aussi longtemps que nécessaire, ce qui, compte tenu de la nature du conflit, signifie que nous serons sur place pour une durée indéterminée, mais très certainement longue, pour ne pas dire « ad vitam aeternam ».
    Il avait pourtant semblé convenu que si intervention militaire il devait y avoir, celle-ci serait menée et orchestrée par une armée composée uniquement de soldats de pays Africains, sous l'égide de l'ONU, afin que cette présence militaire  ne soit pas considérée comme une ingérence occidentale, une forme de colonisation et par voie de conséquence, une repentance et une auto-flagellation à venir.
    François Hollande comme Nicolas Sarkozy aura donc décidé d'entraîner notre pays dans  cette nouvelle aventure guerrière, en faisant cavalier seul et contre toute concertation avec les partenaires Européens curieusement non concernés par cette intervention, mais avec cependant la bénédiction et la complicité de l'UMP, JF.Copé et F.Fillon, les duettistes de l'opposition timorée s'étant associés à cette initiative aussi hasardeuse que critiquable, croyant sans doute naïvement que la seule annonce de notre déploiement de force suffise à mettre en déroute l'armée de rebelles islamistes, les mêmes qui il y a quelques semaines encore, soutenus et encouragés par notre ex-président et une grande majorité de la classe politique, écumaient la Libye en semant la terreur avec les armes généreusement offertes par la France pour renverser le Colonel et qui vont donc servir à présent à tuer nos ressortissants.
    Sans doute que François Hollande qui ne rate pas une occasion de nous dire qu'il doit gouverner avec le fardeau qu'est « l'héritage » de son prédécesseur, doit avoir également hérité de l'ineffable BHL, notre Rambo de boudoir avec son treillis haute couture, ses rangers en croco et son armure de chevalier blanc, recruté comme conseillé spécial pour ses qualités incontestables dans les questions d'ingérence suicidaire, et qui aura su habilement  convaincre le président de la nécessité d'intervenir au Mali en proie au chaos et à la menace djihadiste, celle que nous combattons d'une main qui se voudrait de fer mais que nous caressons de l'autre, celle de velours.
    Si la réelle motivation du président Français est la lutte contre l'intégrisme islamiste, alors comment se fait-il que nos troupes ne soient pas déployées sur le territoire national qui dénombre plus de 2000 mosquées qui sont autant de casernes, d'arsenaux, de camps d'entrainement à la lutte armée, chaque musulman qui s'y engouffre étant susceptible de devenir un combattant en puissance, donc une menace pour notre intégrité sur notre sol.
    À moins bien sûr que la raison officielle ne soit toute autre et motivée par la seule volonté de faire diversion sur les difficultés à assumer son rôle de président hors de portée en dehors des discours électoraux, et contrer une baisse de popularité de son action et de celle de son gouvernement après six mois de gestion du pouvoir, une guerre menée contre le terrorisme étant sans doute, surtout avec l'aide des médias  dociles et complices, considérée comme un acte fort, digne d'un stratège éclairé, volontariste, courageux et donc gage de reprise de confiance par le peuple envers son commandant en chef.
    En tout cas, François Hollande doit avoir quelques problèmes de surdité sélective, car si il a entendu parfaitement l'appel à l'aide du président Malien pour l'aider à contrer et repousser la menace islamiste, il reste par contre particulièrement sourd aux mêmes appels venant de ses concitoyens qui subissent la même menace dans l'hexagone, mais dont les cris se perdent dans le désert et ne reçoivent pas d'écho favorable. C'est sans doute une question de « priorité » qui explique cette discrimination auditive... D'où la question que l'on peut se poser : notre président est-il vraiment l'homme de la situation.... !!

    Contact E-Mail : alain.potrat@gmail.com 
  • Succès du Colloque du Cercle de Flore : ingérence et politique étrangère

    Si le temps avait été plus clément, certainement aurions-nous dû refuser du monde ! La péniche du Blues Café, samedi après-midi, avait en effet fait le plein de monde. Il est vrai que le thème était à la fois important et tombait en pleine actualité, au lendemain du début de l’intervention française au Mali et que, d’autre part, les invités étaient prestigieux.

