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entretiens et videos - Page 913

  • Le mépris des malfaiteurs pour les instances françaises de répression

    Entretien avec Xavier Raufer dans Boulevard Voltaire

    Huit Roumains, certains armés de haches, sont interpellés en flagrant délit lundi, alors qu’ils braquaient une bijouterie près des Champs-Élysées à Paris. S’ils n’en sont pas à leur coup d’essai, leur mode opératoire est relativement nouveau en France.

    À Paris, c’est le second pillage par la même équipe. Le premier, c’était en octobre 2013, rue de la Paix. Notons d’abord l’insondable mépris qu’éprouvent ces malfaiteurs pour les instances françaises de répression : cette première attaque s’est produite à 200 mètres du ministère de la Justice et du bureau de Mme Taubira.
    Mais ces attaques « smash and grab » (« fracasse et rafle ») sont fréquentes ailleurs en Europe, notamment à Londres depuis 2010. Chaque fois, cinq, six, voire 15 individus se ruent en meute sur une bijouterie, fracassant des vitrines devant des employés pétrifiés par la surprise et la primitive brutalité de l’acte, et fuient enfin comme une volée de moineaux, des bijoux ou des montres plein les poches. Il y a bien sûr des arrestations – inévitables avec un tel modus operandi, que ces bandits subissent avec fatalisme. Ils se débattent, certes, mais pas dans le genre farouche, tant pis si j’y laisse ma peau.

    Ces interpellés étaient roumains de nationalité, en général issus de clans nomades criminalisés. De tels « smash and grab » sont fréquents en Europe depuis 2010 ; on sait qui sont les bandits et d’où ils viennent. Donc, en octobre 2013 à Paris, on est surpris de voir le porte-parole de la police tomber des nues devant la « nouveauté » de telles attaques, et l’impréparation flagrante des professionnels de la bijouterie-joaillerie devant de tels actes.

    Les instances de répression et les syndicats professionnels devraient un jour réaliser qu’il n’y a plus de frontières en Europe, que les bandits entrent à leur guise dans une France sans frontières et que si un « smash and grab » advient à Londres, ce n’est qu’à deux heures en Eurostar de Paris et qu’ainsi, mieux vaut se préparer.

    Quel amateurisme ! Certains d’entre eux restent coincés dans le sas de sécurité, ne pouvant plus ni entrer ni sortir… Qui sont ces gens ?

    Les stratèges de telles opérations sont de grands professionnels, sachant où écouler les bijoux, comment couvrir leurs traces, etc. Les exécutants, les jeunes bandits du terrain, apprécient lucidement le risque. Les chefs comme les troupes connaissent le laxisme de la justice Taubira. Comme, en France, la police et la gendarmerie font encore leur boulot proprement, ces bandits savent leur arrestation probable, mais qu’ensuite la justice les élargira au nom de la « culture de l’excuse »… pauvres victimes de l’exclusion et du racisme… j’ai volé car j’avais faim… toute ma famille à nourrir… et autres bobards que les juges Taubira avalent goulûment.

    Comment lutter contre de tels desperados, sans doute fort dangereux?

    Mais on sait très bien comment faire ! Preuve : les huit de lundi étaient repérés et suivis depuis leur arrivée sur le territoire français. Dès le flagrant délit manifeste, à la première vitrine attaquée à la hache, ils ont été cueillis par ceux qui les filaient et n’attendaient que ça. En France, le seul problème est un affligeant laxisme judiciaire. Désormais, pour notre justice, tous les prétextes sont bons pour élargir les malfaiteurs, y compris les auteurs de vols à main armée — et attaquer une bijouterie avec une hache est un vol à main armée.

    Donc, pas besoin d’être grand criminologue pour prédire le futur, en liberté, de tels auteurs de « smash and grab » : ils réitéreront en France ou en Europe. Ce, selon la seule intangible loi criminologique, l’effet de déplacement, fondé sur un basique raisonnement coût-bénéfice : là ou cela rapporte le plus et où le risque carcéral est minime. Or, la France est un pays riche avec une justice « passoire ». Attendons sereinement les statistiques criminelles de l’année 2013. Les résultats du laxisme Taubira y apparaîtront de façon éclatante.

    Xavier Raufer

    Docteur en géopolitique et criminologue

    Il enseigne dans les universités Panthéon-Assas (Paris II), George Mason (Washington DC) et Université de Sciences politiques et de droit (Pékin)

    http://www.altermedia.info/france-belgique/

  • Entretien avec Alain de Benoist: Gare à la logique hygiéniste imposée par l’État maternel thérapeutique !

     

