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tradition - Page 293

  • Droit de la femme vs droit à la vie : n’y a-t-il rien d’autre à dire ? par Philippe Randa

    38 ans après la loi Veil dépénalisant l’avortement, les passions ne semblent toujours pas s’être apaisées comme en témoignent les réactions après la récente loi irlandaise autorisant l’avortement « en cas de risque de maladie, d’urgence médicale ou de risque de suicide  ».
    Sur le site Boulevard Voltaire, on a pu lire la réponse très vive de Marie Delarue, refusant, elle, le droit de laisser mourir les femmes et rappelant que « Non, l’avortement (…) quelle qu’en soit la raison, c’est toujours un drame, et nul n’est en droit de porter l’anathème sur celle qui y a recours. »
    Si les deux camps s’affrontent toujours avec la même passion, l’immense majorité des citoyens français et européens pour ne parler que d’eux, ne semblent plus guère interpellée par ce débat. Peut-être est-ce dû aux arguments des « pour » comme des « contre », toujours identiques en 38 ans, qui ne font plus guère avancer le débat. Jusqu’à présent, ils se situent tous exclusivement au niveau de la moralité : droit de la femme vs droit à la vie.
    N’y aurait-il pas d’autres arguments, pour les uns comme pour les autres, à mettre en avant au-delà d’une moralité souvent largement aussi hypocrite qu’irresponsable ?
    Par exemple, à ceux qui opposent la « souffrance » d’une femme « obligée » de garder un enfant non désiré au péril parfois de sa vie, la « souffrance » d’une femme, le reste de sa vie, avoir choisi d’avorter ? Surtout, et c’est plus fréquent qu’on ne le croit et qu’on ne le dit, quand ces femmes ne peuvent plus, ensuite, enfanter, (après un avortement ou non et qui n’auront ainsi jamais d’enfant, même si, tardivement, désiré)… Au droit des femmes à disposer librement de leurs corps, ne serait-il pas judicieux de rappeler (et non de vouloir imposer) leur droit à avoir des enfants qu’un avortement, quelles qu’en soient les motivations, pourrait, peut-être, compromettre définitivement ?
    Et s’il serait vain de nier que la femme tombée enceinte se retrouve bien souvent seule, moralement et matériellement, à devoir « régler le problème », tous les mâles se montreraient-ils en la circonstance lâches au point de se défiler ? Tous, vraiment ? On a peine à le croire et dans ce cas, pourquoi ne parle-t-on jamais de ses droits à lui, à l’homme, à faire vivre son enfant, au contraire de la génitrice – enfant qui est tout de même aussi à lui – et à l’élever, seul, s’il le désire ?
    Au droit de la mère à avorter, opposons le droit du père à ce que la femme aille au terme de la grossesse, lui laissant le choix ensuite, selon son bon vouloir et cette fameuse liberté qu’elle réclame tant, de le reconnaître, de l’élever et de l’aimer… ou non !
    À une époque où l’on martèle sans cesse l’obligatoire parité homme-femme, pourquoi oublier la très logique parité père-mère ?
    Il y a bien d’autres arguments encore de bon-sens, et pas seulement médicaux ou psychologiques, que partisans ou adversaires de la dépénalisation de l’avortement pourraient mettre en avant plutôt qu’une moralité trop souvent hypocrite, comme l’a justement souligné Marie Delarue ou porte ouverte « à tous les chantages possibles et, par là, à une généralisation de facto de l’avortement » comme s’en est inquiété, avec clairvoyance, Nicolas Vodé, sur le même site Boulevard Voltaire. (1)
    Note
    (1) La polémique est toujours vive comme le montrent la réaction de Gabrielle Cluzel hier (IVG : non, les cathos ne sont pas des bisounours moralisateurs !) et celle de Robert Ménard, fondateur du site, aujourd’hui encore (Sur Boulevard Voltaire, on n’est pas obligé d’être tous du même avis !) : www.bvoltaire.fr.
    © Philippe Randa est écrivain, chroniqueur politique et éditeur ( www.francephi.com).

  • Personne ne veut des trisomiques ? Le mensonge explosé

    P. Thomas Vander Woude

    Cette belle histoire nous vient des Etats-Unis : celle d’un enfant à naître diagnostiqué trisomique à l’occasion d’une amniocentèse, et que sa mère voulait éliminer par avortement. L’apprenant, le curé d’une paroisse catholique de Gaineswoode, Virginie proposa aux parents du petit un marché : elle mènerait la grossesse à terme, et lui se chargerait de trouver des parents adoptifs…

    Le P. Vander Woude posta un message sur Facebook un beau lundi matin.

    La réponse fut telle qu’il fallut mobiliser un séminariste en stage à la paroisse pour répondre aux messages, trier les propositions, bref, choisir parmi les près de l.000 propositions d’adoptions qui affluèrent, submergeant complètement le secrétariat. 

    En définitive, trois candidatures furent retenues, non sans consulter les parents de l’enfant à naître et une agence d’adoption sérieuse pour trouver le meilleur foyer possible pour lui. 

    Cette histoire émeut les Etats-Unis d’autant plus que le P. Vander Woude sait ce que c’est de sauver un enfant trisomique, fût-ce au prix de la vie.

    Tom Vander Woude avec ses garçons
    lors d’une cérémonie de fin d’études.

    Il est l’aîné d’une famille de 8 garçons, son plus jeune frère, Joseph, est trisomique. Lorsque ce dernier eut 20 ans, il s’activait auprès de son père autour de la ferme familiale où celui-ci s’était réinstallé après une carrière dans l’aviation. Soudain, Tom Vander Woude, le père, s’aperçut que son Joseph avait disparu. Voyant que le couvercle de la fosse septique de la maison était déplacé, il se précipita et vit que son fils y était tombé – sachant qu’il n’avait pas pied, le père appela les secours puis plongea résolument dans la fange pour maintenir le garçon hors du liquide. Joseph fut sauvé mais Tom succomba au moment de le pousser dans les bras des sauveteurs, asphyxié par les gaz auquel il fut trop longtemps exposé.

