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élections - Page 710

  • Les francs-maçons à la manœuvre

    Piqués au vif par certaines attaques, soucieux de défendre leurs amis et leurs idées, les francs-maçons repartent à l'offensive. De leurs réseaux élyséens à leurs fiefs ministériels, voici comment ils s'activent en coulisse, dans la campagne des municipales comme sur la laïcité et la fin de vie.
    Cela a commencé en mars 2013 par la présence de quelques militants d'extrême droite agitant des drapeaux rue Cadet, devant le siège parisien du Grand Orient de France (GODF), la plus importante obédience maçonnique française, forte de 52.000 membres. L'opération s'est reproduite le 24 mai avec une manifestation plus démonstrative d'opposants à la franc-maçonnerie, tentant de bloquer les accès. Aucun dégât n'a été constaté, mais le grand maître d'alors, José Gulino, craignant de futurs débordements, s'est plaint auprès du ministère de l'Intérieur de l'absence de mesure de protection du bâtiment, dont les portes de verre donnent directement sur la rue.
    Depuis, les incidents se sont multipliés. Aux cris de «Francs-maçons en prison! Dictature maçonnique», des activistes sont revenus en décembre rue Cadet huer la présence de la garde des Sceaux Christiane Taubira, ­accueillie comme conférencière dans le grand temple du GODF. Des «arbres de la laïcité» ont été arrachés à Angers, Bordeaux et dans deux villes de l'Essonne (Boussy-Saint-Antoine et Epinay-sous-Sénart) au nom d'un mouvement Combattre la franc-maçonnerie. Des tags antimaçonniques ont été peints à Toulouse et près des temples, comme à la mi-janvier devant la porte du temple de la rue Ségalier, à ­Bordeaux et début février, face au siège ­parisien du GODF. Lors de la manifestation Jour de colère, le dimanche 26 janvier, d'autres slogans anti-maçonniques ont été proférés.
    Même s'il ne s'agit que d'actes marginaux, attribués à des groupuscules d'ultras, cette détérioration du climat politique inquiète les francs-maçons. «Ces résurgences du passé sont malsaines», estime Michel Meley, le président du Droit humain (DH), la grande obédience mixte française. «La parole extrémiste s'est désinhibée. L'antimaçonnisme se réveille. Il nous oblige à réagir», renchérit Catherine Jeannin-Naltet, la grande maîtresse de la Grande Loge féminine de France (GLFF), la première obédience féminine hexagonale.
    L'antimaçonnisme semble se réveiller
    Voilà donc les 150.000 francs-maçons français bousculés, et, pour la plupart, prêts à reprendre l'offensive. D'abord, pour défendre des «valeurs républicaines» qu'ils estiment aujourd'hui menacées. Et aussi pour jouer de leur influence, via leurs contacts et leurs réseaux, partout où ils le peuvent. «Gémissons, gémissons, mais agissons!» a lancé Marc Henry, le grand maître de la Grande Loge de France (GLDF), dans une vidéo postée en janvier sur YouTube après l'affaire Dieudonné. D'ordinaire très prudent et neutre politiquement, ce dignitaire s'est dit choqué par d'autres propos, tels ceux du maire UMP de Roquebrune-sur-Argens (Var) regrettant, en décembre, que les pompiers soient intervenus trop tôt pour circonscrire un incendie dans un camp de Roms. Marc Henry redoute que les futurs résultats des élections municipales et européennes ne soient pas «ceux de la démocratie à laquelle nous aspirons».
    Signe de l'urgence, après une participation éparse à une manifestation contre le racisme fin novembre, les responsables des neuf principales obédiences françaises - à l'exception de la Grande Loge nationale française (GLNF), purement spiritualiste - se sont réunis discrètement le 3 janvier pour fédérer leurs positions, notamment sur l'antiracisme et la laïcité. «Vu la montée des extrêmes, nous voulons faire des propositions concrètes d'ici à la fin 2014», confie un des participants. L'heure du sursaut a sonné. Le temps des grandes manœuvres est arrivé.
    Une multiplication d'obédiences dissidentes
    N'en déplaise aux théoriciens du complot, la franc-maçonnerie française était, jusqu'à ces derniers mois, aussi divisée qu'assoupie. La GLNF, plutôt classée à droite, a connu, depuis 2009, une grave crise interne. Affichant ses dérives, elle a perdu environ la moitié de ses 43.000 membres, avant de retrouver un certain calme sous la houlette d'un nouveau grand maître, Jean-Pierre Servel. Des obédiences dissidentes se sont multipliées, morcelant encore davantage un paysage maçonnique déjà émietté. Au point de susciter le constat amer de trois anciens dignitaires : Alain Bauer, Michel Barat et Roger Dachez ont fustigé «la guerre des ­obédiences» dans un pamphlet paru cet automne et titré Les Promesses de l'aube (Dervy). «Tout a été déconstruit par la culture des ego et la pulsion du cordon plus large, plus doré, plus frangé», écrivaient-ils, regrettant aussi que «la richesse du débat» ait «virtuellement disparu» des loges, les obédiences produisant «une eau tiède au mieux, rien au pire».
    La charge était rude, mais pas totalement infondée. Si les frères en maçonnerie savent étendre leurs réseaux dans un certain nombre de fiefs, au sein des ministères ou de grandes entreprises publiques, leur magistère intellectuel s'est dilué au fil du temps. «D'autres clubs et laboratoires d'idées sont apparus ces dernières ­années et nous concurrencent directement sur le terrain des idées, que ce soit sur la laïcité ou la ­liberté», explique ainsi un gradé du GODF, assez critique.
    Le réveil récent des francs-maçons français s'est opéré en deux temps. En mai 2012, le GODF, traditionnellement orienté à gauche, a vu d'un bon œil la victoire de François Hollande et l'arrivée de frères au gouvernement, qu'il s'agisse de Manuel Valls, qui a fréquenté les loges durant huit ans, de Jean-Yves Le Drian, Victorin Lurel, Frédéric Cuvillier ou Jérôme Cahuzac - ce dernier étant finalement suspendu du GODF après le mensonge avoué sur son compte bancaire à l'étranger. De plus, la charte de la laïcité et les projets d'enseignement de «morale laïque» mis en avant par le ministre de l'Education nationale Vincent Peillon, qui n'est pas initié, ont séduit les frères du GODF.
    Une offensive liée à la détérioration du climat
    Promu en septembre 2012 pour un court mandat d'un an, le grand maître José Gulino, un socialiste du Pas-de-Calais, ne cachait pas sa volonté de peser sur le gouvernement et le Parlement. Le GODF a aussi repris fin 2012 le contrôle de la Fraternelle parlementaire (Frapar), en faisant élire l'un des siens, le député socialiste du Nord Christian Bataille à la tête de cette amicale des francs-maçons de l'Assemblée nationale et du Sénat. Celle-ci compte plus de 400 membres, dont 150 élus, soit 15 % du total des parlementaires. Christian Bataille sait s'y prendre pour pousser ses pions : il a déjà présidé la Frapar et il professe une foi de charbonnier dans les valeurs maçonniques. Celles-ci le conduisent à se transformer en avocat de causes aussi controversées que la lutte contre les langues régionales, au nom du jacobinisme, et en faveur de l'exploration des gaz de schiste, au nom de la science.
