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géopolitique - Page 868

  • L'Occident facilite la montée de l'État Islamique «afin d'isoler le régime syrien»

    L'Occident facilitera la montée de l'État Islamique « afin d'isoler le régime syrien », lit-on dans un document de la Defense Intelligence Agency de 2012.

    Très probablement avec l'aide des services saoudiens, ISIL s'attaque à présent à la minorité chiite en Arabie saoudite. L'attaque perpétrée dans une mosquée de la ville de al-Qatif, ce vendredi 22 mai, a fait plus de 20 morts et des dizaines de blessés - Photo : EP

    Le lundi 18 mai, Judicial Watch, le groupe de vigilance du gouvernement conservateur, a publié une sélection de documents autrefois classifiés obtenus du Département américain de la Défense et du Département d'État grâce à un procès fédéral.

    Alors que les grands médias se concentraient sur le traitement par la Maison Blanche de l'attaque du consulat de Benghazi, un bien plus « grand tableau » se dégage de la lecture d'un document de la Defense Intelligence Agency rédigé en 2012 : à savoir que l'avènement d'un « État islamique » dans l'est de la Syrie est souhaitable pour que l'Occident puisse arriver à ses fins dans la région.

    De manière surprenante, le rapport récemment déclassifié stipule que pour « l'Occident, les pays du Golfe et la Turquie [qui] soutiennent l'opposition [syrienne]... il y a la possibilité d'établir une principauté salafiste officielle ou pas, dans l'est de la Syrie (Hasaka et der Zor), et c'est exactement ce que veulent les puissances qui soutiennent l'opposition, afin d'isoler le régime syrien ... ».

    Le rapport de la DIA, anciennement classé « SECRET // NOFORN* » et daté du 12 août 2012, a été largement diffusé dans les divers organes gouvernementaux, y compris CENTCOM, la CIA, le FBI, le DHS, NGA, le Département d'État et beaucoup d'autres.

    Le document montre que, dès 2012, le renseignement américain avait prédit la montée de l'État Islamique en Irak et au Levant (ISIL ou ISIS), mais au lieu de désigner clairement le groupe comme un ennemi, le rapport considère le groupe terroriste comme un atout stratégique américain.

    Bien qu'un certain nombre d'analystes et de journalistes documentent depuis longtemps le rôle des agences de renseignement occidentales dans la formation et l'entrainement de l'opposition armée en Syrie, ce document constitue la confirmation par les plus hautes sphères du Renseignement étasunien de l'idée que les gouvernements occidentaux voient essentiellement ISIS comme le meilleur moyen de parvenir à un changement de régime en Syrie. Non seulement ce document le dit clairement mais il le dit comme si c'était la chose la plus naturelle qui soit.

    Des preuves matérielles, des vidéos, ainsi que les récents aveux de hauts fonctionnaires impliqués (voir l'aveu de l'ancien ambassadeur de la Syrie, Robert Ford), ont, depuis, prouvé que le soutien matériel des terroristes d'ISIS sur le champ de bataille syrien par le Département d'État et la CIA remonte à au moins 2012 et 2013 (pour un exemple clair de « preuves matérielles » : voir le rapport de l'organisation anglaise, Conflict Armement Research, qui, en remontant la trace des roquettes anti-chars croates récupérées auprès de combattants ISIS, est arrivée à un programme conjoint CIA /Arabie Saoudite via des numéros de série identifiables).

    On peut résumer ainsi les points clés du rapport de la DIA, concernant « ISI » (en 2012 : « Etat Islamique en Irak ») et son futur compère ISIS, qui vient d'être déclassifié :
    Al-Qaïda conduit l'opposition en Syrie
    L'Occident s'identifie avec l'opposition
    L'établissement d'un État Islamique naissant n'est devenu réalité qu'avec la montée de l'insurrection syrienne (il n'y a aucune raison de penser que le retrait des troupes américaines d'Irak ait joué le rôle de catalyseur dans l'essor de l'État Islamique, comme l'affirment d'innombrables politiciens et experts ; voir la section 4 .D. ci-dessous)
    La mise en place d'une « principauté salafiste » en Syrie orientale est « exactement » ce que veulent les puissances extérieures qui soutiennent l'opposition (identifiées comme « l'Occident, les pays du Golfe, et la Turquie ») pour affaiblir le gouvernement d'Assad
    Il est suggéré de créer des « lieux de refuge sûrs » dans les zones conquises par les insurgés islamistes comme cela a été fait en Libye (ce qui dans les faits, se traduit par une soi-disant zone d'exclusion aérienne comme premier acte d'une « guerre humanitaire » ; voir 7.B.)
    L'Irak est identifié à « l'expansion chiite » (de 8.C)
    Un « « état islamique » sunnite pourrait empêcher « l'unification de l'Irak » et pourrait « faciliter à nouveau l'entrée d'éléments terroristes de tout le monde arabe dans l'arène irakienne. » (Voir la dernière ligne du PDF.)