    Une assistance nombreuse et attentive

    De gauche à droite : Siwar Al-Assad, Elie Hatem, SAR Sixte-Henri de Bourbon-Parme et Philippe de Saint-Robert

    Elie Hatem, avocat à la cour, enseignant à la faculté libre de droit, d’économie de Paris, membre du comité directeur de l’Action française a su avec son brio habituel, camper la situation internationale actuelle et les orientations de notre politique étrangère,...

    ... avant de laisser la parole à SAR le prince Sixte Henri de Bourbon-Parme, qui a rappelé les conditions géopolitiques et historiques d’une politique étrangère indépendante, et dénoncé les dérives de la politique actuelle.

    Siwar Al-Assad, écrivain (il a publié A Cœur perdu en 2012) et cousin germain du Président Bachar Al Assad, témoignage vivant de l’amitié franco-syrienne, est venu nous dire à la fois son amour pour la France et la langue française, dans laquelle il écrit, et sa confiance dans une solution syro-syrienne à la guerre civile actuelle qui est alimentée de l’étranger.

    Philippe de Saint Robert, écrivain, acteur des relations internationales, ancien Commissaire Général à la langue française, a su rappeler les errements de la politique extérieure française depuis de trop nombreuses années

    Michèle Guillaume-Hofnung, professeur à l’Université de Paris XI, médiatrice, est venue nous présenter la médiation, qui n’est ni l’arbitrage ni la conciliation, mais la recherche du dialogue en amont afin de désamorcer les conflits ou sa reprise, en aval, afin de reconstruire les liens qui ont été déchirés.

    Le général Jacques Berger a tenu à préciser les notions d’ingérence et d’intervention avec une grande précision juridique tout en déplorant le chaos mondial.

    Olivier Perceval, Secrétaire Général de l’Action française, rappelant la démarche bainvillienne de l’Action française, a précisé les conditions d’une politique étrangère cohérente et ferme : indépendance de l’Etat vis-à-vis de tous les groupes de pression et affirmation de sa souveraineté vis-à-vis de l’extérieur. Encore faut-il un pouvoir qui ne soit dépendant ni de l’élection ni de l’étranger... Ce que n’est pas la République.

    M. Jean-Charles Marchiani, ancien préfet, nous a fait l’amitié de sa venue.

    M. Boutros Boutros-Ghali, ancien secrétaire général de l’ONU, M. Gérard de Villiers, écrivain et journaliste et Mme Anne –Marie Lizin, présidente d’honneur du Sénat de Belgique et vice- présidente de l’Assemblée plénière de l’OSCE, bloqués par la neige, nous ont envoyé des messages d’amitié pour dire leur regret de ne pouvoir être parmi nous.

    http://www.actionfrancaise.net

  • Droitisation du peuple ou enfumage ?

    Le Monde du 15 janvier titrait sur la défiance des Français envers la politique. S'agirait-il d'une « droitisation » du peuple ?

    Des chiffres semblent donner raison à ce diagnostic. Un sondage réalisé par Opinionway du 5 au 20 décembre 2012 révèle une évolution de l’état d’esprit de la population. Il s’agit en effet de la quatrième enquête de ce genre.

    Les résultats, pourtant, ne sont pas de ceux qui devraient surprendre un spectateur engagé de l’actualité. Qui pourrait espérer que l’on éprouve un surcroît de confiance dans une classe politique qui, même pour le Béotien le plus obtus, manifestement, se décarcasse pour des intérêts qui sont loin d’être nationaux ou populaires? Le vote en catimini du traité d’équilibre budgétaire européen, avec sa fameuse « règle d’or », l’affaire Florange, le coup de massue mensuel des chiffres du chômage, qui reste à un niveau élevé, les perspectives sombres de l’économie, les prestations médiocres des responsables politiques, à droite comme un gauche, tout semble démontrer par la pratique que le pays est mal gouverné et que l’on est embarqué dans quelque mauvaise galère. On sera même surpris que la « méfiance » ne soit que de 31% (27% en 2009), et la « morosité » seulement de 31% (26% en 2009).

