Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

l'information nationaliste - Page 7344

  • La loi dénaturant le mariage en Finlande va être réexaminée

    ImageLa Manif Pour Tous Finlande a dépassé les 10% de signatures d'électeurs finlandais nécessaires au réexamen par le Parlement de la loi qui avait ouvert le mariage et l'adoption aux personnes de même sexe en 2014, mais qui n'est pas encore entrée en vigueur. La démocratie directe a du bon...

    Ludovine de La Rochère avait été en Finlande pour le lancement de cet appel aux Finlandais, qui a très heureusement abouti. Le débat va donc être rouvert à l’automne au Parlement finlandais. Celui-ci a été renouvelé depuis 2014. Il est aujourd'hui plus conservateur. Les discussions s'annoncent intenses et les votes serrés. Les élections législatives ont amené au pouvoir une coalition de droite menée par le Parti du Centre avec les Vrais Finlandais. Les deux formations sont plutôt hostiles à la dénaturation du mariage.

    "Etonnamment", les grands médias n'en parlent pas plus que de l'écrasante victoire le 18 juin 2015 du non à la dénaturation du mariage au Parlement autrichien (110 voix contre, 26 pour !).

    On trouve un article concernant la Finlande, sur ce site suisse.

    Michel Janva

  • L’agriculture meurt de l’Europe (Présent 8399)

    Selon le ministre de l’Agriculture, 22 000 éleveurs pourraient disparaître bientôt. Toutes les filières sont au bord de la ruine et les fermiers entre colère et désespoir. Le chef de l’État a donc lancé un double appel en leur faveur.

    Aux distributeurs afin qu’ils réduisent leurs marges et aux consommateurs pour qu’ils achètent « des produits français » même s’ils sont plus chers, car, a-t-il ajouté, « nos emplois sont les emplois des Français et ces derniers sont capables de démontrer qu’ils peuvent faire un certain nombre d’efforts » par patriotisme économique. Mais il ne va pas jusqu’au bout de ce raisonnement ! La logique voudrait qu’il dise : achetez des productions françaises réalisées par des travailleurs français dans toute la filière : les entreprises agricoles, les abattoirs, le transport. Mais pour lui, la préférence nationale doit s’arrêter aux produits du terroir.
    8399-Une
    Après avoir durement allégé le portefeuille des consommateurs par son matraquage fiscal, Hollande voudrait maintenant qu’ils se serrent encore la ceinture et fassent « des efforts » pour secourir les éleveurs ! Le hollandisme, c’est cela : les pauvres doivent aider les pauvres. Si les grandes surfaces font la course aux prix bas, c’est pour s’adapter au pouvoir d’achat de leurs clients. À cette fin, les distributeurs s’approvisionnent où c’est le moins cher, et ce n’est pas chez nous, mais ailleurs en Europe et dans le monde.

    Le remède au drame des agriculteurs français, ce n’est pas de faire la manche en leur faveur, c’est de remettre en cause ce qui est à la racine du mal : l’Europe, celle que François Hollande a voulu et qu’il défend. L’Union européenne, c’est la libre circulation des personnes et des biens, mais sans harmonisation fiscale et sociale.

    Dans le secteur agricole, en Espagne, les charges salariales sont trois fois moins importantes que chez nous ; en Pologne, le SMIC est à 409 euros et le triple en France. Il est bien évident que les coûts de production ne peuvent être les mêmes, c’est cela que Bruxelles appelle « une concurrence libre et non faussée » dont nos paysans sont en train de mourir.

    En outre, le libéralisme bruxellois entend déclarer l’Europe ville ouverte, dans le cadre du traité transatlantique qui permet aux États-Unis et à l’Argentine, notamment, d’exporter en Europe de la viande meilleur marché, n’ayant pas à subir les coûteuses et multiples contraintes écologiques bruxelloises. Et sait-on que dans ce pays libéral que sont les USA, les importations sont proscrites quand l’agriculture américaine est en surproduction ?
    Voilà que François Hollande pour remédier à ces maux qui prospèrent grâce à son Europe propose… plus d’Europe ! Non pas la nécessaire marche arrière, mais la fuite en avant ! Il veut une « avant-garde » de la zone euro, un Parlement dédié, un budget et un gouvernement communs. Depuis trente ans, nous avons toujours plus d’Europe et toujours moins de croissance, mais Hollande ne songe pourtant qu’à en ajouter une couche…

    Guy Rouvrais

    http://fr.novopress.info/190774/lagriculture-meurt-leurope-present-8399/

  • Cinq cents mots pour la dissidence (Avant-propos et première section, A-B)

    Avant-propos

    Les mots sont des armes.

