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  • Suède : Le Mars, épave mythique de la Baltique

    Construit au XVIe siècle, le bâtiment de guerre suédois «Mars» avait été conçu pour régner en maître sur la mer Baltique. Mais au cours d’une bataille décisive contre la ville de Lübeck en 1564, un incendie eut raison du navire amiral, qui coula avec la majeure partie de son équipage. Après de nombreuses tentatives de localisation, l’épave fut enfin repérée en 2011 au large de l’île suédoise d’Öland.

    Le naufrage du vaisseau de guerre avait à l’époque forcé le roi Eric XIV de Suède à revoir entièrement sa stratégie politique. Ce documentaire s’attache, à l’aide de techniques scientifiques de pointe, à faire la lumière sur les derniers moments du plus grand bateau de guerre de son temps.

    http://fortune.fdesouche.com/

  • welcome

     merci, Esther...(1)

    "La mairie de Paris "n'envisage pas" l'expulsion de la centaine de migrants qui occupe depuis vendredi un lycée hôtelier désaffecté à Paris, a annoncé aujourd'hui le premier adjoint Bruno Julliard. "Nous n'envisageons pas d'expulsion, même si les locaux ne sont pas adaptés", a déclaré Bruno Julliard lors d'une conférence de presse. Il a précisé qu'une équipe technique de la ville allait se rendre sur place prochainement pour "vérifier la salubrité et la sécurité" du lieu. L'adjoint a cité l'attitude "constructive" des migrants lors d'une rencontre avec des élus vendredi et la politique municipale d'"accueil" et de "solidarité" pour justifier le refus de recourir aux forces de l'ordre, "même si cette occupation s'est faite dans l'illégalité". Après avoir occupé le local de l'association féministe Ni putes ni soumises (NPNS), les migrants ont investi vendredi en fin d'après-midi l'ancien lycée hôtelier désaffecté, situé rue Jean Quarré (XIXe arrondissement). Bruno Julliard a indiqué que le site, qui devait reconverti en médiathèque, ferait finalement partie d'une liste de "bâtiments intercalaires", dont est propriétaire la ville de Paris "qui ne seront pas occupés pendant un certain temps", et seront proposés à l'Etat pour l'hébergement d'urgence.

    Près de 1.300 places d'hébergement d'urgence créées depuis début juin

    Ces lieux constitueraient une alternative aux centres d'hébergement existants, occupés aujourd'hui à "100%". La mairie de Paris dit avoir créé un peu moins de 1.300 places d'hébergement d'urgence depuis début juin et ne pas disposer actuellement d'estimation du nombre de migrants présents dans la capitale."Figaro

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    Finalement, tous ces crétins libéraux-libertaires sont sans doute une bénédiction. Je m'explique: depuis des décennies, des millions d'étrangers rentrent en Europe clandestinement ou pas contribuant, nolens volens, au chaos et à l'ensauvagement croissant de nos contrées et ce avec l'assentiment de la quasi-totalité des oligarchies politiques, économiques, médiatiques et cultureuses européennes qui ne cessent de nier ou de minorer les effets ravageurs de ces vagues migratoires successives (j'entendais ce matin encore sur Radiofrance un journaleux quelconque claironner que l'"Europe aurait besoin dans prochaines décennies de millions de migrants").

    Rien de mieux que le silence des agneaux et quelques chefs d'œuvres genre "Welcome" ou "Samba" pour faire passer sans trop de dommage ces politiques désastreuses pensées dans le silence des cabinets ministériels (2) ou l'entre-soi des cénacles journalistiques (3)...

    Rien de pire, en revanche, que le chaos migratoire contemporain incontrôlé, bruyant et violent qui s'étale à la une des tabloïds et qui oblige tous ces cafards à "prendre position", et à dire clairement leur soutien inconditionnel (leur amour, même) à ces centaines de milliers de clandestins extra-européens alors même qu'ils ne montrent aucune considération à l'égard de leurs compatriotes français dans la merde ou des autres européens.

    «  La botte souveraine de la réalité, disait le vieux Léon. Les censeurs, les idéologues, les inquisiteurs de la pensée libre travestissent la réalité, la badigeonnent de leurs mensonges, traînent en justice ceux qui osent égratigner les façades peinturlurées. Et puis un jour, on entend un bruit de plus en plus proche, un fracas puissant qu'on ne parvient plus à étouffer, géante, irrésistible, « la botte souveraine de la réalité » vient, s'impose. Le contreplaqué de mensonges s'écroule, le glapissement des folliculaires stipendiés s'étrangle, les mots prostitués retrouvent leur sens. La réalité se dresse devant nous, irréfutable. Bien vu, camarade Trotski ! » Andrei Makine, 2005.

    Tous ces Samba:) sont ce "fracas puissant qu'on ne parvient plus à étouffer" et que prennent dans la gueule ces millions de moutons partout en Europe qui remettent en selle, septennat après septennat et quinquennat après quinquennat les mêmes classes politiques corrompues et traîtres à leur patrie.

    Welcome, donc!