    Ce qui suit est extrait du rapport de sept pages déclassifié de la DIA : - R 050839Z 12 août
    ...
    La situation générale :

    A. A l'intérieur, les événements prennent une tournure clairement sectaire.
    B. Les Salafistes [sic], Les Frères musulmans et Al-Qaïda – Irak, sont les forces principales de l'insurrection en Syrie.
    C. L'Occident, les pays du Golfe et la Turquie soutiennent l'opposition, tandis que la Russie, la Chine et l'Iran soutiennent le régime.
    ...
    3. (C) Al-Qaïda – Irak (IQA) : ... B. IQA soutient l'opposition syrienne depuis le début, à la fois idéologiquement et dans les médias ...
    ...
    4. (D). IQA a perdu du terrain dans les provinces de l'ouest de l'Irak en 2009 et 2010 ; Cependant, après la montée de l'insurrection en Syrie, les pouvoirs religieux et tribaux régionaux ont sympathisé avec le soulèvement sectaire. Cette (sympathie) s'est concrétisée par l'appel à bénévoles pour soutenir les sunnites [sic] en Syrie, dans les sermons du vendredi.
    ...
    7. (C) Hypothèses sur le développement futur de la crise :
    A. le régime va survivre et garder le contrôle du territoire syrien.
    B. Evolution de la situation actuelle en guerre par procuration : ... les forces d'opposition tentent de contrôler les zones orientales (Hasaka et Der Zor), qui touchent les provinces irakiennes orientales (Mossoul et Anbar), en plus des frontières turques voisines. Les pays occidentaux, les pays du Golfe et la Turquie soutiennent ces efforts. Cette hypothèse, qui est le plus probable étant donné ce que nous savons des événements récents, permettra de préparer des lieux de refuges sûrs sous contrôle international comme cela a été fait en Libye quand Benghazi a été choisi comme centre de commande du gouvernement provisoire. 
    ...
    8. (C). Si la situation se détériore, on pourra établir une principauté salafiste officielle ou pas, dans l'est de la Syrie (Hasaka et Der Zor), Et c'est exactement ce que veulent les puissances qui soutiennent l'opposition, afin d'isoler le régime syrien qui est considéré comme l'extrémité stratégique de l'expansion chiite (Irak et l'Iran)
    8. (D.1). ... ISI pourrait aussi constituer un État islamique en s'unissant avec d'autres organisations terroristes en Irak et en Syrie, ce qui mettrait gravement en danger l'unification de l'Irak et la défense de son territoire.

    Brad Hoff 

    Note :

    * no foreign nationals : ne pas communiquer aux étrangers

    http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2015/05/24/l-occident-facilite-la-montee-de-l-etat-islamique-afin-d-isoler-le-regime-s.html

  • L’ami américain ! Tribune libre de François Revel

    En cette période de tensions, où le choc des civilisations nous ramène à la dure réalité des relations internationales, l’Union européenne a fait le choix de l’exception, de la différence en abdiquant toute volonté de puissance. Niant les rivalités et les conflits ancestraux, soumises à l’utopie du bien vivre ensemble et à la nouvelle religion des droits de l’hommisme, obéissant en bons petits soldats aux injonctions de leur maître américain, les têtes pensantes de Bruxelles vivent dans un monde où seule la pensée néo-libérale est perçue comme idée de progrès.

    Sur ce principe, toutes les compromissions sont justifiées, aussi bien celles qui mènent aux pires atrocités comme celles qui compromettent sérieusement les intérêts de notre continent.

    Depuis les bombardements sur Belgrade en 1999, le Kosovo en est l’exemple le plus flagrant.

    Dans le seul but de servir la géostratégie américaine, la France ainsi que l’Italie, l’Allemagne et le Royaume-Uni n’ont pas hésité un seul instant à s’associer à la plus grande épuration ethnique effectuée sur le continent européen depuis la Seconde Guerre mondiale. En mettant la nation serbe à genoux, Washington, Paris et Bruxelles ont sciemment participé au déplacement de plus de 200.000 Serbes, Tziganes et Goranis au Kosovo.

    En créant volontairement une zone de conflit dans les Balkans avec la question albanaise, les Etats-Unis ont endossé le rôle du partenaire inévitable.

    Comme le dit Aymeric Chauprade, le but de l’opération fut soigneusement planifié pour atteindre des objectifs multiples. Entre l’éviction de la Russie d’une de ses anciennes zones d’influence, l’installation sur le long terme du complexe militaire Camp Bondsteel, le contrôle de l’énergie entre la mer Caspienne et l’Adriatique, la mainmise sur l’exploitation des ressources minérales du Kosovo, le soutien indirect aux minorités susceptibles d’affaiblir les adversaires de l’oncle Sam et la« déstabilisation des Européens », le Kosovo « moderne », régie d’une façon mafieuse, avec une forte identité islamique, est devenu le symbole premier de l’échec politique de l’Union européenne. En abandonnant les Serbes à leur triste sort, en fermant les yeux sur les exactions de l’UCK albanaise et en laissant les Etats-Unis prendre en main les opérations dans le sud-est de l’Europe, Bruxelles a donné un signal fort d’impuissance et de renoncement.

    De ce fait, ne soyons pas étonnés, comme fait mine de le faire le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, de voir aujourd’hui la Macédoine confrontée au risque de connaître à son tour une terrible guerre ethnique. 

    Début mai, au nom d’une grande Albanie à majorité musulmane, rêve soigneusement entretenu depuis plus de quinze ans par Washington et ses alliés pakistanais et saoudiens, Kumanovo, ville située au nord de la Macédoine, fut le lieu d’une violente attaque terroriste faisant 22 morts et 40 blessés.

    Réclamant « davantage de droits au sein de la société » macédonienne, les Albanais de Macédoine se placent doucement, comme l’ont fait avant eux leurs frères du Kosovo, en situation de minorité discriminée pour mieux aboutir à une situation de crise et fragiliser ainsi la Macédoine multiethnique. Représentant 25% de la population macédonienne, bénéficiant déjà « d’une extension majeure » de leurs droits, les Albanais macédoniens testent le niveau de résistance des autorités de Skopje.

    Zone de tensions, depuis l’occupation ottomane, les Balkans le demeure toujours par le simple fait de l’incapacité européenne à déterminer d’une façon constructive une politique continentale enracinée.