    Le Novlangue orwellien est, avec la diabolisation des mal pensants, l’arme principale du Système dominant pour stériliser les intelligences et priver les âmes de courage. Polémia y a consacré une première étude. Mais en contrepoint du Novlangue, le franc-parler politique est une arme pour libérer les esprits et leur donner des outils pour mieux comprendre le monde.

    C’est le but de ce dictionnaire de la réinformation, de ce lexique de la dissidence.


    Il ne comprend qu’un peu plus de 400 mots : il ne prétend donc pas à l’exhaustivité ni même à l’impartialité, encore moins à l’unicité de points de vue exprimés : car tout ce qui peut nourrir de forces la dissidence est bienvenu. Dissidents de toutes sensibilités, unissez-vous !

    Aussi, nul besoin d’être d’accord avec chacune de ces 464 définitions pour participer à la bataille. Il s’agit juste ici pour Polémia d’ouvrir la réflexion et d’inciter chacun à la poursuivre pour ouvrir des brèches dans le mur de l’idéologie unique… avant de le faire tomber !

    Dans cette première ébauche le lecteur trouvera :

    – des mots libérateurs, pour dévoiler ce que le politiquement correct et la censure médiatique veulent cacher ;

    – des mots accusateurs, pour comprendre les ressorts du Système mondialiste dominant qui conduit les Européens sur la route de la servitude et de la décadence, afin de mieux le combattre ;

    – des mots oubliés, qu’il faut invoquer pour retrouver notre identité et la voie du renouveau de notre civilisation ;

    – des mots clés, pour interpréter les réalités et les forces de domination en œuvre.

    A chacun de poursuivre ! Car « Chaque Philoctète sait que sans son arc et ses flèches Troie ne sera pas conquise ».

    Les Cinq Cents Mots sont présentés en neuf sections successives ainsi réparties : A-B — C — D — E-F — G-I — J-M — N-P — Q-S —T-Z.

    L’intégralité est consultable en pdf à :

    http://www.polemia.com/pdf/DicoTotal.K.pdf

  • Il y a 3500 ans en Crète, une invention provoque l’exode d’une civilisation

    Des palais détruits, puis reconstruits, puis à nouveau détruits. Des habitations abandonnées par dizaines. Qu’est-il donc arrivé aux Minoens, brillante civilisation crétoise il y a plus de trois mille ans ? Une étude lève un coin du voile.

    Pendant longtemps, l’histoire était simple. Précédant la Grèce antique, une merveilleuse et impressionnante civilisation crétoise établie aux III-IIe millénaires av. J.-C., celle des Minoens, aurait été balayée par une éruption terrifiante : celle du Santorin, supervolcan dont l’effondrement a envoyé un tsunami meurtrier dans l’est de la Méditerranée.

    Mais avec l’affinement progressif des datations, il a fallu se rendre à l’évidence : cela n’avait rien à voir. Le volcan a explosé au moins soixante-dix ans après la toute première destruction des palais minoens, survenue vers 1700 av. J.-C. Reconstruits entre-temps, les palais sont cette fois définitivement détruits autour de 1450 ans av. J.-C. Seule exception, le plus gros d’entre eux, celui de Cnossos sur la côte nord de l’île, qui se maintient encore quatre-vingt ans. Puis il tombe à son tour.

    Pour retracer cette mystérieuse histoire, impossible de se passer de l’archéologie. Car les Minoens ont beau avoir laissé des inscriptions, celles qui datent d’avant la destruction des palais sont rédigées dans une langue à ce jour toujours inconnue. Pas de trace non plus d’éventuels souverains dans les splendides fresques et décorations de cette époque.

