
Le long entretien entre l’hôte de l’Élysée et deux journalistes complaisants, voire admiratifs, était une opération de communication. Un chef d’État n’a pas à rentrer dans des détails ou des commentaires visant à faire croire à une empathie pour « les jeunes » ou à l’intérêt qu’il porte aux gestes quotidiens. Si l’heure est grave, il doit en exposer les enjeux aux Français et tracer une route : quinze minutes suffisaient pour annoncer et justifier le couvre-feu, la demi-heure supplémentaire était du délayage. Cette présidentialisation outrancière du régime a une cause : la fragilité psychologique de M. Macron, sans doute mécontent des sondages plus favorables que les siens de son ex-Premier ministre. Le choix du nouveau, terne à souhait, et son cantonnement dans un rôle ingrat et des tâches subalternes doivent le rassurer et satisfaire son ego après une émission en pleine lumière médiatique.

Pour les Houria Bouteldja et Rokhaya Diallo, la France est un pays irréductiblement colonialiste envers les populations d'origine étrangère, l'État français structurellement raciste et sa dette envers les descendants d'esclaves ou de colonisés, inextinguible.




