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actualité - Page 5344

  • Nigel et Nicolas, mais vous faites quoi?

    Le site du quotidien Le Monde est revenu hier sur le refus de Nigel Farage, chef du Parti (eurosceptique) pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP), d’accepter la main que lui tendait Marine Le Pen pour former un groupe au Parlement européen. En guise de justification, et pour bien signifier que sa décision était irrévocable, M. Farage n’a pas hésité à manier la violence verbale  en affirmant que « l’antisémitisme est dans l’ADN du (Front National)»,  rapporte la journaliste Elvire Camus. Elle note aussi que «sa réponse négative lui a valu les  moqueries  de Marine Le Pen qui   se demande en effet pourquoi Nigel Farage a préféré s’allier au parti gaulliste de Nicolas Dupont-Aignan, Debout la République (DLR), qui fait des scores de 1% en France». Le 13 avril M. Farage était en effet présent, devant quelques centaines de fidèles de M Dupont-Aignan, à la réunion publique de lancement de campagne des européennes de DLR.

     Dans son compte-rendu de cette réunion, Libération relayait la justification habituelle du leader de l’UKIP : «Nous devons être justes: Marine Le Pen a fait beaucoup de progrès. Mais étant donné l’histoire du FN, ce n’est pas un parti avec lequel nous voulons nous allier. Et si vous regardez son programme économique, c’est tellement à gauche, c’est incroyable!». A contrario a-t-il dit à la tribune, « Je crois en Nicolas Dupont-Aignan, en Debout la Républiqueun parti politique respectable, modéré, qui est sur la même ligne eurosceptique.»  

     Ni respectable, ni modéré pour M. Farage, le FN n’en est pourtant pas moins aux yeux de nos compatriotes le porte-parole naturel du camp national, patriotique et souverainiste. Et concrètement,  «le tribun de l’UKIP risque au final de ne s’allier… avec personne en France ». Car crédité de 1,5% des intentions de vote dans le  sondage IFOP paru la semaine dernière qui place les listes FN en tête avec une moyenne de 24% des suffrages, « Nicolas Dupont-Aignan a pour l’instant peu d’espoir d’avoir des élus au Parlement de Strasbourg (…). M. Dupont-Aignan espérait rallier Jean-Pierre Chevènement ou Philippe de Villiers à ses listes mais ceux-ci n’ont toujours pas dit oui, ce qui met à mal l’unité des patriotes de gauche et de droite qu’il appelait de ses vœux ».

     La notion de vote utile, devrait de surcroît  décider tout  électeur  souverainiste conséquent àne pas stériliser sa voix en portant son  vote sur les listes de M Dupont-Aignan – les listes DLR avaient obtenu 1,77% des voix en 2009- qui en toute probabilité n’enverront pas d’élus au parlement. Seuls les députés  FN  pourront donc mener la bataille  contre le parti bruxellois et notamment sur  les deux dossiers brûlants des prochains mois: la PAC et  l’accord de libre-échange transatlantique (le fameux «Grand marché transatlantique »), actuellement en négociation entre l’Union européenne et les Etats-Unis. Ceux-ci sont d‘ailleurs  les deux grands axes de la campagne européenne du Front National.

     Marine Le Pen l’a de nouveau rappelé samedi, lors  de son déplacement  à Brive (Corrèze)pour y soutenir la tête de liste du FN de la circonscription Massif central-Centre, Bernard Monot. Elle a aussi répondu à tous ceux qui doutent de la possibilité et/ou de l’efficacité d’unecoalition de partis nationaux et patriotiques au Parlement européen, laquelle, Bruno Gollnisch en parle d’expérience, n’est certes jamais chose aisée et nécessite patience et diplomatie. La présidente du FN a fait part des discussions en cours avec les Autrichiens du FPÖ, les Italiens de la Ligue du Nord, les Néerlandais du Parti de la Liberté (PVV).

     Formations avec lesquelles  nous avons  il est vrai des divergences parfois  assez grandes mais avec qui« nous avons aussi  une cohérence sur les problèmes de l’Union européenne, ce qui n’est pas la cas pour les autres groupes où il n’y a même pas de cohérence de vote ! » .