    L’archéologie, elle, est plus bavarde. Surtout depuis la découverte de nombreux sites dans les campagnes aux alentours des palais. Ces travaux mettent en évidence de curieuses évolutions du peuplement dans l’île. Excepté de rares cas, le nombre de sites occupés par les Minoens a tendance à diminuer, voire à franchement chuter au moment de l’émergence des seconds palais.

    La plupart du temps, les spécialistes du monde minoen ont fait de ces phénomènes une lecture essentiellement politique. Ces changements traduiraient, par exemple, des luttes entre palais concurrents, qui aurait fini par tourner à l’avantage de l’un d’eux, Cnossos, réussissant alors à exercer sa domination sur une grande partie de la Crète.

    Mais une équipe d’archéologues de l’École française d’Athènes dirigée par Sylvie Müller Celka, du CNRS, a fait une découverte intrigante. Elle a constaté que le phénomène d’abandon des sites était particulièrement marqué dans la région de Malia, sur la côte nord-est de la Crète. Elle a montré qu’entre la période des premiers palais (ceux détruits vers 1700 ans av. J.-C. ) et celle des seconds (ceux détruits avant 1450 av. J.-C.), les Minoens n’ont abandonné définitivement que des sites bien particuliers : presque tous ceux qu’ils occupaient sur les pentes de la montagne qui domine Malia.

    Pour comprendre cet abandon, les chercheurs ont examiné en détail la géographie des lieux et la nature des terres qui s’y trouvent. Ils ont mis en évidence trois grandes zones. En bas, ce sont les plaines de la côte, chaudes et plutôt sèches, habitées tout au long de la période minoenne. Le rendement des terres, sans apport important d’eau, y est faible. Tout en haut se trouve la zone d’altitude quasi-inhabitée, où la culture des oliviers et de la vigne est difficile, voire impossible (au-delà de 900 mètres).

    Entre les deux se placent les pentes de la montagne (entre 300 et 900 mètres d’altitude). C’est principalement cette zone que les Minoens ont quittée à la période des seconds palais. Ces pentes sont beaucoup plus arrosées que la plaine, et recouvertes en haut par des forêts. Les recherches de l’équipe montrent que les populations y occupaient alors des sites plutôt petits par rapport à ceux de la plaine. Elles y élevaient des chèvres et des moutons, cultivaient de la vigne, des arbres fruitiers, un peu de céréales et produisaient du miel. Dans ces pentes en proie à l’érosion, elles exploitaient de petites parcelles proches de leurs maisons. Elles captaient sans doute l’eau des sources ou des torrents avec des canalisations en terre cuite, dont les archéologues ont trouvé de nombreux fragments.

    Mais alors, pourquoi cette soudaine ruée vers la plaine ? Pourquoi quitter un milieu dont ils savaient tirer parti, pour des terres sèches et a priori peu accueillantes ? Peut-être, proposent les chercheurs, parce que les Minoens avaient trouvé la clé pour accéder aux énormes réserves en eau du sous-sol crétois. Ils auraient découvert ou importé de l’étranger le moyen de pomper la nappe phréatique. Et par là, celui d’irriguer massivement les plaines de la côte. Donc d’améliorer considérablement le rendement des terres basses, pour y cultiver oliviers, vignes et légumineuses (la famille des fèves, pois, etc.). Autrement dit, ce serait peut-être une innovation agricole aurait lancé le signal de cet exode vers la plaine.

    Mais cette hypothèse est-elle plausible ? Peut-être, car c’est justement au début de la période des seconds palais que les Minoens semblent avoir développé un intérêt pour tout ce qui touche à l’hydraulique. Ces dernières années, des archéologues ont découvert des barrages placés sur des torrents de montagne, datant de cette époque. Ils se trouvent dans l’est de la Crète, dans la vallée de Choiromandres et sur l’îlot de Pseira. Ces dispositifs semblent clairement avoir pour but l’irrigation, répandant leur trop-plein dans des terrasses agricoles situées juste à côté des barrages.

