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France et politique française - Page 5063

  • Lois mémorielles : nouvelles menaces

    Les intégristes barbus du jacobinisme n'en démordent toujours pas. En leur nom, le 30 janvier (1)⇓ le camarade Mélenchon adressait même une lettre assez singulière. Il osait protester auprès du président de France Télévisions M. Rémy Pflimlin contre le contenu d’une émission. Diffusée sur France 3 elle était intitulée "Robespierre, bourreau de la Vendée ?". Cette simple question lui semble un outrage.

    Sans doute se sentait-il diffamé en sa qualité d'héritier impénitent des persécuteurs qui, unanimes sur le point de massacrer les "brigands de la Vendée", siégèrent sans discontinuer au sein du "grand" Comité de Salut Public (1793-1794).

    Tous partagent certes la culpabilité criminelle de leur chef.

    D'un tel point de vue Carrier, le bourreau de Nantes nous donne la réponse. Voici ce que nous en rapporte Crétineau-Joly :

    "mis en jugement après le 9 thermidor. Il se défendit. Ne devait-il pas se sentir fort des crimes de tous ses collègues ? Ceux qui avaient panthéonisé Marat condamnèrent Carrier. En face de la Convention, il n'eut pour légitimer ses cruautés qu'un mot, mais un mot sublime d'horreur et de vérité : « Vous êtes tous aussi coupables que moi, s'écria-t-il, et jusqu'à la sonnette du président. » (2)⇓ .

    Il sera néanmoins guillotiné à son tour le 16 décembre 1794.

    Solidaire lui aussi, à deux siècles de distance, l'ex-candidat de la gauche "pure et dure" complétait son impudente démarche d'une signature liberticide incontestable : faisant cosigner sa lettre par le secrétaire national de son parti, le camarade Alexis Corbière il en adressait une copie à Olivier Schrameck, président du Conseil supérieur de l’audiovisuel. Soulignant de la sorte la fonction de censure que s'est toujours discrètement octroyée ce singulier organisme, il demande même que "les historiens" (lesquels ?) puissent "bénéficier d’un droit de réponse" (comment ?).

    Du point de vue des certitudes de notre caricature nationale, le titre même de la série dans laquelle cette production prenait place ne peut paraître que suspecte : ça s'appelle "l'Ombre d'un doute". Ça commence donc franchement mal : un historien qui doute mérite une correction.

    Depuis la fameuse déclaration de Clemenceau de 1891, il ne s'agit pas seulement de considérer, en effet, que "la révolution est un bloc".

    Cette thèse historique, très discutable, et que je conteste (3)⇓ sert bel et bien de prétexte à l'interdiction de tout ce qui pourrait effriter ou démonétiser le bloc : à l'époque de Clemenceau une pièce de Théâtre opposant Danton à Robespierre, et qu'il fit interdire ; aujourd'hui une émission historique osant poser la question du rôle de l'Incorruptible dans la tentative d'extermination des Vendéens.

    On peut, on devrait en finir avec l'ensemble des lois mémorielles, légitimement toujours blâmables du point de vue de la recherche historique. Au moins cherchent-elles à défendre la mémoire des victimes : esclaves, arméniens, juifs, rwandais, etc. On peut malgré tout, sans en accepter la conservation, en comprendre les motivations.

    Au contraire la démarche de Mélenchon comme celle de Clemenceau tend à défendre celle des bourreaux.

    Le public ne s'y trompe pas, dans la mesure où cette émission de France 3 a connu un franc succès amenant les responsables de la chaîne à la programmer pour la 3e fois en moins d'un an.

    Si l'audimat avait montré une désaffection du public, le débat n'aurait pas été rediffusé.

    Car il s'agissait bien d'un débat. La responsabilité de Robespierre est affectée d'un point d'interrogation et les avis n'étaient pas unanimes.

    On peut, on doit regretter qu'il soit demeuré en cercle restreint, évacuant un certain nombre de réalités dérangeantes. Les défenseurs des royalistes ne sont pratiquement jamais conviés ; leurs travaux sont minimisés ; le principal historien de la Vendée militaire, Jacques Crétineau-Joly (4)⇓ , est une fois de plus occulté ; les causes de la guerre civile sont escamotées.

    L'impact national évident de leur contestation sera d'ailleurs toujours esquivé : quels furent les profiteurs de la révolution, de la terreur puis du bonapartisme ? qu'ont fait de la France les républicains qui s'en sont emparés et s'en prévalent aujourd'hui ? Ces questions de fond ne seront jamais abordées sur les médiats agréés par le CSA. Emmanuel Beau de Loménie qui se révéla jusqu'au bout l'un des plus éloquents à les soulever se trouva toute sa vie en butte aux persécutions et aux consignes de silence des "pollueurs de l'histoire".

    Aujourd'hui ne nous y trompons pas : sournoisement, comme un Peillon, ou grossièrement, comme un Mélenchon, on prépare un nouveau tour de vis, stigmatisant officiellement ceux qui remettent en cause la vulgate jacobine.

    JG Malliarakis http://www.insolent.fr/

    Apostilles

    1. cf. Libération 30 janvier 2013.
    2. cf. Crétineau-Joly "Histoire de la Vendée militaire" ed. Trident 2012 Tome II "De la Terreur au Concordat" page 78
    3. cf. Insolent du 30 jan 2008:"Non, la révolution n'est pas un "bloc". Seuls s'y trompent les absolutistes et les jacobins."

    Je travaille depuis plusieurs mois à la réédition de cette œuvre que j'ai la faiblesse de tenir pour majeure. [Je ne me fais, bien sûr, aucune illusion sur sa médiatisation.] Les tomes I et II sont déjà parus. Le tome III nous sera livré le 15 février. Le tome IV paraîtra en mars. Les lecteurs de L'Insolent peuvent encore bénéficier du prix de souscription.