    Cette première offensive liée au retour de la gauche au pouvoir a produit quelques résultats, que ce soit pour promouvoir le mariage pour tous, défendre les réformes fiscales ou contrer la récupération du thème de la laïcité par l'extrême droite. Cependant, l'atmosphère politique s'est dégradée tout au long de l'année 2013. La crise économique a accentué les fractures. Les oppositions au gouvernement se sont cristallisées, via les cohortes de la Manif pour tous, l'émergence du Printemps français, la rébellion des Bonnets rouges, le ras-le-bol fiscal de petits patrons et les manifestations pour défendre la famille. La radicalisation de certains groupes, attisée par la fermeté des autorités, a provoqué des dérapages.
    Christiane Taubira est devenue une icône
    Les francs-maçons font partie des cibles, ainsi que les ministres dont ils se sentent proches. Les insultes racistes à l'encontre de Christiane Taubira ont, par exemple, suscité une vague de soutien. «Assez, c'est assez! Nous ne pouvons plus taire notre inquiétude face à l'augmentation et à la banalisation de propos racistes», a protesté la GLFF mi-novembre. La garde des Sceaux a été invitée à plancher le 17 décembre au siège du GODF sur le thème «Crise des valeurs de la République: analyse et perspectives». Devant une salle conquise, la ministre de la Justice, qui n'est pas initiée, a exposé ses vues. «Depuis, elle est considérée comme une véritable icône, courageuse et carrément intouchable», s'amuse un des frères présents ce soir-là. «Elle est en phase avec nous, et nous avec elle», ajoute Philippe Guglielmi, ancien grand maître, patron de la fédération du PS de Seine-Saint-Denis, proche de Claude Bartolone. Prolongeant le discours de Christiane Taubira, l'actuel grand maître du GODF, Daniel Keller, un énarque chef d'entreprise de 54 ans, a appelé ses 1 200 loges à débattre de manière active sur cette «crise des valeurs» dans le but de transmettre au plus tôt les conclusions de leurs travaux aux pouvoirs publics. «Il a décidé de remettre les loges au travail. C'est une très bonne chose», se réjouit Gérard Contremoulin, un vétéran du GODF, très engagé à gauche.
    Signe de sa proximité avec la majorité, le Cercle Ramadier, qui réunit quelque 1 200 élus francs-maçons de gauche, sous la houlette de l'ancien ministre socialiste Jean Le Garrec, a de son côté organisé le 18 novembre un colloque avec les grands maîtres de quatre obédiences maçonniques au sein même des locaux de l'Assemblée nationale. Thème de la soirée : «Comment combattre les extrêmes droites ?» Ce sujet a été décliné dans les antennes régionales du Cercle Ramadier, notamment en Provence-Alpes-Côte-d'Azur fin novembre, en présence de Loïc Gachon, maire socialiste de Vitrolles.
    Il est vrai que la campagne des municipales renforce l'inquiétude des édiles locaux et des frères. Du coup, les francs-maçons se positionnent, de Paris à Marseille pour soutenir les candidats «républicains» qui leur conviennent. L'appui des réseaux maçonniques est ainsi acquis à quelques frères élus, bien implantés localement, de François Rebsamen, à Dijon, à Gérard Collomb, à Lyon. Mais ailleurs, nul ne peut prédire qui, du côté de l'UMP, du centre ou du PS, voire des Verts ou du Front de gauche, va réellement bénéficier de cet activisme maçonnique.
    Un grand maître reçu jusqu'à l'Elysée
    De manière plus officielle, Daniel Keller a profité de son intronisation comme grand maître du GODF, début septembre, pour être reçu au plus haut niveau dans les palais de la République. Réputé de gauche, sans être encarté au PS comme nombre de ses prédécesseurs, Daniel Keller joue la carte du renouveau. «N'étant guère connu, il était normal qu'il aille se présenter, explique un de ses amis. Il leur dit simplement ce qu'il pense, et qu'il n'a aucune envie d'être une courroie de transmission du pouvoir de gauche.» Il n'empêche. Le tapis rouge a été déroulé au patron de l'obédience la plus engagée sur le terrain sociétal et politique. Claude Bartolone, président de l'Assemblée nationale, très à l'aise dans les milieux maçonniques, a invité Daniel Keller dans son hôtel de Lassay, et le maire de Paris, Bertrand Delanoë, qui fut naguère initié, a fait de même en son hôtel de ville. Manuel Valls a ensuite convié à déjeuner une brochette de grands maîtres, dont celui du GODF, place Beauvau, le 28 novembre. Selon L'Express, le rendez-vous a été concocté avec l'appui direct d'Alain Bauer, ancien grand maître du GODF, ex-conseiller officieux de Nicolas Sarkozy et ami de longue date de Manuel Valls. Au menu de ce déjeuner : laïcité, immigration, prisons, sécurité.
    Critiqué par certains frères de gauche pour sa politique d'expulsion des Roms, le ministre de l'Intérieur s'est expliqué sans détour. Il a, depuis lors, vu sa cote remonter dans les loges grâce à sa position dans l'affaire Dieudonné. «J'étais en phase avec la circulaire de Valls interdisant ses spectacles, et sa validation par le Conseil d'Etat. Il y a un moment où il faut sanctionner fermement les propos antisémites», martèle Daniel Keller. Le ministre de l'Intérieur a même consacré, le 30 janvier, une séance spéciale de vœux aux obédiences.
    La première obédience veut faire des propositions moins timorées
    Daniel Keller a aussi été reçu successivement à l'Elysée par François Hollande, le 5 décembre, et à Matignon par Jean-Marc Ayrault, le 20 décembre. Deux honneurs auxquels peu de dignitaires religieux ont eu droit, pas même ses derniers prédécesseurs au GODF. Au-delà des courtoisies, ce retour en grâce marque un souhait de soutien mutuel entre le pouvoir actuel et les francs-maçons les plus militants. «Nous partageons des préoccupations communes sur la crise, qui a déboussolé les valeurs de la République, confie Daniel Keller. A nous de faire des suggestions pour les renouveler de manière moins timorée, en cessant de nous cacher derrière notre petit doigt.»
    La reconquête s'organise sur plusieurs fronts. Le GODF veut, par exemple, souffler aux responsables politiques des idées concrètes sur la citoyenneté européenne, afin de renouer avec l'idéal des pères de l'Europe. Daniel Keller en a parlé longuement avec François Hollande lors de leur entrevue. Les 14 000 sœurs de la GLFF sont, de leur côté, très remontées pour protéger la loi sur l'avortement, récemment amendée, au grand dam de certains milieux catholiques. «S'il le faut, nous irons encore manifester pour défendre les droits des femmes», explique Catherine Jeannin-Naltet. Les obédiences les plus «libérales» sont également prêtes à se mobiliser sur la future loi sur la «fin de vie», dont le président de la République a parlé lors de sa conférence de presse du 14 janvier. C'est un des engagements les plus anciens des francs-maçons. Ils sont bien décidés à faire valoir leurs idées, mûries ces derniers mois, en faveur d'une euthanasie maîtrisée.
