l'information nationaliste - Page 7488
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TVL : Jean Luc Touly, tout sur les profiteurs et recasés de la République.
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Des djihadistes de l’EI parmi les migrants selon un conseiller du gouvernement libyen
Le conseiller du gouvernement libyen Abdul Basit Haroun, en visite en Algérie pendant deux jours, a affirmé que des terroristes de l’Etat islamique se sont introduits clandestinement en Europe par le biais des bateaux de migrants qui traversent actuellement la Méditerranée. Cet officiel libyen a tenu à préciser que les policiers européens seraient de toute façon bien incapables de distinguer un migrant d’un djihadiste de l’Etat islamique, au moment de la traversée comme du débarquement.
L’agence européenne de contrôle des frontières, Frontex, a déjà affirmé cette année qu’il était « possible » que des combattants islamistes étrangers utilisent les routes clandestines de migration pour entrer en Europe…. L’ambassadeur d’Egypte en Grande-Bretagne a également mis en garde contre la venue de « bateaux remplis de terroristes » si la communauté internationale n’agit pas.
Depuis la chute de Mouammar Kadhafi, les migrants voguent par milliers vers l’Europe : parmi eux, des terroristes ? L’ONU estime que 60.000 personnes ont déjà essayé de traverser la Méditerranée cette année. Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est morcelée et sous la coupe de milices rivales essentiellement formées d’ex-rebelles soutenus par les Occidentaux…
Abdul Basit Haroun, conseiller du gouvernement libyen, met l’Europe en garde L’ampleur de cette crise migratoire est liée à la chute de Mouammar Kadhafi en 2011. Un an plus tôt, l’Union européenne tentait encore de normaliser ses relations avec le dictateur : le pétrole jouait un rôle important, mais le contrôle des migrants également. Mouammar Kadhafi entendait parfaitement les inquiétudes des pays européens sur la question migratoire et il s’en était largement servi pour renforcer sa position.
Mouammar Kadhafi avait prévenu
Dès 2004, Kadhafi avait passé des accords avec certains pays européens pour gérer les flux migratoires en provenance des côtes de son pays. Il avait prévenu lors d’un voyage en Italie en août 2010 : sans son aide, l’Europe deviendrait « noire ». « Demain, l’Europe ne sera plus européenne, mais noire, puisqu’ils sont des millions qui espèrent y parvenir », avait-il affirmé en présence de Silvio Berlusconi : « Quelle sera la réaction des Européens blancs et chrétiens qui devront faire face à cette afflux d’Africains affamés et ignorants ? Nous ne savons pas si l’Europe restera un continent uni et développé ou s’il sera détruit, comme cela est arrivé lors des invasions barbares. » Après un accord passé entre Khadafi et l’Italie, le nombre de migrants avait chuté de 75 % Et Khadafi avait prouvé son efficacité. Après un accord passé avec l’Italie en juin 2009 pour contrôler les départs de migrants, le nombre d’Africains pris en train d’entrer illégalement en Italie avait chuté de 75 % dès l’année suivante.A la chute de Khadafi, la situation a empiré pour les migrants Africains. Des centaines ont été exécutés, soupçonnés d’être des mercenaires de Khadafi, malgré leur pauvreté, leurs pieds nus et leur absence d’armes… La vie est devenue impossible en Libye et les vagues de migration vers l’Europe ont repris de plus belle. Parmi les migrants, des terroristes de l’Etat Islamique, prévient un officiel Libyen Avec qui discuter désormais ? Il y a trop d’argent à prendre pour les terroristes qui contrôlent désormais les côtes libyennes, par le biais de ces trafics de migrants, pour qu’ils entament la moindre discussion sur la question avec les pays européens. D’autant que les politiques d’accueil de ces migrants sont une occasion en or d’envoyer des terroristes sur le sol européen, comme prévenait il y a deux jours ce responsable libyen.