     Des divergences il y en avait aussi entre les participants  la manifestation organisée contre la venue de Marine et de Bernard Monot à Brive, contre le «   néo-populisme européen » (sic).   Les  sympathisants du  PS, dont le candidat élu à la dernière présidentielle  partage les mêmes vues européistes  qu’un Bayrou et qu’un Sarkozy,  défilaient  aux côtés  des contempteurs de l’Europe libérale  du PC et du Front de Gauche. Mais dans les faits,  la détestation profonde de l’alternative portée  l’opposition  nationale populaire et sociale, génère  des alliances qui ne sont aberrantes qu’en surface. Entre les altermondialistes d’extrême gauche  et  les  mondialistes socialo-libéraux, deux faces de  la même médaille antinationale,  existent une différence de degrés et non de nature.

     C’est pourquoi il est particulièrement condamnable à l’inverse que des défenseurs  autoproclamés des  souverainetés nationales, de l’Europe des patries   par peur, soumission au politiquement correct ou calculs boutiquiers à courte vue, trouvent  toujours des bonnes(mauvaises)  raisons pour ne pas s’allier, même conjoncturellement,  avec le FN. Si leurs convictions patriotiques sont sincères, quelles  illusions sur le Système et ses mensonges qu’ils disent combattre  bercent encore un Dupont-Aignan ou un Farage ?

     Laissons en cette circonstance le mot de la fin à  Shakespeare : « le monde est sans cesse séduit par la beauté de la forme. En justice, quelle cause est assez noire, assez criminelle pour qu’en se parant d’une voix agréable, elle ne puisse dissimuler l’apparence même du mal ? En religion, quelle erreur assez damnable, qu’un front sérieux ne puisse exalter et prouver par un texte qui en cachera la grossièreté sous une belle parure ? Il n’y a pas de vice si franc qui n’assume la marque extérieure de quelque vertu »

    http://gollnisch.com/2014/04/22/nigel-nicolas/

  • Gouvernement : surtout, ne rien changer !

    Pas de surprise au sein du nouveau gouvernement. On prend les mêmes et on recommence. François Hollande continue son dialogue de sourds avec la France, non seulement celle qui se dresse contre lui, mais même celle qui l'a élu...

    Le soleil printanier était de sortie à Paris ce mercredi 2 avril au moment de l'annonce du nouveau gouvernement par le Préfet Pierre-René Lemas, secrétaire général adjoint de l'Elysée. La voiture présidentielle venait de quitter l'Elysée, François Hollande se rendant à Bruxelles, comme s'il laissait les clefs de la maison à son nouveau premier ministre, Manuel Valls, nommé la veille à Matignon. La liste égrenée sur le perron du palais présidentiel en a surpris plus d'un. Même politique, mêmes hommes et femmes: visiblement, François Hollande n'a rien entendu du mécontentement des Français et de son propre camp politique ! Seize ministres (en attendant la nomination des secrétaires d'Etat dans un second temps), et seulement deux nouveaux entrants : Ségolène Royal (photo), ancienne compagne du président de la République, et François Rebsamen, sénateur-maire de Dijon et proche du chef de l'Etat.

    Sans les Verts mais avec le PRG

    Les Verts ayant refusé, non sans difficultés internes, de participer à nouveau au gouvernement, seul le Parti radical de gauche de Jean-Michel Baylet accompagne les ministres socialistes grâce à Sylvia Pinel, ministre du Logement et avant-dernière dans l'ordre protocolaire. Chez les Verts, les parlementaires étaient favorables au maintien des leurs au gouvernement, mais l'équipe dirigeante, Cécile Duflot en tête, franchement hostile. Le Front de gauche est naturellement absent et de plus en plus dans l'opposition au PS.

