
Lors de ses vœux à la presse, le chef de l’État avait longuement défendu la liberté de la presse et la liberté d’expression, y compris « la liberté de blasphème ». On va pouvoir en mesurer in vivo la réalité pour Mila, fille de 16 ans et lesbienne revendiquée, yeux bleus et cheveux assortis, qui a la fâcheuse habitude d’étaler ses états d’âme sur Instagram. Draguée lourdement par un garçon sur ce réseau, elle répond vertement, reçoit en retour une bordée d’injures (homophobes, notamment) de la part de jeunes… « pas très catholiques », pour le dire simplement, alors elle explose : « Je déteste la religion, le Coran est une religion de haine […] L’islam, c’est de la m… […] Votre Dieu je lui mets un doigt dans le trou du cul, merci au revoir. »



Notre pays collectionne les contradictions mortelles. Parmi celles-ci, il y a l’incroyable rencontre du multiculturalisme et de la pensée unique. La tradition cohérente de la France reposait sur l’idée inverse : la France a bien, contrairement à l’une des sottises proférées par Macron, une culture, un mode de pensée largement dominant et qui consiste à « cultiver » l’esprit critique, la souplesse intellectuelle autant que la raison, en évitant les fanatismes et les systèmes
Les trois formes de périls islamo-terroristes évoquées dans notre précédente chronique[1] ne se séparent qu’en apparence. Toutes trois menacent, en effet, sinon d’une manière parfaitement égale, du moins d’une façon très actuelle et très convergente la France et l’Europe. Elles se manifestent sur les terrains sociologique, militaire et géostratégique : montée d’une violence intérieure intrinsèque et préoccupante ; affrontement direct en Afrique sahélienne avec les émules locales des réseaux internationaux ; confrontation en Méditerranée orientale avec un islamisme qui s’affirme et cherche à s’organiser en tant que puissance globale.



Hasard du calendrier ou non, alors que des centaines voire quelques milliers de Français commémoraient l’exécution de Louis XVI, d’autres perpétuaient la tradition des coupeurs de tête idéologiques. A Sciences Po Lille, une conférence incluant Geoffroy Lejeune et Charles Consigny, respectivement directeur de la rédaction de Valeurs actuelles et ancien chroniqueur à l’émission « On n’est pas couché » a été tout bonnement annulée sous la pression d’activistes. En cause, le fait que Geoffroy Lejeune dirige Valeurs actuelles, un média qualifié par eux de nauséabond et le fait que Consigny soit réputé de droite et libéral. Une curieuse conception du débat qui hélas ne surprend plus. On ne dénombre plus les annulations, agressions et happenings qui rythment la vie de nos universités. Universités qui deviennent des pépinières à Fouquier-Tinville et à Carier. Universités qui jettent insoumis et esprits libres dans la Loire.