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Tentative d'intrusion massive des migrants à Eurotunnel
La nuit dernière, des centaines de personnes ont fondu sur les camions qui empruntent le tunnel sous la Manche pour se rendre en Grande-Bretagne.Dans la nuit de lundi à mardi, trois cents à quatre cents migrants ont tenté une intrusion massive dans la zone d'Eurotunnel, selon une source policière. Ils ont fondu sur les camions arrêtés sur l'autoroute située aux abords, s'accrochant aux bâches des remorques ou aux essieux, parvenant parfois à pénétrer à l'intérieur des poids lourds qui empruntent le tunnel sous la Manche pour se rendre en Grande-Bretagne. Des effectifs policiers de Boulogne-sur-Mer ont aussitôt été dépêchés sur place en renfort. «Une pagaille sans nom…», commente un policier sur place.L'incident s'est produit aux alentours de 3h30. «D'ordinaire, il y en a 100 à 150 mais là ils étaient au moins le double», signalent les autorités préfectorales. Les migrants montraient aussi «une agressivité» nouvelle, en raison de leur «technique» pour ouvrir les camions, «désormais avec des barres de fer», précisent-elles. Si bien que pour les interventions des forces policières et interpellations, «les risques sont plus importants», confirme un policier en poste à Calais. Cependant, «il n'y a eu aucun blessé, aucune intervention des pompiers», souligne la préfecture du Pas-de-Calais.Cette intrusion massive a été causée par un ralentissement du trafic routier, en raison d'un incident dans le tunnel survenu dans la soirée de lundi. Une navette Eurotunnel s'était «échauffée» en empruntant le tunnel sous la Manche et a dû être évacuée, provoquant trois heures de retard sur le trafic fret et une demi-heure sur les Eurostar. La retenue des camions aux abords du tunnel s'est d'autant plus densifiée que les chauffeurs, avec la présence des nombreux migrants, «se sont beaucoup plus présentés aux contrôles», précise la préfecture.Depuis le déplacement de la «jungle» du centre de Calais vers le cordon dunaire, à 5 km, près du centre d'accueil de jour Jules Ferry inauguré par Bernard Cazeneuve en janvier, et surtout depuis la sécurisation du port de Calais où l'édification de hautes clôtures barbelées sur des kilomètres rend son accès presque impossible, les tentatives de traversée des migrants se sont reportées sur Eurotunnel, à Coquelles. Chaque jour désormais, on peut les voir déambuler par centaines autour de la zone, empruntant à pied les accès autoroutiers, témoignent riverains et forces de l'ordre. «Au nez et à la barbe» de la Police aux frontières (PAF) qui a les locaux de sa direction départementale juste à côté, se désole un entrepreneur de transport et logistique qui, voisin des lieux, craint pour son fret et ses chauffeurs.Lien permanent Catégories : actualité, France et politique française, immigration, lobby 0 commentaire -
Politique & Eco n°43 - Ivan Blot et la conférence internatIOnale de Valdaï
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Zyed et Bouna: Maréchal-Le Pen évoque la "racaille"
La députée FN Marion Maréchal-Le Pen a estimé lundi que la relaxe des deux policiers poursuivis après la mort de Zyed et Bouna "prouvait" que "la racaille" avait mis "par plaisir" les banlieues françaises "à feu et à sang".
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Brocéliande ou la filiation celtique des Européens
Présentation d’un haut-lieu européen, Brocéliande, par Marie Monvoisin, lors du 2e colloque de l’Institut Iliade, Paris, Maison de la Chimie, 25 avril 2015.
En termes de haut-lieu, nous aurions pu évoquer bien des sites de l’hexagone. Mais Brocéliande présente un atout particulier en ce sens que le fonds culturel des Celtes y est toujours présent et qu’il suffit d’y puiser pour retrouver un certain état d’esprit.
Certes, des historiens objectifs vous expliqueront à juste titre que les Celtes sont les vaincus de l’histoire et qu’ils n’ont pu nous transmettre l’essence de ce que l’on subodore de l’âme celte. Il n’empêche que nous en avons connaissance aujourd’hui, et nous pouvons nous la réapproprier, en ces temps troublés de perte d’identité, de perte de sens, et de vagabondage culturel.
N’est-il pas étrange, si l’on y réfléchit, qu’un Européen cultivé n’ignore rien de l’histoire, de la littérature, de la mythologie des anciens Grecs et Romains, mais n’éprouve aucune honte à ne rien connaître des Celtes, alors que les deux tiers de l’Europe ont été celtiques. L’incroyable ignorance de leurs propres ancêtres par les gens cultivés trouve son excuse dans les manuels d’histoire : nos ancêtres les Gaulois étaient des barbares sauvages, et ce sont les Romains qui sont venus leur apporter les lumières de la civilisation, alors que ces conquérants n’ont atteint un haut niveau qu’en copiant leurs voisins, Etrusques, Grecs ou Celtes.