    Pour être exhaustif, notons la naissance de divergences au sein des radicaux de gauche, très n pointe concernant les évolutions de la société mariage » gay, euthanasie, avortement, PMA…). Le sénateur Baylet, très proche de Pinel, son ancienne collaboratrice a déclaré : « Le président de la République, François Hollande, après avoir choisi Manuel Valls pour Matignon a une nouvelle fois fait preuve de courage politique en nommant un gouvernement resserré et paritaire. Le PRG prendra toutes ses responsabilités et soutiendra ce nouveau gouvernement. » Au contraire le député PRG du Calvados, Alain Touret est nettement plus circonspect : « On peut regretter que le Parti socialiste truste comme d'habitude tous les postes. Son incapacité à s'ouvrir, son échec dans les négociations avec les Verts constitue un handicap sérieux qu'il risque de payer cher lors des prochains rendez-vous électoraux. » C'est dire l'état d'isolement du parti socialiste.

    Royal et Rebsamen

    Rentrons dans le détail des nominations : Laurent Fabius conserve la haute main sur le ministère des Affaires étrangères, Christiane Taubira le portefeuille de la Justice, Marisol Touraine celui des Affaires sociales et Jean-Yves Le Drian, celui de la Défense. Benoît Hamon, caution de la gauche du Parti socialiste au sein de ce gouvernement, hérite du ministère de l'Education nationale jusque-là détenu par Vincent Peillon, prié d'aller siéger à Bruxelles à partir de la fin du mois de mai. Un militant de gauche remplace un idéologue de gauche... Bercy est partagé en deux portefeuilles entre les Finances dévolues à Michel Sapin, autre proche de Hollande, et l'Economie qu'est censée redresser Arnaud Montebourg... François Rebsamen fait donc son entrée au ministère du Travail. Et Bernard Cazeneuve, ancien maire de Cherbourg, hérite d'un ministère de l'Intérieur bien pâle sur lequel, manifestement, Hollande et Valls veulent garder chacun le contrôle direct. Manuel Valls y aurait bien vu Jean-Jacques Urvoas et François Hollande, de son côté, y poussait Rebsamen. Il y a eu finalement arbitrage entre les deux têtes de l'exécutif.

    Reste ensuite les postes annexes : Najat Vallaud-Belkacem aux Droits des femmes, à la Ville, à la Jeunesse et aux sports (exit donc Valérie Fourneyron), Marylise Lebranchu à la décentralisation, Aurélie Filippetti reconduite à la Culture, Stéphane Le Foll de nouveau à l'Agriculture, et George Pau-Langevin, qui prend le poste de ministre des Outre-Mer.

    Quelle durée de vie ?

    Vincent Peillon paye comme prévu l'échec programmé de la réforme des rythmes scolaires et Pierre Moscovici les mauvais résultats de l'économie française. Les catholiques et plus largement les opposants au mariage homosexuel sont une fois de plus méprisés par François Hollande : Manuel Valls, symbole de la répression des militants de droite, est à Matignon et Christiane Taubira, que la LMPT donnait partante, est reconduite comme garde des Sceaux. Très libéral-démocrate, fortement teinté de maçonnisme et de laïcisme, ce gouvernement va développer une politique hostile au catholicisme et à l'intérêt général. Il va s'acharner à défendre une vision technocratique et prométhéenne de l'Europe.

    Dans ce gouvernement, il n'y a évidemmentpas de ministère de la Famille, comme il n'y aétonnement pas de ministère des Affaires européennes malgré la complexité des dossiers qui s'yrattachent. Comme le résume bien dans son communiqué, le président du CNIP Gilles Bourdouleix : « Combien de temps tiendra ce gouvernement ? » Cette question est la seule qui vaille,tant le pouvoir donne l'impression d'être KOdebout, incapable de se remettre en question etde défendre les intérêts de la France. Les mois quis'annoncent seront difficiles.

    Jacques Cognerais monde & vie. 9 avril 2014

  • Pourquoi les «idéopôles» votent-ils encore à gauche ?

    Depuis le milieu des années 1990, ces villes post-industrielles fondées sur l'économie de la connaissance sont de nouveaux bastions du PS. Il y a mieux résisté aux municipales, mais est menacé par la gauche alternative, qui confirme son implantation.

