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France et politique française - Page 5067

  • Florian Rouanet - Doctrine du Nationalisme français (à l'AFS)


    Florian Rouanet - Doctrine du Nationalisme... par Floriano75011

  • Sondage : droitisation spectaculaire de l’opinion des Français

     

    Mis en avant

     

  • « Manif pour tous » : la France profonde a pris la rue

    1-Un immense succès populaire

    Le Monde daté du 12 janvier 2013 parlait, en une, de « quelques dizaines de milliers de manifestants » pour annoncer la manifestation du 13 janvier. La préfecture de police l’a chiffrée à 340.000 participants ; les organisateurs, eux, ont parlé de 800.000 personnes à 17h puis de un million à 19h puisque la foule continuait encore d’arriver sur le Champ-de-Mars. Le Champ-de-Mars – 243.000 mètres carrés – était plein à 17h ; il a dû se vider pour accueillir les kilomètres de cortèges dont les membres n’étaient pas parvenus à destination. C’est incontestablement la plus grande manifestation française depuis celle pour la défense de l’Ecole libre en juin 1984. Ajoutons qu’il s’agissait d’une manifestation bon enfant et bien élevée : après le passage de centaines de milliers de personnes les balayeuses de la Ville de Paris qui suivaient les cortèges n’avaient rien à… ramasser.

    2-La France profonde, pas celle des plateaux télévisés

    Sur les plateaux de télévision, il est mieux vu d’être célibataire que marié, homo qu’hétéro, musulman plutôt que chrétien, Noir plutôt que Blanc. Bref, il n’est de bon bec que pour les minorités. A contrario la foule du 13 janvier 2013 était franco-française, familiale, blanche, de culture ou de croyance catholique. Comme si la majorité en avait marre de subir la dictature des minorités. Comment la majorité, d’ailleurs, pourrait-elle accepter sans mot dire une loi voulue par la petite minorité d’une minorité (5% d’homosexuels favorables au mariage et à l’adoption au sein de la population homosexuelle qui ne représente que 5% de la population française, soit un Français sur 400 !) , qui plus est une « loi totalitaire » (Monseigneur Barbarin) qui « change le sens des mots ». Car le mot mariage signifie l’union d’un homme et d’une femme.

    3-La reconquête de la souveraineté

    Le parti socialiste qualifié de « sociétaliste » par Marine Le Pen utilise les thèmes sociétaux pour camoufler son alignement sur l’ordre économique mondial. Pour autant on aurait tort de prendre pour un simple leurre le projet de loi Taubira. Rompre avec les lois millénaires de la filiation, saper les fondements du Code civil, marchandiser la grossesse comme le propose Pierre Bergé (SOS-Racisme, Le Monde) explique l’ampleur de la mobilisation contre la loi Taubira. Ajoutons que sur beaucoup de sujets on explique aux Français qu’il n’est pas possible de changer de politique : à cause de l’euro, de l’Union européenne ou de l’OMC. Or garder ou non la signification du mariage relève encore de la souveraineté française. Les Français auraient bien tort de se priver de l’exercer.

    4-L’exigence du référendum

    Si la loi sur le mariage gay était adoptée par le Parlement, elle pourrait être censurée par le Conseil constitutionnel comme contraire aux conventions internationales signées par la France et affirmant « le droit de l’enfant à un père et à une mère ». Dans ce cas, il faudrait réviser la constitution pour faire passer la loi. En l’absence de majorité au congrès la seule voie alors possible serait celle du référendum. C’est en tout cas une exigence croissante des Français relayée le 13 janvier aussi bien par l’organisatrice de la manifestation, Frigide Barjot, que par Jean-François Copé et Marion Maréchal Le Pen. Une revendication qui à l’applaudimètre rencontrait un grand succès !

    En tout cas, entre menace de censure constitutionnelle, annonce d’une prochaine manifestation et revendication d’un référendum, le vote de la loi Taubira s’annonce difficile. Le lobby LGBT et le gouvernement parviendront peut-être à leurs fins mais à un prix tel qu’il échaudera les socialistes. Ce qui ne devrait pas manquer de conduire François Hollande à remiser aux oubliettes le droit de vote des étrangers.

    Polémia
    13/1/2013

  • Olivier Delamarche “L’accord sur la flexisécurité est un cadeau aux entreprises”

    Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 15 janvier 2013 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Bourse.

    « Les entreprises françaises n’avaient pas la même souplesse que les entreprises américaines pour licencier et pour adapter leur coûts. Elles vont maintenant avoir beaucoup plus de faciliter pour le faire »

    « Les entreprises ne vont pas embaucher. Si vous avez une récession devant vous, vous n’embauchez pas. Donc la courbe du chômage va continuer à augmenter et probablement même s’accélérer »

    http://fortune.fdesouche.com/

  • Emploi : les prévisions noires de l’Unedic

    Le gestionnaire de l’Assurance chômage anticipe une nette hausse du nombre de demandeurs d’emploi en 2013, ainsi que de son déficit.

