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Europe et Union européenne - Page 861

  • UE, Euro et Otan : Un effondrement inéluctable lourd de conséquence

    Si l’on en juge par l’état des discussions politiques en France – mais aussi à Bruxelles – nombreux sont ceux qui raisonnent selon des schémas devenus largement obsolètes.

    Le débat sur le souverainisme est à la fois “pertinent” et “dépassé”. Pertinent en ce sens qu’il intègre une réalité qui est déjà là : les états de l’UE n’agissent plus de manière collective. “Dépassé”, pour cette même raison.

    Pourquoi “débattre” de l’opportunité d’une “sortie de l’Union Européenne” ou de la zone euro quand les deux ont largement franchi le stade de l’implosion ?

    Bien sûr, il restera une structure nommée “Union Européenne” comme il existe une ONU ou une Ligue Arabe. Elle servira essentiellement à coordonner des coopérations très générales et à garantir des traités d’ordre économique. Rien de plus.

    L’UE et l’Eurozone ont été virtuellement détruites en Grèce où la crise de la monnaie unique et celle des migrants se sont conjuguées. Lorsque la chancelière allemande, Angela Merkel, a annoncé que son pays accueillerait les millions de musulmans candidats à la colonisation du continent, elle a détruit instantanément la zone de libre-échange et la monnaie lui étant liée.

    Avec l’effondrement de la zone euro, l’énorme industrie allemande – qui exporte près de 50% du PIB national chaque année – va se retrouver en état de surcapacité colossale, faute de débouchés continentaux. Il faut comprendre ici qu’une chute de 25% de ses commandes se traduit par un déficit instantané de 12,5% de son PIB. Compte tenu des contraintes budgétaires allemandes, notamment conditionnées pour garantir un système de pensions de retraite plus que précaire, le sort de l’Allemagne est scellé.

    Rajoutons que l’Europe de l’Ouest n’est plus au centre du jeu mondial mais précisément en train devenir une périphérie sans grande importance. Le PIB européen compte pour 19% de celui de la planète (Parité par Pouvoir d’Achat) actuellement. Une étude de Citigroup estime qu’il pourrait atteindre 11% en 2030 et de 7% en 2050 (source).  L’Asie totaliserait 49% du PIB mondial, avec 25% pour la Chine et 15% pour l’Inde. Les USA lutteront pour se maintenir autour de 15% du PIB de la planète.

    Effondrement de l’état-providence français

    J’entends déjà certains “souverainistes français” se réjouir. Ce serait oublier que le premier partenaire commercial de la France est l’Allemagne, à 67 milliards d’euros. Inversement, la France est le troisième marché pour l’Allemagne, à 103 milliards d’euros (source).

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  • L’enfouissement des chrétiens en Occident, un crime contre l’humanité

    Une très belle tribune de Cyril Brun, à lire en entier sur Riposte catholique :

    [...] "Refoulé toujours plus dans une sphère privée de plus en plus étroite, ce qui a trait au religieux tousse çà et là et secoue de spasmes incontrôlés la vieille carcasse humaine que la camisole idéologique et doctrinale ne sait plus comment contenir ni maîtriser. Le sentiment religieux est une donnée naturelle de l’homme que l’athéisme, pas plus que la laïcité ne peuvent comprendre et moins encore admettre. Ce sentiment, cette religiosité n’est pas une donnée facultative de l’équation humaine, ni une variable d’ajustement d’un vivre ensemble rendu impossible par le relativisme même qu’impose la camisole athée.[...]

    Voilà bien une chose que ne peuvent admettre les tenants de l’humanisme athée et leurs corolaires, moins humanistes et plus athées, l’homme ne peut être heureux sans Dieu. Et c’est de cette privation dont le monde étouffe, se noie et se suicide collectivement. Partout pourtant, c’est pour les hérauts de la laïcité que le glas s’est mis à sonner.  Marquant le pas lent et serein de la marche inexorable vers la fosse, la cloche funeste vibre de tous côtés, car de leurs tombeaux sortent les moribonds affamés de Dieu, privés de leur quête la plus précieuse. Les hommes, de plus en plus, hurlent leur besoin de Dieu. Distinctement ou non, directement ou non, consciemment ou pas, volontairement ou malgré eux, les créatures déshumanisées par des décennies, voire des siècles de privation de la présence divine, s’arrachent aux perfusions anesthésiantes des apprentis sorciers de tous crins.