    Qu'ont en commun Paris, Lyon, Toulouse, Montpellier, Strasbourg, Grenoble, Nantes, Lille et Aix-en-Provence –et, à un degré moindre, Rennes et Bordeaux? Selon une note que nous avions écrite pour la Fondation Jean-Jaurès en 2012 (1), il s'agit d'idéopôles, c'est-à-dire des villes-centres des métropoles les plus intégrées à la globalisation, dont ils représentent des «points d'ancrage».

    Ce sont les territoires gagnants d'un processus qui accroît la polarisation entre, d'un côté, l'archipel métropolitain qu'ils dessinent, et de l'autre, leurs périphéries urbaines et rurales. Des lieux qui concentrent plus qu'ailleurs les groupes sociaux pour lesquels la mondialisation est une source d’opportunités ou, tout du moins, ne représente ni une menace matérielle ni une menace identitaire.

    Quatre critères permettent de les définir (et nous ont notamment conduit à en écarter Marseille): une métropole régionale (taille critique), une production axée sur la connaissance et l’innovation (profil économique), une population qualifiée (profil sociologique) et l’attractivité du territoire.

    Il faut bien sûr prendre garde à ne pas fétichiser ces territoires, sociologiquement divers et stratifiés. Une explication sociologique reste en effet bien plus pertinente qu'une explication géographique pour comprendre les différences de comportements électoraux entre le XVIème et le XXème arrondissement de Paris (au passage, la même observation peut être faite à propos du fameux espace «périurbain», qui est loin d'avoir l'homogénéité qui lui est abusivement prêtée). Cela dit, les idéopôles nous semblent précisément être des laboratoires privilégiés pour observer les alliances et les rivalités entre groupes sociaux qui se déploient dans le grand jeu de la «révolution globale».

    Mutation dans les années 1990

    Dans de précédents travaux, nous avons mis en évidence la surreprésentation du PS dans ces grandes villes post-industrielles depuis le milieu des années 1990, qui témoigne de la capacité de ce parti à prospérer dans les zones les plus dynamiques du capitalisme contemporain.

    Elle constitue aussi un indice, fondé sur des résultats réels, de l'importance de certains groupes dans le noyau électoral socialiste, à savoir un salariat diplômé et urbain mais pas forcément riche en patrimoine (les «classes moyennes et supérieures intellectuelles») et les milieux populaires à forte proportion de Français d'origine étrangère.

    Un survote socialiste a pu être mesuré pour les élections présidentielles depuis 1995, et dans une moindre mesure lors des scrutins européens, pour lesquels la concurrence écologiste a joué à plein. En effet, les idéopôles constituent incontestablement les zones de force des écologistes, comme en a attesté le doublement de leur score national dans ces territoires lors de la dernière élection présidentielle. En y réalisant un score moyen de 23,8% à l’occasion des européennes de 2009 (soit +7,5 points par rapport à sa moyenne nationale), EELV avait même devancé les listes socialistes de 5,5 points.

    Lors de l’élection présidentielle de 2012, l’avance relative de la gauche dans les idéopôles ne s'est pas démentie, en particulier dans les espaces dits «gentrifiés» (2) de ces derniers, comme les Ier et IVe arrondissements de Lyon ou les Xe et XIe arrondissements de Paris. Ce scrutin a aussi marqué l’apparition du phénomène pour le Front de gauche, qui a dépassé la barre des 15% à Toulouse, Montpellier, Grenoble et Lille, alors que les candidats communistes avaient jusque-là été clairement sous-représentés dans ces territoires.

    A l'inverse, les idéopôles sont devenus des terres de faiblesse structurelle pour le Front national, dont la sous-représentation aux élections présidentielles s'est toujours plus accentuée de 1995 (-5% par rapport à sa moyenne nationale) à 2012 (-39%). Le graphique ci-dessous illustre la sur- ou la sous-représentation des forces politiques de gauche par rapport à leur moyenne nationale.

