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France et politique française - Page 5140

  • Affaire Le Pen : il est désormais illégal de dénoncer des comportements illégaux

    Le 10 décembre 2010, à Lyon, Marine Le Pen avait tenu les propos suivants, évoquant les prières de rue :

    « Je suis désolée, mais pour ceux qui aiment beaucoup parler de la Seconde guerre mondiale, s’il s’agit de parler d’occupation, on pourrait en parler, pour le coup, parce que ça c’est une occupation du territoire. C’est une occupation de pans du territoire, des quartiers dans lesquels la loi religieuse s’applique, c’est une occupation. Certes il n’y a pas de blindés, il n’y a pas de soldats, mais c’est une occupation tout de même et elle pèse sur les habitants. »

    Ce parallèle entre les prières de rue et l’Occupation allemande n’a pas plus à tout le monde. Suite au dépôt d’une plainte du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), le parquet de Lyon avait ouvert en janvier 2011 une enquête préliminaire pour « incitation à la haine raciale ».

    Hier, le ministère de la Justice a transmis au Parlement européen une demande de levée de l’immunité parlementaire de Marine Le Pen. Procédure classique, à partir du moment où le parquet de Lyon avait ouvert une enquête sur ses propos.

    Quoiqu’il en soit, l’affaire est délirante. Car enfin, l’Islam n’est pas une race : aussi bien l’accusation d’ »incitation à la haine raciale » n’a aucun sens. Par ailleurs, personne n’appelle à la haine des personnes. Marine le Pen est un homme politique, et elle soulève un problème politique : l’envahissement illégal de l’espace public par une communauté. Alors que ses détracteurs utilisent le levier affectif pour tenter de la culpabiliser, faut-il rappeler qu’en politique, il faut prendre de la hauteur et discerner à l’aune du bien public ? Désormais, comble du paradoxe, chacun saura qu’en France, pays prétendu de la liberté d’expression, l’on est susceptible d’être poursuivi en justice pour avoir dénoncé une action illégale…

    http://www.contre-info.com/

  • Une vingtaine de députés de gauche contre la dénaturation du mariage

    L’unité se fissure de plus en plus au sein de la gauche. Carlos da Silva, député PS de l’Essonne, suppléant de Manuel Valls depuis dix ans, déclare :

    « Je me suis beaucoup interrogé sur le mariage pour tous, j’ai beaucoup hésité. Je suis sceptique dès lors qu’il s’agit de toucher à l’ordre sociétal de notre pays. Je suis sceptique parce que je considère aussi qu’il faut, dans le travail du gouvernement, ne pas se limiter à ses mesures sociétales ».

    Au terme de plusieurs mois de réflexions et surtout de pressions, l’élu socialiste a décidé qu’il votera « pour » le mariage et l’adoption par les homosexuels.

    « Mais je voterai contre la procréation médicalement assistée, que ce soit devant le groupe, en commission ou en séance. La PMA ne fait pas partie des engagements de François Hollande ».

    Pour le moment, seuls le maire de Lyon, Gérard Collomb, ou l’ex-premier ministre, Lionel Jospin, sont ouvertement critiques. Le député maire de Chambéry, Bernadette Laclais, est contre. Comme le député des Yvelines Jean-Philippe Mallé, suppléant du ministre Benoît Hamon :

    « C’est non pour le mariage, non pour l’adoption, non pour la procréation médicalement assistée ».

    Le député de Meurthe-et-Moselle Dominique Potier est également contre. Comme Jérôme Lambert, Patrice Carvalho et Gérard Charasse. Dominique Potier est furieux de l’absence de débat au sein même du PS :

    « Il me semblerait de bon aloi que le PS et le groupe socialiste nous autorisent à nous exprimer sur ce sujet ».

    Le Salon Beige

  • Alain Soral - Des bilderberg au club "Le siècle" - La Franc-Maçonnerie au pouvoir

  • Cabale anti FN : Marine et Bruno ne se coucheront pas !

    Après le refus (sidérant) du Conseil constitutionnel d’invalider l’élection législative dans la circonscription d’Hénin-Beaumont, nous avons appris officiellement hier que le ministère de la Justice a  transmis fin novembre au Parlement européen une demande de levée de l’immunité parlementaire de  Marine Le Pen. En cause les propos de Marine,  en décembre 2010 lors   de son  passage à Lyon dans le cadre  de la campagne interne, évoquant les prières de rue des musulmans. « Je suis désolée, mais pour ceux qui aiment beaucoup parler de la Seconde guerre mondiale, s’il s’agit de parler d’occupation, on pourrait en parler, pour le coup, parce que ça c’est une occupation du territoire (…) Certes il n y’a pas de blindés, il n’y a pas de soldats, mais c’est une occupation tout de même et elle pèse sur les habitants », avait-elle alors déclaré.

    L’officine grassement subventionnée et  dite «  antiraciste » Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples)  avait aussitôt déposé une plainte. Une enquête préliminaire pour « incitation à la haine raciale » avait ensuite été ouverte par le parquet de Lyon en janvier 2011.

    Sur BFM TV,  la présidente du Front National a dénoncé  cet acharnement. « Je crois que le système ne sait plus quoi faire pour arrêter la dynamique qui me porte. Alors on m’empêche de rejouer l’élection d’Hénin Beaumont, on me persécute sur le plan judiciaire… Qu’ils soient bien conscients que tout cela me renforce et ne m’affaiblit pas », a-t-elle déclaré.

    Depuis plus de quatre ans maintenant, Bruno Gollnisch  est victime lui aussi d’une  (nouvelle) persécution judiciaire  (une de plus !) en raison d’un communiqué datant du mois d’octobre 2008  et qui   émanait  du groupe FN qu’il préside au Conseil Régional Rhône-Alpes. Un communiqué critiquant  l’intolérance qui prévaut dans certains pays musulmans, qui pointait notamment «l’invasion de notre patrie et la destruction de notre culture et de nos valeurs».

      Bruno avait alors  précisé que même si ce texte ne fut pas rédigé par ses soins, les propos « litigieux » relevaient bien de son «expression politique». «On a le droit de critiquer l’islam dans ses manifestations agressives», «le droit d’exercer une critique aussi bien à l’encontre des voyous ou des bandes ethniques qui sévissent dans notre pays, que je ne confonds pas avec l’ensemble des musulmans de France» précisait-il.

     Bien  sûr,   par l’odeur  alléché,  la Licra avait déposé plainte pour « incitation à la haine »,  cette officine « aux pouvoirs exorbitants, qui, sous prétexte de lutter contre le prétendu racisme, s’arroge le droit de persécuter les patriotes qui luttent pour que les Français demeurent maîtres chez eux. »

     Une organisation antinationale a  laquelle Bruno Gollnisch avait conseillé de « s’intéresser au sort des musulmans à Gaza plutôt qu’à Lyon où il est beaucoup plus enviable ». L’actuel président de la Licra,  l’avocat lyonnais Alain Jakubowicz ne semble pas prédisposé  à entendre cette sage demande…

    En mai 2011, nous  l’évoquions  sur ce blog en  relatant la conférence de presse tenue alors par  Bruno,  celui-ci avait  relevé que «  les majorités automatiques du Parlement Européen, avec l’instinct grégaire et la tartufferie qu’on leur connaît, (avaient levé son) immunité sous le prétexte imbécile et hypocrite que le communiqué du groupe (FN)  n’avait pas été rédigé dans le cadre de (ses) activités parlementaires. »

    Dans le cadre de cette affaire de communiqué, Bruno Gollnisch a été harcelé par le juge Campi agissant sur requête de la Licra, qui a essayé par trois fois de le faire arrêter illégalement bien que couvert par son immunité,  en délivrant un mandat d’amener qui a reçu une tentative d’exécution, et dont l’illégalité a été  clairement reconnue.

    Cette violation flagrante de la Constitution et des traités était qualifiée de crime de forfaiture dans l’ancien code pénal, de tentative d’arrestation et de séquestration arbitraire passible de cinq années de prison dans le droit actuel !

    Le député frontiste a donc porté cette affaire   devant la Cour de justice de Luxembourg, notamment en raison de l’argument hallucinant avancé pour exiger la levée de son immunité, selon lequel les faits susceptibles de lui être reprochés ne relèvent pas de ses activités de député européen. La  précédente levée d’immunité parlementaire  de Bruno en  2005,  fut d’ailleurs condamnée par cette fameuse  Cour de Justice de Luxembourg.

    En effet, par définition, l’immunité parlementaire couvre justement des propos tenus en dehors du Parlement européen puisque, selon les textes, les déclarations d’un député dans l’hémicycle ne peuvent donner lieu à des poursuites !

