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géopolitique - Page 867

  • L’intervention en Irak, une fausse bonne idée ?

    En Irak la situation empire, les djihadistes de l’EIL avancent inexorablement dans un cortège de pillages, d’exécutions sommaires et de massacres. Chabaks, Yézédis, mais surtout les Chrétiens d’Irak sont victimes de ses purges. Pour le moment les États-Unis -qui ont provoqué ses problèmes par leur intervention de 2003- mènent des campagnes de frappes aériennes pour tenter d’enrayer la progression des colonnes de l’EIIL, s’inspirant ainsi de l’opération Harmattan (Libye) ou encore des débuts de l’opération Serval au Mali. Stratégie américaine qui n’obtient que des résultats mitigés et qui est contestée par beaucoup d’Américains.
    Devant le peu de succès de ces idées, des appels venant notamment du Vatican incitent à intervenir militairement en Irak. Appels relayés par beaucoup de nationaux et nationalistes français qui sont d’habitudes les premiers à pousser des cris d’orfraie et à grimper au rideau à la première évocation d’une « ingérence militaire » de l’armée française au service de la « Ripoublique juive et maçonnique » (sic).
    Mais une intervention en Irak est-elle vraiment une bonne idée ? Ou n’est-ce qu’un pis-aller pour se donner bonne conscience devant notre impuissance, pis-aller qui ne ferait que repousser le problème ?

    L’intervention française en Irak… Une idée qui se répand comme une traînée de poudre et qui est fort peu réaliste. D’abord il faut des moyens pour intervenir militairement dans un pays en guerre, et ces moyens nous ne les avons pas. Le peu de régiments qu’il nous reste sont éparpillés entre les intérêts africains (Tchad, Mali, RCA) qui sont d’avantages intéressants pour le pays. De plus, avec les prochaines dissolutions, il paraît impossible d’envoyer des hommes dans un autre pays.
    Oui mais me direz-vous, on a bien réussi à intervenir au Mali et en RCA et seul qui plus est ! Certes mais ce n’est pas la même chose, le Mali n’est pas l’Irak et Bangui n’est pas Bagdad. Nos troupes connaissent l’Afrique depuis des années et même des siècles si l’on pense à l’œuvre coloniale mais l’Irak ? A part une brève intervention en 1991 nous ne connaissons pas. Rajoutons à ceci le fait suivant : la distance entre Paris et Bagdad s’élève à plu de 4000 kilomètres et il faut des avions de transports pour emmener tout ce joli monde pour aller sauver l’Irak. Or avec le déficit des avions de transports français et leur vétusté, la tâche devient compliquée. On peut toujours louer des Antonov à la Russie comme au début de notre engagement Afghan mais acceptera-t-elle en ce moment ? Et puis au prix de 30 millions par an, ça fait cher le déplacement (Blog Secret Défense article du 25/08/2009) ! On peut demander des avions à d’autres pays mais à quel prix ?

    Bon mettons qu’on a réussi à passer tout cela, nous voilà avec des troupes en Irak. Mais que pourrais-t-on faire ? Les Américains avec beaucoup plus de troupes sur le sol irakien que ce que nous pourrons envoyer n’ont pas réussi à se dépêtrer d’un bourbier immonde ou fracture religieuses, ethniques et politiques brouillaient les cartes. Avec une superficie de 437 072 km² il faut un certain nombre de soldats pour quadriller le terrain et détruire les rebelles et autres djihadistes. Et oui car ce n’est pas tout d’arrêter l’avancée ennemi, il faut ensuite le débusquer et l’anéantir définitivement pour ne pas voir le problème recommencer dès notre départ. C’est ce qui est arrivé à l’armée américaine. Pour éviter cela il faudrait une intervention internationale mais qui accepterait de nous suivre ? Les Américains ? Ces derniers renâclent, il faut dire qu’avec 4 489 morts et plus de 32 000 blessés on peut les comprendre. Les Anglais ? N’y comptons pas leur 179 morts les ont calmés, pas plus que les Allemands. A cela s’ajouterait d’autres problèmes, tels que la reconstruction d’un État irakien qui part à la dérive avec des administrations et services publiques incompétents, corrompus et inefficaces. Il faut refaire cette armée irakienne dont on a vu son peu de réussite face aux offensives de l’EIL. Mais une armée ça ne se reconstruit pas comme ça et quand on voit que la dizaine d’année que les Américains y ont consacrés n’a pas été suffisante, on peut craindre une intervention longue si on veut vraiment faire un travail correct et entier. Pas sûr que nos concitoyens comprennent car cela signifie aussi des morts, des blessés et comme l’opinion occidentale n’est pas prête à accepter le sacrifice des ses enfants, il y a fort à parier qu’une hypothétique opération ne soit qu’un simulacre de démonstration de force finissant la queue entre les jambes… Comme quoi déjà ? Ah oui comme l’Afghanistan.