    Fabien Escalona et Mathieu Vieira

    Source : http://www.slate.fr/france/85737/ideopoles-derniers-remparts-recul-socialistes

     

    (1) http://www.jean-jaures.org/Publications/Notes/Les-ideopoles-laboratoires-de-la-recomposition-de-l-electorat-socialiste

     

    (2) http://www.hypergeo.eu/spip.php?article497

    http://www.voxnr.com/cc/dh_autres/EFAZVFAyFVXNmrMMGE.shtml

  • Police impériale, guerre sociale

    La violence policière est une production rationnelle, structurée par des rapports de force économiques, politiques et sociaux, dont l’Etat assure la régulation technique. Elle est au centre d’une mécanique de gouvernement des indésirables et des misérables, des damnés et des insoumis. 

         L’Etat français déploie ses troupes et expérimente la guerre policière aux côtés d’autres armées impériales en ex-Yougoslavie, en Afghanistan ou en Libye. L’extension et la restructuration sécuritaire des grandes villes françaises constituent la dimension intérieure de ce phénomène à l’œuvre dans l’ensemble des grandes puissances impérialistes à travers le réseau des villes mondiales. « Avec leurs marchés boursiers, leurs technopoles, leurs salons de l’armement et leurs laboratoires d’Etat dédiés à la recherche sur les nouvelles armes, ces villes sont les cerveaux du processus actuel de mondialisation dans lequel la militarisation joue un rôle majeur » indique Stephen Graham. La géographie critique de l’impérialisme montre que le processus qui se développe sur le sol français procède effectivement d’un phénomène global. Les travaux de Lorenzo Veracini mettent en évidence l’emploi récurrent de techniques et d’imaginaires coloniaux dans les modes de gestion et de développement des villes mondiales d’Europe et d’Amérique du Nord. Ils mettent en question la « distinction classique entre le visage extérieur et le visage intérieur de la condition coloniale » dans les grandes puissances impérialistes. Stephen Graham fournit plusieurs observations décisives pour intégrer le cas français dans la situation globale. « Alors que les espaces et les réseaux de la vie urbaine sont colonisés par les technologies de contrôle militaire et que les notions de guerre et de maintien de l’ordre, de territoire intérieur et extérieur, de guerre et de paix, sont de moins en moins distinctes, on constate la montée en puissance d’un complexe industriel englobant la sécurité, la surveillance, la technologie militaire, le système carcéral, le système punitif et le divertissement électronique ». Graham précise : 

    Le fait que ces complexes industrialo-sécuritaires fleurissent parallèlement à la diffusion des idées d’organisation sociale, économique et politique chère aux fondamentalistes du marché n’a rien d’accidentel. Les inégalités extrêmes, la militarisation urbaine et l’obsession sécuritaire alimentées par le néolibéralisme se nourrissent mutuellement. 

    La conjugaison d’une industrie de la violence militaro-policière et de la restructuration urbaine semble elle aussi relever d’un processus global où les puissances impérialistes s’allient ou rivalisent entre elles. Kanishka Goonewardena et Stefan Kipfer parlent « d’urbicide » pour désigner la démolition systématique au bulldozer de maisons et de villes palestiniennes par l’Etat israélien, l’anéantissement de Falloujah et d’autres villes résistantes en Irak par la coalition occidentale, ou la démolition de campements, bidonvilles et quartiers populaires, partout dans le monde. 

         Mais les classes populaires ne se laissent pas balayer ou exploiter sans combattre. Nous avons vu comment, partout où elle frappe, la violence policière se montre incapable de soumettre les damnés complètement et durablement. Elle n’est pas la manifestation d’un Etat tout puissant mais celle d’un pouvoir illégitime que les insoumissions mettent dans l’impossibilité récurrente de gouverner sans contraindre. Ce pouvoir illégitime doit s’étendre et se renforcer pour ne pas s’effondrer et pour surmonter ces crises politiques et économiques. L’économiste Michal Kalecki a analysé dans les 1970 le phénomène de keynésianisme militaire qui consistait à restructurer le capitalisme sur la base des dépenses militaires, du développement de l’industrie et des marchés de la guerre et des armes. Nous pouvons considérer les aspects intérieurs de la restructuration contemporaine comme une forme de keynésianisme sécuritaire, un programme de résolution des crises du capitalisme, investissant dans l’industrie du contrôle, de la surveillance et de la répression. 