    Doit-on y percevoir un choix politique ? Dans un ordre voisin, l’abstention importante constatée lors des élections législatives ou des européennes suffit-elle à déterminer, dans le pays, un mouvement qui constituerait un danger pour le régime ?

    Ne pas participer n’est pas s’opposer. La désaffection pour la chose publique présente plusieurs causes, conjoncturelles et plus profondes. La crise économique et sociétale actuelle en est une, mais aussi le repli vers la sphère privée, constatée dans les sociétés libérales prospères, et la désaffection civique, le sentiment d'indifférence généralisée, que remplacent les stratégies égoïstes ou narcissiques propres à la logique consumériste ou professionnelle. Cette tendance est perceptible par exemple dans le fait que 61 % des gens considèrent qu'ils ont le contrôle de leur propre vie (+ 3 points en trois ans), et qu’ils continuent à faire confiance à leurs proches. Le sentiment d’impuissance pour ce qui dépasse ce cadre intime prévaut quand non seulement l’on n’a plus de repères, que l’abandon des « grands récits » idéologiques, le discrédit jeté sur les programmes, quels qu’ils soient, la perte de mémoire historique ont vidé le politique de toute substance, mais quand on n’éprouve plus aucune volonté, l’action se révélant vaine face au mur de surdité érigé par « ceux d’en haut ». Le déni de démocratie manifesté par le rejet du référendum de 2005 sur le Traité constitutionnel européen, s’il n’est pas la raison suffisante du mépris pour la classe politique, l’a sans doute encouragé. 54% des sondés, en effet, pensent que la démocratie fonctionne mal.

    Aussi tout se conjugue-t-il pour donner l’impression qu’une caste auto-reconduite, parfois héréditaire, hautaine, évoluant dans le monde doré des palais et des tours, s’adonne à des affaires qui ne concernent plus le peuple ni la nation. 83 % des Français estiment que les responsables politiques ne se préoccupent pas d'eux, et 85 % que leurs dirigeants ne tiennent pas compte de leur avis.

    Dans le même temps, la perception que l’on a des décisions politique est brouillée par les effets d’annonce à répétition, dans une cataracte bruyante de coups spectaculaires, de messages de proximité, de mises en scènes, de mots calibrés et connotés, comme si l’on voulait apprivoiser une bête un peu stupide.

    La colère rentrée, sournoise, le ressentiment, la mauvaise humeur, le désespoir même, aboutissent-ils à une expression politique claire et qui se sait ? C’est ce que suggérerait le terme « droitisation ».

    Avant de s’interroger sur ce prétendu phénomène, il faut bien avouer que les apparences sont en sa faveur. L'exemple, emblématique, s’il en est, de la peine de mort est tout à fait significatif : entre décembre 2009 et octobre 2011, la part de Français qui se disaient favorables à son rétablissement était passée de 32 % à 35 %, et au cours de la seule année écoulée, elle a évolué de 35 % à 45 %. Même constat pour l’immigration : fin 2009, 49 % des électeurs pensaient qu'il y avait trop d'immigrés en France : ils sont 65 % aujourd'hui. L’ « intolérance » que les partisans de la « diversité » considèrent comme l’expression la plus marquante de la « bête immonde » du fascisme progresse apparemment. Le pourcentage de ceux qui acceptent une religion différente est passé de 73% à 68%. Quant au droit qu’auraient les couples homosexuels à se marier, il a chuté de 58% à 52%.