    Oui, bon gré mal gré, l’humanité secoue cette chape idéologique qui l’a dressée des années durant contre Dieu. Partout nous voyons se multiplier les revendications religieuses qu’elles soient catholiques, bouddhistes, musulmanes, protestantes ou encore shintoïstes. Le désir de Dieu refait surface et jusque dans la violence intégriste ou la simple quête intérieure. La laïcité n’a plus pour se défendre que des lois rigides, des gardes-chiourmes idéologiques du système carcéral post moderniste. C’est un fait, la laïcité a perdu. L’homme religieux s’en émancipe chaque jour davantage.

    Les attentats du 13 novembre ne sont qu’une des éructations de ce soubresaut religieux. Les Manifs pour tous sont une douce démonstration de cette émancipation. La préoccupation des DRH quant au « fait religieux en entreprise » est un signe fort en miroir des couperets maçonniques anti-crèches.  Oui le monde, jusque-là anesthésié, se réveille petit à petit et cherche de plus en plus à respirer l’air divin.[...]

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    Marie Bethanie

  • Un tiers des détenus des prisons italiennes sont des étrangers

    ROME (NOVOpress avec le bulletin de réinformation de Radio Courtoisie) : Le journal Il Giornale publie  les données du rapport annuel de l’association italienne Antigone, une ONG qui se préoccupe de la population carcérale. Le pourcentage de détenus étrangers dans les prisons italiennes est de 33,4 %. Sur 53 000 détenus, 18 000 sont des étrangers. Ces chiffres prennent en compte la nationalité des délinquants et criminels. Les Italiens d’origine étrangère et naturalisés ne sont donc pas comptabilisés dans ces statistiques.

    Les premiers pays à remplir les prisons italiennes sont le Maroc (16,9 % du total des étrangers incarcérés), la Roumanie (15,9 %), l’Albanie (13,8 %) et la Tunisie (11 %).

    L’association Antigone établit notamment que ces étrangers ont commis 8 192 crimes contre les biens et 6 599 crimes contre les personnes.

    http://fr.novopress.info/

  • Jusqu'à 2000 personnes pour la 7e Marche pour la Vie à Bruxelles

    Dimanche 17 avril, c'était la Marche pour la Vie, qui a rassemblé plusieurs centaines de personnes à Bruxelles, jusqu'à 2000 participants pour certains, malgré un black-out total de la part de la presse, qui a mentionné la Marche pour la Vie seulement pour signaler la trentaine de contre-manifestants ayant tenté de perturber l'évènement. Un lâcher de ballon a été effectué pour clôturer la 7e édition de la Marche pour la Vie à Bruxelles.

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    Deux autres articles à lire ici et ici.

    Marie Bethanie

  • L’islam est incompatible avec la République… allemande

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    Non, « l’islam ne fait pas partie de l’Allemagne ». C’est la réponse du parti conservateur Alternative pour l’Allemagne (AfD) à la déclaration en sens contraire de la chancelière Angela Merkel, en juillet 2015. La vice-présidente de l’AfD, Beatrix von Storch, a ajouté : « L’islam est une idéologie politique qui n’est pas compatible avec la Constitution allemande. » Aleksander Gauland, deuxième vice-président de l’AfD et chef du parti dans le Brandebourg, en a remis une couche dans une interview pour le Frankfurter Allgmeine Zeitung de dimanche, en soulignant que l’islam est un « corps étranger » et qu’il sera « toujours associé intellectuellement à une volonté de prendre le contrôle de l’État » car « l’islam n’est pas une religion comparable au christianisme catholique ou protestant ».

    Uwe Junge, le président de l’AfD dans le land de Rhénanie-Palatinat où les conservateurs anti-immigration ont obtenu pour la première fois près de 13 % des voix aux élections régionales de mars, a lui aussi rappelé dans une interview à la radio publique DLF, que « l’islam est une religion politique ». Junge a aussi rappelé que dire cela n’est pas être contre tous les musulmans, car cela ne s’adresse pas à ceux « qui ont gagné leur place dans notre société en s’adaptant et en s’intégrant ».