    (1) En octobre 2013 commentant l'affaire Leonarda, elle déclare :« Moi qui pensais que la France n'avait pas perdu la mémoire de sa sombre histoire, j'étais loin d'imaginer qu'en 2013, en tant que parlementaire, élue du peuple, je serais témoin d'une rafle. Car oui, il faut bien le dire, c'est une rafle. »

    (2)  "Andrew Neather, qui rédigeait les discours de Tony Blair, Jack Straw et David Blunkett, a fait une révélation de taille, dans l’émission Question Time de la BBC. Il a en effet dévoilé que l’énorme augmentation de l’immigration durant la dernière décennie était une politique délibérée et organisée par les Travaillistes afin de modifier la constitution ethnique de la Grande Bretagne : « Outre les besoins du marché du travail, il y avait également une motivation « politique » derrière la politique d’immigration. [Les ministres entendaient] mettre le nez des conservateurs dans la diversité ». Cet apparatchik de premier rang a précisé que les dirigeants travaillistes avaient opéré secrètement, craignant que cette politique ne perturbe « la classe ouvrière qui est son vivier électoral ». Les vraies raisons, qui figuraient dans les premières versions du rapport Performance and Innovation Unit, rédigé par Downing street, ont été supprimées dans la version finale du document afin de ne pas révéler cette politique délibérée et organisée. Selon lui, « l’immigration de masse était pour le gouvernement le moyen de rendre le Royaume Uni totalement multiculturel. Cette politique délibérée a duré de 2000 au moins jusqu’au mois de mai 2008, date à laquelle on a mis en place le nouveau système de points.» Ce qui a entraîné l’arrivée, selon le think tank Migration Watch, de plus de trois millions de nouveaux immigrés. " (Faits et documents 15-30/11/09)

    (3) JK Kahn dans ses oeuvres

    http://hoplite.hautetfort.com/

  • Tixier-Vignancour : une personnalité haute en couleur

    Les Cahiers d'histoire du nationalisme édités par Roland Hélie et Synthèse nationale viennent de faire paraître un livre consacré à Jean-Louis Tixier-Vignancour (23 euros franco, en vente à nos bureaux). Ce livre de 185 pages, fort intéressant, contient notamment un album de photos et une interview passionnante de Jean-Marie Le Pen.

    La jeunesse de Tixier

    Tixier naît le 12 octobre 1907 à Paris (VIIe arrondissement). Il a de qui tenir. Son grand-père, Gilbert Tixier, commença comme simple ouvrier, puis devint, grâce à son sérieux et à son engagement, directeur d'une papeterie et sera élu adjoint au maire de la très bourgeoise commune de Neuilly-sur-Seine. L'ascenseur social avait fonctionné à plein. Le père de Tixier, Léon, poursuivra cette ascension puisqu'à l'âge de 27 ans, où il rencontre celle qui sera son épouse, il est déjà considéré comme un grand médecin des hôpitaux de Paris. Du côté maternel, André, un arrière-grand-père, sera procureur du Roi, puis de la République, puis de l'Empire. Son fils Louis sera député conservateur puis sénateur républicain de gauche des Pyrénées-Atlantiques. Jean-Louis ne le connaîtra pas mais sans doute son évocation lui donna-t-elle le goût de la politique. Il a eu deux frères : Raymond qui sera pilote de ligne et joueur international de hockey (il sera sélectionné aux JO de Berlin en 1936 et mourra dans un combat aérien au début de la guerre), et Gilbert qui sera professeur agrégé de droit. Mais revenons à Jean-Louis. Sa grand-mère Berthe, est une femme de gauche, bien que catholique pratiquante. Elle épousera la cause dreyfusarde et aura une grande influence sur son petit-fils qui écrira plus tard un livre dont le titre est : Si j’avais défendu Dreyfus. Jean-Louis, tout en se définissant comme "républicain", éprouve une grande admiration pour Charles Maurras. Après le bac, il décide de devenir avocat, comme son grand-père maternel.

    L’étudiant D'Action Française

    A la faculté de droit, il a comme condisciples Edgar Faure et Pierre Mendès-France. Le Quartier latin est alors en ébullition et les Camelots du Roi tiennent le haut du pavé, face aux communistes. Tixier choisit évidemment le camp de l'Action française. Un de ses amis s'appelle… Robert Brasillach. Tixier ne tardera pas à connaître, durant onze jours, les joies des geôles républicaines. La raison : l'action menée le 9 mars 1926 par les Camelots du Roi contre une conférence du capitaine Sadoul qui, envoyé comme attaché militaire à Moscou, avait rejoint l'Armée rouge. La soirée fut des plus agitées et le jeune Tixier finit au trou... Cela lui valut les louanges de Léon Daudet dans le quotidien de l'Action française. En 1927, Tixier, qui n'a pas encore vingt ans, obtient sa licence en droit et prête serment. Le voici engagé dans une carrière d'avocat qui durera 60 ans. En quelques années, il deviendra un avocat reconnu et apprécié pour son éloquence.

    Tixier devenu Tixier-Vignancour, entre en politique.

    Tixier était évidemment présent, place de la Concorde, le 6 février 1934. Il décide de se lancer en politique. Les élections de 1936, qui verront la victoire du Front populaire, lui donneront l'occasion de se présenter pour la première fois. Il choisit d'être candidat dans le fief familial d'Orthez, où son grand-père, Louis Vignancour, avait été élu. Il s'y présente sous l'étiquette de l'Alliance démocratique et de la défense agricole, un mouvement de centre-droit, et est soutenu par le Front paysan d'Henri Dorgères, que d'aucuns accuseront plus tard d'avoir des tendances fascistoïdes. C'est au cours de cette campagne que Tixier décidera d'accoler à son patronyme celui de Vignancour.