    Mais leur bataille principale reste celle de la laïcité. Le GODF réclame toujours la constitutionnalisation de la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat. Promise par le candidat François Hollande lors de sa venue rue Cadet, en novembre 2011, cette sanctuarisation n'est guère d'actualité. Si le pouvoir exécutif mettait ce changement constitutionnel à l'ordre du jour, il manquerait une majorité des trois cinquièmes des deux chambres du Parlement réunies en Congrès pour l'adopter. De plus, le texte devrait préserver l'exception concordataire des départements de l'est de la France, ce qui contrarierait in fine bon nombre de francs-maçons. Un nœud gordien difficile à trancher.
    En réalité, le GODF semble avoir compris mezzo voce qu'il ne fallait rien espérer de concret dans ce domaine avant longtemps. A défaut, plusieurs représentants d'obédiences ont été auditionnés en décembre par le sénateur centriste de l'Eure Hervé Maurey, en charge d'un rapport sur le financement des lieux de culte par les collectivités locales. «Nous avons répété qu'il ne pouvait y avoir d'argent public dans ce domaine», précise Michel Meley. La question des financements indirects des mosquées, via des prêts quasi gracieux de terrains consentis par les villes, fait toujours grincer des dents chez les frères. Et elle constitue, avec le Front national en embuscade sur le sujet, une source de possibles polémiques à la veille des municipales…
    Contre une modification de la loi prohibant les signes religieux ostentatoire à l'école
    Pour les francs-maçons, le combat en faveur de la laïcité ne s'arrête pas là. La récente publication par les services du Premier ministre d'un rapport d'experts évoquant la possibilité d'une autorisation du port du voile à l'école a remis le feu aux poudres. Plusieurs dignitaires francs-maçons sont immédiatement montés au créneau pour dire à Matignon et à l'Elysée qu'il ne fallait pas modifier la loi de 2004 prohibant les signes religieux ostentatoires à l'école. «Jean-Marc Ayrault m'a rassuré sur ce point, me confirmant qu'il ne toucherait pas à cette loi», explique Daniel Keller. En revanche, les décisions contradictoires des tribunaux administratifs sur l'affaire dite de la crèche Baby-Loup, annulant puis validant le licenciement d'une employée portant le voile, suscite le souhait d'une intervention du législateur. Et le flou juridique entourant le voile porté par des parents accompagnateurs lors de sorties scolaires renforce cette nécessité aux yeux de certains frères.
    Ancien grand maître du GODF, Jean-Michel Quillardet, défenseur des grands principes laïcs au sein de son Observatoire international de la laïcité contre les dérives communautaires, est de ceux-là: «Il faudrait qu'une nouvelle loi étende l'interdiction de port de signes religieux ostentatoires de 2004 aux établissements de la petite enfance exerçant un service public et aux accompagnants», plaide cet avocat. Cela permettrait, selon lui, d'éviter d'autres contentieux Baby-Loup. «Je crains que la gauche soit trop frileuse en matière de défense de la laïcité. Il faudra tenir bon», renchérit Daniel Keller.
    Le GODF peut compter sur ses amis de la Fraternelle parlementaire, présidée par Christian Bataille. «À titre personnel, je pense que nous devrions légiférer sur la laïcité à l'école», avance pour sa part le député du Nord. Mais ce dernier n'ignore pas que certains de ses collègues socialistes, plus sensibles aux sirènes communautaristes, hésiteront à franchir le pas. Et il devra composer avec les différentes sensibilités maçonniques représentées au sein de sa fraternelle, qui ne sont pas toutes sur la ligne laïque «pure et dure» du GODF.
    Des francs-maçons ont créé un think tank
    Réunir des frères sur des positions communes, en vue de peser dans les prochaines bagarres législatives, n'est, en effet, pas une mince affaire. Outre les rencontres régulières des grands maîtres des principales obédiences et le rôle actif de certaines fraternelles, d'autres cénacles s'y emploient. Et les initiatives en ce sens fleurissent depuis quelques mois. Regroupant près de 2000 maçons de tous horizons, le club Dialogue & Démocratie française (D & DF), initié par Pierre Chastanier, un médecin retraité, et Patrice Hernu, fils de l'ancien ministre socialiste de la Défense, continue par exemple de solliciter des personnalités politiques. «Nous avons notamment alerté les parlementaires sur le ras-le-bol fiscal et nous avons fait des propositions sur la fiscalité et la réorganisation des collectivités territoriales», explique Marc Fraysse, le nouveau président de D & DF, un ancien député gaulliste de Lyon, membre de la Grande Loge de France. Dernier invité en date du club, début février: Jean-Louis Debré, le président du Conseil constitutionnel. Bernard Cazeneuve, ministre en charge du Budget, et Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, sont également attendus. Soucieux d'élargir leur cercle d'influence, le tandem des fondateurs de DDF a aussi créé une curieuse confrérie élitiste multi-obédientielle, appelée CIU, destinée à nouer un dialogue discret avec des personnalités religieuses.
    Enfin, des anciens dirigeants de la Grande Loge de France (GLDF) et de quatre autres obédiences ont créé en mars 2013 ce qu'ils appellent «le premier think tank maçonnique», intitulé Franc-maçonnerie & société (FM & S). Objectif : fournir des idées neuves aux décideurs. En combattant les solutions extrémistes. «Du fait de leur caractère institutionnel, les obédiences sont un peu frileuses pour élaborer des propositions. En réunissant des maçons de plusieurs sensibilités, nous sommes plus libres de le faire. Et nous n'avons pas honte de nous montrer au grand jour», explique Jean-Michel Dardour, le président de FM & S, ancien grand maître adjoint de la GLDF.
    Le think tank compte déjà quelque 400 membres, dont une majorité de maçons. Mais aussi des personnalités de la société civile, qui ne sont pas toutes initiées, comme le journaliste Alexandre Adler, le théologien Claude Geffré, l'essayiste Jean-Claude Guillebaud, le président d'honneur du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) Richard Prasquier, ou le scientifique Joël de Rosnay. Le premier sujet traité - éthique et médias - a donné lieu à d'intenses échanges avec des «profanes», journalistes et professionnels de la communication. Les suggestions du think tank, notamment sur la création d'une haute autorité de déontologie ou sur l'éducation des jeunes aux médias, ont été présentées à David Kessler, conseiller culture et communication de François Hollande. «Nous les avons envoyées également à tous les parlementaires, avec un très bon accueil», constate Bernard Ollagnier, un des animateurs de ce réseau. Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a rebondi quelques mois plus tard en ouvrant un site web sur l'éducation aux médias. En 2014, le think tank a décidé de plancher sur l'éthique économique et, lui aussi, sur la laïcité. Avec la volonté de rédiger au plus vite un «guide pratique du vivre ensemble» destiné aux élus, parlementaires, enseignants et parents. Les frères espèrent bien réimposer leurs vues!
    Source