    En revanche, sur le plan économique, les sondés sont plus nombreux à souhaiter plus de « libertés » pour les entreprises (on passe de 41% à 53%, quand ce pourcentage avait baissé de 43% à 41% de 2009 à 2011). L’hypothèse d’une réforme profonde du système capitaliste, logiquement, perd de sa séduction. Seuls 41% des sondés le souhaitent, quand ils étaient 49% en 2011.

    Cette « droitisation » ressemble donc furieusement au système de valeurs défendu par ce qu’on nomme le libéralisme sécuritaire, incarné par exemple par les libertariens américains, et en général par l’aile droite du système qui règne actuellement en Occident et dans plusieurs pays qui s’en inspirent.

    On remarquera cependant que les questions économiques sont assez générales pour recevoir l’assentiment d’une personne pressée par la propagande libérale omniprésente. Qu’aurait été sa réponse à une question relative aux délocalisations, à la protection de l’économie nationale par des taxes douanières adéquates (à condition qu’on n’emploie pas le terme « protectionnisme », qu’on a réussi à connoter négativement), ou bien à la déréglementation du droit du travail (au sujet de laquelle d’autres sondages montrent que les Français y sont hostiles), à la privatisation des systèmes de santé ou d’aide sociale etc. ?

    Il semble que ce sondage très orienté évalue le degré d’endoctrinement des masses, plutôt qu’un raisonnement averti. Il en va ainsi, pour autant, de toute consultation d’une opinion malléable, soumise aux discours médiatisés, et terrorisée par le chantage apocalyptique actuel au sujet d’une crise qui devient un prétexte à des réformes libérales de fond.

    Quant aux velléités d’une plus grande autorité dans les domaines sociétés relatifs aux mœurs ou à la sécurité publique, il est normal qu’une plus grande précarité de l’existence et que le laxisme idéologique des équipes au pouvoir renforcent les réflexes fermes.

    Toutefois, on notera trois points :

    D’abord, l’opinion a pour essence de fluctuer. Ce qu’une situation aiguise, une autre peut l’atténuer. Un engagement politique est différent, par la durée et la profondeur, d’un état d’âme temporaire. La seule conséquence qu’on peut tirer à propos de cette tendance, c’est qu’il donne ses chances au Front national et à la droite de l’UMP. Mais cela ne résoudra pas le problème de fond, qui est la dépolitisation de la société.

    Par ailleurs, comme tout bon sondage, qui n’évalue qu’un jugement fondé souvent sur l’affectivité, des préjugés (des « jugements » formatés) ou un manque de rigueur flagrant, celui-là est pétri de contradictions. Non seulement parce qu’on dénie à l’Etat tout droit à s’immiscer dans le domaine économique, dans le même temps où on demande aux politiques d’agir pour le protéger (ce qui suppose des lois, des règlements, des dispositions sans doutes plus adaptées que le laisser faire entrepreneurial), mais la réalité, que les capitalistes, justement, profitent du système libéral pour exporter les entreprises, délocaliser, faire pression sur les salaires et la protection sociale (dénoncés comme coût intolérable du travail), enfin, pour faire tout ce que la logique mondialiste permet pour saper la cohésion nationale, cette réalité est complètement oubliée par les sondés.

    Enfin, il est évident que l’étiquette « droite » est à prendre avec des pincettes. On le voit bien, au moment où la « gauche » mène une politique qui la « droite » ne désavouerait pas dans les faits (puisqu'elle l'a promue!).

    Sans exposer longuement le sort de ce vocable, qui a subi bien des évolutions depuis la révolution française, on se contentera de rappeler qu’il n’existe plus qu’un parti, les « bleus », c’est-à-dire les libéraux partisans de l’économie de marché et de la mondialisation, et que la frontière qui les sépare n’est qu’un enfumage communicationnel portant sur des questions sociétales, comme le mariage homo, problèmes qui, au-delà d’une gesticulation farcesque, font en fait consensus au sein de l’oligarchie, qui ne semble se scinder que pour donner l’illusion qu’il existe encore une démocratie.

    Claude Bourrinet http://www.voxnr.com