Brocéliande, légendes et mythes
Venons-en à Brocéliande, en quoi est-ce un haut-lieu pour nous autres Européens, et en quoi nous inspire-t-il ? En effet, si on parle d’histoire, concernant Brocéliande, on peut sans exagérer parler d’histoire inventée par des mythes, car les grands événements du monde ne se sont pas déroulés en forêt de Paimpont, mais plutôt du côté de ceux qu’on appelle les Gaulois. L’histoire médiévale a réinscrit cette contrée dans l’histoire européenne avec notre bonne duchesse Anne, mais c’est déjà un autre monde.
En revanche, ce qui forge aussi une âme en matière d’histoire, ce sont les légendes d’un côté et les mythes de l’autre.
Pour autant, à défaut d’histoire, c’est d’abord un haut-lieu en ceci qu’il nous relie à notre filiation celte.
La forêt de Paimpont, puisque c’est son nom administratif, fut toujours habitée par les Celtes. Celtes qui sont un rameau de la famille indo-européenne, et sont passés en Europe en étendant leurs colonies sur le vaste territoire qui deviendra la Gaule, jusqu’à l’Armorique, sylve sauvage impénétrable de l’extrême occident.
Habitée ensuite au sens noble par les druides qui, lors des grandes migrations des Ve et VIe siècles, sous la poussée des hordes anglo-saxonnes, bien que christianisés, n’ont pas rompu avec la tradition celtique druidique, et sont des anachorètes sanctifiés et révérés par le peuple. Ce sont ces druides qui fondent la principauté BroWaroch, qui donnera la Bretagne. Plus tard, au Moyen Age, le massif acquiert sa réputation de forêt légendaire et c’est au XIIe siècle que Brocéliande prend rang dans « les mythiques forêts enchantées » grâce à Chrétien de Troyes, notamment. Les légendes arthuriennes païennes réinvestissent ce lieu en pleine période médiévale chrétienne.
Le décor est planté pour toujours.
Brocéliande est un haut-lieu qui nous inspire également parce que les légendes qui y sont attachées trouvent à la fois un écho au tréfonds de notre esprit européen pour les valeurs qu’elles véhiculent et une certaine esthétique de l’âme.
Nous examinerons le sens du sacré dans la société celtique, la quête du Graal, la place de la femme, l’esprit de clan, l’organisation trifonctionnelle, la forêt.
Une société qui a le sens du sacré
La société celtique ne vit que dans et par le sacré. La classe sacerdotale est prééminente, très hiérarchisée et d’une autorité indiscutée. Les druides sont des initiés qui ont le sacré dans leurs attributions, mais il n’existe pas de différence entre le sacré et le profane : à la fois prêtres et savants, les druides cumulent les fonctions de ministres du culte, devins, conseillers politiques, juges, médecins, penseurs et universitaires. Les études pour parvenir à cet état sont ouvertes à tous, y compris les femmes, et durent 20 ans.
Dans la mythologie instinctive initiale, les Forces de la Nature sont déifiées ainsi que les rythmes cycliques, solaire, lunaire et stellaire. Ce sont les druides qui accompliront l’évolution spirituelle ultérieure.
Une société qui donne naissance à la quête du Graal
Au centre de la cour arthurienne, la Table Ronde rassemble les meilleurs chevaliers, venus du monde entier briguer l’honneur de servir. Alors commencent les expéditions, entreprises sur un signe, une requête, un récit marqué d’étrangeté. Lorsqu’il prend la route, chaque chevalier devient à lui seul l’honneur de la Table Ronde et la gloire du roi. Il forme l’essence même de la chevalerie arthurienne, affirmant la nécessité de l’errance, le dédain des communes terreurs, la solitude qui ne s’accompagne que d’un cheval et d’une épée. Il ne sait ni le chemin à suivre, ni les épreuves qui l’attendent. Une seule règle, absolue, lui dicte de « prendre les aventures comme elles arrivent, bonnes ou mauvaises ». Il ne se perd pas tant qu’il suit la droite voie, celle de l’honneur, du code de la chevalerie.