    Entretien avec Alain de Benoist: Gare à la logique hygiéniste imposée par l’État maternel thérapeutique !
    Vous venez de publier aux Éditions Pierre-Guillaume de Roux « Les démons du bien« , essai dont la première partie se veut une critique radicale de la tyrannie des bons sentiments. A quoi attribuez-vous l’émergence de ce néo-cléricalisme ?
    À l’esprit du temps. Mais l’esprit du temps n’est jamais que la résultante d’une tendance de fond. À partir du XVIIIe siècle, la montée sociale de la classe bourgeoise a simultanément marginalisé les valeurs aristocratiques et les valeurs populaires, en les remplaçant par ce que Tocqueville appelait les passions « débilitantes » : utilitarisme, narcissisme et triomphe de l’esprit de calcul. La vogue de l’idéologie des droits de l’homme a, de son côté, permis à l’égoïsme de se draper dans un discours « humanitaire » dont la niaiserie est le trait dominant. L’accélération sociale et la montée de l’insignifiance ont fait le reste.
    L’un des traits caractéristiques de « l’empire du bien » est cet envahissement du champ politique par le lacrymal et le compassionnel qui fait qu’à la moindre catastrophe ayant une portée médiatique, les ministres se précipitent désormais pour exprimer leur « émotion ». C’est également révélateur de la submersion de la sphère publique par le privé. La vie politique bascule du côté d’une « société civile » appelée à participer à la « gouvernance » par des « demandes citoyennes » qui n’ont plus le moindre rapport avec l’exercice politique de la citoyenneté. Il est désormais beaucoup mieux vu (et aussi plus rentable) d’être une victime qu’un héros.
    Parallèlement, la marchandisation de la santé va de pair avec la médicalisation de l’existence, c’est-à-dire avec un hygiénisme dogmatique qui se traduit par une surveillance toujours plus grande des modes de vie. Elle prescrit socialement des conduites normalisées, cherchant ainsi à domestiquer toutes les façons d’être qui se dérobent aux impératifs de surveillance, de transparence et de rationalité. On assiste à l’instrumentalisation de la vie humaine au travers d’une logique hygiéniste imposée par l’État maternel thérapeutique.
    L’évolution du langage est également significative. On préfère parler désormais de « fractures sociales » – aussi accidentelles en somme que les fractures du tibia – que de véritables conflits sociaux. Il n’y a plus d’exploités, dont l’aliénation renvoie directement au système capitaliste, mais des « déshérités », des « exclus », des « défavorisés », des « plus démunis », tous également victimes de « handicaps » ou de « discriminations ». La notion de « lutte contre-toutes-les-discriminations » a d’ailleurs elle-même remplacé celle de « lutte contre les inégalités », qui évoquait encore la lutte des classes. Dans 1984, George Orwell expliquait très bien que le but de la « novlangue » est « de restreindre les limites de la pensée » : « À la fin, nous rendrons impossible le crime par la pensée, car il n’y aura plus de mots pour l’exprimer. » Le politiquement correct fonctionne comme la « novlangue » orwellienne. L’usage de mots détournés de leur sens, de termes dévoyés, de néologismes biaisés ressortit de la plus classique des techniques d’ahurissement. Pour désarmer la pensée critique, il faut sidérer les consciences et ahurir les esprits.
    Les médias ne cessent de dénoncer la menace de l’« ordre moral », tout en nous faisant en permanence la morale. Paradoxe ?
    C’est tout simplement qu’une morale en a remplacé une autre. L’ancienne morale prescrivait des règles individuelles de comportement : la société était censée se porter mieux si les individus qui la composaient agissaient bien. La nouvelle morale veut moraliser la société elle-même. L’ancienne morale disait aux gens ce qu’ils devaient faire, la nouvelle morale décrit ce que la société doit devenir. Ce ne sont plus les individus qui doivent se conduire de façon droite, mais la société qui doit être rendue plus « juste ». L’ancienne morale était ordonnée au bien, tandis que la nouvelle est ordonnée au juste. Alors même qu’elles prétendent rester « neutres » quant au choix des valeurs, c’est à cette nouvelle morale, fondée sur le devoir-être (le monde doit devenir autre chose que ce qu’il a été jusqu’ici), qu’adhèrent les sociétés modernes. Nietzsche aurait parlé de « moraline ».
    L’essentiel de votre livre porte sur la théorie du genre, dont tout le monde parle en ce moment. Vous avez été l’un des premiers intellectuels à en faire une critique argumentée. Une fois de plus, à quoi attribuer ce phénomène venu des USA ? Et d’abord, de quoi s’agit-il exactement ?
    La théorie du genre est une théorie qui prétend déconnecter radicalement l’identité sexuelle du sexe biologique. Le sexe, remplacé par le « genre » (gender), serait une pure construction sociale. Cette théorie repose sur un postulat de « neutralité » de l’appartenance sexuelle à la naissance : il suffirait d’élever un garçon comme une fille pour en faire une femme, ou d’élever une fille comme un garçon pour en faire un homme. Ceux qui sont d’un avis différent sont accusés de propager des « stéréotypes » (on oublie qu’un stéréotype n’est jamais qu’une vérité empirique abusivement généralisée). Cette théorie a pour effet de confondre les deux sexes et de rendre plus difficile à chacun d’eux d’assumer son identité.
    La théorie du genre est en fait insoutenable. Non seulement son postulat d’une « neutralité sexuelle » originelle ne correspond pas à la réalité, mais on constate que l’appartenance sexuée favorise dès la plus petite enfance, avant tout conditionnement, des comportements spécifiques à chaque sexe. Cela ne signifie pas que les constructions sociales ne jouent aucun rôle dans la définition de l’identité sexuelle, mais que ces constructions sociales se développent toujours à partir d’une base anatomique et physiologique. La théorie du genre confond par ailleurs le sexe biologique, le genre (masculin ou féminin), l’orientation sexuelle et ce qu’on pourrait appeler le sexe psychologique (le fait qu’un certain nombre de femmes ont des traits de caractère masculins, et un certain nombre d’hommes des traits de caractère féminins). Reposant sur l’idée qu’on peut se créer soi-même à partir de rien, elle relève en fin de compte d’un simple fantasme d’auto-engendrement. Il faut pourtant la prendre très au sérieux. Dans les années qui viennent, c’est en référence à elle que l’on va voir se multiplier à l’infini les accusations de « sexisme ».
  • Puy-de-Dôme, Isère, Marne… Jour de Colère mobilise la France entière

    « Commerçants étouffés, contribuables matraqués, jeunes désespérés, retraités ponctionnés, ouvriers trahis, enfants déboussolés, délinquants libérés, valeurs bafouées…..TOUS A PARIS LE 26 JANVIER 2014 ! » peut-on lire sur le manifeste Jour de Colère Puy-de-Dôme.

    La grande manifestation nationale Jour de Colère qui vise à dénoncer la désastreuse politique du gouvernement et son mépris du peuple français attire toujours plus de Français las, désabusés et en colère. Medias-presse.info a rencontré trois responsables locaux de Jour de colère: Isère, Marne et Puy-de-Dôme. Nous ne pouvons que saluer leur dévouement et leur courage inlassables au service de leurs concitoyens.

    MPIQuelles activités avez-vous privilégiées afin de faire connaître Jour De Colère sur le terrain et mobiliser la population locale ? et quel accueil recevez-vous ?

    Puy-de-Dôme : Concernant les actions de terrain pour faire connaitre JDC, les plus importantes devraient se faire bientôt : le plus dur est de faire passer le message. Le tractage est la meilleure solution : comme en politique, vous pouvez avoir un contact direct et pertinent avec les gens auxquels vous donnez un tract. Ils vous parlent, vous demandent plus de détails et cela les motive à venir. La mobilisation est fondamentale, elle est le cœur de notre mouvement. Je ne désespère absolument pas : il faut une mise en place mais le temps nous est compté. Après tout,qui sait, je ne doute pas que nous aurons de grosses surprises le 26 Janvier à Paris ! Contrairement à la Manif Pour Tous, notre mouvement s’étend et ne cible pas qu’un seul mécontentement. Pas facile donc de rassembler des gens du premier coup même si je constate ces jours, une hausse des intéressés et participants. En général, la colère et la motivation d’un changement durable pousse les gens à agir !

    La suite sur MPI

  • Jean Sévillia : « Même dans les périodes de crise ou d'effondrement, la France se redresse toujours »

