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31/03/2014

Charte LMPT : parmi les 672 têtes de liste signataires, 85% ont été élus

Un signal inquiétant pour les familles au lendemain du 2ème tour des Municipales qui a vu l’élection de 85% des têtes de listes signataires de la Charte de La Manif Pour Tous. Ludovine de La Rochère, Présidente de La Manif Pour Tous, déclare :

« Les Français veulent des élus engagés, clairs sur leurs convictions et agissant pour le bien commun ! » 

Les premiers résultats des signataires de la charte des municipales de La Manif Pour Tous sont sans appel : parmi les 672 têtes de liste signataires, 85% ont été élus ! Les candidats affichant leurs convictions se sont imposés : outre Limoges (ville administrée par la gauche depuis 1921, passée à droite avec l’élection d’Emile-Roger Lombertie, signataire de la charte), les résultats à Paris (Goasgen, Kuster, Legaret, Lecoq), Marseille (Dominique Tian, Guy Tessier), Royan, Nemours, Nîmes, Perpignan, Versailles, Courbevoie, Hyières, Belfort, Poissy, Saint-Chamond, Béziers, Evreux, Chantilly, Compiègne, Brive la Gaillarde, Asnières sur Seine, Roanne ou bien encore à Colombes témoignent de l’importance du positionnement des candidats sur leur vision de la famille, premier lieu de solidarité et refuge des plus vulnérables. La Manif Pour Tous rappelle également que 40 des 43 parlementaires signataires de la charte ont été élus hier soir ou dimanche dernier. 

"Mais l’annonce de la nomination de Manuel Valls à Matignon sonne comme une nouvelle provocation à l’égard des familles, qui se demandent si François Hollande a compris leur message !

La Manif Pour Tous prend acte de cette nomination, en espérant que Manuel Valls sera moins sectaire comme Premier ministre qu’il ne l’a été comme ministre de l’intérieur. Il a en effet utilisé les moyens de l’Etat pour casser et réprimer la protestation pacifique, légale et républicaine des familles contre le mariage et l’adoption par les couples de même sexe, la libéralisation de la PMA pour les couples de femmes et la GPA (Gestation Pour Autrui, c’est à dire les mères porteuses). M. Valls a notamment été à l'origine de l’utilisation de gaz lacrymogène sur des enfants, des personnes âgées, des femmes enceintes, des familles, le 24 mars 2013 à Paris."

Ludovine de La Rochère ajoute :

« La politique de M. Valls à l’Intérieur, ce sont aussi des centaines de gardes à vue arbitraires et des consignes de flicage radicales et aberrantes, par exemple pour le simple port du sweat de La Manif Pour Tous ».

La Manif Pour Tous sera extrêmement vigilante contre toute nouvelle manifestation de familiphobie de la part du gouvernement de M. Valls, en particulier pour ce qui concerne l’ABCD dit « de l’égalité », projet ne respectant pas la liberté d’éducation des parents et sortant des prérogatives de l’Etat, dont le mouvement citoyen réclame le retrait.

Michel Janva

Syrie : le grand retour de l'obscurantisme islamique

La persécution subie par les Chrétiens syriens depuis le début de la guerre civile va crescendo : décapitations, enlèvements, viols, les conduisent à partir se réfugier à l'étranger. Ceux qui restent doivent se soumettre au statut infamant des dhimmi (« protégés »).
Les chrétiens de Syrie, qui représentaient avant le début de la guerre civile environ 8 à 10 % de la population du pays (soit environ 2 millions pour 20-22 millions d'habitants), ont fait en sorte de se tenir à l'écart des affrontements entre des rebelles souvent sunnites d'un côté et, de l'autre, Bachar al Assad, qui appartient à la communauté alaouite, et ses alliés chiites. Efforts vains. Ils sont rattrapés par le fanatisme islamiste.
Le groupe djihadistes « État islamique en Irak et au Levant » (EIIL) a annoncé imposer une série de règles draconiennes aux habitants chrétiens de la ville syrienne de Raqqa qu'il contrôle depuis quelques mois. Raqqa, ville située à 385 kilomètres au nord-est de Damas sur le cours de l'Euphrate, est le seul chef-lieu de province à être, en mars 2013, tombé entièrement entre les mains des opposants au régime de Bachar al Assad. Quelque 300 000 personnes y habitaient avant le début des violences en Syrie, et moins de 1 % étaient chrétiens. Nombre d'entre eux ont quitté la ville quand l'EIIL a commencé à attaquer et à brûler des églises. Une poignée, les plus démunis, sont restés chez eux.
Interdictions, vexations et impôts
Le groupe a annoncé lui-même cet « accord » contenant douze règles censées garantir la « protection » des chrétiens. Le texte, publié sur des forums djihadistes et portant le cachet de l'EIIL, stipule que les chrétiens doivent verser la taxe, qui était imposée aux premiers temps de l'islam aux non-musulmans. Les chrétiens « fortunés » devront payer jusqu'à l'équivalent de treize grammes d'or pur, ceux de la classe moyenne devront verser la moitié de cette somme et les défavorisés le quart.
L' « accord » exige également que les chrétiens s'abstiennent d'exhiber une croix « ou toute chose de leur Livre » dans les marchés ou les endroits où il y a des musulmans et d' « utiliser des haut-parleurs pour faire entendre leurs prières ». Les chrétiens doivent également s'abstenir de « célébrer leurs rituels (...) hors de l'église » et également de montrer une croix ou un livre religieux... Une série d'interdictions à impérativement respecter sous peine d'être « traités comme des ennemis ». Selon cet « accord », ils doivent également obéir aux « règles imposées par l'EIIL, comme celles liées à la discrétion dans la manière de s'habiller ».
Le groupe djiahdiste a également indiqué que les chrétiens « ne devaient pas restaurer les monastères ou les églises (...) dans leur ville ou les environs ». Bien entendu, les chrétiens ne doivent pas porter d'armes, a précisé l’EIIL, en avertissant que ceux qui ne respecteraient pas ces règles feront face au même « destin » que celui subi par les ennemis de la rébellion.
Un choix vexatoire
À présent, les derniers chrétiens de Raqqa vivant sous la coupe de l'EIIL ont un choix à faire : soit accepter leur statut de sous-citoyen devant payer et se faire le plus discret possible pour rester en vie, soit partir pour un long et dangereux voyage d'exil en espérant trouver un pays d'accueil. Il y a une autre possibilité : que les chrétiens se convertissent à l'islam pour gagner un peu de dignité. Et c'est probablement le but des islamistes.
Le statut juridique des dhimmi, ou protégés, repose sur le vingt-neuvième verset de la neuvième sourate du Coran : « Combattez : ceux qui ne croient pas en Dieu et au Jour dernier; ceux qui ne déclarent pas illicites ce que Dieu et son Prophète ont déclaré illicite, ceux qui parmi les gens du livre ne pratiquent pas la vraie Religion. Combattez-les jusqu'à ce qu'ils paient directement le tribut après s'être humilié. » La soumission des dhimmi, c'est-à-dire l'acceptation de l'autorité et de la supériorité des musulmans, leur vaut, en principe, la liberté de culte et d'être protégés des violences et des déprédations.
À Raqqa, en dépit du fait que les chrétiens sont très peu nombreux, les islamistes veulent que, comme dans le bon vieux temps, les chrétiens s'humilient. Et ne nous leurrons pas, beaucoup de bons musulmans de cette petite cité n'y voient rien à redire. Dans les faits, le groupe est soutenu par une bonne partie de la communauté sunnite qui croit dur comme fer à la supériorité de l'homme sur la femme et à celle du musulman sur le non musulman. Raqqa, première ville « libérée » par les islamistes vit les heures les plus sombres de son histoire et cela ne présage rien de bon pour l'avenir de la Syrie.
Henri Malfilatre monde & vie 18 mars 2014

Municipales : Bérézina de la gauche, ancrage local de la droite nationale

Après un premier tour assez net au second tour des élections municipales, c’est une défaite très brutale qui se confirme pour le parti socialiste. La gauche subit des Bérézina dans la plupart des villes de France. Ainsi, la grande majorité des Français a décidé de sanctionner la politique de François Hollande en votant pour des candidats UMP, Front national et divers droite (photo en une : Robert Ménard nouveau maire de Béziers). Le basculement à droite est plus que significatif et semble dépasser par son ampleur celui de 1983. Aujourd’hui nous pouvons donc affirmer que la France est à droite… toutes les droites !

La seconde spécificité de cette élection, c’est l’abstention. Ce sont près de 37 % des électeurs qui ont décidé de ne pas se rendre dans leur bureau de vote. Le message est clair, les Français croient de moins en moins à la politique en général et aux partis majoritaires en particulier.

Plus concrètement, que s’est‑il passé dans les villes françaises ?

Toulouse, Tourcoing, Roubaix, Reims, Quimper, Angers, Nevers, Saint‑Etienne, Pau, Belfort, Ajaccio, Caen, Montbéliard, Valence, Maurepas, Evreux, Roanne, Bar‑le‑Duc, Chambéry, Amiens, La Roche‑sur‑Yon, ou encore Brive‑la‑Gaillarde… On ne compte pas les grandes villes à avoir renvoyé l’équipe socialiste sortante. A Limoges, c’est la première fois depuis 1912 que la gauche n’a plus le pouvoir. A Montbéliard, la liste de Moscovici essuie une cuisante défaite. La gauche se maintient quand même dans ses fiefs de Paris, Lyon, Lille, Nantes et Strasbourg. Enfin, la ville de Grenoble est passée du PS aux Verts.

Les premières réactions à l’annonce des résultats

Sur la sellette, Jean‑Marc Ayrault a pris la parole pour confirmer les grands axes de la politique gouvernementale en affirmant qu’il ferait preuve d’une meilleure pédagogie ! Alain Juppé, lui, a commencé la soirée électorale en se félicitant que le Front national n’ait pas gagné les élections dans plus de villes, précédant un cortège de déclarations anti‑FN. Enfin, les représentants du gouvernement ont asséné toute la soirée les mêmes messages : « la politique du gouvernement doit être continuée », « le danger, c’est le Front national dont les idées sont banalisées par la droite », ou encore « c’est normal de perdre les élections à mi‑mandat ». Bref, aucune remise en question. Les électeurs trancheront lors des élections européennes qui approchent.

