
Et le rideau sur l’écran est tombé. Emmanuel Macron a prononcé le mot «couvre-feu» et avec lui ce qu’il porte de symboles historiques, de vie réduite, de tristesse collective. Le chef de l’État l’a confié, il aurait voulu éviter cette extrémité, mais il fallait choisir la moins mauvaise solution. C’est le principe même de la tragédie.
Les autorités sanitaires plaidaient sourdement pour des confinements locaux, quand ce n’était pas un confinement national ; Macron a choisi de laisser les portes entrouvertes pour que continuent les écoles, les transports, la vie professionnelle, les cultes… Les institutions fondamentales de la vie commune.







Quel pays au monde est capable en même temps de réfléchir à un couvre-feu généralisé à partir de 20 heures, comme si les Allemands paradaient à nouveau avenue des Champs-Elysées, tout en incitant son bon peuple à partir en vacances à la Toussaint ? Comme si le maréchal Pétain avait appelé Léon Blum à la présidence du Conseil ?