    L’AfD discute en ce moment de la rédaction de son programme politique qui fera l’objet d’un vote à la convention du parti à Stuttgart, à la fin du mois. Le parti de Frauke Petry continue de grimper dans les sondages où il est désormais donné à 14 % des voix au niveau national.

    Malgré les cris outrés en provenance des autres partis et des organisations musulmanes, qui prétendent voir dans les inquiétudes, pourtant légitimes, exprimées par l’AfD l’ombre du nazisme, le mouvement anti-immigration vient de recevoir le soutien indirect de l’ancien chancelier Helmut Kohl, de la CDU, dans la préface à la traduction hongroise de son livre Par souci de l’Europe. Dans cette préface,l’ancien mentor d’Angela Merkel explique, lui aussi, que la religion des nouveaux arrivants est une menace pour notre civilisation judéo-chrétienne.

    Selon les données compilées par le Pew Research Center, il y avait environ 5,95 millions de musulmans en Allemagne à la fin 2015 contre 5,07 millions un an plus tôt.

    Olivier Bault

    Article paru dans Présent n° 8591 daté du 20 avril 2016

    http://fr.novopress.info/

  • Mum, Dad & Kids, l'initiative citoyenne européenne pour la famille Père-Mère-Enfant

    Lu ici :

    "Composé de représentants de sept pays européens, le comité Mum, Dad & Kids vient de lancer une initiative citoyenne. L'objectif? Faire adopter par l'Union européenne une définition du mariage et de la famille unique, «socle commun» à tous les Etats membres. «Le mariage est l'union durable d'un homme et d'une femme», aimeraient-ils faire apparaître dans la législation communautaire. En décembre dernier, la Commission européenne a validé cette initiative. Mais pour qu'il soit examiné, ce texte doit rassembler, avant avril 2017, au moins un million de signatures dans plus de sept pays différents.

    «Les fondateurs de l'Union européenne avaient prévu que le principe de subsidiarité s'applique à tout ce qui concerne la famille: celle-ci est sous l'entière responsabilité des États membres, indique le comité Mum, Dad & Kids sur son site. Pourtant, depuis quelque temps, les textes européens évoquent de plus en plus souvent la famille. Certains textes vont même jusqu'à la définir… mais ces définitions diffèrent d'un texte à l'autre». Autre inquiétude: ces «nombreux rapports votés ces dernières années concernant la filiation: ils traitent, par exemple, des «droits procréatifs».»[...] [I]l ne s'agit pas d'imposer un modèle, mais de s'assurer que le droit de la famille reste du ressort des États membres».[...]

    L'idée est donc de «redonner une cohérence à la législation européenne dans le domaine de la famille, souligne Ludovine de la Rochère, présidente de la Manif pour tous. Cela ne changera rien pour les pays qui ont adopté le mariage homosexuel, ni d'ailleurs pour ceux qui ne l'ont pas fait. Cela ne fera que sécuriser le respect, par l'UE et par chaque État membre, des différentes législations nationales»."

    La pétition à signer est ici.

    Marie Bethanie

  • Juppé défend Goldman Sachs d’avoir trafiqué les comptes de la Grèce

    Pourtant, en vrac :

    Quand Goldman Sachs aidait la Grèce à tricher pour 600 millions d’euros

    Goldman Sachs avait échangé de la dette grecque à un taux fictif en 2001, permettant à Athènes de maquiller ses comptes publics. Aujourd’hui le pays fortement endetté doit 600 millions d’euros à la banque américaine.

    Le gouvernement grec pourrait poursuivre Goldman Sachs

    Athènes étudierait la possibilité de poursuivre la banque pour avoir aidé la Grèce à maquiller ses comptes afin de cacher sa dette à ses partenaires européens.

    https://susauxbanques.wordpress.com/2015/07/24/juppe-defend-goldman-sachs-davoir-trafique-les-comptes-de-la-grece/

  • L’Etat islamique aurait infiltré de nouvelles cellules terroristes en Europe

    L’Etat islamique aurait fait entrer de nouveaux « combattants » en Europe : c’est ce qu’a affirmé Paul Van Tigchelt, patron de l’Ocam, l’Organe de coordination pour l’analyse de la menace, lors d’une conférence de presse tenue ce matin. L’Ocam a pour mission, sous l’autorité du ministère belge de la Défense, « d’effectuer des évaluations stratégiques et ponctuelles sur les menaces terroristes et extrémistes à l’encontre de la Belgique ».