La droite nationale réussit son pari d’ancrage local

 L’UMP parade, mais le Front national est aussi l’un des grands vainqueurs de ces élections municipales ?

Hénin‑Beaumont avait été conquise au premier tour. Au second tour, les candidats soutenus par le Rassemblement Bleu Marine ont transformé l’essai et remportent ainsi les villes de Fréjus, Le Luc, Beaucaire, Cogolin, Hayange ou encore Villers‑Cotterêts. A Béziers, Robert Ménard, remporte une large victoire. A Mantes‑la‑Ville, dans les Yvelines, le Front national remporte encore une belle victoire qui a dû ravir Jean‑Marie Le Pen.

Enfin, l’un des succès les plus importants de la droite nationale est réalisé à Marseille : si Gaudin est réélu à la tête de la Ville, le frontiste Stéphane Ravier gagne la mairie du VIIe secteur de la cité phocéenne, le plus peuplé de la ville avec 150.000 habitants ! Au conseil de Marseille, le Front national devient ainsi la deuxième force politique avec vingt‑et‑un élus, et passe devant le Parti socialiste. Il convient encore de noter, pour la Ligue du Sud, la réélection de Madame Bompard à Bollène, une semaine après son époux à Orange.

Contre la droite nationale, le système aura usé d’armes diverses et variées…

Politiciens de l’UMPS, professionnels de l’antiracisme, bobos de l’intelligentsia, chacun y aura été de son sourcil froncé et de sa voix chevrotante pour contrer la montée du FN. L’Union des étudiants juifs de France a ainsi, durant l’entre‑deux‑tours, mené une campagne anti‑Front national dans plusieurs villes. D’Olivier Py et ses ridicules menaces sur Avignon jusqu’à l’ancienne favorite du président, Valérie Trierweiler, qui s’inquiétait « du danger FN » : la caste bobo parisianiste a joué à se faire peur.

Dans plusieurs villes, le pseudo « Front républicain » n’a pas pu fonctionner ; dans d’autres, l’UMPS s’est réuni pour faire battre de toutes ses forces les candidats de la droite nationale — ce qui explique les défaites de Florian Philippot, Louis Aliot ou Gilbert Collard. Et à Fréjus et Beaucaire, dès hier soir, des voyous faisaient une démonstration de force contre la démocratie…

Sur les plateaux de télévision, hier soir, les éléments de langage n’étaient pas les mêmes selon qu’on évoquait l’UMPS ou le FN…

Des expressions comme « le FN est en embuscade », ou « le FN guigne cette ville » ont été employées par les journalistes. En revanche, l’UMP et le PS, eux, ne guignaient jamais des villes, ils ambitionnaient de les conquérir. Sémantiquement, la nuance est importante. France 3 a été jusqu’à parler de « soulagement » à Perpignan après la défaite de Louis Aliot… Il est à parier que jusqu’aux Européennes, diabolisation et traitement de défaveur seront à l’ordre du jour pour le Front national de la part du système et de ses valets médiatiques…

http://fr.novopress.info/161257/municipales-berezina-gauche-ancrage-local-droite-nationale/#more-161257

Valls le gazeur est favorable à la GPA

Au lendemain de la manifestation du 2 février, Manuel Valls avait assuré que le gouvernement s'opposerait à tout amendement parlementaire élargissant la PMA aux homosexuelles et légalisant le recours aux mères porteuses. Puisqu'il est pressenti pour devenir Premier ministre, rappelons qu'à titre personnel, Manuel Gaz y est pourtant favorable. Extrait d'un interview accordé à un site homosexualiste en 2011 :

"D’une manière générale, nous devons accompagner les évolutions de la société, permettre des droits nouveaux. Je crois à une société d’ordre, de justice sociale, et en même temps j’ai la conviction profonde que la gauche doit incarner le progrès. (...)
Aujourd’hui, les nouvelles techniques permettent cette gestation pour autrui, et il y a des possibilités d’y recourir légalement dans des pays voisins. De ce point de vue, je considère que cela doit concerner toute forme de couples, mais il faut qu’il y ait des règles précises qui encadrent la GPA, car elle soulève de nombreuses interrogations. Le droit à l’enfant ne peut ni remplacer ni primer sur l’intérêt de l’enfant. Je considère que le débat intellectuel, philosophique concernant la famille n’est pas un débat anodin, et qu’on a intérêt à le mener jusqu’au bout. Car la GPA repousse les barrières qui encadrent la procréation assistée, et il y a le problème de la transaction financière avec des femmes souvent pauvres. Je comprends que certains au PS aient peur d’une dérive vers une marchandisation du corps des femmes qui pourrait se révéler immaîtrisable. Mais au-delà de ces précautions, c’est une évolution qui est incontournable, à condition qu’elle soit encadrée. Contrairement à ce que disent ceux qui sont par principe hostiles à la GPA, je crois que si celle-ci est maîtrisée, elle est acceptable, et j’y suis donc favorable. À terme, je suis favorable à une évolution législative, mais contrairement au mariage, ce n’est pas la position du PS."

Louise Tudy

Civitas félicite ses nouveaux élus municipaux

Dans un communiqué publié sur ses sites internet, Civitas félicite ses élus au lendemain du second tour des élections municipales. On se souvient que Civitas avait encouragé les catholiques à s’engager à l’échelon municipal, sur le terrain associatif mais aussi politique. Selon ce communiqué, le mouvement aurait obtenu quelques centaines d’élus locaux.

Bravo aux membres et amis de Civitas élus aux élections municipales

Au lendemain du second tour des élections municipales, Civitas a de quoi se réjouir.

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Accord de libre échange transatlantique : les Européens ont la mémoire et la vue courte en croyant aux promesses d’amitié d’Obama