    Ce don de sa vie pour sauver le plus faible de ses enfants a fortement impressionné non seulement la famille de cet homme, mais toute la communauté catholique de la paroisse où il avait beaucoup œuvré avec son épouse. Dans une interview, le P. Vander Woude raconte qu’il était d’abord troublé par cette mort dans la saleté et les excréments – avant de prendre conscience du fait que Notre Seigneur, comme il dit, s’est abîmé dans une fange autrement plus révulsante en prenant tous les péchés du monde sur ses épaules pour offrir à chacun la chance du salut.

    Toute l’histoire est racontée sur l’excellent site pro-vie qcv.qc.ca, ici : cela vaut vraiment la peine de la lire.

    L’interview du lumineux P. Vander Woude par un franciscain de l’Immaculée, est visible ici en anglais.

    A la mort de Tom Vander Woude, aidée de ses belles-filles, sa femme retailla sa robe de mariée pour en garnir son simple cercueil en bois de pin, fabriqué et offert par un ami.

    http://www.riposte-catholique.fr

  • Les Russes sont retournés à la foi chrétienne grâce au vide laissé par le leurre idéologique du communisme

     

    VpLu ici loin de tout laïcisme d'Etat :

     

    "Les Russes sont retournés à la foi chrétienne sans aucune pression de la part de l'Etat et même de l'Eglise, a déclaré le président russe Vladimir Poutine dans un documentaire baptisé "Second baptême de la Russie" réalisé par Mgr Hilarion Alfeyev et diffusé lundi dernier par la chaîne de télévision Rossia.

    "La société russe est retournée elle-même à ses racines, à la religion chrétienne et aux valeurs spirituelles, sans aucune pression de la part de l'Etat et même de l'Eglise… C'était une renaissance naturelle du peuple russe", a indiqué Vladimir Poutine.  "On se demande: pourquoi? Les gens de mon âge se souviennent du code des bâtisseurs du communisme qui était en fait un résumé simpliste des principes éthiques et religieux de toutes les religions modernes. Quand ce code a cessé d'exister, un vide moral s'est formé qu'on ne pouvait combler qu'en retournant aux valeurs authentiques", les valeurs religieuses, a-t-il expliqué.  L'adoption de la foi chrétienne orthodoxe a marqué l'apparition de la nation et de l'Etat centralisé russes. "La nation russe et l'Etat russe reposent sur les valeurs qui étaient communes pour les habitants d'un vaste territoire en Europe où se trouvent actuellement la Russie, l'Ukraine et la Biélorussie. 

    C'est un espace unique des valeurs spirituelles et un facteur sérieux de réunification des peuples", a ajouté le chef de l'Etat russe.  L'Eglise orthodoxe russe et l'Etat russe peuvent coopérer dans de nombreux domaines, ils peuvent notamment aider les handicapés et les détenus, éduquer les enfants et les jeunes, promouvoir les valeurs familiales. "L'Eglise est un partenaire naturel de l'Etat dans ces domaines", a noté Vladimir Poutine. La Russie, l'Ukraine et la Biélorussie célèbrent le 1025e anniversaire de la christianisation de l'ancienne Rus' fin juillet. Des festivités se déroulent dans les trois pays à cette occasion. Dans le même film documentaire, le président russe a révélé qu'il fut baptisé comme enfant. « Ma mère m’a fait baptiser, pour ainsi dire en secret de mon père, qui était membre du Parti communiste. Il n'était pas fonctionnaire, il travaillait à l'usine, mais il a été quand même un militant du parti soviétique. Donc cela m'a aussi touché personnellement et notre famille ».

    http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • France, Europe, Vie : une liste pour faire vaciller le système

     

    Béatrice Bourges explique à Nouvelles de France l'intérêt de la liste constituée pour les élections européennes :

     

    "[N]otre annonce a créé la surprise et tant mieux. Ceux qui ont été les plus virulents sont ceux qui font partie du système des partis traditionnels.

    D’une part, l’UMP qui a été prise de court et a eu l’impression de se faire doubler alors que certains cadres sont actuellement en train d’effectuer de grandes manœuvres pour aller draguer les électeurs du FN, tout en continuant à prendre des airs choqués lorsqu’on leur parle de ce parti. Ils vont continuer à appeler au front républicain, ce que je trouve insupportable et d’une grande hypocrisie. Voilà des années qu’ils se trompent d’adversaires.

    D’autre part, le FN qui, avouez le, n’a pas été clair sur les sujets qui nous mobilisent depuis maintenant 10 mois. Il ne suffisait pas de dire qu’on était contre la loi, il fallait le prouver. Mais c’était bien difficile puisqu’on sait qu’à l’intérieur même du FN, les avis sont très partagés. En revanche, certaines personnes à l’intérieur de ces partis se sont battues avec courage et détermination. Je pense par exemple à Marion Maréchal-Le Pen, qui n’a pas eu le droit de monter à la tribune des grandes manifestations alors que son discours était particulièrement clair et sans ambiguïté. Du côté de l’UMP, certains élus se sont aussi battus avec courage. À gauche aussi, on a pu apprécier les prises de position à contre-courant de certains élus particulièrement valeureux, tels Bruno Nestor Azérot.

    Ce qui prouve bien qu’il faut inventer autre chose.

    Le paysage politique va se recomposer autour de deux visions de la société : celle qui est fondée sur le réel, qui a pour objectif le Bien commun. C’est celle qui ouvre notre société à la vie, aussi bien la vie économique, que la vie sociale, sociétale etc. et, a contrario, celle qui nous emmène dans une impasse car fondée sur une vision idéologique et mortifère. C’est celle qui fonde les lois sur le désir des minorités et donc favorise le communautarisme, celle qui veut faire des personnes humaines de simples individus producteurs consommateurs. [...] 

    Patrick Louis était d’accord sur la démarche. J’étais moi-même allée à Lyon pour lui demander de se joindre à l’aventure. Il a accepté rapidement, après avoir obtenu l’accord de Philippe de Villiers. Mais l’opération s’étant faite en quelques jours,  le rôle de chacun n’a pas été suffisamment bien préparé et quelques maladresses, en particulier en temps de parole, ont pu faire croire à Patrick Louis qu’il n’avait pas autant de place dans l’initiative qu’il était en droit de réclamer. Ce que révèle cet épisode, c’est que les personnes ne doivent pas occulter le fond. La convergence entre les hommes se fera le moment venu. [...]