         L’impérialisme sécuritaire est conduit à poursuivre une expansion dangereuse pour lui-même. Son discours pacificateur est à la fois une propagande, une publicité et mise en scène ; ce système multiplie en réalité les champs de bataille et ses nouvelles prisons deviennent elles-mêmes des fronts de la guerre sociale. 

         Le géographe David Harvey observe ce phénomène sur la scène internationale : 

    La poursuite des politiques néolibérales au niveau économique [...] implique une poursuite si ce n’est une escalade de l’accumulation par des moyens différents, c’est-à-dire de l’accumulation par dépossession. Le développement permanent de la résistance globale, auquel le pouvoir étatique répond par la répression des mouvements populaires, est certainement son corollaire externe. Cela implique la prolongation du conflit de basse intensité qui domine l’économie mondiale depuis une vingtaine d’années, voire plus, à moins qu’une issue au problème de la suraccumulation globale puisse être trouvée. 

    Mathieu Rigouste, La domination policière

     http://www.oragesdacier.info/2014/04/police-imperiale-guerre-sociale.html

  • Scandale au Parlement Européen : Argent facile, champagne à gogo et autres privilèges

  • Les hauts fonctionnaires européens se goinfrent sans retenue

    Français, n'ayez pas la mémoire courte, n'oubliez pas cette vidéo et ces chiffres quand vous irez voter pour les européennes !   

    Tom Staal, animateur hollandais d’une TV sur le Net, s’est rendu aux Parlements européens de Strasbourg et de Bruxelles. Dans ces « augustes » lieux, il filme des réunions sans députés, des cafétérias réservées aux seuls élus, des tapis qui ne peuvent être foulés que par les souliers ou les talons aiguilles des édiles de Bruxelles. Cela, sous la menace d’agents de sécurité essayant de les empêcher de tourner. Chez ces gens-là, on se dit démocrate, mais surtout il ne faudrait pas que le peuple s’en mêle. Le journaliste va plus loin en révélant les passe-droits et les gaspillages que son enquête met en évidence. Pris la main dans le pot de confiture, ces « élites » deviennent irascibles et même violentes, refusant systématiquement de répondre.

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  • Entretien avec Sandrine Picot-Deprez, présidente de l’Alliance Royale.

    L’Alliance Royale est un parti royaliste, qui présente des candidats à toutes les élections depuis environ une dizaine d’années avec des fortunes diverses. Autant le dire tout de suite, l’Action française qui milite contre le régime des partis diviseurs de la nation, s’est toujours refusé d’entrer dans cette voie-là.

    C’est donc avec une perplexité bienveillante que nous observons cette formation tenter de résoudre la quadrature du cercle en entrant dans le jeu républicain pour défendre des idées qui visent à faire chuter la République. Non pas que nous soyons contre les élections par principe : le" par tous les moyens même légaux" de Maurras s’applique aussi au mode électoral, et nous ne négligeons pas à l’occasion de soutenir tel ou tel candidat qui répond à des critères correspondant à nos attentes. Parmi ces candidats, certains d’entre eux sont des royalistes.

    Le seul fait de s’affirmer royaliste ne suffit pas à nos yeux. Notre regard porte aussi sur la nation, les intérêts de la France et le bien commun. Un roi, aussi valeureux et sympathique soit-il, n’ayant pas la capacité de gouverner, nous suffirait d’autant moins qu’une instauration de la monarchie qui n’aurait comme seule perspective que d’accompagner la dégradation du pays sous la férule des sectes mondialistes, nuirait à l’espérance monarchique et nous ferait perdre quelques siècles. L’expérience de l’Alliance Royale nous intéresse néanmoins car elle regroupe des fidèles royalistes qui veulent, envers et contre tous, témoigner de cette fidélité au moment des grandes fêtes républicaines, jouant un peu, ici ou là, mais de façon encore très confidentielle, les trouble-fêtes.

    Or à l’Action française nous aimons les trouble-fêtes. C’est pourquoi nous recevons Sandrine Picot-Deprez, énergique présidente de l’Alliance Royale.