  • France : La financiarisation prend le dessus sur l’industrialisation

    http://fortune.fdesouche.com/

  • Repenser le populisme

    Appelant le peuple à reprendre le pouvoir contre les oligarchies, les partisans du populisme entendent construire une nouvelle doctrine politique sur les cendres du conformisme.
    Encore aujourd'hui assimilé aux pires pathologies de l'espèce humaine, le populisme devient peu à peu un marqueur clivant qui ne constitue plus l'apanage des éternels bosseurs grognards, que nos intellectuels urbains rangeaient allègrement dans la case de "l'esprit gaulois impulsif". Non, il jaillit désormais aussi bien du côté de l'éternelle droite poujadiste que de celui de la gauche ouvrière. Il élargit son auditoire jusqu'aux classes moyennes au fur et à mesure que celles-ci poursuivent leur déclassement social. Il pénètre l'inconscient des hommes et femmes politiques qui y voient le gain de leur irresponsabilité, manipulations et autres démagogies gracieusement rémunérées par le contribuable durant près de trente années.
    Idéologies complices
    Avant d'évoquer une tentative de promotion d'un système politique populiste, il convient tout d'abord d'en finir avec le caractère prométhéiste des deux idéologies maîtresses du XXe siècle que sont le libéralisme et le socialisme. Si le socialisme s'est éteint avec la chute de l'URSS au début des années quatre-vingt-dix, le libéralisme, dans sa variante américaine, vient d'avorter à son entrée dans le XXIe siècle. Ce qu'il faut cependant comprendre, c'est que la vieille opposition fratricide de ces deux idéologies fondatrices de la modernité est totalement périmée. Si l'on s'en tient à la théorie de la discrimination ami-ennemi développé par Carl Schmitt, on peut même y déceler des principes totalement complémentaires qui fondent une nouvelle doctrine que certains appellent "mondialisme" ou "libéralisme libertaire".
    En effet, si le socialisme n'a pas su emprunter au libéralisme sa puissance économique pour dépasser ses contradictions mortelles, le système libéral a, lui, totalement digéré le caractère totalitaire du socialisme pour renforcer son immunité face aux violentes attaques dont il est l'objet depuis dix ans. Ainsi, l'internationalisme moral, l'interpénétration du politique dans toutes les sphères constitutives d'une société, la promotion d'une culture du désir, la foi dans le progrès, la liquidation des valeurs traditionnelles ont été chantés par le système libéral en vue d'étendre sa capacité de neutralisation des contestations humaines. Le philosophe Jean Claude Michéa, dans son essai intitulé L'Empire du moindre mal, insiste sur la nécessité de faire tomber le faux masque du libéralisme qui, pour mieux prospérer, ne cesse de se définir comme système économique du moindre mal. Or, comme le montre très bien Michéa au travers d'une lecture orwellienne, il existe une unité du libéralisme tant sur le plan économique que culturel, philosophique, sociétal et religieux. Le libéralisme ne peut plus être pensé comme un principe de réalité mais comme un projet qui absorbe toute la culture de gauche jugée compatible. Ainsi, le démantèlement de la famille traditionnelle, historiquement défendu par la gauche au nom de l'émancipation individuelle, est aujourd'hui totalement intégré dans la logique libérale d'atomisation de la société humaine. Personne ne s'étonnera dès lors que la marque de chaussure Eram lance une nouvelle campagne de promotion des nouvelles formes de famille en insistant sur le caractère sacré non pas de la famille mais du projet vendu au consommateur.
    Culture globale
    Le libéralisme a muté, il a fusionné avec les oripeaux de la culture de gauche et fonde aujourd'hui ce que l'on peut appeler la Global Culture, mise au service d'un mondialisme dont la marge de progression dépend de sa capacité à rogner les libertés du comportement humain en société. Les prémonitions de George Orwell sur le risque d'établissement d'un totalitarisme soft mais irréversible sont dès lors plus que jamais d'actualité. Bien sûr, les penseurs de la tradition et de la subsidiarité, à l'image de Charles Maurras, voyaient déjà poindre l'embastillement de l'homme réel, la dématérialisation politique de son environnement par l'hypertrophie républicaine légale ; d'où leur proposition de distinction du pays réel-pays légal. S'il faut bien sûr comprendre l'aspect totalitaire du système qui s'impose à nous, il faut également répondre de manière dialectique en puisant dans les contestations éparses, une force constitutive d'une nouvelle réflexion politique. Et celle-ci est déjà toute désignée par ses ennemis jurés : la pensée populiste.
    Au-delà de Poujade
    Si, dans les années cinquante, le populisme était caractérisé par des réactions impulsives et incohérentes d'une frange de la société traditionnellement contestataire et dont la traduction politique s'inscrivait dans le poujadisme, il dégage aujourd'hui une tout autre saveur et propose de nouvelles perspectives. Déjà au temps de Pierre Poujade, il illustrait les réactions des petits commerçants, des artisans et des petits patrons ; forces créatrices et gestionnaires des villes, des quartiers, de la vie en communauté. Bien entendu, ce sont également les premiers à supporter fiscalement l'extension du champ d'action des pouvoirs publics tout en subissant les conséquences du cadenassage de leur activité professionnelle. Cependant, jamais cette forme de populisme n'a pu déboucher sur une action politique consciente, se cantonnant à des réactions pulsionnelles sans lendemain, sans jamais comprendre que le seul vecteur d'action durable demeurait l'État.
    Alors, comment définir le populisme et l'organiser sur le plan politique ? Le populisme doit d'abord être envisagé comme une conceptualisation politique du peuple à partir d'une prise de conscience de son antagonisme à l'égard des élites qui ne le représentent plus. Dans un deuxième temps, il doit incarner un modèle de société qui fait fi d'une conception moderne des droits de l'homme pour lui préférer la défense des libertés des hommes dans le réel, c’est-à-dire dans le respect du principe de subsidiarité. Un État ayant pour doctrine le populisme ne s'arrogera pas le droit de décider ou non de l'interdiction de fumer, ni de prendre un arsenal répressif à l'encontre des automobilistes. Enfin, dans un troisième temps, le populisme proposera l'unité d'action des hommes en fonction de leur activité, de leurs lieux de vie et de leur statut social. Il n'opposera plus les Français en fonction de critères idéologiques gauche-droite, solidarisant dans l'enceinte de l'UMP, par exemple, un grand banquier avec un petit patron de PME et, au PS, un chanteur millionnaire avec un ouvrier smicard. Il défendra l'éthique de la proximité et de l'enracinement comme garant de la liberté de l'homme contre les processus oligarchiques. Un nouveau bloc de constitutionnalité permettra, par exemple, de contrôler l'action de l'État non plus dans une logique droit-de-l'hommiste, mais avec une finalité populiste de défense des libertés locales et des intérêts du peuple.
    La conquête de l'État
    À l'inverse de George Orwell et de Michéa, qui ne proposent pas d'alternative politique, la doctrine populiste envisage la conquête de l'État comme indispensable à la manifestation du pouvoir du peuple contre les oligarchies. L'État symbolise également l'opposition au mondialisme et c'est pourquoi le populisme du XXIe siècle, loin dénoncer la puissance publique, en fera un acteur incontournable pour faire naître les bases d'une société populiste. C'est pourquoi l'État total, selon les mots de Carl Schmitt, aura vocation à interpénétrer tous les ordres sociaux pour contrecarrer l'État total ennemi. Il entreprendra toutes les actions nécessaires pour reconstituer le tissu familial volontairement démantelé par l'État ennemi, pour promouvoir le statut des associations, des syndicats de professions, des conseils d'arrondissement, des provinces. Il ne s'agit donc en aucun cas d'esquisser les contours d'une société idéale, ni de proposer un système politique alternatif finalisé, mais bien d'ouvrir les champs de réflexion et d'études pour que la pensée politique renaisse des cendres du conformisme. C'est ainsi, par exemple, que les magistères de Charles Maurras, de Sainte-Beuve, des penseurs de la communauté, du socialisme Français, de la décroissance pourront être réactualisés et redécouverts en vue de fonder la nouvelle pensée politique alternative au mondialisme.
    Jean Goursky L’ACTION FRANÇAISE 2000 Du 1er au 14 décembre 2011

  • bientôt 500 000 !

    “Pour vérifier la véracité des nombreuses informations diffusées par mail, je me suis rendu personnellement au Chesnay dans la salle où sont dépouillées les pétitions qui arrivent de toute la France et ai recueilli des informations vérifiées auprès des responsables du dépouillement..

    Au 5 Février, 295000 pétitions avaient été vérifiées et validées. La date limite pour le retour des pétitions a été fixées au 12 Février prochain (cachet de la poste faisant foi). Il reste donc une petite semaine pour convaincre que se trompent ceux qui imaginent qu’il est trop tard ou que cela ne sert à rien.

    Le rythme d’arrivée des pétitions est compris actuellement entre 30 000 et 50 000 par jour. Le seuil de 500 000 peut être atteint. Il serait dommage que les défaitistes fassent qu’il manque 10 000 signatures. Plus de 100 bénévoles se relaient de 9 h à 23 h pour ouvrir le courrier, le trier, le vérifier et le classer. La ruche est impressionnante. Les pétitions doivent être remplies complétement et acheminées par voie postale ( mails ou télécopies ne peuvent être pris en compte)

    Au 6 Février, 350 000 pétitions avaient été vérifiées et validées. La date limite pour le retour des pétitions a été fixées au 12 Février prochain (cachet de la poste faisant foi). Il reste donc une petite semaine pour convaincre que se trompent ceux qui imaginent qu’il est trop tard ou que cela ne sert à rien.