    Après la satisfaction (pas tout à fait) générale provoquée par le succès des négociations sur l’emploi, vendredi, le retour à la réalité. L’Unedic, qui gère les finances de l’Assurance chômage, a livré ce lundi des prévisions pessimistes pour 2013 : ses finances devraient être au diapason de l’emploi en 2013, c’est-à-dire franchement dans le rouge, en raison de la croissance quasi-nulle à laquelle s’attendent les économistes.

    Pour faire ses comptes, en effet, l’Unedic ne s’est pas appuyée sur la prévision du gouvernement, un 0,8% de moins en moins crédible, mais sur le chiffre de 0,1% retenu notamment par l’Insee. Autant dire que l’activité restera stable en 2013, ce qui ne permettra pas de résorber un chômage en hausse depuis dix-neuf mois consécutifs.

    L’institution s’attend donc à 185.500 inscriptions supplémentaires à Pôle Emploi en catégorie A (aucune activité), après 295.000 en 2012. Un ralentissement, donc, mais pas une baisse : le nombre total de demandeurs d’emploi de catégorie A s’élèverait ainsi à 3.300.000 environ. Le nombre de demandeurs d’emploi indemnisés, lui, augmenterait de 180.000 environ, ce qui entraînerait une augmentation de 8% des dépenses de l’Assurance chômage.

    Dans le même temps, cette dernière verrait la situation se dégrader côté recettes, en raison des destructions d’emploi, mais aussi de la faible progression de la masse salariale, sur laquelle sont appuyés ses revenus. L’endettement de l’Assurance chômage augmenterait donc de près de 34%, atteignant 18,6 milliards d’euros en fin d’année, un niveau record.

    Lire la suite sur le site de Libération

    http://fortune.fdesouche.com/

  • Pierre-André Taguieff : Le culte du Changement

     

    Le culte du Changement, ou le degré zéro de la « religion du Progrès » (1)

    Un discours unique s’entend depuis de nombreuses années à l’approche des élections présidentielles dans les démocraties occidentales : le discours appelant au « changement ».

    Il s’agit d’un mot magique, dont la seule invocation suffit à remplir les âmes. Moins peut-être les âmes simples, dont l’existence est aujourd’hui résiduelle, que les âmes formatées, qui sont légion.

    Les acteurs politiques supposent donc, en se présentant comme « les candidats du changement », que la majorité des citoyens de leur nation aspire au « changement ». Le désir de « changement » irait donc de soi. L’invocation du mot « changement » serait dotée d’une efficacité symbolique telle qu’elle rassemblerait les citoyens autour de son énonciateur. L’offre de « changement » est présumée « clivante », alors même qu’on observe un consensus croissant autour de l’impératif de « changement ». Un stratège politique ordinaire va tout faire pour s’approprier la promesse de « changement ». Il va se présenter comme l’incarnation du « changement », excluant ses rivaux et ses adversaires de « l’Empire du Bien » où il s’est installé. On observe en effet que chaque candidat s’efforce de monopoliser l’usage du mot magique pour désigner le cœur de son propre programme politique, tout en rejetant ses concurrents dans l’enfer du non-changement ou de l’anti-changement, où rôdent « l’immobilisme » et le « conservatisme », soumis eux-mêmes à la tentation permanente de la « réaction ». L’opposition entre les partisans déclarés du « changement » et les autres (« archaïques », « passéistes », etc.) est bien sûr calquée sur celle des « progressistes » et des « réactionnaires », les « conservateurs » étant censés résister par nature au « changement », donc voués à devenir un jour « réactionnaires ».

    Ce que nos contemporains pressés ont oublié, c’est qu’un changement peut être « heureux » ou « malheureux », pour parler comme Saint-Simon en 1814 (2) , le même qui plaçait « l’âge d’or du genre humain » non plus dans un lointain passé mais dans l’avenir. Chez les Modernes, la foi dans le Progrès, imaginé comme la somme de tous les progrès, constitue le fondement de la confiance dans un avenir meilleur, cette orientation vers le futur constituant le principal caractère distinctif de la conception moderne de la temporalité (3). [...]