    En outre, c’est à peu près à la même époque que les Minoens commencent à creuser des puits, et donc à atteindre la nappe phréatique. Les systèmes qu’ils utilisaient pour amener l’eau à la surface ne nous sont pas parvenus. Étaient-ils suffisamment efficaces pour alimenter un dispositif d’irrigation en plaine ? C’est possible, car au moins un système rudimentaire pour pomper l’eau du sous-sol est alors connu depuis plus d’un millénaire en Mésopotamie. C’est le puits à balancier, où un contrepoids facilite l’ascension du seau. Il est attesté également en Égypte durant la période correspondant aux seconds palais, alors qu’existent justement des relations commerciales avec la Crète.

    Cette intense activité hydraulique pourrait aussi être liée à une lente détérioration du climat en Crète, ayant débuté deux mille ans plus tôt. Des études suggèrent en effet que les étés sont devenus de plus en plus secs. Les pluies calmes de l’hiver se seraient progressivement décalées au début de l’automne, devenant torrentielles, entraînant érosion des pentes et manque d’eau pour la végétation au printemps. Dans ces conditions, la vie sur les pentes de la montagne était peut-être devenue de plus en plus difficile avec le temps.

    Si cette hypothèse est correcte, alors le phénomène d’abandon des sites d’altitude ne devrait pas être limité à la région de Malia. Tout semble indiquer que c’est bien le cas. En règle générale, à l’arrivée des seconds palais, il y a nettement moins de sites occupés dans les zones d’altitude ou à relief accidenté, alors qu’ils se développent dans les zones de plaine (ou dont le relief permet l’irrigation et l’agriculture intensive).

    En outre, si les causes de ces déplacements étaient politiques, les populations auraient normalement fini par revenir. Or ces sites de montagne ne seront jamais réoccupés, ou alors bien après, plus d’un millénaire plus tard.

    Le Monde

    http://fortune.fdesouche.com/387515-il-y-3500-ans-en-crete-une-invention-provoque-lexode-dune-civilisation

  • Des Français partis combattre l'Etat islamique en Syrie

    De nombreux volontaires étrangers sont partis rejoindre les rangs des milices kurdes en Syrie afin de combattre les jihadistes. Parmi eux des Français :

    Michel Janva

  • « Crise du capitalisme et gouvernance par le chaos », l’actualité brûlante d’Oliganarchy | Par Nicolas Bourgoin.

    img6.png« Nicolas Bourgoin, le démographe, m'a fait l'honneur d'une recension d'Oliganarchy sur son blog
    J'ai eu son autorisation pour qu'elle soit reprise sur Scriptoblog... ».
    Lucien Cerise.

    Lucien vit à Paris chez sa mère dans un quartier populaire parisien. Diplômé et au chômage, son existence ressemble à celle de beaucoup de ses contemporains : terne, vide et sans horizon. A quelques heures d’avion de là, William, spin doctor renommé et ami intime du président des Etats-Unis, écume les hautes sphères internationales où il met son talent au service des plus grands de ce monde. Difficile d’imaginer univers plus dissemblables : anarchie ou chaos d’un côté, oligarchie de l’autre. De fait, quand Lucien croisera ponctuellement le chemin de William, ce sera de manière purement accidentelle, à l’occasion d’une promenade dans les beaux quartiers. Et pourtant ces deux mondes socialement aux antipodes, en apparence totalement étrangers l’un à l’autre, sont en réalité étroitement dépendants.

    Le bonheur des uns fait le malheur des autres. La précarité affective, économique et sociale dont souffre Lucien n’est en rien le fait du hasard mais le résultat d’un sytème qui oppresse la majorité au profit d’une extrême minorité. Et ça ne risque pas de changer : dans notre monde capitaliste, leshappy few peuvent compter sur une armée de consultants qui bataillent sans relâche pour faire accepter au reste du monde son triste sort. Une propagande déversée par le système au moyen des canaux de communications (télévisions, radios et presses écrites) détenus par les grands groupes financiers. Abruti par les mass media, Lucien ne connaît pas l’origine de ses malheurs et devra faire un travail de déconditionnement pour la découvrir, travail qu’il entamera à l’occasion de contacts noués avec le mouvement localiste. A l’autre bout du monde, William sera confronté à un grain de sable inattendu menaçant de gripper la belle machine qu’il a conçue pour ravaler l’humanité au rang de bétail…