Obama se rend en Belgique pour un discours sur les relations transatlantiques, dont le traité est de plus en plus critiqué. Et pour cause : il est loin d’assurer une vraie protection et l’Europe a davantage tendance à être lésée.
ALENA : Accord de libre échange nord-américain. Ce traité, devenant pour l’Europe le TTIP (Partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement) dont il est le laboratoire, est entré en vigueur le 1er janvier 1994. Il a créé une zone de libre-échange entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique et a notablement favorisé les exportations canadiennes et mexicaines vers les Etats-Unis, mais la crise économique 2008-2010 les ont fait chuter. Confronté à l’opposition de groupes altermondialistes, ALENA a fait l’objet de nombreuses critiques : dépendance économique du Mexique vis-à-vis des Etats-Unis, agriculture dévastée, effets négatifs des envois de fonds, délocalisations d’emplois…
Elargir ce type de traité à l’Europe soulève plusieurs questions auxquelles Christian Harbulot répond ci-après dans un article publié par Atlantico.fr et qui nous est communiqué par un de nos correspondants.
Polémia
Atlantico : Barack Obama passera la journée du 26 mars en Belgique, à l’occasion d’une rencontre politique avec l’Union européenne. L’unique discours que devrait donner le Président américain concerne les relations transatlantiques. Le traité transatlantique est supposé induire une harmonisation progressive des normes en vigueurs, mais fait l’objet de vives critiques. Pourquoi ? Dans quelle mesure peut-il représenter un danger pour l’Europe ?
 Christian Harbulot : Le traité transatlantique représente un danger pour l’Europe, dans la mesure où le système qui est appliqué dans le cadre de l’ALENA (qui peut apparaitre comme un laboratoire qui sera transposé ensuite dans le cadre européen) est un système qui, de fait, favorise les Etats-Unis. Pour des raisons tant juridiques et financières que normatives. Il faut comprendre que les Etats-Unis se sont préparés à ce type de système et qu’ils sont dominants dans l’application de ces trois types de sujets. Arrêtons-nous un instant sur cet aspect juridique, dont on parle malheureusement trop peu. Il y a là une dimension stratégique du droit, qui s’explique par la taille critique prise par les cabinets anglo-saxons. En France, en 30 ans, ces cabinets sont passés de 15% à plus de 80% des parts de marché. Ces cabinets ont une attitude qu’on peut qualifier d’ambigüe, en cela qu’ils ont une attitude particulièrement critique face aux mesures protectionnistes, voire défensives, que pourraient prendre un pays comme la France (on l’a vu dans le cadre des OPA de l’affaire Florange), tandis que ces mêmes cabinets ne formulent aucune critique à l’égard de mesures similaires, si pas plus protectionnistes encore quand elles ont lieu aux Etats-Unis. Cette ambiguïté est parfois traduit comme une forme d’hypocrisie par certains.
Prenons aussi l’exemple du tribunal arbitral, présenté comme un risque un peu générique et qui devraient profiter plus aux entreprises qu’à l’intérêt général. Dans les faits, le problème est plus compliqué et ne se limite pas au simple problème entreprise-état. Quand on a bien étudié le fonctionnement de l’ALENA, on réalise que les Etats-Unis font jouer cette masse critique, qu’ils ont bâtie pour défendre leurs intérêts. Autant ceux de firmes multinationales que ceux du système Nord-Américain, au dépend de celui des autres, comme dans le cas du Canada et du Mexique. Il faut craindre une organisation semblable des rapports entre les Etats-Unis et l’Europe.
Nous Français avons pris l’habitude, en termes de défense des intérêts français, de nous focaliser sur certains dossiers, comme celui de la politique agricole commune. Parce que nous nous focalisons sur ces dossiers, nous en abandonnons d’autres, et pire encore, nous n’anticipons pas sur les dossiers majeurs. Quelle anticipation sur ce monde immatériel, en émergence ? Aucune. Pour la première fois de l’histoire de l’humanité, on va travailler non plus sur un mais sur deux mondes. Il y a les enjeux de l’économie numérique, de celle de la connaissance. Pour l’heure, il y a un déficit très fort de définition de la stratégie qu’un état comme la France devrait avoir, d’abord pour la France et ensuite au sein du débat européen. C’est là que se situe le déficit, dans le sens où les Etats-Unis ont déjà noué certains contacts dans les zones privilégiées (nord de l’Europe, certains pays de l’Est), qui visent à asseoir leur influence. Il n’y a pas nécessairement harmonie, ou même similitude d’intérêt au sein de l’Union Européenne.
Face à ce danger, comment réagissent les états membres ? Finalement, à qui la faute ? S’agit-il des Etats-Unis qui ne jouent pas franc-jeu, ou bien des membres de l’UE qui n’ont pas de vision politique et stratégique suffisante ? Comment est-ce que cela peut profiter aux USA ?
Il y a effectivement un double langage du côté des Etats-Unis. D’une part, pour faciliter ce marché transatlantique, ils souhaitent effectivement plus de liens et des liens plus ouverts. D’autre part, ils ne veulent pas perdre leurs avantages acquis ; comme le small business act qui ne rejoindra certainement pas la corbeille de la mariée. Ils feront très attention à préserver un certain nombre de dispositions, qui sont en fait de nature protectionniste.
Dans le même temps, le problème vient également du fait que nous n’avons pas une position unitaire, en Europe. Chacun va défendre ses propres intérêts et on voit bien certaines divergences qui affectent certains états. La question se pose : comment négocier avec un état qui, lui, a une vision unitaire comme les Etats-Unis, alors qu’en face, nous arrivons en ordre dispersé ? Il n’est pas possible de négocier à part égale, et dès lors il n’est pas non plus possible de tirer notre épingle du jeu.
Une des questions vitales, c’est de se mobiliser à la hauteur des enjeux. La gouvernance internet est un enjeu stratégique, pas un débat technique. Je crains que, pour l’instant, notre ministre des affaires étrangères n’ait pas pris la mesure de cet enjeu stratégique. Si Laurent Fabius en prend la mesure, il doit se rendre à Ryo, en personne. Et s’il s’y rend, il faut qu’il dise des choses pertinentes : sur cette question, cela signifie que l’Europe et la France doivent tenir compte des contrecoups de l’affaire Snowden et défendre une position face aux Etats-Unis qui ne soit pas une position suiviste. L’Europe doit récupérer son autonomie stratégique.
Les Etats-Unis ont tout intérêt à signer un traité qui soit le plus linéaire possible, soit un traité qui ne fasse ressortir que des questions d’ordre technique. Un traité transatlantique dans lequel on aborde des questions d’ordre stratégique sous l’angle technique entrainerait un déséquilibre favorable aux USA. Il est clair que nous perdrions du terrain, et pas seulement en termes de marchés : sur des questions essentielles comme la définition de l’intérêt général, ou de rapport aux modes de vies. Nous n’avons pas du tout la même approche que les Etats-Unis sur le rapport entre l’agroalimentaire et la santé publique. Il y a en Europe des critères différents. Ça n’est pas pour autant le type de contradiction qu’on pourrait faire ressortir lors des négociations. Il est même possible, via l’approche technique, qu’on cherche à les lisser, de façon à pouvoir faire passer ces différences comme de simples approches normatives différentes.
Qu’en est-il des protections annoncées dans le traité ? Barack Obama se fait-il véritablement le blanc chevalier protecteur des marchés et de l’échange Européen ? Le constat brossé est résolument sombre, mais n’avons-nous rien à y gagner ?
La seule chose que nous avons à gagner à cette entente, c’est une alliance entre Etats-Unis et Europe, face à la Chine. Et sur ce terrain-là, les USA ont compris qu’ils avaient besoin d’un traité transatlantique pour ne pas être laminés par la Chine. Il faudra donc être attentif à ce qui sera négocié, puisque le véritable enjeu se porte contre la menace économique que représente la Chine. Là, effectivement, on peut gagner un certain nombre de choses. Il est très important d’imposer à la Chine des règles qu’elle ne respecte pas forcément. Il n’est pas normal que la Chine continue à laisser contrefaire des produits comme les médicaments (avec tous les risques qui y sont inhérents), ou la contrefaçon de marques de luxe. C’est une nécessité absolue que de les obliger à respecter ces principes. Ce traité pourrait nous aider à, au moins, les amener à un autre type de rapport de force que celui qui prévaut en ce moment.
Quels sont les moyens dont nous disposons aujourd’hui pour nous protéger de ce traité ? Et, à termes, qui va devoir en payer les frais ?
Une des manières de ne pas être pénalisé par ce traité sommeille dans les forces de la société civile, qui doivent jouer un rôle de lanceur d’alerte. Pas comme les ONG type Greenpeace : il faut que la société civile s’exprime sur des problématiques où elle est légitime. Dans l’économie de la connaissance, sur les normes éducatives… Il est vital que nous ne soyons pas aussi démunis qu’aujourd’hui. L’Europe doit pouvoir défendre des intérêts précis : la CNIL ne suffit pas face à ce genre d’enjeu. L’Europe devrait développer son propre réseau internet. Il faut s’emparer de ce sujet du monde immatériel, comme on a pu le faire à propos des voies maritimes par le passé. C’est aussi important, et pour l’instant nous n’y avons pas accès. Au travers des sociétés civiles, on pourra passer outre le déficit des politiques et des entreprises pour rendre les états légitimes à porter ces sujets.
Il est évident, également, qu’une Europe incapable de faire en sorte qu’il y ait un changement nous coûtera cher à nous, contribuable. Qu’il s’agisse de l’éducation de nos enfants, de la notion d’e-commerce ou même d’échange marchands dans ce monde immatériel. Si nous ne réfléchissons pas à ça, c’est notre indépendance qui est mis en danger.
 Christian Harbulot, 26/03/2014
Source : Atlantico.fr
Christian Harbulot est historien, politologue et expert international en intelligence économique. Directeur associé du cabinet Spin Partners, il est également directeur de l’Ecole de Guerre Economique, membre fondateur du nouvel Institut de l’intelligence économique. Il est l’auteur de La guerre économique (PUF, Que sais-je ?, 2010).Correspondance Polémia – 30/03/2014
http://www.polemia.com/accord-de-libre-echange-transatlan...

Le nouveau combat de Hollande : la répression homosexuelle en Afrique

Notre président va déployer toutes ses forces à combattre en Afrique les principes de la loi islamique qu'il estime néanmoins compatibles avec la démocratie en France.
Selon un rapport d’Amnesty International publié en juin 2013, l’homosexualité reste passible des tribunaux dans 38 des 54 pays africains et elle est punie de mort au Soudan, en Mauritanie et au Nigéria.
Le président Hollande – qui avait été le seul à envoyer l’armée française combattre les islamistes au Mali – vient donc d’apporter son complet soutien au combat de la lutte contre la répression de plus en plus inquiétante de l’homosexualité – notamment en Ouganda et au Nigéria –, à condition toutefois que la France ne soit pas seule à s’y engager. Pas question, cette fois, de faire cavalier seul. Venir en aide – politiquement, juridiquement, financièrement – aux homosexuels persécutés ou condamnés à mort, c’est autrement plus périlleux que de combattre le terrorisme islamique qui en est responsable. On mène les combats que l’on peut.
Mais le président Hollande ne serait-il pas au courant des propos tenus, en février 2010, par Claudio Cordone, le secrétaire général d’Amnesty International : « Le djihad est-il antithétique aux droits de l’homme ? Notre réponse est non. »
N’a-t-il pas appris qu’il pourrait exister des liens troubles entre Amnesty International et des collectes de fonds au profit de djihadistes syriens ?
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Espagne – Les avortements pratiqués en 15 jours répondraient aux demandes d’adoption introduites en un an

Espagne – La quantité d’avortements commis en une quinzaine de jours permettrait de couvrirait la liste de demandes d’adoption déposées en un an.

Les exposés des experts en questions liées la vie et la famille réunis durant le Congrès « La conception d’un nouveau partenariat pour la vie » de DALAVIDA ont spécialement traité des lois, de l’éducation , de l’économie et des médias. Quatre sphères qui pourraient contribuer au changement  de conception d’une nouvelle société qui défendrait la vie.

Le directeur du Centre d’études familiales de l’Université Francisco de Vitoria, María Lacalle; le professeur de philosophie du droit de l’Université San Pablo CEU,  Elio Gallego; le Docteur en sciences économiques et commerciales à l’Université Autonome de Madrid, Oscar Vara et le directeur de la Fondation Jérôme Lejeune, Mónica López Barahona, étaient les intervenants.

Mónica López Barahona a indiqué que les avortements pratiqués en Espagne atteignent en quinze jours les 4.000 cas d’enfants mis à mort, et que ce chiffre couvrirait la liste d’attente de l’adoption d’une année entière.

« Comment est-il possible que personne ne prenne cela en compte ? », s’est demandé M. Lopez Barahona, rappelant que la durée moyenne d’attente dans le processus d’adoption est de cinq ans .
Elle a aussi demandé de véritables alternatives à l’avortement, accompagnées par des politiques qui profitent vraiment les femmes enceinte.

http://medias-presse.info/espagne-les-avortements-pratiqu...

Elections : rassurez-vous, le message a été entendu. Mais par qui ?

Vincent Trémolet de Villers, rédacteur en chef des pages Débats/opinions du Figaro et de Figarovox, se moque des discours de consultants tenus lors de la soirée électorale :

"C'était une impression étrange. Assister à une soirée électorale et se trouver comme plongé dans une réunion. De celles qui s'étendent interminablement et ne débouchent sur rien. Le «sujet» (il n'y a plus de problèmes, d'interrogations, d'inquiétudes, d'angoisses, de conflits mais seulement des sujets), le «sujet» donc était la défiance des Français vis-à-vis du politique. Pour comprendre ce signal déceptif du client-électeur, il y avait tout le board. Dans ce brainstorming, la parole était libre et chacun y allait de ses explications. Ségolène Royal qui s'entend mieux, dit-on, avec le big boss était très pro active: «il faut mobiliser les énergies et libérer les forces créatrices». Pierre Moscovici plus dans le constat a d'abord posé le problème «il est difficile de réformer un pays comme la France». Il fallait «prendre acte» de ce qui s'était passé et reconnaître «un déficit d'explication». «Faire sens» aussi a ajouté Ségolène Royal. «En tant que responsable politique, nous ne pouvons pas ne pas tenir compte du résultat» a dit Michel Sapin qui s'y connaît. En face, ils n'étaient pas en reste. Jean- Pierre Raffarin qui domine depuis longtemps ce type de réunion (en quarante ans de carrière, il en a organisé des kick off dans des Novotel!) avait une réponse en trois points avec deux keywords «chômage» et «changement».