    Journaliste et écrivain, auteur de plusieurs ouvrages consacrés à l'Autriche (Zita, impératrice courage, Le dernier empereur) ou à l'histoire (Historiquement correct, Historiquement incorrect), Jean Sévillia a récemment publié une Histoire passionnée de la France, chez Perrin.
    Monde et Vie : Jean Sévillia, comment vous est venue l'idée de publier une Histoire de France ? Visez-vous un public particulier, par exemple les jeunes, auxquels les programmes scolaires ne prévoient plus d'enseigner cette histoire ?
    Jean Sévillia : Pourquoi une histoire de France ? Parce qu'un tel instrument d'analyse et de synthèse est utile pour le grand public cultivé qui veut rafraîchir sa mémoire, soit sur la totalité de notre histoire pour avoir une vision d'ensemble, soit sur une époque, comme le Moyen-Âge, ou Napoléon. Ordonné chronologiquement, mon livre peut être lu de la première à la dernière page, ou bien par chapitre ou sous-chapitre, afin de compléter rapidement ses connaissances sur un sujet particulier. C'est un ouvrage de culture générale, qui s'adresse aussi bien à un public ayant appris l'histoire de France et qui veut la réviser, qu'à un public qui ne l'a jamais sue et veut en connaître les traits essentiels. Il est évidemment moins destiné aux agrégés d'histoire - encore que l'un d'entre eux me disait récemment qu'il était arrivé à l'agrégation sans avoir jamais entendu parler de la loi de 1905, ni de la politique anticléricale de la IIIe République... Le public est d'autant plus large que l'enseignement de l'histoire est mal conçu et idéologiquement biaisé. À partir des années 1970, on a cassé l'enseignement chronologique et classique de l'histoire de France, de sorte qu'aujourd'hui les quadragénaires ne la connaissent plus.
    Vous accordez une grande place à l'histoire contemporaine: huit chapitres sur quatorze sont consacrés à la période qui s'étend de la Révolution française jusqu'à aujourd'hui. Pourquoi ce choix ?
    Pour deux raisons. D'abord, la somme de connaissances historiques que nous possédons est plus importante pour les temps modernes, alors que les sources concernant les époques plus anciennes sont rares et incertaines... Bien que la période couverte par la monarchie mérovingienne, par exemple, soit aussi longue que celle qui nous sépare, en 2014, de la Révolution française, nous avons donc beaucoup plus à dire sur ce qui s'est passé au cours des deux derniers siècles que sur les Mérovingiens. Ensuite, mon livre est destiné aux hommes de notre temps, qui attendent des réponses sur des sujets polémiques. U en existe, bien sûr, sur le Moyen Age, mais ils ne soulèvent pas les passions des foules. En revanche, le lecteur attend une réponse sur la Révolution française, Napoléon, la Grande Guerre, la Résistance et la collaboration, etc. Les événements capitaux qui se sont produits au XXe siècle passionnent davantage les Français que l'histoire plus ancienne. C'est pourquoi mon livre s'élargit chronologiquement à partir des temps modernes.
    Dans votre conclusion vous évoquez la nécessité de réunir les Français autour de leur histoire. N'est-il pas utopique d'espérer restaurer la cohésion nationale autour d'une histoire aussi fracturée depuis la Révolution, marquée par les affrontements qui ont dressé deux France l'une contre l'autre ? L'histoire de France rassemble-t-elle ou divise-t-elle ?
    Les deux ensemble. L'histoire peut diviser, si elle est trop partisane, car sur les grandes fractures de notre histoire, protestants contre catholiques, républicains contre royalistes, catholiques contre laïcs, gauche contre droite, etc., l'on trouvera toujours des points de division. Mais si on la regarde en prenant de la hauteur, apparaîtront aussi des points de convergence, non moins importants que les points de fracture. Par-delà notre vision politique, religieuse, etc., il existe une étonnante continuité de l'histoire française, qui, même si les fractures demeurent, peut aider à trouver des points d'accord et d'unité, ou du moins montrer ce que les Français ont en commun par-delà leurs divisions. Si l'on croit au cadre national - qui est à mon avis un cadre d'analyse valide historiquement et politiquement -, l'on voit que les Français, de gauche ou de droite, catholiques ou laïcs, sont dans la même barque France, et que si elle coule, ils couleront en même temps. Une nation rassemble des gens différents et si l'histoire est racontée d'une façon sereine, elle peut être un point de convergence pour montrer une histoire commune. Cela me paraît important aujourd'hui.
    Quelle est la période qui vous passionne le plus ?
    L'histoire m'intéresse plus à partir de la Révolution, ou peut-être des guerres de religion, parce que l'on y retrouve l'écho de nombreux débats toujours actuels. De même pour le XIXe siècle et, a fortiori, le XXe. Ce qui me frappe, c'est la capacité de rebond de notre pays. La France a connu des crises terribles, des guerres civiles, des affrontements fratricides d'une extrême violence. Nous ne sommes pas une démocratie Scandinave, mais un pays conflictuel : chez nous, la bagarre est permanente ; mais même dans les périodes de crise ou d'effondrement, la France se redresse toujours, et c'est le sens de notre histoire à travers les siècles. Au début du XVe siècle, pendant la guerre de Cent ans, on croit que la France est morte, mais Jeanne d'Arc arrive et elle reprend vie. Elle connaît de semblables effondrements pendant les guerres de religion, après la Révolution française, en 1940... À chaque fois, se produit une sorte de miracle français grâce auquel ce pays arrive à sublimer ses divisions et à repartir après les plus grandes épreuves. Pour moi, c'est un message d'espérance : cela signifie que même si, aujourd'hui, nous sommes tous extrêmement inquiets devant la situation du pays, nous gardons la capacité d'en sortir; et que si nous ne voyons pas la solution, cela ne veut pas dire qu'elle n'existe pas.
    Propos recueillis par Eric Letty monde&vie
    Jean Sévillia, Histoire passionnée de la France, Perrin, 560 pp, 25 €

  • Entretien avec Jacques Philarchein (questions préparées par Guillaume Lenormand pour RN76).

    1)RN76 ; Jacques Philarchein, bonjour. Pourriez-vous, à l’intention de nos lecteurs, vous présenter et nous résumer votre parcours intellectuel, idéologique et politique ?

    Bonjour, je suis, comme beaucoup d'enseignants, issu de la gôche. Entendons-nous bien, je n'étais pas particulièrement prédisposé au gauchisme, mais le poids du gauchisme est tel dans l'enseignement que je devins gauchiste, en quelque sorte, sans m'en apercevoir. Puis, conscient que le gauchisme n'était qu'une posture, cachant un grand vide intellectuel, je suis devenu plus tard syndicaliste à FO ; le syndicalisme a l'avantage d'être plus précis, plus légitime, et de mobiliser une vraie culture juridique et sociale. Cela dit, à l'occasion de mon expérience syndicale, j'ai pu mesurer la perversité en même temps que la servitude volontaire des enseignants. Ces enseignants que je défendais bénévolement n'avaient strictement aucune reconnaissance ; les mêmes qui accusaient les syndicats d'être ripoux (même si ce n'est pas entièrement faux) passaient leur temps à me demander des renseignements techniques ou de plaider leur cause, sans prendre de carte bien entendu ! Puis je suis devenu patriote, lassé des positions immigrationnistes, sans-papiéristes et sans-frontiéristes de tous les syndicats, y compris le mien. Cela étant, mon patriotisme a considérablement changé de forme entre 2010 et aujourd'hui !

    2)RN76 : Vous êtes intervenu lors des Assises contre l’Islamisation en 2010. Rapidement et clairement, pour quelle(s) raison(s) avez-vous rompu, depuis, avec Riposte Laïque ?