La nécessité de la Quête est partie intégrante du monde arthurien. Au hasard de sa route, le chevalier vient à bout des forces hostiles. Il fait naître l’harmonie, l’âge d’or de la paix arthurienne dans son permanent va-et-vient entre ce monde-ci et l’Autre Monde, car l’aventure où il éprouve sa valeur ne vaut que si elle croise le chemin des Merveilles. Sinon, elle n’est qu’exploit guerrier, bravoure utilitaire. Seul le monde surnaturel qui attend derrière le voile du réel l’attire, et lui seul est qualifiant.
Les poètes recueillent la Matière de Bretagne vers le XIIe siècle. La société cultivée européenne découvre les légendes des Celtes, un univers culturel d’une étrangeté absolue. Ce roman, nourri de mythes anciens, donne naissance à des mythes nouveaux, Table ronde, Graal, Merlin, etc. Parmi les référents culturels de l’Europe en train de naître, elle s’impose en quelques dizaines d’années, du Portugal à l’Islande, de la Sicile à l’Ecosse. La légende celtique, mêlée d’influences romanes ou germaniques, constitue en effet une composante fondamentale pour l’Europe en quête d’une identité qui transcende les nécessités économiques et politiques. Mais le thème de la quête représente plus fondamentalement un itinéraire proprement spirituel, initiatique ou mystique même. Elle manifeste un besoin d’enracinement, la recherche de valeurs anciennes – prouesse, courtoisie, fidélité, largesse… -, l’aspiration à l’image idéale de ce que nous pourrions être.
Le roman arthurien n’a pas inventé la quête, mais il lui a donné une couleur et une dimension renouvelées. La quête chevaleresque n’est ni la descente aux enfers d’Orphée ou de Virgile, la fuite d’Enée ou la dérive volontaire d’Ulysse. A travers d’innombrables épreuves, dont on ne sait dans quelle réalité elles se déroulent, elle unit à un voyage qui porte ordre et lumière là où règne le chaos, un cheminement d’abord intérieur, une recherche de perfection et d’absolu.
Une société qui honore la femme
Dans les sociétés européennes anciennes, il faut toujours rappeler que la femme tient une place originale, réelle et influente en tant que muse, inspiratrice, créatrice, sans négliger sa mission de mère, d’éducatrice, et de gardienne du foyer. Dans la société celtique en particulier, les femmes jouent un rôle qui n’est ni effacé ni subalterne : libres, maitresses d’elles-mêmes et de leurs biens, entraînées au combat, elles peuvent prétendre à l’égalité avec les hommes.
Le merveilleux participant pleinement au monde, la femme en est à la fois la médiatrice et l’incarnation. Elle tient une place prépondérante dans les cycles initiatiques. Le but de la fée n’est pas de dominer l’homme, mais de le révéler, de le réveiller. Le partenaire est jaugé pour ses qualités tripartites : ni jalousie, ni crainte, ni avarice. La femme celtique n’est ni intouchable, ni adultérine. Elle reste souveraine. Et force est de constater que la souveraineté celtique vient et tient des femmes.
La Dame est triple : visionnaire, reine et productrice. Son sacerdoce n’est pas limité à la prophétie et à la médecine.
Le mystère qui entoure les cultes féminins témoigne plus d’un secret initiatique que d’une absence. Rappelons enfin qu’Epona, déesse des cavaliers et de la prospérité, est la seule divinité celtique que les Romains incluront à leur calendrier.
Une société qui pratique l’esprit de clan
L’unité sociale des Celtes n’est ni la nation, cette invention de la Révolution, ni la famille comme dans le monde antique. C’est la tribu ou le clan. Dans ce cadre s’épanouit la personnalité, qui est donc collective et non pas individuelle. Le Celte pense « nous » plus que « je ». Et le « nous » est restrictif. Chez les Celtes, leur respect inconditionnel de la coutume est le contrepoids de leurs foucades anarchiques, leur unité culturelle et leurs rassemblements cycliques, le remède à leur dispersion sur le terrain.
Que la forme de vie celtique, essentiellement spirituelle et pratique, ait disparu avec les premières ambitions de « faire nombre » montre combien la celticité est peu compatible avec la modernité. Elle est d’un temps où la notion moderne de sujet n’existait pas, pas plus que la ville avec ses populations hétérogènes, et où la fusion de tout individu avec une réalité spirituelle englobante avait encore une signification pratique et intellectuelle, autant que sociale.
