
La France n’est pas la Roumanie, au regard des réactions qui eurent lieu là-bas on pourrait prophétiser qu’elle n’est même plus rien du tout, si ce n’est ce ventre mou qui s’auto-digère dans un spasme morbide. Là bas on écarte un opposant et le peuple est dans la rue, ici semblable événement se produit, certes loin d’une élection, et la colère reste feutrée, se veut mûrissement de consciences vertueuses, car réfléchi. C’est là le baume que l’on tartine pour effacer l’abandon des combats, l’acceptation des châtiments. Faute de sursaut salvateur, la France sera mûre pour la dictature européenne, assortie de sa dissolution et ce n’est qu’en partie la faute de ce peuple désabusé, trompé depuis trop longtemps. Il semble amorphe, contemplant tous les jours le désastre symbolique de ses institutions, la mise à mort de son identité, de sa capacité d’indignation et de sa disparition, au sens propre cette fois, devenue quotidienne, sous les coups de couteaux d’un envahisseur qu’on ne reconnaît pas comme tel. Certes des voix s’élèvent pour dénoncer le crime, mais les murmures n’ont jamais rien renversé.