    Ce qui est faux : La Poste ne fait aucune rétention de courrier et les postiers qui apportent chaque jour des centaines de kg de lettres sont très désapointés que l’on puisse imaginer qu’ils se préteraient à une telle manœuvre.Les mails qui circulent à ce sujet sont des hoax et il ne faut pas les rediffuser.”

    On apprend que hier soir, 7 février, les 400 000 ont été atteintes… Il en faut encore. Vous avez tous un voisin, un ami ou un membre de votre famille qui n’a pas signé ! Cliquez ici.

    http://fr.altermedia.info

  • Attention, danger : les idées du FN progressent !

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    Lu dans Le Monde :

    Le Front national se banalise et plus d'un tiers des Français adhèrent à ses idées. C'est le principal enseignement du baromètre d'image du Front national édition 2013 réalisé par TNS Sofres du 24 au 28 janvier pour France Info, Le Monde et Canal Plus. Ce baromètre présente l'avantage de cerner les évolutions de perception de ce parti sur une longue période, puisqu'il fait l'objet d'une édition annuelle depuis 1983.

    Aujourd'hui, 47 % des personnes interrogées estiment que le FN "ne représente pas un danger pour la démocratie" (soit 8 points de plus qu'en 2012). Ils sont dans la même proportion à penser le contraire (en recul de 6 points par rapport à 2012). Des chiffres inédits depuis 1984. Mais à cette époque, le FN émergeait à peine sur le devant de la scène politique. Il n'était pas, contrairement à aujourd'hui, le troisième parti de France. A titre de comparaison, plus de 70 % des sondés désignaient ce parti comme un danger dans la seconde partie des années 1990.

    Ces résultats soulignent donc de manière significative une normalisation du parti d'extrême droite. Et notamment sous le prisme des sympathisants de droite : 54% de ceux de l'UMP disent ainsi ne plus percevoir le FN comme un danger. 

    SANS PRÉCÉDENT  

    Le niveau d'adhésion aux idées portées par le Front national reste pour autant stable, à 32 % (contre 31 % en 2012). Ce qui constitue tout de même un record depuis 1991. 63 % se disent en revanche en désaccord avec les idées défendues par le parti d'extrême droite.

    Autre signe de normalisation de la perception du FN : pour la première fois, le leader du Front national (aujourd'hui Marine Le Pen), est davantage désigné comme le représentant d'une "droite patriote attaché aux valeurs traditionnelles" (44 % des sondés, contre 41 % l'année précédente) que comme un représentant "d'une extrême droite nationaliste et xénophobe" (43 % des personnes interrogées, contre 45 % en 2012). Cela n'était évidemment pas le cas durant les longues années de présidence de Jean-Marie Le Pen. C'est sans précédent depuis 1983.

    En particulier, 54 % des sympathisants UMP considèrent, selon cette enquête, que Marine Le Pen est une représentante d'une "droite patriote attachée aux valeurs traditionnelles". 51 % d'entre eux déclarent adhérer aux "constats exprimés par Marine Le Pen, mais pas à ses solutions".   

    Les idées défendues par le FN rencontrent le plus d'adhésion dans un électorat peu ou pas diplômé, chez les ouvriers (42 % se disent d'accord), les employés (34 %), dans les zones rurales (41 %), les rurbains (36 %) et périurbains (38 % d'adhésion). A l'inverse, ceux qui disent rejeter le plus les idées frontistes sont les diplômés d'études supérieures (79 % pas d'accord avec les idées du FN), les urbains surtout dans les grandes villes, les cadres et professions intellectuelles (85 % de désaccord).   

    Politiquement, 83 % des électeurs de gauche se disent en désaccord avec les idées du FN, avec une pointe de rejet à 86 % au Front de gauche.   

    "Ce n'est pas une rupture. Le mouvement entamé depuis plusieurs années se poursuit : un FN présent de manière continue dans la politique française ne crée pas de crispation comme il pouvait y avoir à une époque, note Edouard Lecerf, directeur général de TNS Sofres. Il y a une forme d'intégration très claire à droite dans la prise en compte du FN comme un élément complémentaire de la vie politique française." Du point de vue des électeurs de droite, le FN devient donc un acteur "comme un autre" du jeu politique en France.   

    "CAPABLE DE GOUVERNER"  

    Ces résultats attestent de la réussite de la stratégie dite de "dédiabolisation" voulue et portée par Marine Le Pen. Ce choix a été conçu, d'abord, pour banaliser le FN, lui "retirer la tunique de Belzébuth" nourrie du "soupçon d'antisémitisme" qui pèse sur lui, selon les termes de Mme Le Pen. Surtout, cette dernière a voulu, depuis son accession à la tête du FN il y a deux ans, élargir son électorat en ne cantonnant plus son parti à la seule fonction protestataire. Mme Le Pen a ainsi mis l'accent dans son discours sur des thèmes économiques et monétaires.   

    Davantage de sondés voient Marine Le Pen comme capable de gouverner. Point sur lequel elle a gagné en crédibilité. Leur proportion est ainsi passée de 31 % en 2012 à 35 % aujourd'hui, alors que dans le même temps, la part de ceux qui voient le FN comme un parti essentiellement contestataire a reculé de 57 à 54 %. Le potentiel électoral du FN est en outre important : 27 % des personnes déclarent envisager de voter FN à l'avenir. Parmi eux, deux tiers de personnes l'ont déjà fait, un tiers est composé de "nouveaux potentiels".

    Cette crédibilité nouvelle se note aussi dans l'image que Marine Le Pen revêt chez les sondés. Elle est perçue comme "volontaire" (81 %), "capable de prendre les décisions" (69 %), ou "de comprendre le quotidien des Français" (49 %).  

    LA PERMÉABILITÉ DE L'ÉLECTORAT DE DROITE

    Plus étonnant, pour 53 % des personnes interrogées, Marine Le Pen serait "capable de rassembler au-delà de son camp". Un paradoxe quand on se souvient que la présidente du FN ne cesse de rejeter toute alliance avec la droite, se bornant à agréger dans le Rassemblement bleu Marine de minuscules partis sans poids politique.  

    Crédibilité en hausse et perméabilité de l'électorat de droite. Ces deux ingrédients donnent logiquement un souhait d'alliance entre l'UMP et le FN en progression. 28 % des personnes interrogées estiment donc que l'UMP devrait "faire des alliances électorales selon les circonstances" avec le FN. Une progression de 4 points par rapport à l'an dernier. A l'UMP, ils sont 38 % à partager cet avis et 43 % au FN.

    Si l'on y ajoute les 11 % des sondés qui estiment qu'il faut que l'UMP traite le FN en allié, le souhait d'alliance entre la droite parlementaire et l'extrême droite atteint 39 % des personnes interrogées. A l'inverse, ils sont 29 % à penser que l'UMP doit refuser "tout accord politique avec le FN mais sans le combattre" et 18 % à estimer que l'UMP doit le combattre. Cependant ces chiffres importants sont contrebalancés par un refus majoritaire d'alliance UMP-FN lors des municipales. 59 % des personnes interrogées ne veulent pas d'alliance au cas par cas (51 % à l'UMP) et 62 % refusent un accord électoral national (53 % à l'UMP).