Les plus jeunes cadres prirent aussi la parole. Marine Le Pen voulait virer tout le monde, changer de stratégie et offrir des goodies aux clients. Cécile Duflot est revenu aux fondamentaux: se mettre à la place de l'acheteur: «Moi, si j'étais un Français ou une Française a-t-elle dit, je ne sais pas si…» c'était un peu confusant mais l'intérêt de ce genre de réunion c'est de désinhiber. Rama Yade ne lâchait rien sur son segment. La marque UDI a-t-elle expliqué n'avait rien à envier aux autres marques, elle n'était simplement pas assez mis en valeur par la direction de la communication. Pujadas et Delahousse ont fait mine d'entendre ce qu'elle disait. Ils avaient bien préparé leurs slides et les faisaient défiler dès qu'il y avait un temps mort. Henri Guaino a parlé d'Etat, de Nation, de frontières, d'idées. Le reste des participants regardaient ailleurs: ils ont fini par lui couper le micro. On allait perdre le rythme du meeting. Tous les HP (Haut potentiels) ont utilisé le mieux possible leur temps de parole. Bruno Le Maire avait la colère directoriale et Laurent Wauquiez, l'éloquence commerciale. Dans son bureau le PDG n'a rien raté des débats. Quand Pujadas a libéré tout le monde en annonçant les prochaines réunions, ceux qui avaient joué le jeu en se déplaçant aux urnes (les autres n'avaient pris la peine d'allumer leur télévision) n'ont sans doute pas été pleinement satisfaits. Mais qu'ils se rassurent, «leur message a été entendu». Leurs petites inquiétudes (emploi, sécurité, impôts, famille, déclassement) ce n'est plus un sujet. Ils peuvent dormir tranquille, le board s' occupe de tout."

Michel Janva

Du Kosovo à la Crimée : le nouveau désordre international

Le 24 mars 1999, il y a quinze ans, commençaient les bombardements de l’OTAN sur Belgrade. 4.000 morts et 10.000 blessés, dont deux tiers de civils. Avec la participation de la France. Cette guerre ouvrait le chapitre d’un nouvel ordre international (un ordre qui ressemble de plus en plus à un désordre), dans lequel – hasard du calendrier – s’inscrit l’affaire de Crimée.
Le parallèle entre le Kosovo et la Crimée a beaucoup été fait, y compris par le Kremlin. Au nom d’une identité ethnique albanaise forte (80 % de la population), le Kosovo a réclamé son indépendance. Refus et répression serbes : le Kosovo est le berceau historique et spirituel de la Serbie. Le patriarcat de Peć est le centre spirituel de l’Église orthodoxe serbe, et c’est le Kosovo qui a vu se dérouler la bataille des Merles en 1339, constitutive de l’identité nationale serbe (un peu comme notre dimanche de Bouvines).
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Municipales : pourquoi les impôts locaux vont augmenter après le scrutin

C’est historique : les communes augmentent les impôts locaux après une élection. Les maires nouvellement élus sont confrontés à une baisse de leurs recettes et des promesses électorales à prévoir.

« C’est historique ! Une grande majorité des communes augmente les impôts locaux l’année qui suit une élection », avance Olivier Bertaux, fiscaliste pour l’association Contribuables associés.

« Les impôts locaux augmentent tous les ans mais ces hausses sont généralement plus importantes au lendemain des scrutins », précise l’auteur de plusieurs ouvrages sur l’histoire des impôts. Avant les municipales, la plupart des maires a préféré stabiliser les impôts mais leurs dotations diminuent, un effet rattrapage doit donc avoir lieu au lendemain du scrutin, explique le spécialiste.

Ainsi, en 2009, un an après les dernières élections municipales, les taux des taxes d’habitation et foncière avaient progressé en moyenne de 3,8% dans les communes de plus de 100.000 habitants. Ils avaient ensuite augmenté dans de moindres proportions pour être quasiment stables l’an passé. [...]

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http://www.actionfrancaise.net/craf/?Municipales-pourquoi...

Franc-maçonnerie et mondialisme (Radio Courtoisie)

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Vae victis - Ce soir...

17:11 Écrit par pat dans culture et histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |

Victoires municipales : les élections européennes lancées de belle manière

Les  tendances qui se sont  dégagées  au premier tour des municipales, celles d’un fort rejet du PS, profitant mécaniquement à l’UMP,  et d’une   montée en puissance d’un Front National remettant en cause l’hégémonie des deux principaux  partis européistes se partageant les rôles (« bipolarisation »),  ont  été amplifiées au second. C’est une gifle magistrale que les Français en colère ont adressé à François Hollande et au gouvernement  Ayrault, le Parti socialiste perdant plus de 155 villes de plus de 9000 habitants. Maigre consolation pour les éléphants de la rue de Solferino, des villes symboles comme Lille, Strasbourg  ou Paris restent dans le giron de la gauche. Dans la capitale, comme nous le pronostiquions  dés le mois de septembre,  la bobo  Nathalie Kosciusko-Morizet, incapable de rassembler à droite,  est même lourdement  battue par sa sœur jumelle  Anne Hidalgo qui l’emporte avec 54,3% des voix. L’UMP sort incontestablement ragaillardie de ces élections, le mouvement de balancier gauche-droite lui ayant été profitable, mais c’est une victoire plus fragile qu’il n’y paraît. Au-delà de la guerre des chefs qui va reprendre de plus belle, son programme largement interchangeable avec  celui du PS sur les questions européennes, leur commune soumission à la Commission européenne,  achèvera de rendre perceptible  à beaucoup la véritable alternative portée par le FN. Marine Le Pen a redit ce matin au micro de RMC sa conviction selon laquelle « il faut en finir  avec  le faux choix entre l’UMP et le PS, « faire exploser  l’Union européenne pour retrouver notre liberté », en finir avec «  l’immense souffrance » générée par  notre soumission économique et sociale  à Bruxelles.

 « Nous allons trancher la tête du canard qui veut que le FN ne sait pas gérer des villes » a encore  souligné la présidente du FN  sur cette même antenne. Rappelons-le, l’opposition nationale espérait réaliser de bons résultats à ces élections afin  d’engendrer une belle dynamique de  campagne pour les européennes. Cet objectif est pleinement  atteint, avec 1546 conseillers municipaux (nous en espérions 1000),  459 élus dans les intercommunalités,   et gagne 11 mairies de plus de 9000 habitants…Il faut toute la mauvaise foi du calamiteux Alain Juppé  pour affirmer ce matin au micro d’Europe 1 qu’ « il n’y a pas eu de vague Bleu Marine » !

 Certes, certains des 315  candidats FN-RBM en lice pour le second tour échouent parfois de très peu. A Perpignan (Pyrénées-Orientales) notamment, la liste conduite  vice-président du FN, Louis Aliot (44,89%)  a perdu, après le retrait de la liste du PS,  face à l’UMP  Jean-Marc Pujol (55,11%). Les agents de la  coalisation  clientéliste UMP-PS ont su  quadriller la ville pour mobiliser les abstentionnistes, notamment ceux  issus de la diversité, contre l’opposition nationale.  L’abstention est ainsi en baisse sensible pour s’établir  à 37,25%, contre 43,01% au premier tour.

 Cette même alliance objective entre partis du Système, les mêmes moyens, les mêmes procédés  ont permis à Forbach (Moselle) la victoire de Laurent Kalinowski (47,73%)  sur  la liste FN-RBM de Florian Philippot (35,17%) .  Les quartiers pluriels ont  été aussi mobilisés en Avignon par les amis de la candidate socialiste Cécile Helle,  qui  est arrivée en tête (47,2%) devant le candidat FN Philippe Lottiaux (34,7%).

 Seule contre tous, la frontiste Valérie Laupies (47,26%)  s’est également inclinée à Tarascon (Bouches-du-Rhône), qui a vu  le candidat DVD Lucien Limousin (52,74 %) l’emporter. Le FN rate de quelques voix la prise de la mairie de Carpentras (Vaucluse),  Hervé de Lépinau (42,15%),   talonnant le maire PS sortant Francis Adolphe (44,46% des voix). A  Saint-Gilles (Gard), le «front républicain» et la mobilisation des « minorités »  a joué aussi  à plein contre Gilbert Collard.  La liste UDI-UMP d’Eddy Valadier (51,5% des suffrages) l’emporte sur celle du député du RBM ( 48,50%).

 Pareillement, la liste conduite par Dominique Martin à Cluses (Haute-Savoie) progresse significativement entre les deux tours pour obtenir 37,23% des suffrages mais échoue devant le conglomérat  UDI et MoDem  soutenant Jean-Louis Mivel  (41,19%).

 Nous ne pouvons aussi que regretter que  la liste DVD de   Philippe Gaudin qui avait fusionné avec celle du frontiste Dominique Jolly à Villeneuve Saint-Georges (Val-de-Marne), rate d’une  trentaine de  voix son élection à la mairie et en  déboulonne  la communiste Sylvie Altman.

 Mais il s’agit aussi de se réjouir, après le succès de Steeve  Briois dés le premier tour à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais)  de très belles victoires.  A Béziers (Hérault),   la liste conduite par l’ex  président de Reporters sans frontières, Robert Ménard,  et qui bénéficiait du soutien du FN, l’emporte avec prés de 47% des voix  loin devant l’UMP Elie Aboud (34,62 %), et le socialiste Jean-Michel Du Plaa (18,38 %).  M. Ménard a même profité de la baisse de l’abstention dans cette commune  (31,49% hier contre 36,74% le 23 mars) pour renforcer son score.