    Le fait que cette information soit donnée par un organisme belge ne signifie pas que les commandos de Daech aient pour mission de perpétrer des actes terroristes en Belgique comme l’ont montré les attentats de Paris, commis par des islamistes partis de Molenbeek.

    Un responsable belge de l’antiterrorisme évoque une menace permanente sur les « sites sensibles » de divers pays européens, dont la France, ainsi que sur les « soft targets », ces lieux quasiment impossibles à sécuriser qui se caractérisent par une forte densité de population à un moment donné, comme les centres commerciaux.

    Les attentats commis à Bruxelles le 22 mars dernier ont fait 32 morts. A ce jour, 44 personnes sont toujours hospitalisées, dont 24 en soins intensifs.

    http://fr.novopress.info/

  • L'islamisation est une infiltration insidieuse qui s'inscrit dans le temps long

    6a00d83451619c69e201b7c83dd660970b-120wi.jpgCéline Pina est une ex-élue PS (adjointe à la mairie de Jouy-le-Moutier dans le Val-d'Oise et conseillère régionale d'Ile-de-France). Après avoir dénoncé le salon de "la femme musulmane" de Pontoise, elle sort un livre  "Silence coupable" dans lequel elle dénonce le déni de la classe politique face à la progression rampante du salafisme mais aussi le clientélisme des élus locaux vis-à-vis des islamistes. Extrait de son interview édifiant recueilli par Marianne :

    Vous dénoncez les élus qui pactisent avec des islamistes en citant des municipalités comme Bagnolet, Cergy-Pontoise ou Aulnay-sous-Bois, mais vous n'accumulez pas de nombreux exemples. Est-ce pour ne pas jeter des noms en pâture ou parce que tout cela reste marginal ?

    D'abord, je n'ai pas mené moi-même une enquête : j'ai pris des exemples que j'ai vus ou dont on m'a parlé. Ensuite, ce n'est pas forcément intéressant de livrer des noms car c'est une logique de système. Surtout, c'est dangereux. Certaines personnes vous racontent des choses, mais ne veulent pas témoigner publiquement de peur d'être violemment attaquées. Les accusations d'islamophobie ferment encore la bouche de beaucoup de monde. Quand quelqu'un d'aussi respectable et respecté qu'Elisabeth Badinter subit de telles attaques pour avoir dit qu'il ne faut pas avoir peur de se faire traiter d'islamophobe, vous imaginez la trouille des gens qui n'ont pas son aura.

    Dans votre livre, vous décrivez des salafistes dans une logique permanente de dissimulation…

    Ce n'est pas une invasion de barbus, c'est beaucoup plus insidieux. C'est de l'infiltration qui s'inscrit dans le temps long. Or, nous ne savons pas observer ces lentes montées en puissances, et quand elles aboutissent, nous sommes complètement décontenancés. Lorsqu'une association a voulu construire une mosquée dans la ville où j'étais élue, elle a d'abord envoyé trois gugusses sur la liste de gauche et trois autres sur la liste de droite. Ceux qui sont envoyés en première ligne sont de vieux chibanis sympas, pas du tout agressifs. Mais derrière, vous voyez souvent des jeunes, plutôt beaux gosses et sportifs, avec un look à la Tariq Ramadan. Ils ne disent jamais rien tant que les places ne sont pas prises, mais à la fin, vous vous rendez compte que ce sont eux qui tirent les ficelles.

    Concrètement, qu'avez-vous observé dans le cas des mosquées ?

    D'abord, la mairie accorde un bail emphytéotique, ce qui permet de subventionner sans le dire. Ensuite, les promoteurs de la mosquée vous demandent de construire un parking, en assurant que c'est l'intérêt général puisqu'il servira à tout le monde. Ensuite, on vous explique que ce serait bien de construire la mosquée à côté du lycée, pour que les jeunes puissent y aller au lieu de traîner dans la rue. Ensuite, on vous demande pourquoi on ne la mettrait pas dans le centre-ville. C'est un moyen de montrer sa puissance et de gagner en visibilité. On ne parle jamais de religion dans ces discussions, qui ressemblent plus à des négociations politiques qu'à une revendication légitime de gens qui veulent pratiquer leur religion dans l'enceinte privée.