    http://www.oragesdacier.info/

  • Donner la parole au peuple ? Vous n’y pensez pas !

    La liberté, la démocratie et les valeurs républicaines ont parfois de bien curieux défenseurs et suivent d’étranges détours.

    Montrée du doigt, puis mise à l’index et maintenant au piquet… Après avoir condamné l’agression sauvage perpétrée par la Russie contre l’Ukraine, les États-Unis et l’Union européenne, fermement résolus à ne pas s’y opposer par la force, compensent leur inertie dans les faits par une escalade dans les mots. Comme des parents qui discuteraient devant un enfant turbulent de la punition qu’ils lui infligeront, comme des juges qui délibéreraient en présence d’un prévenu, les dirigeants occidentaux, à commencer par un Obama qu’on aurait cru plus maître de ses nerfs, ne s’interdisent d’avance aucune riposte ni, pour commencer, aucun excès verbal face à « la pire crise du XXIe siècle en Europe ».

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  • Farida Belghoul dénonce l’enfumage de l’UMPS


    Farida Belghoul face à des députés du PS et de... par ERTV

  • Famille : Frédéric Pichon dénonce les duperies de l'UMP

    De Frédéric Pichon sur Nouvelles de France :

    "Un an après la formidable mobilisation contre la loi sur le mariage unisexe, l’heure de vérité a sonné : les pontes de l’UMP qui paradaient en tête de cortège, une fois la loi votée, n’ont pas tardé à jeter les masques. Les duperies de Jean François Copé dont Stéphane Bern révélait qu’il était, en privé, favorable au mariage gay, ne trompent plus personne.

    Même la fiabilité des têtes de file réputées les plus sincères apparaît pour le moins limitée.