    D’autres solutions ont été proposé, tout d’abord certain royaliste ont parlé d’envoyer l’armé libanaise… Certes mais si on a des troupes françaises au Liban pour maintenir l’ordre et reconstruire cette armée cela signifie qu’elle n’est pas prête à intervenir. Et il est peu probable que le Liban avec les problèmes qui le secouent acceptent d’envoyer ses hommes en Irak. Le Liban est un peu le sismographe de la région, dès qu’il y a un souci dans la région il se répercute dans le pays manquant à chaque fois de raviver les conflits qui menacent le pays des Cèdres. D’autres proposent d’armer le Hezbollah pour lutter contre l’EIIL comptant sur la rivalité Chiites Sunnites. Mais bien sûr armons et collaborons avec ceux qui ont tués 58 soldats Français le 23 octobres 1983 au poste Drakkar sans compter (et on les oublie trop souvent!) les 241 soldats américains morts le même jour dans un attentat similaire commis aussi par nos « supers amis » du Hezbollah. On peut aussi oublier l’aide de l’armée de Bachar-Al-Assad, il me semble qu’elle a d’autres problèmes à régler en ce moment, oui car une guerre civile ce n’est pas une mince affaire.
    On nous parle d’armer les Kurdes, cette minorité répartit dans plusieurs pays du moyen-Orient avec une grosse partie en Irak. De les armer et de les encadrer avec des Forces Spéciales occidentales comme les OMLT en Afghanistan. Solution intelligente mais malheureusement incomplète. Les Kurdes seuls ne changeront rien, ils manquent d’armes, d’expérience, d’effectifs. Si on les arme et qu’on les encadre par de petits effectifs rien ne changera : rappelons nous l’intervention américaine au Viet-Nam. en 1964 il y avait seulement des livraisons d’armes et des militaires chargés d’encadrer l’armée sud-vietnamienne mais en 1967 les effectifs américains stationnés au Sud atteignirent 510 000 hommes, auxquels s’ajoutaient 40 000 hommes de l’USAF basés en Thaïlande et 30 000 autres aux formations de la 7e Flotte américaine.
    Pourquoi ? Car l’encadrement des troupes ne suffit pas pour compenser leur inexpérience et leur sous-effectif et par un effet d’aspiration on finit par envoyer des troupes au sol. Il faut se méfier des sirènes du tout-aérien et des frappes chirurgicales pour faire cesser un conflit. La Libye est un exemple frappant, après nos bombardement soi-disant couronnés de succès, les désordres n’ont jamais été plus grands ! C’est pareil pour le mythe forces-spéciales, ces dernières très compétentes pour mener des petites opérations précises ne peuvent mener une campagne entière et mailler un territoire, l’infanterie reste ici Reine des batailles. Il suffit de regarder les campagnes d’Afghanistan et d’Irak, si juste des avions et des forces-spéciales eurent été suffisantes on aurai pas ces problèmes. Pensez-vous vraiment que les Américains et les pays de la coalition n’ont pas essayé ?