    Tixier-Vignancour vient de naître et il réussit, contre toute attente, à se faire élire ! Il se fait très vite remarquer à l'Assemblée nationale par la virulence de ses attaques contre le chef communiste Maurice Thorez et apparaît comme un des opposants les plus déterminés du Front populaire. Il éprouve une grande admiration pour Jacques Doriot, le député-maire de Saint-Denis, fondateur du Parti populaire français et aura droit à des articles plus qu'élogieux dans l'organe du PPF, l'Emancipation nationale. La chute du Front populaire se produit le 18 avril 1938. Léon Blum démissionne. Tixier-Vignancour fera partie de ce que l'on nomme « le camp des munichois », opposé à la guerre qui s'annonce. Il estime que les accords signés par Daladier à Munich étaient de nature à éviter la guerre. A l'instar de l'Action française, il sait que la France n'est pas en mesure de vaincre  l'Allemagne nationale-socialiste. Mais hélas, la guerre éclate. On connaît la suite. Tixier-Vignancour, qui s'est conduit courageusement, est décoré de la Croix de Guerre avec étoiles d'argent et de bronze. Il rejoint Vichy où se réunissent les Assemblées. Lors d'une séance réunie le 9 juillet, il désigne les responsables de la tragédie les généraux, les ministres, Paul Reynaud, Léon Blum, et bien d'autres et vote, le lendemain, en faveur des pleins pouvoirs au Maréchal Pétain.

    Son action à Vichy

    Tixier- Vignancour se voit chargé par Laval de prendre en main la direction de la radio et du cinéma. Les conditions de travail sont pour le moins Spartiates. La radio d'Etat est en effet installée dans deux chambrettes de l'Hôtel du Parc, siège du gouvernement, séparées entre elles par trois étages. Le studio était fait de bric et de broc et le livre raconte que le Maréchal dut faire ses premières Interventions radiophoniques accoudé à une coiffeuse en bois blanc. Tixier s'entourera d'une petite mais brillante équipe, issue de Je Suis Partout et Lucien Rebatet en sera. Cela ne durera pas car les coteries qui entouraient le Maréchal accusèrent l'équipe d'être ouvertement pro-allemande. En plus de la radio, Tixier avait en charge le cinéma français. Il réussit à obtenir des Allemands que le cinéma reste sous le contrôle de l'Etat français. Au printemps 1941, il quittera définitivement ses fonctions. Il faut relever que l'ancien député d'Orthez, fidèle à sa formation maurrassienne, n'était guère favorable à la collaboration avec l'occupant.

    D'aucuns disent que si Tixier-Vignancour a été mis à l'écart de Vichy ce serait surtout en raison de ses frasques par trop bruyantes qui avaient le don, dit-on, d'exaspérer le Maréchal. Il est vrai que Tixier était un personnage haut en couleurs qui ne buvait pas que de l'eau (de Vichy !) et ne ratait pas une occasion pour faire la fête. Jean-Marie Le Pen a raconté en riant à l'auteur de ces lignes que Tixier était un "galipettant" Direction Wikipedia afin de comprendre la signification de ce mot vieilli. Galipettant. celui qui fait des galipettes ! Il sera néanmoins décoré de la Francisque et finit par rejoindre son ami Edgar Faure à Tunis. Il aura quelques soucis avec les Allemands pour avoir défendu, en tant qu'avocat, des résistants. Il sera arrêté une seconde fois, mais pas par les mêmes, et fut incarcéré dans la même cellule que Pierre Pucheu, ancien ministre de l'Intérieur qui fut condamné à mort et fusillé le 20 mars, au honteux mépris des garanties qui lui avaient été données s'il rejoignait l'Afrique du Nord. Il fut la première victime de l'épouvantable épuration. Le responsable de cette ignominie fut, cela n'étonnera aucun lecteur, un certain... Charles De Gaulle.

    Les années d’après-guerre

    La période qui suit la Libération ne fut pas des plus faciles pour Jean-Louis Tixier-Vignancour. Il aura tout de même fait 18 mois de prison mais finira par bénéficier d'un non-lieu. Il doit évidemment se heurter à l'hostilité de ses confrères, souvent résistants de la dernière heure. Il défendit les proscrite du moment, tel un dénommé Gaveau, accusé faussement d'avoir livré à l'occupant un réseau de résistants composé en grande partie d'avocats. Gaveau sera plus tard disculpé des accusations dont il était l'objet. Contre toute attente, Tixier réussit à sauver la tête de son client. Au cours du procès, l'un des accusateurs, Roger Nordmann, perdant son sang-froid, insulta Tixier. Ce dernier, pour laver l'affront, le provoqua en duel. Ce duel fut très médiatisé et Tixier l'emporta bien qu'il n'eût jamais pratiqué l'escrime, pas davantage que son adversaire ! Il obtint aussi l'amnistie de Louis-Ferdinand Céline. Une affaire rocambolesque. On sait que Céline s'était prudemment réfugié au Danemark à la fin de la guerre. Cinq ans plus tard, il souhaita revenir en France. Mais comment faire ? S'il n'était pas amnistié, il avait toutes les chances de retourner en prison. Et il était plus qu'improbable que les juges amnistiassent un aussi sulfureux personnage. Tixier eut une idée géniale. Il défendit et obtint l'amnistie d'un certain Docteur Louis Destouches, qui n'était autre que Céline ! Les juges, qui ignoraient le vrai nom de Céline, n'y virent que du feu...

