
Il y a des fictions politiques auxquelles on finit par croire à force de les répéter. En France, la plus tenace est celle qui voudrait que le Conseil constitutionnel soit un contre‑pouvoir. Un gardien de la Constitution. Un arbitre neutre. La réalité est moins glorieuse : le Conseil constitutionnel n’est pas un contre‑pouvoir, mais un instrument d’arbitrage institutionnel conçu pour sécuriser les décisions du pouvoir en place. Et il le fait avec une efficacité redoutable, grâce à un levier imparable : ses décisions sont inattaquables et il peut choisir, selon les besoins du moment, d’interpréter la loi au sens strict ou au sens large. Une souplesse qui n’a rien de juridique. Mais qui, politiquement, tombe toujours du même côté. Mais illustrons les propos pour mieux éclairer le débat.