    En s’effaçant devant « l’allié » américain, l’Europe se place dans une dangereuse situation de dépendance et perd, par la même occasion, la possibilité d’écrire seule son avenir.

    Le dangereux traité de libre-échange transatlantique américano-européen, soutenu par la Commission européenne, ne va donc pas dans le bon sens et relèguera un peu plus l’Union européenne comme une simple zone d’influence américaine !

    Vincent Revel

    http://fr.novopress.info/188081/lami-americain-tribune-libre-francois-revel/#more-188081

  • La géopolitique en mutation

    La géopolitique tente aujourd’hui de devenir une réflexion générale sur les espaces du politique – et non plus seulement sur les espaces de la puissance. Elle se trouve, pour certains, au seuil d’un changement majeur.

    «  Guerres et conflits : la planète sous tension ! », tel est le thème du prochain Festival international de la géographie à Saint-Dié-des-Vosges début octobre 2008, l’un des plus importants rassemblements de la géographie en Europe et dans le monde. Au-delà de ce thème d’actualité, ce sont les analyses géopolitiques du monde qui, partout, s’imposent en force. C’est Courrier international qui en 2007 consacre une série de 5 grands dossiers aux « Essentiels de la géopolitique » (1), ce sont les nouveaux programmes de classes préparatoires économiques qui s’intitulent depuis 2002 « Histoire-géographie-géopolitique ». C’est l’énorme succès de l’émission d’Arte, des DVD et des atlas du Dessous des cartes de Jean-Christophe Victor (le premier Atlas, sorti en 2005, s’est vendu à 300.000 exemplaires). C’est enfin l’omniprésence des questions « géopolitiques » dans les informations télévisées, la presse et les publications récentes : Géopolitique de l’Iran, Géopolitique du Moyen-Orient, Géopolitique de l’empire américain…

    La géopolitique se trouve donc aujourd’hui partout, situation d’autant plus étonnante que, après une période de large développement au début du XXe siècle, elle a disparu de 1945 au début des années 1970. L’histoire de la géopolitique peut donc nous aider à comprendre la situation actuelle, à condition de bien voir que c’est la rupture, non la continuité, qui compte ici.

    Prisonnier de la géographie

    Si, comme le dit Pascal Lorot, « la géopolitique est fille de la géographie (2) », il s’agit d’une géographie qui n’a pas grand-chose à voir avec la science sociale actuelle. La géographie de la fin du XIXe siècle est essentiellement «  une science naturelle des genres de vie » : elle s’intéresse aux relations de causalité entre les espaces physiques (nature, territoires, paysages, climats…) et la politique des États. Ceux-ci deviennent la principale structure de l’Europe et s’organisent autour des questions nationales et du nationalisme (3). C’est dans ce cadre que les premiers auteurs importants de la géopolitique publient leurs premiers ouvrages.

    Friedrich Ratzel (1844-1904) et Rudolf Kjellen (1864-1922) sont souvent considérés comme les fondateurs de ces premières formes de géopolitique. Le premier, membre du Parti social-libéral allemand et défenseur du pangermanisme, publie en 1897 la première édition de sa Géographie politique (4). En 1902, il ajoute comme sous titre à la deuxième édition : « Géographie des États, du commerce et de la guerre ». F. Ratzel y propose une analyse des rapports entre les peuples et leurs territoires : « L’État est un organisme non seulement parce qu’il articule la vie du peuple sur l’immuabilité du sol, mais parce que ce lien se renforce par réciprocité au point que l’on ne peut plus les penser l’un sans l’autre (…). Les caractères les plus importants de cet État sont la taille, la situation et les frontières ; viennent ensuite le type et la forme du sol avec sa végétation, son irrigation et enfin les relations qu’il entretient avec le reste de la surface terrestre et particulièrement les mers attenantes et les terres inhabitées. »

    R. Kjellen forge le mot « géopolitique » en 1916. Enseignant à Uppsala et à Göteborg (Suède), il se situe explicitement dans la lignée de F. Ratzel dont il se veut le disciple. Son analyse géopolitique est elle aussi centrée sur l’État et vise à s’interroger sur la préservation et l’agrandissement de son espace par l’outil privilégié que sont la puissance militaire et la guerre. Ces deux auteurs proposent une vision très déterministe et darwinienne de la politique des États. Prisonniers de la géographie, ils sont condamnés à la guerre pour survivre. La géopolitique est ici synonyme de fatalité géographique.

    Le brouillard de la guerre

    Ces visions débouchent pendant l’entre-deux-guerres sur toute une série de travaux visant à proposer des lois de la géopolitique. Deux auteurs se distinguent tout particulièrement : le Britannique Halford Mackinder (1861-1947) et l’Allemand Karl Haushofer (1869-1946). Pour le premier, les comportements géopolitiques découlent de trois cercles planétaires. Au centre, le « heartland » est le pivot central du monde. Comprenons bien : c’est la forme même des continents qui fait que cet espace existe, il n’est pas lié aux structures sociales des États. Ce pivot est occupé par la Russie, puis par l’URSS. Autour de ce pivot, l’anneau intérieur (« inner or marginal crescent ») comprend l’Europe occidentale et l’Asie du Sud et du Sud-Est. Enfin, dernier cercle géopolitique, l’anneau insulaire (« outer or insular crescent ») englobe les Amériques, l’Afrique subsaharienne et l’Asie insulaire jusqu’à l’Australie. En fonction de sa position dans l’un de ces cercles, les États ne peuvent qu’adopter tel ou tel comportement de puissance pour pouvoir survivre et se développer. Les États-Unis et le Royaume-Uni doivent être des puissances maritimes, l’URSS ou la Chine doivent être des puissances continentales.