    La suite sur Primo info

    http://www.actionfrancaise.net

  • Chantal Delsol : "Une minuscule coterie mène en bateau tout un pays"

    Le Figaro Magazine - 12/01/2013
    Mariage homosexuel, droit à l'adoption pour les couples de même sexe, extension de la PMA aux lesbiennes, transformation de la parentalité et de la filiation. Quelles conséquences anthropologiques et culturelles pour toute notre société ? Réponse d'une philosophe *.
     Propos recueilllis par Jean Sévillia

    Le Figaro Magazine - En premier lieu, pouvez-vous nous rappeler le sens et le but du mariage civil...
    Chantal Delsol - Le mariage est une institution faite pour garantir et protéger ces manifestations de l'existence humaine que sont la procréation, l'accueil de l'enfant et l'éducation/transmission. Le but essentiel du mariage est la protection du faible, c'est-à-dire de l'enfant. Celui-ci a besoin pour grandir d'un milieu stable, d'où l'institution. Le mariage est un contrat tissé par les deux futurs parents autour de ce projet.
    L'expression « mariage pour tous » a été abandonnée dans le projet de loi, mais elle a été initialement utilisée par les promoteurs du mariage gay. En quoi est-elle contradictoire avec l'idée du mariage ?
    C'est contradictoire en raison de la définition même du mariage. Celui-ci n'est pas fait pour tous, mais pour ceux qui souhaitent fonder une famille. L'expression « mariage pour tous » est une divagation. Au départ elle signifie que les couples hétérosexuels ne sont pas les seuls à pouvoir se marier. Elle détourne le mariage de son but : on ne se marie plus pour protéger les futurs enfants du couple, mais parce que l'on s'aime. Tous ceux qui s'aiment pourraient donc se marier. Dans ce cas, on pourrait assister à toutes sortes de mariages étranges, dont ne voudraient pas même les partisans du texte : entre un père et sa fille, entre deux enfants, voire entre un humain et son animal de compagnie. Ce n'est pas sérieux.

    Que vaut le concept d'« égalité » brandi par les partisans du mariage homosexuel ?
    Nous voyons bien là que la passion de l'égalité engendre des âneries. Tout ne peut pas être donné à tous. Il y a des destinations aux choses, aux institutions, des projets spécifiques auxquels tous ne peuvent pas prétendre, simplement parce que nous sommes différents les uns des autres. Aujourd'hui la différence est devenue une discrimination, ce qui signifie que toute différence serait injuste : il suffit de voir le crétinisme profond qui s'exprime dans la Halde (Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité). Or l'homme est un être de relation, et il n'y a pas de relation du même au même : on n'entretient de complicité qu'avec la différence. Vouloir effacer toutes les aspérités, les bigarrures, les contrastes, c'est vouloir nous réduire à l'état d'éponges.

    Ouvrir le droit à l'adoption pour les couples homosexuels, ce serait un bouleversement anthropologique...
    D'une manière générale, je crains toujours d'abuser de l'idée de « nature ». On a prononcé tant d'exagérations à ce sujet que ce n'est plus guère crédible. Chaque fois qu'un changement social se produit, certains arguent que l'on va contre la « nature ». Certains textes du début du XXe siècle disaient que laisser les filles faire des études supérieures produirait des catastrophes, parce qu'elles ne sont pas faites pour cela. Comme la nature a bon dos ! Ne nous précipitons pas sur cet argument. Pourtant, dans le cas présent, la question est légitime. Où est la « nature », dira-t-on ? Regardons les deux projets de loi actuellement en route : celui sur l'euthanasie et celui sur le mariage gay. L'euthanasie a toujours existé partout, sauf dans les sociétés chrétiennes : partout on laissait mourir les enfants contrefaits et les vieillards trop fatigués ; là où l'infanticide a été interdit, comme sous Mao en Chine, c'était pour être « moderne », c'est-à-dire pour ressembler à l'Occident... Ce qui signifie que le projet de loi sur l'euthanasie n'est pas une rupture anthropologique, mais une rupture culturelle : un retour aux civilisations préchrétiennes. Tandis que pour le mariage gay, c'est autre chose. Aucune société n'a jamais mis en place une affaire pareille ! Nous ne trouvons des idées de ce genre - je dis bien des idées, jamais des réalisations - que chez certains esprits révoltés contre la société, à des périodes rares. Je citerais Diogène le Cynique, qui réclamait que l'on couche avec sa mère et que l'on mange son père, ou bien Sade et Shelley qui, après la saison révolutionnaire, exaltaient tout ce que l'époque considérait comme des perversions. Ces beaux esprits pouvaient amuser certains salons, mais aucune société n'aurait voulu légitimer ces comportements par des lois ! Car les sociétés savaient bien qu'il s'agissait là de subversion anthropologique, ou de nihilisme. Pour le mariage gay, il s'agit bien de cela ; mais pour la première fois, il y a tentative de réaliser ces délires.