    Enfin, rapportons encore quelques autres remarques  de Bruno Gollnisch. D’abord « aucune preuve de publication de ce  communiqué n’existe dans le dossier. La personne habilitée à représenter la  Licra, Mme  Macha Pariente, directrice des affaires juridiques de cette officine,  déclare qu’elle n’a pas eu connaissance de ce communiqué, si ce n’est par les comptes-rendus d’une conférence de presse postérieure d’une semaine tenue (par B. Gollnisch, NDLR) le 10 octobre.  Conférence qui n’était pas la reprise pure et simple de ce communiqué, tant s’en faut. Cela vicie évidemment toute la procédure : en matière de presse, c’est la publication qui fait le délit. »

    Nous ne cachons pas non plus notre surprise de ce qu’ « une simple polémique puisse donner lieu à un tel acharnement, au moment même où toute la classe politique, Garde des Sceaux en tête, organisations anti-racistes incluses, prenaient fait et cause pour le journal Charlie-Hebdo dans l’affaire des propos et dessins parfaitement injurieux envers l’Islam publiés par ce magazine. »

     Enfin, il ne serait pas aberrant de « demander le dépaysement du dossier, Alain Jakubowicz  à l’origine de la plainte,   a été élu lyonnais. » Bruno Gollnisch l’est  toujours. Il s’agit donc d’une « affaire politique ». En outre, « la justice lyonnaise a été désavouée dans une précédente affaire contre le député frontiste, » où  avait été bafoué son droit à la liberté d’expression.

     Last but not least, en cas de refus du dépaysement, et de traduction de cette affaire  devant le tribunal correctionnel, il est loisible de s’interroger sur la nécessité  de récuser « les magistrats franc-maçons et/ou membres du Syndicat de la Magistrature (SM). Les premiers sont mis en cause dans le texte incriminé ; ils seraient juges et parties. Les seconds ont pris position officiellement contre le FN. »

    http://www.gollnisch.com

  • Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Dîner du Siècle

  • ACTION FRANÇAISE Une histoire intellectuelle

    Nous commençons, à propos de la nouvelle édition de l'ouvrage de François Huguenin consacré à l'Action française, l'évocation d'un siècle d'histoire intellectuelle, d'autant que l'auteur, révisant certains de ses jugements publiés en 1998, les nuance à l'excès, au risque de verser parfois dans l'incohérence.
    IL EST INHABITUEL, nous en avons conscience, d'ouvrir la critique d'un livre, en l'occurrence d'une « édition revue et augmentée », par la critique de la critique... C'est pourtant ce que nous avons fait, sur le site de l'Action française, à propos de la réédition du livre de François Huguenin, À l'École de l'Action française, publiée cet automne sous un titre plus neutre, L'Action française, une histoire intellectuelle. Et nous ne le regrettons pas 1. D'autant que François Sureau, dans Le Figaro littéraire du 9 novembre, semble confirmer le jugement, dépréciatif, de Patrice de Plunkett, que nous avons épinglé 2 : « Peut-être a-t-on exagéré Maurras, et c'est l'immense mérite du livre exigeant et subtil de François Huguenin de le remettre à sa juste place. » Car la même condamnation et, sinon les mêmes contresens, du moins leur expression convergente, ne laissent pas d'interroger. Qu'est donc l'ouvrage de François Huguenin devenu ?
    En 1998, la parution du livre avait été légitimement et unanimement saluée par la critique. D'autant qu'il ne laissait quasiment rien dans l'ombre de la multiplicité de l'influence d'une école de pensée - d'où le titre originel - sur les plans politique évidemment, mais également intellectuel, religieux et spirituel, littéraire, artistique ou géopolitique. Ce balayage de près d'un siècle d'histoire intellectuelle était fait, nous prévenait alors la quatrième de couverture, « sans indulgence ni manichéisme vis-à-vis des errements de l'antisémitisme ou du ralliement de Vichy d'une partie des intellectuels d'Action française ». Aujourd'hui, la quatrième de couverture nous prévient que l'étude est réalisée « sans indulgence vis-à-vis des dévoiements de l'antisémitisme ou du ralliement à Vichy ». Certes, chacun connaît le dicton editore, traditore, mais, tout de même, perce une interrogation majeure : entre 1998 et 2011, François Huguenin serait- il devenu « manichéen » ?
    L'auteur prévient d'emblée : sa nouvelle édition, à ses yeux « définitive », prend non seulement en considération la bibliographie la plus récente, mais développe également « un certain nombre de points qui, à la relecture, [lui] avaient paru insuffisamment traités », notamment « la xénophobie maurrassienne », l'antisémitisme, les relations entre l'Action française et le catholicisme et l'héritage de la pensée réactionnaire (Huguenin ayant écrit entre-temps un ouvrage justement remarqué sur Le Conservatisme impossible), si bien que « la conclusion de ce livre [...] est substantiellement différente de celle [...] livrée en 1998 » (14-15 3). Comment ne pas s'en réjouir, du moins a priori ? D'autant que Huguenin nous prévient avoir fort heureusement « retranché quelques longueurs parfois ». Nous verrons toutefois qu'on n'est jamais si bien trahi que par... sa propre modestie. On comprendra que cette nouvelle « profondeur de champ » fasse l'objet de notre analyse.
    1 – Nous renvoyons à nos deux articles parus sur Internet : http://www.actionfrancaise.net/craf/?PONCIFS-ANTIMAURRASSIENS-1 et http://www.actionfrancaise.net/craf/?PONCIFS-ANTIMAURRASSIENS-II
    2 – Patrice de Plunkett se demande notamment, entre autres amabilités : « Comment expliquer le prestige de Maurras durant les années 1920-1930 ? Que des auteurs de l'envergure de Maritain ou Bernanos aient été "mêlés de si près" à l'histoire de l'Action française, semble une énigme aujourd'hui. »
    3 – Nous mettons entre entre parenthèses le numéro des pages.
    La question de l'antisémitisme, de la xénophobie et du populisme (I)
    FRANÇOIS HUGUENIN n'a pas tort de remarquer d'emblée, car c'est une constatation, non un jugement, que si « l'image de l'Action française est considérablement dégradée depuis cinquante ans, en dépit de son refus viscéral des totalitarismes que d'autres mouvements célébrèrent sans complexe », c'est « pour deux raisons presque successives » : Vichy et l'antisémitisme (11). D'où un nouveau chapitre, sur la « Tunique de Nessus » que constituerait pour l'AF l'antisémitisme maurrassien. Chapitre ô combien douloureux, compte tenu de la tragédie historique. Toutefois, rappelant que pour Maurras l'antisémitisme de peau est un mal (40), et que l'antisémitisme maurrassien est « inassimilable à un antisémitisme biologique à la manière nazie », pourquoi affirmer quelques lignes plus loin que, même replacé dans son époque, le concept de « Juifs bien nés », « dans son ambiguïté même, relativise dangereusement la distinction que l'Action française a toujours voulu prôner entre antisémitisme d'État et antisémitisme de race » (41) ? Comment deux termes « inassimilables » peuvent-ils être relativisés, c'est-à-dire mis en relation et donc rendus semblables à certains égards, c'est là un mystère logique que nous ne saurions résoudre. Peut-on parler de « délire paranoïaque » (42) à propos de Maurras seul quand on avoue aussitôt après, avec justesse, que son antisémitisme était une « vision alors partagée avec les syndicalistes révolutionnaires de l'extrême gauche engagés dans la lutte insurrectionnelle » (ibid.) et que l'on a rappelé auparavant que Clemenceau évoquait, en 1898, « le Juif crasseux » au « nez crochu » (cherchez : vous ne trouverez pas cela chez Maurras), et que Jaurès dénonçait, après Fachoda, « dans l'action juive un cas particulièrement aigu de l'action capitaliste », prônant un « socialisme nuancé d'antisémitisme » (38) ? Du reste, s'appuyant sur Michel Herszlikowicz, il reconnaît peu après « l'irréductibilité de la position maurrassienne au racisme nazi et à ses conséquences immédiatement démoniaques », « jusqu'à l'abandon définitif de tout discours antisémite » par l'Action française (42-3).
    L'enkystement intellectuel de Maurras sur la question de l'antisémitisme est à la fois suffisamment douloureux et réel pour ne pas justifier le soupçon d'être autre que ce qu'il a été : une permanence (ignorée de Bainville, abandonnée par Daudet) d'un héritage multiple du XIXe siècle, dont Pierre Boutang a montré qu'il n'était pas essentiel à la pensée maurrassienne. D'ailleurs Huguenin remarque, dans la première mouture, conservée, de son ouvrage, que « plus la pensée politique de la jeune Action française s'affine, moins l'antisémitisme apparaît » et que la « plupart des antisémites obsessionnels - comme Jules Soury, François de Mahy ou Jules Caplain-Cortambert - ne se convertiront jamais au royalisme » (69-70) : il eût pu tout simplement ajouter le nom de Drumont, Maurras exprimant publiquement en 1903 son désaccord dans La Libre Parole sur le fait que l'antisémitisme pût être la pierre angulaire du redressement national. Drumont mettra autoritairement fin aux articles de Maurras sur le sujet. Alors « délire paranoïaque » ou héritage dépourvu de tout caractère « obsessionnel » ?
    De même, sur la question de la xénophobie et du populisme, le Huguenin nouveau n'évite pas la facilité de mauvais journaliste d'une comparaison avec le... lepénisme (109), se demandant dans un anachronisme qui n'honore jamais l'intelligence, ce que Maurras « aurait exprimé face à l'immigration maghrébine ». Il découvre que, journaliste avant tout, son « discours [...] entremêle, notamment dans les articles du quotidien, un niveau de discours quasi populiste et une réflexion souvent beaucoup plus distanciée de l'événement », ce qui « crée une confusion dont nous avons encore du mal à sortir »... Huguenin n'interroge pas le mot "populiste" dont les résonances en ce début de XXIe siècle ne sont pas les mêmes qu'à la fin du XIXe ou au début du XXe siècle. Mais l'anachronisme, mêlé d'une étonnante ignorance, atteint un sommet lorsqu'il reproche à Maurras d'avoir employé le mot "métèque", « qui renvoie également à une insulte courante, liée au délit de faciès » (109), alors même que c'est Maurras qui, dans La Cocarde de Barrès, en 1894, fut... le premier à l'employer en français moderne ! Il ne s'agissait donc pas pour Maurras de reprendre « une insulte courante », mais d'observer, comme il le dira par la suite, que « la République française était sans défense contre ces hôtes [sens du mot métèque : celui qui vit sous le même toit que le citoyen], car ils s'y rendent maîtres de l'Etat dénationalisé » (L'Action Française quotidienne, 6 mars 1927).
    L'auteur "revu et augmenté" oublie également un peu vite que le journalisme, avec ses exigences et contraintes, est un acte politique par excellence pour Maurras, qui avait à ce point conscience de cette difficulté, inhérente au combat quotidien, qu'il tirait - ou faisait tirer - de ses articles des recueils permettant précisément de dégager les « lignes de force » de ses... Politiques. Aussi est-il un peu convenu et décevant de conclure que ce que Maurras énonce serait « une peur », « celle de voir le lieu du vivre ensemble se disloquer et, du coup, se retrouver face à la solitude existentielle de tout son être »... Ces anachronismes bien pensants, ce psychologisme de pacotille sont-il dignes de François Huguenin ? Ils ne l'auraient pas été, en tout cas, de celui de 1998. Du reste, reprenant son ouvrage antérieur, ne reconnaît-il pas, trois pages plus loin, que « l'Action française, dès 1902, se rallie à la conclusion monarchiste de Maurras et s'affranchit du vieux fond de nationalisme populiste » (112, réitéré 113) ? Là encore, les deux vêtements, l'ancien et le nouveau, cousus maladroitement ensemble, jurent...
    À suivre.
    Axel Tisserand L’ACTION FRANÇAISE 2000 Du 1er au 14 décembre 2011
    ✓ François Huguenin, L'Action française, Perrin-Tempus, 686 p., 12 €,