    Les journalistes n’ont pas compris ce qui se jouait. Ils ont donné une vision uniquement centrée sur quelques personnalités politiques. Ce n’est pas surprenant. On ne bouscule pas des décennies de conformisme en une seule conférence de presse !

    [...] Nous n’avons pas pour objectif des pourcentages mais de faire vaciller un système à bout de souffle. La question des résultats attendus est une bonne question si on la resitue dans la perspective européenne. [...]

    http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • Une réponse à Boulevard Voltaire (ou du moins à Christine Tasin)

    Sur Boulevard Voltaire, Christine Tasin nous dit le peu de considération qu'elle éprouve pour le Printemps français en général et pour Béatrice Bourges, nommément citée, en particulier. Riposte laïque, qu'elle représente, aurait le filon en matière d'action politique : il faut être anti-islam en France avant tout. Et le Printemps français, en se plaçant sur le plan de la morale, n'aurait rien compris et retomberait dans l'ornière de tous les réacs. Mais le mieux est de la citer : 
    "Non seulement l’aile catholique traditionnelle la plus véhémente – celle qui refuse l’avortement, voire la contraception et, forcément, demain, l’euthanasie -, était là, avec à la fois Civitas – dont le président, Alain Escada, affirme tranquillement que l’homosexualité est un péché (on ne rit pas) et que les homos doivent carrément se faire hara-kiri pour ses beaux yeux – mais, surtout, Fils de France, en la personne de Camel Bechikh, qui était invité aux préparations de manifs en compagnie de Béatrice Bourges et présent à la tribune avec ses femmes voilées… "
    Chère Christine Tasin, toutes les révolutions auxquelles vous avez pu participer intellectuellement (et peut-être plus si affinités, je n'en sais rien) sont des révolutions anti. Vous croyez qu'on fait la Révolution en étant contre. Mais ces révolutions là ont toujours échoué parce qu'elles étaient purement dialectiques. La Révolution contre ? Cela ne va nulle part, on le sait trop aujourd'hui.
     
    La Révolution française (contre l'Eglise et contre les nobles - à la lanterne) a produit le grand déclassement français comme l'a expliqué naguère Pierre Chaunu (ou encore Jean Sédillot). La Commune et la résistance à outrance et sans espoir aux Boches, au nom du nationalisme le plus éruptif à produit le Traité de Versailles et... la guerre suivante - Merci Gambetta. La Révolution russe a engendré des dizaines de millions de morts et une glaciation historique sans exemple. Bref, on ne fait pas une Révolution contre... Aujourd'hui si vous faites une Révolution contre l'islam, cela donnera quoi ? De nouveaux pogroms ?
     
    La seule Révolution qui marche et qui impose sa marque à l'histoire est celle qui va en avant : c'est d'ailleurs pour cela que l'islamisme est tellement a craindre : il a une foi. Demandez aux nombreux Français de souche convertis à l'islam, demandez aux Françaises voilées... Mais vous ne ferez pas face à l'islamisme avec pour seule mot d'ordre la diabolisation et la dialectique.
     
    Vous n'avez pas le choix, Christine Tasin : votre révolution à vous, ça devrait être la Révolution chrétienne, celle pour laquelle marchent la nuit tous ces Veilleurs, celle au nom de laquelle s'insurgent les "Comités d'accueil" pratiquant le harcèlement démocratique un peu partout en France. Celle qui se révolte contre la Police politique. Celle que porte une foi et une espérance pour l'homme. Celle qui refuse que la vie soit un matériau qui se gère, celle qui considère toute vie comme un don. Je pense que c'est ce que vous avez pu ressentir lorsque, avec Pierre Cassen, vous êtes venus au Centre Saint Paul pour un débat animé il y a deux ans : votre place devrait être avec cette France-là..
     
    Le pire ennemi de la France, ce n'est pas l'islam, c'est elle-même. C'est le nihilisme dans lequel elle donne, comme une nouvelle religion, c'est l'à quoi-bonisme de notre société dépressive. Le Printemps français représente l'insurrection de la jeunesse contre la démoralisation obligatoire, contre le "tout vaut tout" qui est synonyme de "rien ne vaut rien". Lorsque la France - ou au moins une large élite de Français jeunes et ardents - aura repris conscience de la beauté de la vie, de la grandeur du destin humain, alors, à cette France là rien ne résistera et surtout pas l'islam. 
     
    Et là bien sûr vous m'arrêtez tout de suite, en me disant que je fais le jeu des réactionnaires que l'on vous a appris à haïr. Pour vous, l'aile catholique la plus véhémente est celle qui refuse l'avortement, la contraception et demain l'euthanasie... Mais c'est toute l'Eglise catholique que vous visez là. Et que proposez-vous en échange de cet idéal que Jean-Paul II a nommé "l'évangile de la Vie" ? La guerre à l'islam ? Ce n'est pas un idéal, c'est une dialectique.
     
    Ce dont la France a besoin, c'est d'un bien commun que chacun puisse nommer. Or les valeurs républicaines dont vous vous réclamez jusqu'à maintenant sont purement négatives : la liberté, mais pour quoi faire ? L'égalité, si c'est pour emm. le voisin qui réussit et justifier les revendications les plus déraisonnables... La fraternité ? Parlons-en : ça débouche sur ce que Mona Ozouf appelait la fête révolutionnaire. En 1792 et 1793 à Paris on a mangé de la chair humaine dans des transes collectives sans nom. La fête révolutionnaire ? Non merci. La Fraternité révolutionnaire ? Elle ne signifie rien puisqu'elle est un décret purement abstrait et sans idée de père et que l'on ne reconnaît comme frère que celui qui a les mêmes idées que soi.
     