 Avec une abstention également en  baisse (31,53 % au premier tour, 29% hier),    le frontiste David Rachline  remporte  Fréjus (Var)  avec 45,55% des suffrages devant l’UMP, Philippe Mougin ( 30,43%)   et le maire sortant  Elie Brun ( 24,1% des votes).  Le nouveau maire FN a aussitôt  lancé un  appel au rassemblement de toutes les énergies pour redresser la ville alors  que des « jeunes des quartiers » (souvent  venus  d’autres commune avoisinantes) ont scandé des slogans de haine à l’annonce des résultats. La réaction de l’ex maire UDF de Fréjus, François Léotard en dit long également  sur le décalage entre les antifrontistes rabiques  et la population.

 « L’élection d’un parti xénophobe et anti-européen à Fréjus ne peut provoquer pour le maire que j’ai été pendant vingt ans jusqu’en 1997 qu’une grande tristesse a-t-il déclaré. Je m’associerai à toute initiative pouvant permettre un contrôle d’opposition aux décisions du conseil municipal de Fréjus ». M Léotard, visiblement ébranlé,  semble avoir oublié que ce rôle de contrôle  incombe tout simplement  au conseiller municipal d’opposition… ce qu’il n’est même plus.

 Au Luc (Var),  le frontiste Philippe de La Grange  a surpris les médias locaux en  emportant  la ville, avec 42,02 % des suffrages, devant le DVD Dominique Lain (40,92 %), le DVG  Ali Torchi (16,17 %) et le maire sortant  André Raufast (0,86 %).

 A Cogolin (Var) , à quelques encablures  de Saint-Tropez, le frontiste Marc-Etienne Lansade l’emporte  franchement avec 53,1% des suffrages devant le  maire sortant, le DVD Jacques Sénéquier (46,9%) en faveur duquel les candidats du PS et de l’UMP  s’étaient retirés… Ainsi dans le Var,  le FN aura désormais  au moins 174 élus dans les  trente-quatre communes de ce département  où il fait son entrée dans les conseils municipaux.

 La plus grande ville conquise par le FN est… un  secteur. En l’occurrence le  7e de Marseille, le plus peuplé de la capitale phocéenne  avec 150 000 habitants qui a vu la liste FN-RBM conduite par   Stéphane Ravier   arrivée en tête avec 35,8 % des suffrages, devant l’UMP-UDI Richard Miron (32,5 %) et la liste PS-EELV-FG de Garo Hovsepian (31,7 %). La réaction abasourdie et vipérine de Jean-Claude Gaudin en dit long sur l’importance  de cette victoire pour le FN…

 A Beaucaire (Gard) dans une ambiance pour le moins électrique suscitée par les jeunes issus de la diversité  appelés à la rescousse par certains de ses adversaires,   Julien Sanchez l’emporte également de belle manière avec 39,81 % des suffrages. Il devance nettement le maire sortant sans étiquette Jacques Bourbousson (29 % des voix), le DVD  Christophe André (24,31 %)  et le DVG Claude Dubois ( 6,85 %).

 Le candidat FN Joris Hébrard, au Pontet (Vaucluse) a lui aussi viré en tête au soir du second tour  dans une triangulaire, avec 42,62 % des voix, devant l’ UMP  Claude Toutain (42,52 %) et la liste divers droite de Frédéric Quet (14,84 %). Le faible écart de voix entre M. Hébrard et  M. Toutain laisse présager un recours de l’UMP…

 A plusieurs centaines de kilomètres du Vaucluse, c’est dans l’Aisne   que le FN emporte aussi une mairie, à  Villers-Cotterêts, célèbre pour l’Ordonnance éponyme  qui en août 1539  imposa la rédaction des actes officiels et notariés en français en lieu et place  du  latin. Le candidat FN Franck Briffaut a creusé l’écart avec  41,53 % des suffrages, loin devant la liste du maire sortant, le socialiste Jean-Claude Pruski (34,66 %), et la liste DVD de  l’UDI Jean-Claude Gervais (23,80 %).

 A Hayange (Moselle), ville de l’acier, commune sinistrée et ravagée par les politiques de désindustrialisation menée main dans la main par le PS et l’UMP sous influence bruxelloise, le candidat frontiste, l’ex cégétiste Fabien Engelmann,  l’a emporté hier soir. Il totalise   34,70% des suffrages  devant la liste DVD de Thierry  Rohr (28,32%) et le maire sortant, le PS  Philippe David (27,23%).

 Autre symbole de taille, autre coup de tonnerre  à Mantes-la-Ville (Yvelines), commune dans laquelle Jean-Marie Le Pen en 1997, lors d’un déplacement de soutien à la candidature de sa fille Marie-Caroline pendant la  campagne des  législatives, tomba dans un véritable traquenard tendu par la gauche, l’extrême gauche, les soutiens de l’époque de  la  socialiste d’Annette Peulvast-Bergeal. Justice immanente, le candidat frontiste Cyril Nauth l’emporte avec 30,26 % des suffrages, devant la maire PS sortante, Monique Brochot (29,35 %), la liste DVG  d’Annette Peulvast-Bergeal (28,29 %)  et celle du DVD Eric Visintainer (12,09 %).

 Relevons aussi  que Philippe de Beauregard (Ligue du Sud), soutenu par le FN, a emporté la ville de Camaret-sur-Aigues (Vaucluse), et que  Marie-Claude Bompard, la femme du maire d’Orange qui lui a été élu dés le premier tour avec près de 60% des voix, a  gagné hier  la mairie de  Bollène avec 55,35 % des voix, devançant  le candidat de la gauche Jean-Pierre Lambertin.

 Un mot encore pour noter que s’il existe comme nous l’avons vu d’assez fortes  disparités entre les communes,  le niveau de l’abstention a  battu un nouveau record   sous la Ve République, avec un taux hier  de 36,3% (36,45% au premier tour).  Au deuxième tour de 2008, l’abstention était  de 34,80%.

 Cette grève du vote est un signe du désarroi de  nos compatriotes devant les promesses non tenues de la classe politicienne, Français désabusés qui renoncent ainsi à faire entendre leur voix…laissant ainsi les autres décider à leur place.  C’est  bien évidemment une erreur profonde répète Bruno Gollnisch, qui rappelle que tous les Français pourront voter le 25 mai aux européennes pour confirmer leur refus d’être pris en otage, de subir la  désastreuse politique jumelle des euromondialistes de l’UMP et du PS.

 Le député FN  considère de la même façon  qu’un simple remaniement ministériel ne répondra pas  aux attentes de nos compatriotes, à la crise de confiance  aiguë qui frappe cet exécutif. Le   sondage Tilder/LCI/OpinionWay publié en fin de semaine en apporte s’il était nécessaire la confirmation :   87% des Français sont favorables à un changement de politique économique et non de personnel politique. C’est en effet tout l’enjeu du combat que nous menons et mènerons dans les mois et les années à venir !

http://gollnisch.com/2014/03/31/victoires-municipales-les...

Après la déculottée, la gifle du 3e tour

Conséquence logique de sa déroute aux municipales, la gauche va perdre plusieurs dizaines d'intercommunalités. La désignation des nouvelles équipes dans les établissements publics de coopération intercommunale s'effectuera durant la deuxième semaine du mois d'avril. Exemples :

  • Paris

Le PS espérait gouverner la future Métropole du Grand Paris (regroupant Paris, les Hauts-de-Seine, le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis), mais il n'aura pas la majorité des 337 conseillers métropolitains, à cause de la perte de nombreuses villes dans la petite couronne parisienne. Cette institution devrait être dominée à plus de 54 % par l'UMP et l'UDI. La gauche (PS, Front de gauche et EELV) n'obtiendrait qu'à peine plus de 45 % des sièges. 

  • Marseille

Grâce à sa large victoire dans la cité phocéenne et dans plusieurs municipalités jusqu'alors détenues par la gauche (parmi lesquelles La Ciotat), l'UMP s'empare de la présidence de la communauté urbaine, occupée depuis 2008 par le socialiste Eugène Caselli. 

  • Lyon

Bien que réélu à Lyon, Gérard Collomb pourrait être délogé de la présidence de la communauté urbaine, regroupant 58 communes dont bon nombre sont passées à droite : Chassieu, Décines, Francheville, Mions, Pierre-Bénite, Rillieux-la-Pape, Saint-Priest, Saint-Fons.

  • Toulouse

Le nouveau maire Jean-Luc Moudenc (UMP) a l'intention de briguer la présidence de la communauté urbaine. Outre Toulouse, plusieurs communes de l'agglomération sont passées à droite, parmi lesquelles Balma et Saint-Orens.

  • Strasbourg

Sur les 95 membres de l'agglomération, 47 sont clairement à gauche et deux autres sont apparentés. La partie va être serrée.

  • Bordeaux

La droite reprend les commandes de la communauté urbaine avec 63 sièges sur 105.

  • Lille

Martine Aubry devrait être dépossédée de la présidence de la communauté urbaine de Lille, avec la chute de Tourcoing et de Roubaix.

  • Saint-Etienne

La communauté d'agglomération devrait basculer à droite.

