Bernard Lugan*
le 21/01/2013
modifié le 21/01/2013 à 16:49h


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Bernard Lugan*
le 21/01/2013
modifié le 21/01/2013 à 16:49h


La Cour européenne des droits de l'homme a rendu public ce jeudi un jugement de chambre condamnant la Pologne pour ne pas avoir mis une mère de deux enfants, enceinte, en mesure d'avoir accès, en temps et en heure, aux examens génétiques et plus précisément l'amniocentèse qui lui auraient permis d'avorter légalement de son troisième bébé dont la malformation était soupçonnée avant la naissance. Ce jugement susceptible d'appel devant la Grande chambre de la CEDH a estimé Mme R.R. victime de deux violations de la Convention européenne des droits de l'homme : les « traitements inhumains et dégradants » interdits par l'article 3, et le droit au « respect de la vie privée et familiale » affirmée par l'article 8. La preuve ? La petite fille allait naître avec le syndrome de Turner. Mme R.R. obtient à ce stade des dommages et une compensation pour frais de justice équivalents à 60 000 euros.
Cette affaire pose de multiples questions, puisque l'arrêt de la Cour affirme un droit aux examens qui permettent l'accès à l'avortement thérapeutique et qu'il pose le principe du devoir de l'Etat d'y donner accès malgré l'objection de conscience de médecins refusant ces procédures.
Mme R.R. s'était en effet heurtée à des refus et des atermoiements mais on lui avait clairement fait savoir que personne ne souhaitait pratiquer cet avortement - à l'hôpital universitaire de Cracovie, il lui fut répondu qu'on n'y avait pas fait d'avortement depuis 150 ans. R.R. devait finir par obtenir une amniocentèse en urgence mais les résultats ne lui furent communiqués que 15 jours plus tard, au-delà du délai légal de « l'avortement médical », possible jusqu'à 24 semaines.
Une longue procédure devant la justice polonaise, d'abord infructueuse, s'est achevée après cassation devant la cour d'appel de Cracovie qui a donné raison à R.R. mais en lui accordant, à travers la condamnation de son médecin de famille et des deux hôpitaux concernés, 35 000 zlotys pour le refus de donner accès aux examens qui auraient ouvert la voie à l'avortement légal - quelque 9 900 euros de dommages jugés insuffisants par la CEDH et qui s'est prononcée compétente de ce fait.
Réitérant l'une de ses prises de position dans l'affaire A, B, C contre Irlande, « la Cour a estimé que l'interdiction de mettre fin à des grossesses pour des raisons de santé et (ou) de bien-être constituait une gêne par rapport aux droits des demandeurs quant au respect de leur vie privée », ce qui affirme de manière sibylline un « droit » européen à l'« interruption médicale de grossesse », et même pas dans des conditions très précises puisqu'il existe des possibilités thérapeutiques pour les personnes atteintes de la maladie de Turner et que tous ne souffrent pas de la forme la plus grave de la maladie.
La Cour affirme encore : « Alors même que les règles publiques applicables à l'avortement sont en relation avec l'équilibre traditionnellement recherché entre la vie privée et l'intérêt public, elles doivent - dans le cadre de l'avortement thérapeutique — être évaluées au regard des obligations positives de l'Etat en vue d'assurer l'intégrité physique des futures mères. »
La chambre de la CEDH est même allée plus loin, jugeant qu'il fallait formuler les lois sur l'avortement « thérapeutique » de manière à ce que les médecins ne soient pas « refroidis » par leur crainte d'être poursuivis pour un avortement illégal en cas d'erreur d'appréciation de leur part.
Grégor Puppinck, directeur du Centre européen pour la justice et le droit, fait observer que le « Rapporteur spécial de l'ONU sur le droit qu'a toute personne de jouir du meilleur état de santé physique et mentale possible » (sic), présent au procès en tant que tierce partie, a pris fermement position en faveur de l'avortement. La récente résolution de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe sur le droit à l'objection de conscience n'a pas été soulevée ; au contraire, l'arrêt insiste sur le devoir des Etats de veiller à ce que les patients ne soient jamais privés de leur droit à tous les services légaux aux termes du droit.
Jeanne Smits Présent du 28 mai 2011
C’est la crise ! Paraît-il… La crise et son cortège de plans sociaux. La crise et ses usines qui ferment. La crise et son chômage de masse. La crise et les impôts des classes moyennes qui augmentent, pour désendetter les Etats. La crise et les dépenses publiques qui baissent, pour éponger les erreurs du passé. La crise, oui, mais visiblement pas pour tout le monde !