    Hervé Mariton s’empressait, une fois la loi votée, d’indiquer qu’il marierait dans sa commune (tout en ayant l’indécence de participer aux universités d’été de la Manif pour Tous dont une partie des thèmes portait sur la clause de conscience) les couples unisexes, tout comme Henri Guaino se cachant derrière la loi républicaine.

    En définitive, moins voyante lors des Manifs pour Tous, à la différence de Marion, Bruno Gollnisch ou Gilbert Collard, mis à l’écart par un cordon sanitaire, tels des pestiférés, pour ne pas approcher les élus de la droite dite « républicaine », Marine Le Pen est présidente de la seule grande formation politique à solliciter l’abrogation de la loi Taubira.

    L’adoubement à peine masqué de NKM par Nicolas Sarkozy laisse augurer l’échec de la ligne Buisson ainsi que les tentatives iréniques de Sens commun d’infléchir l’UMP dans une perspective de « défense des valeurs ».

    Pire, le débat sur « la théorie du genre qui n’existe pas », fait ressortir l’immense responsabilité de l’UMP, quand elle était au pouvoir, pour la promouvoir via le ministre de l’Éducation de l’époque, Luc Chatel, ou des organismes tels que la HALDE créée en 2004 sous un gouvernement UMP.

    Les critiques du jeune Guillaume Peltier contre le choix de NKM comme chef de file de la droite parisienne firent rapidement l’objet d’un rappel à l’ordre brutal de ceux-là même dont il aurait pu espérer un soutien : Mariton et Guaino.

    Foin d’école buissonnière, de guainoiseries ou de maritonnades, cette génération qui s’est levée l’année dernière et qui a soif d’engagement politique se rabat désormais sur des listes que l’on peut qualifier de « communautaires » ou monothématiques comme la liste Beigbeder à Paris ou Versailles Famille Avenir à Versailles.

    Si la légitimité de ces démarches n’est pas sujette à caution dans la mesure où elles mettent en relief l’imposture de cette gigantesque arnaque électorale qui s’appelle l’UMP, elles risquent d’enfermer ce combat dans une case, dans un quant à soi de cathos, par les cathos pour les cathos. [Lire la suite]

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes

    Ce matin, il y avait marché dans le centre-ville. Comme nous approchons des élections municipales, les abords et la grande allée étaient encombrés par les militants des différentes listes en lice. Le cru 2014 des municipales semble riche de suspens avec moult crocs-en-jambe et retournements. C’est ainsi que j’ai appris la fureur de François Lamy, ex député-maire, qui malgré sa bonne volonté et les efforts déployés n’a pas réussi à faire plier les écolos locaux qui présentent donc une liste. Autre événement rigolo, le MoDem qui précédemment s’était allié au PS vient de retourner sa veste pour faire cause commune avec la liste UMP-UDI. Le motif officiel serait l’alignement des représentants locaux sur la stratégie nationale du micro parti centriste. Pour ma part, je soupçonne fort le MoDem du cru d’avoir conservé une certaine rancune pour n’avoir pas été servi à la hauteur de ses appétits durant le précédent mandat.

     

    Mais avant d’aborder le sujet de mon billet, révisons notre histoire politique locale. Palaiseau a fait partie de ces villes dites de la "banlieue rouge", les maires étant communistes ou apparentés depuis 1945. Cependant, lassés de voir la fiscalité locale grimper, comme d’entendre de vilaines rumeurs autour d’une société d’économie mixte vraisemblablement responsable du délabrement des finances, les Palaisiens votent en 1991 pour un candidat RPR. Le gauchiste étant un électeur festif, les six années de vaches maigres en termes de réjouissances municipales, ne plaisent que modérément. C’est donc naturellement qu’en 2001 ils se donnent à François Lamy (PS) qui ambitionnait depuis longtemps le cumul  de l’édilat à son mandat de député. Assez rapidement, l’extrême gauche et le PCF rejoignent les rangs de l’opposition municipale, la politique de rationalisation des dépenses n’étant pas à leur goût. Pourtant, des dépenses il y en a. La ville crée un festival, "Jours de fête", qui accueille, chaque avant-dernier week-end du mois de juin, des artistes de renom, sans parler des troupes "d’art de la rue". Festival qui croit d’année en année, les têtes d’affiche étant de plus en plus prestigieuses.

     

    En 2008 François Lamy fait campagne en promettant un développement urbain raisonné, un accroissement du pourcentage des logements sociaux qui tournerait actuellement autour de 25% du parc total alors que la loi impose un minimum de 20%. Pourcentage qui va croître encore compte tenu de la part de logements sociaux imposés par la mairie dans tous les programmes en cours de réalisation ou à venir. Il fait également campagne autour de la mixité sociale et autres fadaises socialeuses. Bien évidemment, il est réélu. En fait de développement raisonné, la ville est prise d’une frénésie de construction, plus de 20 programmes en cours ou à réaliser, le nombre des habitants croît, et c’est donc mécaniquement que le nombre des conseillers municipaux passe cette année de 35 à 39. De nombreux programmes n’étant pas achevés, d’autres devant encore sortir de terre, dont deux nouveaux quartiers, le nombre de sièges va donc encore augmenter. Pour les prochaines élections municipales de 2020, la population devrait passer de 32000 à plus de 40000 habitants. 