    Oui, j'ai fait une intervention très hostile à la bobocratie, et à l'immigrationnisme d’État. Par voie de conséquence, je m'y alarmais de la poussée de l'islam en France. Après avoir travaillé pour Riposte, j'en suis parti récemment, étant proche des idées d'Alain Soral, penseur détesté par beaucoup de rédacteurs de Riposte. Vers la fin, certains de mes textes étaient systématiquement refusés, il suffisait que je parle de quenelle ou d'Alain Soral, que j'affiche une position plutôt pro-Palestiniens, ou encore que je cite Kemi Seba ou le Sheikh Imran Hosein, pour que les autres rédacteurs (pas tous, cela dit) me traitent de tous les noms sur notre liste de diffusion. J'en avais marre de faire des articles qui passaient à la corbeille. Je suis parti. Ma conférence conjointe à Nancy avec mon ancien « patron » Pierre Cassen fut mon dernier partenariat avec Riposte.
    3)RN76 : Riposte Laïque est-il une incarnation d’un néo conservatisme à la française ou est-ce plutôt une réaction épidermique des français sincères face à l’islamisation, sans fond idéologique solide?

    Au début, je ne savais même pas ce qu'était le néo-conservatisme. J'ai compris par la suite qu'il s'agissait d'une sorte de doctrine mondialiste américano-centrée, selon laquelle le monde se partagerait entre un axe du Bien et un axe du Mal composé de pays voyous, souvent musulmans. Un truc vachement manichéen ! Je me suis alors aperçu que les néo-conservateurs appelaient « voyous » tous ceux qui contrariaient les intérêts immédiats des USA, et plus généralement de l'oligarchie mondialiste. Les néo-conservateurs, crispé sur une exaltation de la culture « judéo-chrétienne », en réalité judéo-WASP, et volontiers islamophobes, sont les mêmes qui financent ou soutiennent des islamistes dès lors que ceux-ci servent leurs intérêts, ou ce qu'ils croient être leurs intérêts. En clair : une gigantesque arnaque idéologique, assortie de milliers de morts. L'islam, vu par les néo-conservateurs, est tantôt diabolique, tantôt super-sympa, en fonction des intérêts du moment !

    En ce qui concerne Riposte, il est clair qu'il y a des rédacteurs sionistes et mêmes des néolibéraux, ils ne s'en cachent d'ailleurs pas. Il y a donc une forme de néoconservatisme latent à l’intérieur de Riposte : soutien à l’État d'Israël, et faible contestation de la géopolitique des États-Unis d'Amérique. Cela dit, Riposte soutient également Bachar el Assad et Poutine, mais déteste l'Iran. Tout cela est bien ambigu. Cela a valu à Riposte un lectorat, je le crois, assez important, composé, comme vous le dites, de Français sincères. Le problème, c'est que les Français sincères ont aussi de la sympathie pour Soral et Dieudo. Les positions viscéralement hostiles de Riposte à l'encontre de ces deux personnage vont, à mon avis, affaiblir la crédibilité de Riposte Laïque et de Résistance républicaine.

    4)RN76 : A RN76, nous parlons souvent de « récupération » du milieu patriote et d’infiltration de celui-ci par des thématiques qui permettraient de lui ôter toute dimension révolutionnaire et de le ramener dans le giron de la « droite forte ». Ainsi, la critique de l’immigration massive (qui mène à la contestation du modèle économique capitaliste et mondialiste) est peu à peu évacuée au profit d’une obsession de l’Islam (permettant de mobiliser pour la défense de «l’occident »). Dans quelle mesure pensez vous (ou non) que cette récupération soit réelle et planifiée ?

    Vous avez tout résumé dans cette phrase : « La critique de l’immigration massive (qui mène à la contestation du modèle économique capitaliste et mondialiste) est peu à peu évacuée au profit d’une obsession de l’Islam. » Je pense que le mondial-Système est suffisamment intelligent et pervers pour infiltrer et manipuler sa contestation ultime qui est le national-patriotisme. On parle à longueur de pages du méchant islam, et tout le reste passe à la trappe. Je me souviens d'une phrase de l'abbé de Tanoüarn : « Le pire ennemi de la France, ce n'est pas l'islam, c'est elle-même. » C'est ce que j'ai également dénoncé dans mes articles sur l'homme-masse, sur la servitude volontaire et le nihilisme occidental. Je suis le rédacteur de RL qui a le moins écrit sur l'islam et le plus sur les Français de souche non-musulmans, dont j'ai systématiquement dénoncé l'aveuglement, la complaisance et la perversité individualiste. En salle des profs, je suis entouré de zombis. La quasi-totalité de mes collègues est encore en extase devant la politique du gouvernement. L'une d'elle me disait : « Bon, d'accord, la France ne va pas très bien. Mais quand même, Hollande, il est plus beau que Sarkozy. » je vous laisse apprécier le niveau de cette analyse politique, émanant d'une enseignante d'économie et de sociologie ! Autre fait : dans ma petite ville de 12 000 habitants où est mon lycée, il y a peu d'élèves arabo-musulmans, et ils sont généralement disciplinés et ont de bons résultats. Les « branleurs » et les fouteurs de m... sont les petits FDS, des « chavs » individualistes, qui ne prennent pas une note, et bénéficient de toutes les impunités. C'est dire la complexité de notre époque... Du reste, ces « chavs » ressemblent beaucoup à leurs professeurs, à la fois leurs victimes et leurs complices. L’Éducation Nationale est en état de mort cérébrale. Ce ne sont en aucun cas les musulmans qui ont provoqué cette mort cérébrale ! La France s'est tuée elle-même. Regardez aussi toutes ces affaires où les pouvoirs publics prennent des décisions destinées à éviter « d'offenser certaines communautés » (interdiction des sapins de Noël, par exemple), alors même que ces « communautés » n'ont souvent rien demandé. La France n'est pas victime de l'islam, mais de son propre suicide. Certes, je ne nie pas que des milieux islamistes impérialistes puissent être tentés de bénéficier de ce suicide. En religion, comme en politique, la nature a horreur du vide.

    Les médias qui, comme Riposte, insistent davantage sur l'islam que sur le nihilisme occidental risquent ainsi, de facto, de faire le jeu du Système.

    5)RN76 . Pour nous l’ennemi est clairement le libéralisme (économique ou civilisationnel), qui a la particularité de pouvoir s’incarner dans des domaines idéologiques très éloignés les uns des autres. Croyez-vous qu’en réponse, le nationalisme et la révolution puisse dépasser les concepts de droite ou de gauche ? Qu’en pensez-vous ?

