Entretien avec G.-W. Goldnadel
Avocat et essayiste.
Président de Avocats sans frontières.
Des membres du NPA ont agressé deux personnes de confession juive lors d’un collage le 3 mai. Dans le même temps, on apprend que la plaque d’Ilan Halimi, victime de la barbarie et de l’antisémitisme, a été dégradée à Bagneux. Que pensez-vous de ces deux événements ? Faut-il les lier ?
J’ignore si les deux phénomènes sont liés. Ce que je sais et que je répète inlassablement, c’est que l’extrême gauche est aujourd’hui le vecteur principal de l’antisémitisme actuel. L’antisémitisme gauchisant n’a rien de nouveau. Jules Guesde avait pris position contre Dreyfus, par détestation de la bourgeoisie. Aujourd’hui, l’antisionisme islamophile fait bon ménage avec la concupiscence avec laquelle les mouvements trotskistes regardent un lumpenprolétariat à embrigader dans les banlieues. Ces idiots utiles ne comprennent même pas qu’ils n’ont plus suffisamment de magistère intellectuel pour séduire les islamistes qui les utilisent. Cet antisémitisme est d’autant plus virulent qu’il ne fait l’objet d’aucune contestation morale, politique et médiatique véritable par une prétendue élite toujours sous influence gauchisante, qui demeure obsédée par une extrême droite qui a modéré sa judéophobie historique, au grand dam de ceux qui frissonnent avec nostalgie dans le souvenir des petits matins bruns. Pour ne parler que du NPA, celui-ci n’a eu à encourir aucune sanction, en dépit du fait qu’il avait maintenu sa participation à des manifestations pro-palestiniennes radicales qui avaient débouché, comme prévu, sur des violences antijuives inédites.