    De retour en politique

    Tixier suivit avec sympathie la création, en 1949, par les frères Sidos, du mouvement Jeune Nation. Il soutiendra aussi le lancement de l'éphémère Mouvement social européen, créé en 1951 par Victor Barthélémy, ancien cadre du PPF et finira par lancer son propre parti, le Rassemblement national dont il annonça la création lors d'une réunion organisée sous l'égide de RIVAROL, et qui deviendra une force non négligeable sur l'échiquier politique du milieu des années 1950. Tixier sera élu lors des législatives générales du 2 janvier 1956. Mais il ne peut que constater l'échec du Rassemblement national, confronté à la rude concurrence du mouvement poujadiste. Il mettra aussi, en ces années 1950, son talent d'avocat aux services de protagonistes dans des affaires qui feront grand bruit, l'« affaire des fuites » et « l'affaire du bazooka » qui sont décrites dans le livre de Synthèse nationale. La Vème République va débuter dans la confusion. Même un homme lucide comme Tixier-Vignancour accordera (à tort) sa confiance à De Gaulle, même s'il ne se fait pas beaucoup d'illusions, évoquant par la suite « une tragique méprise » au sujet des événements d'Alger, qui conduiront au retour de De Gaulle. Espérant sauver son siège de député, il ira jusqu'à voter "oui" au référendum du 28 septembre 1958 plébiscitant la Constitution de la nouvelle république. Il n'en sera pas moins battu et ne retournera jamais siéger à l'Assemblée.

    Tixier sauve Salan

    Après son arrestation à Alger le 20 avril 1962, un décret de De Gaulle envoie le général Salan devant le tribunal. Le procès débute le 15 mai. De Gaulle est pressé. Il lui faut du sang, et vite. La défense de Raoul Salan est assurée par Jean-Louis Tixier-Vignancour dont la plaidoirie passera à l'Histoire. Contre toute attente, il obtient des circonstances atténuantes. Le général Salan est sauvé ! Tixier est, dès lors, devenu l'avocat le plus haï du régime gaulliste.

    Candidat à l’élection présidentielle de 1965

    Tixier sera choisi pour être le candidat de l'opposition nationale à l'élection présidentielle. Jean-Marie Le Pen jouera un rôle majeur dans sa désignation. Il dut faire face à de lourdes réticences et dut batailler ferme pour le faire désigner. Ce qu'il regrettera par la suite. Si Tixier milite en faveur de la réhabilitation complète de tous les combattants de l'Algérie française, certaines de ses prises de position entraînent quelques remous dans ses rangs. Il préconisera ainsi un alignement de circonstance sur l'OTAN, espérant ainsi se démarquer des positions de De Gaulle, très hostile à l'Alliance atlantique. Mais Tixier-Vignancour ne va pas tarder à trouver sur son chemin plus atlantiste que lui. Jean Lecanuet, qui mènera une campagne à l'américaine, se présente. La campagne de Tixier, notamment la tournée des plages, dont Jean-Marie Le Pen sera le maître d'oeuvre et qu'il reproduira plus tard pour lui-même, rencontre un très grand succès. Mais entre rassembler des dizaine de milliers de curieux et même de partisans et traduire cette affluence dans les urnes, il y a du chemin à parcourir. Tixier est accusé d'être le candidat de l’extrême-droite terme qu'il réfute. De Gaulle le présente comme le candidat « de Vichy, de la collaboration fière d'elle-même, de la Milice et de l'OAS ». Rien que cela... Voulant contrer la candidature de Jean Lecanuet, commettra une erreur stratégique majeure De candidat de l'« opposition nationale » le voici qui se positionne comme « candidat de l'opposition nationale et libérale » pour finir comme « candidat libéral ». Il paiera cher cette maudite recherche de respectabilité et Jean-Marie Le Pen s'en souviendra quelques années plus tard quand il déclarera que les électeurs préfèrent l'original à la copie. De plus, Tixier se révélera curieusement mauvais devant les caméras de la télévision, où il cherchera à apparaître comme étant lisse. Le vote utile va faire des ravages. Des personnalités de la vraie droite, telles l'académicien Alfred Fabre-Luce ou le rivarolien Pierre Dominique appelèrent, par antigaullisme, à voter utile, c'est-à-dire pour Lecanuet. Trois semaines avant le premier tour, les sondages le créditaient de 13 à 19 % des intentions de vote. Il obtint 5,18 % des suffrages quand Lecanuet ramassait 15,5 % des voix. Une catastrophe. Le lendemain, sans en parler à ses amis, il annonça qu'il se désistait en faveur de François Mitterrand, soutenu par le Parti communiste. Inutile de noter que cette façon cavalière d'agir mit en fureur une partie de son équipe, dont Jean-Marie Le Pen. Le lecteur découvrira dans le livre les initiatives politiques qui suivirent, notamment la création d'un parti de centre-droit à sa dévotion, l'Alliance républicaine pour les libertés et le progrès (ARLP), qui avait en fait pour objectif de pouvoir négocier quelques places avec les centristes ou le CNI. Tixier, optimiste comme toujours, tablait sur 25 députés. Il n'y en eut aucun, un fiasco. En mai 1967, il apportera son soutien total à Israël lors de la guerre « des six jours ». Au demeurant, Lucien Rebatet en fit autant. Seuls des Maurice Bardèche, des Pierre Sidos ou des Henry Coston adoptèrent une position plus clairvoyante. La dernière aventure politique de Tixier se situa dans le contexte des élections européennes de 1979. Il fut tête de liste de l’Eurodroite, constituée autour du Parti des forces nouvelles, et obtint 1,28 % des suffrages.