    Sur cette question, ce sont les électeurs FN qui sont le plus demandeurs : 68 % d'entre eux appellent à une entente au cas par cas, 62 % à une alliance globale.

      http://rivarol.over-blog.com/

  • Crise du Mali, réalités géopolitiques (3eme partie) : intérêts pétroliers et autres intérêts – Par Aymeric Chauprade

    Les intérêts pétroliers

    Le Mali possède 5 bassins sédimentaires dont le potentiel pétrolifère est avéré :

     

    • bassin de Taoudenni (au nord et vers la frontière mauritanienne) : 600 000 km2 pour le seul Mali mais 1,5 million de km2 partagés entre Mali, Algérie, Mauritanie, Niger. Schites riches en matière organique. Il serait comparable au bassin d’Illizi en Algérie.
    • le fossé (ou graben) de Gao : 15 000 km2, un seul puit à l’heure actuelle.
    • les bassins contigus de Iullemeden et Tasmena (à l’Est et frontaliers avec le Niger), 80 000 km2, deux puits à l’heure actuelle ; comparable au bassin de Doba au Tchad ou aux bassins d’affaissement paléozoïque d’Algérie.
    • fossé de Nara au centre, près de Mopti, également comparable au bassin Crétacé de Doba au Tchad soit aux bassins d’affaissement paléozoïque d’Algérie.

    L’AUREP, l’Autorité pour la Recherche pétrolière au Mali soutient que le sous-sol du pays est très potentiel pour le gaz et le pétrole et le directeur Afrique du Nord de Total, Jean-François Arrighi de Casanova va dans ce sens quand il parle lui de “nouvel eldorado pétrolier” à propos de la zone Mauritanie/Mali/Niger.

    Cependant, à ce jour, le Mali compte encore un faible nombre de puits et son sous-sol reste sous-exploité.

    Pour l’instant, Total est surtout présent chez le voisin mauritanien.

    La multinationale d’origine française est présente dans l’exploration sur les permis Ta7 et Ta8 de la partie mauritanienne du bassin de Taoudéni mais en partage avec les Algériens et les Qataris. Total possède 60%, la Sonatrach (Algérie) 20% et Qatar Petroleum International 19%.

    S’agissant du permis Ta8, le forage du puits d’exploration s’est achevé en 2010 et le résultat est décevant. Sur le bloc Ta7, une campagne d’exploration sismique est en cours depuis 2011.

    L’exploration on-shore s’est étendue avec un nouvel accord, en janvier 2012, entre Total et le gouvernement mauritanien. Cet accord donne à Total une participation de 90% en tant qu’opérateur sur le bloc Ta29 situé dans le désert du Sahara, à 1000 km à l’est de Nouakchott et au nord du bloc Ta7. Les 10% restants sont entre les mains de la SMH, la compagnie nationale mauritanienne.

    Les intérêts de Total dans la zone ne se limitent pas à l’on-shore. Ils portent aussi sur le off-shore :

    • accord Total/gouvernement mauritanien de décembre 2011 pour le bloc off-shore C7 (bassin côtier).
    • accord Total/gouvernement mauritanien de janvier 2012 pour le bloc C9 (Total 90%, SMH 10%) situé à 140 km à l’ouest des côtes mauritaniennes et qui s’étend sur plus de 10 000 km2 par 2500 à 3000 m de fond.

    Signalons à l’attention de ceux qui pourraient, un peu trop rapidement, être choqués par un partage 90/10 entre Total et la SMH, que l’exploration nécessite des investissements colossaux que seul Total peut amener.

    Il faut bien comprendre que la chute du régime de Kadhafi ouvre, dans toute l’Afrique du Nord et au Sahel en particulier, la perspective d’une vaste redistribution des cartes en matière pétrolière et gazière.

    S’agissant du Mali et de la Mauritanie, Total, la Sonatrach algérienne et la compagnie qatarie ont des intérêts à la fois communs et rivaux. La capacité de ces compagnies à peser sur les gouvernements africains concernés sera en effet d’autant plus forte que l’influence de leur État d’appartenance sera grande.

    Il est essentiel de comprendre que la distribution des blocs, et des parts relatives à l’exploitation des blocs, est intimement liée aux rapports de force géopolitiques entre la France, l’Algérie et le Qatar.

    Regardons maintenant la question de l’or et des autres richesses minières

    Le Mali est le troisième producteur d’or du continent africain après l’Afrique du Sud et le Ghana. En 2011 il a produit 56 tonnes d’or sur une production minière mondiale d’or qui oscille selon les années entre 2000 et 2500 tonnes.

    Voici le classement 2011, production annuelle et réserves prouvées

    1. Chine : 355 t/1900 (en 2007 la Chine est passée devant l’Afrique du Sud)
    2. Australie : 270/ 7400
    3. États-Unis : 237 t/3000
    4. Russie : 200 t/5000
    5. Afrique du Sud : 190 t/6000
    6. Pérou : 150 t/ 2000
    7. Canada : 110 t/ 920
    8. Ghana : 100 t/ 1400
    9. Indonésie : 100 t/ 3000
    10. Ouzbékistan : 90 t/1700

    Le Mali est très prometteur dans ce domaine et devrait bientôt dépasser le Ghana devenant alors le 2e producteur d’or du continent africain.

    En 2011, le Mali est devenu producteur de minerai de fer (exploitation de Tienfela). Il dispose également d’un potentiel élevé en manganèse et produit du phosphate. Ses réserves de bauxite sont estimées à 1,2 million de tonnes et pourront être exploitées dans un futur proche. Un potentiel en lithium, diamant, kaolin et pierres gemmes est également identifié, sans compter bien sûr l’uranium dont nous avons déjà parlé.

    Il me semble important d’insister sur l’or. N’oublions pas que nous sommes dans un contexte de dépréciation des grandes monnaies mondiales comme le dollar et l’euro. Les banques centrales comme de nombreux opérateurs financiers sont en train d’assurer leur avenir en achetant de l’or physique. L’Allemagne a pris la décision historique de rapatrier une partie de ses stocks d’or physique détenus à New York, Londres et Paris et de très nombreux pays font de même. La Suisse est maintenant, après l’Allemagne, touchée par le mouvement the “Swiss Gold Initiative”, initiative lancée par 4 membres du Parlement suisse en mars 2012 visant à exiger le rapatriement de l’or de la BNS (Banque nationale suisse) laquelle refuse d’indiquer dans quel(s) pays se trouve son stock d’or.

    Un exemple récent encore (et ils se multiplient presque chaque semaine) : le Fonds d’État pétrolier de l’Azerbaïdjan (SOFAZ) a retiré une tonne de son or physique des coffres de J.P Morgan à Londres pour le placer dans les coffres sécurisés de la Banque centrale de Bakou.

    Tout le monde est en train de réaliser que les banquiers anglo-saxons ont tout simplement vendu ou “joué” l’or que des États et fonds souverains leur avaient confié.

    Et le mouvement se propage !

    Washington et Londres – les Français ont sans doute été les plus honnêtes avec les Allemands puisqu’ils ont annoncé qu’ils restitueraient rapidement les lingots ce qui laisse à penser que la France a vendu… son or et non celui des Allemands!- ont déjà annoncé qu’il leur faudrait 7 ans pour restituer à l’Allemagne son or, ce qui signifie très probablement que ces pays n’en disposent plus.

    Songez encore que la FED refuse d’apporter la preuve que l’or américain existe encore! Que peut-il bien en être alors de l’or allemand confié aux États-Unis?

    L’or n’y est probablement plus, comme le soutient le GATA (Gold Anti-Trust Action Committee) car il aura été prêté aux banques d’affaires et vendu sur les marchés afin de maintenir les cours sous pression et de sauver la confiance dans l’argent papier.

    Les mauvaises langues insinuent que les États-Unis et la France pourraient se servir dans les mines d’or du Mali où il sera facile d’opérer à l’abri du monde.