Il est une catégorie d’acteurs économiques qui gagnent quand tout le monde gagne, et qui gagnent encore quand tout le monde perd : les banques. Les plus grands établissements financiers américains – ceux dont il ne fait plus aucun doute qu’ils sont à l’origine de la Grande Crise qui secoue les économies occidentales depuis 2007 – viennent de publier leurs comptes pour l’année 2012. Ils laissent pantois.
Accrochez-vous : Goldman Sachs, la banque symbole de toutes les dérives du capitalisme financier, celle qui a maquillé les comptes de la Grèce et inventé les produits financiers les plus dingues, a plus que doublé ses résultats : 7,3 milliards de dollars de profits nets ! JP Morgan a fait encore mieux : 21,3 milliards de dollars de bénéfices ! Le Pdg de cette dernière, Jamie Dimon, s’est même octroyé un bonus personnel de 10 millions de dollars. A ce tarif-là, ce n’est plus un cadeau Bonux, c’est le jackpot du loto. Et un gros lot qui, en l’occurrence, tombe chaque année, crise ou pas crise.
Le plus incroyable, c’est que ces banques sont désormais censées évoluer dans un cadre réglementaire beaucoup plus strict (les fameuses lois Volcker et Dodd-Franck). Des contraintes dont elles n’ont d’ailleurs cessé de se plaindre. Il faut croire, à l’évidence, qu’elles ont l’effet du mercurochrome sur une jambe de bois.Dans ce contexte, on attend avec impatience les résultats de nos grands établissements français. Mais au moment où Bercy planche sur les nouvelles règles du jeu bancaire et semble hésiter à encadrer pour de bon leurs agissements, ces résultats himalayens des banques américaines devraient donner à réfléchir. Sans doute fallait-il sauver les banques en 2008. Mais à l’heure où les Etats sont surendettés et où l’on demande aux peuples toujours plus de sacrifices pour nous sortir de ce mauvais pas, le moment n’est-il pas venu d’imposer au monde de la finance des règles drastiques ? Pour éviter que quelques-uns continuent à se goinfrer en toute impunité. Pour éviter surtout que les mêmes causes produisent à l’avenir les mêmes effets dévastateurs.
Affiches de la campagne en faveur des SDF Français de souche, lancée par Génération Solidaire.



La France espère que les monarchies arabes du Golfe vont apporter leur aide à la campagne contre les rebelles djihadistes au Mali, a déclaré hier son ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius. En visite aux Emirats Arabes Unis, M. Fabius a présenté brièvement les différentes aides possibles : en fournissant du matériel ou du financement - une requête ironique étant donné que l'on pense que les donateurs privés de ces pays sont les principaux soutiens d'al-Qaïda en Irak et en Syrie. P.C.
L'Ouest a dépeint les dirigeants du Golfe comme des alliés naturels pour encourager les révolutions démocratiques
Les Etats-Unis et les pays occidentaux se sont tournés depuis longtemps vers les monarchies du Golfe pour financer leurs actions dans le monde musulman et au-delà. Quelques fois, le financement a été direct, comme l'aide financière et matérielle que le Qatar a apportée aux rebelles libyens en 2011. D'autres fois, cela a été des subventions indirectes à des groupes, comme les moudjahidin afghans qui combattaient les Soviétiques, et avec lesquels l'Ouest ne voulait pas trop être associé publiquement. M. Fabius a dit que les donateurs se réuniraient vers la fin janvier à Addis-Abeba, pour financer une campagne africaine contre al-Qaïda. Il a déclaré : « Tout le monde doit s'engager à combattre le terrorisme. Nous sommes assez confiants que les Emirats iront aussi dans cette direction ». Les relations entre les Etats-Unis et leurs alliés européens, d'une part, et les monarchies absolues du Golfe, de l'autre, ont été très contradictoires depuis que le Printemps Arabe a commencé, il y a deux ans. L'Ouest a décrit les rois et les émirs du Golfe, qui dirigent quelques-uns des Etats les moins démocratiques du monde, comme des alliés naturels pour promouvoir et financer les révolutions démocratiques en Libye et en Syrie. Une contradiction supplémentaire est que l'Arabie Saoudite et ses dirigeants sunnites ont encouragé les salafistes dans tout le monde musulman - des militants fondamentalistes défendant une interprétation littérale du Coran - en payant pour leurs écoles et leurs mosquées. Tandis que la plupart des salafistes sont non-violents, leur idéologie est similaire à celle d'al-Qaïda. La Libye de Mouammar Kadhafi était un donateur et un investisseur important en Afrique sub-saharienne et il est peu probable que les Arabes du Golfe soient prêts à dépenser autant d'argent. Même les rebelles syriens disent que les fonds qu'ils reçoivent arrivent épisodiquement et qu'ils sont inadéquats, conduisant au pillage généralisé par les chefs rebelles. Tandis que la France justifie son intervention au Mali en affirmant que celle-ci fait partie de la « guerre contre la terreur », son action pourrait provoquer plus de troubles dans cette région. Chose intéressante, un groupe rebelle au Nord, le MNLA séparatiste qui veut une patrie pour les Touaregs au Nord du Mali, aurait soutenu l'intervention française.