Une société qui repose sur le modèle trifonctionnel indo-européen
Cette tripartition possède chez les Celtes des traits originaux. Le druide qui est à la fois prêtre, juriste, historien, poète, devin, médecin, représente la première fonction. Le roi, de deuxième fonction, ne peut régner sans les conseils d’un druide qui le guide dans toutes ses actions, même dans la guerre. Le druide ne peut ni ne doit exercer le pouvoir lui-même. Le roi est élu par les hommes libres des tribus, parmi ceux que les druides choisissent ou suscitent. Le druide préside à la cérémonie religieuse qui doit ratifier cette élection. Le druide et le roi ont donc deux obligations fondamentales et conjointes : le druide doit dire la vérité, et le roi doit dispenser les richesses.
Une société qui vit en harmonie avec la nature, dont la forêt est l’archétype
Brocéliande, c’est avant tout une Forêt avec tout ce que ce mot emporte de symboles et de sens.
« D’autres peuples ont élevé à leurs dieux des temples et leurs mythologies mêmes sont des temples. C’est dans la solitude sauvage du Nemeton, du bois sacré, que la tribu celtique rencontre ses dieux, et son monde mythique est une forêt sacrée, sans routes et sans limites. » En Brocéliande, « pays de l’Autre Monde », nous sommes dans l’Argoat, le pays du bois. A Brocéliande, on vient en pèlerinage, pas en balade ; on n’y pénètre pas, c’est la forêt qui entre en nous.
Pour vous aider à plonger dans cette atmosphère singulière, un poème d’Hervé Glot :
« Echine de roc / émergeant du couvert / au-dessus du val des ombres / labyrinthique chemin noir vers la source des orages, Brocéliande n’existe pas / sans un aveuglement spirituel / une mise en état de l’âme. »
Et pour Gilbert Durand : « La forêt est centre d’intimité comme peut l’être la maison, la grotte ou la cathédrale. Le paysage clos de la sylve est constitutif du lieu sacré. Tout lieu sacré commence par le ‘bois sacré’ ».
C’est pourquoi l’atmosphère particulière qui règne sur cette forêt druidique convient au personnage de Merlin. Peu importe l’authenticité de celui-ci, l’essentiel est qu’il soit l’âme traditionnelle celtique. Merlin, à l’image du druide primitif, est à la charnière de deux mondes. Il joue le rôle d’un druide auprès du roi Arthur qu’il conseille. Il envoie les compagnons de la Table Ronde à la quête du mystérieux Saint Graal. Il pratique la divination ; il a pour compagnon un prêtre, l’ermite Blaise, dont le nom se réfère au breton Bleizh qui signifie loup. Or Merlin commande aux animaux sauvages, et est accompagné d’un loup gris. Dans la légende de Merlin, ce qui importe c’est un retour à un ille tempus des origines, à l’âge d’or.
Deux étapes à Brocéliande…
Pénétrons dans la forêt pour deux étapes.
La Fontaine de Barenton d’abord. C’est une fontaine « qui bout bien qu’elle soit plus froide que le marbre », une fontaine qui fait pleuvoir, et qui guérit de la folie. Elle se trouve aux lisières de la forêt, dans une clairière où règne un étonnant silence. Endroit protégé, donc, en dehors du monde, de l’espace et du temps. Et le nom de Barenton incite à la réflexion, abréviation de Belenos, qualificatif donné à une divinité lumineuse telle que Lug, le Multiple-Artisan.
Cette clairière est un Nemeton, un sanctuaire non bâti, isolé au milieu des forêts, endroit symbolique où s’opèrent les subtiles fusions entre le Ciel et la Terre, entre la Lumière et l’Ombre, entre le Masculin et le Féminin. Dans le mot Nemeton, il y anemed qui veut dire « sacré ». Et donc il est normal que Merlin hante cette clairière, lui qui est au milieu, sous l’arbre qu’on appelle Axis Mundi, et c’est de là qu’il répercute le message qu’il reçoit de Dieu et dont il est le dépositaire sacerdotal.