    Les députés socialistes veulent aller plus loin que le projet présidentiel en imposant la PMA (procréation médicalement assistée) pour les couples de femmes. Quelles en seraient les conséquences ?
    C'est clairement une rupture anthropologique et une expression du nihilisme, au sens où l'on tord le cou à la filiation et à la transmission. On va faire croire à l'enfant qu'il a deux mères, alors qu'il est bien né, même grâce à la médecine, d'un père et d'une mère ! L'enfant sait quand on lui ment. Il a besoin de la vérité, et le souci de ses origines est primordial pour lui. Pourquoi a-t-on si peur de fabriquer des OGM et ne craint-on pas de fabriquer des enfants fous ? Les enfants me paraissent plus importants que les maïs... C'est ici qu'on n'a plus du tout envie de rire, mais de se mettre en colère : on ne joue pas avec les enfants ! Un enfant, ce n'est pas juste le fruit de mon envie, de mon désir, le jouet, qu'on fabrique comme ça et à qui on va raconter n'importe quoi. Un enfant, c'est sérieux, c'est une personne et à ce titre un seigneur, un roi, qui a droit à notre respect infini, et qui doit grandir alors que l'existence est truffée de difficultés. L'enfant n'est pas le produit de notre caprice, mais il n'est pas non plus le produit de notre révolte sociale : on ne le met pas au monde pour emmerder les hétéros ! Ça ne marche pas ainsi, la transmission de la vie et plus tard la transmission de la culture : c'est une oeuvre, un travail d'humilité et non de revanche ni de puissance... Je dois dire que la communauté homosexuelle ne manifeste pas l'esprit de sérieux requis. Dès qu'elle se montre, c'est dans l'esprit des bacchanales ! Je n'ai rien contre les bacchanales, mais que l'on ne mette pas d'enfants au milieu ! Tout le monde comprend cela.

    Si le droit de la PMA est modifié, une deuxième étape pourrait être la légalisation de la gestation pour autrui (les mères porteuses). C'est alors tout l'édifice de la filiation qui serait ébranlé...
    La gestation pour autrui n'est que la suite. Mais naturellement, c'est encore plus indigne parce qu'en plus on loue des ventres, ce qui n'est pas admissible. Qui gagnera ici : les homosexuels masculins qui exigeront de satisfaire leurs désirs, ou les homosexuelles qui s'indignent qu'on loue des ventres ?
    Toutes les religions représentées en France se sont prononcées contre le mariage homosexuel.

    L'expression de ce refus constitue-t-elle un viol de la laïcité ?
    Selon la définition française de la laïcité, oui ! Car la tradition française a tendance à penser que la laïcité, c'est la vie dans la neutralité absolue - c'est bien ce que dit notre ministre de l'Education quand il prépare pour l'école des cours de morale universelle, c'est-à-dire complètement exempte des particularités culturelles... Cela n'existe pas ! Les principes qui nous font vivre, et surtout les principes qui nous structurent et que nous n'inventons pas, sont tous ancrés dans des particularités : des morales religieuses ou non, des sagesses, des traditions locales ou nationales, des mythes civilisateurs, etc. Vouloir vivre dans le neutre ou l'universel, c'est se prendre pour des esprits désincarnés. En réalité, les principes des sociétés occidentales sont nourris aux racines du judéo-christianisme, et il est bien cohérent que ce soient les religions qui les rappellent, ces principes, puisqu'elles en sont pour ainsi dire les tabernacles.

    Mais il y a aussi des non-croyants, des citoyens votant à gauche et des homosexuels qui sont hostiles au projet gouvernemental...

    Naturellement ! Enormément de gens ! Et beaucoup d'homosexuels ! Pourquoi ? Mais parce que le nihilisme n'est pas un projet de société : il ne convient qu'à quelques bobos qui amusent la galerie cinq minutes, mais dont il est criminel de réaliser les projets (Diogène était le premier bobo de notre histoire, et les Athéniens disaient déjà, en regardant ses vêtements de SDF branché, qu'on « lui voyait la vanité par les trous », mais la société dans laquelle il vivait n'a jamais essayé de mettre en place ses élucubrations, elle n'était pas folle). En réalité, nous nous trouvons en face d'une minuscule coterie qui mène en bateau tout un pays : une gauche qui a peur de son ombre dès qu'on lui parle d'une inégalité, une droite qui a encore trop souvent peur de la gauche, et un Président falot. Cette minuscule coterie parvient à se faire entendre en se faisant plaindre (« nous sommes les seuls à n'avoir pas droit au mariage »), et dans une société où le héros, c'est la victime. Alors ça marche. Cependant, la plupart d'entre nous ne sont pas dupes de cette arnaque, et je suis sûre que beaucoup d'homosexuels ont honte : ils sont assez lucides pour comprendre que la très grande majorité de leurs collègues archiminoritaires n'ont aucune envie de se marier, que s'ils le font, ce sera par provocation, et que leur essentielle motivation est de subvertir des institutions qu'ils maudissent (si le mariage est partout, il n'est nulle part). Ce qui est bien clair dans l'un des slogans utilisé par des militants du « mariage pour tous » dans une manifestation : « Un(e) hétéro, une balle ; une famille, une rafale. » Non désavoué par les organisateurs, ce slogan traduit bien le nihilisme dont nous parlons. Le débat, ici, n'est pas entre croyants et non-croyants, entre gauche et droite, entre hétéros et homos, mais entre humanistes et nihilistes.