    Les intérêts qataris

    Le Qatar porte une responsabilité évidente dans les révolutions de Tunisie, d’Égypte, de Libye (il a financé les islamistes de Cyrénaïque à l’origine du déclenchement de la révolution avant que les militaires qataris ne jouent eux-mêmes un rôle opérationnel actif, au sol, auprès des forces spéciales occidentales), de Syrie (il finance les rebelles islamistes, tout comme l’Arabie Saoudite, la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis).

    L’action du Qatar est également prouvée au Mali où l’émirat a directement financé les groupes Mujao et Ansar Dine (tandis, je le répète, qu’AQMI est un faux-nez des services algériens) et son influence se dissimule derrière l’action opérationnelle du Croissant rouge qatari.

    Le 6 avril 2012, le journal malien l’Indépendant, relatait qu’un avion cargo qatariote avait atterri à Gao pour livrer des armes et des stupéfiants aux rebelles touaregs. La drogue est en effet une source de revenu essentielle des rebellions dans le monde, et ce sont des services secrets étatiques qui la fournissent souvent directement aux seigneurs de la guerre et aux mafieux ; certains pays savent en effet recycler leurs saisies policières et douanières en outil de financement de guerres occultes aux mains des services secrets. Pour en revenir à l’article de l’Indépendant, un comité d’accueil a été formé autour de l’avion sous la direction d’Iyad Ag Ghaly, leader touareg du mouvement salafiste Ansar Dine qui contrôlait à ce moment Tombouctou et Kidal. Ancien consul du Mali à Djeddah (mais menacé d’expulsion par les Saoudiens en 2010 il est revenu au Mali, sans doute récupéré par les Saoudiens par les Qataris eux-mêmes farouches ennemis des Saoudiens), ce touareg avait profité d’années d’activité dans le Golfe pour développer ses connexions islamistes.

    D’autres sources maliennes affirment qu’après la prise de Tessalit par les islamistes, le 10 mars 2012, un avion cargo du Qatar avait aussi atterri dans cette localité pour y livrer une quantité importante d’armes modernes, des munitions, des 4×4.

    Le Qatar a tout fait pour favoriser Ansar Dine, branche dissidente et islamiste du MNLA, contre la branche historique et nationaliste des Touaregs.

    Par ailleurs, il faut remarquer qu’en janvier 2012, l’émir du Qatar s’est brouillé violemment avec le président mauritanien, Ould Abdel Aziz. Le Figaro du 12 janvier 2012 relate les faits suivants, qui sont d’une extrême gravité quand on connaît la culture du Golfe : “L’émir du Qatar a voulu donner certaines directives au président Abdel Aziz, usant d’un ton comminatoire, et menaçant d’utiliser sa chaîne al-Jazeera pour faire éclater une révolution en Mauritanie, comme en Tunisie et en Égypte. Le chef de l’État mauritanien, un militaire, a alors explosé et a congédié l’émir”.

    Cette affaire a forcément fragilisé les intérêts du consortium Total/Qatar Petroleum International en Mauritanie (voir les accords plus haut).

    Le Qatar, qui joue un rôle important dans la nouvelle donne pétrolière et gazière en Libye, veut étendre son influence dans le Sahel (Mauritanie et Mali) et utilise les groupes islamistes à cet effet.

    Quelle est la vision stratégique qui sous-tend ces actions? Le Qatar détient 15% environ des réserves prouvées de gaz. Trois acteurs, la Russie, l’Iran et le Qatar détiennent à eux trois 60% des réserves prouvées du monde. En essayant d’étendre son emprise sur le Moyen-Orient (Syrie) et sur le Sahara (Libye, Sahel et demain l’Algérie sur laquelle plane la menace d’une révolution arabe soutenue par Doha), le Qatar, de concert avec les États-Unis, veut couper l’Europe de la Russie (principal fournisseur de gaz des Européens) et remplacer Moscou et Alger.

    Les investissements du Qatar dans les actifs stratégiques français vont dans le même sens. En s’appuyant sur l’islam en France, en contrôlant des parts croissantes d’actifs stratégiques, le Qatar veut pouvoir influer sur la décision politique française (ce qui s’est passé entre l’émir du Qatar et le président Sarkozy laisse hélas présager de ce qui pourrait se passer demain lorsque de nombreux parlementaires français seront mis sous influence).

    Et l’on voit bien où cela pourrait mener… à renforcer un lobbying actif pour faire sortir la France du nucléaire et pousser celle-ci à aller davantage encore vers le gaz (car évidemment les énergies renouvelables ne peuvent être que des composantes minoritaires dans un mix énergétique).

    Les intérêts américains

    Après le 11 septembre 2001, sous prétexte de lutte contre le terrorisme islamique, les Américains ont augmenté leur effort d’implantation sur le continent africain, en particulier dans les zones d’influence traditionnelles de la France.

    Depuis 2002, 1700 soldats américains sont basés à Djibouti, point d’implantation historique de la France. Depuis 2003, les Américains ont développé avec les pays de la frange saharienne la PSI (Pan Sahel Initiative), un programme d’assistance militaire aux pays sahéliens, qui concerna au départ le Tchad (où la France est pourtant militairement présente), le Mali, la Mauritanie et le Niger, avant de s’étendre en 2005 au Maroc et au Nigeria pour devenir la TSCTI (Trans Saharan Counter Terrorism Initiative). En décembre 2008, les Américains ont créé un commandement stratégique dédié à l’Afrique (à l’exception de l’Égypte qui reste attachée au CENTCOM, le commandement en charge des opérations au Moyen-Orient), en détachant cette zone de leur commandement européen Eucom. Cependant, aucun pays africain n’ayant accepté d’accueillir ce commandement, AFRICOM reste à Stuttgart en Allemagne.

    La raison profonde de cet intérêt américain pour l’Afrique n’est pas le terrorisme mais le pétrole et le gaz.

    L’Afrique pèse plus aujourd’hui dans les importations pétrolières américaines que l’Arabie Saoudite. Un quart des importations de pétrole américaines viennent d’Afrique, du Golfe de Guinée (Nigeria et Angola mais aussi Guinée équatoriale) et les Américains ont aussi des ambitions en Afrique sahélienne.

    Si l’on regarde les effets de la coopération militaire américaine au Mali, le résultat est implacable. Les Américains ont surtout formé des Touaregs qui ont ensuite déserté l’armée malienne pour rejoindre le MNLA et Ansar Dine et participer à la guerre contre l’État central malien! Quand ils formaient des Noirs du Sud, il s’agissait du capitaine Sanogo lequel renversait, en mars 2012, le président Amadou Toumani Touré et créait l’anarchie dans le pays!

    Le général Carter Ham qui dirige Africom, a beau s’être déclaré déçu du comportements des officiers formés par les États-Unis, le fait est que tous ses élèves ont tenté de détruire l’État malien et ce qui restait de l’influence française!

    Cela fait dix ans maintenant que nous écrivons qu’au nom de la lutte contre le terrorisme dans le Sahel, les Américains sont en train d’évincer la France de la zone et de faire main basse sur les réserves pétrolières, gazières et minérales. Pendant que je prêchais dans le désert, des communicants acquis aux intérêts américains expliquaient doctement sur les plateaux de télévision français que les États-Unis n’avaient d’autre ambition que de faire reculer le terrorisme et développer la démocratie. Que seule “l’odieuse Françafrique” avait des intérêts égoïstes sur le continent noir… Qu’il fallait aussi avoir très peur de la Chine laquelle allait “avaler tout le monde tout cru”.

    La réalité est qu’une fois de plus la politique américaine converge avec celle de l’islam radical.