    Les conflits de décolonisation sont un exemple typique, prenons l’Algérie : les forces françaises s’élevèrent à plus de 460 000 hommes. Le but étant d’avoir le plus fort et resserré maillage du territoire possible. Pourquoi ? Nous vous invitons à lire les livres de Trinquier (La guerre moderne) ou de Galula (Contre-Insurrection théories et pratiques). Une fois l’offensive rebelles stoppée, il faut ensuite nettoyer tout le territoire pour empêcher les graines de la discorde de reprendre. Pour cela il faut pouvoir détruite dans son intégralité l’appareil militaro-administratif des rebelles, c’est à dire détruire ses forces militaires mais aussi ses forces politiques qui contrôlent une grande partie du pays. Il faut pouvoir proposer autre chose, pouvoir construire une alternative. Pendant la guerre d’Algérie paras et légionnaires étaient les troupes d’intervention mais elles ne suffisaient pas, il fallait des troupes de quadrillages pour tenir les villages, les postes, les routes, pour quadriller le territoire et gagner les cœurs et les esprits. Ce rôle était tenu par les petits biffins, les appelés ; par une création très intelligente : les SAS ou Section Administrative Spécialisée. Tout les conflits de décolonisation et de contre-insurrection actuels obéissent à cette règle ! Pourquoi lors des guerres récentes en Irak ou ailleurs a-t-on sans cesse voulu augmenter les effectifs ? Hé bien pour contrôler le territoire, répondre aux demandes de la population et pour se donner les moyens de traquer l’adversaire partout où il se cache et ce jusque dans les zones où il se croit en sécurité. Regarder la Libye, le conflit a-t-il cessé ? Non ! Et au Mali, les forces ennemies ont-elles tout arrêté après les bombardements français ? Non, non et encore non ! D’ailleurs et malgré la présence de nos troupes au sol on constate un regain d’intensité du conflit et un retour des Djihadiste. Déployer des troupes au sol c’est ce qui risque d’arriver si on intervient de nouveau en Irak, et c’est la seule solution possible.
    En conclusion nous ne pouvons éviter d’envoyer des troupes au sol, mais il faudra le faire dans un contexte international. Il faut être prêt si l’on veut sauver les Chrétiens d’Irak a envoyer des hommes, beaucoup d’hommes, au sol et par contre-partie à payer le prix de la mort, du sang et des larmes. Surtout prenons garde à ne pas céder aux sirènes du tout technologie et de la guerre à distance, les Américains s’y sont égaré et les Français aussi, cela ne fait que stopper et repousser le problème momentanément. D’ailleurs malgré les frappes aériennes américaines l’avancée des islamistes se poursuit même si elle connaît un ralentissement qui est d’ailleurs dû plusieurs choses et non uniquement à l’intervention américaine.

    Pour éradiquer une rébellion il faut anéantir tout son appareil que se soit politique ou militaire mais surtout être capable de le remplacer par autre chose et dans le cas irakien cela risque de prendre plusieurs dizaines d’année car tout est à reconstruire et un État au sens noble du terme ne s’improvise pas en 10 ans. La France s’est forgée sur des siècles. Il faut aussi, et là est le véritable souci, être prêt à risquer la vie de nos soldats, ce que l’opinion n’est plus prête à encaisser et refuse désormais, rappelons que les familles des soldats tués à Uzbeen en 2008 ont attaqué l’État et l’armée, du jamais vu encore ! En Algérie nous avons déployés 460 000 hommes et eu 28 500 morts, en Afghanistan nous avons déployé 3800 hommes et eu 89 morts. Les chiffres sont significatifs.
    Enfin il manque à la France une volonté de réussir et surtout une stratégie claire et cohérente, et sans cela, on arrive à rien.

    http://www.contre-info.com/lintervention-en-irak-une-fausse-bonne-idee

  • Des bérets verts américains au mont Sinjar

    L'engagement au sol des Américains en Irak semble se préciser :

    "Une vingtaine de soldats américains ont effectué mercredi une mission de reconnaissance au mont Sinjar, dans le nord de l'Irak, pour évaluer les possibilités de porter secours aux réfugiés yazidis, a indiqué un responsable du Pentagone à l'AFP.

    Les soldats, membres des Bérets verts, ont eu des contacts avec les réfugiés pourchassés par les jihadistes et sont depuis retournés à Erbil, la capitale du Kurdistan irakien, a ajouté ce responsable qui s'exprimait sous couvert de l'anonymat.

    Les Bérets verts sont une force spécialisée dans la formation et le conseil des armées locales. 

    Le responsable du Pentagone a parlé d'une mission d'évaluation mais n'en a pas précisé l'objectif final".