  • Pour en finir avec la droite

    La gauche profite de nos rêves La droite rêve de nos profits.jpgIl est un fait acquis que nous ne sommes pas de gauche.

    Mais reviennent sans cesse et par périodes, ces vieux démons selon lesquels le mouvement national serait de droite, «la vraie droite» , «la nouvelle droite».
    De toute évidence, celui-ci se cherche encore et n’a pas fini de se perdre …

    Personnellement, je n’ai jamais été de droite, de gauche non plus par ailleurs, je ne vois pas très bien ce que la France, qui remonte au moins au baptême de Clovis, peut avoir à faire avec cela, tant c’est bien plus et bien au-delà de ça.

    Quant aux « socialistes » que nous combattrions et qui seraient de gôche, je me demande s’ils sont encore eux-mêmes au courant.

    Une gôche qui serait contre ceux qui ont le plus besoin de protection alors, pour les mettre en concurrence avec la terre entière, un prolétariat qui ne gagnerait pas son pain à la sueur de son front mais seulement quelques miettes en se rendant malade tandis qu’une petite caste de dirigeants de gôche se vautrerait dans le lucre sans jamais se mouiller.

    Une gôche qui couche avec le libéralisme le plus vulgaire, de la libéralisation économique à outrance à la libéralisation des moeurs en passant par la libéralisation des droits régaliens :

    après celui de battre monnaie, celui de faire la Loi, celui de se défendre, comme l’ont récemment demandé deux élus socialistes qui s’inquiètent de notre « retard » en matière de privatisation des forces armées.

    Il est vrai que pour la droate, c’est une toute autre affaire.

    Elle est bien pour la libéralisation économique, la libéralisation des droits régaliens, mais parce qu’elle a sa légitimité de droate pour cela, quant aux moeurs, attendez, elle est de droite, la droate, donc elle va faire ça … par sa gauche.

    Marine Le Pen ne se dit-elle pas elle-même à la gauche d’Obama et celui-ci ne vient-il pas – après avoir dit qu’il était contre il y a quelques années – de se déclarer en faveur du mariage homosexuel.

    Il faut bien comprendre que la droate y viendra, cinq ans après les Usa sans doute, le temps que cela traverse l’Atlantique, mais elle y viendra, et il ne faudrait même pas s’étonner que ce soit un Copé ou un Juppé qui servent alors cela sur un plateau.

    D’ailleurs le 22 novembre 2011, des responsables UMP, confortés par Chatel, l’inévitable Bachelot -qui a augmenté de près de 50 % de la rémunération des médecins pour un avortement- et Copé, avaient lancé un appel en faveur du mariage gay, comme l’avait fait le premier ministre anglais et « ultra-conservateur » David Cameron. Sarkozy n’était pas défavorable, en 2006, à un « contrat d’union civique » pour les homosexuels, comme d’ailleurs, à la même époque, il louait le « métissage ».

    L’agent Descoings a déjà bien avancé le job, le missionnaire sarkozyste s’est montré bien à la pointe en introduisant ses Gender Studies comme une science, on voit mal -ou trop bien- comment l’altération ne deviendrait pas la note dans une gamme en La majeur.

    Dire que nous serions la meilleure opposition à la gauche ou au socialisme est ainsi proprement affligeant.

    Cela montrerait que l'on n' aurait finalement rien compris au mondialisme, et/ou que l'on prend les gens pour des cons (mais on ne sait même plus dans quel sens).

    Nous sommes seulement, et ce depuis que nous avons réalisé ce que c'était, la meilleure opposition -a priori donc - au mondialisme de l'Umps & compagnie.

    La gauche, le droite, le centre, l'extrême-gauche et l'extrême-droite sont des conneries pour gogos.

    L'Umps ne sont que les valets des mêmes donneurs d'ordre.

    On sait parfaitement que le ratio d'immigration est donné ailleurs, comme variable d'ajustement économique (ce facteur englobant l'élément déstabilisateur et n'oublions pas que l'homme hors sol est le plus rentable dans son coût de revient et dans ce qu'il rapporte entant que consommateur), on sait aussi que le reste de cette politique économique, et, donc sociale, est élaboré ailleurs.

    Que même les pressions sur l'évolution des mœurs viennent d'ailleurs et sont décidées ailleurs.

    Immigration, communautarisme, éducation, Ivg, euthanasie, don d'organe, Ogm, nucléaire, Gender studies et dérivés, où avez-vous vu une différence !

    Faut-il être ignorant pour ne pas voir, ce serait bien que ceux qui se prétendent "la meilleure opposition" sachent déjà à quoi, et sachent aussi un minimum de quoi il en retourne.

    Les gros fournisseurs d’idéologies politiques appliquées sont en France, tant Terra Nova que Fondapol, tant l’Institut Jean Jaurès que l’Institut Turgot et leurs experts sont si interchangeables qu’ils travaillent souvent pour les quatre à la fois, et le tout est chapeauté par les mêmes groupes industrialo financiers, qui du Cercle de l’Industrie, qui de l’Institut de l’Entreprise, qui de L’European Round Table.