    Jean-Marie Le Pen : « Je regrette de ne pas avoir été moi-même candidat à la présidentielle de 1965… »

    Interrogé par l'auteur de cet article, le Menhir a déclaré : « J'ai un seul vrai regret, c'est celui d'avoir fait désigner comme candidat à la présidence de la République Jean-Louis Tixier-Vignancour. C'est la faute politique que j'ai commise. J'ai vraiment fait une grave faute que je regrette ». Evoquant le candidat, JMLP déclare : « Il était incontrôlable. Il était capable de sorties invraisemblables ». Il raconta ainsi un jour, lors d'un meeting, que c'est lui qui avait rédigé le Discours sur l'état de l'Union que venait de prononcer le président américain Lyndon Johnson ! Commentaire de Le Pen « Jean-Louis était comme ça un peu mégalo ». Il est persuadé qu'il aurait réalisé un meilleur résultat que Tixier auquel il reproche de ne pas avoir permis l'émergence d'une droite nationale et d'un mouvement digne de ce nom. Commentaire en guise de conclusion du Menhir « Il faudra attendre vingt ans pour qu'en 1984 le Front national retrouve un niveau équivalent à celui que nous avions en 1965. Cette perte de temps a été criminelle pour la France » Mais hélas en choisissant sa fille pour lui succéder le Menhir a commis une plus « grave faute », pour reprendre son expression, et bien plus lourde de conséquences hélas pour le mouvement national et pour la France, qu'avoir choisi Tixier-Vignancour pour la présidentielle et 1965 il y a un demi-siècle.

     

    R.S. Rivarol du 25 juin 2015

  • #ViandeDeFrance : "Ce qui est étonnant, c'est qu'il y ait encore des éleveurs en France !"

  • En Afrique du Sud aussi les cafards de la gauche médiatique tiennent le haut du pavé

    Le 26 mai la chaîne d'Etat, la South African Broadcasting Corporation, truffée de kollabos libéraux blancs à la totale dévotion de l'ANC s'inquiétait brusquement de l'engouement pour la pétition en faveur des Blancs persécutés en Afrique du Sud qui s'était emparé de l'Internet. Ne pouvant l'interdire il s'agissait pour le pouvoir et ses sbires de faire tout ce qui leur était possible pour empêcher qu'elle ne s'étende. Ce matin-là la domestique blanche de service officiant dans le programme Morning Live qui, quotidiennement porte aux nues la "diversité" et stigmatise l'apartheid et le racisme blanc, débattait sur cette pétition qui secoue l'Afrique du Sud blanche depuis quelques semaines. Deux invités. Angel Jones d'abord, économiste et publicitaire. L'essentiel de sa carrière s'est déroulée à l'agence de publicité juive londonienne de Saatchi&Saatchi. Elle a créé et dirige désormais une association qui a pour but de faire revenir en Afrique du Sud, à la demande du gouvernement noir enfoncé dans son chaos, le maximum de cadres disséminés dans le monde. Le second est notre ami Dan Roodt, fondateur de Praag, le dernier mouvement identitaire afrikaner vraiment efficace existant encore dans le pays. Un universitaire qui combattit jadis le développement séparé légué par Hendrik Verwoerd et qui depuis que le pays a été désintégré par les communistes et les analphabètes de l'ANC a effectué un virage à 360 degrés. La parole lui sera peu donnée, alors que sa position est forcément équivoque : il participe activement à la défense et au renouveau de la nation et de la culture afrikaner et ne saurait se réjouir de la fuite des élites blanches. En même temps il soutient une démarche qu'il estime justifiée par l'état de déréliction dans lequel se trouvent une grande partie des Afrikaners, boucs émissaires de la nation arc-en-ciel et baromètre tragique du racisme d'Etat qui infeste ce pays.

    Face à lui par conséquent, deux vipères blanches, adoratrices de Mandela et, bien entendu, indignées par le thème de la pétition et,surtout, par son succès inattendu. C'est d'ailleurs à Jones qu'est aussitôt donnée la parole par la présentatrice « Je suis furibarde s'enflamme-t-elle aussitôt. Je ne supporte pas l’expression « nettoyage ethnique sont des sornettes, ce genre de foutaises qui souillent l'image de l’Afrique du Sud à l'étranger et abîment toutes les belles réalisations réussie dans ce pays depuis 20 ans. » Et d'enfoncer le clou cher aux bourgeoises libérales enfermées dans leurs beaux quartiers, qui prêchent la tolérance à longueur d'interviews mais dégoulinent de sectarisme et d'intransigeance, se répandant en jugement insultants pour tous ceux qui ne partagent pas leur doxa. « Ces brochettes d'abrutis, ces gens qui diffusent ces inepties et qu'à l'extérieur de l'Afrique du Sud ceux qui n'y sont jamais allés, prennent pour paroles d'Evangile » C'est en effet à se demander où vit cette dame. Dans quelle tour d'ivoire de Pretoria ou de Johannesburg ? Dans quels quartiers luxueux sévèrement gardés du Cap où se presse une faune glauque et friquée évadée du monde pourri du spectacle, de la mode, du luxe, qui virevolte entre Marrakech, les Iles de la mer Tyrrhénienne ou les zones protégées de la Méditerranée, des Alpes et de l’ouest californien. Elle n'a jamais entendu parler des centaines de milliers d'Afrikaners qui survivent dans des taudis parce que la politique "d'empowerment" les a expulsés de leurs emplois, des plus de 4 000 fermiers torturés et mis à mort par des bandes formées à la violence et aux slogans de haine de l'ANC, des 70 000 Blancs assassinés au cours des 20 dernières années parce qu'ils étaient Blancs et pas parce qu'ils avaient une belle voiture. Des "inepties" ! Ailleurs, elle prendra prétexte des 360 000 personnes qui seraient "revenues" au pays oubliant de mentionner qu'aucun de ceux qui furent accueillis en Australie ne l'ont quittée. Que la plupart des adeptes de cette "alya" avaient tenté l'aventure européenne ou américaine et durent s'en aller leur visa expiré.