    Le Salon Beige

  • Le début du basculement du monde

    L’agression des Anglo-Saxons contre la Russie prend la forme d’une guerre financière et économique. Cependant Moscou se prépare aux hostilités armées en développant l’autarcie de son agriculture et en multipliant ses alliances. Pour Thierry Meyssan, après la création du califat au Levant, Washington devrait abattre une nouvelle carte en septembre à Saint-Petersbourg. La capacité de la Russie à préserver sa stabilité intérieure déterminera alors la suite des événements.

    L’offensive menée par les Anglos-Saxons (États-Unis, Royaume-Uni et Israël) pour dominer le monde se poursuit sur deux lignes simultanées : à la fois la création du « Moyen-Orient élargi » (Greater Middle East) en attaquant simultanément l’Irak, la Syrie, le Liban et la Palestine, et la séparation de la Russie de l’Union européenne à travers la crise qu’ils ont organisée en Ukraine.

    Dans cette course de vitesse, il semble que Washington veuille imposer le dollar comme monnaie unique sur le marché du gaz, la source d’énergie du XXIe siècle, à la manière dont il l’a imposé sur le marché du pétrole [1].

    Les médias occidentaux ne couvrent presque pas la guerre du Donbass et leur population ignore l’ampleur des combats, la présence des militaires US, le nombre des victimes civiles, la vague des réfugiés. Les médias occidentaux traitent par contre avec retard les événements au Maghreb et au Levant, mais en les présentant soit comme la résultante d’un prétendu « printemps arabe » (c’est-à-dire, en pratique, d’une prise de pouvoir par les Frères musulmans), soit comme l’effet destructeur d’une civilisation violente en soi. Plus que jamais, il serait nécessaire de venir en aide à des arabes incapables de vivre paisiblement en l’absence de colons occidentaux.

    La Russie est aujourd’hui la principale puissance capable de conduire la Résistance à l’impérialisme anglo-saxon. Elle dispose de trois outils : les BRICS, une alliance de rivaux économiques qui savent ne pouvoir grandir qu’avec les autres, l’Organisation de coopération de Shanghai, une alliance stratégique avec la Chine pour stabiliser l’Asie centrale, et enfin l’Organisation du Traité de sécurité collective, une alliance militaire d’anciens États soviétiques.

    Au sommet de Fortaleza (Brésil), qui s’est tenu du 14 au 16 juillet, les BRICS ont franchi le pas en annonçant la création d’un Fonds de réserve monétaire (principalement chinois) et d’une Banque BRICS, comme alternatives au Fonds monétaire international et à la Banque mondiale, donc au système-dollar [2].

    Avant même cette annonce, les Anglo-Saxons avaient mis en place leur réponse : la transformation du réseau terroriste Al-Qaïda en un califat afin de préparer des troubles parmi toutes les populations musulmanes de Russie et de Chine [3]. Ils ont poursuivi leur offensive en Syrie et débordé à la fois en Irak et au Liban. Ils ont par contre échoué à expulser une partie des Palestiniens vers l’Égypte et à déstabiliser plus profondément encore la région. Enfin, ils se tiennent à l’écart de l’Iran pour donner au président Hassan Rohani la chance d’affaiblir le courant anti-impérialiste des khomeinistes.

    Deux jours après l’annonce des BRICS, les États-Unis ont accusé la Russie d’avoir détruit le vol MH17 de Malaysia Airlines au-dessus du Donbass, tuant 298 personnes. Sur cette base, purement arbitraire, ils ont imposé aux Européens d’entrer en guerre économique contre la Russie. Se plaçant comme un tribunal, le Conseil de l’Union européenne, a jugé et condamné la Russie, sans la moindre preuve et sans lui donner l’occasion de se défendre. Il a promulgué des « sanctions » contre son système financier.

    Consciente que les dirigeants européens ne travaillent pas pour les intérêts de leurs peuples, mais pour ceux des Anglo-Saxons, la Russie a rongé son frein et s’est interdite jusqu’à présent d’entrer en guerre en Ukraine. Elle soutient en armes et en renseignements les insurgés, et accueille plus de 500 000 réfugiés, mais s’abstient d’envoyer des troupes et d’entrer dans l’engrenage. Il est probable qu’elle n’interviendra pas avant que la grande majorité des Ukrainiens ne se révolte contre le président Petro Porochenko, quitte à n’entrer dans le pays qu’après la chute de la République populaire de Donetsk.