    Il faut bien comprendre aussi que ce qui relève du sociétal, est aussi un business, tant au niveau de la machine à gaz (le lobbying est un marché en soi) qu’au niveau des éléments de fond, l’euthanasie est aussi un marché, le don d’organe est un marché, le mariage homosexuel est un business, etc., etc..

    Il n’y a que le fric dans ce système, tout le reste n’est que prétexte, et tant que l’on ne comprend pas cela, on ne comprend rien.

    N'attendons pas que le peuple s'abaisse à notre hauteur si on ne s'élève pas déjà nous-mêmes.

    Oriane Borja http://orianeborja.hautetfort.com

  • Anne Kling : « Dès les années 70, la Licra va systématiquement soutenir l'immigration de peuplement arabo-musulmane »

    RIVAROL : Anne Kling, vous intervenez à la journée de Terre et Peuple, sur le thème des lobbys qui prétendent diriger la France, et vous êtes l'auteur de trois livres remarqués, consacrés à la Liera, au Crif et aux révolutionnaires juifs. Dites-nous quel est votre cheminement intellectuel et politique ?
    Anne KLING : Je ne suis absolument pas issue de ce que d'aucuns appellent « l'extrême-droite ». J'avais été suppléante au titre du RPR du député UDF strasbourgeois Harry Lapp. Je fus ensuite responsable de La Droite de Charles Millon, à Strasbourg. C'est dans le cadre de la préparation  d'élections  municipales à Strasbourg que mes ennuis commencèrent, et par là, ma prise de conscience. J'avais décidé de faire équipe avec Robert Spieler, alors président d'Alsace d'Abord et j'avais rédigé un tract, au titre d'une association que j'avais créée, où je liais immigration et insécurité. La Licra me traina devant les tribunaux, mais je fus relaxée. C'était ma première rencontre avec l'officine... Par la suite, un autre tract me valut de sérieux ennuis professionnels. J'étais fonctionnaire au Conseil de l'Europe, dont la Turquie fait partie, et j'avais eu l'outrecuidance de lancer une pétition contre l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne. Je considérai que c'était là mon droit le plus strict, en tant que citoyenne. Le secrétaire général du Conseil de l'Europe ne l'entendit pas ainsi et enclencha une procédure disciplinaire en vue de mon licenciement. J'avais décidé de me battre. Les tribunaux français n'étant pas compétents, j'ai obligé le Conseil de l'Europe à réunir un tribunal administratif international pour juger mon cas. C'était, à ma connaissance, la première fois que cela se produisait. Je finis, après quelques péripéties, par obtenir en grande partie gain de cause. J'ai certes terminé ma vie professionnelle dans un placard, mais je ne m'en suis pas plainte. Cela m'a donné du temps pour réfléchir à l'écriture de mes livres !
    R. : Pourquoi avez-vous décidé de consacrer un livre à la Licra, et un autre au Crif ?
    A. K. : Le Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) et la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme) sont peu connus du grand public. Il suffit de demander autour de soi ce que ces sigles signifient pour s'en rendre compte facilement.
    Et même dans nos rangs, si l'on sait en général un peu mieux ce dont il est question, beaucoup ignorent l'étendue réelle du rayon d'action de ces officines. Leur puissance et leur capacité d'influence dans un grand nombre de domaines importants de la vie politique française, comme la justice, l'éducation nationale, la promotion de l'immigration arabo-musulmane.
    Et donc on méconnaît généralement leur forte responsabilité dans la situation très dégradée de la France d'aujourd'hui. Jusqu'il y a une dizaine d'années, le CRIF qui se qualifie lui-même de porte-parole politique de la communauté juive de France auprès des pouvoirs publics, était occulté, dans les média surtout, par la puissante Licra. C'est la Licra qui jouait en matière de lutte « contre le racisme et l'antisémitisme » le rôle de bras armé et veillait jalousement à l'orthodoxie de la vie politique française. C'est qu'un renvoi en correctionnelle, une excommunication sur la place publique, un tabou jeté sur tel ou tel, étaient vite arrivés.
    Et leur seule perspective suffisait à tenir en laisse une classe politique particulièrement docile. Mais les circonstances ont évolué depuis le début des années 2000 et la Licra, qui est toujours là et bien là, apparaît aujourd'hui en retrait derrière le CRIF qui tient à présent le haut du pavé et de l'affiche. Bien sûr, pour s'en apercevoir, il faut s'intéresser de près au fonctionnement de la vie politique du pays. Encore une fois, le grand public n'a pas conscience de la réalité et de la puissance de ces courants souterrains.
    Car les média du système se gardent bien d'attirer son attention sur une situation qui pourrait finir par paraître bizarre. Tout est fait au contraire pour éluder le sujet et ceux qui persistent à se poser trop de questions sont généralement réduits au silence par l'accusation absolument terrifiante d'antisémitisme.
    Celle qui vous rejette illico en dehors de l'humanité et vous précipite aux enfers. Car il faut savoir que l'"antisémitisme" est actuellement le seul péché mortel encore existant.
    R. : Parlez-nous des origines de la Licra ?
    A. K. : La Licra est l'officine la plus ancienne et a longtemps été la plus puissante. C'est elle qui a le plus fortement contribué à façonner le visage de la France d'aujourd'hui..Car elle a très fortement ; contribué à imposer au pays une immigration musulmane massive. Devant la tournure prise par les événements, elle est maintenant un peu moins flamboyante. C'est l'une des raisons pour lesquelles le Crif a pris le relais.
    Mais le pouvoir de la Licra a été très important globalement entre les années 1970 et 2000. Une période charnière qui a vu une véritable mutation du pays.
    Pour comprendre d'où elle a pu tirer son pouvoir exorbitant, il faut remonter à la source : au confluent de deux événements majeurs du XXe siècle : la révolution bolchevique et la Seconde Guerre mondiale. Deux événements puissamment liés l'un à l'autre. Deux événements dont nous subissons encore fortement les retombées.
    La Licra a été créée en 1926 sous le nom de Ligue internationale contre les pogroms par un journaliste communiste, Bernard Lecache. Qui, comme son nom ne l'indique pas, était né dans une famille juive d'origine ukrainienne réfugiée en France. Lecache a été parmi les premiers à adhérer au tout nouveau Parti communiste français qui se crée en 1921.
    C'est donc un communiste de la première heure qui crée la Licra. Le pouvoir bolchevique règne alors d'une main de fer sur l'URSS depuis 8 ans et voudrait bien s'étendre à l'Ouest. C'est à cela que travaillent ses agents d'influence, tels que Lecache.
    Ce dernier crée la Ligue pour assurer le battage médiatique voulu autour du procès de l'assassin de Simon Petlura, abattu à Paris par Samuel Schwartzbard. C'est le meurtre d'un nationaliste ukrainien par un communiste juif qui est à proprement parler à l'origine de la Licra, le battage fait autour de ce procès sera immense et efficace : toute la gauche ainsi que la diaspora juive sont mobilisées, jusqu'aux États-Unis. Tant et si bien que par une inversion classique à ce procès on ne jugera pas le meurtrier, mais sa victime, présumée coupable de pogroms en Ukraine. En réalité, le procès ne permettra même pas d'établir sa part réelle de responsabilité dans les exactions commises par son armée.
    Bien évidemment, Schwartzbard est triomphalement acquitté à Paris en 1927 et dans la foulée Lecache transforme sa Ligue contre les pogroms, qui a parfaitement rempli sa fonction, en Ligue contre l'antisémitisme, pour disposer d'un rayon d'action plus vaste.
    Nous sommes en 1928, il va présider la Licra pendant 40 ans, jusqu'en 1968. À ce moment-là prendra le relais Jean Pierre-Bloch, le second président de la Licra qui restera à son tour à sa tête jusqu'en 1993. Ce qui signifie que de 1927 à 1993, la Licra a connu en tout et pour tout deux présidents. Tous deux juifs bien évidemment, tous deux journalistes, tous deux de gauche, tous deux indéboulonnables. Une étonnante continuité.
    R. : Jean-Pierre Bloch va poursuivre d'une haine vigilante tout ce qui est national ?
    A. K. : Ses haines vont, en effet, fortement ; marquer l'action de la Ligue. Elles plongent leurs racines dans les années de guerre et même d'avant-guerre. À la Libération, il est député socialiste, l'un des 27 jurés au procès du maréchal Pétain dont il votera la condamnation. Dès ce moment la Licra poursuivra les responsables du régime de Vichy d'une haine implacable qui culminera des décennies plus tard en un certain nombre de procès tardifs, mais retentissants. La Licra a donc été créée par des personnes et en des circonstances fortement politisées - à gauche - ce qui ne l'a jamais empêché de tranquillement se déclarer apolitique, ou plus exactement, selon ses propres termes, « au-dessus des partis ». Elle s'est déclarée de la même façon non confessionnelle. Cette apparente neutralité, totalement mensongère, lui a permis d'étendre son réseau dans toutes les directions et d'afficher une vitrine universaliste et morale derrière laquelle elle a pu exercer une influence politique importante et bien ciblée, quoique méconnue ou sous-estimée du public.
    R. : Quel rôle la Licra joue-t-elle dans l'arrivée de la gauche au pouvoir ? Et dans  l'immigration de peuplement arabo-musulmane ?
    A. K. : Avant 1981, son objectif premier a été d'aider la gauche à parvenir au pouvoir. Elle l'y a aidée de toutes ses forces et n'a pas eu affaire à des ingrats. Du reste, Mitterrand était membre d'honneur de la Liera, comme le sera son successeur, Chirac, qui n'avait rien à lui refuser.
    Pour la gauche, le meilleur moyen de parvenir au pouvoir et d'y rester, était de transformer le pays et surtout sa population. De faire de la France un territoire multiculturel et multiethnique. Dès les années 1970, la Licra va systématiquement soutenir l'immigration de peuplement arabo-musulmane. À ce moment-là, pour elle, juifs et arabes sont fondamentalement considérés comme frères. Ceci apparaît clairement dans tous ses écrits.
    Elle favorise donc l'arrivée d'une population considérée comme une alliée. Il s'agit, de concert avec la gauche politique, de transformer la France en profondeur, de modifier sa population, et donc son électorat, dans un sens favorable à la gauche.
    Pour la Licra, il s'agissait en outre de briser une cohésion nationale jugée menaçante à bien des égards. Et de faire payer , ce qu'elle estimait être une dette imprescriptible de la France à l'égard de sa population juive.
    Encore fallait-il désarmer toute opposition à l'immigration. Ce sera le rôle assigné à l'arsenal des législations dites antiracistes que la Licra inspirera et parviendra à imposer dès 1972.
