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culture et histoire - Page 2013

  • Discours de François Hollande à Alger : la France triplement condamnée !

    Communiqué de Marine Le Pen, Présidente du Front National

    Le discours de François Hollande à Alger pose les bases d’un avenir extrêmement malsain entre la France et l’Algérie.

    Il condamne triplement notre pays, l’abaissant encore un peu plus sur la voie de la repentance d’abord, de l’immigration massive ensuite et des délocalisations enfin.

    Si François Hollande se défend de tomber dans la repentance, c’était pourtant l’exacte tonalité de son discours, un discours qui a revisité l’histoire dans le sens d’une violente charge contre la France. Rien sur les aspects positifs de la colonisation, rien non plus sur les crimes algériens contre les harkis, mais une nouvelle dépréciation systématique de notre pays, de notre histoire et de notre peuple.

    Parce que nous nous montrons faibles face au pouvoir algérien, les prochaines revendications ne tarderont pas, et très vite il sera demandé à la France des excuses officielles. La France doit au contraire se tourner vers l’avenir et regarder avec lucidité mais fierté son passé.

    En matière d’immigration, François Hollande veut encore accélérer la course aux visas, alors que 200 000 sont déjà accordés chaque année par l’ambassade de France à Alger !

    NPI

  • L’Atlantide dont les archéologues français ne veulent pas

    Alors que l'Université s'efforce de maintenir nos "humanités", une nouvelle archéologie, dite scientifique, va jusqu'à prétendre réécrire l'histoire des origines d'après l'enseignement qu'elle croit tirer des fouilles faites sur le terrain.

    C'est ainsi qu'en Palestine, l'archéologue Israël Finkelstein a réussi, avec un certain succès, à convaincre une partie de la communauté scientifique que les textes du Pentateuque avaient été écrits bien après les événements qu'ils relatent, sur la foi de légendes transmises oralement de génération en génération et que, par conséquent, il ne sont pas fiables.

    C'est ainsi qu'en France, bien que toujours dans l'ombre de Christian Goudineau, ancien professeur titulaire de la chaire des Antiquités Nationales, MM. Vincent Guichard et Matthieu Poux imposent leurs nouvelles vues à l'archéologie française, le premier au mont Beuvray, considéré à tort, selon moi, comme le site de Bibracte, le second à Corent où il voudrait voir, également à tort, le site de Gergovie.

    Partant du principe que les constructions maçonnées en pierre n'ont pu apparaître en Gaule que par une influence romaine, ils en arrivent à imaginer une "civilisation des oppida, véritables cités de terre et de bois". Ils oublient que César a dû construire une rampe d'accès de presque 23 mètres de haut contre les tours et les murailles d'Avaricum dont les murs de pierres étaient maçonnés, évidemment au mortier de chaux (coagmentis). Ils décrètent que la capitale/forteresse/ville du mont Lassois, récemment mise au jour, est un accident qui n'a pas eu de suite, que les ruines du village d'Alésia sont gallo-romaines et qu'il en est ainsi pour toutes les mises au jour de constructions en pierre. 

    On comprend, dans ces conditions, pourquoi ces archéologues sont très irrités par ma proposition de situer au Crest, dans les montagnes d'Auvergne, le site très fortifié qui a inspiré le texte de Platon sur l'Atlantide. Car, au-delà du mythe, cela indique que le philosophe voyait dans la capitale des Arvernes une fondation de Poséidon et donc, qu'il lui donnait une origine aussi illustre que celle d'Athènes, mais de nature différente.

    Je viens de lire le livre de M. Bernard Sergent "l'Atlantide et la mythologie grecque". Agrégé d'histoire, docteur en histoire ancienne et archéologie, l'auteur est chercheur au CNRS et président de la Société de mythologie française. Il explique comment Platon aurait construit le mythe de l'Atlantide en s'inspirant de mythes grecs qui se sont forgés dans un milieu entièrement grec. Pour ma part, je nuancerais un peu le propos en précisant : "dans le milieu de la mer Egée" pour qu'on n'oublie pas la primauté, dans le temps, du dieu phénicien/tyrien de la mer, Yam, que les Grecs ont, semble-t-il, rebaptisé du nom de Poséidon.

    S'il est admis, en effet, que tout a commencé à Sumer, ce n'est que vers le X ème siècle que l'écriture apparaît sur les rives orientales de la Méditerranée dans l'inscription du tombeau d'Ahiram, roi de Byblos. L'écriture n'arrivera en Grèce que plus tard.

    De même, selon la Bible, c'est au X ème siècle, à Tyr, que le roi Hiram fit fabriquer des objets en bronze pour le temple de Salomon, notamment une grande cuve reposant sur douze taureaux et richement ornée. Or, les cratères, vases, hydries ou autres objets décoratifs en bronze de cette qualité n’apparaissent dans le monde grec que beaucoup plus tard. A Gergovie (ma thèse), le cratère de Vix, avec la représentation de la Gorgone - à gauche - ne daterait que du VI ème siècle (avant J.C.).

    Autre élément de preuve de l'antériorité phénicienne : l'émigration phénicienne partie du port de Tyr et des rivages du pays de Canaan - ceux qui apportent la pourpre - qui a touché, en premier, notre pays.

    Pour M. Sergent, il n'y aurait pas de terre Atlantide, ni enfouie, ni cachée. Evidemment, cela ne fait pas l'affaire de ceux qui espèrent, un jour, voir surgir de l'océan la cité engloutie de leurs rêves. Et ces irréductibles sont de plus en plus nombreux, au fur et à mesure que l'ésotérisme progresse au dépens des humanités qui servaient jadis de références à la pensée raisonnable. Mais pour les gens sérieux, il y a, dans le texte de Platon, tout un univers ancien qui ne demande qu'à être mieux compris.
     
    Ce que je regrette, je ne le reproche pas à l'auteur, mais à la communauté archéologique française qui n'a cessé, et ne cesse encore, de rabaisser notre histoire antique pour valoriser, par comparaison, celle de la colonisation romaine, et cela, avec l'approbation du ministère de la Culture, ce qui est un scandale.
     
    Il s'agit là d'une erreur tragique qui oblige intellectuellement M. Sergent à considérer notre pays comme une terra "ignota et inculta" et, de ce fait, à repousser dans un Occident lointain mal défini toute une partie du texte de Platon... Et pourtant. 
     
    L'énigme d'Erutheia.
     