     

    Tout pourrait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes socialistes. Seulement voilà, les premiers effets de cette politique commencent à se faire sentir. Les Palaisiens font partie, pour une part non négligeable d’entre eux, de ce que l’on appelle les "cadres et professions intellectuelles supérieures" (34%), et des "professions intermédiaires" (27%). Beaucoup travaillent dans l’enseignement supérieur et la recherche. S’ils sont venus à Palaiseau c’est parce qu’ils souhaitaient se rapprocher de leur lieu de travail tout en bénéficiant du cadre d’une petite ville rurbaine tout ce qu’il y a de plus tranquille, ayant conservé cette ambiance des villages d’antan. Or, leur bonne conscience de gauche a, comme toute chose en ce bas monde, ses limites. La mixité sociale, ethnique en vérité mais ce n’est pas politiquement correct, c’est bel et bon sur le papier, mais nettement moins lorsqu’elle commence à se présenter aux abords du quartier où l’on réside. Surtout lorsque les cambriolages connaissent année après année une hausse régulière, que les attaques à main armée, les vols divers, agressions, dégradations commencent également à faire leur apparition. Bien sûr, nous sommes loin des chiffres du 9-3 et des autres départements cosmopolites et interlopes, mais cela inquiète fort le bourgeois bohème qui se tourne vers la mairie pour demander le rétablissement de l’ancienne quiétude. Ajoutez à cela la présence d’un nouveau camp rom, installé depuis un an et demi, qui abrite environ 230 âmes et qui génère pas mal de désagréments (excréments, rats, vols, etc.), l’installation régulière et illégale de caravanes de gens du voyage, une fiscalité qui figure en bonne place dans le palmarès des villes du département les plus chères, une dette qui n’est pas loin d’être égale au montant du budget annuel de la ville, et vous aurez un tableau assez juste des motifs de crispation de l’électorat local. Crispation bien comprise par le PS local qui va axer une partie de sa campagne sur la sécurité. Lol comme disent les ados. Ce serait la droite qui se livrerait à cet exercice qu’on hurlerait au fascisme.

     

    Tous ces braves électeurs auraient pu s’épargner une partie de ces désagréments s’ils n’avaient pas voté socialiste. D’où le titre de mon billet. Bien évidemment, rares ceux qui assument leur vote passé, préférant porter tous ces désagréments au compte de la crise, de la politique sécuritaire de l’Etat, etc. Ce qui est loin d’être complètement faux, mais qui non nuancé, ressemble fort à une pitoyable tentative pour se dédouaner de toute responsabilité, et bien sûr de faire l’économie d’un examen de conscience qui pourrait avoir pour conséquence la remise en question de ses convictions politiques.

    http://koltchak91120.wordpress.com/

  • Fratelli d’Italia : « Mêler la tradition avec l’innovation »

    La droite italienne qui est souvent un mystère difficilement compréhensible de notre côté des Alpes connaît moult rebondissements et transformations. Dernier exemple en date Fratelli d’Italia qui vient d’organiser des primaires en attendant un congrès. Se plaçant dans l’héritage d’Alliance nationale. A cette occasion, Novopress a interrogé Carlotta Andrea Buracchi, porte-parole de Fratelli d’Italia pour la région d’Arezzo.

     

    Samedi 22 et dimanche 23 février ont eu lieu des primaires importantes pour Fratelli d’Italia ? Quel était l’objet de ces primaires ? Un nouveau programme, un nouveau symbole, de nouveaux chefs ? Quel est le but du congrès des 8 et 9 mars prochains ?

    Il y a une semaine ont eu lieu les premières consultations primaires de la droite politique italienne, organisées par Fratelli d’Italia – Alliance nationale. Tout les citoyens pouvaient y participer, pas seulement les adhérents, pour choisir non seulement le symbole du mouvement mais également 8 principes importants quant à la ligne du mouvement (en répondant “oui” ou “non” à des questions qui allaient du rapport avec l’UE jusqu’à l’immigration, la réforme présidentielle [à savoir l'évolution vers un régime présidentiel, NDLR], le protectionnisme, la prostitution, l’aide fiscale aux familles nombreuses, etc.) et les “Grandes Électeurs” qui participeront au congrès du parti les 8 et 9 mars à Fiuggi [lieu hautement symbolique, puis que c'est là en 1995 que le MSI se transforma en Alliance nationale, NDLR]. Le but de ce congrès sera surtout d’entériner la présidence de Giorgia Meloni à la tête du mouvement – elle était la seule candidate – et de définir le programme à partir du verdict des primaires.

    Le symbole adopté reprend certes le nom de Fratelli d’Italia, mais également celui d’Alliance nationale et la flamme du MSI. En quoi cet héritage, cette filiation sont importants ?

    L’intention était de mêler la tradition représentée par la flamme du Mouvement social italien (MSI) contenue dans le symbole d’Alliance nationale avec l’innovation à laquelle le présent nous appelle. Se « projeter » dans le futur avec une classe des jeunes dirigeants politiques mais avec un regard vers le passé glorieux de la droite italienne dont nous représentons la continuation naturelle. Et en fait le symbole qui a gagné repropose la même logique proposée à la fin de 1993 par Alliance nationale : le cercle le plus grand représentant le futur, l’innovation qui englobe en bas le cercle qui représente le passé nos “racines”, exactement comme la croissance d’un arbre ; on voulait représenter graphiquement l’évolution de notre histoire, celle de la droite politique italienne. En plus, il faut souligner qu’Alliance nationale est “la maison politique”, le mouvement où la plupart de nos membres et dirigeants a été formée ou bien a commencé à s’occuper de politique. Enfin, comme l’indiquait Giorgio Almirante, l’un des “modèles” de la droite italienne : “Ne pas renier, ne pas restaurer”…

    Votre programme est clairement de droite ( contrôle de l’immigration, sortie de l’euro, élection du président de la République au suffrage universel direct, etc.). Comptez-vous déjà sur les élections européennes de mai 2014 pour le présenter aux Italiens ? Lors de ces élections allez-vous conclure des alliances ? Au niveau national avec la Lega Nord par exemple et au niveau européen avec le Front national de Marine le Pen ?

    Nous irons certainement nous présenter aux élections européennes. Cependant, nous n’aurons pas besoin des alliances car le système électoral celui de la proportionnelle et ça nous permets donc de nous présenter en solo mais il faudra cependant 4% des suffrages exprimés pour espérer avoir des élus.