    K. Haushofer se situe dans ce même projet intellectuel : déterminer les lois des espaces et de la puissance, proposer les comportements optimums des États. Il théorise donc les aires d’influence, à la fois naturelles et idéales de l’Allemagne (l’ensemble de l’Europe, de l’Afrique et du Proche-Orient), des États-Unis (l’ensemble du continent américain), de la Russie (la Sibérie, l’Asie centrale et l’Inde) et du Japon (des Sakhalines à l’Australie en passant par la Chine).

    K. Haushofer fut-il lié à l’émergence des doctrines nazies de « l’espace vital » ? La question est encore discutée. Mais, c’est à cette collusion entre géopolitique et programme nazi que l’on va faire porter le chapeau de la disparition de la discipline pendant trente ans… alors que la cause réelle est à chercher dans la faiblesse épistémologique du projet intellectuel. La géopolitique apparaît comme perdue dans ce que l’on appelle « the fog of war ». Le « brouillard de la guerre » brouille les repères et empêche toute sortie du conflit : la géopolitique est incapable de sortir des impasses conceptuelles de son projet intellectuel.

    Une nouvelle géopolitique ?

    1970. En parodiant une formule célèbre de Jacques Lévy sur la géographie (5), on pourrait dire que « la géopolitique n’est pas de retour, c’est une autre discipline qui émerge ». Aussi bien en France avec Yves Lacoste, Béatrice Giblin, l’IFG (Institut français de géopolitique) et la revue Hérodote, qu’au Royaume-Uni avec Peter Taylor, et aux États-Unis avec John Baylis et Steve Smith (6)…, la géopolitique propose désormais des analyses sociales sur l’exercice de la puissance westphalienne ou des rapports de force d’acteurs non étatiques. L’objectif ne consiste plus du tout en une simplification du monde, mais au contraire à l’arracher aux récits simplificateurs : l’espace des conflits n’est pas celui de la guerre nucléaire englobante dans laquelle les lieux ont disparu, mais bien plus celui des représentations intellectuelles de la puissance (hardpower/softpower) et de l’appropriation des territoires (7).

    La guerre du Vietnam est un jalon essentiel dans cette redécouverte des lieux : car si les processus de puissance sont planétaires (la guerre froide ou le projet impérial de l’administration de George W. Bush), les lieux de l’affrontement ne sont pas de simples espaces neutres. Comme le dit Bertrand Badie (8), les sociétés sont entrées dans l’arène internationale et la géopolitique a désormais des choses à dire sur le fait que les chars ne servent à rien contre la frustration et la misère (comme en Irak), et qu’un avion aussi sophistiqué soit-il ne peut pas grand-chose contre les idéologies du terrorisme (comme en Afghanistan).

    Au-delà de ce renouvellement, deux débats identitaires traversent la géopolitique depuis les années 1980. Celui de la « géopolitique interne » tout d’abord. Selon elle, tous les acteurs de la vie d’un pays (administrations, entreprises, individus, etc.) peuvent entrer en compétition les uns avec les autres dans la construction des espaces. Lorsque l’on décide de construire la ligne TGV-Est en France, le tracé de la ligne est l’objet d’importants rapports de force entre l’État, les régions, les viticulteurs de Champagne, les villes, les ménages dont les maisons se trouvent sur le tracé… Il y a donc ici, la possibilité de faire une « géopolitique de l’aménagement du territoire » pour reprendre le titre de l’ouvrage récent de Philippe Subra (9).

    De façon plus radicale, pour des auteurs comme J. Lévy, P. Taylor ou David Held, la géographie du politique n’est pas la géopolitique (entretien p. 52). La puissance militaire ne fonctionnant plus dans le monde posthobbesien actuel – un monde où l’espace ne peut plus être contrôlé par la guerre –, il s’agit de réfléchir aux nouvelles formes prises par le politique et ses espaces dans la mondialisation. Les processus de la société-monde – la création d’un espace social et politique mondial dans certains domaines comme, par ex., celui des risques environnementaux – ne sont pas selon eux analysables par une géopolitique même renouvelée. Il faudrait donc, toujours selon ces auteurs, différencier clairement entre une géopolitique qui continue à renvoyer aux rapports de force westphaliens – entre les États – et une géographie du politique capable de tenir compte de phénomènes politiques nouveaux (Union européenne, protocole de Kyôto, Cour pénale internationale, opposition de l’Onu aux États-Unis…).

    ► René-Eric Dagorn, Sciences Humaines n°192, avril 2008.

    • NOTES :

    (1) « Les essentiels de la géopolitique », Courrier international, n° 871 à n° 875, juil.-août 2007.
    (2) P. Lorot, Histoire de la géopolitique, Économica, 1995. Voir également A. Defay, La Géopolitique, Puf, coll. « Que sais-je ? », 2005, et P. Moreau-Defarge, Introduction à la géopolitique, 2e éd., Seuil, coll. « Points essais », 2005.
    (3) Voir E. Hobsbawm, Nations et nationalisme en Europe depuis 1780, Gallimard, 1992, et Anne-Marie Thiesse, La Création des identités nationales : Europe, XVIIIe-XXe siècle, Seuil, 1999.
    (4) F. Ratzel, La Géographie politique : Les concepts fondamentaux, 1897, rééd. Fayard, 1987.
    (5) J. Lévy, « Une géographie vient au monde », Le Débat n° 92, nov.-déc. 1996.
    (6) Y. Lacoste (dir.), Dictionnaire de géopolitique, Flammarion, 1995, Peter Taylor, Political Geography : World-economy, nation-State and locality, Longman, 1985, et John Baylis et Steve Smith (dir.), The Globalization of World Politics, Oxford Univ. Press, 1997.
    (7) Voir F. Chauprade, Géopolitique. Constantes et changements dans l’histoire, 3e éd., Ellipses, 2007, et S. Rosière, Géographie politique et géopolitique : Une grammaire de l’espace politique, 2e éd., Ellipses, 2007.
    (8) B. Badie, Le Diplomate et l’Intrus : L’entrée des sociétés dans l’arène internationale, Fayard, 2008.
    (9) P. Subra, Géopolitique de l’aménagement du territoire, A. Colin, 2007.