    Face à la guerre économique, Moscou a choisi de répondre par des mesures similaires, mais concernant l’agriculture et non pas les finances. Deux considérations ont guidé ce choix : d’abord, à court terme, les autres BRICS peuvent pallier aux conséquences des prétendues « sanctions » ; d’autre part, à moyen et long terme, la Russie se prépare à la guerre et entend reconstituer complètement son agriculture pour pouvoir vivre en autarcie.

    En outre, les Anglo-Saxons ont prévu de paralyser la Russie de l’intérieur. D’abord en activant, via l’Émirat islamique (ÉI), des groupes terroristes au sein de sa population musulmane, puis en organisant une contestation médiatique lors des élections municipales du 14 septembre. Des sommes d’argent considérables ont été apportées à tous les candidats de l’opposition dans la trentaine de grandes villes concernées, tandis qu’au moins 50 000 agitateurs ukrainiens, mêlés aux réfugiés, sont en train de se regrouper à Saint-Petersbourg. La plupart d’entre eux ont la double nationalité russe. Il s’agit à l’évidence de reproduire en province les manifestations qui ont suivi à Moscou les élections de décembre 2011 —la violence en plus— ; et d’engager le pays dans un processus de révolution colorée auquel une partie des fonctionnaires et de la classe dirigeante est favorable.

    Pour ce faire, Washington a nommé un nouvel ambassadeur en Russie, John Tefft, qui avait préparé la « révolution des roses » en Géorgie et le coup d’État en Ukraine.

    Il importera pour le président Vladimir Poutine de pouvoir faire confiance à son Premier ministre, Dmitry Medvedev, que Washington espérait recruter pour le renverser.

    Considérant l’imminence du danger, Moscou serait parvenu à convaincre Pékin d’accepter l’adhésion de l’Inde contre celle de l’Iran (mais aussi celles du Pakistan et de la Mongolie) à l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). La décision devrait être rendue publique lors du sommet prévu à Douchambé (Tajikistan) les 12 et 13 septembre. Elle devrait mettre un terme au conflit qui oppose depuis des siècles l’Inde et la Chine et les engager dans une coopération militaire. Ce retournement, s’il est confirmé, terminerait également la lune de miel entre New Delhi et Washington, qui espérait distancier l’Inde de la Russie en lui donnant accès notamment à des technologies nucléaires. L’adhésion de New Dehli est aussi un pari sur la sincérité de son nouveau Premier ministre, Narendra Modi, alors que pèse sur lui le soupçon d’avoir encouragé des violences anti-musulmanes, en 2002, au Gujarat dont il était le ministre-chef.

    En outre, l’adhésion de l’Iran, qui représente une provocation face à Washington, devrait apporter à l’OCS une connaissance précise des mouvements jihadistes et des moyens de les contrer. Là encore, si elle était confirmée, elle réduirait la volonté iranienne de négocier une pause avec le « Grand Satan » qui l’avait conduit à élire cheik Hassan Rohani à la présidence. Ce serait un pari sur l’autorité du Guide suprême de la Révolution islamique, l’ayatollah Ali Khamenei.

    De fait ces adhésions marqueraient le début du basculement du monde de l’Occident vers l’Orient [4]. Reste que cette évolution doit être protégée militairement. C’est le rôle de l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC), constituée autour de la Russie, mais dont la Chine ne fait pas partie. À la différence de l’Otan, cette organisation est une alliance classique, compatible avec la Charte des Nations unies puisque chaque membre conserve le choix d’en sortir s’il le veut. C’est donc en s’appuyant sur cette liberté que Washington a tenté, au cours des derniers mois, d’en acheter certains membres, notamment l’Arménie. Cependant, la situation chaotique en Ukraine semble avoir refroidi ceux qui y rêvaient d’une « protection » états-unienne.

    La tension devrait donc s’accroître dans les prochaines semaines.

    Thierry Meyssan

    notes

    [1] « Qu’ont en commun les guerres en Ukraine, à Gaza, en Syrie et en Libye ? », par Alfredo Jalife-Rahme, Traduction Arnaud Bréart, La Jornada (Mexique), Réseau Voltaire, 7 août 2014.