    Didactique et intelligent, Oliganarchy prend appui sur ces histoires parallèles pour décortiquer le projet et les méthodes de l’ingénierie sociale, du conditionnement des masses, qui évoquent par certains aspects l’univers décrit par Aldous Huxley dans Le meilleur des mondes. Une plongée dans les arcanes de ce microcosme opaque pour saisir l’esprit (au sens wébérien du terme) du Nouvel Ordre Mondial, nécessaire pour qui veut se libérer de l’aliénation produite par la société de consommation. Connaître les déterminants cachés de sa propre conduite au moyen d’un travail deréinformation est le meilleur moyen de s’en libérer. Il suppose de rompre avec l’idéologie libérale de la responsabilité individuelle qui renvoie chacun à son propre malheur, et de remonter la chaîne de causalité reliant la vie quotidienne des classes populaires aux décisions prises dans les plus hautes sphères dirigeantes. La misère et les difficultés ne tombent pas du ciel. Cette prise de connaissance suppose un travail de déconditionnement – « moins on regarde la télévision et moins on est sous son influence, donc plus on récupère une vision du monde autonome »dira à un moment Lucien (p.161) – puis de réinformation (le vrai pouvoir est opaque et s’exerce dans le secret, hors de portée des médias officiels).

    Le problème auquel est confrontée l’oligarchie mondialiste tient en une simple équation : comment perpétuer un système qui plonge l’humanité dans des conditions d’existence de plus en plus dégradées ? Les méthodes ne manquent pas, à commencer par la plus indolore : le marketing idéologique. La fabrication de faux problèmes ou de fausses menaces, voire de fausses informations, pour détourner l’attention des vrais tout en divisant pour mieux régner sont des recettes qui marchent toujours bien si l’on en juge par le récent succès du modèle du « choc des civilisations » . Masquer la question sociale par la question ethnique en recourant à la stratégie du bouc émissaire est une méthode éprouvée depuis le lancement de SOS Racisme, consistant à introduire une ligne de fracture dans la classe populaire, séparant « Français de souche » et « Français issus de l’immigration » pour in fine la désorganiser et l’affaiblir.

    Laminer l’esprit critique des masses en les dépolitisant, rabaisser leur intelligence et leur niveau culturel, les infantiliser en réduisant leur autonomie, favoriser les conduites addictives et la recherche de la satisfaction immédiate des désirs, le tout au moyen des loisirs de masse abrutissants et de la publicité omniprésente, renvoie à ce qu’Herbert Marcuse appelait la désublimation répressive : une soumission aveugle aux pulsions primaires, consuméristes ou sexuelles, qui abolit la pensée critique ou négative et favorise ainsi une plus grande acceptation de l’ordre établi. Cette conscience heureuse régressive fabriquée par le système et qui en nie les méfaits  sert la domination : « la satisfaction se fait sous une forme qui engendre la soumission et affaiblit la rationalité de la protestation ». (L’homme unidimensionnel, p.99). Gagner le consentement des masses par la mécanique de la servitude volontaire reste encore le moyen le plus efficace pour gouverner.

    Mais dans le contexte actuel de durcissement des contradictions du capitalisme parvenu à son stade de pourrissement, l’oligarchie est passée à la vitesse supérieure. Au conditionnement médiatique de l’opinion  et au contrôle social par le consumérisme, fragilisés par l’effondrement économique, s’ajoutent d’autres méthodes plus agressives pour domestiquer les classes populaires et automatiser leurs conduites : le puçage de masse en vue d’instaurer  une surveillance panoptique des populations, la déconstruction programmée de leurs structures sociales et culturelles visant à les plonger dans le chaos pour mieux les contrôler en neutralisant leurs capacités de réflexion, ainsi que les opérations psychologiques de manipulation dont la célèbre « stratégie du choc » (tirer partie ou même provoquer une crise grave pour faire passer des mesures impopulaires en contournant les garde-fous démocratiques et les résistances au changement).