    Car la loi antiraciste de 1972, la première de la série, a été arrachée de haute lutte par des socialistes membres de l'officine. Le président Pierre-Bloch s'en félicitera tout à fait clairement et revendiquera pour la Licra la totale paternité de cette loi. Qui est décisive car elle va offrir à l'officine un levier extrêmement puissant dont elle va se servir sans relâche. Grâce à cette loi et aux suivantes qui perfectionneront le système et muscleront toute liberté d'expression et même toute interrogation historique sur certains sujets, la Licra pourra poursuivre tous ceux qu'elle désigne comme racistes. C'est elle qui décidera qui est raciste et qui ne l'est pas. Qui est antisémite et qui ne l'est pas. Elle distribuera à sa guise les bons et les mauvais points.
    Elle va pouvoir grâce à cette loi créer le climat favorable à l'arrivée de la gauche au pouvoir et criminaliser les résistances à l'immigration massive qui va s'intensifier à partir de ces années.
    R. : Son rôle se modifie-t-iI, une fois la gauche au pouvoir ?
    A. K. : Son rôle, déjà déterminant, ne va pas s'arrêter lorsque la gauche atteindra enfin l'Olympe, en 1981. Bien au contraire. Car va s'ouvrir à ce moment-là un second volet de son action qui va se révéler extrêmement utile au camp socialiste. Car ce n'est pas le tout d'arriver au pouvoir, encore faut-il s'y cramponner.
    Nous entrons là dans un domaine subtil, où la morale et les droits de l'homme vont servir de paravents à des appétits de pouvoir classiques. Et au cynisme le plus éhonté.
    Je me bornerai à n'indiquer que les grandes lignes de ce qui fut mené avec intelligence et persévérance, à la fois par l'Elysée et par les responsables dits antiracistes.
    Le fait est qu'à peine arrivée au pouvoir, la gauche s'est vite aperçue qu'il était plus facile de changer la vie dans les discours que dans la réalité. Les lendemains qui devaient chanter n'ont pas tardé à se transformer en petits matins grincheux.
    La droite risquait donc de reprendre des couleurs. Et le pouvoir. C'est à partir de cette constatation que Mitterrand a décidé de favoriser l'émergence médiatique, donc électorale, du président du Front national, petit parti existant depuis 1972 mais qui ne connaissait jusque-là que des scores confidentiels. Cette stratégie va être développée à partir de 1982. Mitterrand va personnellement favoriser l'accès du président frontiste, qu'il connaissait pour l'avoir fréquenté dans les couloirs de la IVe République, aux chaînes de télévision.
    Comme prévu, le résultat ne se fera pas attendre : le FN va décoller électoralement à partir de ce moment. Il aura des élus aux européennes de 1984 puis à l'assemblée nationale en 1986. Car 35 députés Front national vont être élus grâce au changement de mode de scrutin décidé par le chef de l'Etat, pourtant membre distingué de la Licra. Qui ne pipera pas un mot, car c'était pour le bon motif : handicaper la droite classique. De toute façon, deux ans plus tard, le mode de scrutin sera changé à nouveau et le groupe balayé.
    Mais évidemment, il fallait compléter le piège et c'est là que vont intervenir à nouveau la Licra et toutes les associations dites antiracistes qui vont se mettre à pulluler. Car c'était une chose de détourner des suffrages de la droite classique vers le Front national. Mais si ces deux-là parvenaient à s'entendre - comme les socialistes se sont entendus avec les communistes par exemple - c'était la catastrophe totale. L'assurance pour la gauche d'être éjectée du pouvoir.
    Il fallait à tout prix empêcher cette éventualité : l'entente entre droite nationale et droite républicaine.
    R. : Comment la Licra a-t-elle procédé pour empêcher l'éventualité d'une entente entre droite nationale et droite républicaine ?
    A. K. : Grâce à la diabolisation que les associations dites antiracistes, Licra en tête, orchestrèrent autour du FN qui devint le parti maudit entre tous, infréquentable, antisémite, raciste, etc., etc.
    Ces associations réussirent, avec la complicité des média, à imposer l'amalgame Front national égale Vichy égale collaboration, et parvinrent à faire peser sur toute la droite, et même sur tout le pays, l'opprobre et la culpabilité liés à cette période.
    La diabolisation permit de stériliser tous les suffrages qui se portaient sur ce mouvement, qui ne servirent jamais à rien ni à personne. Et de mettre au ban de la société toute une partie de la population.
    Tous les partenaires ont joué cette partition avec constance et virtuosité. La France a été soumise à un vrai lavage de cerveau et à un chantage permanent à la démocratie et aux droits de l'homme. Alors que jamais ces notions n'ont été dans le même temps autant bafouées. La Licra a été au premier rang de la manœuvre. Le pouvoir de la gauche en dépendait.
    R. : Et puis, dans les années 2000, ce scénario va connaître quelques couacs ?
    A. K. : Ce sont les conséquences de la seconde intifada. Des manifestations d'antisémitisme commencent à se multiplier fâcheusement dans les banlieues "sensibles". Il ne s'agit plus cette fois d'un "climat" que les associations dites antiracistes ont l'habitude de dénoncer. Mais bien de faits réels et tangibles qui surviennent de plus en plus fréquemment, et particulièrement dans les établissements de l'Education nationale. Comble de malheur, ces manifestations ne sont pas le fait de l'extrême droite, ce qui serait bien commode, mais proviennent en droite ligne des quartiers peuplés d'immigrés. De ceux-là même qui ont été encouragés pendant des décennies à venir s'installer en France par toutes les organisations communautaires et assimilées.
    Ce fait va provoquer des révisions déchirantes dans la communauté et entraînera un certain retrait de la Licra, qui est largement responsable de cette situation.
    R. : Et le CRIF prend-le relais de la Licra ?
    Le CRIF était tout prêt à prendre le relais et à apparaître en première ligne. De toute façon lui aussi avait, comme la Licra, accompagné la longue marche de la gauche vers le pouvoir. Il partageait la même volonté de promouvoir en France une société multiethnique et d'imposer au pays une inextinguible repentance. Il était exactement sur la même longueur d'onde.
    Ce que l'on nomme « le Crif » est en réalité un rassemblement de plus de soixante associations extrêmement diverses à tous points de vue, y compris politique. Elles ont cependant un certain nombre de points communs absolument impératifs et incontournables : elles sont juives bien sûr, mais surtout elles soutiennent à fond l'Etat d'Israël dans tout ce qu'il dit et fait. Ce soutien inconditionnel est le fil conducteur de toute l'action du CRIF. Qui non seulement défend en toutes circonstances l'État et les intérêts d'Israël mais combat avec virulence toutes les menaces, réelles ou virtuelles, pesant sur l'État hébreu ou ses intérêts.
    Le soutien à l'État d'Israël passe aux yeux du CRIF par l'entretien quasi obsessionnel du souvenir de la Shoah. Ce souvenir est en effet intimement lié à la création de l'État hébreu. Et son évocation continuelle a pour but de graver dans les esprits qu'Israël, peuplé en grande partie de rescapés, n'est pas un État comme un autre, qu'il se situe quelque part dans l'exception et par conséquent qu'il a droit à un comportement qui ne serait admis d'aucun autre.
    La Shoah ne doit en aucun cas être oubliée ou rangée au magasin bien fourni des horreurs en tous genres produites par l'humanité. Car elle a un rôle bien précis à remplir : elle doit culpabiliser à tout jamais le genre humain en général - et les Occidentaux en particulier - et rappeler la dette inexpiable contractée à l'égard des juifs. La Shoah est devenue au fil des ans la pièce maîtresse de la stratégie de soutien de la diaspora à l'État d'Israël. Aujourd'hui plus que jamais. Et les exigences du Crif s'agissant de cet enseignement de la Shoah dans l'éducation nationale sont très lourdes. Elles sont cependant scrupuleusement prises en compte par les ministres concernés. Quel que soit leur bord.
    Dernière priorité de l'officine : la lutte contre l'antisémitisme. Ce terme est des plus vagues et englobe toute critique ou réprobation touchant au peuple juif et à l'État hébreu.
    R. : Le mode d'action du Crif est-il identique à celui de la Licra ?
    A. K. : Son mode d'action est sensiblement différent de celui de la Licra. Alors que la Licra se faisait craindre par les procès qu'elle intentait pour un oui ou pour un non, le Crif, lui, fréquente assidûment les responsables politiques et fait entendre ses exigences au plus haut sommet de l'État.
    Son dîner annuel voit se bousculer toute la classe politique - habituellement 800 invités - Premier ministre et quasiment tout le gouvernement en tête, venus humblement entendre les reproches, récriminations et requêtes de son président Richard Prasquier.
    Ce dîner de gala annuel est relayé par autant de dîners régionaux où se bouscule cette fois le gratin politique local pour entendre les mêmes antiennes.
    Pourtant, de son propre aveu, le Crif ne représente guère que 100 000 personnes, et encore, en comptant très large : 1/6e à peine de l'ensemble de la communauté et 0,2 % de la population totale du pays. Ce qui ne l'empêche pas de prétendre parler au nom de tous les juifs de France.
    Devant l'empressement servile de la classe politique face à cette officine communautaire, les Français ont le droit - et le devoir - de s'interroger. Et de se demander s'il est normal de la voir exercer un ascendant aussi déterminant sur la vie publique. Que faut-il en conclure ? À l'évidence, que ce 0,2 % possède un pouvoir, une puissance, qui vont bien au-delà de son importance numérique. Pourquoi ? Comment ? Dans un pays qui ne reconnaît officiellement, de par ses textes fondateurs, que des citoyens tous pareillement égaux, voilà un sujet inépuisable de stupéfaction et de réflexion.
    Il faut donc admettre que certains ont trouvé le moyen imparable de devenir nettement plus égaux que tous les autres. Et qu'il leur est extrêmement difficile de se résoudre à devenir, simplement, des Français comme les autres et à se fondre dans la masse.
    Nous sommes arrivés au stade où la situation du pays est considérablement dégradée. Car l'objectif visé avec opiniâtreté par la gauche morale entre guillemets et la gauche politique est atteint : la France a bel et bien été transformée et son identité détruite. Elle est devenue plurielle conformément aux souhaits de ceux qui y avaient intérêt.
    R. : Quel avenir voyez-vous à ces lobbys ?
    Â. K. : Les lobbys triomphent, certes, mais sur un socle très fragilisé et qui risque de les entraîner dans sa chute. Le gros capital de sympathie dont ils bénéficiaient spontanément, quoi qu'ils en disent, et dont bénéficiait Israël, ne semble plus aujourd'hui qu'un lointain souvenir. Des lendemains plutôt difficiles se profilent pour eux. Et ils en ont conscience. D'où des tentatives actuelles de rapprochements plus qu'étonnants. Pour ne pas dire contre-nature.
    Propos recueillis par Jérôme BOURBON. Rivarol du 2 décembre 2011
    Pour commander les livres d'Anne Kling : La France Licratisée (264 pages) ; Le CRIF : un lobby au cœur de la République (294 pages) ; Révolutionnaires juifs (224 pages) : Chaque livre : 18 euros plus 3 euros de frais de port.
 Envoyer chèques à l'ordre d'Anne Kling ; Anne Kling, éditions Mithra, BP 60291, 67008 Strasbourg Cedex.   