Michel Janva

Le nouveau capitalisme criminel

Entretien avec Jean-François Gayraud réalisé par Pierre Verluise
Jean-François Gayraud est haut fonctionnaire de la police nationale. Il a publié Le nouveau capitalisme criminel, Le Monde des mafias. Géopolitique du crime organisé, Showbiz, people et corruption, La Grande Fraude. Crime, subprimes et crises financières et Géo-stratégie du crime (avec François Thual). P. Verluise est Directeur du Diploweb.com.
Géopolitique du capitalisme criminel. Le Commissaire divisionnaire Jean-François Gayraud vient de publier un ouvrage remarquable : "Le nouveau capitalisme criminel. Crises financières, narcobanques, trading de haute fréquence", aux éditions Odile Jacob. Il répond aux questions de Pierre Verluise, Directeur du Diploweb.com.
Pierre Verluise : Quelle est la part de la criminalité dans la crise financière de 2007-2008 ?
Jean-François Gayraud : Pour comprendre ce qui s’est produit en 2008 avec la crise des subprimes, il faut d’abord diagnostiquer le contexte global. Quel est-il ? Le capitalisme s’est profondément ré-agencé à partir des années 1980, aux Etats-Unis et ailleurs, à partir d’une doxa néo libérale. Le nouveau visage du capitalisme comporte depuis des dynamiques et des vulnérabilités aux comportements criminels particulièrement fortes. Ce capitalisme est devenu excessivement dérégulé, mondialisé et financiarisé. Ces trois caractéristiques font que ce capitalisme est désormais criminogène : il recèle des incitations et des opportunités aux fraudes d’une intensité nouvelle. La crise financière s’est déclenchée aux Etats-Unis à partir d’un petit secteur financier : le marché de l’immobilier hypothécaire. La bulle immobilière fut en partie gonflée par des pratiques de crédit totalement frauduleuses ; des centaines de milliers de prêts furent perclus d’infractions toutes simples : faux en écriture, abus de confiance, escroqueries, abus de faiblesse, etc. Par le biais du mécanisme de la titrisation et d’agences de notation complaisantes ou franchement malhonnêtes, ces fraudes se sont retrouvées dans les fameux « produits financiers innovants » vendus sans devoir de précaution et de conseil sur les marchés à Wall Street. La bulle boursière s’est ainsi à son tour formée à partir de véritables fraudes. C’est pourquoi la crise des subprimes peut être rebaptisée sans exagération de crise des subcrimes . L’analyse criminologique que je propose ne relève donc pas de la métaphore facile par laquelle « fraude » serait simplement le synonyme de « prédation ». Il s’agit de vrais crimes, mais qui n’ont pas reçu de décantations judiciaires sérieuses ! D’ailleurs, le rapport de la grande commission d’enquête du Sénat des Etats-Unis (FCIC) qui est venu ensuite autopsier cette crise utilise le mot « fraude » 147 fois ! Est-ce vraiment un hasard ? J’ai analysé la crise des subprimes sous cet éclairage criminologique dans La grande fraude (Odile Jacob) en 2011. Et je me livre dans Le nouveau capitalisme criminel (Odile Jacob, 2014) à un exercice similaire pour d’autres crises financières issues de la dérégulation : Japon, Mexique, Albanie, etc.
Pierre Verluise : Votre approche est innovante, me semble t-il ?
Jean-François Gayraud : Je tente depuis ces dernières années de donner corps à une véritable « géopolitique et géo économie du crime ». Je souhaite que la criminologie sorte d’une certaine torpeur, d’un certain vase clos, afin qu’elle prenne le grand air de la modernité et des grands espaces de la mondialisation. Le crime est désormais une réalité centrale de la modernité et non une marge folklorique. Dans Le nouveau capitalisme criminel, j’entreprends à nouveau d’éclairer des phénomènes de niveau macro économique, en l’occurrence ici des crises financières, avec la lumière criminologique. Je ne sous estime pas combien une telle entreprise peut se heurter à de multiples objections, en particulier en France où la réflexion sur le crime est monopolisée par une sociologie criminelle misérabiliste, obsédée par la « culture de l’excuse » et qui ne sait même plus lever la tête pour s’intéresser aux crimes élitistes : ceux des élites légales mais aussi ceux des élites du crime. Les cloisonnements disciplinaires traditionnels dans les milieux académiques et un positivisme un peu étroit consubstantiel à la pensée économique font que le crime est rarement invité dans la réflexion globale. C’est à mon sens un oubli mortifère car on s’interdit de porter un diagnostic juste sur certaines pathologies issues de la modernité post guerre froide.
Pierre Verluise : Depuis la crise, la régulation a-t-elle vraiment progressé ?
Jean-François Gayraud : Non. Toutes les lois votées sont purement cosmétiques. Elles n’ont pas su ou pas pu toucher à l’architecture et à l’économie du système financier international, en particulier dans ce qu’il a de plus déviant et criminogène.
Les modifications apportées ne relèvent pas du changement de cap. Les législateurs européens et américains se sont contentés de rajouter des canots de sauvetage autour du Titanic. Canots qui bien évidemment ne profiteront qu’aux premières classes lors de la prochaine crises financière. Ce qu’il faut comprendre, c’est que, d’une certaine manière, il n’y a jamais de « crise financière » stricto sensu ; il n’y a que des crises politiques : il faut en effet interroger les dispositifs normatifs et les politiques publiques qui en amont mettent en place des systèmes aussi dérégulés et criminogènes. Et à ce stade du raisonnement il convient alors de comprendre comment sont votées les lois de dérégulation et comment se font les élections ? D’où vient l’argent des campagnes électorales et quel est le poids du lobby de la finance ? Les principes mortifères issus du fameux « consensus de Washington » ne tombent pas de la planète Mars ! La finance impose désormais un rapport de force – feutré en apparence mais violent en coulisse - aux pouvoirs politiques contemporains. Nombre d’Etats sont littéralement « capturés » par les puissances financières. Et ce phénomène ne touche pas que les seuls « paradis fiscaux et bancaires » ! Le phénomène est central aux Etats-Unis. Par exemple, qui est le premier employeur en France des inspecteurs des finances ? Bercy ou les quatre grandes banques universelles qui font habituellement notre fierté ? Cela crée sans nul doute possible, de manière mécanique, de subtiles convergences de vues aux conséquences profondes....
Pierre Verluise : Pourquoi le trading de haute fréquence pourrait-il provoquer de nouveaux effondrements partiels ou systémiques ?
Jean-François Gayraud : Sans débat public, à bas bruit, les marchés financiers fonctionnent depuis une vingtaine d’années autour d’ordinateurs et d’algorithmes surpuissants, dans un monde plus proche des romans de Philipp K. Dick que des récits balzaciens. A la très grande vitesse de la nanoseconde, des centaines de milliers de transactions irriguent en continu les plate formes boursières dispersées sur toute la planète. Or cette équation "très grands volumes" et "très grande vitesse" produit de l’invisibilité sur les marchés ; une invisibilité telle que les régulateurs en charge de la police des marchés sont devenus quasi aveugles. Le THF n’est pas qu’un outil ; ou plus précisément, comme tous les outils, il n’est pas neutre. Comme toute technique, quelqu’en soit l’utilisation bonne ou mauvaise, elle transforme profondément tant l’architecture que le fonctionnement des marchés financier contemporains. Les très grandes banques et les fonds spéculatifs, qui sont les acteurs centraux du "THF", expliquent que cette technique est utile et saine. On ne peut que douter, me semble t-il, de l’utilité sociale de cet outil, mais c’est un débat macro-économique hors de mon coeur de sujet. En revanche, le "THF" pose trois séries de problèmes relevant clairement de la sécurité nationale. Et ces trois questionnements ne sont jamais exposés. D’abord, l’outil du "THF" ne peut que développer les fraudes financières à grande échelle : leur invisibilité matérielle et intellectuelle risque en effet d’être un encouragement permanent aux mauvaises pratiques et pour les mauvais acteurs. Ensuite, pour sortir du cadre pénal, on peut s’interroger sur l’économie même de cette technique : n’a-t-on pas légalisé le délit d’initié, encouragé la concurrence déloyale et institutionnalisé la spéculation criminelle ? Enfin, on sait que les marchés financiers fonctionnant avec le "THF" subissent des tensions constantes ; déjà, des effondrements se produisent régulièrement : parviendra-t-on à contenir les suivants ?
Pierre Verluise : Pourquoi, à ce jour, la lutte contre l’argent sale reste-t-elle un échec flagrant ?
Jean-François Gayraud : Les Etats ne parviennent à capter que moins de 1% de l’argent sale. Pourquoi ne le dit-on pas ? Pourquoi une telle omerta ? J’essaye de détailler les causes profondes, structurelles, de cet échec, au delà des petites explications ponctuelles et techniciennes que l’on nous assène en général. Il y a me semble t-il trois raisons majeures que je ne vais ici qu’effleurer. L’une est temporelle et historique : ce combat est très récent ; il n’a vraiment pris une certaine consistance que depuis la fin des années 1990. La deuxième est plus géopolitique : l’existence de dizaines d’Etats pirates à travers le monde, de type paradis fiscaux et bancaires, qui constituent autant de trous noirs permanents dans la raquette de la régulation et du contrôle. Enfin, il y a une causalité relevant du droit : nous autorisons ou laissons se développer les instruments juridico financiers d’opacification et d’anonymisation de la propriété du capital que sont par exemple les trusts et autres fiducies.
La question du blanchiment d’argent est centrale car l’argent recyclé dans l’économie légale permet au crime non seulement de jouir de ses profits mal acquis, mais surtout d’acquérir des parts de l’économie et de la finance légales ; et par conséquent de se doter face aux pouvoirs élus d’une position haute. Contrairement à ce que nous assène la doxa libérale dans sa version la plus fondamentaliste, l’argent du crime n’est jamais neutre : il est faux de considérer que Pecunia non olet. En se blanchissant d’un point de vue formel, en se légalisant, l’argent du crime vient griser voire noircir les institutions légales, quelles soient politique, économiques ou financières. C’est tout le biotope démocratique qui en est bouleversé. Ce qui semble se blanchir noircit en réalité notre monde légal. Ces transformations invisibles sont comme toujours les plus profondes et les plus durables, donc les plus dangereuses.
Source : Diploweb : http://www.diploweb.com/Le-nouveau-capitalisme-criminel.h...
Jean-François Gayraud, Le nouveau capitalisme criminel. Crises financières, narcobanques, trading de haute fréquence, aux éditions Odile Jacob, 2014, 368 pages. ISBN : 9782738130723
Financiarisé, mondialisé et dérégulé à l’excès, le capitalisme n’est-il pas devenu criminogène, tant il offre désormais d’opportunités et d’incitations aux déviances frauduleuses ?
C’est ce qu’indique la dimension criminelle qu’ont prise certaines crises financières, au Japon, en Albanie, en Espagne ou encore au Mexique et en Colombie. C’est ce qu’implique l’extension du trading de haute fréquence, qui permet de négocier à la nanoseconde des milliers d’ordres de Bourse. Et c’est enfin ce qu’induit le blanchiment d’argent sale à travers les narcobanques.
Éclairant toujours plus profondément la géo-économie et la géopolitique du crime organisé, Jean-François Gayraud montre ici que, sur les marchés financiers, le crime est parfois si systématique qu’il en devient systémique dans ses effets. De curieuses coopérations et hybridations se nouent ainsi entre criminels en col blanc, gangsters traditionnels et hommes politiques corrompus.
Il s’interroge aussi sur le devenir de la finance : portée par sa seule volonté de puissance, par-delà le bien et le mal, n’est-elle pas en train de s’affranchir de la souveraineté des États ? Dès lors, face à des puissances financières aux arcanes si sombres, quelle liberté reste-t-il ?
Voir sur le site des éditions Odile Jacob : http://www.odilejacob.fr/
http://www.voxnr.com/cc/dt_autres/EFAyEuZyZVUhTjTUYd.shtml

Le PS n'est plus qu'un parti de "bobos"

Maragaret Thatcher avait déclaré :

"Le problème avec le socialisme est qu’on finit toujours par tomber à court de l’argent des autres".