    De fait, l’équation du problème est aussi démographique : « les élites dominantes étant minoritaires par rapport à la majorité dominée, elles avaient toujours été menacées de disparaître sous la pression du nombre et des soulèvements populaires » (p.48). D’où la nécessité pour l’oligarchie depurger l’humanité de ses éléments jugés surnuméraires, enjeu crucial à l’heure où la population mondiale dépasse les 7 milliards d’habitants dont près de la moitié vit avec moins de deux dollars par jour. Les moyens techniques ne manquent pas, notamment les bombes sanitaires : la diffusion massive d’OGM, la pollution par les ondes électromagnétique, la promotion de la junk food qui rend obèse, l’épandage de pesticides et l’usage de produits chimiques désormais omniprésents dans la vie quotidienne sont à l’origine de nombreux cancers, sans parler de la consommation massive de psychotropes liée à l’explosion des pathologies dépressives provoquées par la souffrance sociale. Seulement moins de 10 % des tumeurs ont une cause endogène. Combinée à la privatisation des systèmes de santé et à la paupérisation massive des populations, la dégradation sanitaire de l’environnement constitue un cocktail explosif. Appauvrir les populations et les rendre malades tout en leur faisant payer l’accès aux soins médicaux : la Grèce qui a déjà perdu près de 350.000 habitants depuis 2007 est le laboratoire par excellence où sont expérimentées ces méthodes malthusiennes de réduction de la population généralisables à l’échelle de l’Europe. Le tableau dressé par la revue médicale The Lancet est éloquent : une espérance de vie en baisse de trois ans, un taux de natalité qui a régressé au niveau des années 1950, un taux de mortalité infantile qui a augmenté (officiellement) de moitié, près de 20 % d’enfants qui naissent avec un poids inférieur à la normale, 21 % de morts nés et 40 % de suicides en plus depuis le début de la crise.

    La minorité oligarchique mène de fait une guerre de basse intensité contre les populations qu’elle plonge dans un chaos organisé afin de mieux les asservir pour in fine continuer à capter la majeure partie des richesses mondiales. Comme le déclare sans ambages l’un des plus grands oligarques, Warren Buffett, « il y a une guerre des classes et c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre et qui est en train de la gagner ». La victoire de cette politique de prédation globalisée a un coût de plus en plus élevé pour les populations et leur environnement. Le capitalisme mondialisé détruit littéralement la planète pour permettre à une minorité de privilégiés de maintenir ses standards de consommation en dépit de l’épuisement accéléré des ressources planétaires. Promouvant l’abolition des frontières et la mise en place d’un gouvernement mondial, il s’attaque à la notion même d’identité.

    Second livre d’une trilogie (qui fait suite à Photographies d’un hamburger), Oliganarchy est sorti début 2013, au moment des prémices du tournant liberticide et néoconservateur de l’État français. Se présentant comme une mise en fiction des thèses développées dans Gouverner par le chaos, il est d’une étonnante actualité. Les impostures des grandes mobilisations pour la liberté d’expression ou contre le racisme ou l’antisémitisme, l’instrumentalisation de la « menace terroriste » à des fins sécuritaires justifiant le vote d’un cortège de lois qui ne cessent de réduire les libertés publiques et instaurent une justice actuarielle (loi sur le renseignement, loi de programmation militaire, loi relative à la sécurité et à la lutte contre le terrorisme, loi renforçant les dispositions relatives à la lutte contre le terrorisme,…), les attaques contre la notion même de filiation avec la marchandisation du vivant par la GPA ou encore la libéralisation du contrat de travail avec les lois Macron qui va condamner les salariés à une précarité sans fin, prennent tout leur sens à la lumière des analyses présentées dans Oliganarchy. Les contradictions manifestes de ces politiques (en appeler à la liberté d’expression pendant qu’on bâillonne le journalisme d’investigation ou qu’on censure toujours plus la parole publique, prétendre lutter contre contre le racisme alors qu’on stigmatise les musulmans ou encore  prétendre s’engager contre la finance alors qu’on mène une politique ultralibérale et qu’on abandonne la Grèce à ses créanciers) révèlent la stratégie du pouvoir socialiste qui tient en quelques mots : surveiller et contrôler, dépolitiser et désinformer, manipuler et terroriser.

    Nicolas Bourgoin.

    http://www.scriptoblog.com/index.php/recensions/1751-crise-du-capitalisme-et-gouvernance-par-le-chaos-l-actualite-brulante-d-oliganarchy-par-nicolas-bourgoin