    « C'est une réforme de société et on peut même dire une réforme de civilisation », a affirmé Christiane Taubira. Cette réforme ne serait-elle pas plutôt une révolution ?
    Ce n'est pas une réforme de société, puisqu'elle vise à défaire cette société (par le bouleversement de la filiation) et non pas à la réformer. Ce n'est pas une réforme de civilisation, puisque aucune civilisation nouvelle ne peut sortir de là - cela n'a jamais existé nulle part. Je n'utiliserais pas le mot révolution, parce qu'une révolution vise au retour à un état précédent, soit historique (la révolution américaine), soit mythique (la révolution russe). Ici, aucune idéologie ne soutient ce projet. C'est juste une pantalonnade d'anarchistes pédants et tapageurs, et d'autant plus pédants et tapageurs qu'on a pris l'habitude de les prendre au sérieux.

    Si la manifestation des opposants au projet, le 13 janvier, est un énorme succès, quelle issue politique y aura-t-il pour François Hollande ? Le recours au référendum ?

    Dans ce cas, François Hollande pourrait faire voter la loi en précisant bien qu'il ne sera jamais question de PMA (ce qui signifie qu'il en sera question dans quelque chose comme deux ans). A priori, on n'imagine pas qu'il puisse retirer sa loi : il est trouillard ! Toutefois, il faut se souvenir de 1984 : personne n'espérait que François Mitterrand allait retirer sa loi, et pourtant... On peut donc espérer. De toute façon, nous ne pouvons pas laisser passer une monstruosité pareille sans nous exprimer clairement : nos descendants nous jugeront là-dessus, comme nous avons jugé nos anciens à leur attitude devant les totalitarismes. Aujourd'hui, la barbarie, c'est ça.
    Propos recueilllis par Jean Sévillia
     * Professeur de philosophie à l'université de Marne-la-Vallée, où elle dirige l'Institut Hannah Arendt, Chantal Delsol est membre de l'Institut. Dernier livre paru : L'Age du renoncement (Cerf).

    http://www.jeansevillia.com

  • Le FN sans Marine

     

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    Hier, absente de la manif, la présidente du FN n'a visiblement manqué à personne.

    Lu dans  Le Monde:

    Bruno Gollnisch savoure le moment. La participation du FN à la "Manif pour tous", c'est un peu sa renaissance, lui qui fut oublié depuis sa défaite face à Marine Le Pen lors du congrès de 2011. Dimanche matin, il est arrivé avant les autres cadres, porte Maillot. Il a pu ainsi enchaîner les interviews sur les chaînes d'info en continu ou sur les radios. A pu dire qu'il regrettait l'absence de sa présidente. Plus tard dans l'après-midi, il lancera les slogans, prenant même les rênes du cortège, disant quand s'arrêter, quand reprendre la marche.

    En cette fin de matinée, en tout cas, celui qui reste très populaire à la base du FN, a la vedette, et il en profite, car cela ne durera pas : dans quelques minutes, tous les médias se rueront sur Marion Maréchal Le Pen, députée FN du Vaucluse.

    MARINE LE PEN "AVAIT TOUT À GAGNER À VENIR"

    Dimanche, dans le cortège FN, l'absence de Marine Le Pen se remarquait. Beaucoup de membres de sa famille – au sens propre – étaient là, en tête de cortège. Louis Aliot (son compagnon) et Marion Maréchal Le Pen (sa nièce), sa sœur Yann (mère de Marion Maréchal Le Pen) étaient présents tout comme Jany Le Pen, la femme de Jean-Marie Le Pen, qui était, lui, retenu à Nantes pour une réunion militante mais qui appuyait fortement la participation.