Le persifleur qu’il représente est la mauvaise conscience d’une société occidentale, comme l’était Diogène le Cynique chez les Athéniens, chargé de provoquer son seigneur en le mettant en face de ses faiblesses.
Une étape s’impose aussi à l’église de Tréhorenteuc, qui par la grâce de l’Abbé Gillard a donné un sanctuaire bâti à la Nemeton celtique : en effet, Jésus y côtoie Merlin et il y est rendu un vibrant hommage au cycle arthurien. Sur le mur de l’église, est gravé « la porte est en dedans », c’est-à-dire en nous. Il faut donc franchir cette porte avant que d’aller en forêt.
En conclusion
Il s’agissait donc d’évoquer un lieu en rapport avec l’univers esthétique et mental qui est propre aux Européens, où souffle l’esprit, un lieu porteur de sens et de valeurs qui nous sont proches. Brocéliande et le monde celte remplissaient cet office.
Cette intervention veut aussi être un hommage à tous ceux des nôtres qui ont si bien su appréhender la poésie, la magie, l’essence du monde de la forêt, attentifs à cet infinitésimal qui renvoie à l’ordre cosmique. Difficile pour nous, hommes des villes entourés de verre et d’acier, où l’on porte le masque et perd le sens du sacré.
Pour terminer, dans cette enceinte où les acteurs anciens et modernes du monde celte sont évoqués, non seulement pour l’esthétique, mais pour leur rôle dans la formation et l’approfondissement de notre âme européenne, je citerai Bruno de Cessole, évoquant la façon dont Dominique Venner a choisi de partir, et le replaçant à sa manière dans le Panthéon celtique :
« En des temps de basses eaux comme les nôtres, où les valeurs d’héroïsme et de sacrifice sont tenues pour de vieilles idoles dévaluées, voilà qui est incompréhensible aux yeux des petits hommes anesthésiés de cette époque, qui ne sauraient admettre qu’un intellectuel choisisse de se tuer pour prouver que la plus haute liberté consiste à ne pas être esclave de la vie, et inciter ses contemporains à renouer avec le destin ».
Une fois de plus, le Roi Arthur revient. Non pas la figure royale, mais l’univers de liberté et d’imaginaire qu’il convoie. A qui s’interroge sur ces postérités tenaces et ces résurrections insistantes, on peut trouver des raisons diverses et multiples mais la principale, c’est que c’est la plus belle histoire du monde et qu’il suffit de revenir aux récits, à ces mots qui voyagent vers nous depuis plus de huit siècles pour comprendre, comme le souligne Hervé Glot, que les enchantements de Bretagne ne sont pas près de prendre fin. Si avec le mythe de l’éternel retour, le monde médiéval chrétien a connu la résurgence du mythe celte, nul doute qu’à Brocéliande, tôt ou tard, le Roi Arthur reviendra, et pour toujours !
Marie Monvoisin
http://institut-iliade.com/broceliande-ou-la-filiation-celtique-des-europeens/
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L’État islamique a-t-il perdu la tête?
Le « Conseil de la Choura » de l’EI réfléchirait à nommer un chef temporaire pour remplacer Abou Bakr al-Baghdadi, qui aurait été très grièvement blessé lors d’une frappe américaine en mars dernier. Une guerre des chefs fait rage au sein de Daesh, et elle pourrait nuire au califat autoproclamé.
Selon des transfuges de Daesh, le « Conseil de la Choura » de l’État islamique réfléchirait à nommer un chef temporaire pour remplacer Abou Bakr al-Baghdadi, qui aurait été très grièvement blessé lors d’une frappe américaine en mars dernier. Comment l’Etat islamique s’organise-t-il dans ces conditions ? Est-il ralenti ?
Il faut rester prudent. Pour l’instant, aucune confirmation de la mise hors de combat d’Al-Bagdhadi n’est parvenue aux autorités ni aux médias. Nous sommes donc dans le domaine des rumeurs. Ce qui peut aller dans ce sens, c’est qu’aucune déclaration affirmant que le « calife » est bien opérationnel n’est venue contredire ces mêmes rumeurs. Sur le terrain, Daech piétine en Syrie depuis la bataille de Kobané mais grignote du terrain en Irak, particulièrement dans la province d’Al-Anbar. Il est donc impossible pour l’instant de tirer des leçons sur une absence éventuelle du « commandant suprême ».