    Ce sont les valeurs chrétiennes d'amour, de fécondité, de respect et de responsabilité (s'opposant à la "fraternité" à "l'égalité" et à la "liberté") qui ont fait notre pays. Ce que le printemps français - tout laïc qu'il soit - nous montre, c'est que ce sont ces valeurs, les seules vitales et vitalisantes, les seules qui ne mènent pas à l'apologie de la culture de mort, qui feront notre avenir. Ou nous les adopterons vraiment et nous vivrons. Ou nous les refuserons et nous crèverons dans notre refus compulsif de la vie, de tout ce qui la respecte et de ce qui lui donne sens. Le déclin démographique de notre Pays deviendra irrémédiable et tout ce que vous craignez arrivera, non pas comme vous l'imaginez, d'une attaque islamique, mais d'une immuno-déficience du corps social français, en autodestruction par dépression collective, autodénigrement et non-remplacement des générations. La France tout entière sera un vaste Massif central - vide.
     
    Vous ne voulez pas cela ? Réfléchissez : les valeurs du christianisme (je ne parle pas ici de foi chrétienne, mais dans l'ordre, de l'amour, du respect et de la responsabilité) sont les seules qui permettent à la France de se payer un avenir, loin du nihilisme ambiant. Au lieu de vous enferrer dans une dialectique anti-islam, censée tout conjurer, travaillez à votre manière pour redonner son âme à notre peuple. Je suis à votre disposition quand vous voulez et si vous le souhaitez pour évoquer ces questions fondamentales, qui sont forcément des questions d'âmes. Les problèmes politiques se sont tellement radicalisés aujourd'hui qu'ils sont devenus, vous le sentez en mettant en cause l'islam, des problèmes spirituels.

  • On a aboli l’esclavage, et bientôt, on abolira le mariage gay

    Fabien, porte-parole officiel des Hommen, déclare :

    "Le groupe s’est monté après le 24 mars, quand on a entendu Manuel Valls parler de casseurs et de débordements". "On a compris que malgré 1,4 million de personnes dans la rue, on n’aurait aucune réponse à part celle de la violence, que François Hollande n’en avait rien à faire de la démocratie". 

    Les Hommen revendiquent leur "totale indépendance". Une équipe de coordination s'occupe d'éplucher les profils internet des volontaires afin d'empêcher toute participation de personnes "marquées par un mouvement politique de gauche ou de droite, par La Manif pour tous, le Printemps français et autres veilleurs".

    "Nous nous battrons jusqu’à ce que la loi Taubira ne soit plus qu’un mauvais souvenir pour la France".

    "Ce n'est pas extrémiste mais réaliste". "Quand un gouvernement n’écoute pas son peuple, on glisse vers le totalitarisme, c’est comme ça qu’ont commencé l’URSS et l’Allemagne d’Hitler, dont je rappelle qu’elle était nationale socialiste". "On a aboli l’esclavage, on a aboli la peine de mort, et bientôt, on abolira le mariage gay, c’est ça la marche de l'histoire."

    http://www.lesalonbeige.blogs.com/

  • Plantez des socialistes, il poussera des impôts !

    par Aristide Leucaute* - Quand la gauche n’a plus d’idées, elle invente de nouveaux impôts ou augmente ceux qui existent déjà. Une année et quelques mois après son élection, François Hollande a clairement administré la preuve qu’il était un nain politique autiste et sans mains. La révolte gronde pourtant au sein de ses troupes.

    Réforme ou jacquerie fiscale ?

    Lors d’une conférence de presse tenue le 2 juillet dernier à l’Assemblée Nationale, un collectif réunissant des courants du Parti socialiste (Gauche durable, Gauche populaire, Maintenant la Gauche, Un Monde d’Avance) a exhorté le gouvernement à lancer une grande réforme fiscale comprenant notamment « la fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG en un grand impôt sur le revenu à la fois progressif, individualisé et prélevé à la source ». Ce même collectif rappelle l’engagement n°14 du programme présidentiel du locataire de l’Elysée qui promettait « une grande réforme permettant la fusion à terme de l’impôt sur le revenu et de la CSG dans le cadre d’un prélèvement simplifié sur le revenu (PSR) ». Pour faire bonne mesure, on citera également l’engagement n°16, aux termes duquel l’ancien président du Conseil général de Corrèze s’engageait, d’une part, à maintenir « toutes les ressources affectées à la politique familiale », d’autre part, à rendre « le quotient familial plus juste en baissant le plafond pour les ménages les plus aisés, ce qui concernera moins de 5% des foyers fiscaux ». On voit ce qu’il en est aujourd’hui et ce qu’il en sera vraisemblablement demain. Le « grand soir » fiscal, s’il doit avoir lieu durant le présent quinquennat, ne prendra nullement la direction d’une réforme plus qu’impérieuse, mais attisera les braises d’une jacquerie populaire, tant il est vrai que si le pays est riche, l’Etat, comme en 1788, est pauvre. Mais la France, à la veille de la Révolution, souffrait d’un système fiscal structurellement défaillant ne permettant pas d’alimenter régulièrement et de façon optimale le Trésor public. Celle de 2013, en revanche, ne peut prétendre à semblable argumentaire en défense, son système fiscal étant aussi extraordinairement élaboré qu’il est excessivement complexe.

    Contexte monétaire de la fiscalité

    Dans sa salutaire chronique, « Relire Maurras » (AF 2000, n°2866), Louis de Galice exhume opportunément un article du Martégal paru dans L’Action Française du 17 décembre 1925, dans lequel celui-ci écrivait que « dès que l’influence socialiste s’accroît, la confiance, mère du crédit décroît (…) Le socialisme fiscal rend [la] prospérité impossible. Il ne conduit qu’à l’étatisme. Et l’étatisme c’est la mort ». Depuis la fin du XIXe siècle, l’Etat n’a cessé d’enfler, à l’instar de la grenouille qui se voulait plus grosse que le bœuf de Lafontaine. [...]

    La suite dans L’AF n° 2867

    * Aristide Leucate est rédacteur à L’AF, spécialiste des questions politiques et sociales

    http://www.actionfrancaise.net

  • Défendons la vie !