    Mais surtout, on apprend en parcourant les sites de son organisation La Révolution du Retour-Africa, que la plupart de ceux qui ont écouté son message sont en réalité des cadres africains qui avaient fui le chaos dans lequel a sombré l'Afrique australe, du Nigeria au Cap. « Vous êtes un technicien africain et vous voulez rentrer au pays ou dans les affaires et vous cherchez un professionnel africain de haut niveau, entrez en contact avec HomecomingRevolution. » 

    « Je ne vois aucun sentiment anti-Blancs, de quelque nature qu'il soit », poursuivit-elle.

    « Les Blancs ne sont pas les bienvenus ici »

    Roodt rétablira un peu les faits. L'expression « nettoyage ethnique » peut paraître rude, à certains mais quand on s'intéresse « à la législation anti-Blancs, les mesures allant dans ce sens, il, semble bien que sur le long terme ceux-ci ne sont pas les bienvenus en Afrique du Sud et qu’ils devraient trouver quelque autre place dans le monde ». Il fera d'ailleurs remarquer que l'Union Européenne soutient massivement les régimes racistes anti-Blancs. Mugabe, par exemple, vient de recevoir 1 milliard d'euros, alors qu'en visite en Afrique du Sud il ne manqua pas de remarquer « qu'on voyait beaucoup trop de faces blanches par ici ». En effet ils les a pratiquement toutes éliminées chez lui au prix de la famine et du chaos. Roodt rappellera qu'au moment où il parle, on interdit la langue afrikaans dans les écoles jusque-là fréquentées par les écoliers afrikaners et métis auxquels les tartuffes de la « nation arc-en-ciel » veulent imposer l'usage de l'anglais. D'innombrables monuments historiques symboles de la nation afrikaner sont souillés et profanés, souvent en plein jour, par des responsables politiques comme Malema. Au cours des récents congrès syndicalistes, monopolisés par les Noirs radicaux, des discours incendiaires ont exigé la disparition de tous les Blancs des postes de responsabilité.

    Après, les idiotes de gauche comme cette Jones peuvent jouer les naïves émerveillées par la Diversité, battre des mains avec enthousiasme lorsque le dernier refuge des Blancs solidement campés à gauche, l'Alliance Démocratique, financée par la famille Oppenheimer, se donne finalement un président africain et s'indigner qu'il y ait des Afrikaners pour étaler sur la place publique leur espoir de trouver un pays plus accueillant à leur race. Il n'empêche, elle fera comme les autres et si ses riches amis noirs ne lui ont pas encore fourni un cercueil capitonné, il lui restera peut-être juste assez de temps pour boucler sa valise.

    Elle conclura d'ailleurs sa péroraison sur une argumentation d'une stupidité abyssale : « nous sommes tous des êtres humains finalement issus du même berceau africain et notre destinée est de vivre ensemble »...

    Dan Roodt rappellera néanmoins à la donzelle que le Docteur Gregory Stanton, qui est une autorité morale mondialement reconnue, fondateur et président de Génocide Watch, en décembre 2014 déclarait que si le processus de génocide n'était pas encore en cours en Afrique du Sud, il n'en était pas moins une menace sérieuse et imminente. Au demeurant seul Génocide Watch, qui n'a jamais eu aucun accès aux média de France, s'est préoccupé de cette question. Ni Amnesty International, ni Human Rights Watch (George Soros) qui monopolisent nos antennes et nos écrans dès que meurt un enfant basané et ont pignon sur rue en Afrique du Sud ne sont intervenus depuis 20 ans sur les massacres et le racisme visant les Blancs. Perpétrés à 95 % par des Noirs. Mme Jones, comme ses acolytes progressistes, ignore à l'évidence ces faits.

     

    Jim REEVES. Rivarol du 25 juin 2015 

  • De Le Pen à Marion Maréchal : l'évolution du vote Front national chez les catholiques

    Le sondeur Jérôme Sainte-Marie analyse l'évolution de vote Front national depuis les années 1980 jusqu'à aujourd'hui dans la population française qui se définit comme catholique.

    LE FIGARO. - Quelle est la part catholique de l'électorat Front national? Comment a-t-elle évolué depuis la création du parti en 1972?