    http://www.archiveseroe.eu/geopolitique-a117541086

  • Les troubles au Moyen Orient sont une grande source de bénéfices pour les USA

    On est toujours tenté de chercher des raisons à une guerre, et on oublie que, pour l’industrie de l’armement, la guerre est une fin en soi.

    Les Etats-Unis, qui représentent globalement ces forces obscures mais qui ne sont évidemment pas les seuls, ont trouvé au Moyen-Orient le théâtre idéal pour mener une guerre lucrative sans fin, avec sur place l’agent israélien chargé d’attiser le feu. (Réseau International)

    L’industrie américaine de l’armement est en plein essor. Les pays du Moyen Orient qui sont en conflit figurent parmi ses meilleurs clients.

    Pour l’activiste Brian Becker, Washington s’inquiète plus pour ses affaires que des vies humaines.

    Le département d’Etat américain a officiellement approuvé des ventes d’armes à destination d’Israël à hauteur d’environ 1,7 milliard d’euros. Selon le contrat, l’Etat hébreu recevra des centaines de bombes de perforation de bunkers, de missiles Hellfire, de missiles air-air et des milliers de bombes à retardement prêtes à exploser. Selon l’Agence pour la coopération de sécurité et de défense, la livraison de ces armes permettra d’améliorer la coopération militaire avec Israël et de soutenir les besoins israéliens.

    Ce n’est pas la première fois que les Etats-Unis apportent une aide militaire à Israël. Chaque année Israël reçoit près de 2,7 milliards d’euros pour ses besoins militaires, dont l’essentiel doit être dépensé pour des armes de fabrication américaine. Il y a quelques semaines, la commission des Forces armées de la Chambre des représentants des Etats-Unis avait approuvé une aide de 427 millions d’euros pour fournir des systèmes antimissiles à Israël.

    Les Etats-Unis ont aussi donné leur feu vert à un autre contrat, d’une valeur de 1,8 milliard d’euros, avec l’Arabie Saoudite, qui pourra ainsi acheter 10 hélicoptères multi-missions Seahawk, 38 missiles Hellfire et 380 petits missiles à guidage au laser (APKWS).

    Pour rappel, l’année dernière, le Qatar avait signé un contrat de 9,8 milliards d’euros avec les Etats-Unis pour la livraison d’hélicoptères Apache et de systèmes de défense aérienne Javelin et Patriot.

    Si la technicité des armes augmente chaque année, la quantité des victimes qu’elles provoquent progresse lui aussi. Le taux de morts dans les conflits au Moyen-Orient a triplé au cours des sept dernières années.

    En 2014, au moins 180 000 sont décédés dans les conflits. Le directeur de la coalition contre la guerre ANSWER, Brian Becker, souligne que Washington ne regarde que son propre intérêt en ce qui concerne la vente d’armes, ce qui a contribué à la «fragmentation du Moyen Orient».

    «Bien sûr cela a aussi été une grande source de bénéfices pour les fabricants d’armes aux Etats-Unis, pour le complexe militaro-industriel et pour les entreprises liées aux conflits. C’est une partie considérable de l’économie américaine, et pour eux, tout cela représente des marchés très importants», a-t-il souligné.

    Al manar :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/etranger/EuFkFAkZkkeWVIrarO.shtml

  • Algérie : le distributeur de Bibles croule sous la demande

    Algérie : des milliers de musulmans horrifiés par l’islam radical (avant internet et le satellite, les informations n’arrivaient que tard et déformées) se convertissent au christianisme, selon Ali Khidri, le seul distributeur de Bibles d’Algérie.

    « Des centaines de personnes viennent chaque mois aux bureaux de la Société de Bibles d’Algérie », et « des milliers de musulmans se rendent dans les églises pour en savoir plus sur la foi chrétienne » déclare Ali Khidri.

    Personne ne doit oublier le contexte : l’Algérie a été ensanglantée par les islamistes durant les 15 ans de massacres de la guerre civile des années 90 qui ont coûté la vie à 60 000 à 150 000 personnes, déplacé plus d’un million d’habitants traumatisés, et détruit le pays, et ce mardi, l’armée a abattu vingt-deux terroristes lors d’une opération menée près de Ferkouia (préfecture de Bouira) qui est toujours en cours et a permis la saisie d’une grande quantité d’armes, dont 11 fusils d’assaut de type kalachnikov.

    Le distributeur de Bibles attribue l’intérêt des musulmans pour la foi aux actes perpétrés au nom de l’islam, car contrairement à la police de la pensée occidentale, les musulmans savent parfaitement que les massacres, les décapitations, les attentats, les enlèvements de jeunes filles pour les réduire à l’esclavage, c’est vraiment ça l’islam, ce sont les ordres d’Allah, et il n’y a qu’un seul moyen d’y échapper : la conversion.