    La défense de la vie fait partie des thèmes privilégiés par Monde et Vie et si nous devions ne nous en tenir qu'à un combat, ce serait celui-là. Raison de plus pour y consacrer un dossier quand l'actualité est particulièrement riche.
    En quarante-huit heures se sont succédé deux bonnes nouvelles : le 23 janvier, l'éclatant succès de la septième marche pour la vie et, le 25, le rejet par les sénateurs d'une « proposition de loi relative à l'aide active à mourir » qui devait faire entrer l'euthanasie dans la législation française.
    Dans les deux cas, les défenseurs de la vie ont reçu des soutiens, espérés dans un cas, inespérés dans l'autre.
    Au premier rang des soutiens espérés à la marche pour la vie figure, bien sûr, celui du pape Benoît XVI, qui a envoyé sa bénédiction aux marcheurs. Vingt-cinq évêques, dont quinze titulaires et parmi eux le cardinal Barbarin, primat des Gaules, avaient également appuyé la manifestation, à laquelle participaient quatre évêques catholiques romains : NNSS Lebrun, Bagnard, Aillet, Laun, ainsi qu'un évêque de l'Eglise syro-orthodoxe.
    On remarquait aussi parmi les marcheurs un certain nombre d'hommes politiques français et d'élus, appartenant à divers partis - et c'est bon signe : Bruno Gollnisch, député européen, Patrick Louis, conseiller régional Rhône-Alpes, Xavier Lemoine, maire de Montfermeil, Guy de Framond, maire du Plantay (Ain), Christophe Bentz, président des Jeunes pour la France, Hubert Veauvy, responsable national des idées pour les jeunes au sein du Parti national chrétien, Carl Lang, président du Parti de la France, Jean-Claude Martinez, ancien député européen... Et deux fois plus de manifestants que l'année précédente : les choses bougent ! Au premier rang des appuis inespérés qui ont permis de faire barrage à l'euthanasie, vient le premier ministre François Fillon. Le texte du projet de loi débattu au Sénat le 25 janvier, après avoir été adopté le 18 janvier par la commission des Affaires sociales du même Sénat, prévoyait que « Toute personne capable majeure, en phase avancée ou terminale d'une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable, lui infligeant une souffrance physique ou psychique qui ne peut être apaisée ou qu'elle juge insupportable, peut demander à bénéficier d'une assistance médicalisée permettant, par un acte délibéré, une mort rapide et sans douleur. » La veille du débat, François Fillon a publié une tribune dans Le Monde, dans laquelle il écrivait clairement : « La question est de savoir si la société est en mesure de légiférer pour s'accorder le droit de donner la mort. J'estime que cette limite ne doit pas être franchie. » Cette démarche du Premier ministre a sans aucun doute fait pencher la balance du côté des défenseurs de la vie, au sein d'un Sénat où l'empoignade était rude.
    40 % des femmes avorteront au moins une fois dans leur vie
    Certains élus avaient clairement fait connaître leur opposition à l'euthanasie, comme le sénateur de Paris Yves Pozzo di Borgo (Nouveau Centre), qui s'indignait dans un communiqué : « Ce texte est légitimement dénoncé par les plus hautes autorités morales de notre pays, qu'il s'agisse de l'Ordre des médecins ou de l'Église catholique. Je ne comprends pas que la présidente de la commission des Affaires sociales du Sénat ait pu cautionner une telle proposition de loi. Derrière le droit à mourir dans la dignité se camoufle en fait le droit au suicide assisté. La véritable réponse à apporter aux malades c'est le développement des soins palliatifs dans notre pays. En agitant devant l'opinion certains cas extrêmes et souvent dramatiques on risque d'ouvrir la boîte de Pandore exposant les personnes les plus vulnérables à des dérives incontrôlables. »
    Le député de la Drôme Hervé Mariton, dans un livre d'entretiens qu'il a récemment publié avec le journaliste Fabrice Madouas *, estime lui aussi qu'il est « heureux que le législateur résiste à l'idée que l'euthanasie soit un choix légitime » et que le refus de cette solution « est un mouvement du cœur ».
    Hervé Mariton, fait également état d'un chiffre dramatique : selon l'Institut national des études démographiques, en France, près de 40 % des femmes avorteront au moins une fois dans leur vie. Ce fléau frappe en particulier les jeunes, rançon sinistre de la sexualité précoce des adolescents. Le proviseur d'un lycée professionnel de Crest, ville dont Hervé Mariton est le maire lui a confié que la moitié des jeunes filles de son établissement avaient avorté avant d'atteindre la majorité. On mesure la tragédie que cela représente, non seulement pour les enfants qui sont tués dans le sein de leur mère, mais pour ces mères elles-mêmes : selon un sondage publié par La Croix en février dernier, 83 % des Françaises jugent que « l'avortement laisse traces psychologiques difficiles à vivre pour les femmes » - beaucoup d'entre elles le savent malheureusement d'expérience - et 61 % estiment qu'il y a trop d'avortements. Le député de la Drôme, qui déclare ne pas contester la légalisation de l'avortement rappelle cependant l'article 1er de la loi Veil qui précise : « La loi garantit le respect de tout être humain dès le commencement de la vie. » Notre société nage en pleine contradiction ! Le député estime qu'il faudrait davantage informer les Françaises des solutions alternatives à l'avortement et tire la sonnette d'alarme concernant l'autorisation de la recherche sur l'embryon, avant la révision de la loi bioéthique qui interviendra en février. D'autres éléments d'actualité viennent réveiller le débat autour de l'accueil de la vie, comme la demande de reconnaissance en pseudo « paternité d'une lesbienne sur les enfants que sa compagne a eu en recourant aux méthode de fécondation artificielle ; encore, comme la possibilité donnée aux enfants nés sous X de connaître ultérieurement leurs parents naturels - mesure faussement compulsionnelle, qui risque d'accroître encore le nombre des avortements au détriment des procédures d'abandon. Tout se ramène, au fond, à l'avertissement pape Jean-Paul II lors de sa rencontre avec les jeunes au Parc des princes, à Paris, en 1981 « La liberté sexuelle ne fait pas le bonheur l'homme. La société de consommation pas le bonheur de l'homme. » Trente ans plus tard, la liberté sexuelle a fini par réduire l'homme lui-même à un simple objet de consommation.
    Hervé Bizien monde & vie 28 janvier 2011
    * Hervé Mariton, Transmettre pour construire, Pygmalion, 19,90€

  • En souvenir de Julien Freund

    Le 10 septembre 1993, Julien Freund nous a quitté silencieusement. En Europe, il était l'un des plus éminents philosophe de la politique, une référence obligée pour tous ceux qui voulaient penser celle-ci en dehors des sentiers battus. La presse n'en a pas fait écho.