    Une énigme ? Pas vraiment ! Hérodote et d'autres auteurs la désignent comme une île de l'océan, au-delà des colonnes d'Héraklès. Ils lui donnent le nom de Gadeira. C'est le nom attesté de l'actuelle Cadix. C'est ici, ou plutôt dans l'arrière-pays, qu'Héraklès/Melqart aurait volé les boeufs de Géryon. Cette action ne peut se comprendre, à mon sens, que si elle est en rapport avec une expédition militaire menée dans le cadre d'opérations de type reconnaissance ou colonial ; autrement dit, la légende pourrait rappeler la colonisation phénicienne qui semble avoir connu son apogée en 814 avec la fondation de Carthage. Ensuite, poursuivant son périple, Héraklès aurait fondé une Alésia que j'identifie à Nuerax/Bibracte/Mont-Saint-Vincent, en Bourgogne du sud. Mais auparavant, d'après Tite-Live, il était passé en Italie, avant que la ville de Rome soit fondée. Il faudrait donc comprendre que le processus de colonisation s'est accentué et développé après la fondation de Carthage, ce qui me paraît assez logique (et peut-être même dès après la guerre de Troie pour des contingents limités).
     
    Dès lors que Gadire s'inscrit, et dans l'histoire, et dans le paysage géographique, force est de constater que Platon en tient compte puisqu'il donne au fils puiné de Poséidon cette dite île de Gadir, et par extension l'Espagne. En toute logique, la province royale voisine qu'il remet à son premier-né, Atlas, ne peut être que Gergovie en tant que capitale, et la future Gaule en tant que territoire... une future Gaule à laquelle il donne, toujours très logiquement, le nom d'Atlantide.
     
    Le procès qu'on me fait pour ma proposition d'une Atlantide qui n'est pas vraiment une île est absurde. Il est clair que, dans la rédaction de ses mythes, Platon n'a jamais cherché à donner une représentation géographique exacte, bien au contraire. D'une part, cela lui aurait été bien difficile pour la Galatie/Gaule alors qu'apparemment, aucun explorateur n'avait parcouru les frontières du Rhin. D'autre part, cela aurait complètement dévalorisé son récit auprès de ses lecteurs qui, depuis l'Odyssée, avaient pris l'habitude de projeter leurs fantasmes dans un univers d'îles lointaines aux extrémités de l'Occident.
     
    Ceci pour dire que Platon ne pouvait situer, poétiquement, son Atlantide que dans une île ou un semblant d'île, de même qu'il n'a pas hésité à forcer le trait pour décrire à ses contemporains une Grèce ancienne aux terres fertiles et bien gérées, ce qui est encore plus difficile à croire. Enfin, il me semble, qu'au lieu d'imaginer une Atlantide du côté des Amériques auxquelles même Christophe Collomb ne croyait pas, il serait bien plus intéressant d'essayer de comprendre ce qui, dans notre pays, a bien pu faire fantasmer les anciens Grecs.
     
    Le jardin des Hespérides.
     
    Comme le montre le char d'apparat du musée de New York, si la tête de lion représentée sur le bouclier identifie une Bibracte combattante, la tête de la Gorgone, ou de Méduse, désigne incontestablement la Gergovie arverne (Gorgona devenue Gergovia). Il n'y a pas d'autre lecture possible. Plus la tête de Méduse était affreuse, plus elle pouvait terrifier l'adversaire. Quant au fait de tirer la langue - signe de défi lancé à l'adversaire ou à la mort, Tite Live l'a noté pour un chef gaulois. Il faut croire que l'image était efficace puisqu'Athéna, elle-même, l'avait portée sur son bouclier, mais il peut y avoir une autre raison. Enfin, si l'on tient compte du cratère de Vix à décor de Gorgones qui ne peut avoir été fabriqué qu'en pays arverne, il ne fait aucun doute que, pour les Grecs, Gergovie était bien le pays de Méduse et des Gorgones.
     
    Citation : Les Gorgones qui habitent par delà l'illustre Océan, vers l'empire de la Nuit, dans ces lointaines contrées, où demeurent les Hespérides à la voix sonore... Méduse était mortelle... Poséidon aux noirs cheveux s'unit avec elle dans une molle prairie, sur une couche de fleurs printanières. Lorsque Persée lui eut tranché la tête, on vit naître d'elle le grand Chrysaor et le cheval Pégase... Persée, quittant une terre fertile en beaux fruits, s'envola vers le séjour des Immortels... Chrysaor, uni à Callirhoë, fille de l'illustre Océan, engendra Géryon aux trois têtes (Hésiode, site de M. Remacle, traduction A. Bignan).
     
    Comme je l'ai indiqué dans mon précédent article, le simulacre de la décapitation de la Méduse a donc bien eu lieu à Gergovie. Persée de Thèbes, en Béotie, y serait donc venu dans les années 520/660 (?) http://www.agoravox.fr/ecrire/?exec... ; le dessin de la salamandre qui figure sur le pithos en est la preuve irréfutable.
     
    Tout cela s'accorde, en toute logique, avec le texte de Platon. Gergovie, capitale des Atlantes et de la Galatie/Gaule, province royale, et Gadera, capitale de la future Espagne/Hispanie, province gadirique, sont issues d'une même culture phénicienne. Cette culture les rapproche comme les liens de sang rapprochent deux frères. Et il faut remarquer que ces deux cités phéniciennes ont exprimé leurs croyances druidiques dans des sculptures de chapiteaux à la différence de la Grèce qui n'y mettait principalement que du feuillage. Enfin, bien que jumeaux, Gergovie, né en premier, avait toutefois la prééminence.
     
    Plus difficile à dater est la légende d'Héraklès, un héros que, manifestement, les Grecs ont emprunté au Melqart phénicien. Mais ce qui ne fait pas de doute, c'est que certains de ces mythes nous conduisent indiscutablement en Auvergne. Gorgones, Méduse, Atlas, les Hespérides, le jardin aux pommes d'or, oui, nous sommes bien au pays des montagnes auvergnates et des volcans aujourd'hui éteints. C'est là que vivait Atlas, le géant qui soutenait l'une des colonnes sur laquelle prenait appui la voûte du ciel.http://www.agoravox.fr/tribune-libr...
     
