
Mardi 11 février, Alice Weidel se déplace à Budapest pour une première rencontre avec Viktor Orbán. Cette visite n’a rien d’anodin, d’un côté comme de l’autre. Elle vient sceller une maturation politique anti, ou plutôt post-mondialiste à travers le continent. Pour la candidate à la chancellerie d’Allemagne, c’est un premier témoignage de considération internationale en Europe dans un contexte de cordon sanitaire allemand aussi forcené qu’à bout de souffle. Côté hongrois c’est un passage du Rubicon. Viktor Orbán avait commencé son engagement politique dans la lutte anticommuniste, puis le Fidesz assumait une approche « ni droite ni gauche ». C’est en remportant les élections en 1998 qu’il s’inscrit dans une affiliation partisane européenne : à l’invitation du chancelier Helmut Kohl le jeune Premier ministre hongrois rallie le Parti populaire européen (PPE). La manière dont on se situe par rapport à l’Allemagne est donc très significative pour les pays d’Europe centrale – sur le plan politique comme économique.