Patrick Cockburn
The Independent,
16 janvier 2013
Titre original : As long as the cash rolls in, the West appears untroubled by Gulf monarchies' ideology
Traduction : JFG-QuestionsCritiques
Correspondance Polémia – 21/01/2013
D’après l’entourage de Manuel Valls, ministre de l’Intérieur, qui confirme une information du quotidien Libération, la France aurait expulsé, en 2012, 36.822 étrangers en situation irrégulière. Un record, selon cette source qui déclare que « 36.822 sans-papiers ont été expulsés en 2012 contre 32.912 en 2011, soit une hausse de 11,9% », avant d’expliquer que les deux premiers mois de l’année « furent sans précédent ».
S’agit-il d’une manœuvre pour rassurer les français ? Qu’importe d’ailleurs le détail des chiffres, que l’on manipule somme toute sans trop de difficultés en jouant sur différents paramètres. Car l’immigration de masse et de substitution est bien le fait de ces gens là qui nous assurent aujourd’hui lutter contre la clandestinité.
Comment peuvent-ils prétendre réguler l’immigration, quand les accords de Schengen accordent à tous les étrangers présents sur le sol européen le droit de circuler dans n’importe quel pays de l’Union européenne ? Les socialistes ont-ils oublié qu’ils ont fait voter le dernier traité européen qui affirme la suprématie du droit européen sur le droit national, ôtant à la France la maîtrise de son propre territoire ? Comment seraient-ils crédibles dans leur lutte contre l’immigration clandestine lorsqu’ils ont contribué à l’effacement des frontières, voyant dans l’émancipation à toute sorte d’attache un facteur du Progrès ? Lorsqu’ils promeuvent sous couvert de cette même idéologie le dépassement de toutes les structures d’appartenance et d’enracinement ? Lorsqu’ils chantent sur tous les tons les louanges de la « diversité« , criant que l’immigration est une chance pour la France ?
Ils peuvent bien tordre les chiffres dans tous les sens qu’ils veulent : leur double discours les discrédite complètement. Le fait est que dans la réalité, le français qui prend le métro ne s’y est pas senti pas davantage chez lui en 2012 qu’en 2011…
Je reviens sur l’imposante manifestation du 13 janvier à Paris (photo) contre le « mariage » des homosexuels, sans homophobie (1). Un succès ! Une énorme foule française « de souche » avec ses enfants. Une foule comme l’occasion n’est plus donnée d’en voir.
Toutes les informations disponibles nous ont appris que l’épiscopat français avait été en partie à l’origine de ce mouvement de protestation. Depuis longtemps, pour reprendre pied dans une société qui lui devenait toujours plus indifférente, l’Église a fait de la famille et du mariage le thème majeur de ses efforts. Elle est ainsi en accord avec sa constante morale individuelle.
Faisant du mariage un sacrement, elle a toujours condamné le divorce, même quand celui-ci est préférable à l’enfer des haines au sein des couples désunis, dont les enfants sont les premières victimes. De cette opposition au divorce elle a même fait jadis un instrument politique pour affirmer son pouvoir sur les empereurs, rois et princes du temps passé, mariés le plus souvent pour des raisons sans rapport avec l’amour mutuel. Il lui est d’ailleurs arrivé de payer le prix de cette politique. On songe bien entendu au schisme anglican provoqué en 1533 par la condamnation du divorce du roi d’Angleterre Henri VIII (2).