  • Bruno Gollnisch :”un peuple qui n’honore pas ses morts n’a plus d’avenir”

    Nous évoquions la semaine passée l’offensive menée contre les traditions de Noël. Elle s’inscrit dans un contexte beaucoup  plus général d’attaques répétées et planifiées contre notre mémoire, notre passé, notre identité,  les fondements moraux, spirituels de  notre civilisation. Avec ce billet d’humeur, Bruno Gollnisch s’arrête sur le sort que la France réserve aujourd’hui à ses morts, qui en dit aussi très long sur l’état d’avancement (de décomposition) de  notre société dite « moderne »…

    “Novembre s’en est allé, et avec lui les feuilles mortes, qui, avec les souvenirs et les regrets, se ramassent à la pelle, comme le dit l’une de nos plus belles chansons, que fredonnait Lionel Jospin, preuve que l’on peut être socialiste et sensible… On connaît l’interprétation d’Yves Montand ; je préfère encore celle du regretté Mouloudji, qui chantait aussi le deuxième couplet, plus poétique encore.

     Ce mois de Novembre est –ou était- chez nous le mois du culte des morts : fête de la Toussaint, suivie de celle des Trépassés. Cérémonies du 11 novembre, rappelant l’incroyable sacrifice de millions de Français. Visite des cimetières.

    Ce culte est de tous les temps et de toutes les civilisations. Peut-être même peut-on dire qu’il est à l’origine de la Civilisation. Les monuments de l’Egypte ancienne qui nous fascinent encore ne sont-ils pas le résultat du prodigieux effort auquel ce culte donna lieu ?

      Les morts, les pauvres morts ont de grandes douleurs  disait Baudelaire, dans l’un de ses très beaux poèmes, consacré à la tombe abandonnée d’une « servante au grand cœur » qui avait veillé sur son enfance.

     Car la France d’aujourd’hui maltraite ses morts. Au nom de la rentabilité, depuis quelques années, on n’a plus le droit de réserver, comme on pouvait le faire autrefois –à grand prix !- une concession perpétuelle. Les défunts eux-mêmes sont soumis à la précarité. Tout au plus peut-on les héberger 30 ans au maximum. Passé cette date, il faut renouveler ce que j’appellerai, en quelque sorte, le loyer de la concession…si les héritiers y pensent, s’ils le peuvent, et s’ils sont toujours là !

     Cette législation a été passée il y a des années sans susciter de débats et dans l’indifférence générale.

     Comme on ne peut porter atteinte aux droits acquis, on a du moins maintenu les concessions perpétuelles existantes, tout en empêchant d’en acquérir de nouvelles. Mais, même cela est en fait attaqué par le zèle abusif de mairies qui se saisissent de tout motif pour décréter une tombe abandonnée.

      Une pierre très légèrement descellée, une croix qui se penche, une vieil enclos dont la grille est rouillée, et la tombe, réputée abandonnée, pourra faire l’objet d’une reprise –c’est-à-dire qu’elle sera profanée, détruite, les pauvres restes du ou des défunts jetés dans une fosse commune,…et l’emplacement reloué !

     Le résultat, c’est qu’à terme il n’y aura plus de tombes anciennes. Dans un village des Ardennes où j’ai quelques origines familiales, on m’a parlé de la tombe du fils unique de l’ancien forgeron. Il avait forgé lui-même la grille qui entourait l’emplacement où reposait son fils unique, tué à 20ans à la guerre de 1914-18. C’était, dit-on, une très belle grille, avec un beau crucifix. Le forgeron est mort aussi, et sa famille s’est éteinte après lui. Récemment, on a « repris » la tombe ; la grille et la croix sont parties à la décharge.