    Sur la question “PPE [Parti populaire européen, centre-droit au Parlement européen, dont est membre l'UMP mais aussi le Peuple de la liberté, l'alliance de centre-droit italienne qui réunissait Forza Italia de Berlusconi et Alliance nationale, NDLR] ou pas” et donc sur notre rapport avec le Front National, 98 % des suffrages exprimés lors des primaires ont dit “oui” à la participation au PPE. Or, s’agissant de notre modèle d’Europe, les primaires se sont déclarés en faveur d’une éventuelle sortie de la zone euro dans le cas de renégociation des accord européens, ce que nous souhaite pas le PPE, donc...

    Vous opposez-vous au gouvernement Renzi ? Avez-vous des accords avec le nouveau Forza Italia et même le nouveau centre-droit d’Angelino Alfano ?

    Nous avons pas voté la question de confiance au gouvernement Renzi, celui-ci est le troisième gouvernement choisi dans les salles d’un Palais et non issu véritablement du choix des électeurs.

    Désormais en Italie, on pense que tout mal peut être soigné par des exécutifs des techniciens ou des gouvernements nommés, non élus, mais les résultats sont les mêmes: faillite et crise. Nous voulons retourner aux élections le plus tôt possible afin de donner à cette nation un gouvernement réellement politique et réellement démocratique, et non plus un gouvernement qui prive le peuple italien de sa souveraineté nationale. Nous ne voulons plus d’un gouvernement en fait aux ordres des chancelleries européennes et des institutions bancaires, qu’elles soient supranationales ou non.

    Renzi se présente lui-même comme “nouveau” mais pour le moment son gouvernement représente tout ce qu’il y a de mauvais dans notre Ière République : la stratégie des accords entre courants, les combinaisons électorales, les pressions des intérêts particuliers.

    Voilà pourquoi nos 9 parlementaires iront évaluer très précisément chaque proposition de loi présenté par la majorité et chaque décret gouvernemental.
    Quant aux autres partis du centre-droit, il y a très peu à dire : NCD [le mouvement d'Angelino Alfano, NDLR] soutient le gouvernement Renzi (et il est lui nécessaire pour bénéficier d’une majorité), Forza Italia est maintenant dans l’opposition comme nous mais il ne faut pas oublier que Berlusconi était dans la majorité jusqu’en septembre dernier, ce qui allait contre le pacte signé avec nos électeurs lors de notre alliance pour les dernières élections législatives. Nous avons été cohérents, quant à eux…

    Propos recueillis par Arnaud Naudin

    http://fr.novopress.info/158436/fratelli-ditalia-meler-tradition-linnovation/#more-158436

  • La France Black-Blanc-Beur ? C’est plus M. Le Pen et F.Belghoul que le PS !

    Entretien avec Alain de Benoist

    Entre ce qu’il était naguère convenu d’appeler le « vote musulman », soit celui des « quartiers », et le Parti socialiste, l’heure paraît être au désamour. Effet Dieudonné ? Effet Mariage pour tous ? Ou les deux à la fois ?

    À l’époque de SOS Racisme et de la Marche des beurs, autant dire la préhistoire, les choses vues de gauche étaient simples : il y avait d’un côté une majorité de méchants franchouillards xénophobes et racistes, et de l’autre une sympathique nouvelle France Black-Blanc-Beur qui en était la victime. Trente ans plus tard, la France Black-Blanc-Beur représente l’essentiel de l’auditoire de Dieudonné, tandis que les mahométans, à l’instigation de Farida Belghoul, sont les premiers à retirer leurs enfants de l’école pour protester contre l’enseignement de la théorie du genre. Les choses se compliquent ! Et le PS se retrouve dans la position ridicule de ces antisémites droitards obligés de constater que les plus résolus défenseurs de l’identité française s’appellent aujourd’hui Alain Finkielkraut, Élisabeth Lévy et Éric Zemmour. C’est une belle claque pour les esprits simplistes qui ne parviennent pas à comprendre que la réalité sociale est toujours complexe. Que les Français « issus de l’immigration » aient jusqu’ici surtout voté à gauche n’est pas niable, mais il n’y a aucune raison pour qu’il en aille toujours de même. Le « désamour » dont vous parlez devrait plutôt être considéré comme un signe avant-coureur. « La gauche a perdu le vote dit musulman », estimait ces jours-ci le politologue Olivier Roy (Le Figaro, 19 février). C’est toute la stratégie de la fondation Terra Nova (chercher à séduire les immigrés à la place du peuple, le FN étant devenu le premier parti de la classe ouvrière) qui tombe à l’eau.

    http://www.bvoltaire.fr/alaindebenoist/la-france-black-blanc-beur-cest-plus-marine-le-pen-farida-belghoul-que-le-ps,52084

  • Xavier Kemlin, l’homme qui gagnerait à être connu

    Alors que l’affaire Trierweiler - Hollande – Gayet  n’est plus tellement à la une des médias, les Français semblent oublier ou ignorent peut-être qu’un certain Xavier Kemlin avait déposé en 2013 deux plaintes contre l’ancienne première dame de France. Selon lui, n’étant pas mariée avec le président, elle n’avait pas à profiter ainsi des fonds publics. Au final, il a eu indirectement gain de cause.

    Mais qui est ce Xavier Kemlin? Personne ne le connaît encore très bien. Arrière petit-fils de Geoffroy Guichard, le fondateur du groupe Casino, il s’agit d’un entrepreneur français originaire de Saint-Etienne, un millionnaire, exilé fiscal établi en Suisse depuis 1998. Ayant commencé sa carrière comme simple ouvrier, ce fut ensuite l’un des plus jeunes directeurs de supermarchés en France. Il est aujourd’hui actionnaire de la Société Générale et « Défenseur des Petits Actionnaires ».