    Jérôme SAINTE-MARIE. - Aux dernières élections européennes, le vote Front national était plus important parmi les Français se disant catholiques (27%) que parmi la moyenne d'entre eux (25%), tout en étant en retrait parmi les pratiquants réguliers (21%). C'est ce que l'on constate depuis un quart de siècle, les messalisants étant dissuadés de choisir le parti lepéniste du fait de la ligne épiscopale. Il n'en a pas toujours été ainsi: en 1984 puis en 1989, aux européennes, les pratiquants réguliers choisissaient davantage que les non-pratiquants un bulletin lepéniste (d'un ou deux points seulement, en fait). Souvenons-nous à ce sujet que Jean-Marie Le Pen figure en bonne place dans le document édité par les défenseurs de l'enseignement privé célébrant la mobilisation massive contre la loi Savary. La position de l'Eglise de France s'étant clarifiée au fil des ans, on observa une baisse du vote frontiste des catholiques pratiquants réguliers, qui passa de 13% à 7% entre 1988 et 1997, tandis qu'il progressait chez les non-pratiquants. Les dernières études montrent un retour des catholiques les plus engagés dans leur foi vers le vote lepéniste, ce qui est une conséquence non seulement de l'évolution impulsée depuis 2011 à la tête du Front national, mais aussi d'une actualité traumatisante.

    Le vote catholique est-il un enjeu pour les partis de droite - Les Républicains et le Front national? On remarque que la tentative de Nicolas Sarkozy de rallier cet électorat est récente…

    Le premier point à souligner est la tendance des catholiques à participer davantage aux scrutins que la moyenne des Français. Ainsi, pour la dernière élection, celle des départementales, 80% des catholiques pratiquants réguliers sont allés voter, au lieu de 67% des pratiquants occasionnels et de 52% des non-pratiquants. Il y a là un enjeu quantitatif évident. Par ailleurs, Nicolas Sarkozy a fait depuis longtemps de la séduction des catholiques un objectif prioritaire. Avant son élection, en 2004 il avait écrit Dieu, la République, les religions, l'espérance aux éditions Cerf et avec le dominicain Philippe Verdin. Une fois président, il a inventé le curieux concept de «laïcité positive», et valorisé le prêtre contre l'instituteur. Après les excentricités de son début de mandat, il a tenté de retrouver les faveurs de l'électorat catholique, mais le charme était éventé. Cependant, la dimension religieuse du vote restant fondamentale, il est cohérent que le leader des Républicains recherche à montrer son attachement au catholicisme. Il est aidé en cela par les violences de l'islamisme radical, qui ravivent les identités religieuses, même les plus enfouies. Disons simplement que Nicolas Sarkozy n'innove pas en ce domaine, ni par rapport à lui-même, ni en regard de la pratique des leaders de la droite en général.

    Le réveil conservateur initié par la Manif pour tous est-il à l'origine de la porosité des électorats LR et FN ?

    Oui, c'est un moment important de ce phénomène. En dépit de la prudence de la direction du Front national lors de la contestation de la loi Taubira, la Manif pour tous a construit un espace commun. Toute une jeune génération de militants, et donc sans doute de futurs cadres politiques, s'est construite dans ce mouvement. Les Républicains n'en sont pas le réceptacle naturel, du fait de leurs ambiguïtés sur le dossier. C'est un peu par défaut que le Front national en est le bénéficiaire. Les scores élevés de ses listes aux européennes dans l'ouest francilien en furent le signe. C'est une sorte de revival des années 1980, lorsque le parti de Jean-Marie Le Pen prospérait parmi les milieux catholiques mobilisés contre la loi Savary sur l'enseignement. Certaines personnalités frontistes comme Marion Maréchal-Le Pen s'inscrivent dans cette logique. L'exaltation des identités particulières qui fleurit ces dernières années en France a réveillé celle du catholicisme politique, l'actualité internationale fait le reste. Il y a donc une cohérence à ce que le vote catholique ne soit plus un obstacle à la progression du Front national.

    Eléonore de Vulpillières

    notes

    Jérôme Sainte-Marie a débuté sa carrière au service d'information du gouvernement et intégré successivement Louis Harris puis BVA avant de devenir directeur général adjoint de l'institut CSA. Il dirige aujourd'hui la société PollingVox, spécialisée dans les enjeux d'opinion.

    source : Le Figaro :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/di_varia/EuupyyplAuSEcWXdPk.shtml

  • De Le Pen à Marion Maréchal : l'évolution du vote Front national chez les catholiques

    Le sondeur Jérôme Sainte-Marie analyse l'évolution de vote Front national depuis les années 1980 jusqu'à aujourd'hui dans la population française qui se définit comme catholique.

    LE FIGARO. - Quelle est la part catholique de l'électorat Front national? Comment a-t-elle évolué depuis la création du parti en 1972?

    Jérôme SAINTE-MARIE. - Aux dernières élections européennes, le vote Front national était plus important parmi les Français se disant catholiques (27%) que parmi la moyenne d'entre eux (25%), tout en étant en retrait parmi les pratiquants réguliers (21%). C'est ce que l'on constate depuis un quart de siècle, les messalisants étant dissuadés de choisir le parti lepéniste du fait de la ligne épiscopale. Il n'en a pas toujours été ainsi: en 1984 puis en 1989, aux européennes, les pratiquants réguliers choisissaient davantage que les non-pratiquants un bulletin lepéniste (d'un ou deux points seulement, en fait). Souvenons-nous à ce sujet que Jean-Marie Le Pen figure en bonne place dans le document édité par les défenseurs de l'enseignement privé célébrant la mobilisation massive contre la loi Savary. La position de l'Eglise de France s'étant clarifiée au fil des ans, on observa une baisse du vote frontiste des catholiques pratiquants réguliers, qui passa de 13% à 7% entre 1988 et 1997, tandis qu'il progressait chez les non-pratiquants. Les dernières études montrent un retour des catholiques les plus engagés dans leur foi vers le vote lepéniste, ce qui est une conséquence non seulement de l'évolution impulsée depuis 2011 à la tête du Front national, mais aussi d'une actualité traumatisante.