    On distingue en général l'islamisme non violent du terrorisme djihadisme, mais vous écrivez que les courants islamistes quiétistes sont en réalité "les préparateurs du terrain". Pourquoi ?

    Parce qu'ils ensemencent des graines de haine, de violences, de rejet de la société et préparent ainsi le passage à l'acte, même si je suis bien consciente que tous ne basculeront pas. Que la prise du pouvoir se fasse par la violence ou la légalité, la société qu'elle installe est la même.Quelle que soit la différence entre les Qataris, l'Arabie saoudite, l'Etat islamique, etc, la finalité est identique : soumission, oppression des femmes, violence envers les homosexuels, refus d'accorder les mêmes droits à ceux qui n'ont pas la même religion… On dériverait alors vers des sociétés claniques, non démocratiques, marquées par une embolie intellectuelle (...)"

    Philippe Carhon

  • La crise des migrants et ses conséquences sur l’Europe, vue de Belgrade

    Dragana Trifkovic, journaliste au magazine serbe Geopolitika, et au magazine allemand Zuerst, fondateur et directeur du Centre des études géostratégiques à Belgrade, Serbie, conseillé pour le Parti Démocratique Serbe (DSS)…

    Le début de la crise migratoire

    L’année 2015 a été marquée par la crise migratoire, c’est-à-dire par un déplacement des populations d’une importance jamais vue dans l’histoire récente, ou plus précisément depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Avant d’analyser les causes et les conséquences de cette crise, il est nécessaire de se rappeler que la vague des réfugiés du Proche-Orient était précédée par des migrations des Albanais du territoire serbe, c’est-à-dire de Kosovo-et-Métochie, vers l’Union européenne, à savoir l’Allemagne. Fin décembre 2014 et début 2015, des lignes de bus spéciales ont été établies, mais ce n’était pas suffisant pour transporter tous les Albanais de Pristina vers Subotica, c’est-à-dire vers la frontière hongroise.

    En trois mois, selon certaines informations, 30.000 Albanais ont émigré depuis le territoire de la région du sud de la Serbie vers les pays de l’UE.

    Des médias serbes, ainsi que des médias étrangers ont écrit sur cet événement, curieux de savoir ce qui a motivé les Albanais à partir soudainement vers l’UE. Selon les dires des migrants qui ont répondu aux questions des journalistes curieux, en attendant le bus à la gare de Pristina, la cause en était la pauvreté et le futur incertain au Kosovo-et-Métochie. Ils ont également dit aux journalistes qu’ils avaient entendu que l’Allemagne, la France et la Suisse offraient de bonnes conditions de vie aux demandeurs d’asile.

    La région du sud de la Serbie, Kosovo-et-Métochie, se trouve sous l’autorité des forces internationales, à savoir l’OTAN (la KFOR), et, avec le soutien des Etats-Unis et l’UE, des institutions paraétatiques ont été établies dans lesquelles des structures terroristes de l’UCK (l’Armée de libération du Kosovo) ont été incorporées. En ce qui concerne la situation des droits de l’homme au Kosovo-et-Métochie après l’arrivée des forces internationales, elle est comparable à celle des droits de l’homme en Arabie Saoudite dans le sens des tortures, des représailles et des meurtres (surtout des Serbes). La situation économique est désespérément mauvaise puisque toutes les entreprises publiques, qui jadis étaient la base de l’économie, ont été détruites. Cependant, une telle situation perdure au Kosovo-et-Métochie depuis une décennie sans qu’il y ait eu auparavant des migrations organisées de la population. C’est la raison pour laquelle cet événement est resté plus ou moins sans explication, et il a été mis au second plan à cause des migrations beaucoup plus importantes des populations du Proche-Orient.