    [2] « Vers une nouvelle architecture financière », par Ariel Noyola Rodríguez, Réseau Voltaire, 1er juillet 2014. “Sixth BRICS Summit : Fortaleza Declaration and Action Plan”, Voltaire Network, 16 July 2014.

    [3] « Un djihad mondial contre les BRICS ? », par Alfredo Jalife-Rahme, Traduction Arnaud Bréart, La Jornada (México), Réseau Voltaire, 18 juillet 2014.

    [4] “Russia and China in the Balance of the Middle East : Syria and other countries”, by Imad Fawzi Shueibi, Voltaire Network, 27 January 2012.

    http://www.voltairenet.org/article185021.html?utm_medium=facebook&utm_source=twitterfeed

  • Comment Sarkozy et Hollande ont armé les jihadistes du nouveau califat syro-irakien

    Une enquête de l'Observatoire de l'islamisation, signée Joachim Véliocas, qui démontre la responsabilité des deux chefs de l'Etat français dans le chaos actuel en Irak et en Syrie.

    Phase 1: soutien par Sarkozy des djihadistes libyens intégrés au CNT (Conseil national de transition en Lybie).

    sarkolibye.jpg

     Phase 2: Soutien matériel aux djihadistes Syriens par Hollande via la vitrine ASL (Armée syrienne libre).

    ASL Hollande.jpg

    Lire l'enquête sur le blog "l'Observatoire de l'islamisation". 

    Marie Bethanie

  • Encore une ode à Israël prononcée par Manuel Valls

    Voici un document vidéo très significatif. Manuel Valls était encore ministre de l’Intérieur lorsqu’il a tenu ce discours. Mais les images n’avaient jusqu’ici pas circulé. Une lacune comblée afin de mieux connaître l’ambitieux qui occupe Matignon…

  • Vian Dakhil , la députée irakienne qui avait fait la une en défendant son peuple, survit au "crash" de son hélico (Add.)

    A suivre...

    Pour mémoire, le fameux playdoyer qui finit dans les larmes.

    En VO iciiciici : la députée figurerait au nombre des 20 blessés, tandis que le pilote aurait été tué. Parmi les autres blessés : Alissa J. Rubin, 56 ans, chef de bureau du New-York Times de Paris.

    Le Salon Beige

  • L’Irak, les Américains, la France, et le double langage

    Que remarque-t-on ? Que ce soit au Kosovo, en Afghanistan (où ils ont promu Al Qaïda avant de le pourchasser), ou en Syrie, partout les Américains instrumentalisent l’Islam au gré de leurs besoins. Alors que sous la présidence de Jacques Chirac la France savait encore manifester une certaine indépendance vis-à-vis des Américains, depuis la présidence de Nicolas Sarkozy, elle s’est complètement assujettie.

    Les USA séparés par les océans des zones de conflit qu’ils suscitent savent qu’en agitant l’Islam ils atteignent l’Europe, la Russie et même la Chine en prise avec les ouïghours. De quoi réduire à néants, espèrent-ils, les velléités d’indépendance financière des pays qui en ont assez de cracher au bassinet pour soutenir le dollar et l’économie américains. La pression permanente au Moyen-Orient musèle et asservie l’Europe;  envahie d’immigrés du monde musulman, celle-ci est tenue éloignée d’une alliance avec la Russie, dont le berceau naturel est l’Europe… La politique du chaos est la bouée de sauvetage dont se servent sans modération les USA pour sauver leur économie qui aurait dû sombrer depuis longtemps. 

    Un langage musclé..

    Sur ce sujet le député UMP et soutien inconditionnel de Nicolas Sarkozy, Claude Goasguen, vient de donner une Interview à BFMTV qui est intéressante à double titre, d’une part pour certaines vérités, d’autre part, au titre du double langage qui est la rhétorique habituelle de nos élites politiques: un langage pour la politique extérieure et un langage différent pour la politique intérieure.