    Né à Henridorff, en Alsace-Lorraine, en 1921, il s'engage dans les rangs de la résistance au cours de la Seconde Guerre mondiale. Dans l'immédiat après-guerre, il enseigne d'abord la philosophie à Metz, puis devient président de la faculté des sciences sociales de l'université de Strasbourg, dont il assurera le développement.

    Inspiré initialement pas la pensée de Max Weber*, un auteur peu connu dans la France de l'époque, Freund élabore petit à petit une théorie de l'agir politique qu'il formule, en ses grandes lignes, dans son maître-ouvrage, L'essence du politique (Sirey, 1965).

    Le politique est une essence, dans un double sens : d'une part, c'est l'une des catégories fondamentales, constantes et non éradicables, de la nature et de l'existence humaines et, d'autre part, une réalité qui reste identique à elle-même malgré les variations du pouvoir et des régimes et malgré le changement des frontières sur la surface de la terre. Pour le dire en d'autres termes : l'homme n'a pas inventé le politique et encore moins la société et, d'un autre côté, en tous temps, le politique restera ce qu'il a toujours été, selon la même logique pour laquelle il ne pourrait exister une autre science, spécifiquement différente de celle que nous connaissons depuis toujours. Il est en effet absurde de penser qu'il pourrait exister deux essences différentes de la science, c'est-à-dire deux sciences qui auraient des présupposés diamétralement opposés ; autrement, la science serait en contradiction avec elle-même.

    Ou encore :

    La politique est une activité circonstancielle, causale et variable dans ses formes et dans son orientation, au service d'une organisation pratique et de la cohésion de la société [...]. Le politique, au contraire, n'obéit pas aux désirs et aux fantaisies de l'homme, qui ne peut pas ne rien faire car, dans ce cas, il n'existerait pas ou serait autre chose que ce qu'il est. On ne peut supprimer le politique  – à moins que l'homme lui-même, sans se supprimer, deviendrait une autre personne.

    Freund, sur base de cette définition de l'essence du politique, soumet à une critique serrée l'interprétation marxiste du politique, qui voit ce dernier comme la simple expression des dynamiques économiques à l'œuvre dans la société. Freund, pour sa part, tient au contraire à en souligner la spécificité, une spécificité irréductible à tout autre critère. Le politique, dans son optique, est « un art de la décision », fondé sur trois types de relations : la relation entre commandement et obéissance, le rapport public/privé et, enfin, l'opposition ami/ennemi.

    Ce dernier dispositif bipolaire constitue l'essence même du politique : elle légitimise l'usage de la force de la part de l'État et détermine l'exercice de la souveraineté. Sans force, l'État n'est plus souverain ; sans souveraineté, l'État n'est plus l'État. Mais un État peut-il cessé d'être "politique" ? Certainement, nous répond Freund :

    Il est impossible d'exprimer une volonté réellement politique si l'on renonce d'avance à utiliser les moyens normaux de la politique, ce qui signifie la puissance, la coercition et, dans certains cas exceptionnels, la violence. Agir politiquement signifie exercer l'autorité, manifester la puissance. Autrement, l'on risque d'être anéanti par une puissance rivale qui, elle, voudra agir pleinement du point de vue politique. Pour le dire en d'autres termes, toute politique implique la puissance. Celle-ci constitue l'un de ses impératifs. En conséquence, c'est proprement agir contre la loi même de la politique que d'exclure dès le départ l'exercice de la puissance, en faisant, par exemple, d'un gouvernement un lieu de discussions ou une instance d'arbitrage à la façon d'un tribunal civil. La logique même de la puissance veut que celle-ci soit réellement puissance et non impuissance. Ensuite, par son mode propre d'existence, la politique exige la puissance, toute politique qui y renonce par faiblesse ou par une observation trop scrupuleuse du droit, cesse derechef d'être réellement politique ; elle cesse d'assumer sa fonction normale par le fait qu'elle devient incapable de protéger les membres de la collectivité dont elle a la charge. Pour un pays, en conséquence, le problème n'est pas d'avoir une constitution juridiquement parfaite ou de partir à la recherche d'une démocratie idéale, mais de se donner un régime capable d'affronter les difficultés concrètes, de maintenir l'ordre, en suscitant un consensus favorable aux innovations susceptibles de résoudre les conflits qui surviennent inévitablement dans toute société.

    On perçoit dans ces textes issus de L'essence du politique la parenté évidente entre la philosophie de J. Freund et la pensée de Carl Schmitt (1888-1985).

    Particulièrement attentif aux dynamiques des conflits, ami de Gaston Bouthoul, un des principaux observateurs au monde de ces phénomènes, Freund fonde en 1970, toujours à Strasbourg, le prestigieux Institut de Polémologie [« J'entends par polémologie, expliquait-il, non point la science de la guerre et de la paix, mais la science générale du conflit au sens du polemos héraclitéen »] et, en 1983, il publie, dans le cadre de cette science de la guerre, un essai important : Sociologie du conflit, ouvrage où il considère les conflits comme des processus positifs : « Je suis sûr de pouvoir dire que la politique est par sa nature conflictuelle, par le fait même qu'il n'y a pas de politique s'il n'y a pas d'ennemi »**.