    Je dirais que le mondial-Système est un libéral-libertarisme. Il y a un libéralisme sauvage en économie, et un libertarisme tout aussi sauvage au niveau des moeurs puisque, désormais, la délinquance et le crime sont exaltés et non réprouvés. Mais libéral-libertarisme est encore un mot insuffisant, car insistant trop sur la notion de liberté. En réalité, ce mondial-Système est extrêmement dirigiste et répressif. Par certains côtés, je préférerais qu'on parle en économie d'un libéral-étatisme (l’État sert à cogner sur les petits, salariés, fonctionnaires ou patrons, pour favoriser les gros, hauts-salariés, hauts-fonctionnaires et grands patrons) et au niveau sociétal d'une anarcho-tyrannie (l’État tyrannise les honnêtes gens tout en favorisant l'impunité la plus sauvage en matière de crimes et de délits). Aujourd'hui, par exemple, Valls entre en guerre contre notre humoriste national Dieudonné ; Esteban et Samuel sont en prison pour s'être défendus, comme tant d'autres ; Nicolas Bernard-Busse a été incarcéré parce qu'il n'était pas d'accord avec le gouvernement ; moi-même je suis un futur délinquant de la pensée ; et pendant ce temps, magouilleurs, escrocs, tortionnaires, violeurs, casseurs, cogneurs bénéficient de toutes les largesses d'une magistrature aux ordre. J'ai d'ailleurs dans l'idée que ce système anarcho-tyrannique (terreur contre les dissidents et les braves gens, et protections inouïes à l'endroit de la racaille) est le propre de bien des révolutions. Pour cette raison, je me méfie du concept de révolution, fût-elle nationale. A la limite, je préfère le concept de restitution, de dévolution, de restauration même, mais dans un sens assez large. Les gauchistes disent eux-aussi : « Il faut faire la révolution ! » Je préfère « Il faut retrouver nos valeurs ! » Bien évidemment, j'en ai conscience, ce ne sont que des mots... J'ajoute qu'en astronomie une révolution complète est un retour à la position initiale !

    6)RN76 : En temps que nationalistes, nous pensons que dans un pays, la religion tient le rôle de ciment social et que l’absence de religion (destruction du catholicisme français) fragilise la cohésion sociale, tout en créant un vide qui appelle à être comblé (ce qui expliquerait le succès de l’Islam salafiste prosélyte en France). En temps que marxiste, quel est votre point de vue sur cette question ?

    Je ne suis pas « marxiste », mais « marxien », « marxiste » est une simplification rhétorique. Mon « marxisme » consiste surtout en une conscience très claire de la captation de la plus-value et de l'exploitation économique, qui n'est pas un mythe. Pour cette raison, je n'apprécie pas non plus l'infiltration des milieux nationalistes par de petits capitalistes magouilleurs et anti-sociaux. Par principe, je défends les petits patrons, mais je sais qu'il en existe d'indignes, comme il existe aussi un grand nombre de salariés indignes, ceux-là même du reste qui font régner la terreur en entreprise et harcèlent leurs propres collègues. L'écroulement du niveau moral de la population amène à ce genre de chose. Et Ortega y Gasset a raison de rappeler que « l'homme-masse » est partout, quelle que soit sa position dans la lutte des classes. Riche, pauvre, exploiteur, exploité, savant, ignorant, homme, femme, vieux, jeune : l'immoralité, l'individualisme, l'effondrement culturel, la néo-barbarie des mœurs, toute l'échelle sociale est polluée, du sommet jusqu'à la base, d'un côté à l'autre, par ces vices structurels de notre société, qu'Ortega y Gasset voyait poindre chez les Espagnols je-m'en-foutistes des années 20-30, qui le payèrent d'ailleurs d'une guerre civile.

    En ce qui concerne « l'opium du peuple », j'ai suffisamment lu Hervé Ryssen pour me demander si Marx vise le christianisme ou s'il ne viserait pas plutôt sa religion d'origine qui est le judaïsme. On trouve d'ailleurs la même incertitude quant à la critique freudienne de la religion comme névrose collective. Cela posé, mon opinion sur la religion est nuancée. Je reste convaincu que toutes les doctrines, sans exceptions, religieuses ou non-religieuses, peuvent être infiltrées, détournées, récupérées, déformées, triturées dans tous les sens pour servir les intérêts d'une oligarchie mondialiste, disons-le satanique. Toutes les doctrines, y compris bien entendu le christianisme. Qu'on soit sédévacantistes comme M. Livernette, je crois, ou non-sédévacantiste, comme M. Ploncard d'Assac, on reconnaîtra aisément que le gauchisme pontifical actuel n'est pas le fin du fin en matière de sagesse chrétienne ! Je ne suis nullement un spécialiste de la papauté, mais à chaque fois que je tombe sur des propos du pape, je les trouve vides, bien vides... et très bisounours. Une fois, je lis un truc : le pape condamne la violence en Syrie, et l'emploi du gaz... Et cela s'arrête là. Aucune analyse des différents camps qui s'affrontent. Je sais bien que la théologie et la géopolitique sont deux sciences différentes, mais enfin, on conviendra que c'est un peu court comme position... Cela me fait penser aux droits-de-l'hommistes maçonniques qui pensent que la guerre, c'est très vilain, et qu'il faut agir pour la paix dans le monde et la démocratie...

    Je suis donc favorable à une restauration de la pratique religieuse chrétienne en France. Mais pour cela, il faut deux conditions, l'une externe, politique, et l'autre interne, au sein même du religieux. Politiquement, cette restauration ne pourra advenir que lorsque le pouvoir politique protégera sincèrement les lieux de cultes chrétiens, notamment catholiques, en France, et coopérera à une politique active de soutien aux Chrétiens persécutés dans le monde. Le christianisme pourrait donc, de ce point de vue, redevenir une sorte de religion d’État (encore que le concept de « religion d’État » reste pour moi assez flou). D'un point de vue religieux, il faudra promouvoir une caste de prêtres qui soient de grands lucides, qui sachent faire preuve de connaissances et de virilité intellectuelle, loin des prêtres-bisounours d’aujourd’hui. Je crois que la Foi et la Raison ne s'opposent pas dans le christianisme (mais je ne suis pas théologien) : malheureusement, aujourd'hui, on n'a ni l'une ni l'autre, ni la virilité intellectuelle, qui permettrait d'allier des deux. Nous avons besoin de prêtres qui appellent un chat un chat, et non pas de pâles fantômes qui se contentent de bêler que nous sommes tous frères d'un bout à l'autre de la planète. Ne jamais froisser personne, ne jamais même froisser la gauche, voilà à quoi en sont réduits nos prêtres ! Je me rappelle d'une conversation dans un vide-grenier avec un curé de gauche de ma connaissance, habillé en civil ; « J'ai viré nationaliste », lui dis-je, par provocation... Il m'a regardé d'un air effrayé, à croire qu'il avait vu le diable !