Quand on est ces "autres", au bout d'un moment, la coupe est pleine. S'obstinent donc à voter à gauche les gens qui en ont les moyens, c'est le nouveau luxe du bobo, avec celui d'habiter en centre ville, de rouler à vélo la semaine et en 4x4 le WE...

Si on observe les résultats d'hier, on constate que:

La gauche garde Paris, mais perd Saint-Ouen, Bobigny, Argenteuil, Aulnay sous bois, Villepinte, Livry-Gargan, Villeparisis, le Blanc-Mesnil, Villejuif, l'Haye les Roses, Juvisy, Athis-Mons, Viry Chatillon...

La gauche garde Lille, mais perd Loos, Roubaix, Tourcoing...

La gauche garde Lyon, mais perd Rillieux la pape, Décines-Charpieu, Chassieu, Saint-Priest, Mions, Saint-Fons, Pierre-Bénite, Grigny...

Dans la plupart de ces villes, les participations sont très faibles (50,6% à Bobigny55% à Saint-Ouen49,5% à Tourcoing58% à Juvisy58,5% à Argenteuil). L'électorat populaire et immigré est resté chez lui, et l'on peut pointer du doigt les récentes lois sociétales pour expliquer en partie cette fracture.

Michel Janva

Les nouveaux maires du Front National

Le Front National disposera au final de onze maires encartés et de deux maires indépendants élus avec le soutien du parti. Au premier tour, Steeve Briois avait été élu maire d’Hénin-Beaumont. Douze autres communes ont été conquises au soir du second tour.

Stéphane Ravier devient le maire du 7e secteur de Marseille. Le secteur le plus peuplé de la cité phocéenne !

David Rachline, 26 ans à peine, a emporté Fréjus (Var).

Julien Sanchez est élu à la tête de la commune de Beaucaire (Gard) .

Franck Briffaut prend les commandes de Villers-Cotterêts (Aisne) .

Fabien Engelmann emporte la mairie d’Hayange (Moselle).

Philippe de la Grange se saisit de la mairie du Luc.

Joris Hebrard est élu à la tête de la ville du Pontet.

Marc-Etienne Lansade portera l’écharpe de maire de Cogolin (Var).

Cyril Nauth obtient la mairie de Mantes-la-Ville (Île-de-France).

Quant à Jean-Jacques Adoux, maire sortant du Hamel (Oise), il a choisi d’apparaître désormais sous les couleurs du FN.

Enfin, deux maires ont été élus avec le soutien du FN sans pour autant appartenir au parti de Marine Le Pen. Il s’agit de Philippe de Beauregard, proche de Jacques Bompard, qui devient maire de Camarets-surAigues. Et du journaliste indépendant Robert Ménard qui emporte la mairie de Béziers.

http://medias-presse.info/les-nouveaux-maires-du-front-na...

L'antisémitisme, maladie ou conséquence ?

Sud : la gauche tombe, la droite reprend du poil de la bête et le FN réussit sa percée

La plupart des grandes villes de la région tombent à droite ; voire même au centre.
Les sondeurs nous disent souvent que les résultats du premier tour sont amplifiés au second. Ce n’est pas toujours vrai ; la preuve par ceux du Front national.
Certes, il y a Béziers, où Robert Ménard, le nouveau maire passe à 47,30 % des voix. Pour lui, « il s’agit d’une victoire républicaine, puisqu’il n’y a pas de vaincus, mais que des vainqueurs, les Biterrois en l’occurrence. » À Fréjus, le frontiste David Rachline emporte la timbale, avec 45,6 %, tout comme son homologue Julien Sanchez à Beaucaire (39,81 %). Sans compter deux autres villes varoises de moindre importance ayant basculé vers le FN : Le Pontet avec Joris Hébrard (42,62 %) et Le Luc avec Philippe de la Grange (42,02 %).
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Pourquoi les ministres n'ont diffusé ni revenus ni feuilles d'impôts ?

Le quotidien de jihadistes « français » en Syrie (vidéo)

Remanier, et après ? Dissoudre l'assemblée ?

Alexis Brézet écrit dans le Figaro :

"Ce n'est pas une vague, c'est un tsunami! Le premier tour avait été cruel pour François Hollande, le second est assassin. Amplifiée par une abstention galopante, la débâcle rose est quasi générale. Elle était, au fond, prévisible: de révolte fiscale en Manif pour tous, la colère qui nourrit depuis deux ans l'impopularité abyssale de l'exécutif ne pouvait pas ne pas s'exprimer dans les urnes. Il fallait à nos dirigeants tout l'entêtement satisfait de ceux qui ne veulent rien entendre ni rien voir pour penser un seul instant qu'ils pourraient échapper au désastre.

Cette fois, impossible de nier la réalité! Cette raclée historique, qui en annonce beaucoup d'autres (européennes, sénatoriales, régionales…), est un terrible réquisitoire contre ce quinquennat entamé dans l'illusion et qui, à mi-course, sombre déjà dans le discrédit. Elle sanctionne la faillite d'une politique qui a spectaculairement échoué en matière économique (chômage record, déficits galopants, impôts délirants) mais qui n'a pas su davantage tenir la promesse fondatrice d'apaiser le pays et de réconcilier les Français. Elle sanctionne aussi l'échec d'un homme qui, sauf en de rares occasions, n'aura jamais su se hisser à la hauteur de sa fonction, et qui, sous peine de se voir entraîné dans une spirale de rejet aux conséquences imprévisibles, doit aujourd'hui réagir vite et fort - tout ce qu'il déteste. [...] Gare! Après la carte du changement du premier ministre, il ne restera à François Hollande que celle de la dissolution, contrainte et forcée."

Au mauvais résultat électoral, il faut ajouter ce matin l'échec économique. Bercy rate son objectif d’un déficit ramené à 4,1 % l’an dernier. Le déficit s'élève à 4,3% en 2013Les dépenses ont été tenues mais les recettes n’ont pas été au rendez-vous. La dette atteint 93,5 % de PIB.

Michel Janva

L'huile de Palme, un poison dans notre assiette ?

Robert Ménard, candidat du pays réel, élu triomphalement à Béziers

Robert Ménard : « Béziers se libère de vingt années de mauvaise gestion »

« Ce soir, Béziers se libère de vingt années de mauvaise gestion », s’est félicité Robert Ménard après l’annonce de son succès au second tour des élections municipales, saluant une « victoire de l’espoir » demandant un « changement en profondeur ».

2014 ne sera pas "l'année du dollar".

Au nord, une hécatombe à gauche et un maillage réussi pour le FN

Le mouvement de Marine Le Pen se consolera dans la moitié nord de la France par son implantation désormais indiscutable sur l’ensemble des départements.
Après Hénin-Beaumont la semaine dernière, fief de gauche depuis quasiment un siècle (et sans discontinuer depuis 1945) passé sous direction frontiste, c’est Hayange en Moselle qui a été conquise par l’ancien militant de la CGT Fabien Engelmann, tandis que Florian Philippot, arrivé en tête au 1er tour, cède pour sa part l’élection au maire socialiste sortant : sans doute le vice-président du Front national a-t-il souffert de l’extrême médiatisation de sa candidature, tout comme dans le sud celle du député Gilbert Collard qui, lui non plus, n’accède pas à la mairie de Saint-Gilles qu’il convoitait.
Le mouvement de Marine Le Pen se consolera dans la moitié nord de la France par son implantation désormais indiscutable sur l’ensemble des départements, ce maillage réussi du pays qui était un des enjeux annoncés par l’ancienne candidate à la présidence de la République.
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Une vraie claque pour la gauche

PA Marseille, l'UMP obtient une très large majorité de 61 sièges au conseil municipal. Le Front National et la gauche obtiennent le même nombre de sièges : 20 chacun.

Sur l'ensemble de Lyon : PS 50.64%, UMP 34.24%, FN 10.34%, FDG 4.78%. Mais au regard des résultats dans le reste de l'agglomération, il pourrait ne pas remporter la majorité à la métropole du Grand-Lyon qu'il espérait diriger.

Du côté des ministres candidatsLaurent Fabius (Grand Quevilly), et Michel Sapin(Argenton-sur-Creuse) l’avaient emporté dès le premier tour. Dimanche soir par Frédéric Cuvillier a été réélu à Boulogne-sur-Mer, Manuel Valls à Evry, Valérie Fourneyron (Rouen), Benoît Hamon(Trappes) et à Yamina Benguigui (Paris Xe) aussi. Le ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, a aussi été élue (Metz), de même que Stéphane le Foll (Le Mans). 

En revanche, à Marseille, le ministre délégué aux Handicapés, Marie-Arlette Carlotti, a été très largement battue. Le ministre délégué à l’Agroalimentaire, Guillaume Garot, qui avait conquis la ville de Laval en 2008, a aussi perdu. Le ministre des Outre-mer, Victorin Lurel, a été battu dès le premier tour à Vieux-Habitants, en Guadeloupe. Michèle Delaunay, chargée des Personnes âgées, qui se présentait sur la liste PS à Bordeaux, avait ausi été battue. A Valentigney, à côté de Montbéliard, Pierre Moscovici a été battu. Le ministre de la ville, François Lamy, a été battu à Palaiseau.