    Conclusion

    La bande Tchad/Niger/Mali/Sénégal doit rester sous contrôle sécuritaire français. Il en va des intérêts stratégiques de la France (hydrocarbures, uranium, or, et autres ressources) comme du maintien de son influence (la France conservera son intérêt aux yeux des Africains, à la condition de garantir à ceux-ci leur sécurité). Puissance francophone et historiquement liée à tous les États de la région (Afrique du Nord et Sahel), la France est légitime pour aider les pays de la zone à se débarrasser des groupes islamistes mafieux et à restaurer la stabilité.

    Sur les ruines de la Libye de Kadhafi, il est évident que d’autres puissances islamiques cherchent à contrôler la zone : l’Algérie bien sûr, qui a de grandes ambitions dans la région, mais aussi le Qatar. L’Algérie manipule certaines franges de l’islamisme radical jusqu’à s’auto-infliger des attaques (mais contrôlées dans leur portée : In Amenas qui représente 18% de la production de gaz algérien n’a pas sauté ni subi de dommages importants) afin de se présenter comme une puissante garantie de lutte contre le terrorisme. L’Algérie ne veut pas de l’islamisme à sa tête et elle a bien raison, mais hélas, son État profond contribue lui à maintenir l’incendie terroriste à un niveau de “basse intensité” de sorte que les Américains et les Européens ne se mettent pas à imaginer un quelconque changement à Alger.

    Le Qatar, quant à lui, actionne presque ouvertement des groupes terroristes et joue un rôle clairement déstabilisateur Mali.

    Quant aux Américains, qui sont avant tout pragmatiques et ne respectent que la force, nul doute qu’ils considèreront mieux la France après son opération militaire au Mali et qu’ils chercheront un terrain d’entente avec elle.

    Aymeric Chauprade http://fr.novopress.info

    Source : Realpolitik.tv.

  • Zemmour : « Marine le Pen va finir par faire du FN un parti d’extrême-gauche »

    A propos du débat sur le « mariage » homo, dans sa chronique du 8 février sur RTL, Eric Zemmour dénonce le nouveau Front, qui à force de ne jurer que par le social, va finir par devenir un parti d’extrême gauche. Il l’oppose à l’ancien Front, attaché aux valeurs traditionnelles :


    "La Chronique d'Eric Zemmour" : vous avez dit... par rtl-fr

  • Mariage homo : Le Bloc Identitaire veut un référendum

     

    Communiqué du Bloc Identitaire - Mariage homo, PMA, GPA : référendum pour tous !
    Depuis des mois, et d'autant plus depuis le début des « débats » parlementaires, le pouvoir socialiste affirme tout son mépris pour cette France qui se refuse à voir le mariage dénaturé et la famille mise en danger par ses projets d'apprentis-sorciers. Christiane Taubira en est la plus exécrable représentation.
    Élu par seulement 33% des Français en âge de voter, François Hollande n'a aucunement la légitimité suffisante pour décider de mener une réforme aussi profonde que l'ouverture du mariage et de l'adoption aux couples de même sexe.
    Aujourd'hui pourtant, malgré une très forte opposition de la population (y compris de très nombreux homosexuels), le gouvernement essaie de passer en force. Derrière les prétentions égalitaires et le terme propagandiste de « mariage pour tous », c'est une véritable révolution sociétale - anthropologique même - que la gauche, toujours avide de briser davantage le cadre traditionnel, veut mener.
     

    Nous devons réclamer un RÉFÉRENDUM sur l'ensemble de la révolution sociétale à laquelle le projet de loi Taubira ouvre la porte : l'ouverture du mariage et de l'adoption aux couples de même sexe, mais aussi l'accès à la Procréation Médicalement Assistée et à la Gestation Pour Autrui (c'est-à-dire l'utilisation de mères porteuses !) qui en seront les conséquences logiques et directes.
    Parce que les Français doivent pouvoir décider, parce que nous ne sommes pas les esclaves de Mme Taubira : exigeons le RÉFÉRENDUM POUR TOUS !

    Pétition pour un référendum
  • Crise du Mali, deuxième partie : Les intérêts de la France

    Au regard des intérêts de la France en Afrique, la décision d’intervention militaire française apparaîtra, je le crois, comme une bonne décision. Pour en juger, et comme toujours si nous voulons être fidèles à notre ligne réaliste, il faut être capable de s’élever au-dessus des partis pris politiques et idéologiques des uns et des autres. Chacun sait en effet que je me situe, sur le plan des idées, à des années-lumières des gouvernements qui se sont succédés en France ces trente dernières années, et que j’exècre, peut-être plus que tous ceux qui l’ont précédé, ce gouvernement qui mine les fondements de notre civilisation, accélère l’invasion migratoire, achève notre économie, et pousse à l’exil, par son fanatisme de l’Égalité, ce qu’il reste de créatif en France.

    Il est arrivé souvent dans l’Histoire qu’une décision prise au nom de mauvaises raisons ait pu produire les résultats les plus positifs. N’est-il pas étrange de constater aujourd’hui qu’un président issu d’un camp que rien ne prédispose à la défense d’intérêts français en Afrique ait néanmoins pris une décision qui va peut-être améliorer sensiblement le statut de la France en Afrique ?

    Car quelle était la situation de la France en Afrique avant cette affaire du Mali ? Plus précisément que devenait l’influence française en Afrique depuis le discours de la Baule du président Mitterrand, le 20 juin 1990 ?

    La réalité est que, depuis la fin de la Guerre froide, et faute de vision géopolitique, la France n’a cessé de reculer en Afrique. En position défensive, sans vision ni anticipation, elle n’aura fait que subir la montée de l’influence américaine dans toutes ses anciennes colonies. Prise en tenaille entre ses devoirs européens et l’atlantisme, son influence s’est considérablement amoindrie outre-mer. D’un côté le discours de la démocratisation, de l’autre les magouilles du personnel politique (cette françafrique que l’on ne saurait confondre avec les intérêts légitimes de la France en Afrique) ; et bien sûr une montée en puissance des États-Unis sur le prétexte de la lutte contre le terrorisme islamiste, au début des années 2000…

    Fidèle à mon habitude consistant à soumettre à la critique du lecteur ce que j’ai pu écrire par le passé, je ne résiste pas à l’envie de vous livrer d’abord la quasi-totalité d’une tribune que je donnais en 2008 à Valeurs actuelles, au moment où Nicolas Sarkozy s’attachait à réduire notre présence militaire en Afrique.

    La France doit-elle quitter l’Afrique ?

    En 2007, l’Afrique subsaharienne a connu au moins deux événements majeurs : la Chine est devenue son premier partenaire commercial et les États-Unis ont annoncé la création d’un commandement stratégique dédié au continent : l’AFRICOM. Américains et Chinois s’intéressent à l’Afrique pour ses immenses richesses. Le continent possède 10% des réserves mondiales prouvées de pétrole et contribue déjà à hauteur de 10% à la production pétrolière mondiale. Il contient aussi une bonne partie de l’uranium de nos centrales nucléaires de demain ainsi que de nombreux minerais indispensables aux nouvelles technologies civiles et militaires. Surtout, ses 800 millions d’êtres humains vivent dans la dernière zone de la planète qui ne s’est ni dotée de gouvernement de « Bien commun » (à quelques exceptions près), ni, par voie de conséquence, engagée sur la voie du développement.

    A la fin de la Guerre froide les Européens ont décrété la démocratie en Afrique. Les Africains en paient hélas aujourd’hui les conséquences. Car la démocratie est un résultat davantage qu’une cause de développement. En réalité, dans l’histoire, l’identité nationale a toujours précédé l’établissement de la démocratie faute de quoi la guerre civile est assurée. Il faut commencer par aider les Etats africains, dont les frontières contredisent souvent si dramatiquement la carte des peuples, à devenir des États-nation. Ceci implique des phases transitoires de « bonne gouvernance dirigiste » plutôt que l’utopie de la « bonne gouvernance démocratique ».