     Ainsi, rien n’échappe, dans notre société moderne (?), pas même les morts, à la loi de l’apparente rationalité marchande et de la précarité qu’elle engendre. Non pas la précarité inhérente au temps qui passe dans un monde où rien n’est éternel, non pas l’impermanence des choses telle que la conçoit la sensibilité extrême-orientale, mais la rotation forcée, voulue, fruit du matérialisme et de l’impiété de notre génération.

      Quelle importance ? » diront beaucoup. « Pourquoi se soucier des restes inertes de ceux qui nous ont précédés, et qui n’éprouvent plus rien ? » Ceux qui pensent ainsi ont tort. Un pays n’est pas seulement la propriété de ceux qui y vivent ; mais aussi de ceux qui y ont vécu. Effacez leur souvenir, et vous déclarez la terre ouverte à tous. Vita mortuorum in memoria est posita vivorum  La vie des morts est de survivre dans l’esprit des vivants  disait Cicéron, et, plus près de nous, Chateaubriand :  Les vivants ne peuvent rien apprendre aux morts ; les morts, au contraire, instruisent les vivants. 

     Disons-le tout net : un peuple qui n’honore pas ses morts n’a plus d’avenir. D’autres viendront, qui progressivement prendront la place des amnésiques, et ne coloniseront pas que ses cimetières. Car tout se tient.

     Barrès avait bien compris le lien charnel qui existe entre la terre et les morts. C’est que la terre de France n’est pas seulement la propriété des soixante millions de personnes qui y vivent aujourd’hui, et dont on ne sait trop s’il faut les qualifier d’habitants ou de nationaux. Elle appartient aussi au milliard d’êtres humains qui, depuis l’aube des temps historiques y ont vécu, travaillé, souffert, aimé, et qui, si souvent, ont donné leur vie pour elle.

     En honorant nos morts, en respectant la dernière et intangible demeure, à laquelle ils ont droit, nous nous relions à eux, qu’ils fussent riches ou pauvres, glorieux ou humbles :  Dona eis, Domine, requiem sempiternam.”

    Bruno Gollnisch. http://www.gollnisch.com

  • « Éloge du populisme » de Vincent Coussedière, par Didier Bourjon

    PARIS (NOVOpress Breizh) — Dans son livre Éloge du populisme(1), Vincent Coussedière propose une analyse à nouveaux frais de ce que recouvre le vocable “populisme”, analyse fondée philosophiquement et des plus utile politiquement.

    Le terme de populisme est polysémique, il recouvre des formes variées, à la typologie délicate à fixer, et dont l’origine est mal discernable : les narodniki de la Russie tsariste, le mouvement rural américain de la fin du XIXème siècle, notre boulangisme ? Pourquoi pas nos anciennes et récurrentes révoltes paysannes ?

    De nos jours, sa disparité n’est pas moindre en Europe et ailleurs : de G. Wilders et un populisme libertarien sinon “queer” à O. Fraysinger en passant par feu J. Haider, de notre FN v1 puis v2 à la Ligue du Nord  (Italie) et ses aléas, du PiS des frères Kaczynski (Pologne), ou du Tea Party américain et de Chavez à l’Aube dorée grecque : la palette est large, les expressions politiques sont pour le moins diverses. Malgré tout, on peut trouver une certaine unité à ce phénomène.

    D’abord, et particulièrement en Europe, il est un trait commun qui se détache nettement : le refus de l’immigration de peuplement, de la contre-colonisation massive Sud-Nord, et le rejet de l’islamisation intolérable des pays concernés qui en découle le plus souvent.

    De façon plus complexe, on peut y repérer une façon de creuset où se transcendent les clivages sociaux, générationnels ou politiques “traditionnels”, creuset façonné par les réactions multiples, non encore pleinement conscientes ni tout à fait articulées, à ladite “mondialisation” et à ses conséquences destructrices sur l’ethos des peuples tant et plus que sur le social et l’économique.

    S’y élabore un peu à l’aveugle un refus du post-humanisme globalisé exclusivement technique et marchand — virtuel et festif en mode “démo” mais dévastateur et mortifère en vérité — qui réveille conjointement la conscience culturelle et la conscience politique, en remettant en jeu la question de la “gouvernance”, comme on dit aujourd’hui, et bien au-delà celle du destin des peuples et des civilisations. C’est une résistance vitale et essentiellement politique.

    Cependant, “populisme” est devenu un leitmotiv dans la bouche des autorisés de parole du complexe clérico-médiatique pour parler peu ou prou du peuple, connotation péjorative et intellectuellement méprisante à la clef. C’est que le peuple renâcle à sa disparition politique, et à sa disparition tout court. Pire : il ne se laisse pas totalement berner par les idéaux si merveilleux qu’on lui ressasse à longueur de temps pour lui faire gober l’opération : l’antiracisme controuvé, le multi-culturalisme et son fabuleux “vivre ensemble”, l’européisme et son corollaire le mondialisme, l’écologisme fondamentaliste, le paritarisme et l’égalitarisme forcenés, le révisionnisme historique et le relativisme à sens unique, et tant d’autres calembredaines, contradictions  logiques, délires, désarrimage de tout réel, qui font les délices de nos idéologues enragés et béats d’admiration devant leurs inventions.

    Le peuple est décevant, il se rebiffe, il est populiste ! On a donc bien raison de tout faire pour en changer, ou mieux : pour ne plus avoir de peuple à considérer. À cet égard gauchistes libertariens et technocrates sont des “alliés objectifs” : les uns, soixante-huitards et leur descendance, n’ont pas digéré que ce peuple ait été incapable de faire la révolution qu’ils rêvaient de diriger et le lui font payer avec tout leur dédain, les autres entendent bien que la “gouvernance” techno-économique et le  Marché s’imposent à tous, mondialement, sans plus de politique.

    Hyper-individualisme et hyper-libéralisme sont deux facettes de l’hubris post-moderne : “soi-mêmisme” et oligarchie progressent de concert. Au prix de la “défaite de la pensée” comme du politique, donc au détriment total du peuple et de la société.

    Car, comme le rappelle à juste titre V. Coussedière : « Il n’y a pas de politique sans peuple, ni de peuple sans politique. (…) Le peuple est une réalité vivante dont l’être-ensemble est politique ».

    Cela dit, le peuple n’a jamais “produit” lui-même son idéologie politique, ce que le terme “populisme” suppose. En vérité : « Le populisme est un moment de crise de l’être-ensemble d’un peuple ».

    Plus précisément, le populisme n’est pas une aspiration à une démocratie plus directe, mais à une démocratie représentative effective, avec des dirigeants et une élite fidèle : « Seul un peuple politique peut devenir populiste ». Le peuple « veut qu’on le gouverne selon son intérêt », selon l’intérêt du pays.

    Le populisme n’est pas non plus la démagogie, laquelle est une réalité indépendante, consubstantielle à la démocratie elle-même, depuis l’origine : « L’irruption du démagogue sur la scène publique n’est cependant pas la cause du populisme mais sa conséquence ». Salutaire remise à l’endroit ! Le terme de populisme sert à reporter sur le peuple la responsabilité de la démagogie populiste.

    « Le populisme est donc le moment où l’essence du politique est encore abritée par le peuple ». Il est l’errance de l’être politique du peuple, désemparé de se voir impuissant au moment où il faudrait agir collectivement de façon décisive, au regard des crises qui de tous côtés convergent et nous menacent vitalement. En réalité : « Il y a beaucoup plus de mémoire du politique dans le populisme du peuple que dans le mépris des experts pour ce même populisme ». Au point que c’est peut-être là que git notre ultime ressource, notre ultime possibilité d’avenir.

    En l’occurrence : « Le populisme n’est pas uniquement une réaction à la perte de la capacité du peuple, il est aussi une réaction à la destruction de son être social, fondement de sa capacité politique ».

    C’est ici le cœur du livre, à mon sens : l’être-ensemble “pré-politique” d’un peuple, c’est sa sociabilité. Un peuple vit des relations sociales des individus qui le composent. Il n’y a pas de solution de continuité du rapport simple de voisinage à celui des différents rôles au sein de la société, du geste quotidien à la culture, de la civilité à la civilisation d’un pays.

    Dans la tradition, cette sociabilité peut avoir une base négative (Hobbes) ou se cristalliser dans une Volonté générale (Rousseau), c’est aussi bien l’amitié politique d’Aristote que la fraternité révolutionnaire. Toujours cela suppose un sentiment d’appartenance communautaire,  de  communauté de destin, de correspondance “civilisationnelle” : « La sociabilité naît de la similitude, de la ressemblance entre amis ».