    Parmi les troupes frontistes, la non-participation de Marine Le Pen – qui a toutefois soutenu les manifestants –, a laissé les militants "dubitatifs", selon le mot d'un cadre régional qui souhaite rester anonyme. "Ils sont en plein désarroi, ils ne comprennent pas, elle avait tout à gagner à venir", continue-t-il. Beaucoup de dirigeants s'obstinent eux dans un "pas de commentaire"... qui veut tout dire. Gilbert Collard, député du Gard, a quant à lui expliqué l'absence de l'ancienne candidate à l'Elysée en la comparant... au général de Gaulle : "Elle cherche à se hisser au-dessus des manifestants (...). On n'a jamais vu de Gaulle manifester (...). Si j'avais été à sa place, je serais venu mais moi, c'est moi, avec mes défauts et mes excès."

    "DÉCISION MI-CHÈVRE, MI-CHOU"

    Mais il y a aussi ceux qui justifient la position floue de Marine Le Pen, comme Louis Aliot, un des vice-présidents du FN : "Il fallait être présent mais aussi démontrer que François Hollande utilise cette loi pour faire oublier l'absence de politique alternative à celle de Sarkozy." Ou encore Marion Maréchal Le Pen, en tête du cortège FN, entourée d'une nuée de caméras, selon laquelle Marine Le Pen a pris une "décision mi-chèvre, mi-chou en nous opposant au projet tout en dénonçant la manœuvre de diversion du gouvernement". Un non-choix, donc ? Pas selon elle : "C'est un choix courageux, pas évident, ni électoraliste." La députée explique les différentes stratégies du FN quant à la participation à cette manifestation : "Certains ont considéré que dénoncer la manœuvre de diversion de François Hollande était prioritaire – comme Marine Le Pen et Florian Philippot. D'autres ont considéré que c'était participer à la manifestation."

    Une Marion Maréchal qui a déclenché, dimanche, les mêmes réactions que sa tante, puisqu'à son passage, des manifestants lui témoignaient leur sympathie en criant son nom, ou demandaient à être pris en photo avec elle. Toutefois, d'autres militants s'adressaient aux journalistes pour préciser qu'il ne fallait pas "mélanger" le reste de la manifestation et le FN.

    Difficile de savoir, en tout cas, si la participation du FN aux défilés a été importante ou pas : il est impossible de chiffrer le nombre de participants, le cortège n'étant pas clos, de nombreux badauds se mêlaient aux frontistes. Beaucoup de cadres régionaux ont manifesté, mais aussi des dirigeants nationaux comme Steeve Briois, Nicolas Bay (secrétaire général et secrétaire général adjoint), Marie-Christine Arnautu (vice-présidente chargée des affaires sociales) ou encore Alain Jamet, 78 ans, premier vice-président du FN et figure historique du parti.

    http://rivarol.over-blog.com/

  • CHOMAGE : JEREMIADES SUR JEREMIADES

    Le prophète Jérémie pleurait sur le malheur des temps mais ne le créait pas lui-même. Les lamentos publics sur le chômage ne cessent pas et ne sont pas près de cesser à mesure que les mauvaises nouvelles déferlent. Ces lamentations sont d'autant plus fortes qu'elles proviennent de ceux-là mêmes qui créent le drame, tout en veillant avec soin à y échapper personnellement.
    Les chiffres sont mauvais dans toute la zone euro. fin avril, 17,4 millions de personnes se trouvaient sans emploi soit 11 % de la population active et 110 000 personnes de plus qu'en mars. La France, comme souvent, est en pointe si l'on peut dire. Avril est le douzième mois de hausse consécutive aboutissant à un total de 2,75 millions de chômeurs ; toutes les catégories de la population sont touchées mais surtout les jeunes et les seniors.
    Le phénomène n'est pas nouveau. Depuis longtemps et quelle que soit la couleur apparente ou réelle du gouvernement le problème s'aggrave. Or, ce n'est pas du tout une fatalité comme nous allons le voir.
    En novembre 2011, il y eut trente mille demandeurs d'emploi supplémentaires les jeunes étaient particulièrement touchés. Le taux de chômage « officiel » était de 10 %. En fait ce pourcentage est faux, car les 10 % se rapportent à la population active laquelle comprend les fonctionnaires ou assimilés qui ne risquent pas le chômage ; rapporté aux salariés du privé, le pourcentage réel deviendrait de 20%. L'Allemagne de son côté affichait alors un taux officiel de 6,4 % et connaissait une pénurie de main d'œuvre.
    Antérieurement, en avril 2009, le Président Sarkozy présentait un plan d'urgence destiné prétendument à atténuer le taux de chômage. Il visait à faciliter le recrutement de jeunes dans les entreprises par le biais de l'apprentissage et de contrats aidés. Il était promis 320 000 contrats d'apprentissage en un an, grâce à une exonération de charges et à une prime spéciale ; de l'argent fut déversé dans une campagne d'information sur l'apprentissage ; personne ne peut savoir si des contrats d'apprentissage supplémentaires ont été conclus. Des sortes de nouveaux fonctionnaires, sous le nom de « référents », devaient faire la promotion de l'alternance.
    