    Si la France se désengage d’une Afrique subsaharienne dans laquelle 20% de la population est touchée de plein fouet par la guerre, cela signifie qu’elle abandonne les richesses à l’Empire dominant (Washington) et à l’Empire montant (Pékin) pour ne recevoir en échange que la certitude d’une immigration massive. L’immigration choisie ne ferait que précipiter l’effondrement de l’Afrique. La seule politique réaliste revient à combiner flux d’immigration inversés et soutien actif au développement.

    La France doit restaurer sa politique africaine. Plutôt que d’observer une neutralité de façade qui, dans les faits, profite à des gouvernements n’ayant plus d’autre activité que de piller leur pays et faire chanter Paris (Tchad), elle doit favoriser l’émergence d’une classe de dirigeants habitée par le Bien commun.

    Sauf à désespérer complètement de l’Afrique subsaharienne, une telle politique est possible.  Elle implique cependant que l’armée française conserve des forces conséquentes en Afrique. Certes, on peut encourager la prise en main de la sécurité par les Africains eux-mêmes (RECAMP c’est très bien…), mais il est trop tôt pour partir. Les identités nationales sont encore fragiles (quand elles ne sont pas inexistantes) et ne supporteraient pas notre retrait.

    Il ne faut avoir aucun apriori négatif quant au changement dans la disposition de nos forces en Afrique. Il est parfaitement normal que des dispositifs militaires se remettent en question. De même, renégocier nos accords de défense peut nous permettre de relancer notre coopération sur des bases saines et de rappeler à nos amis africains que la présence française n’est pas une « assurance anti-coup d’Etat » permettant de gouverner n’importe comment.

    La France occupe aujourd’hui des positions précieuses en Afrique qu’elle doit veiller à ne pas abandonner : d’abord les ports de Dakar et Djibouti, qui disposent de fortes capacités, et nous seraient précieux en cas de conflit de haute intensité. Ensuite, le Tchad qui sera bientôt le 4e pays d’Afrique subsaharienne en réserves prouvées de pétrole, derrière le Nigeria, l’Angola et la Guinée équatoriale, c’est-à-dire le premier pays pétrolier francophone. Cet immense territoire, faiblement peuplé mais occupant une position stratégique, pourrait idéalement être le siège d’un dispositif de protection des pays africains de la frange saharienne, autant face aux ambitions salafistes que face aux projets géopolitiques des puissants voisins du Maghreb.

    Il nous faut ensuite une plateforme dans le Golfe de Guinée, zone que Paris ne saurait abandonner aux poussées américaine et chinoise. Elle pourrait concentrer les missions des bases actuelles du Gabon (Libreville) et de Côte-d’Ivoire. Le choix est ouvert en Afrique centrale et dans le Golfe de Guinée, mais ce qui est certain c’est que nous ne pouvons pas abandonner cette région pétrolifère instable.

    Une nouvelle politique africaine pour la France, de fait alors pour l’Europe, pourrait être fondée sur les principes suivants : la France aiderait les pays africains à se protéger des fléaux que sont l’islamisme, le chaos ethnique, les ambitions voisines ; elle favoriserait le maintien des élites en Afrique et l’émergence de dirigeants de « Bien commun » plutôt que des démocraties fausses et inefficaces. En retour, les dirigeants africains aideraient la France à accéder aux ressources et à lutter efficacement contre l’immigration ; ils travailleraient au développement en faisant cesser de manière significative les pratiques de prédation. Une telle politique s’appuierait sur une crédibilité de puissance, celle de forces françaises permanentes basées à l’ouest (Dakar et Golfe de Guinée), au centre (Tchad) et à l’Est (Djibouti). En vérité, il s’agit là d’une proposition somme toute bien modeste si on veut bien la comparer à l’AFRICOM américain…”

    Cinq ans plus tard imaginez donc ce qui se serait passé au Mali si nous avions écouté les socialistes et les nombreux libéraux atlantistes qui voulaient plier bagage et nous désengager de l’Afrique ! Sans dispositifs pré-positionnés dans la zone et avec un porte-avions Charles de Gaulle en cale sèche pour 6 mois (puisque nous n’avons plus, hélas, qu’un seul porte-avions, sujet sur lequel je m’étais également fortement engagé autrefois), comment la France aurait-elle pu intervenir en janvier ? La réponse est simple : elle n’aurait pas pu le faire à temps et Bamako serait tombée. Nous n’aurions pu faire que des frappes en faisant décoller nos chasseurs bombardiers depuis le sol national et en les ravitaillant en vol (ce qui d’ailleurs a été fait). Mais rien au sol et donc rien de décisif ! Il a fallu un mois avant qu’un BPC rempli de matériel lourd puisse décharger dans un port africain. Je serais heureux d’entendre nos politiques, de droite comme de gauche, sur ces points, eux qui ont voté toutes les réductions capacitaires. Car évidemment, les mêmes qui applaudissent l’intervention ont voté la sortie de l’Afrique.

    Revenons donc à la cause de l’intervention elle-même. Je ne voudrais pas que nos lecteurs puissent penser que je ne parle d’intérêts masqués que lorsqu’il s’agit de guerres américaines, et non de guerres françaises. Loin de moi, en effet, l’idée d’esquiver la question des intérêts français. Je me suis opposé sans ambiguïté à la guerre (française en partie) contre le régime libyen en y dénonçant des appétits stratégiques déguisés derrière le masque de la Morale et en prédisant que le résultat serait surtout favorable aux islamistes et au chaos dans le Sahara.

    Il est cependant important de souligner que les causes de la guerre au Mali sont sensiblement différentes de celles de la guerre en Libye, en même temps d’ailleurs que la première est largement une conséquence de la deuxième.

    Au moment où les groupes jihadistes fondaient vers le Sud du Mali, après s’être emparés de Tombouctou et Gao, il y avait 6 000 Français vivant et travaillant à Bamako ! Voilà, à mon sens, ce qu’un président français assumant de manière “normale” les intérêts de la France et la sécurité des Français aurait du simplement affirmer devant les Français pour justifier le déclenchement d’une opération militaire incontestablement unilatérale, et qui ne revêt pas le plus simple appareil de légalité internationale : “Si nous n’intervenons pas, nous n’aurons pas seulement 6 otages dans le Sahel, nous aurons 6 000 otages français à Bamako“. Il y a là, me semble-t-il, une réalité sécuritaire qui s’imposait à tous, et donc quand même à Hollande, pressé par des militaires français qui voyaient l’armée malienne s’effondrer complètement face à la blitzkrieg touareg et jihadiste.

    Ce faisant – et c’est là qu’un basculement sans doute historique s’est produit – la France, par son rôle protecteur, a retrouvé la “valeur ajoutée” qu’elle semblait avoir perdu aux yeux des dirigeants africains. La plupart des dirigeants africains francophones viennent de comprendre, s’ils ne l’avaient pas encore compris, qu’ils sont à la tête de pays non seulement sous-développés économiquement mais surtout fragiles dans leur existence même du fait de leurs contradictions identitaires et du faible degré unitaire de leur État-nation. Et au moment où l’Afrique suscite tous les appétits, chinois, américains, islamiques (car les groupuscules islamistes ne sont que le bras armé de puissants États du Golfe comme l’Arabie Saoudite et le Qatar lesquels veulent prendre par la force les fruits des “arbres à madrassas” qu’ils ont planté depuis des décennies sur le continent africain), ces dirigeants commencent peut-être à comprendre que la France est le dernier État qui, bien qu’ayant aussi des intérêts matériels à défendre, est in fine capable de s’engager pour la défense de leur propre existence historique.