    7)RN76 : Nous reprochons régulièrement à nos camarades nationalistes d’être trop romantiques, de n’avoir qu’une vision essentiellement culturelle de la politique. En revanche, la gauche marxiste a souvent été aveugle face aux problèmes civilisationnels du fait de son matérialisme et de sa limitation à la seule grille de lecture économique et sociale.
    Pensez-vous qu’une synthèse soit possible, comme l’ont tenté Georges Valois, Ernst Niekitsch, Jan Thiriart ou, pour certains, Alain Soral
     

    Je vais vous décevoir, je ne suis qu'un inculte, à part Alain Soral, je n'ai pas vraiment fréquenté tous ces auteurs que vous citez. C'est d'ailleurs typique des anciens gauchiste qui ont perdu dix ou vingt ans de leur vie à lire les âneries du Système. J'envie la culture gigantesque de certains nationalistes originels ! Il m'est donc impossible de faire un exposé de spécialiste sur la question. Mais sur la ligne générale, c'est vous qui avez raison. Le nationalisme ne saurait transiger sur la question sociale, sous peine de redevenir un faux-nez du capitalisme cynique et oligarchique. Pour cette raison, le nationalisme doit étudier le monde du travail, et manifester de l'empathie pour lui, y compris avec une grille d’analyse marxienne. Le nationalisme n'appartient pas à la haute bourgeoisie, fût-elle intérieure, même si celle-ci n'est pas à mépriser, puisque ses intérêts s'opposent à ceux de la bourgeoisie comprador transnationale et apatride, la plus riche et la plus cynique de toutes. Pour cette raison un certain socialisme et un certain nationalisme doivent s'unir. Gauche du travail, droite des valeurs, le slogan est bon, je me réjouis qu'il soit entendu. Un nationalisme totalement anti-social est une contradiction dans les termes, puisqu'il livrerait le peuple, et donc la nation, à une bourgeoisie cynique et oppressive. Cela me rappelle une caricature où l'on voit un capitaliste cynique déclarer, en fumant un cigare, je crois : « Je suis un bon Français, puisque, dans toute ma vie, je n'ai embauché, exploité et licencié que de bons Français ! » Pour cette raison, il faut soigneusement éviter les alliances avec les faux-nez patriotiques de la droite mondialiste, notamment tous ces mouvements issus de l'UMP, qui sont à la droite mondialiste ce que Mélenchon est à la gauche mondialiste : une instance de rabattage des voix sur les partis du Système. Je laisse de côté la question du FN ; je crois qu'il existe au moins 5 ou 6 FN à l'intérieur du FN, des tendances les plus sincèrement nationalistes aux tendances les plus crypto-systémiques.

    8) RN76 Avez-vous l’intention de continuer à vous engager politiquement et idéologiquement ? Si oui, dans quelles directions ?

     Je suis, disons, un peu fatigué... Je reste un militant patriote, et je suis disponible pour des interventions, des conférences. Mais faire de la politique dans un parti, c'est une chose que je ne sais pas faire. Je suis déjà une personne publique en tant que fonctionnaire de l’Éducation nationale. Je ne vous cache pas que j'ai quelque envie de rester un peu en retrait. Cela dit, on peut évoluer. Je deviendrai peut-être politicien un jour, allez savoir...

    9) RN76: Rapidement, que souhaitez-vous concrètement pour l’avenir politique de notre pays ?

    L'urgence a mon avis est de rétablir la sécurité et de mettre fin à la politique d'inversion des valeurs, d'impunité et de protection des criminels par les institutions. Il faudrait que la France redevienne souveraine et qu'elle rompe aussi avec la culture immigrationniste, qui aggrave les problème sans toutefois les créer (les problèmes ont comme origine l'inversion des valeurs, l'immigration elle-même n'étant qu'un facteur aggravant, fût-il très aggravant). Cela dit, toute cette « restauration » repose sur une seule chose : il faut que la masse cesse de consentir et de pratiquer l'aveuglement volontaire, comme mes collègues en salle des profs qui ne savent rien, absolument rien de l'actualité, ce qui est un comble pour des gens qui disent à leurs élèves : « Informez-vous » ! Même l'oligarchie, si puissante soit-elle, n'est pas à l'origine directe de nos problèmes ; le problème est le consentement, encore très majoritaire, de la masse, de l'homme-masse. Récemment, Vincent Reynouard a publié une vidéo sur ce thème, son allocution prononcée à la Fête des patriotes en septembre 2013, intitulée « Être inaccessible au découragement ». Il y tient le même discours qu'Ortega y Gasset, et près d'un siècle plus tard. J'ai toujours été effaré, autant chez les enseignants que dans d'autres couches de la populations, de l'ampleur du consentement au Système. J'ai moi-même écrit un article intitulé « La France crève parce qu'elle est un peuple de victimes consentantes ». La minimisation systématique des faits-divers criminels, notamment, est une constante des conversations quotidienne. Des supplices, des viols, des horreurs en tout genre deviennent de simples « échauffourées »... Pendant ce temps, les protestataires sont désignés comme « fascistes », y compris s'ils ont eux-mêmes subi des horreurs. Le Français-masse n'éprouve aucune empathie pour ses compatriotes, et se croit intouchable. En clair : excusez-moi, mais c'est un con, un con qui touche le fond de la connerie, et en même temps un salaud, au moins un salaud passif. Le plus dur des combats, c'est donc le combat contre nous-mêmes. Personne ne peut dire si nous le gagnerons un jour. J'espère que vous me pardonnerez ce pessimisme, et le mépris indéfectible que j'éprouve pour mes compatriotes-masse, pour les foules, pour les bouffeurs de chips devant la télé comme je les appelle (je tiens cette expression de Pierre Hillard). Je l'ai écrit des tonnes de fois : le pire ennemi du Français de souche, c'est le Français de souche, ce « barbare vertical » dont parlait Ortega y Gasset en stigmatisant, quant à lui, l'Espagnol moyen débile et fêtard des années 20-30.

    10) RN76: Pour terminer, pouvez-vous nous donner en quelques lignes votre définition personnelle de la France, et de ce qu’est être français ?

    Être Français, c'est refuser d'être aveugle sur la France. Je vous renvoie aux développements précédents. Les Français, de souche ou de branche, qui se complaisent dans l'aveuglement et la bassesse, ne sont que des hommes-masse. L'homme-masse est international (et mondialiste).

    11) RN76: Nous vous remercions sincèrement du temps que vous nous avez accordé et nous espérons vous recroiser au cœur de ce combat perpétuel qu’est le nationalisme révolutionnaire et social.

    Non, c'est moi qui vous remercie d'avoir invité un tout petit intellectuel comme moi à s'exprimer sans faux-semblants. A très bientôt de vous lire ou de vous écouter.

    Source: RN76

    http://cerclenonconforme.hautetfort.com/archive/2014/01/12/entretien-avec-jacques-philarchein-questions-preparees-par-g-5269570.html