    Citation : Lorsqu'Héraklès fut arrivé vers Atlas, dans le pays des Hyperboréens, Prométhée lui conseilla de ne pas aller lui-même chercher les pommes, mais de prendre la place d'Atlas, et de l'envoyer les cueillir. Hercule suivit son conseil, et prit le ciel sur ses épaules : Atlas ayant cueilli trois pommes dans le jardin des Hespérides, revint vers lui, mais ne voulut plus reprendre le Ciel et dit qu'il irait lui-même porter les pommes à Eurysthée. Hercule alors, par le conseil de Prométhée, pria Atlas de le reprendre seulement jusqu'à ce qu'il eut fait un coussin pour mettre sur sa tête. Atlas y ayant consenti, posa les pommes à terre, et reprit le ciel ; alors Hercule s'empara des pommes et s'en alla. D'autres disent que ce ne fut pas Atlas qui les lui donna, mais qu'il les cueillit lui-même dans le jardin des Hespérides, après avoir tué le serpent qui les gardait. Il les porta à Eurysthée qui lui en fît présent ; Hercule les donna à Minerve qui les reporta dans le jardin, car il n'était pas permis qu'elles fussent placées ailleurs.(Apollodore, biblio II, site de M. Remacle, traduction E.Clavier). Dans cette version, c'est le serpent qui garde les fruits, dans une autre version, c'est un dragon. Est-ce le plateau de la Serre dans lequel les Arvernes voyaient un serpent, ou même une sorte de dragon ? Dans mon montage ci-dessus, j'ai voulu montrer comment les Arvernes s'imaginaient, qu'un jour, le dragon de leurs sculptures allait se réveiller de la montagne de la Serre. Ci-dessus, au Puy-en-Velay, Atlas soutient la voûte du ciel de la voûte d'entrée. En dessous, terres cuites décorées inspirées des chapiteaux de Gergovie.
     
    Atlas donna à Hercule non seulement ce qu'il était venu chercher, mais encore il l'initia dans l'astronomie. Atlas avait bien approfondi cette science, et il avait construit avec art une sphère céleste ; c'est pourquoi on le supposait portant le monde sur ses épaules. Comme Hercule apporta le premier en Grèce la science de la sphère, il en retira une grande gloire ; c'est ce qui fit dire aux hommes, allégoriquement, qu'il avait reçu d'Atlas le fardeau du monde.(Diodore de Sicile IV, site de M. Remacle, traduction de l'abbé Terrasson).
    Bref, tous ces mythes montrent bien l'intérêt qu'avait Platon à situer son Atlantide dans nos terres.
    Et je pourrais ajouter le mythe des géants, celui des titans et, peut-être, d'autres encore... http://www.agoravox.fr/tribune-libr... Dans ces temps de disette, je ne comprends pas la position du ministère de la Culture et de ses services. Et pourtant, il faudra bien, un jour, se décider à montrer comment Gergovie a fait rayonner sur le monde une culture que, jusqu'à maintenant, on a attribuée à d'autres... Dieu est là, dans le vent qui se lève à la surface du lac. Ouvrez les yeux et vous le verrez dans les tourbillons de feuilles que le vent soulève. Voyez ses yeux, son nez, ses oreilles et ses cornes en feuilles de chêne...
    Mais revenons à nos moutons pour expliquer, une fois de plus, pourquoi il faut situer l'Atlantide en grande partie imaginaire de Platon dans notre vieux pays.
     
     
    Je propose l'interprétation suivante du texte de Platon.
     
    Je propose d'interpréter le passage qui suit en essayant de raisonner dans l'esprit de Platon mais en identifiant à priori son île Atlantide à la Gaule. Pour la commodité de l'exposé, je conserverai ce nom de Gaule bien qu'il n'existait pas encore à cette époque. La traduction - en gras - est de M. Luc Brisson. Mes annotations sont indiquées en italiques.
     
    C'est que, en ce temps-là (de même que la Grèce ancienne est géographiquement différente de la Grèce actuelle, de même en ce qui concerne l'île Atlantide qui a précédé géographiquement la Gaule. A noter que les capitales ne changent pas d'emplacement), on pouvait traverser cette mer lointaine (c'est-à-dire, longer les côtes ouest de la Gaule, comme le fera Pythéas). Une île s'y trouvait en effet (pouvant faciliter une traversée par cabotage) devant le détroit (la Gaule, facade ouest). Cette île était plus étendue que la Libye et l'Asie prises ensemble (plus tard, la carte de Peutinger donnera encore à la Gaule une étendue démesurée). A partir de cette île, les navigateurs de l'époque pouvaient atteindre les autres îles (Angleterre, Irlande ?), et de ces îles, ils pouvaient passer sur tout le continent situé en face, le continent qui entoure complètement cet océan, qui est le véritable océan (au temps de Platon, on pensait que le monde habité par les hommes était entouré de cet océan, lequel était entouré lui-même par un véritable continent mais différent du nôtre).
    Car tout ce qui se trouve de ce côté-ci du détroit dont nous parlons, ressemble à un port au goulet resserré (il s'agit des côtes méditerranéennes qui sont à l'image d'une grande rade qui s'ouvre sur Marseille. Le goulet resserré s'explique par cette particularité qu'on ne pouvait y accéder que par un canal étroit, en raison des bancs qui en gênaient l'accès) ;
     
    De l'autre côté, c'est réellement la mer (l'océan), et la terre qui entoure cette mer, c'est elle qui mérite véritablement de porter le nom de "continent" (Par contraste avec ce véritable continent précité, la Gaule ne mérite de n'être désignée que par le mot "île").
     
    Or, dans cette île, l'Atlantide, s'était constitué un empire vaste et merveilleux, que gouvernaient des rois dont le pouvoir s'étendait non seulement sur cette île toute entière, mais aussi sur beaucoup d'autres îles et sur des parties du continent (Dans ce cas, il faudrait faire passer le fleuve océan par la Manche et considérer nos amis anglais comme appartenant à un autre monde). En outre, de ce côté-ci du détroit, ils régnaient encore sur la Libye (l'Afrique du Nord) jusqu'à l'Egypte (l'Asie Mineure), et sur l'Europe jusqu'à la Tyrrhénie (l'Etrurie, Italie occidentale). 
     
    Conclusion : Gaule côté ouest du détroit + Gaule côté est ->Gaule tout court.
     
    Etonnant, ce texte de Platon qui nous oblige à réécrire notre histoire. On savait que les Gaulois s'étaient très impliqués dans les guerres puniques qui ont suivi. On savait même que des chefs gaulois commandaient des troupes à Carthage même, mais jamais on ne pouvait penser que c'est Gergovie qui commandait à la cité carthaginoise. De même, on savait que les Gaulois/Galates s'étaient portés jusqu'en Asie Mineure contre le royaume de Pergame au II ème siècle avant J.C., mais on ne pensait pas qu'ils s'y trouvaient déjà au temps de Platon. Quant à l'Etrurie, j'y trouve une confirmation pour dire, ce que j'ai déjà souvent dit, à savoir que ce ne sont pas les Etrusques qui ont apporté leur culture à la Gaule mais le contraire, par Gergovie et ses alliés.
     