En remontant le temps, le 4 juillet 1977, Raymond Barre avait lancé le premier « pacte national pour l'emploi des jeunes », Ses successeurs à Matignon ont inventé une kyrielle de dispositifs : contrats de qualification, stages d'insertion dans la vie professionnelle, travaux d'utilité collective, contrats emploi-solidarité, emplois-jeunes, contrats jeunes en entreprise, contrats d'insertion dans la vie sociale, contrat de professionnalisation. Dominique de Villepin plus tard mit en œuvre un « plan d'urgence pour l'emploi des jeunes ».

    POURQUOI LE CHOMAGE ?
    Arrêtons ce désolant historique et voyons les causes. Cela conduira aux remèdes lesquels existent malgré la propagande officielle contraire.
    Les explications le plus souvent citées sont nombreuses : désindustrialisation, atonie de l'investissement, chute des exportations, coût du travail excessif, nombre excédentaire des fonctionnaires, les 35 heures, immigration sauvage, Smic en accroissement constant, code du travail et son incroyable complexité, grèves permanentes chassant les investisseurs hors de France, nuée d'organismes publics souvent immortels et prétendant s'occuper de la calamité .
    En fait cette énumération mélange les causes et les effets. Il y a trois causes majeures : la fiscalité en folie, le code du travail et l'immigration sauvage.
    Dans le cadre restreint de ce flash, il n'est pas possible de tout traiter et nous allons parler uniquement de la fiscalité. Nous allons voir ainsi que François Hollande en héritant d'une catastrophe nationale s'est empressé de l'aggraver.

    LA CREATION D'EMPLOIS
    Seules les entreprises peuvent créer des emplois. Nous excluons les entreprises du Cac 40 ; celles-ci ont tout compris et gagnent leur argent à l'étranger. En plus, structurellement, les très grandes entreprises ne sont guère créatrices d'emplois.
    L'immense tissu des autres entreprises est prêt à créer des emplois en grand nombre si on ne les en empêche pas par les lois fiscales et sociales. Cela peut concerner aussi bien des firmes de milliers de personnes que des PME ou des TPE.
    Comment se prend la décision d'embaucher ou pas ? Le processus est le même qu'il y ait un décideur, le patron, ou un groupe de décideurs. Il faut légitimement que l'embauche maximise les profits. Chaque décision d'embauche répond à un challenge : produit nouveau, marché à l'extérieur, concurrent agressif, acquisition d'une licence, opportunité à saisir... .
    Le risque est toujours important. Il est très grand pour l'entreprise personnelle ou familiale, car souvent le patrimoine du patron est dans la balance.
    En clair et pour résumer, il faut que les risques et le coût de l'embauche soient largement inférieurs aux profits espérés, ceci si possible d'une façon pérenne. C'est là que la fiscalité intervient dans le cadre de la centaine d'impôts que paient les entreprises. Elle intervient aussi avec bien d'autres impôts : un impôt sur les super riches les chassent hors de France et crée du chômage en conséquence.
    Si le décideur sait que le fisc le privera de la totalité ou de l'essentiel de ses efforts, il restera l'arme au pied en rongeant son frein. C'est ce qui s'est passé tant de fois avec les Chirac, Sarko et compagnie ; le résultat est connu avec la croissance désolante du chômage engendrant à son tour d'autres calamités.

