
Les normes sont souvent envahissantes, mais elles peuvent constituer d’efficaces barrières protectionnistes - et protéger par là nos assiettes, nos élevages et nos éleveurs.
Il n’y a pas que l’automobiliste dans sa voiture ou le télespectateur sur son canapé qui souffrent des effets d'une sédentarité excessive. Il en va de même pour le porc ou la vache en stabulation entravée. L’animal a alors tendance à accumuler davantage de graisse dans ses tissus musculaires. Qu’à cela ne tienne ! La ractopamine est là pour arranger ce problème. Donnée à des animaux d’élevage, cette molécule, appartenant aux médicaments bêta-agonistes, diminue la teneur en graisse de leur viande. Dope à la ractopamine, un porc parvient a maturité en seulement trois mois, contre six a sept mois habituellement. Les trois quarts des pays du monde, dont la Chine, la Russie et l'Union européenne, en interdisent l'usage, tandis que l’industrie agro-alimentaire des États-Unis et du Canada y a largement recours - sauf pour la viande destinée à l’exportation. Ce type de norme est un exemple, parmi tant d’autres, de ces « barrières non-tarifaires » qui sont des cibles pour les promoteurs du libre-échange, en l’occurrence dans le cadre des négociations sur le Traité transatlantique.




Comme souvent avec les idées fausses, celle-ci cheminait depuis quelque temps. C'est le 10 octobre 2020 en effet que l'inévitable Piketty avait posé dans Le Monde la question qui fâche : que faire avec la dette Covid ? Et c'est le 5 février 2021, qu'en compagnie d'une centaine de confrères présentés pour des économistes, il lançait un appel à résoudre le problème de la manière que la tradition et les lecteurs de Walter Scott rapportent à Robin des Bois. Il proposait en effet "d'annuler les dettes publiques détenues par la Banque centrale européenne".