    Je remercie M. Luc Brisson pour les précisions qu'il m'a données concernant sa traduction du texte de Platon.
    Références : Platon, oeuvres complètes, nouvelle traduction de M. Luc Brisson, 2008 et 2011.
    L'Atlantide et la mythologie grecque de M. Pierre Sergent, 2006.
    Histoire de Gergovie de E. Mourey, pseudonyme Jean, 1993.
    Cratère de Vix : photo INRAP http://archeologie-vin.inrap.fr/Arc...
    Le monde selon le Critias et et le Timée : Luc Brisson et Guillaume Duprat.
    Croquis et photos : E. Mourey
  • Entretien avec Michel Drac - Enjeux géopolitiques pour l'avenir

    Michel Drac analyse les principales tendances géopolitiques pour les prochaines années : l'impasse politique de la zone Euro, la montée en puissance de la Chine et de la Russie, et le nécessaire redressement industriel des Etats-Unis.
    Il nous expose également les problématiques énergétiques à venir, et les solutions possibles pour s'en émanciper.

    Source: http://www.avantgardeeconomique.fr/

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  • Entretien avec Etienne Chouard : le pouvoir antisocial de l'argent

  • Entretien avec Marion Sigaut - Les Lumières et l'essor du capitalisme

     Entretien avec Marion Sigaut - Les Lumières et l'essor du capitalisme

    Marion Sigaut, historienne, nous explique comment le mouvement des Lumières a activement promu le capitalisme montant et attaqué frontalement les protecteurs du peuple : l'Eglise Catholique et la royauté.
    Une occasion également pour faire le lien avec le contexte politique et économique actuel.

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  • Bienheureux Jerzy Popieluszko : « Mon cri était celui de ma patrie ! »

    Jerzy Popieluszko n'est pas seulement un martyr. C'est le symbole du combat de l’Église catholique contre le totalitarisme. Il y avait près de 300 000 personnes à Varsovie le 8 juin dernier pour sa béatification par le cardinal Amato. Il y avait aussi sa maman, Marianna, et son ami Lech Walesa, le fondateur du syndicat Solidarnosc.
    Quand on entre dans une église en Pologne, on trouve en général, accueillant le visiteur à la porte, un portrait du père Jerzy Popieluszko et une photo du père Maximilien Kolbe. Ce dernier a été assassiné par les nazis en 1941. Popieluszko, lui, ce sont les communistes qui l'ont torturé et tué en 1984. Tous deux expriment l'âme de la Pologne catholique et antitotalitaire.
    Jerzy Popieluszko (1947-1984) est né à Okopy, petit village du nord-est de la Pologne dans une famille modeste de paysans. Parcours classique : enfant de chœur dans son village, il fait ses classes au lycée de Suchowola ; dès ses 18 ans, il entre au séminaire de Varsovie. Il sera ordonné prêtre en 1972. Détail prémonitoire : les images distribuées lors de sa première messe comportent la devise suivante : « Dieu m'envoie, pour prêcher l'Évangile et panser les plaies des cœurs blessés ».
    C'est en août 1980 que le Cardinal Wyszynski, lui a demandé d'être l'aumônier des aciéries de la capitale. Pas d'autre solution pour ce jeune abbé plein de zèle que de se poser en ardent défenseur de l'idéal du nouveau Syndicat Solidarnosc. Lequel est issu des célèbres accords de Gdansk qui, le 31 août 1980, l'ont imposé aux caciques du communisme polonais, Jaruzelski et les autres, comme un syndicat chrétien, libre. Conformément à ses nouvelles fonctions, à 10h00, chaque dimanche, le Père célèbre la sainte messe pour les ouvriers  de Gdansk. Il s'entretient régulièrement avec les animateurs du Syndicat qui deviennent ses amis. Il essaie de les former, en leur offrant des cours sur l'histoire de la Pologne, la littérature et la doctrine sociale de l'Église. Il n'hésite pas à leur proposer un apprentissage de la dynamique de groupe et de l'art de la négociation. Las ... Le 13 décembre 1981, poussé dans ses retranchements, le général Jaruzelski décrète l'état de siège. Le syndicat Solidarité est mis brutalement hors-la-loi. Qu'importe ! Le Père Popieluszko entend bien continuer son ministère auprès de ses animateurs. Alors, tous les mois, depuis cette date fatidique, il célèbre une « messe pour la patrie » dans la paroisse où il a été affecté, Saint-Stanislas-Kotska, en banlieue de Varsovie. Des milliers de personnes viennent entendre sa voix chaude. On se souvient encore de ses vibrantes homélies pour la justice sociale et le respect de la liberté et de la dignité de l'homme. Le texte de ses allocutions courageuses était enregistré par de nombreux militants sociaux-chrétiens de Solidarnosc. et diffusé par cassettes à travers toute la Pologne. Autant dire que le jeune prêtre était considéré comme un dangereux agitateur par les séides d'un régime à bout de souffle et qui commence à éprouver sa propre fragilité. Les événements se précipitent rapidement. À l'automne 1983, une liste de 69 « prêtres extrémistes » a été établie par le gouvernement du Général Jaruzelski et remise au cardinal Glemp, successeur de l'intrépide Mgr Wyszynski. Prière était faite au nouveau Primat de Pologne de faire taire ces gêneurs ensoutanés. Le Père Popieluszko figurait en bonne place sur cette liste, en compagnie, il est vrai, de deux évêques. MgrTokarczuk et Mgr Kraszewski, auxiliaire de Varsovie, et du confesseur de Lech Walesa, l'ineffable Père Jankowski.
    Les 12 et 13 décembre 1983, l'Abbé Popieluszko subit deux jours de garde à vue. La police prétendait avoir découvert chez lui des armes et des explosifs, ainsi que des tracts du Syndicat interdit. La nuit suivant sa garde à vue, il échappe de justesse à un attentat, une grenade ayant explosé dans son vestibule après qu'un inconnu eut sonné à sa porte. Accusé d'« abus de sacerdoce », le jeune prêtre fut convoqué treize fois par la milice, durant les quatre premiers mois de l'année 1984. Il ne bougea pas d'un iota. Ses prêches étaient toujours repris sur des radios libres, émettant depuis l'extérieur de la Pologne. Le porte-parole du gouvernement communiste, Jerzy Urban, aujourd'hui reconverti dans la presse pornographique et anticléricale, qualifia Jerzy Popieluszko de « fanatique politique ». Il semblait que rien ne devait arrêter cette parole de liberté. Il faut organiser plus soigneusement l'élimination. Le vendredi 19 octobre à 22 heures, trois officiers de police arrêtèrent la voiture du Père Popieluszko en rase campagne, sous prétexte d'un contrôle d'alcootest. Son chauffeur parvint à s'enfuir, mais le prêtre resta entre leurs mains. À partir de là, on ne sait ce qui s'est passé avec certitude que par l'autopsie qui a été pratiquée sur son corps, retrouvé plus tard dans un lac artificiel formé par le barrage de Wloclawek, sur la Wisla à une centaine de kilomètres au nord de Varsovie. Le 27 octobre, le capitaine Grzegorz Piotrowski, identifié par le chauffeur, déclare : « C'est moi qui l'ai tué, de mes propres mains ». Il y eut procès à Torun contre les trois exécutants. Mais les commanditaires ne furent jamais retrouvés. Est-ce l'État communiste ? Est-ce une fraction dure de la police politique ? On ne le saura jamais. La peine des trois bourreaux condamnés à la perpétuité, fut bientôt réduite. Tous sont déjà sortis de prison. Mais la tombe du père Popieluszko, située à Varsovie près de l'église où il célébrait ses messes pour la patrie, est devenue un lieu de pèlerinage où se sont déjà rendus des millions de personnes qui le vénèrent comme témoin de la résistance morale et spirituelle de tout un peuple.
    Claire Thomas monde et vie. 26 juin 2010 