    Le meilleur argument que la France peut mettre en avant pour justifier sa présence en Afrique, c’est le rôle protecteur qu’elle peut avoir pour les Etats africains, lesquels sont sans doute encore trop faibles pour protéger seuls leur souveraineté. Ce rôle protecteur et pacificateur est d’ailleurs en filiation directe avec l’époque coloniale, à la différence notable qu’il s’agit aujourd’hui de prouver aux Africains que le but français n’est pas d’exercer la souveraineté à leur place mais de protéger celle-ci. À côté de cela, on ne voit pas au nom de quel principe d’auto-flagellation, il faudrait s’interdire d’avoir des intérêts économiques et stratégiques, tout comme les autres nombreux acteurs extra-africains en ont : États-Unis, Israël – très fort intérêt dans l’accès aux ressources minérales pour leur industrie de l’armement : il faut lire à ce sujet l’excellent livre de Pierre Péan, Carnages, les guerres secrètes des grandes puissances en Afrique (Fayard) qui met en lumière l’importance des ressources minérales africaines pour l’État d’Israël, et les fameux BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud…), les puissances islamiques comme le Qatar, l’Arabie Saoudite, la Libye, l’Algérie…

    Voyons à présent ces fameux intérêts matériels que la France peut avoir au Mali et plus largement dans la région

    L’un des premiers intérêts à préserver pour Paris est son exploitation de l’uranium du Niger.

    Le Niger a produit 4 000 tonnes d’uranium en 2011. La World Nuclear Association estime que cela place le Niger entre le troisième et le cinquième rang mondial des producteurs d’uranium. Le Niger représente actuellement 40% de l’uranium importé par Areva en France, groupe qui exploite deux mines dans le pays : Arlit et Akouta, et prévoit d’en exploiter une troisième plus grande encore Imounaren.

    Entre 1971 et 2012, la mine d’Arlit (mine à ciel ouvert) a produit plus de 44 000 tonnes. En 2009 la production était d’un peu plus de 1800 t.

    La mine souterraine d’Akouta a la capacité de produire 2 000 tonnes par an et a déjà produit plus de 55 000 tonnes d’uranium depuis le début de l’extraction en 1974.

    Mais les deux mines n’ont plus que dix à vingt ans de production devant elles et pour la France, l’avenir au Niger repose désormais surtout sur la mine d’Imouraren dont l’exploitation a été approuvée en janvier 2009, après la ratification d’une convention minière liant Areva et le gouvernement nigérien. En décembre 2009, la Kepco (Korea Electric Power Company) a acquis 10% des parts de la mine. N’oublions pas que les intérêts sur l’uranium du Niger sont certes principalement, mais non exclusivement français. Les Coréens du Sud aussi sont présents, et surtout les Chinois qui exploitent la quatrième mine d’uranium du pays (mine d’Azelik qui a donné 700 t en 2011).

    En juin 2012, le président Hollande a rencontré le président nigérien, Mahamadou Issoufou, et a demandé l’accélération de la mise en exploitation, fin 2013, de cette mine géante d’Imouraren. Imouraren est potentiellement la deuxième plus grande mine d’uranium du monde (avec 5 000 tonnes par an). Areva a prévu d’y investir 1,2 milliard d’euros. Son exploitation ferait passer le Niger du 6ème au 2ème rang mondial des producteurs d’uranium, juste derrière le Kazakhstan, pays où Areva est également implantée.

    Mais le problème islamiste retarde de plus en plus la mise en exploitation d’Imouraren. En février 2012, le Ministre nigérien des Mines, Omar Hamidou Tchiana, a révélé que la nouvelle mine d’uranium débutera probablement sa production en 2014, en raison de retards causés par des enlèvements de travailleurs étrangers dans le nord du pays. Ce sont des employés d’Areva qui ont été enlevés par AQMI, ne l’oublions pas, et AREVA doit clairement trouver une solution au problème islamiste.

    Au Mali, l’uranium est aussi un enjeu important pour Areva. La société française essaie d’obtenir, depuis de nombreuses années, les droits d’exploitation d’une mine d’uranium qui se trouve à Faléa (région isolée à 350 km de Bamako vers la frontière du Sénégal et de la Guinée). Dans les années 70, l’ancêtre d’Areva, la Cogema, de concert avec le Bureau de Recherche géologique minière et la SONAREM (Société d’État malienne), avait effectué une prospection mais l’exploitation avait été jugée peu rentable. En 2005, la société canadienne Rockgate a été mandatée par le gouvernement malien afin de forer à nouveau à Faléa. En 2010, les rapports de Rockgate ont conclu que le Mali offrait “un environnement de classe mondial pour l’exploitation de l’uranium” et deux ans plus tard, une société sud-africaine (DRA Group) mandatée par Rockgate à propos de Faléa a conclu que Faléa pourrait offrir une production annuelle de 12 000 tonnes d’uranium,  soit 3 fois la somme des productions des mines nigeriennes d’Arlit et Akouta !

    Prenons un peu de hauteur et nous voyons alors se dessiner ce qui pourrait apparaître comme un formidable corridor stratégique de l’uranium et d’autres ressources minérales sous contrôle français : l’axe Est/Ouest Tchad-Niger-Mali qui désenclaverait ses réserves minérales grâce aux capacités portuaires du Sénégal…

    En ce moment, des groupes (notamment chinois) sont en train de réveiller les vieux tracés ferroviaires de l’époque coloniale française pouvant servir à atteindre les côtes atlantiques.

    Constatons donc que la France a posé ses dispositifs aux deux extrémités (ses avions décollent du Tchad et la Royale accoste à Dakar) de ce corridor saharien stratégique qui est gorgé de réserves minérales.

    Après tout que préférons-nous pour assurer l’indépendance énergétique de la France ? L’uranium saharien (Niger/Mali) et le gaz russe, ou bien les hydrocarbures algérien, qatari et saoudien ?

    N’allons pas trop vite en besogne comme le font certains, Areva n’est pas le cerveau de l’intervention française au Mali – je l’ai dit la décision a été prise en urgence pour éviter une situation dramatique dans laquelle 6 000 Français se trouveraient piégés dans une ville aux mains de jihadistes ultra-radicaux et capables de tout -, mais il est vrai que l’intervention profite aux intérêts d’Areva et ceci pour 2 raisons :

    1) Seule une présence militaire française renforcée dans la zone peut refouler sérieusement (mais pas nécessairement éteindre) le problème islamiste à la périphérie des États alliés (Mali, Niger) et en tout cas loin des zones d’exploitation où il va bien falloir que les ingénieurs et techniciens français puissent revenir en nombre pour travailler. L’intelligence politique de la France serait alors de parvenir à déléguer le “service après-vente” de l’action militaire présente à des composantes touaregs solidement anti-islamistes, faute sinon de voir le coût sécuritaire de l’opération exploser.

    2) Le fait que les gouvernements malien et nigerien aient eu besoin de la France pour défendre leur souveraineté, face à la menace islamiste, met évidemment Areva en position de force face à n’importe quel autre acteur (non seulement les États nigérien et malien mais aussi d’autres groupes privés). La France est désormais l’acteur incontournable de l’équilibre entre Touaregs et Sudistes noirs des États de l’Afrique subsaharienne.

    Realpolitik  par Aymeric Chauprade  http://fortune.fdesouche.com

  • Jean-Yves Le Gallou : « La Tyrannie Médiatique »

    Jean-Yves Le Gallou poursuit son travail sur les manipulations des mots et des médias, et nous présente son nouveau livre, « La Tyrannie Médiatique », consacré aux mensonges médiatiques, à la pensée unique et à la désinformation.


    Jean-Yves Le Gallou : "La Tyrannie Médiatique" par MrPierreLegrand


    Via Romana