    Or : « Cette importance de la similitude condition de la sociabilité est aujourd’hui l’objet d’un véritable tabou et d’un refoulement collectif. C’est parce qu’on confond la similitude avec l’Identité qu’on refuse d’en penser l’importance politique. »

    Le distinguo entre “identité” et “similitude”, le fourvoiement sur le thème de “l’identité” (qu’il n’y a pas à proprement parler, qu’il n’y a jamais eu) en lieu et place de la similitude (qui renvoie à la question essentielle de l’origine — qui est ce qui toujours nous devance), ces considérations font l’objet de remarques de premier ordre dans ce livre, importantes pour la réflexion politique.

    Si l’on extrapole : en guise de “contrat social” on peut distinguer celui qui est de pure convention (les “Français de papier”) et celui qui engage les Français par l’origine, que celle-ci soit “historique” ou pleinement endossée par choix et volonté. Ce dernier est le seul fondement politique légitime.

    Les civilisations de l’identité n’ont pas vraiment de rapport à l’origine, et à sa dynamique. Seul le contrat qui relie selon l’origine les hommes en Cité rompt avec l’identité et les liens premiers. C’est pourquoi il y a une connivence profonde entre les versions individualistes (soi-mêmisme post-moderne) et communautaristes (l’islamisme, par exemple…) des civilisations de l’identité contre les civilisations de l’origine. Où l’on retrouve les alliances envisagées supra… et les risques de l’apprenti sorcier.

    Il faut donc « repenser la sociabilité politique du peuple ». En effet, la sociabilité, comme tout le reste, a été progressivement absolutisé en même temps que réifié : « La sociabilité n’est plus le produit des individus, de leurs actions, de leurs capacité d’agir pour l’autre ou avec l’autre, elle devient une substance, le social, ou une marchandise, le sociétal. Au lieu que la sociabilité non politique soit le fondement de la politique, on attend que la politique qu’elle fonde ou refonde le lien social. Faire de l’Etat le producteur du social lui-même est incohérent avec une vision purement politique et artificialiste du peuple. La politique, à travers la politique sociale, doit imprégner toutes les relations humaines, pour créer de toutes pièces des solidarités qui n’existent pas, puisque le peuple lui-même n’existe pas. »

    V. Coussedière fait alors appel aux travaux d’un sociologue à part, G. Tarde, qui montre qu’il n’y a rapport social ou sociabilité que s’il y a effort d’imitation. On pourrait utilement remonter à la mimèsis. Le contrat peut seulement alors s’installer : « Ce n’est pas un droit commun qui fonde la similitude du peuple, mais c’est une certaine similitude du peuple qui permet à un droit commun de s’établir. » L’assimilation (assimiler, c’est rendre similaire) est donc la seule solution pour tout apport humain exogène, laquelle assimilation ne se peut donc concevoir que pour des individus, pas pour des masses, dans la durée, et cela plus ou moins selon l’éloignement culturel et civilisationnel qu’ils ont au peuple qu’ils veulent intégrer.

    On ne peut au passage que relever la contradiction flagrante de l’idéologie multi-culturaliste, pour en souligner la duplicité : on dénonce l’attachement du peuple d’accueil à sa similitude, c’est du “populisme”, et on encense l’attachement des immigrés à la similitude de leur peuple d’origine, les encourageant à cultiver leur “différence” et à prolonger leur civilisation au beau milieu de la nôtre !

    Mais qu’en est-il de la notion de “peuple” ? Elle peut être prise comme ethnos (le peuple organique et historique), comme dèmos (le peuple politique), ou comme classe sociale. Le populisme intègre ces notions, et les dépassent. Il renvoie à des classes sociales : classes populaires alliées avec tout ou partie des classes moyennes dès lors qu’ensemble ils subissent une altération de leur être politique et de leur situation sociale ; mais il reprend à son compte « l’idée » du peuple, dans l’imaginaire politique qui participe de la légende du pays. Et dans ce “peuple”, tous sont finalement repris, y compris les “experts” et autres technocrates, qui ne seraient pas ce qu’ils sont sans… le peuple dont ils font encore partie, quoi qu’ils en aient.

    Ces éléments de fond se retrouvent sur un plan politique plus superficiel : le “populisme” est aujourd’hui une réaction à la crise profonde de la démocratie représentative, dénoncée en France à longueur de scrutin depuis des décennies (abstentions, votes blancs, votes nuls, etc.). F. Hollande est le plus mal élu des présidents de la Vème République, il n’a rassemblé que 39 % des inscrits et 48,6 % des votants (ne parlons pas des législatives !).

    « La fracture n’est plus tant entre la gauche et la droite qu’entre les classes dominantes, indifféremment de droite ou de gauche, et les classes populaires ». (Christophe Guilluy, Fractures françaises). C’est pourquoi le populisme est attaqué à gauche comme à droite, mais aussi pourquoi gauche comme droite sont au fond scindées en deux, malgré la logique des appareils et la course aux postes et aux prébendes qu’ils structurent (le pouvoir, chacun sait qu’il n’y en a plus que l’ersatz : la classe dominante locale n’est plus que le fantoche d’une superclasse mondiale, d’une oligarchie ayant échappé à presque toutes les contraintes politiques et étatiques). Cela dans le cadre d’un jeu politique “officiel” qui maintient fictivement deux blocs “majoritaires” (majoritaires entre guillemets : même ensemble les principaux “partis de gouvernement” ne le sont plus guère, en bonne arithmétique électorale).

    La fracture n’est pas entre un “peuple de gauche”, celui que je côtoie du côté de Notre-Dame des Landes, et un “peuple de droite”, celui que je côtoie dans les manifestations contre le prétendu “mariage pour tous” : ces deux là se cherchent à tâtons, recherchent leur unité première pour se retrouver et se défendre comme peuple, comme pays — malgré l’aveuglement volontaire et acharné de la classe médiatico-politique et leur incessante propagande, et malgré l’exploitation de cette situation par les démagogues.

    Cette jonction est au cœur du “populisme”, qui n’est rien d’idéologique. Le populisme n’est pas un “parti” mais un rassemblement possible ; il n’est pas un programme :  il est un appel, une attente. C’est à défaut que ceux qu’il touche se rabattent, partiellement et sans satisfaction réelle, sur les démagogues qui flairent ce potentiel, mais qui ne peuvent que le mal représenter, et le trahir.

    Ce qui motive ce populisme, ce à quoi il est attaché, ce qu’il veut défendre ou recouvrer, n’en est pas moins précis, fort, et essentiel. Il reste à libérer sa parole, lui donner forme et expression, la structurer, en construisant les modalités d’organisation idoines à cet objectif d’émergence, dans une action volontaire et à nouveau réellement politique  — au sens noble du terme, à l’opposé du mauvais théâtre de boulevard des politicailleries au stade terminal d’une Ve défigurée et agonisante.

    La ligne de fracture profonde est bien entre la caste des tenants de la “mondialisation” et le désir du peuple de recouvrer une souveraineté légitime, à travers la restauration du politique à tous les échelons, à commencer par le pivot de tous : la nation, soit précisément ce que la “globalisation” cherche à ruiner et faire disparaître à toute force. En même temps que le peuple, comme par hasard… Avec toute la puissance du “système”, et l’aide des idiots utiles de toutes les variantes du totalitarisme mondialisé qui s’annonce. Nous assistons à une course-poursuite terrible entre la liquidation de nos anciennes nations et de nos peuples et la prise de conscience collective nécessaire à la reprise en main de leur destin par ces derniers.

    Le livre développe et approfondit ces idées, il analyse l’histoire de la décomposition politique du peuple français au cours des dernières décennies, et il débouche sur une sorte de prospective politique : il est plus riche que ce que les extraits cités et les indications faites ici ne l’indiquent. J’invite chacun à se faire son idée en le lisant, et en poursuivant la discussion, ici et ailleurs.

    Le populisme est gros d’une révolte. Il lui manque un débouché politique, non démagogique, issu de ses rangs. Si cette résistance trouve à s’unifier largement et à s’organiser, si une parole politique et le peuple se trouvent, alors ce sera une révolution, une révolution conservatrice d’un genre inédit. Populaire, elle régénèrera les élites, de la base au sommet de la société, contre tous les parvenus. Réconciliatrice, elle refondera un futur digne du passé, dans le respect de l’immémorial. Sur le mode de la reprise, elle réorientera le destin du pays.

    Didier Bourjon pour NOVOpress Breizh http://fr.novopress.info/

    1) « Éloge du populisme » de Vincent Coussedière, éditions Elya 16 €