    Ainsi, sur base de telles élaborations conceptuelles, révolutionnaires par leur limpidité, Freund débouche sur une définition générale de la politique, vue « comme l'activité sociale qui se propose d'assurer par la force, généralement fondée sur le droit, la sécurité extérieure et la concorde intérieure d'une unité politique particulière, en garantissant l'ordre en dépit des luttes qui naissent de la diversité et des divergences d'opinion et d'intérêts ».

    Dans un livre largement auto-biographique, publié sous la forme d'un entretien (L'aventure du politique, Critérion, 1991), Freund exprime son pessimisme sur le destin de l'Occident désormais en proie à une décadence irrémédiable, due à des causes internes qu'il avait étudiées dans les page d'un autre de ses ouvrages magistraux, La décadence (Sirey, 1984). Défenseur d'une organisation fédéraliste de l'Europe, il avait exprimé son point de vue sur cette question cruciale dans La fin de la Renaissance (PUF, 1980). Julien Freund est mort avant d'avoir mis la toute dernière main à un essai sur l'essence de l'économique. C'est le Prof. Dr. Piet Tommissen qui aura l'insigne honneur de publier la version finale de ce travail***, à coup sûr aussi fondamental que tous les précédents. Le Prof. Dr. Piet Tommissen sera également l'exécuteur testamentaire et le gérant des archives que nous a laissé le grand politologue alsacien.

    Dott. Alessandra Colla (revue milanaise Orion n°108, sept. 1993).

    ◘ Notes en sus :

    * : De Max Weber, Freund traduisit Le savant et le politique et Essais sur la théorie de la science (également préfacé par lui). Cf. extraits.

    ** : « La diabolisation de l’ennemi est le prix à payer par ceux qui méconnaissent l’opposition ami-ennemi. D’où les guerres d’extermination qui, visant des ennemis réduits à des incarnations du diable, sont conduites au nom de fins sublimes (paix perpétuelle, fraternité universelle, etc.) » PA Taguieff, Julien Freund, au cœur du politique, La Table ronde, 2008, p. 54. L’ennemi est entendu ici en tant que « polemos » ou « hostis », c’est-à-dire en tant qu’ennemi public, entité qu’il faut distinguer nettement de l’ennemi privé (« ekhthros » ou « inimicus »). En bon penseur machiavélien, Julien Freund décèle le jeu machiavélique de ceux qui rejettent la notion d’ennemi pour utiliser en contrepartie une terminologie moralisatrice évacuant littéralement l’ennemi du genre humain. « L’ennemi revient par la porte de derrière, mais sous une apparence diabolique », écrit à ce propos Taguieff (p. 53).

    *** : L’essence de l’économique, Presses univ. de Strasbourg, 1993 [cf. cet entretien]. P. Tommissen a aussi établi une bibliographie en annexe de Philosophie et sociologie (Cabay, Louvain-la-Neuve, 1984, p. 415-456 : Julien Freund, une esquisse bio-bibliographique).

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  • Comment peut-on ne pas être rebelle ?

    Entretien avec Dominique Venner (2001)

    Nul autre que Dominique Venner n'était mieux qualifié pour ouvrir ce dossier [sur la pensee rebelle]. Car nul autre ne pouvait mieux définir l'esprit de rébellion… L'auteur de l'admirable Cœur rebelle ne s'y disait-il pas lui-même « rebelle par fidélité » ? Et dans son récent Dictionnaire amoureux de la chasse, qu'il faut lire, page après page, au coin du feu, Venner célèbre encore une étonnante figure de rebelle : le braconnier immortalisé par Maurice Genevoix dans Raboliot !

    • Qu'est-ce qu'un « rebelle » ? Est-on rebelle-né, ou le devient-on au hasard des circonstances historiques ? Y a-t-il plusieurs types de rebelle ?

    Dominique Venner : On peut être intellectuellement insoumis, en marge du troupeau, sans être pour autant un rebelle. Paul Morand en est un bon exemple. Dans sa jeunesse, il avait été un esprit libre, sans plus, et un favorisé de la fortune, dans les deux sens du mot. Ses romans un peu déshabillés avaient favorisé son succès. Rien de rebelle ni même d'insolent à cette époque. D'avoir fait involontairement le choix des futurs perdants entre 1940 et 1944, d'avoir persisté ensuite dans ses répulsions, de s'être senti un étranger, voilà ce qui a fait de lui l'insoumis révélé par son Journal.

    Autre exemple très différent, celui d'Ernst Jünger. Bien qu'auteur d'un Traité du rebelle très influencé par les inquiétudes de la guerre froide, Jünger ne fut jamais un rebelle. Nationaliste à l'époque du nationalisme, en froid avec le IIIe Reich comme une bonne partie de la bonne société, lié pendant la guerre aux futurs comploteurs du 20 juillet 1944, iI n'a jamais approuvé le principe de l'attentat contre Hitler. Cela pour des raisons d'ordre éthique. Son itinéraire plus ou moins en marge des modes est très exactement celui de l'anarque, figure dont il fut l'inventeur et la parfaite incarnation après 1932. L'anarque n'est pas un rebelle. C'est un spectateur juché à une altitude telle que la boue ne peut l'atteindre.

    À l'inverse de Morand ou de Jünger, au sein de la génération précédente, le poète irlandais Padrig Pearse fut un authentique rebelle. On peut dire qu'il le fut de naissance. Enfant, il avait appris la geste des combattants de toutes les révoltes de l'Erin. Plus tard, il entreprit d'associer le réveil de la langue gaélique à la préparation de l'insurrection armée. Membre fondateur de la première IRA, il fut le véritable chef du soulèvement de Pâques 1916 à Dublin. Pour cette raison on le fusilla. II mourut sans savoir que son sacrifice serait le levain qui ferait triompher sa cause.

    Quatrième exemple encore différent, Alexandre Soljénitsyne. Jusqu'à son arrestation en 1945, il avait été un excellent Soviétique, se posant peu de questions sur un système dans lequel il était né, accomplissant pendant la guerre son devoir d'officier réserviste de l'Armée rouge sans drame de conscience. Son arrestation, la découverte du Goulag, de l'horreur accumulée depuis 1917, provoquèrent une totale remise en question, tant de lui-même que du monde dans lequel iI avait vécu jusque-là en aveugle. C'est alors qu'il devint un rebelle, y compris aux sociétés marchandes, destructrices de toute tradition et de toute vie supérieure.