  • Les Etats-Unis sont derrière les attentats de Volgograd

    Les Etats-Unis sont derrière les attentats de Volgograd Algeriepatriotique : Quelle analyse faites-vous de la dégradation de la situation sécuritaire en Russie après les deux actes terroristes perpétrés à Volgograd ?
    Alexandre Douguine : Je ne crois pas qu'il s’agisse de dégradation de la situation sécuritaire en Russie. Certains actes terroristes sont presque incontrôlables quand il est question des régions ayant des populations plus ou moins homogènes qui soutiennent, dans une certaine mesure, des groupes terroristes comme c'est le cas au Caucase du Nord, en Russie. Le fait que l'activité des terroristes s’accentue ces derniers temps montre que les forces qui veulent déstabiliser la Russie se focalisent sur les Jeux olympiques de Sotchi. Les Etats-Unis et les pays de l'Otan veulent montrer Poutine, qui s’oppose radicalement au libéralisme et à l’hégémonie américaine, comme un «dictateur» en comparant Sotchi à Munich à l'époque d’Hitler. C'est la guerre médiatique. Dans cette situation, les forces qui soutiennent la politique hégémonique américaine, avant tout les réseaux sub-impérialistes locaux – comme les wahhabites soutenus par l’Arabie Saoudite –, cherchent à confirmer cette image en faisant de la Russie un pays où il n’y a pas le minimum de sécurité et qui est prêt à installer la dictature en réponse aux actes terroristes qui visent essentiellement les Jeux olympiques de Sotchi chers à Poutine. On sait que le chef des renseignements saoudiens, Bandar Bin Sultan, a proposé à Poutine de garantir la sécurité en Russie en échange de l'arrêt de l'appui russe à Damas. Poutine a piqué une colère et refusé cela d'une manière explicite, en accusant les Saoudiens d'être des terroristes, ce qu'ils sont en vérité, pire que ceux qui servent les intérêts des Etats-Unis. Donc, les groupes wahhabites qui activent en Russie, téléguidés par les Saoudiens et à travers eux par leurs maîtres de Washington, ont accompli la menace de Bandar Bin Sultan. En fin de compte, ce sont les Etats-Unis qui attaquent la Russie de Poutine, afin de le châtier pour sa politique indépendante et insoumise à la dictature hégémonique américaine et libérale.
    Qui en est à l'origine ?
    Je crois que je l'ai expliqué dans ma réponse à la question précédente. Quant aux organisateurs concrets de cet acte terroriste, je n'en sais pas plus que les autres. Il semble que ce sont des réseaux wahhabites du Caucase du Nord et les femmes de terroristes liquidés par les services spéciaux russes. Je crois qu’elles sont ignoblement utilisées par les chefs cyniques, consciemment ou inconsciemment, qui travaillent pour les intérêts des Américains.
    D'aucuns estiment que ces attentats terroristes sont la conséquence du soutien indéfectible de la Russie à la Syrie et à l'Ukraine. Etes-vous du même avis ?
    C'est absolument correct. Il s'agit du «châtiment américain» accompli par les complices des Américains par le biais des Saoudiens.
    Quelles vont être les mesures que prendra le Kremlin pour parer à une escalade de la violence dans le pays ?
    Je crois que la montée de la violence durant la période des Jeux olympiques de Sotchi est inévitable. J'espère qu’à Sotchi on réussira quand même à contrôler la situation, mais c'est théoriquement impossible de le faire dans les régions qui l'entourent et qui sont organiquement liées à certains groupes de population du Caucase du Nord où se trouvent les bases principales des terroristes. Cette fois, ce n'est pas la Tchétchénie qui est au centre du dispositif du terrorisme, mais plutôt le Daguestan et la République de Kabardino-Balkarie. On essayera de faire pour le mieux, mais il ne faut pas oublier qu’on a affaire à une grande puissance mondiale, celle des Etats-Unis, qui nous attaque. C'est un défi sérieux qui demande une réponse symétrique. Donc, on verra...

    A Douguine http://www.voxnr.com/cc/d_douguine/EFlAVFVlVZFhzQEmIV.shtml

    Propos recueillis par Mohamed El-Ghazi

  • Entretien avec Génération Résistante, un des soutiens de Jour de Colère

    Génération Résistante fait partie des soutiens de Jour de Colère…Nous avons pu nous entretenir avec un des responsables du collectif pour en savoir un peu plus…

    MPI: Pourriez-vous nous présenter votre association et ses objectifs?

    Génération Résistante: Comme beaucoup de mouvements d’opposition au gouvernement, Génération Résistante tient ses racines dans les manifestations contre le projet de loi du mariage pour tous.
    Cette période de prise de conscience pour un grand nombre de français a fait émerger une envie forte de réveiller les esprits silencieux. Un combat intergénérationnel, regroupant français de 7 à 77 ans. Ainsi, on aurait pu croire à un choc des générations se traduisant en un rassemblement faible, mais aux contraire, une seule génération était observable, la génération des français de la Résistance d’hier, d’aujourd’hui, mais surtout de demain.

    Génération Résistante a voulu entreprendre ce souci de représenter ces personnes qui ont lutté pour la préservation des valeurs fondamentales qui font notre société.

    Arrivé sur les réseaux sociaux fin Mai 2103, la volonté du collectif a été immédiatement d’être apolitique. C’est la mise en avant d’une désobéissance civique mais pacifique: « Désobéir, c’est servir ». Un leitmotiv qui a pour ambition de recueillir chaque personne qui ne se reconnaît pas ou plus dans le gouvernement actuel. Chaque citoyen a sa raison de résister, nous lui donnons l’opportunité de l’exprimer.

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  • L’Europe est-elle encore une puissance politique ?