Le Front national emporte 13 villes :  Hénin-Beaumont, Béziers, Fréjus, Beaucaire, Villers-Cotterêts, Cogolin, Le Pontet, Hayange, Le Luc, Camaret-sur-Aigues, Le Hamel, Mantes-la-Ville et le 7e secteur de Marseille. À ces municipalités, il faut ajouter celles détenues par le parti de Jacques Bompard, la Ligue du Sud : Orange et Bollène. En revanche, l'union droite-FN échoue à Villeneuve-Saint-Georges et à L'Hôpital.

187 villes de plus de 9 000 habitants ont changé de bord politique. Sur ces 187 villes, 171 communes de gauche ont basculé à droite. A l'inverse, seules 6 villes de droite ont basculé à gauche.

François Hollande se trouve confronté à une fronde au sein de son propre camp pour qu'il change de politique. Plusieurs députés socialistes menacent de ne pas voter la confiance au nouveau gouvernement. Parmi les revendications de cette gauche : engager le bras de fer avec Bruxelles pour desserrer les contraintes budgétaires, abandonner le pacte de responsabilité et mettre en place des mesures de pouvoir d'achat. Parmi les signataires, on retrouve les animateurs du courant Emmanuel Maurel, Marie-Noëlle Lienemann et Jérôme Guedj, Julien Dray, Paul Quilès, Benoît Hamon.

Jean-Marc Ayrault a failli démissionner en direct, hier soir lors de son intervention.

D'après les premiers calculs, le Sénat sera perdu par la gauche à l'automne prochain.

Michel Janva

UE-États-Unis : Vers un marché transatlantique

par Guy C. Menusier

Les chefs d’État ou de gouvernement de l’Union européenne et des États-Unis se réuniront à Bruxelles le 26 mars. Ils poursuivront la négociation d’un nouveau partenariat transatlantique, dont l’ampleur et le secret nourrissent de multiples suspicions.

Les Français, comme nombre d’Européens, n’ont pas encore digéré la disparition des frontières douanières au sein de l’Union européenne que, déjà, s’ouvre la perspective d’un plus vaste marché qui dépouillerait un peu plus les États de leurs compétences régulatrices. Le 26 mars à Bruxelles doit, en effet, se tenir une conférence réunissant le président états-unien Barack Obama et les dirigeants européens, l’objectif étant de jeter les bases d’une vaste zone de libre-échange entre les États-Unis et l’Union européenne.

Un gros morceau

L’enjeu est considérable. Au terme de négociations engagées depuis plusieurs mois, dans une exceptionnelle opacité, un texte pourrait être finalisé d’ici à la fin de l’année. Pour autant que les intéressés – politiques, consommateurs, syndicats – ne se rebellent pas d’ici-là. Ce traité Tafta (Trans-Atlantic Free Trade Agreement) tend donc à l’élimination de tous les droits de douane sur les échanges bilatéraux (entre les États-Unis et l’UE). Ce qui n’est pas anodin, sur le plan des principes comme sur celui de la pertinence commerciale, sociale et environnementale. Certes, il ne faut pas peindre le diable sur la muraille. Un accord de partenariat a déjà été signé entre l’Union européenne et le Canada, un autre est prévu avec le Japon. Dans tous les cas, il existe quelques avantages réciproques, mais il faut bien admettre que les États-Unis représentent un gros morceau, économique et politique, avec une doctrine libérale bien affirmée et empreinte de prosélytisme, à laquelle nos néo-sociaux-démocrates ne sont d’ailleurs pas insensibles. D’où de légitimes inquiétudes en ce qui concerne les capacités concurrentielles des entreprises françaises ou encore la sécurité alimentaire.

Acteur effacé du processus en cours, François Hollande éprouve des difficultés à se positionner officiellement. Conscient des risques politiques que comporte cet engagement vers toujours plus de libéralisation du commerce international, le président de la République a promis d’être vigilant quant aux « principes de la politique agricole » et s’agissant de l’exception culturelle. On voudrait bien le croire, mais quand on connaît la soumission de François Hollande aux diktats états-uniens, il est permis d’être dubitatif. D’autant que les dirigeants français pourront toujours se défausser sur la Commission européenne, qui a reçu un blanc-seing du Parlement européen et des États membres pour conduire les négociations avec les Américains.

Voile de mystère

Le texte de l’accord préalable sera rendu public au terme du sommet du 26 mars. Car, aussi étonnant que cela puisse paraître après trois sessions de pourparlers, l’évolution des discussions est demeurée entourée d’un voile de mystère. Le secret entretenu jusqu’à présent de part et d’autre est en tout cas de nature à nourrir les imaginations et à susciter des craintes. La méthode retenue par Barack Obama – une procédure accélérée sans amendement pour la ratification du traité par le Congrès – n’est pas pour rien dans l’actuel climat de suspicion.

Produits sensibles

D’après des informations fragmentaires, l’UE serait prête à lever 96 % des droits de douane existants, ne les maintenant que pour des "produits sensibles" comme le bœuf, le porc et la volaille. De leur côté, les États-Unis proposeraient de lever environ 90 % de leurs droits de douane sur le commerce transatlantique. L’énumération par Bruxelles des produits dits sensibles mérite attention. Rien ne garantit que les Américains accepteront en fin de compte ces exceptions. Mais, en l’état présent, cette réserve permet de désamorcer en partie des mécontentements qui restent circonscrits aux associations pro-environnementales et aux militants d’Attac, lesquels rejettent « le poulet chloré, la viande aux hormones et les organismes génétiquement modifiés ». Autrement dit, la malbouffe à la sauce mondialisée. Outre la libre circulation de produits de consommation, le grand marché transatlantique, incluant les investissements, pourrait favoriser le développement de pratiques et ressources jusqu’alors régulées ou même interdites en France, comme l’exploitation du gaz de schiste. Car le commerce possède sa propre dynamique qui bien souvent finit par se jouer des normes et règles prescrites par des politiques velléitaires. À Bruxelles, Obama se propose en outre d’évoquer des sujets aussi divers que le changement climatique, la question ukrainienne ou l’espionnage des "alliés" par la NSA. Pour un enfumage maximal.

L’ACTION FRANÇAISE 2882

http://www.actionfrancaise.net/craf/?UE-Etats-Unis-Vers-u...

30/03/2014

Apprendre à penser à l'école du réel

Jean de Rouen vient de publier une initiation à la philosophie (tome 1). Voici l'avant-propos :

"Le premier tome de cette initiation à la philosophie, Tout passe. Ne faut-il pas que quelque chose demeure ? comprend trois parties distinctes

PA la découverte de la philosophie introduit le lecteur à la science philosophique : il y découvre que la philosophie est une connaissance dans ce qu’elle a de plus élevé et de plus ultime. L’esprit du philosophe épouse en effet la richesse et la densité du réel ; il s’introduit dans son intimité, pénètre ses secrets et le rejoint finalement dans ses principes les plus hauts et dans ses causes les plus profondes. 

Origine, balbutiements, essor de la philosophie : histoire et cheminement de la pensée grecque fait observer au lecteur, à travers les premiers bégaiements de la pensée, le questionnement et la recherche philosophique prendre forme et aboutir en s’inscrivant dans la trame et les méandres du temps, en s’immisçant dans les vicissitudes de l’histoire. Genèse et développement d’une pensée qui, trois siècles durant, va mûrir un trésor intellectuel dans lequel puisera abondamment l’âme de notre civilisation européenne.

Le christianisme lui-même assumera finalement les ressorts de la pensée grecque, tant il est vrai que toute théologie repose sur une structure de pensée philosophique et que la Révélation s’adresse à une intelligence formée et disposée à la recevoir. Comme la grâce se greffe sur la nature et la chrétienté s’enracine dans l’ébauche d’une cité temporelle, la Révélation suppose l’intelligence à laquelle elle s’adresse et dont elle sollicite moins l’abdication que l’adhésion. Nous admirerons en quoi et comment la philosophie grecque, portée à son achèvement par Aristote, s’avérera être le terreau intellectuel providentiellement le plus favorable et le plus fécond pour recueillir avec fruit le joyau de la Révélation chrétienne.

La démarche intellectuelle du philosophe : logique et méthodologie exposera les exigences intellectuelles requises pour construire et mener à son terme une réflexion philosophique. La méthodologie ainsi étudiée, qui se conforme à la démarche de l’intelligence qui opère, s’enracine dans la logique dévoilée par Aristote, laquelle sera par conséquent esquissée. Quelles dispositions l’intelligence doit-elle adopter face à une question philosophique ? L’étudiant trouvera dans cette partie les armes intellectuelles pour réaliser une dissertation ou un commentaire de texte.  

Quant au deuxième tome à venir, dans le prolongement de celui-ci, il consistera dans une approche notionnelle et thématique : 

Car la philosophie jette les plus hautes lumières de la raison naturelle sur l’ensemble des réalités, des plus communes aux plus ultimes. Elle répond ainsi aux questions fondamentales que se pose l’intelligence humaine à propos, tout aussi bien, de la nature, de l’homme, de Dieu, de la vérité, de la morale, de la politique, ou encore de l’art.

L’ouvrage soulèvera alors les grandes problématiques que rencontre et formule l’intelligence lorsqu’elle affronte ces différentes réalités. Ces problématiques sont l’expression de l’étonnement et du questionnement de l’homme face au réel : car l’homme, fondamentalement en quête de sens, cherche à comprendre.

L’ouvrage exposera ensuite les pistes de réflexions qu’apportent les différents courants philosophiques, ainsi que les divergences qui les distinguent : c’est précisément dans la confrontation des idées qu’apparaissent avec davantage d’évidence, et que sont révélés avec plus de clarté, les problèmes philosophiques.

Viendra enfin le temps d’éclairer la résolution des problèmes à la lumière de la tradition philosophique européenne dont la sagesse puise ses racines dans la Grèce antique.

Se dessinent alors, à travers l’étude de ces différentes notions, les grandes structures de pensée, sous-jacentes aux différents positionnements, ainsi que la vision dernière de l’homme et du monde sur laquelle elles reposent."

Michel Janva

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