    Les raisons d'un Pearse ne sont pas celles d'un Soljénitsyne. II a fallu le choc d'un événement suivi d'un effort intérieur héroïque pour faire du second un rebelle. Ce qu'ils ont en commun, c'est d'avoir découvert par des voies différentes une incompatibilité absolue entre leur être et le monde dans lequel il leur fallait vivre. Tel est le premier trait qui définit le rebelle. Le second est le refus de la fatalité.

    • Quelle différence y a-t-il entre la rébellion, la révolte, la dissidence, la résistance ?

    La révolte est un mouvement spontané, provoqué par une violence injuste, une ignominie, un scandale. Fille de l'indignation, elle est rarement durable. La dissidence, comme l'hérésie, est le fait de se séparer d'avec une communauté, qu'elle soit politique, sociale, religieuse ou philosophique. Ses mobiles peuvent être liés au hasard. Elle n'implique pas d'engager la lutte. Quant à la résistance, au-delà du sens mythique acquis pendant la guerre, elle signifie que l'on s'oppose, sans plus, à une force ou à un système, même de façon passive. Être rebelle c'est autre chose.

    • À quoi un « rebelle » est-il essentiellement… rebelle ?

    Il est rebelle à ce qui lui paraît illégitime, à l'imposture ou au sacrilège. La rebelle est lui-même sa propre loi. C'est ce qui fonde sa spécificité. Son deuxième trait est la volonté d'engager la lutte, fût-elle sans espoir. S'il combat une puissance, c'est parce qu'il en récuse la légitimité, prétendant lui-même à une autre légitimité, au besoin celle de l'âme ou de l'esprit.

    • Quels modèles de « rebelles » offririez-vous, en les choisissant dans l'histoire et la littérature ?

    D'emblée, je pense à l'Antigone de Sophocle. Avec elle, nous sommes dans l'espace de la légitimité sacrée. Antigone est rebelle par fidélité. Elle brave le décret de Créon par respect pour la tradition et le commandement divin  l'ensevelissement des morts  transgressé par le roi. Peu importe que Créon ait ses raisons. Leur prix est un sacrilège. Antigone se croit donc légitimée dans sa rébellion.

    Pour invoquer d'autres exemples, j'ai l'embarras du choix. Durant la guerre de Sécession américaine, les Yankees désignèrent leurs adversaires sudistes sous le nom de rebelles, Rebs. C'était de bonne propagande, mais faux. La Constitution des États-Unis reconnaissait en effet le droit de sécession aux États membres. Et les formes constitutionnelles avaient été respectées par les États du Sud. Le général Robert Lee, un Virginien, futur commandant en chef des armées confédérées, ne se considérait pas comme un rebelle. Après sa reddition en avril 1865, il s'efforça de réconcilier le Sud avec le Nord. C'est à ce moment que se levèrent les vrais rebelles, des femmes et des hommes qui, après la défaite, continuèrent la lutte contre l'occupation du Sud par les armées nordistes et leurs protégés. Certains tombèrent dans le banditisme, comme Jesse James. D'autres transmirent à leurs enfants une tradition qui eut une grande postérité littéraire. Au détour de L'invaincu, le plus beau roman de William Faulkner, on découvre par ex. le portrait fascinant d'une jeune rebelle sudiste, Drusilla, à jamais certaine de son bon droit et de l'illégitimité des vainqueurs.

    • Comment peut-on être rebelle aujourd'hui ?

    Je me demande surtout comment on pourrait ne pas l'être ! Exister, c'est combattre ce qui me nie. Être rebelle, ce n'est pas collectionner des livres impies, rêver de complots fantasmagoriques ou de maquis dans les Cévennes. C'est être à soi-même sa propre norme. S'en tenir à soi quoi qu'il en coûte. Veiller à ne jamais guérir de sa jeunesse. Préférer se mettre tout le monde à dos que se mettre à plat ventre. Pratiquer aussi en corsaire et sans vergogne le droit de prise. Piller dans l'époque tout ce que l'on peut convertir à sa norme, sans s'arrêter sur les apparences. Dans les revers, ne jamais se poser la question de l'inutilité d'un combat perdu. Voir Padrig Pearse.

    J'ai évoqué Soljénitsyne qui incarna l'épée magique dont parle Jünger, « l'épée magique qui fait pâlir la puissance des tyrans ». En cela il est unique et inimitable. II était pourtant redevable à moins grands que lui. Et cela incite à réfléchir. Dans L'archipel du Goulag, il a narré les circonstances de sa « révélation ». En 1945, ils étaient une dizaine de détenus dans la même cellule de la prison de Boutyrki à Moscou, visages hâves et corps abandonnés. Un seul, parmi les détenus, était différent. C'était un ancien garde blanc, le colonel Constantin Iassévitch. On entendait lui faire payer son engagement dans la guerre civile, en 1919. Et Soljénitsyne dit que le colonel, sans parler de son passé, montrait par toute son attitude que la lutte n'avait pas cessé pour lui. Tandis que le chaos régnait dans l'esprit des autres détenus, il avait visiblement un point de vue clair et tranché sur le monde qui les entourait. La netteté de sa position donnait à son corps solidité, souplesse, énergie, malgré son âge. II était le seul à s'asperger d'eau froide chaque matin, alors que les autres détenus croupissaient dans leur crasse et se lamen­taient. Un an plus tard, transféré à nouveau dans cette même prison de Moscou, Soljénitsyne apprit que l'ancien colonel blanc venait d'être exécuté. « C'était donc cela qu'il voyait à travers les murs, de ses yeux restés jeunes… Mais le sentiment incoercible d'être resté fidèle à la voie qu'il s'était tracée lui donnait une force peu commune ». Méditant sur cet épisode, je me dis qu'à défaut d'imaginer jamais devenir un autre Soljénitsyne, il est au pouvoir de chacun d'être à l'image du vieux colonel blanc.

    ► entretien paru dans éléments n°101, mai 2001.

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