    Entretien avec Alain de Benoist

    L’Europe est-elle encore une puissance politique ?
    Il semblerait que de plus en plus de gens estiment que nos soldats n’ont rien à faire en Afrique. La politique étrangère de la France devrait-elle se résumer à celle du Costa Rica ?
    De façon générale, nos concitoyens se passionnent pour la moindre anecdote de politique intérieure, mais s’intéressent assez peu à la politique étrangère. Qui peut citer, par exemple, le nom d’un seul ministre du gouvernement d’un pays voisin ? La politique étrangère est pourtant ce qui compte le plus. C’est elle qui détermine le rang d’un pays. C’est elle qui exprime l’idée qu’il se fait du nomos de la Terre. C’est elle, aussi, qui révèle le mieux l’essence du politique, puisqu’elle implique la dualité du couple ami-ennemi. Nous sommes, par ailleurs, aujourd’hui dans un monde globalisé, où tout retentit instantanément sur tout. Non seulement les frontières n’arrêtent plus rien, mais la mondialisation abolit l’espace et le temps : alors que le monde de la modernité était un monde de non-synchronicité, la mondialisation réalise une synchronicité planétaire (le « temps zéro »). Difficile, dans ces conditions, de rester le nez sur la vitre ou de se replier dans l’entre-soi. Mais encore faut-il avoir quelque curiosité, être capable de s’informer, posséder quelques notions de géopolitique. Et savoir raisonner avec des catégories un peu plus intelligentes que le « fascisme », les « États voyous » ou les « lécheurs de babouches ».
    L’exemple que vous donnez n’est cependant pas le meilleur. On peut en effet être convaincu de la nécessité d’avoir une politique étrangère et contester l’opportunité des récentes interventions en Afrique. Si l’on n’avait pas été assez stupides pour faire la guerre à la Libye avec pour seul résultat d’y instaurer la guerre civile et le chaos – ce qui a entraîné la déstabilisation de tout le Sahel –, on se serait épargné l’intervention au Mali, où nos troupes vont bientôt se retrouver prises entre deux feux. Quant à la République centrafricaine, où l’on est au contraire intervenu beaucoup trop tard – en ignorant de surcroît les réalités ethno-politiques locales –, les déboires s’y accumulent déjà. La vérité est que la France n’a plus de politique étrangère (elle s’est totalement déconsidérée dans l’affaire syrienne), et que les initiatives qu’elle prend sont plus favorables à l’axe américano-qataro-israélien qu’aux intérêts français. Si l’on y ajoute la baisse drastique des crédits militaires, tout cela augure mal de l’avenir.
    Quand Bernard Antony, ancien député européen FN, écrit que ce qui se passe en Palestine « ne nous regarde pas », n’est-ce pas étrange, pour un catholique revendiqué, de ne pas s’intéresser à cette terre qui a vu naître le Christ ?
    On compte aujourd’hui 90 000 chrétiens vivant dans les territoires occupés. Plusieurs figures éminentes de la résistance palestinienne sont issues de la communauté chrétienne (il suffit de citer les noms de Georges Habache, Hanan Ashrawi ou Nayef Hawatmeh). En avril dernier, les chrétiens de Palestine ont adressé une lettre ouverte au pape François pour protester contre la décision israélienne de bâtir un « mur de sécurité » qui va séparer Bethléem de Jérusalem au profit des colonies, la qualifiant « d’attaque contre le tissu social palestinien et la présence palestinienne chrétienne ». Sur le sort de ces Palestiniens chrétiens qui partagent le sort de leurs concitoyens musulmans dans les territoires occupés, on peut lire le rapport accablant publié en 2012 par le Conseil œcuménique des Églises sous le titre Faith under Occupation. Cela dit, M. Antony est libre de penser ce qu’il veut. Peut-être pourrait-on seulement lui rappeler que Jésus est maudit dans le Talmud, alors qu’il est vénéré (mais pas adoré) dans le Coran. Et subsidiairement, que les milices chrétiennes de Centrafrique ne sont pas moins criminelles que les milices musulmanes.
    Vous avez été l’un des premiers, à l’époque de la guerre froide, à appeler à une alliance entre l’Europe et ce que l’on nommait naguère le tiers monde. Quel codicille ajouter aujourd’hui ?
    Il y a peu de choses à ajouter, sinon qu’on a changé d’époque. Dans le monde bipolaire de la guerre froide, l’Europe aurait pu prendre la tête du mouvement des non-alignés. À l’époque des pays émergents, elle pourrait chercher à s’imposer comme une puissance autonome – et, simultanément, travailler à l’émergence d’un axe Paris-Berlin-Moscou. Mais l’Europe n’en a ni les moyens ni, surtout, la volonté. Elle préfère se transformer en un vaste marché plutôt que de devenir une puissance qui serait en même temps un creuset de culture et de civilisation. La grande alternative à laquelle nous sommes confrontés est pourtant plus claire que jamais : il s’agit de savoir si le nouveau nomos de la Terre sera unipolaire, c’est-à-dire dépendant globalement de la puissance américaine et des marchés financiers, ou bien multipolaire, les grands blocs continentaux s’imposant comme autant de pôles de régulation de la globalisation.
    À long terme, l’Afrique sera le continent qui comptera le plus, ne serait-ce qu’en termes de ressources naturelles. Les Chinois s’y installent, les Américains aussi. Que reste-t-il de la Françafrique ?
    Je ne suis pas sûr que l’Afrique sera, à terme, le continent « qui comptera le plus » (sauf peut-être sur le plan démographique). De la Françafrique, il reste des vestiges. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il n’y a pas eu de décolonisation économique, commerciale ou technologique. Même sur le plan politique, l’Afrique reste en proie à des conflits ethniques dus à des frontières coloniales qui ont artificiellement coupé des peuples en deux ou réuni dans un même pays des ethnies antagonistes depuis toujours.
    La mondialisation elle-même, qui est dans une large mesure une nouvelle forme d’occidentalisme, fonctionne comme une structure néocoloniale fondée sur ce mythe du « développement » qu’a si bien critiqué Serge Latouche. Elle équivaut à une colonisation des sociétés humaines par la logique du profit et la finance de marché, puisqu’elle vise à généraliser à l’échelle planétaire les valeurs de l’Occident libéral : règne de l’individu, universalité abstraite, etc. – l’idée générale étant que ce qui n’a pas de sens économique n’en a aucun. La mondialisation est d’abord, et avant tout, une marchandisation du monde, où le fétichisme de la marchandise et le primat de la valeur d’échange entraînent une réification généralisée des rapports sociaux. Le système capitaliste continue plus que jamais à éradiquer toutes les cultures enracinées, et à supprimer toutes les structures traditionnelles qui empêchent l’émergence d’un individu manipulable à merci sur le grand marché planétaire. La mondialisation fait du déracinement un idéal et une norme. « En ce sens, dit à juste titre Hervé Juvin, la culture-monde est bien une négation de la condition humaine. »
  • Renaud Camus : Notre seul salut est d’établir ce qui est français et ce qui ne l’est pas !

    Entretien avec Renaud Camus sur Boulevard Voltaire

    L’affaire Dieudonné prend décidément toute la place dans l’actualité, « pain bénit » pour le gouvernement : c’est la nouvelle affaire Taubira ?

    Renaud Camus - J’avoue que je m’y intéresse peu et que j’aurais bien aimé n’avoir pas à m’en occuper du tout. C’est tout de même horriblement significatif du niveau du débat dans notre pays. Le président de la République dialogue par médias à peine interposés avec une collégienne diaboliquement demeurée, qui ridiculise sa fonction et la dignité de la France, et les principaux ministres paraissent n’avoir pas de souci plus pressant qu’un humoriste diaboliquement médiocre, dont tout l’humour prétendu est dans l’idiote transgression, cet hommage des obsédés aux puissances qu’ils prétendent nier. On peut toujours être plus grossier, on peut toujours être plus bas, il y aura toujours un public pour applaudir au record. Mais il s’agit de la France. Alain Finkielkraut et Christian Combaz ont tout à fait raison quand ils dénoncent le règne des humoristes et des Guignols.

    Le rapporteur public du tribunal administratif de Besançon a conclu, mardi 7 janvier, au rejet des requêtes déposées par la famille de Leonarda Dibrani en vue d’obtenir un titre de séjour en France. Une bonne chose ? [...]

    La suite sur Boulevard Voltaire

  • Virginie Raoult-Mercier : Si nous laissons faire ce gouvernement, «la Marche pour la Vie de cette année pourrait être la dernière !»

    Nouvelles de France a rencontré Virginie Raoult-Mercier, porte-parole de la Marche pour la Vie qui a lieu le 19 janvier prochain. Elle nous alerte sur les projets liberticides et mortifères du Gouvernement.

    Quel est le thème de cette 9e Marche pour la Vie ? Pourquoi ?

    Durant l’année 2013, l’embryon a continué de faire l’objet d’atteintes gouvernementales de plus en plus grandes justifiant à elles seules la mobilisation annuelle des défenseurs du respect de la vie (instauration du site gouvernemental de promotion de l’avortement pour contrer les sites pro-vie, rapport du Haut conseil à l’égalité hommes/femmes limitant le délai de réflexion pré-IVG et étendant les centres d’IVG). Mais l’actualité de ces dernières semaines a contraint la Marche pour la Vie à changer de tonalité. [...]

    La suite sur NdF

    http://www.actionfrancaise.net/craf/?Virginie-Raoult-Mercier-Si-nous