  • Bernard Moinet

    Ecrivain et conférencier réputé, Bernard Moinet, originaire des Flandres, est d'abord un officier. Reçu à Saint-Cyr en 1945, il a joué un rôle primordial pour le rétablissement de l'Ecole de Coëtquidan. Lieutenant dans les commandos Thaïs en Indochine, il est fait chevalier de la Légion d'Honneur à 25 ans. Après six ans d'Algérie, sept fois cité, deux fois blessé, admissible à l'Ecole de Guerre, il sera le seul officier non général en activité à déposer au procès Salan. Le jour où il apprend la liquidation physique de ses harkis, il quitte l'armée d'active en 1963 et décide de poursuivre le combat par le verbe et par l'écrit. Dans le cadre de la guerre subversive imposée à l'Europe depuis trente ans. En toute liberté, sans appartenance politique, il s'acharne à dénoncer les lourdes responsabilités de sa génération. C'est sur la jeunesse de France qu'il fonde passionnément ses espoirs. C'est à elle qu'il transmet les messages de ceux qui sont tombés. Son tout récent livre, « Vanden », en est l'éclatante illustration.
    NOUS discutions depuis une heure sur ses problèmes familiaux. Mon ami s'approcha et finit par me demander: « Que faire lire à nos enfants ? »
    J'hésite : « Vois-tu, le problème que tu me poses n'est pas seulement étonnant. Il est grave. Je vais y réfléchir et je t'écrirai dans quelques jours ». Ce que je fis...

    Cher ami,
    Un homme, une femme, ne sont-ils pas l'équivalent d'un véritable édifice que l'on bâtit pierre par pierre ? Cathédrales pour les plus grands, les plus doués, les plus chanceux. Simples maisonnettes pour les plus humbles, qui ne seront pas obligatoirement les moins heureux. Dans tous les cas, il s'agit d'une lente et passionnante construction au fil des années...
    Commençons par l'essentiel : les fondations.
    Il nous faut les concevoir très solides, inébranlables, dès le départ.
    Le bon catéchisme traditionnel : il a forgé des générations de chrétiens.
    L'Atlas Bordas, complet et bien commenté, accompagné d'une mappemonde qui rendra la géographie attrayante et concrète. Bonne école pour éviter le repli sur soi et élargir les horizons.

    La Bible d'Anouilh
    L'histoire des Français de Pierre Gaxotte. C'est la meilleure, à mon sens.
    L'histoire des civilisations, des peuples et des mondes (Editions Lidis) les aidera à se situer dans l'histoire de l'humanité. Ils viendront piocher à volonté dans ses sept volumes.
    Venons-en aux murs de soutènement. La Bible traditionnelle, bien sûr. Indispensable, prioritaire.
    Un traité d'apologétique constituera le blindage, face aux pièges et aux contestations de toutes sortes. Celui du Chanoine Texier me semble bon.
    L'Atlas stratégique de Fayard indiquera dans les grandes lignes les mouvements des diverses forces mondiales qui convergent contre l'Occident.
    Par les temps qui courent, il importe de s'amarrer à quelques solides philosophes : Aristote (De l'âme), Pascal (les Pensées), Bossuet (Les sermons de Carême), points d'arrimage nécessaires dans la tempête, Le Traité du Chanoine Colin sur Saint Thomas d'Aquin.
    Passons au salon, centre de réflexion. Réserve-le à Saint-Exupéry : Vol de nuit et Pilote de ligne. A Psichari. Ses Voix qui crient dans le désert : superbe ! Ses autres œuvres s'enfileront, peu à peu. Il faudra passer par Les Caractères de La Bruyère, par Montesquieu : Défense de L'Esprit des lois. Il leur faut lire aussi ce dernier pour découvrir, face à la situation présente, le principe de la séparation des pouvoirs. Enfin, pour les distraire, glisse-leur Fables d'Anouilh : un monument !
    Et la salle à manger ?
    Pour les mettre en appétit, quelques hors-d'œuvre, variés bien sûr : Machiavel (Le Prince), Kipling (Le Livre de la Jungle), Lyautey (Le rôle social de l'officier). Pour les renseigner sur l'adversaire, Les mains sales de Jean-Paul Sartre, et La condition humaine de Malraux : rive gauche oblige !
    Venons-en aux plats de résistance :
    L'étude condensée sur la Révolution de Mgr de Ségur est une référence sûre.
    Enquête sur la Révolution de Bordiau et Les financiers mènent le monde de Coston sont vivement conseillés.
    Après ce lourd menu, le trou normand sera apprécié : une bonne histoire de la colonisation les portera bien au-delà de l'Hexagone et les aspirera vers d'autres missions... Dans la foulée, les écrits du Père de Foucault feront naître en eux le désir de servir la France.
    Et les desserts ? Là, tu peux leur faire confiance; ils sauront les choisir et tu les retrouveras sur l'expression moderne des pensées d'autrefois: les bandes dessinées, les cassettes de tous ordres dont ils sont très friands. Arrange-toi pour laisser à portée de leurs mains quelques disques excellents comme Les poèmes de Fresnes de Brasillach, les Plaidoiries de Tixier-Vignancour... Et puis, laisse libre cours à leurs saines recherches ! Tu les trouveras plongés dans toutes les aventures, de Vasco de Gama à Brazza, de Buffalo Bill à Frison-Roche, en passant par le capitaine d'Anjou et ses légionnaires de Camerone, pour aboutir à Armstrong et aux chercheurs de Silicon Valley. Il faut les ouvrir sur la 3e dimension et la civilisation du millénaire naissant.
    Restera la protection de l'édifice : les haies, l'enclos. C'est la sécurité.