    Les causes de la crise migratoire

    En principe on peut dire que la migration des Albanais du Kosovo-et-Métochie, ainsi que celle des populations du Proche-Orient, ont été

    provoquées par les interventions des Etats-Unis et de l’UE, c’est-à-dire par leur immixtion dans la politique des Etats étrangers. Le Printemps arabe est le nom donné à plusieurs manifestations au Proche-Orient qui avaient commencé en 2010 et qui ont provoqué le changement de plusieurs gouvernements, mais aussi des guerres. Ces manifestations avaient été incitées avec la méthodologie des révolutions de couleur, définies dans le livre de Gene Sharp, spécialiste du renversement « non violent » des régimes « non démocratiques ». C’est la raison pour laquelle le Proche-Orient est aujourd’hui déstabilisé profondément et à long terme, et beaucoup de pays comme la Syrie, la Libye et l’Irak ont souffert, et souffrent encore des destructions.

    Le prix trop important que payent les peuples du Proche-Orient n’est pas causé par un manque de démocratie ou par un régime dictatorial, mais par les ressources qui existent sur leurs territoires. Pour rappel, la Libye et la Syrie étaient des pays possédant un excellent système social et économique avant la guerre. Les pays occidentaux, avec les Etats-Unis en tête, sont partis à la recherche des ressources déjà à la fin du XXe siècle, après la disparition de l’URSS. La déclaration de l’ancienne secrétaire d’Etat, Madeleine Albright, est assez connue : « Il est injuste que la Russie dispose d’un tel espace et de telles richesses naturelles, pendant que d’autres pays en manquent ». A part les Etats-Unis et l’UE qui suit la politique américaine, ceux qui jouent un rôle spécial dans les conflits du Proche-Orient ce sont les alliés américains dans la région, la Turquie, l’Arabie Saoudite et le Qatar, surtout en Syrie. Ces pays se sont ouvertement confrontés aux structures étatiques syriennes, en voulant tailler la Syrie selon leurs propres besoins.

    Le plus grand nombre de réfugiés de Syrie depuis le début des conflits dans ce pays se trouve dans le pays voisin, la Turquie, mais il y en a aussi au Liban. Selon certaines informations, la Turquie a accueilli près de deux millions et demi de réfugiés syriens. La crise migratoire a culminé quand des vagues de migrants se sont dirigées vers l’Europe, c’est-à-dire vers les pays de l’Europe de l’Ouest, qui n’était pas du tout préparée pour un tel développement de la situation. Ici non plus il n’y a pas de réponse à la question de savoir si la migration vers l’Europe a commencé spontanément ou si elle a été organisée. Comme dans le cas des Albanais de Kosovo-et-Métochie, qui vivent dans de mauvaises conditions déjà depuis plus d’une décennie, les guerres en Afghanistan et en Irak durent déjà depuis quelques années.

    L’UE sans politique unitaire

    Depuis le mois de mars 2015, les Balkans sont devenus une zone de transit pour les réfugiés de Syrie, l’Irak et l’Afghanistan. Des centaines de milliers de réfugiés sont passés par les frontières de la Grèce, la Macédoine et la Serbie, et puis ont continué leur chemin vers la Hongrie et les autres pays de l’UE. En Serbie, le comportement de la population envers les réfugiés était bienveillant, les citoyens ayant fait des efforts pour leur venir en aide de différentes manières, en nourriture, vêtements, médicaments, etc. Dans un passé proche, la Serbie est passée par de grandes souffrances, les guerres et l’agression de l’OTAN, et la population a de l’empathie pour les personnes passant par des souffrances semblables. Dans ce sens, la société serbe a eu un comportement plus que responsable concernant la crise migratoire, ce qui ne peut pas être affirmé pour les Etats membres de l’UE.

    La crise migratoire a démontré le fait que les pays membres de l’UE n’ont pas une politique unitaire, que l’UE est plus que sujette à la déstabilisation, qu’elle est incapable de trouver des solutions constructives et que l’administration de Bruxelles a un comportement extrêmement irresponsable. En seulement quelques mois, les principes sur lesquels est basée l’UE ont été remis en question, et il s’agit de l’unité, de la liberté de circulation et des droits de l’homme.