    L 'islamophobie des Algériens serait également renforcée par l’effet pervers d’une loi datant de 2005, qui a rendu l’enseignement de la charia obligatoire dans toutes les filières du secondaire, et a éveillé les esprits aux horreurs ordonnées par le coran dont ils retrouvent la mise en pratique dans les évènements du monde.

    «Ils sont de plus en plus à penser qu’il s’agit là du vrai visage de l’islam», affirme Ali Khidri qui ajoute que « des chrétiens convertis produisent des émissions de télévision pour promouvoir la Bible auprès des Algériens, en utilisant leur connaissance du Coran ».

    En raison de ces conversions, il y aurait aujourd’hui entre 100 000 et 200 000 chrétiens en Algérie, une immense augmentation en comparaison des 2000 estimés dans les années 80, bien qu’il est impossible d’avoir des chiffres exacts, « parce que les chrétiens ne peuvent pas pratiquer leur foi ouvertement, en Algérie », précise Ali Khidri.

    Lorsque la gendarmerie algérienne a recensé les chrétiens en Kabylie, fin 2014, il s’est avéré à la grande surprise des autorités que le nombre de chrétiens dépassait largement celui des musulmans dans la plupart des localités (1).

    Et selon Ali Khidri, Alger tolérerait les conversions parmi les Berbères, parce qu’ils étaient chrétiens avant l’arrivée de l’islam, au 7ᵉ siècle.

    Et l’historienne française Karima Dirèche notait en 2010 que la plupart des conversions berbères se font vers les mouvements protestants évangéliques, car le christianisme est la religion d’origine du peuple kabyle, illustré par le Berbère Saint Augustin (354-430).

    Les propos de Ali Khidri sont en phase avec ceux de Mustapha Krireche, ancien musulman aujourd’hui pasteur de l’église Tafat à Tizi Ouzou, qui déclarait à Afrik.com en 2012 que « c’est l’Algérie toute entière qui connaît de plus en plus de conversions. Chaque jour, il y a des convertis. Les églises se transmettent l’information. »

    Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.info.

    Sources : bonnenouvelle.ch

    (1) tamurt.info

    http://www.dreuz.info/2015/05/algerie-le-distributeur-de-bibles-croule-sous-la-demande/

  • Qui a peur de la géopolitique ?

    Un spectre hante l’Europe d'aujourd'hui. Des conseillers politiques de la Maison Blanche, d'anciens agents du KGB cherchant à se recycler, des publicistes libéraux défendant de troubles et occultes inté­rêts réactionnaires, des professeurs gauchistes amateurs de liaisons dangereuses avec les droites, ten­tent désespérément d'en trouver la trace. Ce spectre, c'est la géopolitique.

    Eh oui, elle revient au grand galop, cette géopolitique condamnée à une damnatio memoriae depuis la fin de laSeconde Guerre mondiale, dont on a nié la validité sans lui permettre de se défendre et d'apporter les preuves de sa pertinence, que l’on a réduite au silence pendant toute la guerre froide qui avait imposé au monde une lecture strictement idéologique et socio-économique des conflits. Pour satisfaire au rituel du langage dominant, il fallait dire qu'elle était une “pseudo-science”, fondée par deux pères historiques : l’embarrassant Friedrich Ratzel, auteur, entre 1882 et 1991, d'une Anthropogeographie évolutionniste et déterministe (que l'on a longtemps considérée comme l’antécédent wilhelmien du racisme hitlérien) (1), et le général, diplomate et érudit Karl Haushofer, qui avait caché Rudolf Hess dans sa maison après le putsch raté de Munich en 1923 et dont le fils, poète ésotérique, fidèle, comme son père, à l’idée d’une al­liance nord-européenne entre l’Allemagne et l’Angleterre, sera massacré par la police nazie le 23 avril 1945 à l’âge de 42 ans.

    Les noms de Ratzel et de Haushofer ont servi à démoniser la géopolitique, considérée pendant trop long­temps comme une “fausse science”, dont le but aurait été de chercher le rapport existant entre les cir­constances géographiques d'un pays et les choix politiques du peuple qui l’habite. Mais force est bien de noter que les géopolitiques de Ratzel et de Haushofer, en réalité, ont constitué une géographie politique fonctionnelle, à l’ère des grands impérialismes et des entreprises coloniales, entre 1870 et 1914, quand ont eu lieu les affrontements entre la France et l’Allemagne, entre l’Autriche et la Russie, entre la Russie et la Turquie.

    En cela, plutôt que d’être une rupture par rapport au passé, les grands impérialismes ont montré qu’ils étaient les héritiers directs des conflits du XIXe et de l’idéologie évolutionniste : « La géographie est une donnée immuable qui conditionne la vie des peuples » aimait à dire le condottiere Mussolini, oubliant ainsi l'autre aspect du problème : les peuples manipulent et modifient très souvent les scenarii géographiques.

    Même si sont encore bien ancrés tous les “a priori” idéologiques mis en place pour interpréter les conflits selon un schéma “scientifique”, mettre au rencart  les “vieilleries” ethniques et religieuses, légitimer l’unique mode explicatif toléré, c'est-à-dire celui qui évoque la raison socio-économique, depuis la fin de la guerre froide, bon nombre de signes avant-coureurs nous annonçaient le retour de conflits qui ne pou­vaient s’expliquer que par d'autres motivations que celles que retenait comme seules plausibles le con­formisme idéologique. Mieux : rien n’est revenu et un fait est certain, les tensions et les conflits à carac­tère ethnique et religieux ont toujours existé, rien n’est venu les atténuer, au contraire, les retombées tu­multueuses du colonialisme et de l'hégémonisme européens les ont exaspérés. Il suffit de penser au Kurdistan qui, par l'effet de la politique de containment forcenée qu'ont pratiquée les Anglais et les Français au Moyen-Orient entre 1917 et 1920, est devenu un facteur de déstabilisation. Ou à la “guerre oubliée” entre l’Irak et l’Iran, et à ses rapports complexes avec la guerre civile en Afghanistan, ou encore, au front composite de la résistance afghane en lutte contre l’Armée Rouge.