    Lénine et le Prince Eric
    Pour mettre en garde tes enfants, quelques munitions indispensables sont à prévoir. Devant l'état de délabrement de l'Eglise actuelle, ils doivent disposer de l'Eglise occupée de Ploncard d'Assac.
    Face aux menaces plus directes, il est essentiel qu'ils connaissent l'adversaire à travers : Les discours de Lénine, Le Petit Livre Rouge Le Livre Vert, de Khomeiny, quelques Décrets de Convents maçonniques. Et, pourquoi pas, « Le Monde ». Tu leur expliqueras la façon de le lire. Nous en parlions hier. Les médias, le monde et nous, de Hugues Kéraly, sera un bon vaccin contre le matraquage quotidien et la désinformation.
    Enfin, le toit. Je te conseille d'abord l'excellente Histoire de l'armée française de Weygand, Le retournement de Volkoff, J'ai subi le lavage de cerveau de Kravtchenko, Cinq ans prisonnier chez les Viets du Général Richard, La guerre révolutionnaire de Château-Jobert.
    Et, pour les informer sur ces sales guerres d'Indochine et d'Algérie, tu peux, à la limite, leur passer mes bouquins !
    Reste le jardin : les arts, la musique, la peinture, la danse. Laisse-les donc courir librement, mais n'oublie pas Les Signes de piste et, en particulier, Le Prince Eric de Serge Dallens.
    Je m'arrête là. Voilà pour les propositions essentielles. Mais je me rends bien compte qu'une lettre ne saurait suffire.
    En définitive, une bibliothèque, monde un peu gris et froid pour nos enfants, ne serait rien ou presque rien, si nous ne venions pas les secourir avec un peu d'attention, pas mal de temps consenti et beaucoup d'amour.

    J.C L National Hebdo du 7 au 13 avril 1988

  • Jean-Marie Le Pen & Bruno Gollnisch "Quel avenir pour la droite nationale ?"

  • LEAP : 2013, les premiers pas dans un « monde d’après » en plein chaos

    Communiqué public du LEAP (Laboratoire Européen d’Anticipation Politique), 15 décembre 2012

    Sur la péninsule de Rockaway, dans la quartier du Queens à New York, après le passage de l’ouragan Sandy, fin octobre 2012

    La dislocation géopolitique actuelle, largement anticipée par le LEAP depuis février 2009, se traduit par une fragmentation du monde qui va s’accélérer l’année prochaine sur fond de récession mondiale. La fin du leadership des anciennes puissances va provoquer en 2013 un chaos mondial, duquel commence déjà à émerger le monde d’après.

    Ce sera une année sombre pour les États-Unis, perdant leur statut d’unique superpuissance et incapables d’influencer la construction d’une nouvelle gouvernance mondiale. Car, si tous les acteurs cherchent désespérément des solutions pour tirer leur épingle du jeu, seuls les pays et régions qui se sont préparés à affronter ce choc peuvent espérer peser dans l’émergence du monde d’après. Des alliances de toute nature (CELAC, UNASUR, MERCOSUR, ALBA, CAN, ALADI, ALENA, OEA, UA, NEPAD, SADC, COMESA, CEDEAO, UEMOA, CEMAC, Ligue Arabe, UE, AELE, ASEAN, APT, EAC, BRICS, CASSH, Union Eurasienne, etc.) reflètent ainsi ces tentatives ; mais celles-ci sont plus ou moins avancées, plus ou moins homogènes, et résisteront plus ou moins à la tempête qui s’annonce.

    Avec l’Euroland, né de la crise et se renforçant à chaque tempête telle une usine marée motrice, l’Asie et l’Amérique du Sud sont les mieux armées pour sortir gagnants du grand « remaniement » mondial, tandis que les vieilles puissances, comme les États-Unis, le Royaume-Uni, Israël, le Japon, etc…, qui ratent tous les trains de l’adaptation au monde multipolaire de l’après-crise, se retrouvent totalement démunies. Car on assiste à une extraordinaire ouverture du jeu mondial, qui offre de nombreuses opportunités aux acteurs prêts à les saisir. On le voit au Moyen-Orient où les peuples tentent d’en profiter pour modifier la région selon leurs aspirations ; on le voit aussi avec les BRICS bien sûr qui avancent leurs pions face aux puissances déclinantes ; on le voit enfin en Europe à qui chaque nouvel assaut de la crise procure l’énergie pour s’adapter aux défis de demain.

    Puisque la situation économique (récession) et géopolitique (tensions extrêmes au Moyen-Orient, mais aussi en Asie (1), etc.) rend l’année 2013 difficile et très dangereuse, et les dérapages probables, les régions relativement plus stables bénéficieront de cette situation qui les rendra plus attractives. Tout est relatif bien sûr mais la violence du monde en 2013 fera apparaître l’Euroland comme un des rares havres de paix, de stabilité, de confort… et pour les investisseurs comme l’un des rares lieux dans le monde offrant une certaine visibilité sur l’avenir (2). Cette réalité constituera un puissant moteur de sortie de crise pour l’Europe en 2013.

    Un rapprochement de l’Euroland avec les BRICS, autre formation porteuse d’avenir, pèserait ainsi favorablement dans l’indispensable (3) réforme de la nouvelle gouvernance mondiale. La tenue du prochain G20 en septembre à Saint-Pétersbourg, hors de l’influence occidentale pour la première fois, est l’occasion de traiter enfin ces sujets primordiaux de gouvernance mondiale et notamment du système monétaire international. Car en 2014, les régions les mieux adaptées seront déjà en route pour le monde d’après.

    Proportion des pays dans la consommation mondiale, 2000-2050 – Source : Business Insider/OCDE

    Dans ce [numéro], notre équipe analyse cette fragmentation et cette restructuration en commençant par la région qui catalyse les tensions actuellement, le Moyen-Orient. Une large part est aussi dévolue à l’Europe qui, via l’Euroland, poursuit son entrée dans le monde d’après. Pour comprendre les évolutions de l’Euroland, il faut comprendre celles de l’un de ses acteurs majeurs, l’Allemagne, et nous menons donc une étude approfondie du paysage politique en Allemagne et des élections de 2013. Nous présentons également notre évaluation annuelle des risques-pays et l’évaluation de nos anticipations de 2012, avant de donner nos recommandations opérationnelles et les résultats du GlobalEuromètre.