    Prenons l’exemple de la Hongrie et de son premier ministre Viktor Orban, comme un exemple extrême. Même s’il a conquis les sympathies de beaucoup de nationalistes, en présentant ses actions contre les migrants comme le souhait de protéger les intérêts nationaux de son pays, une telle explication est bien plus que superficielle. Pour rappel, la réaction de la Hongrie envers les migrants a été très brutale ; elle était parmi les premiers pays à ériger une clôture de barbelés ; elle a utilisé la force et le gaz lacrymogène afin d’empêcher les migrants d’entrer dans le pays. Rappelons-nous également que la Hongrie est un membre de l’OTAN, et même si elle n’a pas directement envoyé ses soldats pour bombarder la Libye, elle a participé dans le budget qui y a servi. Par ailleurs, l’UE, dont la Hongrie fait partie, a introduit des sanctions envers la Syrie, tout en fournissant des armes aux rebelles syriens. La question qui se pose alors est de savoir comment un pays peut participer dans la déstabilisation des Etats du Proche-Orient, et, quand il faut faire face à de tels actes, ce pays déclare qu’il protège ses intérêts nationaux et envoie son armée sur des familles avec enfants ?

    Complexification du problème

    Un autre problème c’est la propagation de l’islamophobie, à laquelle beaucoup d’hommes politiques en Europe recourent. Il est vrai que le déplacement des populations du Proche-Orient change l’architecture de la société en Europe, mais nous devons revenir encore une fois sur les causes, pas sur les conséquences. Les tensions en Europe augmentent, surtout parce que l’Europe n’a même pas résolu le problème de l’héritage de son colonialisme, et il s’agit des zones interdites dans beaucoup de grandes villes en Europe, dans lesquelles vivent des migrants depuis bien des années, sans aucune possibilité d’intégration dans la société.

    A cela il faut ajouter le fait que l’UE ne s’est toujours pas remise de la crise économique qui dure depuis 2008, que les Etats membres sont surendettés, certains mêmes proches de l’insolvabilité. De nouveaux problèmes, surtout avec de telles proportions comme la crise migratoire, stimulent la déstabilisation de l’UE à plusieurs niveaux, surtout après les attaques terroristes à Paris, et d’autres formes de violence (Cologne et Vienne), dans lesquelles participent les migrants du Proche-Orient. La suite des migrations en 2016 est attendue quand les conditions climatiques le permettront. Des centaines de milliers de réfugiés vont de nouveau partir vers l’Europe de l’Ouest parce que quelqu’un leur a dit que là-bas ils trouveront la paix et la sécurité. L’UE n’est pas prête pour le développement des événements, comme elle n’est pas non plus capable de faire des pas positifs avec sa politique actuelle. La politique stratégique de l’UE pour résoudre la crise migratoire n’existe pas. Eriger des clôtures, annuler les règles sur la libre circulation ou la répartition du nombre des migrants (même là-dessus les pays de l’UE n’arrivent pas à trouver un accord) ne peuvent pas faire partie d’une solution. Au bout du compte, avec un tel comportement l’UE, non seulement détruit les principes sur lesquels elle est basée, mais aussi elle ne respecte pas les accords internationaux qu’elle a signés, la Convention des Nations unies sur les réfugiés, la Convention européenne des droits de l’homme, la Convention sur le statut des réfugiés, selon lesquelles les pays ont l’obligation d’accueillir tous ceux qui fuient un danger de mort. A côté de cela, dans les pays membres de l’UE il existe des dispositions constitutionnelles qui concernent les demandeurs d’asile. L’Allemagne, par exemple, a une politique de la porte ouverte pour les réfugiés, mais cela se heurte de plus en plus à la résistance des citoyens allemands. Il est certain que continuer à pousser les problèmes causés par la crise migratoire sous le tapis et s’envoyer mutuellement la balle entre les pays membres de l’UE causeront de plus importantes radicalisations de la situation dans l’UE, les tensions vont croître, des troubles sociaux viendront, la xénophobie et l’intolérance se développeront, ce à quoi la bureaucratie de Bruxelles n’est pas prête non plus. Dans une telle ambiance, les troubles pourront facilement se transformer en quelque chose de plus grand. Où est la solution ?