    A côté de cela, malgré son statut et sa grosse fortune, il a une vie familiale tout à fait traditionnelle et classique. A 55 ans, il est le père de quatre fils qui le vouvoient; son épouse est très discrète et lui apporte un certain équilibre. Enfin, il est ouvertement contre le « mariage pour tous ». Seul bémol: il est, dit-on,  favorable au droit de vote des immigrés.

    Ce personnage a fait parler de lui à quelques occasions, notamment lors d’une manifestation à Genève en 2011. Il avait alors affirmé: « Je vis avec la caste gouvernante que j’admire lorsqu’elle est exemplaire mais que je ne me gêne pas d’attaquer sinon. » La même année, il avait entamé une grève de la faim pour obtenir la démission du conseil d’administration de Carrefour. En juin 2013, il a annoncé son intention de se présenter à l’élection présidentielle de 2017.

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  • Quand NKM vire LMPT de ses listes

    Nathalie Kosciusko-Morizet et la « droite des valeurs » font deux, on le savait.
    Nathalie Kosciusko-Morizet et la « droite des valeurs » font deux, on le savait. Mais il y a les hommes politiques, et les gens dont ils s’entourent… c’est cette différence qui aurait pu faire balancer le cœur des électeurs attachés à la famille en cas de duel probable entre les deux lionnes.
    Cette différence, c’était par exemple Ian Brossat pour Hidalgo, homosexuel militant récemment marié aux idées aussi charmantes que la destruction du Sacré-Cœur pour en faire un « espace dédié à la solidarité », versus Hélène Delsol pour NKM, engagée dans la Manif pour tous.

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  • Le nouveau clivage droite-gauche s'articule autour de la déconstruction

    3e volet du débat entre Gaël Brustier et François-Xavier Bellamy, cette fois-ci à propos du FN. Extraits :

    "Gaël Brustier: Le FN est aujourd'hui une caisse enregistreuse. Il a été un acteur de la reconfiguration idéologique dans les années 1980, avec la préférence nationale, il a réussi à politiser la question de l'immigration, et contribué avec Bruno Mégret à politiser la question de l'identité. Mais aujourd'hui le FN n'est plus un acteur de la recomposition idéologique, mais une caisse enregistreuse électorale des paniques morales. Les Le Pen sont les rentiers du malheur. Ils se sont positionnés dans les années 1980 sur un puits de pétrole, l'immigration, et depuis ils ne font que récolter. [...]

    François-Xavier Bellamy: Le FN a considérablement changé. Il y avait une dimension de transgression avec Jean-Marie Le Pen, la volonté d'assumer un risque politique, qui tend à disparaître avec le renouvellement des générations, et la mise en valeur par le parti de nouveaux profils de techniciens et d'experts. Aujourd'hui, le FN ne joue plus de rôle idéologique majeur: il s'aligne sur le profil type du parti institutionnel, c'est-à-dire un parti qui ne propose plus tant une vision du monde qu'un ensemble de propositions inspirées par une doxa. L'un des symptômes de ce glissement, c'est le fait que le FN, comme tous les «partis de gouvernement», totalement dépassé par ce qui s'est produit l'année dernière: il s'est montré incapable de comprendre ce mouvement de fond, et plus encore de le capter.

    Gaël Brustier: Le FN aujourd'hui a moins de cadres politiques formés, moins d'intellectuels, moins de haut-fonctionnaires que le FN de 1998. [...] Le FN est tiraillé aujourd'hui entre le populisme identitaire et la ligne Wilders (du nom du leader de l'extrême droite néerlandaise très critique de l'islam, sioniste et anti-européen). Entre Saint Nicolas du Chardonnet et le Marais, il va falloir faire un choix ! C'est un des rares partis qui arrive à gagner un nouvel électorat sans en perdre un autre: ça fait trente ans qu'ils rajoutent de nouvelles tranches d'électorat les unes aux autres qui parviennent très bien à cohabiter les unes sur les autres. Ils surfent sur des aspects contradictoires: quand Marion va défiler, Marine rassure une autre frange de l'électorat. [...]

    François-Xavier Bellamy: Du point de vue du contexte, la situation actuelle présente une différence considérable par rapport à d'autres évènements comme Mai 68: c'est la crise économique. Il y a aujourd'hui une fragilité économique considérable, qui augmente la tension latente. [...] Et le résultat, inédit, c'est que la majorité va mal, mais sans que l'opposition en tire aucun bénéfice en termes de confiance ou d'espoir. Ce phénomène est inquiétant, parce qu'il risque de favoriser l'émergence de formes non politiques d'expression de l'opposition ou de la colère. Cela ne pourrait aboutir qu'à la violence, puisque la politique n'est rien d'autre, au fond, qu'une façon non-violente de canaliser et de structurer l'expression du désaccord dans une société.

    Le clivage gauche-droite n'est pas périmé, mais il s'exprime différemment aujourd'hui. Finalement, la question sociale n'est plus centrale pour la majorité parlementaire. [...] L'année dernière, la gauche n'a pas promu le mariage: elle a voulu déconstruire une certaine idée traditionnelle du mariage. L'exposé des motifs de la loi Taubira était révélateur, de ce point de vue: le but affiché par ce texte législatif était d'accomplir une exigence de laïcité radicale. [...] Les racines philosophiques de cette déconstruction sont faciles à retrouver dans le travail de fond que la gauche intellectuelle a mené dans la deuxième moitié du XXème siècle. C'est autour de cette tentative de déconstruction que s'articule aujourd'hui le nouveau clivage gauche - droite, ce qui explique précisément pourquoi la question du libéralisme est dépassée."

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2014/03/le-nouveau-clivage-droite-gauche-sarticule-autour-de-la-d%C3%A9construction.html