    L'INCERTITUDE DU CHATIMENT
    Avec François Hollande un facteur nouveau apparaît, à savoir une incertitude maximum sur la punition réservée aux entrepreneurs. Cette longue incertitude dure depuis les primaires socialistes mais elle s'est durcie pendant la campagne officielle. Depuis l'élection elle s'envole dans le nuées. Tous les jours les médias parlent de la menace fiscale détaillant le menu des réjouissances avec toutes les variantes possibles. Dans ce menu les entreprises sont particulièrement visées !
    Tout récemment Martine Aubry vient de lâcher une véritable bombe en disant que les impôts déjà prévus ne suffiront pas et elle a fait allusion à d'énormes marges de manœuvre fiscales (sic). C'est si grave qu'il est permis de s'interroger : la « Kamarade » ne fait-elle pas payer au président son ingratitude en lui savonnant par avance la planche ? Tout ce micmac se déroule sous l'œil goguenard de la CEE, elle-même source connue du chômage dans le continent.
    Dans ce tintamarre aucune mesure d'économie réelle et immédiate n'est prévue alors que cela permettrait aux entreprises d'éviter le déluge fiscal. Le résultat immédiat est le freinage ou l'arrêt des embauches, avec le chômage en folie.
    Il n'est pas possible que les politiques au pouvoir ignorent le lien cruel entre la courbe du chômage et la chasse fiscale ouverte contre les entrepreneurs. Certes, manipulant l'opinion par médias interposés, ils répandent le gros mensonge d'une prétendue fatalité et finissent peut-être par y croire. A l'abri de ce mensonge, se trouve un problème de culture : la chasse aux entrepreneurs fait partie de la chasse aux riches, tous étant suspects par nature.
    D'étranges souvenirs resurgissent en cette occurrence. Lors de la révolution dite française, Robespierre dut sa chute à l'incertitude qu'il laissa planer sur ses futures victimes qui se révoltèrent à temps ! D'âge en âge, l'idéologie révolutionnaire se transmet.
    Ce flash attire principalement l'attention sur l'aspect fiscal évident du chômage avec l'adjonction dramatique de l'incertitude. Simultanément il montre que la voie pour l'atténuer, voire l'éradiquer, est largement ouverte surtout si on s'attaque aussi aux autre causes citées ci-dessus.
    Un peu d'optimisme peut cependant apparaître. L'évidence est telle que les victimes peuvent se réveiller malgré la propagande.
    Encore faut-il que leurs cris ne tombent pas dans l'oreille de sourds !
    MICHEL de PONCINS http://libeco.net

  • Réforme du marché du travail : En attendant la Troïka

    En signant avec le Medef un accord « au service de la compétitivité des entreprises et de la sécurisation de l’emploi », trois syndicats minoritaires ont donné en France un aval anticipé aux  réformes structurelles du marché du travail imposées par la Banque centrale européenne, la Commission européenne et le FMI dans le Sud de l’Europe. Tout y est : baisse des salaires en cas de menace sur l’emploi, prédominance de l’accord d’entreprise sur l’accord de branche et sur la loi, facilitation des mobilités forcées et des licenciements. Le Wall Street Journal félicite les patrons français d’avoir « gagné une nouvelle flexibilité ». 

     

    L’accord signé le 11 janvier par le Medef, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC confirme la possibilité, déjà adoptée par la majorité précédente, d’accords d’entreprise dits de « maintien dans l’emploi », avec une baisse des salaires, en cas de « graves difficultés conjoncturelles ». Les salariés qui refuseraient la baisse de salaire seraient licenciés pour « motif personnel », exonérant l’entreprise de toute obligation de reclassement. De même, tout salarié qui refuserait un changement de poste ou une mutation géographique pourra être licencié pour « motif personnel », dès lors que l’entreprise a signé un accord sur la mobilité.

     

     

     

    La « sécurisation des licenciements » tant souhaitée par le Medef se traduit aussi dans l’accord du 11 janvier par une réduction des délais de contestation des plans sociaux et des licenciements, ainsi que par une priorité donnée à la conciliation prudhommale, avec des indemnités minimes dont l’acceptation par le salarié interdit ensuite toute poursuite judiciaire.

    Plus profondément encore, l’accord du 11 janvier dynamite toute la législation sur les plans sociaux : un accord d’entreprise peut prévoir une procédure totalement différente de celle prévue par la loi ; et s’il ne parvient pas à obtenir la signature des syndicats, l’employeur peut déposer son plan social à l’Inspection du travail, qui doit motiver un éventuel refus dans un délai de 2 à 4 mois.

    En guise de contreparties, l’accord prévoit essentiellement un renchérissement limité des CDD de très courte durée (moins d’un mois), la généralisation de la complémentaire santé pour les salariés des PME et une majoration de 10% pour les  heures complémentaires des salariés à temps partiel. Des avancées qui seraient appréciables si elles n’étaient pas payées aussi cher.

     

    Car la France et l’Europe s’enfoncent dans une grave récession, provoquée par les politiques d’austérité et par la frilosité des banques qui réduisent leurs crédits pour préserver leur bilan. Les brèches ouvertes par l’accord du 11 janvier ne vont certainement pas « accélérer la création d’emploi » comme l’annonce le gouvernement ; elles vont plutôt faciliter le passage du tsunami de licenciements qui s’annonce et accélérer la montée du chômage.

     

    Attac appelle les parlementaires français à corriger les graves dangers que présente ce texte et invite tous les acteurs sociaux à organiser ensemble la résistance et la construction d’alternatives à ces politiques suicidaires pour les salariés et pour les peuples européens. Dans cette perspective, les nombreuses forces syndicales et associatives européennes engagées dans le processus d’Altersommet se réuniront début juin à Athènes en vue d’affirmer haut et fort qu’une autre Europe est possible.

     

    france.attac.org

    http://fortune.fdesouche.com