    Acceptation de la responsabilité et la résolution du problème

    Avant tout, les bureaucrates de Bruxelles doivent accepter la responsabilité pour la politique de suivi à l’aveugle des intérêts américains. Une telle politique n’est pas souveraine et ne correspond pas aux intérêts de l’Europe, mais exclusivement aux intérêts des Etats-Unis. Ceci sous-entend des actions radicales et la prise de distance par rapport aux Etats-Unis, mais c’est uniquement comme cela que les politiques européens pourront arrêter les conséquences possibles. Une autre possibilité c’est que le mécontentement croissant chez les élites politiques conduira au changement des politiques dans l’UE, si avant cela il n’y a pas d’intensification de la situation. Dans des conditions pareilles, les nouvelles élites politiques devraient être prêtes à se battre pour résoudre tous les problèmes qui se sont accumulés depuis un certain temps. En ce qui concerne les relations entre l’UE et les Etats-Unis, elles devront de toute façon être redéfinies, car il est devenu clair que l’Europe paye toutes les factures à la place des Etats-Unis, partiellement par sa propre faute. L’UE doit définir une politique stratégique relative à la résolution des problèmes liés à la crise migratoire. Le problème avec les migrants peut être résolu aux bénéfices de l’Europe uniquement si on crée les conditions pour que les réfugiés rentrent chez eux, c’est-à-dire si la situation au Proche-Orient se stabilise. Nous devons également avoir en vue que la résolution de ce problème est à caractère urgent à cause des dangers d’une culmination de la crise en Europe. Cette situation renvoie inévitablement l’Europe vers la Russie, qui a pris les premiers pas en aidant la Syrie dans la lutte contre les terroristes. Si la situation en Syrie se stabilise, et il y a des indications que cela arrivera très prochainement, l’UE devrait alors diriger ses ressources qu’elle gardait pour armer « l’opposition modérée », vers l’aide de l’Etat syrien, c’est-à-dire qu’elle devrait fournir les moyens pour aider les réfugiés par un fonds pour la reconstruction de la Syrie. La même chose vaut aussi pour la Libye, l’Irak et l’Afghanistan, mais le plus grand obstacle à la stabilisation du Proche-Orient peut être les Etats-Unis et leurs alliés, l’Arabie Saoudite, la Turquie, le Qatar, les Emirats arabes unis, etc. Il est évident que la paix mondiale est remise en question par le refus des Etats-Unis d’accepter sa perte de position de la plus grande puissance politique, économique et militaire.

    Enfin, dans le cadre de la redéfinition des relations avec les Etats-Unis, l’Europe doit poser la question sur la responsabilité des Etats-Unis à cause de la catastrophe humanitaire au Proche-Orient, causée par la politique de l’interventionnisme.

    En ce qui concerne la Serbie, elle sera toujours une zone de transit, en tenant compte que les migrants ne sont pas intéressés par un asile en Serbie. La Serbie est un pays très pauvre et n’a pas les capacités pour garantir une vie normale même pour ses propres citoyens. Par ailleurs, la Serbie n’a même pas encore résolu le problème des réfugiés serbes venant de Croatie, Bosnie et Herzégovine, Kosovo-et-Métochie, qui encore aujourd’hui vivent dans des centres collectifs, dans des conditions de vie déplorables. L’UE insiste pour que la Serbie, en tant que candidat à l’accession, accepte une partie des obligations et s’occupe d’un certain nombre de réfugiés. Une telle demande est extrêmement insolente, compte tenu du fait que l’UE n’a aucunement aidé la Serbie en ce qui concerne les réfugiés serbes des républiques de l’ex-Yougoslavie ou de Kosovo-et-Métochie. A part cela, l’UE doit être consciente du fait que la Serbie n’a nullement participé dans la déstabilisation des pays du Proche-Orient et qu’elle n’a aucune responsabilité pour le malheur de ces gens, à la différence des pays membres de l’UE, c’est-à-dire l’OTAN. Le danger existe que le gouvernement serbe, avec Aleksandar Vucic à sa tête, accepte de telles propositions indécentes de la part de l’UE, au préjudice de la Serbie, afin de pouvoir, comme si souvent jusqu’alors, courtiser les fonctionnaires de Bruxelles. La Serbie a l’obligation de faciliter le transit rapide des réfugiés et de leur fournir les premiers soins, ainsi que d’avoir un comportement humain envers eux sur son territoire. Les autres actions et la responsabilité des décisions politiques reviennent exclusivement à l’UE.

    Dragana Trifkovic11/04/2016

    http://www.polemia.com/la-crise-des-migrants-et-ses-consequences-sur-leurope-vue-de-belgrade/