Plus que la lignée qui a toujours suscité sa méfiance dans la mesure où la chaine des générations échappe à son intervention, le mariage et, par amplification, la famille « nucléaire » (le couple et ses enfants) ont toujours fait l’objet de l’attention de l’Église. C’est en effet dans le mariage (et uniquement dans celui-ci) qu’elle tolère l’amour sensuel entre un homme et une femme, sinon condamné. Religion de l’individu et non de la communauté, le christianisme était dans sa logique en se focalisant sur le mariage.
Le projet de « mariage pour tous » a permis à l’Église de reprendre pied dans le débat public alors qu’un certain nombre d’affaires d’homosexualité et de pédophilie avaient éclaboussé une institution imposant le célibat des prêtres et des religieux.
Sur cette opposition du « mariage pour tous », l’Église s’est trouvée en accord avec les deux autres grandes religions monothéistes issues de la tradition biblique, le judaïsme et l’islam (lequel favorise la polygamie). On a donc vu les représentants de ces trois religions exprimer ensemble au président Hollande leur opposition commune au projet de loi socialiste. Et lors de la manifestation du 13 janvier, quelques banderoles en langue arabe rappelaient l’opposition des « musulmans de France » au mariage homosexuel.
Tout cela est fort bien, mais on se demande pourquoi l’Église n’a jamais engagé son influence toujours grande dans le rejet de l’immigration de peuplement extra-européenne, enjeu pour l’avenir autrement plus grave et lourd de conséquences que les lubies et revendications de la petite minorité homosexuelle ?
On connaît la réponse. Sur la question de l’immigration, contrairement à celle du mariage, l’Église n’a rien à objecter. Bien au contraire, elle prêche le devoir d’accueil de l’Autre. Un « Autre », fut-il musulman, qui présente l’avantage de se référer à l’interprétation biblique de la transcendance (l’au-delà) face à l’immanence implicite d’une société européenne largement déchristianisée. Ce que soulignait encore récemment l’estimable pape Benoît XVI dans sa célébration du cinquantième anniversaire du concile Vatican II : « Nous apparaissons fatigués, faibles dans notre conviction de la Vérité qui sauve… (3) »
Je suppose que pour Marine Le Pen, qui a fait du refus de l’immigration une priorité, cette réalité a pesé dans sa décision de s’abstenir de participer personnellement à la manifestions du 13 janvier. On ne peut oublier que la présidente du FN a choisi de s’adresser à tous les Français « de souche », quelles que soient leurs convictions religieuses. Sa décision lui évitait de se prêter à une opération médiatique qui pouvait l’éloigner de son électorat laïque.
Dominique Venner
Notes
Source : le site internet de Dominique Venner.
Crédit photo : DR.http://fr.novopress.info/
Selon les derniers chiffres de l’INSEE, en Seine-Saint-Denis (93), un enfant (de moins d’un an) sur deux est né d’une mère immigrée. L’écrivain Renaud Camus dénonce une substitution de civilisation nauséabonde.

En Seine-Saint-Denis, un enfant sur deux nait d’une mère immigré. Quel enseignement peut-on en tirer ?
Ces chiffres ne sont pas surprenants et constituent l’essence même de mon propos depuis plusieurs années. Nous avons récemment appris que les Anglais de souche n’étaient plus majoritaires à Londres, phénomène qui devrait s’étendre à tout le pays d’ici quelque temps. Notre société assiste au « grand remplacement » d’une culture par une autre. Il est nécessaire que nous refusions cette substitution de civilisation.
En 1996, l’Américain Samuel Huntington évoquait justement ce choc des civilisations et ses dangers (The Clash of Civilizations and the Remaking of World Order). Ses détracteurs lui reprochaient d’omettre le possible métissage des cultures. Peut-on s’enrichir du multiculturalisme actuel ? [...]
Renaud Camus - La suite sur Boulevard Voltaire
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Photo publié sur le site «Soleil d'Algérie»
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(*) Si, en 2004, pour «Paris-Match», V. Trierweiller avait établi un portrait de «l'homme normal», c'est le récit de Kader Arif qui rapporte que, le 08.12.2010 à Alger, sortant d'une visite de la basilique Notre-Dame-d'Afrique, Hollande a lâché spontanément aux quelques journalistes présents : « Le temps d'un président normal est venu… »