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  • Quand le secrétaire général de l'ONU outrepasse ses prérogatives

    Le "Friday fax" de C-FAM constate qu'une fois de plus, en matière d'IVG, le secrétaire général de l'ONU teste ses pouvoirs et tente d'élargir son influence. En effet, prenant prétexte des viols au cours des conflits partout dans le monde et notamment en Afrique, il essaie d'obtenir des Etats membres une extension du "droit" à l'IVG, alors que ce problème est depuis toujours laissé à l'appréciation des nations, l'IVG étant un sujet que les créateurs de l'ONU n'ont jamais eu l'intention de confier aux institutions de l'ONU.

    "[...] La plupart des Etats africains, dont beaucoup ont récemment fait face à des conflits, interdisent l’IVG. Ils sont la cible de la nouvelle campagne de l’Onu. Dans ces pays vulnérables, l’Onu se doit de protéger chaque personne contre tout mal supplémentaire.Le Secrétaire général instrumentalise les situations de conflit pour promouvoir l’Ivg, et trahit par là de manière grave la confiance qui a été mise en lui. Mais cela ne durera pas longtemps."

    Il est en effet fort à parier que les Etats, africains en particulier, appréciant peu l'ingérence onusienne, et encore moins l'IVG pour beaucoup d'entre eux, mettent au pas ce secrétaire envahissant et ses prétentions totalitaires. Il n'est qu'à se rappeler le choix qu'ont fait les Etats d'Afrique d'un Ougandais pour les représenter à l'Assemblée générale de l'ONU, en riposte aux injonctions onusiennes d'assouplir en Afrique les droits des homosexuels (l'Afrique en général et l'Ouganda en particulier n'admettent pas la pratique homosexuelle et ont légiféré en conséquence). L'instrumentalisation des conflits et de leurs conséquences ne devrait pas, en toute logique, intimider les Etats concernés, et le secrétaire général devrait assez vite se voir renvoyé dans ses buts ...

    Marie Bethanie

  • Les responsables de la persécution des chrétiens d’Irak?

    Le 10 juin l’Etat Islamique s’est déclaré officiellement maître d’une partie de l’Irak, et la chasse aux chrétiens a été officialisée le 28 juillet. Mais il a fallu que les Kurdes soient à leur tour persécutés (Yazidis) pour que le président américain, Barack Obama, prenne la décision d’intervenir par des frappes aériennes pour les soutenir à partir du 08 août dernier. Durant ce long espace de temps, aucune aide militaire, policière ou humanitaire n’est intervenue pour secourir les chrétiens jetés sur les routes, les djihadistes ne leur ayant donné que le choix de se convertir, payer un lourd tribu sous forme d’impôt, fuir ou mourir. Les Chrétiens qui n’ont pas voulu renier leur foi, l’immense majorité, ont été spoliés de leurs biens et chassés. On leur a promis la protection des Kurdes, mais dans la pratique les Kurdes n’ont pas protégé les villages chrétiens et aucune autre mesure n’a été prise pour y suppléer. « Pourquoi a-t-on laissé ces islamistes à Mossoul, et de là s’avancer vers les villages chrétiens? »s’indigne sur France 5 Yako Elish, Président de l’Association d’Entraide aux Chrétiens d’Orient.

    La prise de Qaraqosh, le 7 août, a ouvert la voie à l’armée de l’Etat Islamique vers Erbil, la plus importante ville du Kurdistan irakien. Or lorsque Qaraqosh (50 000 habitants), plus importante ville chrétienne d’Irak, était menacée personne n’a bougé. C’est pour faire barrage à l’avancée de l’armée de l’Etat Islamique vers Erbil que les Américains sont venus au secours de leurs alliés kurdes. Aujourd’hui la persécution des assyro-chaldéens semble passer aux oubliettes. Les médias n’ont plus d’yeux que pour les kurdes. Alors cependant, que les troupes kurdes, aidés par les frappes américaines, ont délivré aujourd’hui même deux de leurs villages. Laurent Fabius, sur place aujourd’hui, n’a eu de mots de soutien que pour les Kurdes, alors que 100 000 chrétiens sont toujours sur les routes.

    Mais qui sont les vrais responsables de cette situation de chaos ? sinon les agresseurs de l’Irak de Saddam Hussein en 2003: les Américains ? Ceux-là mêmes qui se sont lancés en « croisade », selon le mot de Georges Bush! Se présenter en nouveaux croisés, c’était dés l’abord désigner les chrétiens à la vindicte de leurs compatriotes musulmans.

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