Une poussée à l’international est aussi sensible, notamment dans le Sinaï, en Libye et en Tunisie. Il convient de rester très prudent dans les pronostics avancés.
Deux Irakiens et un Syrien seraient en concurrence pour ce poste, selon les mêmes sources. Peut-on s’attendre à une guerre des chefs ?
Le problème réside dans le fait qu’Al-Bagdhadi n’a pas désigné de successeur (comme l’a fait Al-Zawahiri au sein d’Al-Qaida en désignant de facto l »émir d’Al-Qaida dans la Péninsule Arabique -AQPA-). Il y a donc un certain nombre de prétendants. Il est probable qu’une guerre des candidatures aura lieu. Techniquement, c’est à la « choura » (le conseil consultatif fort de neuf membres) de désigner un successeur.
Qui est le plus susceptible de l’emporter dans ces luttes d’influence ?
Là aussi, rien n’est certain. Les Américains semblent placer Abd al-Rahman Mustafa al-Qaduli, un ancien professeur de physique irakien en bonne place : d’où la mise à prix de sa tête pour sept millions de dollars depuis quelques jours. Cet individu était jusqu’alors peu connu.
On parlait plutôt d’Abou Ali al-Anbari, un ancien major-général irakien responsable du front syrien de Daech ou d’Abou Muslim al-Turkmani, responsable du front irakien. Abou Luqman Ali Moussa al-Hawikh, le « gouverneur » de Raqqa, la « capitale » de l’État Islamique est aussi évoqué. Il peut en sortir d’autres de la besace.
Quelles peuvent en être les conséquences pour l’organisation ?
Certains chefs locaux risquent de vouloir retrouver leur indépendance.
Il ne faut pas penser que la situation est simple pour Daech qui fonctionne grâce à de multiples alliances conclues avec des tribus et d’anciens cadres du parti Baas irakien. Cette unité est volatile. Cela pourrait conduire à une dislocation du « noyau » de l’État Islamique établi à cheval sur l’est de la Syrie et l’ouest de l’Irak. Cela dit, rien ne dit que Daech est « touché au cœur ». Il faut attendre la suite.
Personnellement, je pense que si al-Baghdadi était mort, il y aurait eu une revendication proclamant qu’il avait rejoint les « martyrs de la cause ». Il est peut être que blessé comme le laisse prétendre la rumeur. Les affaires courantes sont alors réglées par la choura.
Viendra le moment où la nomination d’un remplaçant, même temporaire, sera rendue obligatoire car les activistes islamiques ont besoin d’un chef qui les guide et leur sert d’exemple. Attendons la suite.
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Dîner du Cercle #2 - Le conflit en Syrie
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Le Printemps Français s'invite à la gay pride de Poitiers
Le cortège LGBT a été perturbé place du Marché à Poitiers. 500 personnes ont défilé selon la Nouvelle République, en présence de plusieurs élus, parmi lesquels le député écologiste Véronique Massonneau, du conseiller régional Cyril Cibert (PS), de la première adjointe au maire de Poitiers Laurence Vallois-Rouet. Le cortège a joué la provocation en organisant un miss in devant la cathédrale.
Sur la place Charles-de-Gaulle, le défilé a été perturbé quelques minutes par un couple juché sur un toit du marché Notre-Dame, qui agitait une banderole sur laquelle on pouvait lire les mots "Printemps français". Les policiers ont procédé aussitôt à leur interpellation (19/20 de Poitiers de samedi).
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De retour du djihad, il vit des allocations handicapé
Dans l’édition du Point du 16 janvier, un article intitulé «L’histoire funeste des trois tueurs » brossait le portrait du « réseau des Buttes-Chaumont » dont faisaient partie les frères Kouachi et Amedy Coulibaly, les auteurs des récents attentats de « Charlie Hebdo », de Montrouge et du supermarché casher de la Porte de Vincennes à Paris.
L’article mentionne (p. 44) le cas d’un comparse, Mohamed el-Ayouni, qui s’était rendu en Irak en juillet 2004. Dans les combats de Falloujah, il avait perdu son bras et son œil gauches. De retour en France, il avait demandé une allocation handicapé… et l’avait obtenue des services sociaux, qui ne pouvaient pas ignorer les circonstances de ses blessures…