    Le vote catholique est-il un enjeu pour les partis de droite - Les Républicains et le Front national? On remarque que la tentative de Nicolas Sarkozy de rallier cet électorat est récente…

    Le premier point à souligner est la tendance des catholiques à participer davantage aux scrutins que la moyenne des Français. Ainsi, pour la dernière élection, celle des départementales, 80% des catholiques pratiquants réguliers sont allés voter, au lieu de 67% des pratiquants occasionnels et de 52% des non-pratiquants. Il y a là un enjeu quantitatif évident. Par ailleurs, Nicolas Sarkozy a fait depuis longtemps de la séduction des catholiques un objectif prioritaire. Avant son élection, en 2004 il avait écrit Dieu, la République, les religions, l'espérance aux éditions Cerf et avec le dominicain Philippe Verdin. Une fois président, il a inventé le curieux concept de «laïcité positive», et valorisé le prêtre contre l'instituteur. Après les excentricités de son début de mandat, il a tenté de retrouver les faveurs de l'électorat catholique, mais le charme était éventé. Cependant, la dimension religieuse du vote restant fondamentale, il est cohérent que le leader des Républicains recherche à montrer son attachement au catholicisme. Il est aidé en cela par les violences de l'islamisme radical, qui ravivent les identités religieuses, même les plus enfouies. Disons simplement que Nicolas Sarkozy n'innove pas en ce domaine, ni par rapport à lui-même, ni en regard de la pratique des leaders de la droite en général.

    Le réveil conservateur initié par la Manif pour tous est-il à l'origine de la porosité des électorats LR et FN ?

    Oui, c'est un moment important de ce phénomène. En dépit de la prudence de la direction du Front national lors de la contestation de la loi Taubira, la Manif pour tous a construit un espace commun. Toute une jeune génération de militants, et donc sans doute de futurs cadres politiques, s'est construite dans ce mouvement. Les Républicains n'en sont pas le réceptacle naturel, du fait de leurs ambiguïtés sur le dossier. C'est un peu par défaut que le Front national en est le bénéficiaire. Les scores élevés de ses listes aux européennes dans l'ouest francilien en furent le signe. C'est une sorte de revival des années 1980, lorsque le parti de Jean-Marie Le Pen prospérait parmi les milieux catholiques mobilisés contre la loi Savary sur l'enseignement. Certaines personnalités frontistes comme Marion Maréchal-Le Pen s'inscrivent dans cette logique. L'exaltation des identités particulières qui fleurit ces dernières années en France a réveillé celle du catholicisme politique, l'actualité internationale fait le reste. Il y a donc une cohérence à ce que le vote catholique ne soit plus un obstacle à la progression du Front national.

    Eléonore de Vulpillières

    notes

    Jérôme Sainte-Marie a débuté sa carrière au service d'information du gouvernement et intégré successivement Louis Harris puis BVA avant de devenir directeur général adjoint de l'institut CSA. Il dirige aujourd'hui la société PollingVox, spécialisée dans les enjeux d'opinion.

    source : Le Figaro :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/di_varia/EuupyyplAuSEcWXdPk.shtml

  • Mgr Rey : " Le FN, qu'on le veuille ou non, fait partie du paysage politique français"

    Mgr Rey, évêque de Fréjus-Toulon, répond au Figaro à propos de l'invitation de Marion Maréchal-Le Pen à une université d'été organisée par le diocèse. Extraits :

    Certains accusent l'Église de contribuer à la «dédiabolisation» du Front national. Que répondez-vous à cette accusation?

    Le FN, qu'on le veuille ou non, fait partie du paysage politique français, surtout dans le sud de la France. Ce parti représente 30 % de l'électorat français, et à Fréjus, il dirige la ville. On ne peut pas ignorer cette réalité. Il faut créer un dialogue, un débat, duquel le FN n'est pas exclu. L'Église n'est pas là pour rassembler des gens qui pensent comme elle. Nous invitons souvent, à l'OSP, des gens qui ne sont pas chrétiens. J'inviterai sans problème une personnalité d'extrême gauche!

    S'agit-il, selon vous, d'une rupture avec une tradition d'hostilité de l'épiscopat français à l'égard du parti lepéniste? Était-elle nécessaire?

    J'admets qu'il s'agit d'une position novatrice par rapport à une forme d'oukase qui consistait à mettre à distance le parti lepéniste. Il existe en effet un certain nombre de catholiques qui votent FN, c'est une réalité. Ces gens peuvent se sentir marginalisés. Notre objectif est de créer un dialogue de raison, une réflexion avec eux.

    Le programme du Front national vous parait-il compatible avec la doctrine de l'Église?

    Je ne suis pas là pour distribuer les bons points, ni pour excommunier. Je ne fais pas de classification des partis recommandables. Nous ne sommes pas un lobby, mais cherchons à favoriser le dialogue sociétal et à promouvoir les principes structurants pour une société: le respect de la dignité de la personne humaine de sa conception à sa mort, la solidarité, la subsidiarité et le dialogue social. Avec l'Observatoire sociopolitique, nous engageons chaque chrétien à s'engager dans la vie politique et à diffuser ces principes structurants, où qu'il soit. Il ne s'agit pas d'être complaisant, mais c'est l'occasion, au contraire, d'interpeller le FN sur son rapport à l'immigration, sa vision de l'homme et du vivre ensemble dans une société pluraliste.

    Philippe Carhon