    Les temps sont mûrs, pourtant, pour dresser l'ébauche d'une nouvelle géopolitique, comprise non plus comme une “science” ou une “pseudo-science” mais plutôt comme une méthode proprement interdiscipli­naire  — dans laquelle convergeraient la géographie, l'histoire, la politologie, l'anthropologie, etc. —  visant à comprendre et à expliquer rationnellement les tensions à l'œuvre sur certains territoires. Cette méthode se distancierait bien entendu de toutes les formes de moralisme, sans pour autant observer une “neutralité axiologique” rigide et incapacitante : cette méthode existe, elle a déjà été hissée au niveau scientifique, elle a été forgée au milieu des années 70 par les animateurs de la revue parisienne Hérodote et par le groupe de chercheurs rassemblés autour du géographe Yves Lacoste. En Italie, un groupe d'intellectuels de gauche vient de fonder la revue Limes (titre schmittien !) et s’aligne surHérodote ;  à ce corpus géopolitique de base, qui, sous bien des aspects, constitue une “anthropopolitique” (ou une “géoanthropologie” ?), le célèbre philosophe Massimo Cacciari propose d'ajouter une fascinante “géophilosophie de l’Europe”, dont il a jeté les fondements en publiant un livre chez l'éditeur Adelphi. L’Europe, à ses yeux, est une idée  — et un continent — “malade” au sens nietzschéen, instable, incertain sur ses confins, qui ne peut progresser qu’à coup de “décisions” fatidiques, un continent sur lequel pèse le poids d’innombrables impondérables et d'hérédités mêlées, entrecroisées.

    Les assises et la structure du monde pèsent évidemment sur le destin des hommes. Mais les hommes, à leur tour, posent des choix et imposent des géostratégies. Quand, en 1867, le gouvernement américain achète au gouvernement russe les terres de l’Alaska, le Secrétaire d’État William Seward déclare : « L’Océan Pacifique deviendra le grand théâtre des événements du monde... le commerce européen, la pensée européenne, la puissance des nations européennes sont destinés à perdre leur importance ». C'est ainsi que les États-Unis ont lancé l'idée d'un “Occident”, non plus synonyme mais bien antonyme de l’idée d’“Europe”. Or, sur ce chapitre, un pas nouveau vient d’être franchi avec le sommet des pays du Pacifique tenu en novembre 1993 à Blake Island près de Seattle : on y a esquissé les grandes lignes d'une nouvelle stratégie américaine, visant à faire du Japon un “Extrême-Occident” et à recentrer sur le Pacifique une intense activité dirigée vers la Chine, le Japon et l'Australie, impliquant l'exploitation inten­sive des mers, des fonds marins, du sous-sol de l'Océan, afin d'acquérir des protéines (à partir du planton) ou d'exploiter de nouveaux gisements de pétrole ou de gaz naturels.

    Reste à savoir comment réagira le bloc “eurasiafricain” face à cette hégémonie nouvelle, à ce continent immense et richissime qui va de l’Alaska à l’Australie et de la Chine à la Californie, qu’a parfaitement conceptualisé le bon génie du MIT (Massachussets Institute of Technology), Noam Chomsky, qui pré­voit un isolement définitif de l’Eurasie par rapport au “Centre de l’Empire” américain ? Allons-nous vers un nouveau brigandage déterministe et planétaire, vers une nouvelle entreprise impérialiste qui, comme toutes les entreprises impérialistes, ne rougit pas en se définissant comme “nécessaire” ?

    ► Franco Cardini, Nouvelles de Synergies Européennes n°8, 1995.

    (article extrait de L'Italia Settimanale n°34/1994)

    (1) Pour nuancer ce jugement et découvrir la grande variété de l'œuvre de Ratzel, cf. Robert Steuckers, « Friedrich Ratzel », in : Encyclopédie des Œuvres philosophiques, PUF, 1992.

    http://www.archiveseroe.eu/geopolitique-a117541086

  • La plus grande croix d'Asie construite au Pakistan. Pour que les Chrétiens restent.


    Cx
    Courageux témoignage : 

    "Parvez Henry Gill, 58 ans, est un homme d’affaires pakistanais. Dans ce pays où la population est à 95 % musulmane, ce chrétien a entrepris depuis un an de construire une croix géante, de 43 mètres de haut. « Je veux que les chrétiens voient cette croix, et décident de rester ici », assure Parvez Henry Gill au Washington Post.

    L’homme d’affaires chrétien dit avoir eu l’idée de cette croix lors d’un rêve, il y a quatre ans, au cours duquel le Seigneur lui serait apparu.

    La croix se trouve tout près du plus vieux cimetière chrétien du pays, Gora Qabaristan, en proie aujourd’hui aux dégradations. « Ses habitants jettent des ordures dans le cimetière, et les croix et les statues sont souvent profanées » explique Parvez Henry Gill".

    Lahire http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

  • Aymeric Chauprade apporte son soutien à Pascal Fauret et Bruno Odot, prisonniers depuis 2 ans en République Dominicaine

    22/05/2015 – PARIS (NOVOpress) - Aymeric Chauprade, député européen Front national élu pour l’Île-de-France et les Français de l’étranger, s’exprime sur le cas de deux pilotes français, Pascal Fauret et Bruno Odot, prisonniers depuis deux ans en République Dominicaine, et “oubliés” par la France.