    Quel bilan tirez-vous des dernières élections municipales ? 

    Ces municipales étaient un pari, avec l’élection de cinq d’entre nous c’est notre « Yes we can » ! C’est notre façon de dire :oui les royalistes ne sont pas ces exilés de l’intérieur, étrangers à leur temps et leur mode de gouvernement. Obtenir quelques élus nous permet de rompre le sortilège républicain. L’Alliance royale s’est constituée en appareil politique pour donner une réponse politique à la crise institutionnelle que traverse la France. Elle s’appuie sur un maillage (phase 1) pour ensuite partir à la reconquête et proposer une alternative institutionnelle (phase 2). Quelle meilleure tribune que les élections ? Cette stratégie est conforme au terrain social dans lequel nous recrutons : des hommes en activité professionnelle, stables, formés, qui peuvent apporter leur expertise politique Elles nous donnent des salles, des panneaux, une visibilité médiatique…... Pour prendre un exemple récent, durant notre campagne municipale 40.000 Parisiens du 5°ont reçu dans leur boite aux lettres notre profession de foi royaliste ainsi que les 13 000 habitants de Caudry . Je ne connais pas meilleur vecteur de diffusion que les services de la préfecture républicaine !

    Ne pensez-vous pas que choisir précisément les périodes électorales, qui sont des temps de brouhaha, ne risque pas de rendre encore plus inaudible l’idée royale ? N’est-ce pas contreproductif ? 

    « Contreproductif » dites-vous ? C’est tout l’inverse. Les sondages indiquent qu’il y aurait un vivier de 20% de royalistes en France, or ceux-ci ne considèrent pas encore que le royalisme soit une alternative crédible. Depuis que nous avons des élus, adjoint au maire, élu intercommunal, le regard change : cela nous crédibilise et renforce notre expérience politique Bien entendu les résultats sont à la mesure de nos moyens qui sont ceux d’un parti dissident, sans subvention : la politique est un sport de riches ! Certes les résultats semblent modestes si on porte un regard quantitatif et ce n’est pas à vous que j’apprendrai qu’il n’y a pas de rapport mécanique entre l’efficacité d’une force et le nombre. Je répète que nous ne pouvons pas toujours fournir de matériel de vote (profession de foi et/ou bulletin), ce que explique les scores. En revanche, la mobilisation en amont, pendant la campagne est intense, la cohésion de groupe est renforcée, les équipes tournent à plein régime et c’est l’occasion de riches rencontres. Je prétends qu’une campagne électorale nous fait plus avancer que des dizaines de conférences dans un cercle d’étude car les militants deviennent des acteurs, la dynamique de l’engagement fonctionne à fond et constitue un excellent exercice d’application dans notre cheminement vers la reconquête du pouvoir car nous capitalisons nos résultats par une organisation structurée et cohérente.

    Quelle est votre stratégie pour le prochain scrutin européen et où en êtes-vous de votre préparation ? 

    Je ne vous le cache pas : se présenter aux élections c’est attaquer l’Everest par la face Nord, c’est un lourd travail administratif d’une part et c’est une période un peu saturée médiatiquement. C’est aussi là que nous avons un devoir d’intelligence pour savoir nous faire entendre.

    Nous sommes cependant portés par la passion des Français pour le jeu politique : il suffit d’observer leur surexcitation à l’heure des résultats. Les élections sont ce moment rare où la conscience politique s’aiguise, c’est là qu’explosent nos scores de fréquentation.

    Cette mobilisation ne se réduirait-elle pas à une forme de communication visant à faire connaître l’option royale au plus grand nombre ? 