    Dans ce communiqué public, notre équipe a choisi de présenter ses analyses concernant l’Euroland.

    Le profilage de l’Euroland dans le monde d’après la crise

    La guerre médiatique contre l’euro a eu ceci de bon qu’elle a forcé l’Euroland à mettre en œuvre les réformes nécessaires pour surmonter la crise. Bien sûr, pas de révolution ici, on joue selon les « règles du jeu » (4), c’est-à-dire sans effaroucher les marchés. Pas non plus de déclarations fulgurantes, mais des compromis (5) trouvés au bout de longues discussions, suivis d’actions solides. Et petit à petit les structures sont en place pour renforcer l’Euroland. Le contraste avec l’immobilisme américain est saisissant.

    Cela ne doit pour autant pas occulter les difficultés de la Grèce et de l’Espagne par exemple : personne n’a dit qu’il était indolore de se remettre de l’éclatement d’une bulle immobilière historique et d’une crise systémique globale, et ces pays bénéficieraient d’ailleurs de plus d’aide technique ou d’expertise de la part des autres pays européens. Mais globalement la situation s’améliore, la nouvelle restructuration de la dette grecque est un succès (6), les déficits diminuent en Grèce et en Espagne (7), l’Italie a été remise sur les rails par Monti (8), les médias anglo-saxons eux-mêmes ne parlent plus d’une éventuelle sortie de la Grèce de la zone euro et, fait nouveau, les médias américains font même l’éloge des progrès européens (9)…

    Que l’on ne se méprenne pas, 2013 sera difficile pour une Europe en récession. Mais que ce soit grâce à l’union bancaire qui entrera en fonction début 2014, à l’intégration politique accrue ou au mécanisme européen de stabilité (MES), l’indépendance de l’Euroland s’affirme (10). On le voit par exemple par les désaccords avec le FMI au sujet de la Grèce (11) : d’ici 2015, le MES aura suffisamment de crédibilité et de compétences pour renvoyer le FMI s’occuper des pays en voie de développement (ou de sauver les États-Unis ou l’Angleterre) et traiter seul les problèmes européens. Ce découplage avec les institutions du « monde d’avant » et les États-Unis permet à l’Euroland d’aller de l’avant en engageant une dynamique constructive pour s’adapter au « monde d’après » grâce à des outils taillés sur mesure.

    Signe visible du découplage et de l’indépendance de l’Euroland, malgré les vives critiques, les solutions adoptées face à la crise sont aux antipodes de celles pratiquées aux États-Unis. C’est en effet « l’austérité » (12) qui prévaut en Europe et qui lui évite le dérapage budgétaire US.

    La résistance de l’Euroland passe aussi par la mutualisation des dettes publiques. Avec le lancement des « project bonds » (13) destinés à financer des projets d’infrastructure dans l’Union Européenne, une mutualisation accrue est en cours et la voie est ouverte aux euro-obligations. Une chancelière allemande affaiblie après les élections de 2013, comme nous le verrons, aura peu de latitude pour refuser des euro-obligations demandée par le SPD qui se retrouvera dans la coalition gouvernementale. Puisque seule la voix de l’Allemagne manquait à ce sujet, au-delà de l’union bancaire, 2014 sera donc l’année des euro-obligations. D’ailleurs Angela Merkel lâche déjà du lest au sujet de la dette grecque (14), cédant sur un sujet sensible pour les Allemands malgré l’approche des élections ; c’est bien sûr dans son intérêt de s’assurer du bon fonctionnement de la zone euro, large débouché de ses exportations.

    Enfin, loin d’être un repoussoir comme aimeraient le faire croire les médias anglo-saxons, la zone euro est au contraire attractive malgré la crise : la Pologne souhaite devenir membre (15), les éventuelles velléités séparatistes régionales n’envisagent pas l’avenir sans l’euro (16)… Signe de plus qu’elle fait partie du monde d’après et qu’elle est une zone de visibilité dans cette crise, elle permet en outre d’abriter les pays membres des tensions géopolitiques.

    Euroland : en route vers l’union politique

    Ainsi, avec les progrès accomplis et malgré une légère récession en 2013, selon le LEAP, la fin de l’année prochaine marquera la sortie de crise de l’Euroland. La tempête mondiale de 2013 chahutera mais ne déstabilisera pas un Euroland bien arrimé et de plus en plus solide. S’ils ne seront pas encore tous visibles, les mécanismes de sortie de la crise se mettront en place dès 2013 pour traverser cette période en continuant à se renforcer, et permettront une claire reprise en 2014.

    Pour que la sortie de crise soit durable néanmoins, la nécessaire démocratisation doit être entreprise. C’est d’ailleurs ce que demande le parlement européen (17). Paradoxalement, celle-ci est aidée par la marginalisation des partis nationaux classiques : en France, l’UMP explose (18) comme anticipé dans le [numéro d'avril 2012] ; au Royaume-Uni, Ukip fait de l’ombre aux Tories (19) ; en Allemagne, la CSU et la CDU sont elles aussi empêtrées dans « leurs » scandales (20)… Cette marginalisation s’explique par l’intégration accrue de l’Euroland : il est devenu désormais évident aux yeux de tous que le pouvoir se situe au niveau européen et non plus aux niveaux nationaux. C’est donc naturellement que les partis s’européanisent, et Barroso a demandé aux partis politiques de présenter aux élections européennes un même « candidat principal » dans l’ensemble des pays (21), une vraie révolution après 30 ans de complète surdité aux questions de démocratisation (22) des institutions européennes ! Ces élections de 2014, année de la reprise, seront ainsi le catalyseur de l’émergence de l’Euroland.

    Un mot du programme Erasmus, aujourd’hui menacé de baisse budgétaire en conséquence des mesures d’austérité. Les politiques n’ont tout de même plus beaucoup le sens politique !! En pleine crise de l’Euro, gérée certes efficacement mais à l’encontre de tout principe démocratique, au prix de plans de rigueur parfois très pénibles pour les populations et dans un contexte de chômage endémique, en particulier celui des jeunes, le seul et unique repère positif européen, à savoir le programme Erasmus, va perdre non seulement des moyens financiers (23) mais encore son nom (24)… Si une réforme en profondeur de ce programme de mobilité étudiante, vieux de plus de 20 ans, s’impose pour l’adapter aux immenses enjeux de l’Europe au XXIème siècle (25), son nom doit bien évidemment être conservé (on ne se sépare pas d’une équipe qui gagne) et son budget suffisamment augmenté pour garantir sa pérennité sur la nouvelle période budgétaire qui va tout de même de 2014 à 2020, et donc bien au-delà de la crise. Un peu de vision que diantre !