    (…) C’est en tant qu’élu des Français de l’étranger, investi d’une responsabilité à l’égard de nos compatriotes qui se trouvent en dehors du territoire national, que je veux vous parler de deux hommes qui vivent aujourd’hui un cauchemar et auquel nous devons, je le crois, devoir de solidarité. (…) Qui sont Pascal Fauret et Bruno Odot ?

    Mariés et pères de famille, ils sont tous les deux d’anciens pilotes de chasse de l’aéronavale française, décorés à plusieurs reprises, notamment pour services rendus lors d’interventions en ex-Yougoslavie. Tous les deux ont été titulaires d’une accréditation spéciale les autorisant à transporter et déclencher le feu nucléaire sur décision personnelle du Président de la République. Notre pays leur a accordé pendant longtemps une confiance sans équivalent. Au moment des faits, ils ont quitté l’armée depuis quelques années, ils sont pilotes dans le privé, et salariés d’une compagnie aérienne lyonnaise.

    Que se passe-t-il donc ce 20 mars 2013, sur l’aéroport de Punta Cana en République dominicaine, jour où leur vie bascule ? Au moment où il s’élance sur la piste de l’aéroport dominicain de Punta Cana vers l’aéroport français de Saint-Tropez, le Falcon 50B piloté par les deux français Bruno Odos et Pascal Fauret est tout à coup stoppé par des forces armées dominicaines.

    Une opération d’envergure menée conjointement par la DNCD et la DEA, l’anti-drogue des États-Unis, conduit à l’arrestation de 35 personnes, pour la plupart des militaires affectés à la sûreté aéroportuaire, des agents des douanes dominicaines et plusieurs agents aussi de la DNCD, justement cette Direction Nationale de contrôle des Drogues. Pris dans les mailles de cette opération, quatre ressortissants français sont interpellés dans cette opération.

    (…)

    Durant deux ans, je suis resté publiquement discret sur le cas de Pascal et Bruno, agissant seulement en coulisse, et aussi parce que je connais l’absence d’impartialité politique de l’Etat français, et que je ne voulais rien faire qui puisse nuire aux pilotes.

    Mais rien n’a été fait. Ces deux hommes ont été oubliés, et j’ai donc le devoir d’user de la fonction tribunicienne que revêt mon étiquette politique, pour accuser l’Etat français d’abandon caractérisé de nos compatriotes Pascal et Bruno.
    Ils ont risqué leur vie hier pour la patrie, ils n’ont aucune reconnaissance de l’Etat, qui ne cherche même pas à leur assurer le droit le plus élémentaire à défendre leur honneur.

    J’accuse le gouvernement français de lâcheté, je l’accuse de ne pas avoir le courage de faire pression sur le gouvernement dominicain pour qu’enfin Pascal Fauret et Bruno Odos puissent être jugés et innocentés.
    Des pressions sur le gouvernement dominicain sont parfaitement possibles. Nous disposons d’armes de rétorsion économique pour défendre nos compatriotes, le vol d’Air France Paris/Punta Cana Santo Domingo par exemple, et notre ministère des Affaires étrangères peut décider, à tout moment, de classer la République dominicaine dans la catégorie d’Insécurité juridique ce qui ferait mal à son secteur touristique.

    Certes Bruno et Pascal ne risquent pas la peine de mort comme en Indonésie, mais ils sont innocents, ils sont prisonniers sur une île à 7 heures d’avion de leurs famille, depuis plus de deux ans maintenant, sans même avoir l’assurance que ce cauchemar va se terminer par une réhabilitation de leur honneur.

    La cause de Pascal Fauret et Bruno Odos dépasse évidemment les clivages partisans ; il s’agit de la liberté de compatriotes français innocents.

    Aidons-les en faisant monter la pression sur le Ministère des affaires étrangères françaises, aidons-les en soutenant l’association des Amis de Pascal et Bruno ; faites tourner cette vidéo afin que leur histoire soit mieux connue des Français !

    http://fr.novopress.info/

  • Etat Islamique: l'Irak demande l'aide de Moscou

    Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi s'est rendu aujourd'hui à Moscou pour demander une aide militaire russe face aux jihadistes du groupe Etat islamique (EI) qui vient de s'emparer de Ramadi, une ville stratégique à moins de 100 km de la capitale Bagdad.

    M. Abadi, à la tête d'une délégation importante, doit rencontrer demain le président russe Vladimir Poutine pour faire le point sur "les relations entre les deux pays, la coopération en matière de sécurité et le soutien russe aux forces de sécurité irakiennes pour combattre le terrorisme", a indiqué le bureau du Premier ministre.

    Cette visite d'une journée intervient alors que l'armée irakienne, aidée de milices chiites, prépare une contre-offensive pour reprendre Ramadi, chef-lieu de la province majoritairement sunnite d'Al-Anbar (ouest) tombée dimanche aux mains de l'EI.

    Les Etats-Unis, qui dirigent une campagne aérienne internationale contre l'EI pour aider l'armée irakienne, ont dit procéder à un "réexamen" de leur stratégie en Irak après la chute de Ramadi.
    L'an dernier, l'Irak avait reçu de la Russie une première livraison d'avions de combat Sukhoi pour l'aider face aux jihadistes de l'EI qui se sont emparés de larges pans du territoire.

    Le Figaro :: lien

    http://www.voxnr.com/cc/etranger/EuFkkuVluuvzoumTmb.shtml