    Notre stratégie est de rendre l’idée monarchiste crédible c’est pourquoi nous travaillons scrupuleusement nos professions de foi. La campagne européenne nous donne des avantages : en terme de propagande, le CSA nous donne un créneau sous forme de clip sur les chaines nationales, nous aurons des milliers de panneaux à coller. En outre c’est la seule élection à la proportionnelle intégrale. Le bémol étant que nous ne pourrons imprimer les 43 millions de bulletins de vote nécessaires : il seront à télécharger sur notre site. L’Alliance Royale présentera huit listes le 25 mai (tout comme en 2004 et en 2009) malgré la dure contrainte de la parité (paradoxe insupportable dans un pays qui promeut la théorie du genre et qui en même temps impose une rigidité normative sexiste pour décourager les insoumis !) Ce sera pour nous l’occasion de développer notre discours sur les éléments clivants que sont l’euro et cette forfaiture qui s’annonce : le traité transatlantique

    Ne serait-il pas plus opportun de soutenir les listes patriotiques qui, de fait auront plus de chance d’avoir des élus, plutôt que de défendre le royalisme, c’est-à-dire une position institutionnelle hors sujet en la circonstance ? 

    La monarchie que nous prônons sera traditionnelle, décentralisée et ne reposera en aucun cas sur les appareils de partis qui fondent leur légitimité sur la soi-disant « volonté générale » alors pourquoi voulez-vous que nous soutenions une liste républicaine ? Les partis républicains acceptent tous le préalable dialectique révolutionnaire et entrent dans la matrice ….Tous cherchent à légitimer leur position en protestant de leur loyauté et en adoptant les postures républicaines issues de la révolution : laïcisme, droits de l’homme, égalitarisme. Même LMPT surjoue avec ses Mariannes, ses bonnets phrygiens et ses drapeaux européens ! Mais n’oublions que la France a besoin d’un sursaut monarchiste plutôt que de spasmes républicains !

    Propos recueillis par Olivier Perceval - L’AF 2884

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Entretien-avec-Sandrine-Picot

  • Chômage : les reprises d’emploi au plus bas depuis 2009

    La publication, chaque trimestre par le ministère du Travail, des résultats de son enquête récurrente sur «les sortants des listes de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi» est l’occasion de constater que ses statistiques mensuelles minorent systématiquement l’ampleur des retours à l’emploi.

    La «faute» en grande partie aux nombreux chômeurs qui se contentent de ne pas pointer lorsqu’ils retrouvent du travail plutôt que de prévenir. De quoi souffler, habituellement, un semblant d’optimisme quand le chômage augmente.

    Mais c’est malheureusement loin d’être l’enseignement essentiel de la dernière édition de cette enquête qui porte sur ce que deviennent les ex-chômeurs sortis du décompte de Pôle emploi en septembre 2013. Ce mois-là, le ministère a dénombré seulement 195.118 chômeurs désinscrits parce qu’ils avaient retrouvé un poste. C’est une mauvaise nouvelle: depuis le début de l’enquête trimestrielle, en juin 2002, c’est seulement la cinquième fois que ce chiffre passe sous les 200.000. La précédente, c’était en décembre 2010, soit près de trois ans avant. Et jusqu’à présent, le plancher des 200.000 n’avait jamais été enfoncé un mois de septembre.

    L’étude accumule les nouvelles inquiétantes sur les difficultés de réinsertion des chômeurs sur le marché du travail.

    Si l’on s’intéresse non pas au nombre absolu mais à la proportion de personnes ayant été désinscrites de Pôle emploi, le constat est encore plus sombre.

    Sur les 451.000 sorties enregistrées, 43,3% seulement ont repris un emploi. Il n’y a qu’en mars 2009 qu’une plus mauvaise performance avait été enregistrée.

    Les autres ont démarré une formation, ont arrêté de chercher un emploi ou ont été radiés à la suite d’une erreur ou d’un oubli.

    L’enquête ajoute à cela un sinistre record: celui du taux de sortie des chômeurs pour reprise d’emploi. Il est descendu en septembre à 3,8%, du jamais-vu depuis le lancement de l’enquête par la Direction de l’animation de la recherche, des études et de la statistique du ministère du Travail (Dares).

    Voilà qui montre s’il en était besoin au nouveau ministre du Travail, François Rebsamen, l’ampleur de la tâche dont il vient d’hériter alors que le président de la République, François Hollande, a annoncé vendredi n’avoir «aucune raison d’être candidat» à un second mandat si le chômage ne baissait pas d’ici à 2017.

    Les Echos

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