    Cliquer sur le graphique pour l’agrandir

    Nombre d’étudiants Erasmus chaque année ; objectif de 3 millions d’étudiants cumulés – Source : Europa.eu

    Cependant les logiques politiques nationales sont bien sûr toujours à l’œuvre également, et les avancées européennes se font aussi à l’aune du rapport de force entre les pays. L’arrivée de François Hollande, en redonnant une voix à la France que Nicolas Sarkozy, totalement affidé à Merkel, lui avait fait perdre, a permis à d’autres voix de s’élever, a cassé la polarisation entre le moteur franco-allemand et les autres, bref a rouvert le débat en Europe, et il était temps. Mais la puissance économique de l’Allemagne, en comparaison notamment de la morosité de l’économie française, confère à Angela Merkel une influence certaine.

    Nous analysons d’ailleurs dans la partie suivante l’avenir politique de l’Allemagne et notamment les élections fédérales qui se tiennent à l’automne 2013. D’ici là, la chancelière sera en campagne et évitera tout risque inutile ou toute proposition qui pourrait déplaire à ses électeurs. Dans une année difficile, il faudra alors que les autres chefs de gouvernement réussissent à convaincre une chancelière hésitante. Dans une moindre mesure, cette situation perdurera ensuite car Angela Merkel sera fragilisée après les élections. À cet égard, le déblocage des discussions multilatérales en Europe est un signe très positif.

    —————

    Notes :

    (1) Par exemple le lancement de la fusée nord-coréenne (source : The Guardian, 13 décembre 2012) ou la dispute sino-japonaise autour des îles controversées (voir par exemple Le Monde, 13 décembre 2012).

    (2) En cela, l’Euroland dans le chaos mondial de 2013 présentera bien des ressemblances avec la Suisse pendant les guerres européennes du siècle dernier.

    (3) « Indispensable » car, comme l’a conclu le séminaire Euro-BRICS organisé les 27-28 septembre dernier à Cannes par le LEAP et le MGIMO, sans gouvernance mondiale rénovée intégrant harmonieusement la nouvelle diversité des puissances globales, le chaos de 2013 aboutira à un monde non plus multipolaire mais constitué de blocs concurrents porteurs d’immenses dangers géopolitiques.

    (4) Tout en modifiant lentement ces « règles » pour qu’elles ne soient plus uniquement celles des marchés : régulation bancaire, encadrement des agences de notation, etc.

    (5) Comme prévu par le LEAP, l’élection de François Hollande en France a permis la reprise des débats et discussions en Europe. Cela contraste avec Sarkozy qui suivait aveuglément Merkel et frustrait ainsi tous les autres pays qui n’avaient pas leur mot à dire face à ce « moteur » franco-allemand. L’arrivée du nouveau gouvernement a été vécue par la totalité des autres européens comme un véritable soulagement et une bouffée d’oxygène.

    (6) Source : Le Monde, 13 décembre 2012

    (7) Sources : Greek Reporter (11 décembre 2012) et Business Standard (05 décembre 2012).

    (8) Monti devrait rester influent malgré le coup de théâtre de Berlusconi qui a peu de chances d’être élu. Source : Le Nouvel Observateur, 11 décembre 2012

    (9) Lire par exemple Bloomberg (11 décembre 2012), CNBC (23 novembre 2012), FoxBusiness (28 novembre 2012), etc.

    (10) Les médias US en parlent eux-mêmes : CNBC (26 novembre 2012) titre The Euro Zone Is ‘Shaping Up Quite Well’ en relatant un rapport sur les progrès accomplis par l’Euroland.

    (11) Source : Der Spiegel, 21 novembre 2012

    (12) L’austérité reste toutefois mesurée dans beaucoup de pays ; dans les autres, il s’agit d’obtenir les mêmes effets qu’une dévaluation monétaire que les règles de la zone euro ne permettent pas de réaliser.

    (13) Source : Parlement européen, 05 juillet /2012

    (14) Source : Le Monde, 03 décembre 2012

    (15) Source : Le Monde, 30 novembre 2012

    (16) C’est d’ailleurs en partie ce qui peut expliquer la différence entre les sondages et les résultats des élections en Catalogne : à la dernière minute, le débat s’est porté sur le risque de sortie de l’Europe et de la zone euro de l’éventuelle nouvelle région souveraine (source elPeriodico, 22 novembre 2012). À eux deux, les partis séparatistes CiU et ERC ont alors perdu un siège au total contrairement aux craintes du raz-de-marée séparatiste annoncé.

    (17) Source : RTBF, 20 novembre 2012

    (18) Source : Le Figaro, 26 novembre 2012

    (19) Source : The Guardian, 26 novembre 2012

    (20) Voir infra.

    (21) Source : Euractiv, 17 septembre 2012

    (22) Nous savons de quoi nous parlons : pendant près de 30 ans, la démocratisation de l’Union Européenne fut de cheval de bataille de notre Directeur des Etudes et de la Stratégie, Franck Biancheri, décédé le 30 octobre dernier, qui mena un combat bien inégal contre des institutions et des systèmes politiques européens et nationaux complètement rétifs à toute évolution dans ce domaine. Il y a 6 ans, en voyant s’amonceler à l’horizon les nuages de la crise systémique globale, Franck Biancheri sut qu’il tenait enfin l’outil de cette démocratisation : la crise elle-même allait débloquer le projet d’intégration politique en mettant sur les rails un nouveau moteur de la construction européenne, allégé du Royaume-Uni et donc à nouveau apte à faire avancer l’union politique : l’Euroland.

    (23) Source : Le Monde, 05 octobre 2012

    (24) Le regroupement des différents programmes éducatifs européens (Comenius, Leonardo, Erasmus, etc…) a d’abord donné lieu au nom d’ « Erasmus pour tous » puis à celui de « Yes for Europe ». Apparemment, il existe des Européens à Bruxelles pour estimer que, pour un programme éducatif européen, le nom du grand humaniste néerlandais du XVème siècle ce n’est pas assez bien… il fallait au moins un « Yes for Europe », peut-être même un « Yeah-rope » !! Il est urgent de ramener à la raison ce genre de « saboteur d’Europe »…

    (25) En 2003, Franck Biancheri, qui fut aussi l’un des pères d’Erasmus, écrivait par exemple cet article intitulé : « Erasmus… et après ? » – Europe 2020

    Laboratoire Européen d’Anticipation Politique

    http://fortune.fdesouche.com

  • Titre de la note Convention Identitaire 2012 : intervention de Philippe Vardon